Je réécoute en ce moment avec de grandes délices certains compositeurs italiens contemporains qui m’avaient échappés. J’en découvre certains, je trouve à d’autres des mérites que je n’avais point vu et des morceaux qui ne m’étaient point connus. Les aficionados du Parrain savent qui est, par exemple, Nino Rota, et ceux du Western Spaghetti connaissent le nom d’Ennio Morricone.

Il y a aussi Nicola Piovani, que je ne connaissais pas. Ce type est génial. Pour vous situer, il a composé la musique de Intervista, de Fellini, mais aussi de La Vie est Belle (sauf la partie composée par Offenbach), cette sale couche de sirop gluant pire qu’Amélie Poulain qu’a commis l’infâme comique qui fait dans le sentimentalisme exubérant à l’italienne et à deux balles, Roberto Benigni.

Le travail de Nicolas Piovani sur La Chambre du Fils ou La Notte di San Lorenzo vaut Amarcord ou La Dolce Vita de Nino Rota. Nicola Piovani a d’ailleurs le vent en poupe en ce moment, puisque depuis La Vie est Belle et Le Facteur, on a pu entendre ses compositions dans Fauteuil d’Orchestre et même Odette Toulemonde… Bref, Nino, Ennio et Nicola sont dans un bateau, celui de la grande musique.

Ils ont tous les trois composés pour ceux qu’on considère comme les plus grands réalisateurs italiens, Federico Fellini et Pier Paolo Pasolini. A mon avis, ces deux réalisateurs sont au cinéma ce que la polenta est au bœuf en daube : un accompagnement lourd et sans goût, sans viande, qui prend beaucoup de volume dans l’assiette, qui a l’odeur du pays du soleil mais qui est dégueulasse quand il est raté.

Je vais me faire taper dessus par les gens de cinéma de mon entourage. L’autre jour j’ai dit que je trouvais Le Spetième Sceau, œuvre immortelle d’Ingmar Bergman, long, chiant, ringard et mal fichu devant une copine, on ne m’a pas trouvé spirituel. Tant mieux, je ne cherchais pas à l’être. Pour ça, il y a la parodie du même film par French & Saunders… Celle qu’elles firent de Fellini fut hilarante.

Moi, je n’y peux rien, tout ça me barbe. Je peux lire mille pages d’essais, de SF, de fantasy, de romans classique, je peux me taper Dostoïevski ou Tolkien en un week-end, la geste de Lancelot ou le Ramayana… Mais tout ce que j’ai retenu de Fellini c’est que dans Novocento, qui dure 5 ou 6 putain d’heures, il y a une scène dans laquelle Robert De Niro et Gérard Depardieu, jeunes et fringants, sont à poils…

Il y en a plusieurs, mais la scène dont je parle les met en scène tous les deux en semi érection, en train de se faire branler par une quelconque blondasse dans le même lit, un de chaque côté. Soudain, Robert de Niro se tourne, se penche par-dessus la salope, et touche la bite de Gérard Depardieu. Bien sûr celui-ci se lève illico, parce que c’est pas un pédé, ou quelque autre raison hétérocentrée, mais le mal est fait…

Voilà, j’ai retenu ça. Et la musique bien sûr.

Novocento