Un billet, le 6 mai 2006, sur New-York District, ses douze-mille saisons et ses quarante-douze spinoffs aux épisodes tous identiques. Et vous savez quoi ? Tout ça est encore diffusé, y compris la dernière série, récente, sur TF1 ! Je vous jure, ce truc est en passe de devenir le nouveau Derrick…

Assez ! Il suffit ! C'en est trop ! Pendons-les haut et court ! Viva la Revolucion ! Et toutes ces sortes de choses. Rebellons-nous contre la télé clonée. Je ne parle pas ici du George clownesque, bellâtre qui a commencé accommodé aux tomates tueuses avant de devenir un suppôt du grand capital avec la franchise de Daniel Ocean, tout en poursuivant son engagement politique style "je répète les conneries de la presse" avec ses propres films.

Non, je veux parler du manque de choix quant aux programmes télévisés, malgré l'étendue de l'offre du câble. Il ne s'agit pas simplement du sempiternel "ouah, ya rien à la télé, c'est de la merde, plus ya de chaînes et moins bien c'est !", mais d'un cri contre la conformité et l'envahissement de toutes les fréquences par un seul et même programme, qui contrôlerait les désormais proverbiales horizontales et verticales...

Le cœur de ma diatribe est dirigé vers une série, une seule, qui a contaminé la plupart des chaînes avec ses quinze saisons, j'ai nommé New York District (Law and Order, en version originale). Actuellement, à certaines heures, il est impossible de passer à côté : chaque chaîne susceptible de diffuser films, émissions ou séries, diffuse en fin d'après-midi ou en début de soirée, toute la semaine, au moins un épisode.

Et je ne vous parle pas des spinoffs (séries annexes, comme celle qui se déroule à Baltimore, et l'autre qui a pour titre "special victims unit"). Parfois largués deux par deux ou plus, étrangement similaires, les épisodes ont l'avantage de pouvoir être vus à peu près dans n'importe quel ordre : il y a très peu de métahistoire, ce sont des enquêtes individuelles. Certaines chaînes du câble regroupent même les épisodes par acteurs et par thème.

Cette série, fruit d'une coopérative de scénaristes et nègres divers, marche très bien, et renouvelle son casting sans complexes, au contraire de Derrick ou Navarro par exemple. Les épisodes sont toujours plus où moins dans l'air du temps, rapides et rythmés, et seules les étapes importantes sont montrées. Cette méthode a fait des petits, et d'autres séries du même genre parlent de policiers, de pompiers, de ceci ou cela...

Pour marcher, ça marche. A quinze saisons, et avec la richesse des archives du système judiciaire américain (bien plus que le nôtre basé sur le précédent plus que sur le législatif) pour alimenter des scénaristes souvent jetables, les producteurs sont tranquilles et traient leur vache à lait par tous les pis : romans, guides de la série, jeux vidéos plus où moins bien faits... Un facétieux a même fait un album à colorier (parodique bien sûr).

Comme ça marche bien, les chaînes françaises se jettent toutes sur le filon pour avoir une part du gâteau, plutôt que d'oser l'originalité d'une programmation différente. Il est vrai que si la dernière saison inédite est chère, le prix des droits de diffusion des anciennes saisons est très abordable pour la plupart des "petites" chaînes du câble, de celles qui sont coincées avec Starsky, Hutch et Charles s'en charge.

Voilà pourquoi, aujourd'hui, quand on zappe tranquillement, on passe sans interruption par cinq à six épisodes différents (mais toujours similaires) de New York District. Et c'est bien, cette série... C'est bien fait, c'est documenté, c'est assez réaliste, c'est bien scénarisé,  décors et costumes sont certes réutilisés et courants mais tout à fait appropriés... Mais moi ça me sort par les narines à force de me bourrer le crâne !

Et après on se demande pourquoi la plupart des français connaissent mieux le système judiciaire américain que le leur...

Pitié, éteignez la télé, ça leur apprendra.

Law_and_Order__le_livre___colorier