Je passe un dimanche de merde, chose que je goûte parce que ça ne m’est pas arrivé depuis quelques temps. Je dis dimanche de merde, mais cette expression se veut sans aucune intention infâmante vis-à-vis de moi-même ou du dimanche… Non, un dimanche de merde de temps en temps, ça ne fait pas de mal, et on peut s’y amuser énormément.

Vous connaissez sûrement vous-même les différentes sortes de dimanches… En voici quelques unes :

Le dimanche de merde : Dimanche mou mais plaisant durant lequel, luxe suprême, vous ne faites rien… Il est possible de larver devant la télé, de buller, de se légumiser, de glander, voire même de siester sans raison, à la limite avec un café ou une cigarette, mais sans jamais rien accomplir de concret. Le pied…

Le dimanche scolaire : Pour les écoliers, collégiens, lycéens et autres étudiants, le dimanche studieux est un passage obligé mêlé de regret et d’appréhension. Comme il y a cours le lendemain, c’est le seul jour du week-end ou l’on bosse, sachant qu’on n’a rien foutu la veille par bête procrastination.

Le dimanche gueule de bois : Il peut s’agir d’une réelle gueule de bois, ou bien d’une maladie, ou d’une vieille fatigue qu’on a traîné pendant toute une dure semaine de boulot. C’est un peu comme le dimanche de merde, sauf que vous aimeriez bien pouvoir faire quelque chose, mais finalement non…

Le dimanche crapuleux : Une journée idyllique ou, plutôt que de se coucher tôt, on ne se lève pas du tout… Et on reste au lit avec l’élu de son cœur ! On mange tout nus quand il faut bien manger. Il est permis de prendre des douches ou des bains ensemble et de faire des siestes en amoureux, de passer du lit au canapé et vice-versa.

Le dimanche grinçant : Repas ou café (ou les deux) en famille, que, malgré toutes les excuses de la planète, on n’a pas pu éviter. A force d’essayer de ne pas s’énerver, on finit par être plus fatigué ce jour là que la semaine. On s’y fait autant chier qu’un dimanche de merde, mais là, ça ne fait pas plaisir…

Le dimanche au boulot : Eh oui, ça arrive ! Travailler plus pour gagner plus, comme on dit. C’est comme une journée de boulot, sauf que, pour une raison inconnue liée à l’horloge biologique, cette journée semble paresseuse… L’absence de la plupart des gens donne au bureau des allures post-apocalyptiques.

Le dimanche des courses : La veille, vous vous êtes bien marré… C’était hyper cool, vous vous êtes levé tard, vous avez été au ciné, fait ce truc qui traînait depuis trois semaines, vous êtes sorti en boite… Et maintenant, faut trouver un marché ouvert pour faire les courses ! Du moins si vous voulez manger cette semaine.

Le dimanche des soldes : Il peut s’agir aussi d’u dimanche de l’avent. Plus que la cohue, c’est le chaos ! Vous vous pressez tous les uns contre les autres entre clampins, dans les grands magasins, dans les rues alentours et dans le métro avec vos paquets, le portefeuille plus léger, avec le sentiment confus que ça ne vaut pas le coup…

Le dimanche à la campagne : Après avoir bravé les embouteillages le matin ou la veille, vous avez gagné le droit de pique-niquer dans un bois morne et moite, bien pollué, aux portes de Paris. Il pleut, vous avez oublié la moitié de la bouffe ou des ustensiles, et vous allez devoir repartir dans dix minutes. Quelle joie, le week-end !

Le dimanche des morts (en sursis) : C’est un dimanche complètement gâché par le fait que vous devez absolument aller voir un ami à l’hôpital, ou une cousine qui vient d’accoucher, ou une vieux à l’hospice, ou quelque autre empêcheur de tourner en rond. Voire même aller visiter la tombe de Tatie au cimetière.

Le dimanche de fiançailles (souvent long) : Outre un film débile avec l’autre psychopathe de service, c’est aussi un dimanche invité à un mariage, un enterrement, ou autre grande réunion dans le même genre. Le mieux c’est de trouver un copain ou deux et de médire dans un coin sur les beaufs de la famille en attendant que ça se passe.

Le dimanche des jeux : Un dimanche après-midi ou vous avez invité des copains pour jouer, parce que c’est l’occasion, ou que ça n’était pas possible samedi… Si vous êtes un enfant, c’est pour faire joujou autour d’un goûter. Si vous êtes un ado attardé, c’est pour jouer aux jeux vidéos ou aux jeux de rôles autour d’un snack.

Le dimanche des curés : Bien qu’il soit inqualifiable de nos jours de perdre un temps précieux, dédié aux loisirs, à pratiquer ce genre de simagrées plutôt que de le passer à faire n’importe quoi d’autre, il faut bien en parler… Certains pervers (j’ose à peine le dire) vont à la messe. Pire : d’autres la regardent à la télé.

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