Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

mardi 29 décembre 2009

Pouvoir Psy !

Le billet du 20 juin 2006 se basait sur une analogie terrifiante…Et sur les bénéfices du placébo.

J'ai entendu dire l'autre jour par je ne sais quel expert badernoïde en psychanalyse molle que les voyants et autres marabouts étaient "déconnectés de la réalité". Rien que ça. Ha ! Oh, je n'ai rien contre le sain scepticisme qui devrait toujours marcher avec la science, main dans la main (car sans la mise en doute, il n'y a pas de question, pas d'expérience et pas de progrès...), mais soyons tout de même clairs.

Si nous refusons l'ignorance au nom de la science, nous devons aussi la refuser lorsqu'on parle du surnaturel. Je ne vais pas vous dire qu'il y a des phénomènes inexpliqués, nous le savons tous : J'ai l'espoir qu'un jour on les explique, et en même temps je me dis que le monde sans eux serait bien moins intéressant... Je ne vais pas non plus vous recommander un médium ou vous tirer les cartes. Soyons clairs : C’est du charlatanisme.

Non, simplement, dire qu'un praticien du paranormal est déconnecté de la réalité à cause de son métier qui nage dans la fiction, même s'il croit à ses pouvoirs (ce qui n'est pas certain...), c'est quand même un peu fort de la part d'un simple psychiatre. La psychiatrie met des années pour arriver au même résultat que la voyance-conseil obtient en quelques séances, chez la plupart de ceux qui y croient vraiment.

Même si la voyante est plus chère (et ce n'est pas toujours le cas), ça fait quand même pas mal d'économies... Du moins si madame Irma cherche à aider et pas juste à empocher son blé et faire revenir le gogo. Mais voilà encore un préjugé : De nombreux psychiatres font la même chose, et entament des analyses de longue haleine, sans fin, à raison de deux séances très chères par semaine, alors que ça n'est pas nécessaire.

C'est le côté autoritaire de la voyance qui aide le patient crédule en quête de conseils, ce côté "je ne suis pas juste diplômé et entraîné à lire les gens par déduction, mais je sais ce qui arrive via le surnaturel et je ne me trompe jamais"... Même si c'est complètement faux, c'est une réputation que n'ont pas les psychiatres. Quant aux accusations de charlatanisme, eh bien… Avec un psy comme avec une voyante, la guérison ne vient jamais.

Enfin, entre un psychiatre qui, après des années d'études, se retrouve soumis à des tas de règles, dont les consultations sont tarifées et contrôlées et qui a de la paperasse à remplir par dessus la tête histoire de fréquenter des psychopathes... Et une voyante qui ne fréquente que des gens "normaux", qui n'a pas fait trop d'études, qui se fait payer cher et au black et qui fait ce qu'elle veut sans licence...

Vous me direz lequel de ces deux là est le plus déconnecté de la réalité !

Et_si_vous__tiez_stupide

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jeudi 17 décembre 2009

Let me give you a little tongue...

Mon amour pour les mots ne s’est jamais démenti, et surtout pas dans ce billet du 19 juin 2006. J’aime mon langage, les petits et les grands mots, les mots grossiers comme les mots prudes… Et qui aime bien châtie bien.

Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... Certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.

Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."

Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes (courants ou non) y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...

Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).

Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.

Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.

D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (qui se veut un langage universel, dont les concepts et la grammaire sont modulaires et « faciles » d’un certain point de vue)...

Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.

On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...

Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.

Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?

Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pâle copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?

Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.

Il n'y a plus qu'une chose à dire : Choisissez vos mots avec soin…

Littr__de_1863

mardi 15 décembre 2009

Sérial qui leurre...

En ce moment, c’est la mode des psychopathes. C’est vrai quoi… On est passé du film archétypal sur le tueur en série, le Silence des Agneaux, a une pléthore de livres et de films sur Hannibal Lecter… Dans lesquels il joue un rôle certes ignoble, mais sommes toutes héroïque : On trouve toujours une justification à ce qu’il s’en sorte, et puis c’est un génie d’une immense culture… On l’envie presque !

Il y a régulièrement ce genre de choses dans les nombreuses séries sur la police scientifique. Et puis il y a Dexter, la série culte dans laquelle un psychopathe canalise ses pulsions meurtrières pour tuer les « véritables » monstres de la société. Non seulement il tue de manière horrible, mais il récidive froidement, s’arrogeant le rôle de l’enquêteur, du juge et du bourreau, comme au temps de l’inquisition espagnole… Et les gens applaudissent !

Bon, j’adore Dexter, j’aime beaucoup le Silence des Agneaux, Les Experts, et j’ai vu avec plaisir mon content de films de serial-killers (et même de slasher movies, qui parlent de tueurs de masse, et non de tueurs en série)… Mais je ne vais pas pour autant les idolâtrer ou même seulement croire qu’un tel individu, même s’il avait le même penchant justicier qu’un Dexter, serait bénéfique pour la société. D’autant que tout ça n’existe pas.

Enfin, les serial-killers, si. Mais CE genre de serial killer, c’est de la pure fiction : Un ramassis de clichés que le grand public gobe comme l’évangile… Oh, pas mal de films sont assez réalistes sur le mode opératoire des tueurs en série (le Silence des Agneaux, notamment, mais uniquement pour le tueur Buffalo Bill…), mais ça s’arrête là. Et il existe tant de films ou les modes opératoires sont fantaisistes, absurdes, idiots…

Des films comme la série des Saw, Dexter, ou même les multiples aventures du fameux Hannibal Lecter, tout cela induit en erreur, tant quant aux motivations du tueur en série, que sa nature, que son mode opératoire. En fin de compte, peu de gens savent réellement ce qu’est un tueur en série… Et, d’une certaine façon, tant mieux ; mais c’est tout de même agaçant de constater l’ignorance des masses sur un sujet que tous croient connaître.

Moi, j’ai beau ne pas être un expert, je sais que les tueurs en série ne sont monstrueux que par leur humanité, et surtout leur banalité… Ce sont des lâches, qui ne s’en prennent qu’aux plus faibles, par peur, et se trouvent des excuses largement débiles. Ils sont accrocs à un sentiment de domination exacerbée, uniquement parce qu’eux-mêmes sont des minables. Les VRAIS tueurs en série n’ont rien de fascinant, ils sont répugnants.

Qu’est-ce qui les rend donc si attractifs pour le grand public ? C’est que dans les films et les histoires, on les traite bien. Même lorsqu’on parle des tueurs en série qui ont réellement existé, on prend toujours des exceptions mythiques qui enflamment l’imagination, célèbres, comme Jack l’éventreur… Des gens qui semblent suprêmement intelligents, qui tuent pour des raisons mystiques, et se rient des policiers de leur temps.

Déjà, dans la réalité, intelligents, ils ne le sont pas. Le vrai Hannibal Lecter n’existe pas, pas en tant que tel. L’immense majorité des tueurs en série n’est ni plus ni moins qu’aussi bête que la moyenne… Et ceux qui sont plus intelligents ne le sont pas assez pour s’adapter à la société : Ils échouent dans leurs études, ne parviennent pas à garder un boulot, ou doivent se contenter d’un job de merde en dépit de leur intellect.

Oh, ils ont l’air intelligents, tous autant qu’ils sont… On pense qu’il faut être supérieur, en quelque sorte, pour commettre des meurtres sans se faire prendre. C’est exactement ce que pense le tueur en série, et c’est ce qui dissuade la plupart des gens de tenter de commettre un meurtre eux-mêmes. Mais ça n’est pas aussi vrai qu’on le croit. La vérité est que le simple anonymat des grandes villes suffit à couvrir la plupart des traces…

Par exemple, le célèbre Ted Bundy, sadique nécrophile archétype du tueur dominateur, était un loser narcissique et immature, misogyne mais beau parleur, n’ayant jamais réussi ses études de droit. Il se présentait à ses victimes sous son vrai nom, en plein jour. Il s’est fait prendre pour excès de vitesse dans sa coccinelle dorée (hyper discret)… Et il a lui-même autorisé le policier à fouiller son coffre, lequel contenait tout son petit matériel !

Du reste, c’est souvent sur un tel coup de chance qu’on arrête les tueurs en série. Parfois même, on n’était même pas au courant qu’ils opéraient. Récemment, en France, un tueur en série a avoué avoir tué un grand nombre de petites vieilles, en Savoie notamment, et s’est livré à la police… Tout le monde avait pris ça pour des accidents ou des morts de vieillesse ! On enquête moins sur les morts apparemment naturelles en maison de retraite…

On pourrait croire qu’il s’agit d’une exception… Ce n’en est une que parce que le tueur s’est livré. Bien entendu, les policiers font de leur mieux, mais la plupart des enquêtes d’arrêtent PAS les tueurs en série, à moins d’un coup de chance, d’une victime qui s’échappe, ou d’une dénonciation (généralement, ce sont des voisins qui se plaignent de l’odeur des cadavres, ce qui prouve bien que beaucoup de tueurs en série sont peu soigneux…).

Les outils que chacun a vu à la télévision sont certes utiles aux enquêteurs, mais ils ne servent qu’à réduire le champ des possibilités, et ils sont récents… Le « profiling », à supposer qu’il soit utilisé correctement, ne donne qu’une idée générale, et peut se tromper. Une empreinte ADN ne sert que si la personne a déjà été arrêtée et que son empreinte a été saisie. L’analyse de la scène de crime est encore le meilleur outil, mais ne fait pas tout…

Récemment encore, en Allemagne, ce qu’on avait pris pour une affaire de tueur en série n’en était pas une. A cause d’une contamination chez le fabricant, une même empreinte génétique s’était retrouvée sur divers instruments utilisés pour enquêter sur des homicides… La police a cru pendant des années qu’un mystérieux individu se trouvait sur les lieux de ces meurtres et leur échappait sans cesse !

De plus, ces techniques scientifiques prennent du temps (bien plus que dans les séries télévisées à la mode ! Il faut plusieurs mois pour effectuer certains tests…) et consomment une quantité d’argent phénoménale. En plus du matériel, cela requiert une formation spécifique… Il n’y a tout simplement pas assez de gens qualifiés pour enquêter sur tous les crimes de cette façon, surtout dans une grande ville ou il y a plusieurs homicides par jour !

D’ailleurs, le « profiling », parlons-en… Tout cela a des allures de pseudo-science intuitive, quasi médiumnique : Une célèbre profileuse du FBI se met à la place du tueur et tombe juste à tous les coups… S’il est possible de déduire certaines choses du mode opératoire d’un tueur, il faut pour cela des indices en grand nombre, et surtout quelque chose à déduire… Tous n’ont pas la lubie de laisser une carte de visite !

Le grand public a longtemps cru (et croit encore) que tous les tueurs en série sont de jeunes hommes blancs « entre 20 et 40 ans, issus de la classe moyenne »… C’est une idée reçue qui nous vient des premières études du FBI sur le sujet, dans les années 80, aujourd’hui surannées et déformées par les médias. Il est vrai que comme la majorité de la population américaine est blanche, la majorité de leurs tueurs en série est blanche aussi !

Il n’y a pas plus de tueurs en série blancs que noirs… Tout dépend du pays dans lequel vous vous trouvez, en fin de compte. En revanche, statistiquement, il y a plus de chances que ce soient des hommes entre 25 et 27 ans qui deviennent des tueurs sexuels (seuls 8% des tueurs en série sont des femmes, ces tendances se dégageant de nombreuses études psychologiques). Ce qui n’empêche pas d’en voir de tous âges et de tous sexes.

On ne repère donc pas si aisément un tueur en série : Il peut ressembler à n’importe qui. La plupart des tueurs sont arrêtés par hasard, même après avoir fait des dizaines de victimes. Certains (comme le tueur des vieilles dames cité plus haut) sévissent pendant fort longtemps parce que la police n’enquête pas sur les disparitions qu’ils occasionnent (fugueurs, minorités discriminées comme les homosexuels ou les prostituées…).

Il faut souvent attendre la quatrième ou cinquième victime pour que quelqu’un remarque qu’il y a effectivement un motif récurrent (et encore, quand il y en a un…). Et même alors, la police locale a tendance à nier l’évidence, particulièrement si ce ne sont que des marginaux qui disparaissent et que la nouvelle d’un tueur en série risque de déclencher la panique ou de limiter les revenus du tourisme…

On en revient aux manquements de la police… Qui n’en sont pas, en fait. Il serait ridicule de vouloir considérer chaque disparition comme signe d’un tueur en série, même si idéalement il faudrait l’envisager ; mais ceci n’est que conjecture, puisqu’on ne peut matériellement pas faire ce genre de choses : ça couterait trop cher, en hommes, en temps et en matériel, et ce serait inutile dans la plupart des cas.

D’autant qu’il n’y a souvent pas grand-chose qui relie les meurtres entre eux. Contrairement aux idées reçues, la majorité des tueurs en série ne conserve PAS le même mode opératoire, la même arme… Beaucoup improvisent largement. Un tueur peut utiliser un poignard pour un meurtre, et une arme à feu pour un autre, dénuder sa victime pour l’un, arracher les yeux de la suivante, « travailler » sans préoccupation de dates…

D’ailleurs, à propos de dates, le « tueur de la pleine lune », c’est du cinéma. Les tueurs en série suivent leurs pulsions, un point c’est tout… Ils ont besoin de tuer, ils le font quand ils ne peuvent plus résister ou quand quelqu’un brise leur fantasme de toute puissance en les contrariant, c’est complètement irrationnel. Presque aucun ne tue selon les versets de la Bible ou un calendrier précis, une date convenue, etc.

Les tueurs en série n’ont pas non plus d’antre ou de repaire désigné où ils emmènent leurs victimes… Enfin, il y en a, mais ça n’est pas obligatoire. Et même alors, il peut simplement s’agir de la banquette arrière de leur voiture. Il peut même s’agir d’un quartier. Il y a parfois une pièce spécialement aménagée dans leur maison, mais en définitive, le tueur en série tue n’importe où quand il se sent suffisamment… en sécurité !

Les victimes elles-mêmes peuvent paraître extrêmement variées. Les tueurs en série s’en prennent à des victimes faibles, ou qu’ils considèrent comme telles (les femmes à 80% les prostituées, les SDF, les homosexuels, les vieux, les enfants, les gens seuls ou petits…) parce qu’ils peuvent les dominer aisément… Même si un fantasme sexuel ou autre leur fait préférer un type de victime, ça reste large (les femmes noires, par exemple).

Hélas, beaucoup de ces personnes, isolées ou marginales, ne se remarquent pas, mortes ou vives, ou risquent déjà de subir d’autres crimes, ou ont tendance à disparaître seules (femmes seules, prostitués homosexuels, vieillards isolés, fugueurs réels ou supposés, handicapés…), les actes des tueurs en série sont ainsi noyés dans la masse des autres crimes, ou pris pour de simples disparitions, des règlements de comptes, etc.

Il est difficile de relier des meurtres entre eux lorsque les victimes sont de sexe, d’âge, d’apparence, de corpulence, de milieux différents, éloignées dans le temps et l’espace… Le tueur en série ne laisse pas forcément de signature et se fiche parfois même de qui il tue, et même s’il emporte parfois un « trophée », il peut simplement s’agir d’une photo, ou de quelque chose qui en manquera pas sur la scène du crime.

Pour toutes ces raisons, l’intelligence des tueurs en série, souvent largement plus bêtes que les enquêteurs, est assez surestimée dans la fiction comme dans les médias… Ils pensent tout simplement différemment, et pas toujours aussi logiquement qu’un ordinateur ! Et même en face d’un tueur en série, il est difficile de le reconnaître pour ce qu’il est, parce qu’ils sont habitués à dissimuler leurs pulsions pour paraître normaux.

En effet, ce ne sont pas des ogres ni des loups-garous, mais bien des êtres humains psychopathes (et non psychotiques : ils ne courent pas partout en hurlant, ils ne paniquent pas plus que les autres, ils raisonnent… Les idiots hallucinés tuent moins que les « sains d’esprit »). Ils ne se mettent pas en danger, ils savent ce qui est bien ou mal, mais ne culpabilisent pas pour autant, et s’estiment supérieurs aux lois de la société.

Ils savent se dissimuler parce qu’ils ont de l’entraînement… Non qu’il y ait une école pour ça, ou des « maîtres », mais, simplement, on ne devient pas tueur en série du jour au lendemain (comme dans Dexter)… C’est une pulsion innée, des fantasmes violents et morbides, ressassés pendant des années, qui obnubilent chaque jour un peu plus leur auteur. Ces fantasmes, même s’il y a des similarités, sont aussi variés que les tueurs.

Même si des abus répétés durant l’enfance peuvent jouer un rôle dans la construction d’un tueur en série, il ne faut jamais oublier que la plupart des enfants battus deviennent tout de même des adultes responsables, et rarement des tueurs en série ! Le tueur en série ne cède pas ne culpabilise pas, n’est pas un martyr ni un héros, c’est un monstre qui décide, un jour, consciemment et froidement, de tuer pour son plaisir, sexuel ou autre.

Mais il est bien entendu que, sachant cela, on peut tout à fait apprécier les belles histoires sur les tueurs sanglants dont on nous abreuve… Tout comme on peut aimer un bon antihéros, ou lire les contes de Grimm, qui regorgent d’être amoraux, de psychopathes et de prédateurs sexuels de tous poils. Seulement, si vous regardez ça parce que vous pensez que ça fait vrai, c’est raté.

C’est aussi réaliste que le petit chaperon rouge. Et même moins, par certains côtés…

Spatter

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lundi 30 novembre 2009

H1N1, G1RQ...

En cette période d’alarmisme médiatique, la propagande de la grippe A est passée à la vitesse supérieure… On nous parle des mutations inquiétantes du Virus H1N1 un peu partout, des prévisions du « pic » de l’épidémie, des gens qui viennent se faire vacciner de plus en plus nombreux, et des médecins qui veulent à toute force pouvoir vacciner eux-mêmes leurs patients…

STOP ! J’ai toute confiance en la vaccination, et je ne fais pas partie de ces illuminés qui refusent de vacciner leurs gosses parce qu’ils pensent que c’est une conspiration pour éliminer les pauvres, ou pour créer des maladies, ou des allergies, ou je ne sais quoi encore, tout ça parce qu’ils n’ont jamais vu à quoi la vie ressemblait AVANT la vaccination… Mais arrêtons-nous et réfléchissons un peu avant de nous injecter CE vaccin.

La grippe A, est-ce que c’est vraiment dangereux, déjà ? En un mot comme en cent, non. De nombreuses sources médicales faisant autorité (y compris des relations que j’ai parmi les professionnels de la santé, mais aussi des sources plus officielles) confirment que la grippe A est moins virulente, moins mortelle que la grippe saisonnière. Elle est juste plus contagieuse, et encore.

Et puis d’abord, ce vaccin est il vraiment efficace ? Eh bien, sans doute pas trop. En fait, le vaccin contre la grippe saisonnière est lui-même peu efficace. Mais celui-là ? On ne sait pas. Pourquoi on ne sait pas ? Parce qu’il n’a pas été testé ! C’est une info un peu passée à la trappe mais qui a pourtant été dite très officiellement au début de cette « crise » : Le vaccin a été fait dans l’urgence. Il est donc testé… En ce moment.

En plus, le vaccin de la grippe saisonnière a la réputation (très justifiée, j’en ai fait l’expérience !) de provoquer des réactions et effets secondaires qui rendent parfois aussi malade que la maladie elle-même. Idem pour celui de la grippe A, en fait : Il y a déjà eu des cas. Comme pour la grippe saisonnière, ils sont rares, mais quand vous en faites les frais ça n’est vraiment pas rigolo…

Beaucoup de médecins se méfient du vaccin… Pourtant, les médecins voudraient bien pouvoir piquer leurs patients eux-mêmes… D’où vient cette contradiction ? Un médecin que je connais a bien voulu me répondre : Le vaccin, si peu efficace soit-il, peut vraiment aider à enrayer l’épidémie, si bénigne soit-elle… Et aussi on les paierait pour piquer et rassurer leurs patients affolés par les médias. C’est tout bénef, pour eux !

Encore une autre raison, s’il en est, de en pas se faire vacciner : Même si c’était efficace (ce qui n’est pas prouvé), même si c’était autre chose qu’une magouille politico-médiatique ou une histoire de concurrence entre labos, même si la grippe A était mortelle à 100%… On est presque arrivé au pic de l’épidémie ! On doit se faire vacciner DEUX FOIS à 21 jours d’intervalles pour que ce soit efficace. C’est donc un peu tard !

Enfin, dernière raison, à mon sens la plus valable, de ne pas passer par les dispensaires agréés qui injectent les gens… Les gens sont cons. Ils y vont tous en même temps, vous poireauterez cinq heures pour vous faire piquer douloureusement par une infirmière qui en a marre et doute de l’efficacité du truc, le tout au milieu de gens malades (par définition, ça pullule dans les hôpitaux…) qui vont vous refiler eux-mêmes la grippe A ou pire.

Allons, réveillez-vous, gardez ce salutaire réflexe d’emmerder le gouvernement, et réfléchissez : La plupart des gens passent carrément au travers de la grippe saisonnière chaque année (moi ça fait depuis que je suis tout jeune que je n’en ai pas eu, de grippe)… Et la grippe A est à l’heure actuelle encore plus rare et encore moins virulente que ladite grippe, mutations ou pas.

Et puis, vous faites confiance à Roselyne Bachelot, vous ? Moi non.

ouille

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vendredi 27 novembre 2009

Perestroïka Pride...

Le 11 juin 2006, les russes étaient tous d’ignobles homophobes (sauf les gays, et encore), prêts à emmener manu militari les pédés au goulag. La situation n’a pas changé d’un poil. J’exagère, il y en a certains qui sont ouverts d’esprit… Mais ça n’a pas l’air d’être le cas général.

"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.

La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.

Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.

C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?

Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.

Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. Exemple parfait : George Bush a fait deux mandats, et personne ne s’est soucié des étudiants français qui manifestaient contre lui… Parce qu’ils étaient à des milliers de kilomètres et n’avaient aucune influence, électorale ou autre ! Oui, c’est très bien de marcher. Oui, c’est très bien de militer. Mais on n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".

nationalistes_attaquant_des_manifestants_homosexuels___moscou

jeudi 26 novembre 2009

Mais que fait George Clooney ?

Le 10 juin 2006, les hôpitaux de France allaient mal. Alors que le SIDA n’est pas encore enrayé et que l’on nous bourre le mou avec moult épidémies médiatisées, du Chikun… Chikou… Bref, de maladies graves à d’autres semi-imaginaires comme la grippe du machintruc, la situation n’a pas changé. Aujourd’hui, on nous bassine juste encore plus avec la prévention.

L’espoir du gouvernement est peut-être que si les gens se lavent les mains et ne sortent plus, ils tomberont moins malades et dépenseront moins les sous de l’état en soins, et plus leurs propres sous en parapharmacie, produits antibactériens, lingettes antiseptiques, masques filtrants… Après tout, le savon, c’est pas remboursé par la sécu. Non seulement c’est pathétique, mais c’est un mauvais calcul…

Enfin passons, ce n’est pas (exactement) de ça qu’on parle.

Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.

Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...

Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.

Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...

Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).

Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toute façon !

De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...

Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexys mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...

scalpels

jeudi 12 novembre 2009

Astroboy, suite...

Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...

Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !

Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.

Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?

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Astroboy...

Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...

Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…

De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?

Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.

Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !

Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…

On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…

Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :

« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »

Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…

La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.

Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.

Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.

Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »

Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…

Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?

Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.

Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?

Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.

Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !

Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?

Statue_de_Giordano_Bruno___Rome

lundi 9 novembre 2009

Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...

Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

raphaela_le_gouvello

vendredi 6 novembre 2009

Question de statue.

Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !

Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !

John_Grisham_chez_lui_avec_son_authentique_femme_des_ann_es_cinquante

Posté par Elromanozo à 15:07 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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