Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

jeudi 12 novembre 2009

Astroboy, suite...

Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...

Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !

Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.

Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?

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Astroboy...

Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...

Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…

De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?

Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.

Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !

Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…

On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…

Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :

« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »

Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…

La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.

Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.

Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.

Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »

Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…

Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?

Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.

Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?

Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.

Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !

Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?

Statue_de_Giordano_Bruno___Rome

lundi 9 novembre 2009

Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...

Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

raphaela_le_gouvello

vendredi 6 novembre 2009

Question de statue.

Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !

Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !

John_Grisham_chez_lui_avec_son_authentique_femme_des_ann_es_cinquante

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Quand ça emballe sec...

Le 29 mai 2006, je reparle de mon petit voyage à Toulouse, décidément une ville de merde, sale, et bourrée de cons. Les seuls gens bien sont ceux qui viennent d’ailleurs pour s’esclavagiser à Sophia Antipolis, le « bétonville » des ingénieurs. Certes, l’université est très bien, mais quand on voit l’horreur innommable que sont ces barres de béton vétustes, sales et rouillées, on ne s’étonne pas du fait que l’usine AZF ait explosé…

J'ai séjourné dans un hôtel étrange, dernièrement. Pas spécialement cossu ni crasseux, tout à fait simple et fonctionnel, mais tout en contrastes. Par exemple, il a fallu que je demande des serviettes pour ma chambre, mais, inexplicablement, l'hôtel bénéficie d'un réseau wi-fi avec Internet haut débit offert gratuitement à tous les clients. Il y a même un écran plat dans le hall et, dans les chambres, la télé avec quinze chaînes.

Malgré ce surcroît de modernité, cet hôtel n'a pas rompu avec la tradition des tableaux hideux mais qui donnent l'impression de ne rien regarder... Le personnel était aimable et prévenant, mais à la moindre question, la réponse était presque invariablement "Oh je sais pas", "Je peux pas vous dire", ou "Bah, ça dépend...", ou quelque chose dans ce goût là. Comme c'était dans le sud, avec l'accent, ça fait encore plus traînant.

Je crois que ce qui m'a le plus étonné, c'était quand même les décorations dans le lobby. Il y avait des petits objets de chez Ikea ou autres, des bougies parfumées, des cadres muraux avec de la cannelle dedans, des bougies décoratives dans de petits verres à alcool, des vases... Assez kitsch et pathétique sur le fond. Mais ce qui est pire c'est que tout était encore dans l'emballage. Avec des traces d'étiquettes arrachées.

Et visiblement c'était un effet voulu, puisque la poussière commençait à s'accumuler et l'âge à ternir le plastique. Etrange non ? Les bougies, au lieu d'être posées là ou allumées, étaient encore empaquetées par huit et enrubannées. Peut-être que les propriétaires trouvent que c'est plus joli comme ça, ou bien est-ce par souci d'hygiène : l'emballage se salit mais l'objet reste soi-disant propre.

Pourtant, ça n'était pas la richesse et l'opulence qui étouffait la décoration. Si c'est pour préserver trois petits bidules odorants ou anti-tabac qu'on trouve dans les bazars "tout à un euro", c'était vraiment pas la peine. Pour vous dire, cela donnait l'impression d'être chez une vieille dame sénile qui plastifie tous ses meubles "pour faciliter le ménage". Surréaliste ! Je ne suis resté qu'une nuit, heureusement pour ma santé mentale.

Bougies_non_d_ball_es

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dimanche 1 novembre 2009

Doux illuminés...

Les Francs-maçons font toujours recette : On nous remet leurs liens avec la politique, la finance et la mafia à toutes les sauces, de nos jours… Un peu comme les Illuminati dans ces histoires de Da Vinci Code, d’anges et de démons tous plus crétines les unes que les autres… Tout le monde aime bien les sociétés secrètes mystérieuses. Au mieux, ça fait un bon méchant dans les films, au pire, ça fait un bouc émissaire imaginaire pour la crise !

Ah, au fait… Si l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy est bien un ancien Grand Maître du Grand Orient de France (oui, les titres pompeux, ça les connaît… Et ça claque plus que « Président de la République »… Moins il y a de pouvoir réel, plus il y a de titres ronflants, c’est un principe !), le nain de l’Elysée n’en est pas, malgré les rumeurs et les soi-disant « trois points » que certains voient sur sa signature…

Méprise stupide : en voyant l'illustration que j’avais utilisée pour je ne sais plus quel billet, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.

Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.

Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de jugeote, on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...

Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !

Comme toutes les sociétés secrètes ésotériques, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés le début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'œil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.

Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.

Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme, de spiritisme, de psychodrames et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.

Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.

Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le nœud et l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !

Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider...

Illuminati__le_jeu

samedi 31 octobre 2009

Ah, si j'étais quiche...

Le 28 mai 2006, un petit billet sur les stéréotypes de l’homosexualité…Et prophétique, avec ça, parce que, comme je l’avais dit, les tests et conseils « sexo » sont de plus en plus olé-olé. Sinon, vous aviez vu, à cette époque, "Ah, si j'étais riche", le film avec Daroussin ? C'était sorti il y a longtemps... Quelle daube ! Comme toute la carrière dudit Daroussin, d'ailleurs.

Il m'aura servi à faire le jeu de mots du titre, c'est tout... Mais bon, passons.

Un magazine récent (le numéro 1 est sorti le bimestre dernier, vous reconnaîtrez aisément le titre si vous êtes du milieu gay) publie deux interviews presque en forme de portraits chinois, chacune d'une personnalité hétérosexuelle ou homosexuelle, sur le thème "Si j'étais gay", et "Si j'étais hétéro". Ils comptent d'ailleurs en faire une rubrique récurrente, voire régulière, voire présente à chaque numéro.

Moi je trouve ça amusant. Complètement superficiel, débile à souhait, mais bon, marrant. On conçoit que le comportement d'une personne puisse être changé par son orientation sexuelle, mais au fond, comment savoir de quelle manière ? A la limite, si on va vraiment au delà des stéréotypes, pourquoi la moindre once de personnalité changerait-elle ? Puisque l'homosexualité n'est pas un choix, c'est de toute façon un faux problème.

C'est à ranger dans la catégorie "articles légers car superficiels, mais lourds pour la même raison". Cela permet de voir combien les gays comme les hétéros sont influencés par les stéréotypes, à commencer par les journalistes (qui, même s'ils font ça pour se moquer, posent quand même la question "Si tu étais hétéro, devant quel sport choisirais-tu de roter en buvant de la bière ?", et oublient d'avoir le même mordant pour les "si tu étais gay"...).

Et puis tant qu'à faire, si on commence avec "si vous étiez un homme", ou "une femme", ou "gay", on peut continuer longtemps dans la série du portrait chinois tendance. Si vous étiez bobo, si vous étiez juif, si vous étiez journaliste à Chronic’art ou Nova magazine... Pourquoi juste les gays ? A la limite, bientôt, les magazines les plus sexe feront dans le "Etes-vous fist ou fessée ?" ou "Si vous étiez zoophile ?"... Charmant.

Bon, moi, si j'étais gay, je pense que je serais mince (parce que j'aurais le courage de suivre un régime), que je m'habillerais en rose, que je ferais la gay-pride, que je me raserai les jambes (ya du boulot...) pour me travestir histoire de rigoler, que je mangerais bio, que j'écouterais de la techno et... Ha, merde, c'est vrai, je suis gay et je suis petit, enveloppé, poilu, j’écoute de rock indépendant et j'ai jamais fait la gay-pride... Tant pis.

Enfin, si vous voulez vous marrer un peu, écoutez plutôt la chanson "If I were gay", de Steven Lynch.

Stephen_Lynch

vendredi 30 octobre 2009

Démiurge et pine de cheval !

Voici un long billet sur les superhéros, plus philosophique qu’on pourrait le penser au premier abord, e qui fut publié le 25 mai 2006… Il part de la question « quel superpouvoir aimeriez-vous avoir ? », A peu de choses près le même problème que celui des trois souhaits. C’était dans l’air du temps, cette bouse innommable de X-Men III venait de sortir. Le blog du Loupil (et même ses deux blogs) sont toujours dans les liens à droite.

Depuis, il y a eu le film Watchmen, Iron Man aussi (très bien, tout ça…) et bien sûr Hancock et X-Men origins : Wolverine (Beuuuurk…). C’est toujours à la mode, je ne vous raconte pas. Les superhéros font tellement recette que c’est devenu un genre à part entière, et que ce qui n’était qu’un pan de la culture geek de quelques aficionados devient aujourd’hui mainstream… Enfin, de façon superficielle.

Sur le Blog du Loupil (c'est pas loin et c'est sympa, n'hésitez pas à y aller), ce dernier vient de poser la question qui tue, celle qui engendre la rêverie pratiquement à coup sûr (du moins chez la jeune génération) : Qu'est-ce que vous aimeriez avoir comme superpouvoir ? Nous parlons ici de n'importe quel pouvoir, quelle que soit la justification que vous pourriez (ou non) lui trouver. Autant dire, le coup du génie avec un souhait.

Prêtons-nous au jeu. D'aucuns pourraient demander d'avoir tous les pouvoirs, mais c'est un peu facile. Les grands classiques, comme le dit notre hybride ami le Loupil, restent l'invisibilité et la furtivité : qui n'a pas rêvé de surprendre les petits secrets de tout un chacun, depuis les conversations indiscrètes du Pape ou de votre secrétaire, jusqu'à la taille de la bite du grand black à l'autre bout des urinoirs dans les toilettes publiques ?

Bon, en général, ni l'un ni l'autre ne me tentent quand je suis aux toilettes. Ailleurs, je ne dis pas... Mais passons. Puisqu'on est dans la furtivité et les messes basses, lire dans les pensées est aussi un grand classique. Le problème c'est que ce qu'on risque de lire pourrait décevoir, ou ne pas être joli-joli. En règle générale, tous les pouvoirs liés au savoir et à la perception "absolue" sont dans le même cas.

C'est comme la divination : à tout prévoir, on n'a plus aucune surprise, et la vie devient ennuyeuse. Et puis c'est terrible d'être toujours celui qui annonce les mauvaises nouvelles sans pouvoir les éviter. De même, il y a de fortes chances pour qu'un type comme Flash, hyper-rapide, soit aussi éjaculateur précoce. Comme disait Jean Cocteau, les pouvoirs "ont les qualités de leurs défauts et les défauts de leurs qualités".

Tout comme pour les lasers qui sortent des yeux, les boules de feu et toutes ces conneries (je dis conneries parce que je n'ai pas de velléités offensives, moi, mais d'autres pourquoi pas). Si vous n'êtes pas immunisé vous-même ou que vous ne pouvez rien contrôler, vous êtes un petit peu emmerdé. Et puis ça ne va pas beaucoup vous servir dans la vie : Arme vivante, c'est nul comme vie, demandez aux ex-djihadistes.

En vrac, on a la téléportation (fini les voyages chiants et les retards), la résistance à des tas de trucs (maladies, poisons, radiations, moules pourries, art contemporain...) ou carrément l'invulnérabilité, bien pratique si vous pensez être en danger de mort. On a l'immortalité et/ou l'éternelle jeunesse, toujours très populaires, mais êtes-vous sûr de vouloir tout voir s'étioler autour de vous sans pouvoir rien faire ?

Un autre truc très courant c'est de vouloir voler. Mais tout dépend comment : avec de grandes ailes pas pratiques ? Oui, ça a l'air cool, mais si on est réaliste deux secondes, ça marche pas à moins d'avoir des os creux et une envergure d'une dizaine de mètres... Et il y a toutes ces histoires de température et de pression. Mais admettons, c'est magique. Ou alors ça peut marcher comme pour Superman ou Peter Pan.

Un bon moyen de voler c'est de savoir léviter, et par extension de pouvoir faire voler des trucs, donc de pouvoir les faire bouger à distance... Autrement dit, la télékinésie, à réserver à ceux qui veulent faire carrière comme fakir de music hall. On tombe facilement dans l'excès du lot télékinésie, perception extrasensorielle et contrôle mental, aussi appelé "kit du Jedi". Je trouve ça parfaitement immoral, même si c'est un pouvoir cool.

Entre parenthèses, juste comme ça, vous avez dans un coin les Siths, des gens qui font confiance au système, qui sont en phase avec leurs émotions négatives (ce qui est psychologiquement plus sain que de les refouler comme ces culs-serrés de Maîtres Jedis). Ils sont peu nombreux, et n'utilisent jamais le contrôle mental, même pour leurs intrigues politiques : Non, ils font des éclairs, ça se voit, donc on les persécute, forcément.

Dans l'autre camp, vous avez la police des Jedis. Ils sont les seuls à avoir le droit officiel de porter les sabres lasers, ils peuvent faire ce qu'ils veulent et on les craint, ils ont visiblement une organisation quasi-militaire parallèle au gouvernement, ils embrigadent les jeunes dans une espèce de religion fanatique de la Force, et ce sont les seuls qui se servent de leur pouvoir de contrôle mental... Des diplomates musclés. Qui sont les gentils, déjà ?

Les Siths persécutés qui veulent avoir le droit de faire leurs petites affaires sont dangereux, car expéditifs et excessifs. Soit. Mais qu'est-ce qui donne plus qu'à eux le droit aux Jedis de se proclamer autorité fachoïde suprême ? Le fait qu'ils suivent leur super-gourou verdâtre et parlent d'amour ? Qu'ils se frustrent sexuellement ? Qu'ils se considèrent comme "plus pur et plus saint que toi, pétasse" ? On s'est compris, fin de parenthèse.

Pour beaucoup de gens, avoir un pouvoir n'a pas besoin d'être spectaculaire ou si surnaturel que ça. Ils se contentent d'une augmentation d'une capacité ou d'un talent. Oh, ça peut être génial, ça leur permettrait d'être le meilleur quelque part... Pas juste excellent, mais le meilleur. En général, comme chez le Loupil, c'est général, justement : super cervelle. Ou force. Ou agilité, souplesse, mémoire, dextérité, cuisine, chant...

C'est sûr que ça résout le problème du spectaculaire, surtout si le pouvoir que vous voulez c'est "toujours réussir les arrangements floraux" ou "sens de la mode infaillible", ou "savoir super bien écrire de poèmes". Encore que, si c'est vraiment bon, ça se monnaie, et vous devenez vite célèbre. Mais honnêtement, ce serait juste histoire de ne pas avoir à vous crever le cul pour grimper au sommet vous-même, non ?

Après vous avez une série de pouvoirs très divers, mais qui, comme qui dirait, foutent la merde. Mais vraiment la merde. Je m'explique. Un petit con qui, de temps en temps, dézingue une voiture avec ses yeux lasers, il est facile de s'en occuper. Un type qui peut se rendre invisible, c'est agaçant, mais ça ne mange pas de pain et c'est discret. Mais un type qui guérit par imposition des mains, ça, ça fout la méga-merde.

Ne faites pas l'innocent, vous y avez pensé. Je parie que vous aviez même imaginé que ce serait altruiste et que vous ne feriez pas payer les guérisons miraculeuses. Imaginez, un peu de pub et vous vous retrouvez avec un nouveau messie sur les bras, les religions du monde sur les dents ou se le disputant, plein de jaloux qui cherchent à le tuer (pour le coup, vous auriez aimé pouvoir prendre l'invulnérabilité avec, hein ?).

Même en admettant que vous ne soyez pas le seul dans ce cas, ça déstabilise. A moins que, soudain, tout le monde se mette à pouvoir faire ça comme rien, mais alors ce n'est plus un superpouvoir. L'intérêt, le sens même d'un tel pouvoir, c'est que personne d'autre ne peut faire ce que vous faites, ou au moins pas le commun des mortels. A ce compte là, tout pouvoir un peu utile est monnayable, d'ailleurs.

Même si vous n'avez pas un pouvoir a priori utile, comme "faire apparaître un cube de trois mètres de côté de rillettes du Mans avariées", eh bien ça l'est quand même. Par exemple, vous pouvez prendre le monde en otage et le remplir de rillettes avariées. Les faire sécher et vous en servir comme combustible, car c'est une énergie renouvelable (vous en créez à volonté)... Tout peut être utile, en forçant un peu.

Il y a toujours un moyen d'utiliser une capacité extraordinaire, même a priori minable, à bon escient. Même si nous vivons dans un monde ou c'est la taille qui compte (eh oui, ne le nions pas, même si ça ne compte que dans l'esprit des gens, ça compte vraiment), la façon de s'en servir fait pas mal de choses. A partir du moment où vous faites quelque chose de plus que les autres, c'est gagné. Quand on a un pouvoir, on a LE pouvoir.

Philosophiquement parlant, à partir du moment où l'on fait quelque chose de plus, où l'on a quelque chose de mieux à proposer que le commun des mortels, on a un ascendant dessus. Qu'on l'utilise pour le bien ou le mal n'a aucun rapport, c'est une question de "je peux le faire et pas toi". Qu'on monnaye une capacité, qu'on en fasse cadeau gentiment en échange de reconnaissance, ou qu'on ait le pouvoir de contraindre, c'est pareil.

Mais je digresse... Pas tant que ça en fait, puisqu'un autre pouvoir fouteur de merde c'est celui de faire apparaître des trucs. Peu importe quoi, surtout si vous pouvez faire apparaître ce que vous voulez, alors là rien ne va plus... Que ce soit une création permanente ou temporaire, une transformation de quelque chose d'existant, même si ce n'est pas complexe, on touche carrément au divin, au démiurge.

Pareil avec la désintégration. Vous imaginez l'impact sur l'économie si ne serait-ce qu'une seule personne (que tous les pays vont s'arracher, au passage...) pouvait produire du pétrole à volonté ? Ou de l'uranium ? Ou éliminer non seulement les déchets nucléaires en les transformant en glace à la fraise, mais aussi les gaz à effets de serre ? Changer le plomb en or et les caramels mous en diamants ? Désintégrer les missiles ?

Et une fois maître de la matière, l'énergie, le temps et l'espace ne sont pas loin. Vous avez un bel exemple de ce qu'un tel personnage peut donner dans l'excellente BD Watchmen, recommandée dans ma liste sur les obligatoires de la SF (ci-dessous, allez, un effort !). Sa simple présence, qui éclipse les autres héros, change l'histoire du monde. Il s'agit de l'ineptement nommé (selon ses propres dires) Docteur Manhattan.

Un tel être est encore plus obscènement puissant que Superman. Mais le plus drôle c'est qu'un être tel que le Docteur Manhattan devrait être extrêmement courant chez les superhéros, lorsqu'on réfléchit aux principes physiques impossibles des pouvoirs des uns et des autres. Qu'est-ce qu'il faut pour désintégrer ? Soit augmenter d'un coup la température, soit annuler les forces faibles entre atomes, soit écarter les molécules.

Trois choses que savent faire, en théorie du moins et si leurs pouvoirs n'étaient pas stupidement limités, la plupart des héros qui contrôlent le feu (Pyro, Carrie...), le froid (donc l'augmentation et la diminution de température, voir Iceman), les champs de force (Madame Fantastique), les champs magnétiques (Magnéto), la télékinésie (Jean Grey et compagnie), et j'en passe... Il doit y avoir d'autres moyens.

Qu'est-ce qui empêche quelqu'un capable de transformer la matière à volonté, faisant foin des limitations arbitraires et artificielles du style "ne marche que sur (...)", d'apprendre à le faire de mieux en mieux et à distance, puis de se recréer parfaitement avec tous ses souvenirs à un autre endroit du monde et de transformer le premier corps en air, se téléportant ou créant des clones à volonté ? Et pas que lui-même.

De même, le type qui peut se téléporter, en examinant le comment de son pouvoir, peut éventuellement le contrôler pour téléporter les autres, ou les désintégrer (il suffit de ne pas les faire réapparaître, par exemple), ou créer de nouvelles choses, et de là avoir tous les autres pouvoirs qu'il veut (créer des boules de feu, transformer les gens, cesser de vieillir...). Si on pousse assez loin, tout pouvoir un peu basique permet... TOUT.

Autre pouvoir fouteur de merde, tout pouvoir un tant soit peu absolu. Prévoir l'avenir, on l'a déjà dit, c'est terrifiant. Lire dans les pensées c'est déjà horrible, mais savoir la Vérité, c'est pire que tout. En admettant que ce soit possible, la Vérité Absolue serait à la fois pratique et une tricherie sans nom. Un tel être saurait tout, potentiellement : il suffit de poser la bonne question en la formulant de façon à ce qu'il puisse dire vrai ou faux !

Je ne sais pas si je suis clair, mais ma thèse est toute simple : Si vous voulez rester dans votre coin sans changer le monde, n'ayez pas de pouvoir. Si vous voulez changer les choses ou être reconnu (ou payé), vous n'avez pas nécessairement besoin d'un pouvoir spécial, il suffit d'être bon dans ce que vous faites, et votre souhait revient à un "Ah si j'avais du talent" ou "Ah si j'étais riche". Tout ça ne va pas loin.

Si vous voulez être le nouveau messie (quel orgueil, mais bon, admettons, c'est tentant), vous pouvez prendre n'importe quel pouvoir, même minable, ça n'a aucune importance : poussé au maximum, il fait son petit effet. Plus il est basique, et plus il équivaut à avoir, de fait, tous les pouvoir. Vous voyez, on y revient.

Donc à ce compte-là, prenez un truc qui permet de réaliser un fantasme personnel, tant qu'à faire.

Ce n'est pas réellement un pouvoir mais plutôt un moyen ou un état, mais lire tous les livres du monde, ou pouvoir tout manger sans s'empoisonner ou grossir, pouvoir s'adonner sans fin à l'excès de n'importe quel plaisir, voilà qui reste tentant et qui semble à première vue dépourvu de conséquences majeures. Sauf que non, ça revient à souhaiter l'invulnérabilité, l'immortalité ou un autre pouvoir "messianique".

Peu importe ce que vous choisissez, ce qu'il y a de drôle, ce n'est pas ce que vous ferez avec votre pouvoir : vous vous lasserez vite, ou vous habituerez à ce nouveau jouet. Non, ce sont les conséquences que ce pouvoir aura sur le monde qui permettent des spéculations sans fin ! S'il n'y a pas de conséquences, ou qu'on s'interdit d'y penser, comme dans la plupart des comics, ou qu'on n'est pas enclin à se les imaginer, c'est trop rapide, trop facile… Pas amusant.

Personnellement, et pour répondre à la question, j'adoooore le pouvoir. Alors si je voulais un pouvoir sans trop de conséquences, j'aimerais avoir quelque chose de visible, comme un corps de rêve et une bite de cheval. Et si j'avais à choisir dans les GROS pouvoirs, alors pourquoi me faire chier ? Démiurge, ça me va bien. Modeler le monde, même juste les objets, même de façon limitée, si c'est à ma convenance, ça, c'est intéressant.

Quitte à choisir, ya pas de raison. Et le premier qui sort que ça en dit long sur mes problèmes de contrôle, je le claque.

monsieur_manatane

lundi 26 octobre 2009

Smoking = Drug. No smoking = Drag ?

Le billet du 21 mai 2006 ne s’adressait pas spécialement aux drogués, mais bon… Vous êtes peut-être au courant, mais il y a un parti politique (dont le nom m’échappe) qui a pour seul programme de légaliser le cannabis. Ils se sont présentés aux européennes, et ont même fait un clip de campagne… Très relax, comme clip, avec des gens qui parlent bien lentement…

Avez-vous remarqué combien la drogue a une place importante dans notre société ? Bien qu'illégales, les drogues dites "récréatives" (autrement dit, la fumette, les extas, et quelques rails de coke pour faire bonne mesure) apparaissent à qui mieux-mieux dans notre paysage médiatique et culturel. Le cannabis est d'ailleurs particulièrement présent, ayant effrontément très bonne presse auprès de presque tout le monde.

Il existe déjà quantité de livres, sites web, librairies spécialisées sur le sujet des drogues "douces" (en général surfant aussi sur la vague des altermondialistes, peut-être à cause du côté écolo-jardinage, alors que ça n'est pas forcément lié...), des tas de choses importées de Hollande et d'ailleurs... Un chef très "nouvelle cuisine" a même conçu une recette de tomates lyophilisées présentées comme des rails de coke !

J'ai dit effrontément, j'aurais pu dire scandaleusement et de façon imméritée. Est-ce parce que ça bouffe les neurones et que ça change l'expérience d'un ou plusieurs sens ? Allez savoir. Le glutamate monosodique aussi fait ce genre de chose, de façon légèrement différente et graduelle. Est-ce que la contre-culture chante ses louanges ? Bien sûr que non, et ça serait étonnant. Pourtant, on en trouve plus facilement, au chinois du coin.

Glissons. Le cannabis, disais-je, a bonne presse, à tel point qu'on le trouve dans la plupart des comédies, dans beaucoup d'autres films, et souvent dans des scènes totalement gratuites dans lesquelles il est présenté comme une pratique normale. Richard Bohringer, acteur dont le quotient intellectuel est l'équivalent de la qualité de son jeu (c'est à dire niveau température anale) a adopté les couleurs rasta pour son groupe musical.

Mais plus que toucher les groupes de rock, les bohèmes pas toujours bourgeois et les gens qui veulent faire jeune par les portraits de Bob Marley, les slogans libertaires et les couleurs du drapeau pseudo-éthiopien des rastafari, cette mode s'étend jusque dans ce bastion du politiquement correct et des convenances qu'est la publicité... C'est un cap important : la pub est le reflet d'une majorité silencieuse, non plus d'une minorité bruyante !

Exemple frappant, a priori, la publicité parfaitement innocente pour les M&M's (celle où un paquet circule dans une salle de cinéma, les détails sont peu importants) s'orne en toute fin de publicité du slogan "faites-les tourner". Le mot est évidemment choisi pour ses connotations vis-à-vis des fumeurs de cannabis, la pub visant une cible jeune (sinon ils auraient utilisé "circuler" ou "passer"). C'est une référence qui touche et interpelle.

Autre exemple de la présence de culture-cannabis dans la pub, celle, récente, pour Virgin Mobile. Un homme stressé car il est accroc aux SMS et n'arrive pas à s'arrêter va tenter de se faire, par maraboutage, "désintoxiquer". Arrive alors un autre black, clairement rasta et à la voix façon Doc Gynéco. Celui-ci lui propose d'envoyer autant de SMS qu'il veut, grâce au slogan "Soyez enfin détendu du mobile".

On le voit, le SMS est présenté comme une drogue qui détend, et le "gentil rasta" vient en dispenser pour un prix dérisoire au français moyen stressé sur le point de se faire arnaquer par un marabout. Cette drogue est non seulement présentée comme bénéfique, mais normale et accessible à tous (ce qui reflète d'ailleurs une certaine réalité, dans l'accessibilité, et si l'on a comme tout le monde une définition élastique de la norme).

Moins subtile est la publicité pour les nouveaux chewing-gums de chez Hollywood, les "sweet gums" aux parfums extravagants et au cœur liquide coloré. Grâce à des effets spéciaux (artistiquement très réussis, il faut le dire) la saveur et la fraîcheur de ces dragées sont présentées ouvertement comme psychédéliques, colorant de façon surréaliste un monde autrement vu en noir et blanc.

Les protagonistes de la pub sont tous jeunes et tendance (normal, c'est la cible), et se trouvent dans une gare. Quelqu'un, hors caméra (donc un inconnu, même s'il s'agit peut-être d'un des amis cela ne change rien), leur offre ces chewing-gums qui ont l'air de pilules. Ils les acceptent avec joie et les gobent goulûment, surpris de soudain voir la vie en rose... N'est-ce pas là LE scénario type contre lequel on met les enfants en garde ?

N'acceptez pas de "bonbons" d'un inconnu, surtout dans une gare ou un lieu public du même acabit... Cette publicité peut faire référence à toutes sortes de drogues, LSD, drogue du viol, amphétamines, toute forme de drogue en pilule, ou, symboliquement, toute forme de drogue tout court... Ce qui me fait tiquer c'est que dans la publicité, le produit remplace la drogue en question et le tout est présenté comme bon, souhaitable.

Il est devenu tellement facile de présenter les drogues récréatives les plus courantes comme positives ! Parce que presque tout le monde le fait ou l'a fait au moins une fois, "ce n'est pas si grave"... et du "ce n'est pas si grave" au "c'est acceptable", puis au "c'est bien", il n'y a qu'un pas. Moi cela me choque de voir que certains considèrent la drogue comme simplement une autre marque de chewing-gum.

Surtout que pendant ce temps tout le monde crache en Tartuffe sur la cigarette et les fumeurs de tabac…

joints

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mercredi 21 octobre 2009

Ne pas jeter n'importe quoi... Dans la tête de nos enfants !

Nous avons de la chance de vivre en France. Oui, bon, il y a pas mal de problèmes, mais nous vivons non seulement dans une société d’abondance, mais aussi dans une société éclairée par rapport à beaucoup d’autres ! Exemple qui ne coûte pas cher : Notre pays est exempt d’un lobby public du créationnisme (même la Boutin ne s’y risquerait pas…), à la différence des Etats-Unis.

Le créationnisme n’a pas droit de cité dans les écoles de la République (et c’est tant mieux)… Pourtant, un pourcentage alarmant de français qui viennent d’avoir le BAC, à l’entrée de la fac, pensent que la théorie de l’évolution, c’est tout aussi valable que la création par un dieu quelconque ! Il en est même 2% qui ne croient pas en l’évolution ALORS MÊME QU’ILS ENTRENT EN FAC DE BIO !

Et, depuis 2008, les programmes scolaires français des « petites classes » (l’école primaire, quoi) ont complètement expurgé tout ce qui concernait l’âge de l’univers, al théorie de l’évolution, le passage des primates aux êtres humains… Au profit de cours sur la biodiversité, la pollution et les nouvelles sources d’énergie. Qu’on ne se méprenne pas, il est important que les enfants soient au courant de tout ça…

Mais… Il y a un gros mais. L’école primaire de notre République est souvent la seule force capable de contrebalancer l’endoctrinement sectaire (plus communément appelée « éducation religieuse ») qui se fait principalement à la maison et par les parents… Endoctrinement qui comporte, entre autres, le créationnisme, et souvent ZERO faits scientifiques… Donc un tissu de mensonges.

En se disant qu’il vaut mieux « sensibiliser » (c'est-à-dire, aussi, endoctriner) les enfants à l’écologie (ce qui n’est, au fond, qu’une mode, puisque tout ça sera obsolète dans seulement dix ans… Au contraire de la théorie Darwinienne) parce qu’ils apprendront « mieux » et de façon moins simpliste la théorie de l’évolution au lycée, est-ce qu’on ne prépare pas le terrain d’une pensée mystique délétère ?

Est-ce que ça ne devraient pas être les parents qui apprennent à leurs enfants à jeter les papiers gras ? Est-ce qu’il est judicieux de faire passer à la trappe un des fondamentaux de la pensée moderne, la chose qui est supposée mettre fin à tous les mythes cosmogoniques pseudo-magiques sur la vie et l’univers, et de le remplacer par un savoir simpliste à durée de vie éphémère sur le respect de l’environnement ?

Du reste, avec tout ce qu’on nous rebat les oreilles dans les médias sur l’écologie (y compris dans les dessins animés et les émissions à destination desdits enfants), et même dans les anciens programmes scolaires, les gosses sont déjà sensibles à ces questions… Cela ne date pas d’hier, ce sont les premiers à faire la morale aux adultes qui salissent ou polluent. Et que fait-on au sujet de la religion qui pollue leur esprit ?

C’est une porte ouverte dont on se serait bien passé, d’autant que, si le courant créationniste est fort aux USA, il existe aussi en France, naissant ! Les professeurs sont de plus ne plus confrontés à des critiques d’ordre créationnistes de la part de leurs élèves, jeunes et moins jeunes, tant en SVT (biologie et géologie) qu’en cours de philosophie ! Ces critiques s’élèvent en salle de classe et aussi sur les copies.

Comme par hasard, ce sont les élèves très religieux qui se manifestent le plus… Les critiques les plus virulentes viennent d’élèves musulmans, mais les chrétiens ne sont pas en reste. Les critiques sont de deux ordres : Celles, isolées, d’enfants qui ont été élevés dans une croyance religieuse, et celles, hélas organisées et dotées d’un discours construit, d’élèves manipulés, et qui trouvent sur Internet une information créationniste…

Carole Diamant, auteure du livre « Ecole terrain miné », explique : « Quand j'ai écrit mon livre, en 2004, la critique était superficielle, spontanée et répétée. C'est quelque chose qui faisait référence à des prêches ou à une opinion religieuse entendue ici ou là (…) Aujourd'hui, les enfants sont sûrs de leurs croyances. Ils restent sur leurs positions. Ils disent : Allez-y, racontez-nous Darwin mais nous, on n'y croit pas ! »

Précisons que Carole Diamant est professeure de philosophie dans un lycée de St Ouen, une banlieue aujourd’hui tristement revenue sur le devant de la scène pour cause de squats et fusillades entre bandes rivales. Elle n’est pas la seule à faire face à ce genre de propagande. Tout n’est pas noir : Des colloques sont organisés par l’état pour permettre aux professeurs de répondre de façon argumentée aux dogmes de leurs élèves…

Et puis, s’il y a effectivement une sonnette d’alarme à tirer, le créationnisme sous toutes ses formes n’est qu’un symptôme… On devrait crier haro sur tout intégrisme religieux, même celui, apparemment innocent, qui ne fait « que » mentir aux enfants sur l’univers sans prétendre poser la moindre bombe. Déjà que ça n’est que depuis les années 50 que les chercheurs français, qui étaient fâchés avec l’anglais, ont reconnu cette théorie…

De ce côté-là, la France s’en sort encore bien, avec sa tradition de laïcité. Mais, après toutes ces remises en cause de la loi de 1905, que penser ? Je suis aussi alarmé par le retour de la théologie en France par la petite porte, avec cette nouvelle que l’état reconnaît à présent comme homologués en France les diplômes délivrés par des universités religieuses… Dont les diplômes du Vatican, par exemple, partiaux même sur les sujets généraux !

Je n’ai pas vu de manifestations contre ce genre de choses… Enfin si, il y en a eu, mais elles ont été complètement boycottées par les médias… Sans aucune surprise, puisqu’il s’agit de celles des anarchistes, dans le plus pur style « ni Dieu ni Maître », qui, en plus d’être sainement contre la religion, sont connement contre toute forme de gouvernement.

Si c’est ça, la seule forme d’opposition organisée à la religion, on est mal barrés. Les athées de France se sont, je pense, un peu trop reposés sur leurs lauriers depuis quelques décennies…

Merci_de_garder_votre_esprit_propre

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