mercredi 23 décembre 2009
Ya plus d'saisons...
Oui, j’avais fait un billet sur Noël le 21 juin 2006, pour le jour de la fête de la musique. En oui, j’avais trouvé drôle de faire ça au solstice d’été sur le solstice d’hiver ! Quoi qu'il en soit, joyeux Noël à tous ceux qui ont envie de passer un joyeux Noël.
Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.
De toutes façons, qui d'entre vous connaît par cœur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un œil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.
Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.
C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.
Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !
jeudi 17 décembre 2009
Let me give you a little tongue...
Mon amour pour les mots ne s’est jamais démenti, et surtout pas dans ce billet du 19 juin 2006. J’aime mon langage, les petits et les grands mots, les mots grossiers comme les mots prudes… Et qui aime bien châtie bien.
Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... Certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.
Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."
Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes (courants ou non) y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...
Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).
Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.
Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.
D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (qui se veut un langage universel, dont les concepts et la grammaire sont modulaires et « faciles » d’un certain point de vue)...
Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.
On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...
Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.
Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?
Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pâle copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?
Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.
Il n'y a plus qu'une chose à dire : Choisissez vos mots avec soin…
mercredi 16 décembre 2009
Au delà du réel...
Le 12 juin 2006, I had a dream…
Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art de charlatan, apparenté à la lecture à froid et à l’effet puits… Mais c’est parfois très drôle.
Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice". Autant dire que ça ne marche pour personne...
"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."
Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.
Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.
Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les vœux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Il serait ridicule de se demander qui a raison.
Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !
mardi 15 décembre 2009
Sérial qui leurre...
En ce moment, c’est la mode des psychopathes. C’est vrai quoi… On est passé du film archétypal sur le tueur en série, le Silence des Agneaux, a une pléthore de livres et de films sur Hannibal Lecter… Dans lesquels il joue un rôle certes ignoble, mais sommes toutes héroïque : On trouve toujours une justification à ce qu’il s’en sorte, et puis c’est un génie d’une immense culture… On l’envie presque !
Il y a régulièrement ce genre de choses dans les nombreuses séries sur la police scientifique. Et puis il y a Dexter, la série culte dans laquelle un psychopathe canalise ses pulsions meurtrières pour tuer les « véritables » monstres de la société. Non seulement il tue de manière horrible, mais il récidive froidement, s’arrogeant le rôle de l’enquêteur, du juge et du bourreau, comme au temps de l’inquisition espagnole… Et les gens applaudissent !
Bon, j’adore Dexter, j’aime beaucoup le Silence des Agneaux, Les Experts, et j’ai vu avec plaisir mon content de films de serial-killers (et même de slasher movies, qui parlent de tueurs de masse, et non de tueurs en série)… Mais je ne vais pas pour autant les idolâtrer ou même seulement croire qu’un tel individu, même s’il avait le même penchant justicier qu’un Dexter, serait bénéfique pour la société. D’autant que tout ça n’existe pas.
Enfin, les serial-killers, si. Mais CE genre de serial killer, c’est de la pure fiction : Un ramassis de clichés que le grand public gobe comme l’évangile… Oh, pas mal de films sont assez réalistes sur le mode opératoire des tueurs en série (le Silence des Agneaux, notamment, mais uniquement pour le tueur Buffalo Bill…), mais ça s’arrête là. Et il existe tant de films ou les modes opératoires sont fantaisistes, absurdes, idiots…
Des films comme la série des Saw, Dexter, ou même les multiples aventures du fameux Hannibal Lecter, tout cela induit en erreur, tant quant aux motivations du tueur en série, que sa nature, que son mode opératoire. En fin de compte, peu de gens savent réellement ce qu’est un tueur en série… Et, d’une certaine façon, tant mieux ; mais c’est tout de même agaçant de constater l’ignorance des masses sur un sujet que tous croient connaître.
Moi, j’ai beau ne pas être un expert, je sais que les tueurs en série ne sont monstrueux que par leur humanité, et surtout leur banalité… Ce sont des lâches, qui ne s’en prennent qu’aux plus faibles, par peur, et se trouvent des excuses largement débiles. Ils sont accrocs à un sentiment de domination exacerbée, uniquement parce qu’eux-mêmes sont des minables. Les VRAIS tueurs en série n’ont rien de fascinant, ils sont répugnants.
Qu’est-ce qui les rend donc si attractifs pour le grand public ? C’est que dans les films et les histoires, on les traite bien. Même lorsqu’on parle des tueurs en série qui ont réellement existé, on prend toujours des exceptions mythiques qui enflamment l’imagination, célèbres, comme Jack l’éventreur… Des gens qui semblent suprêmement intelligents, qui tuent pour des raisons mystiques, et se rient des policiers de leur temps.
Déjà, dans la réalité, intelligents, ils ne le sont pas. Le vrai Hannibal Lecter n’existe pas, pas en tant que tel. L’immense majorité des tueurs en série n’est ni plus ni moins qu’aussi bête que la moyenne… Et ceux qui sont plus intelligents ne le sont pas assez pour s’adapter à la société : Ils échouent dans leurs études, ne parviennent pas à garder un boulot, ou doivent se contenter d’un job de merde en dépit de leur intellect.
Oh, ils ont l’air intelligents, tous autant qu’ils sont… On pense qu’il faut être supérieur, en quelque sorte, pour commettre des meurtres sans se faire prendre. C’est exactement ce que pense le tueur en série, et c’est ce qui dissuade la plupart des gens de tenter de commettre un meurtre eux-mêmes. Mais ça n’est pas aussi vrai qu’on le croit. La vérité est que le simple anonymat des grandes villes suffit à couvrir la plupart des traces…
Par exemple, le célèbre Ted Bundy, sadique nécrophile archétype du tueur dominateur, était un loser narcissique et immature, misogyne mais beau parleur, n’ayant jamais réussi ses études de droit. Il se présentait à ses victimes sous son vrai nom, en plein jour. Il s’est fait prendre pour excès de vitesse dans sa coccinelle dorée (hyper discret)… Et il a lui-même autorisé le policier à fouiller son coffre, lequel contenait tout son petit matériel !
Du reste, c’est souvent sur un tel coup de chance qu’on arrête les tueurs en série. Parfois même, on n’était même pas au courant qu’ils opéraient. Récemment, en France, un tueur en série a avoué avoir tué un grand nombre de petites vieilles, en Savoie notamment, et s’est livré à la police… Tout le monde avait pris ça pour des accidents ou des morts de vieillesse ! On enquête moins sur les morts apparemment naturelles en maison de retraite…
On pourrait croire qu’il s’agit d’une exception… Ce n’en est une que parce que le tueur s’est livré. Bien entendu, les policiers font de leur mieux, mais la plupart des enquêtes d’arrêtent PAS les tueurs en série, à moins d’un coup de chance, d’une victime qui s’échappe, ou d’une dénonciation (généralement, ce sont des voisins qui se plaignent de l’odeur des cadavres, ce qui prouve bien que beaucoup de tueurs en série sont peu soigneux…).
Les outils que chacun a vu à la télévision sont certes utiles aux enquêteurs, mais ils ne servent qu’à réduire le champ des possibilités, et ils sont récents… Le « profiling », à supposer qu’il soit utilisé correctement, ne donne qu’une idée générale, et peut se tromper. Une empreinte ADN ne sert que si la personne a déjà été arrêtée et que son empreinte a été saisie. L’analyse de la scène de crime est encore le meilleur outil, mais ne fait pas tout…
Récemment encore, en Allemagne, ce qu’on avait pris pour une affaire de tueur en série n’en était pas une. A cause d’une contamination chez le fabricant, une même empreinte génétique s’était retrouvée sur divers instruments utilisés pour enquêter sur des homicides… La police a cru pendant des années qu’un mystérieux individu se trouvait sur les lieux de ces meurtres et leur échappait sans cesse !
De plus, ces techniques scientifiques prennent du temps (bien plus que dans les séries télévisées à la mode ! Il faut plusieurs mois pour effectuer certains tests…) et consomment une quantité d’argent phénoménale. En plus du matériel, cela requiert une formation spécifique… Il n’y a tout simplement pas assez de gens qualifiés pour enquêter sur tous les crimes de cette façon, surtout dans une grande ville ou il y a plusieurs homicides par jour !
D’ailleurs, le « profiling », parlons-en… Tout cela a des allures de pseudo-science intuitive, quasi médiumnique : Une célèbre profileuse du FBI se met à la place du tueur et tombe juste à tous les coups… S’il est possible de déduire certaines choses du mode opératoire d’un tueur, il faut pour cela des indices en grand nombre, et surtout quelque chose à déduire… Tous n’ont pas la lubie de laisser une carte de visite !
Le grand public a longtemps cru (et croit encore) que tous les tueurs en série sont de jeunes hommes blancs « entre 20 et 40 ans, issus de la classe moyenne »… C’est une idée reçue qui nous vient des premières études du FBI sur le sujet, dans les années 80, aujourd’hui surannées et déformées par les médias. Il est vrai que comme la majorité de la population américaine est blanche, la majorité de leurs tueurs en série est blanche aussi !
Il n’y a pas plus de tueurs en série blancs que noirs… Tout dépend du pays dans lequel vous vous trouvez, en fin de compte. En revanche, statistiquement, il y a plus de chances que ce soient des hommes entre 25 et 27 ans qui deviennent des tueurs sexuels (seuls 8% des tueurs en série sont des femmes, ces tendances se dégageant de nombreuses études psychologiques). Ce qui n’empêche pas d’en voir de tous âges et de tous sexes.
On ne repère donc pas si aisément un tueur en série : Il peut ressembler à n’importe qui. La plupart des tueurs sont arrêtés par hasard, même après avoir fait des dizaines de victimes. Certains (comme le tueur des vieilles dames cité plus haut) sévissent pendant fort longtemps parce que la police n’enquête pas sur les disparitions qu’ils occasionnent (fugueurs, minorités discriminées comme les homosexuels ou les prostituées…).
Il faut souvent attendre la quatrième ou cinquième victime pour que quelqu’un remarque qu’il y a effectivement un motif récurrent (et encore, quand il y en a un…). Et même alors, la police locale a tendance à nier l’évidence, particulièrement si ce ne sont que des marginaux qui disparaissent et que la nouvelle d’un tueur en série risque de déclencher la panique ou de limiter les revenus du tourisme…
On en revient aux manquements de la police… Qui n’en sont pas, en fait. Il serait ridicule de vouloir considérer chaque disparition comme signe d’un tueur en série, même si idéalement il faudrait l’envisager ; mais ceci n’est que conjecture, puisqu’on ne peut matériellement pas faire ce genre de choses : ça couterait trop cher, en hommes, en temps et en matériel, et ce serait inutile dans la plupart des cas.
D’autant qu’il n’y a souvent pas grand-chose qui relie les meurtres entre eux. Contrairement aux idées reçues, la majorité des tueurs en série ne conserve PAS le même mode opératoire, la même arme… Beaucoup improvisent largement. Un tueur peut utiliser un poignard pour un meurtre, et une arme à feu pour un autre, dénuder sa victime pour l’un, arracher les yeux de la suivante, « travailler » sans préoccupation de dates…
D’ailleurs, à propos de dates, le « tueur de la pleine lune », c’est du cinéma. Les tueurs en série suivent leurs pulsions, un point c’est tout… Ils ont besoin de tuer, ils le font quand ils ne peuvent plus résister ou quand quelqu’un brise leur fantasme de toute puissance en les contrariant, c’est complètement irrationnel. Presque aucun ne tue selon les versets de la Bible ou un calendrier précis, une date convenue, etc.
Les tueurs en série n’ont pas non plus d’antre ou de repaire désigné où ils emmènent leurs victimes… Enfin, il y en a, mais ça n’est pas obligatoire. Et même alors, il peut simplement s’agir de la banquette arrière de leur voiture. Il peut même s’agir d’un quartier. Il y a parfois une pièce spécialement aménagée dans leur maison, mais en définitive, le tueur en série tue n’importe où quand il se sent suffisamment… en sécurité !
Les victimes elles-mêmes peuvent paraître extrêmement variées. Les tueurs en série s’en prennent à des victimes faibles, ou qu’ils considèrent comme telles (les femmes à 80% les prostituées, les SDF, les homosexuels, les vieux, les enfants, les gens seuls ou petits…) parce qu’ils peuvent les dominer aisément… Même si un fantasme sexuel ou autre leur fait préférer un type de victime, ça reste large (les femmes noires, par exemple).
Hélas, beaucoup de ces personnes, isolées ou marginales, ne se remarquent pas, mortes ou vives, ou risquent déjà de subir d’autres crimes, ou ont tendance à disparaître seules (femmes seules, prostitués homosexuels, vieillards isolés, fugueurs réels ou supposés, handicapés…), les actes des tueurs en série sont ainsi noyés dans la masse des autres crimes, ou pris pour de simples disparitions, des règlements de comptes, etc.
Il est difficile de relier des meurtres entre eux lorsque les victimes sont de sexe, d’âge, d’apparence, de corpulence, de milieux différents, éloignées dans le temps et l’espace… Le tueur en série ne laisse pas forcément de signature et se fiche parfois même de qui il tue, et même s’il emporte parfois un « trophée », il peut simplement s’agir d’une photo, ou de quelque chose qui en manquera pas sur la scène du crime.
Pour toutes ces raisons, l’intelligence des tueurs en série, souvent largement plus bêtes que les enquêteurs, est assez surestimée dans la fiction comme dans les médias… Ils pensent tout simplement différemment, et pas toujours aussi logiquement qu’un ordinateur ! Et même en face d’un tueur en série, il est difficile de le reconnaître pour ce qu’il est, parce qu’ils sont habitués à dissimuler leurs pulsions pour paraître normaux.
En effet, ce ne sont pas des ogres ni des loups-garous, mais bien des êtres humains psychopathes (et non psychotiques : ils ne courent pas partout en hurlant, ils ne paniquent pas plus que les autres, ils raisonnent… Les idiots hallucinés tuent moins que les « sains d’esprit »). Ils ne se mettent pas en danger, ils savent ce qui est bien ou mal, mais ne culpabilisent pas pour autant, et s’estiment supérieurs aux lois de la société.
Ils savent se dissimuler parce qu’ils ont de l’entraînement… Non qu’il y ait une école pour ça, ou des « maîtres », mais, simplement, on ne devient pas tueur en série du jour au lendemain (comme dans Dexter)… C’est une pulsion innée, des fantasmes violents et morbides, ressassés pendant des années, qui obnubilent chaque jour un peu plus leur auteur. Ces fantasmes, même s’il y a des similarités, sont aussi variés que les tueurs.
Même si des abus répétés durant l’enfance peuvent jouer un rôle dans la construction d’un tueur en série, il ne faut jamais oublier que la plupart des enfants battus deviennent tout de même des adultes responsables, et rarement des tueurs en série ! Le tueur en série ne cède pas ne culpabilise pas, n’est pas un martyr ni un héros, c’est un monstre qui décide, un jour, consciemment et froidement, de tuer pour son plaisir, sexuel ou autre.
Mais il est bien entendu que, sachant cela, on peut tout à fait apprécier les belles histoires sur les tueurs sanglants dont on nous abreuve… Tout comme on peut aimer un bon antihéros, ou lire les contes de Grimm, qui regorgent d’être amoraux, de psychopathes et de prédateurs sexuels de tous poils. Seulement, si vous regardez ça parce que vous pensez que ça fait vrai, c’est raté.
C’est aussi réaliste que le petit chaperon rouge. Et même moins, par certains côtés…
lundi 30 novembre 2009
H1N1, G1RQ...
En cette période d’alarmisme médiatique, la propagande de la grippe A est passée à la vitesse supérieure… On nous parle des mutations inquiétantes du Virus H1N1 un peu partout, des prévisions du « pic » de l’épidémie, des gens qui viennent se faire vacciner de plus en plus nombreux, et des médecins qui veulent à toute force pouvoir vacciner eux-mêmes leurs patients…
STOP ! J’ai toute confiance en la vaccination, et je ne fais pas partie de ces illuminés qui refusent de vacciner leurs gosses parce qu’ils pensent que c’est une conspiration pour éliminer les pauvres, ou pour créer des maladies, ou des allergies, ou je ne sais quoi encore, tout ça parce qu’ils n’ont jamais vu à quoi la vie ressemblait AVANT la vaccination… Mais arrêtons-nous et réfléchissons un peu avant de nous injecter CE vaccin.
La grippe A, est-ce que c’est vraiment dangereux, déjà ? En un mot comme en cent, non. De nombreuses sources médicales faisant autorité (y compris des relations que j’ai parmi les professionnels de la santé, mais aussi des sources plus officielles) confirment que la grippe A est moins virulente, moins mortelle que la grippe saisonnière. Elle est juste plus contagieuse, et encore.
Et puis d’abord, ce vaccin est il vraiment efficace ? Eh bien, sans doute pas trop. En fait, le vaccin contre la grippe saisonnière est lui-même peu efficace. Mais celui-là ? On ne sait pas. Pourquoi on ne sait pas ? Parce qu’il n’a pas été testé ! C’est une info un peu passée à la trappe mais qui a pourtant été dite très officiellement au début de cette « crise » : Le vaccin a été fait dans l’urgence. Il est donc testé… En ce moment.
En plus, le vaccin de la grippe saisonnière a la réputation (très justifiée, j’en ai fait l’expérience !) de provoquer des réactions et effets secondaires qui rendent parfois aussi malade que la maladie elle-même. Idem pour celui de la grippe A, en fait : Il y a déjà eu des cas. Comme pour la grippe saisonnière, ils sont rares, mais quand vous en faites les frais ça n’est vraiment pas rigolo…
Beaucoup de médecins se méfient du vaccin… Pourtant, les médecins voudraient bien pouvoir piquer leurs patients eux-mêmes… D’où vient cette contradiction ? Un médecin que je connais a bien voulu me répondre : Le vaccin, si peu efficace soit-il, peut vraiment aider à enrayer l’épidémie, si bénigne soit-elle… Et aussi on les paierait pour piquer et rassurer leurs patients affolés par les médias. C’est tout bénef, pour eux !
Encore une autre raison, s’il en est, de en pas se faire vacciner : Même si c’était efficace (ce qui n’est pas prouvé), même si c’était autre chose qu’une magouille politico-médiatique ou une histoire de concurrence entre labos, même si la grippe A était mortelle à 100%… On est presque arrivé au pic de l’épidémie ! On doit se faire vacciner DEUX FOIS à 21 jours d’intervalles pour que ce soit efficace. C’est donc un peu tard !
Enfin, dernière raison, à mon sens la plus valable, de ne pas passer par les dispensaires agréés qui injectent les gens… Les gens sont cons. Ils y vont tous en même temps, vous poireauterez cinq heures pour vous faire piquer douloureusement par une infirmière qui en a marre et doute de l’efficacité du truc, le tout au milieu de gens malades (par définition, ça pullule dans les hôpitaux…) qui vont vous refiler eux-mêmes la grippe A ou pire.
Allons, réveillez-vous, gardez ce salutaire réflexe d’emmerder le gouvernement, et réfléchissez : La plupart des gens passent carrément au travers de la grippe saisonnière chaque année (moi ça fait depuis que je suis tout jeune que je n’en ai pas eu, de grippe)… Et la grippe A est à l’heure actuelle encore plus rare et encore moins virulente que ladite grippe, mutations ou pas.
Et puis, vous faites confiance à Roselyne Bachelot, vous ? Moi non.
vendredi 27 novembre 2009
Perestroïka Pride...
Le 11 juin 2006, les russes étaient tous d’ignobles homophobes (sauf les gays, et encore), prêts à emmener manu militari les pédés au goulag. La situation n’a pas changé d’un poil. J’exagère, il y en a certains qui sont ouverts d’esprit… Mais ça n’a pas l’air d’être le cas général.
"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.
La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.
Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.
C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?
Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.
Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. Exemple parfait : George Bush a fait deux mandats, et personne ne s’est soucié des étudiants français qui manifestaient contre lui… Parce qu’ils étaient à des milliers de kilomètres et n’avaient aucune influence, électorale ou autre ! Oui, c’est très bien de marcher. Oui, c’est très bien de militer. Mais on n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".
jeudi 12 novembre 2009
Astroboy...
Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...
Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…
De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?
Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.
Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !
Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…
On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…
Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :
« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »
Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…
La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.
Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.
Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.
Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »
Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…
Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?
Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.
Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?
Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.
Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !
Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
samedi 7 novembre 2009
Crimée et toussotements...
Voilà un billet d’humeur tabagique daté du 3 Juin 2006… Comme je le dis toujours, il est bon de revenir sur des événements anciens, comme par exemple ceux d’avant la Grande Interdiction Tabagique. Loin de combattre la répression ou de l’approuver, ce billet tente d’expliquer les débuts de la cigarette, ce qu’elle peut symboliser… Je n’ai pas dit mieux au sujet du tabac que la dernière phrase du billet.
Faites ce que vous voulez, fumez ou ne fumez pas, ça n’est pas si grave, et ça n’est pas moi (qui ne fume pourtant pas) qui irait vous le reprocher… Vous êtes libres ! Mais sachez ce que vous faites, et pourquoi.
Malgré les multiples lois anti-tabac et la cherté de ces petites graines de cancer, nombre de gens continuent de fumer, ou commencent de le faire. A leur décharge, si l'on peut dire, ce n'est pas forcément du tabac. Puisqu'il est devenu impossible de fumer dans les lieux publics, la résistance s'organise et reprend les vieilles traditions : la cigarette après l'amour (là où personne ne vient vous embêter), et les "roulées maison".
J'exagère. Il n'y a pas de maquis fumeur, même si ça en a tout l'air parfois... Les fumeurs se cachent, fument chez eux et sans se montrer, fument sur le balcon lorsqu'ils sont invités chez leurs amis... Tous ceux qui le peuvent vont acheter leurs cigarettes à l'étranger ou dans les zones duty-free : Une fois sur deux, les mentions en forme de faire-part de décès ne sont pas en français sur les paquets des clients aux terrasses des cafés.
La "traditionnelle" cigarette post-coïtale est un antique moyen de relaxation... Et puis ça conjure la culpabilité, la soudaine conscience de sa nudité, tout en donnant une contenance... Et quelque chose d'autre à regarder que son ou sa partenaire. Mieux vaut fumer après qu'avant, sous peine d'avoir l'impression d'embrasser un cendrier... Et puis ça évite au mec de s'endormir tout de suite, c'est plus poli.
Par ailleurs, il a longtemps été jugé inconvenant pour les femmes de fumer. Vous me direz, c'était pareil pour tout un tas de choses, y compris respirer sans qu'on leur en donne la permission... Mais la cigarette à la bouche d'une femme a pour beaucoup d'hommes une connotation lascive. Si, si. Moi je ne vois pas, mais il paraît. Les "Lorettes", putes du quartier Notre Dame de Lorette, ont été les premières à briser publiquement le tabou, début XIXe.
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les fumeurs choisissent de rouler leurs propres cigarettes. La première est le prix, pour les adeptes des comptes d'apothicaires. La deuxième est l'arrêt à terme de la cigarette : l'action de rouler étant fastidieuse, les fumeurs les plus naïfs croient que cela les forcera à arrêter par flemme. En fait ils apprennent juste à rouler les cigarettes deux fois plus vite, ou à utiliser d'astucieux appareils rouleurs.
Une troisième raison, évidente, est la présence d'autre chose que la substance traditionnelle (entendez légale) dans le fût de papier. Il est intéressant de remarquer qu'un des symboles courants de ceux qui "se les roulent" est le zouave. Vous savez, comme celui du pont de l'Alma, ce troupier pittoresque au costume bariolé qui servait l'armée française il y a belle lurette. C'est vrai qu'on fume souvent après avoir fait le zouave.
Mais la raison de ce symbolisme étrange est en fait une légende, celle autour de l'invention de la cigarette moderne, par opposition à celle popularisée en Espagne vers 1828, "cigarillo" fait de mégots de cigares. Elle serait le fait d'un zouave pendant la guerre de Crimée. Son régiment manquant de pipes (trop fragiles car en terre), il eut l'idée d'employer les feuilles de papier fin servant à contenir les doses de poudre des fusils.
Cette cigarette est donc de tabac séché et broyé, tabac à pipe, roulé dans une feuille de papier. Il se peut que l'invention se soit faite lors du siège d'Acre en 1832 : c'est durant cette bataille que les artilleurs égyptiens ont trouvé le moyen d'améliorer leur cadence de tir en dosant la poudre grâce à ces tubes de papier, ce qui les fit récompenser d'une livre supplémentaire de tabac... Sans pipe pour le fumer.
Il est à noter toutefois que, depuis longtemps, les indiens d'Amérique utilisaient des roseaux, des cannes, des feuilles de maïs, ainsi que toutes sortes de pipes cylindriques pour fumer le tabac, et que l'action de fumer une herbe pour en tirer du plaisir ou simplement comme acte liturgique a des origines incertaines mais fort lointaines... N'allez pas non plus créditer les zouaves d'avoir importé le tabac, ça c'est Jean Nicot.
Tout ça pour dire que le tabac est une glorieuse et longue tradition d'autodestruction dans laquelle il y a autant d'anecdotes culturelles, d'inventivité, de génie humain et de pétulance que dans d'autres domaines réputés. Un peu comme les produits du terroir. Ou la cynégétique (la chasse, pour ceux qui n'auraient pas compris), la fabrication d'armes... Bref, c'est un crime "respectable".
Et vous savez maintenant pourquoi le zouave, militaire barbu protégeant le drapeau d'une puissance coloniale, est l'un des symboles d'une rébellion : apposez son portrait stylisé, clope au bec, sur un paquet quelconque, c'est le symbole d'une marque de papier à rouler célèbre (Zig Zag). Apposez son portrait avec une cigarette légèrement différente sur un drapeau éthiopien, et vous avez un tout autre symbole.
Coïncidence troublante, il n'existe plus de régiments de zouaves : ils se sont empoisonnés eux-mêmes. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas morts d'un cancer ou d'une overdose. Ils sont morts parce qu'ils portaient des fez et des pantalons bouffants rouges. Ces pantalons étaient non seulement facile à viser de très loin, mais aussi teints en rouge Garance... Et le rouge Garance, c'est empoisonné. C'est même mortel.
Ils tombaient comme des mouches dés qu'on leur tirait dans les jambes, la teinture passant directement dans leur système circulatoire. Peu de gens savaient vraiment comment tout ça fonctionnait, surtout pas en haut lieu. Evidemment, on ne savait pas non plus que la cigarette provoque des cancers. Alors voilà, j'espère que ce billet poussera certains à arrêter de faire le zouave...
Ou au moins à le faire à fond et en sachant pourquoi.
mercredi 4 novembre 2009
Cerf, cerf, ouvre moi !
Claude Levi-Strauss, père de l’anthropologie, est mort. Je devrais dire de l’ethnologie, parce que, depuis qu’une certaine série avec l’improbable laideron qui jouait le vampire Angel est diffusée sur M6, les gens croient que les « anthropologues », ce sont des scientifiques aux faux airs de top-modèles qui modélisent des squelettes et des muscles en 3D holographique en deux secondes pour le compte du FBI… Passons.
En hommage à ce très grand homme, philosophe et étudiant des hommes, mort à cent ans justement pour Halloween, parlons un peu mythologie et ethnologie. Je vous ai déjà parlé de Halloween et ses origines païennes, mais le mois de novembre n’a pas fini de dresser ses menaçantes silhouettes qui font de l’ombre à toute l’année… Laissez-moi vous raconter une autre histoire de la Samain, la Nuit du Passage !
Marie de France, au XIIe siècle, chronique dans un de ses lais bretons cette vieille histoire païenne, maintes fois attestée sous différentes versions dans la mythologie et la littérature médiévale celte… Un jour, un jeune chevalier breton du nom de Guigemar se rend dans la forêt pour y chasser. Il aime beaucoup la chasse, on pourrait même dire qu’il s’agit de son activité favorite…
Et pour cause, il faut bien qu’il trouve une échappatoire à toute cette énergie refoulée : Guigemar « ne peut pas aimer ». Bref, il part à la chasse. Il trouve dans la forêt une biche entièrement blanche et dotée de cornes (le fameux « blanc cerf » royal de la littérature médiévale, version féminine…). Il tire sa flèche sur elle, mais la flèche, tout en blessant la biche mortellement, rebondit sur son front cornu et blesse Guigemar à la cuisse.
La biche, animal féérique et parlant, maudit Guigemar avant que de mourir : Sa blessure ne sera guérie que par une femme qui l’aime autant que lui l’aime en retour… S’ensuit une quête assez sympatoche dans un pays féérique, mais peu importe la suite de l’histoire, en fait. Ce qui est important, c’est que le « blanc cerf » assailli par le héros lui propose une leçon de morale et lui impose une destinée, un mariage, une quête spirituelle.
Le cerf est aussi, blanc ou pas, un animal psychopompe, selon les sources celtiques. C’est un animal-fée, surtout s’il est blanc ou qu’il a des bois d’or (voire les deux), lien entre notre monde et l’Autre Monde, celui des enchanteurs, des fées, de la magie, et de toutes ces sortes de choses… Mais aussi le monde des morts. C’est une bête dont les bois font un lien entre animal et végétal, entre ciel et terre, et qui possède des yeux si humains…
Autre légende, celle de Finn, le héros irlandais… Un jour, dans la forêt, une biche se réfugie auprès de lui. Finn l’emmène dans son château, et la biche se change alors en jeune fille. Elle lui avoue qu’elle a été ensorcelée par un druide noir, et Finn, saisi par sa beauté, l’épouse. Cependant, le druide noir la retrouve et, trompant la vigilance du héros, la change à nouveau en biche…
Par la suite, Finn rencontrera à la chasse un jeune garçon qui dit avoir été élevé par une biche. Reconnaissant là son propre fils, il le prénomme Ossian (« Le cerf »). Le petit-fils de Finn s’appellera Oscar (« celui qui aime les cerfs »). Une nouvelle fois, la biche, ou le cerf, appartient à l’Autre Monde. Dans une autre légende, deux frères délimitent leurs territoires respectifs en chevauchant un cerf… l’animal de la limite entre deux mondes.
Le cerf termine sa période de rut début novembre. C’est à cette époque que l’on peut les voir arborer des bois somptueux, se battre, et bramer… Ce n’est pas un hasard si les traditions païennes autour du cerf (la Chasse Sauvage, la fête du dieu-cerf Cernunnos, les rites de chasses initiatiques où les jeunes hommes tuent un cerf, s’arrosent de son sang et revêtent sa peau…) se fêtent en novembre.
Il est même possible que tout cela remonte à plus loin que les traditions païennes celtiques ou germaniques… le cerf a fort longtemps été considéré comme un animal « initiatique », qu’il fallait tuer pour devenir un homme. Les premiers hommes chassaient le cerf, et jugeaient cette pratique suffisamment importante pour la représenter dans de multiples peintures rupestres.
Là-dessus, au moyen-âge, arrivent les chrétiens avec leurs gros sabots. Ils s’aperçoivent bien vite que l’attaque frontale, avec les païens, ça ne marche pas… Un certain nombre d’adaptations ont donc été faites histoire de faire coller le dogme du christ avec les fêtes païennes déjà en place et les temps forts de l’année. Et ça a marché : Aujourd’hui, presque tout a été remplacé.
Cette grande date du calendrier mythologique qu’est la Samain, la nuit ou les barrières entre les mondes s’abolissent et où morts et fées peuvent passer dans le monde des vivants (voire l’inverse), où l’on sculpte des « lanternes à esprits » dans des légumes, a été remplacée par la Toussaint… Une commémoration des saints anonymes, une sortie en famille au cimetière, qui rappelle malgré tout ce temps de transition des âmes.
Comme si, en ce jour, on se rappelait cette obscur souvenir mythique que nous avons en commun ; quelque chose qui nous dit que ce jour est spécial pour les morts et les esprits… Que c’est ce jour là et pas un autre qu’ils entendront plus aisément les prières que l’on fait pour eux. Il nous reste ça, Halloween, et quelques autres contes populaires comme l’Ankou, le charretier de la mort en Bretagne.
Quant au cerf, on l’a fêté hier, le 3 novembre, c’est à dire le lendemain du « jour des morts »… Il s’agit de Saint Hubert, patron des chasseurs. Ce fameux Hubert de Liège, né entre 656 et 658 et mort en 727, était un jeune chevalier fils du duc d’Aquitaine, et dont le nom germanique signifie « esprit brillant ». On dit qu’il était si passionné par la chasse qu’il en oubliait tout… y compris de se marier.
Alors qu’il chassait un vendredi saint, il rencontre un cerf blanc aux bois superbes… Vous commencez à voir les similitudes avec les gentils contes précédents ? Ce n’est pas fini ! Le cerf en question, version chrétienne de l’animal-fée, est lui aussi un lien avec l’autre monde… Il a un crucifix qui lui pousse entre les bois ! Et il parle, en plus. Comme de bien entendu, il propose une leçon au jeune seigneur, et lui impose un mariage… à l’église.
« Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? » dit le cerf à Hubert. « Songe à son salut. Abandonne cette vie mondaine. ». Selon les versions, soit le cerf dialogue avec lui (de façon parfois beaucoup plus étoffée), ou Hubert lit une inscription sur ses bois, ou bien c’est une voix qui vient du ciel pour admonester le jeune homme et lui dire auprès de quel évêque se rendre pour se repentir.
Quoi qu’il en soit, Hubert se repent et se convertit, et fait si bien qu’il devient évêque de Tongres-Maastricht, en Belgique. Après ça, on connaît bien sa vie, qu’il a passé à évangéliser les Ardennes, région ou la cynégétique a une place importante… Mais cette légende autour de sa conversion sent quand même la resucée, non ? Surtout qu’elle s’est propagée, on ne sait comment, presque un siècle après la mort du bonhomme.
Ce serait un saint fabriqué de bric et de broc sur la vie d’une ou plusieurs personnes réelles et bardé d’éléments païens pour que tout le monde s’y reconnaisse, justement à une époque d’intense combat contre les païens, où l’Eglise tentait d’interdire les carnavals de village (surtout ceux où l’on se déguisait en cerf, en loup, etc.), que ça ne serait pas plus étonnant que ça. Toujours plus malins que tout le monde, ces chrétiens.
Aujourd’hui, c’est juste une jolie histoire que les chasseurs chrétiens connaissent, mais qu’aucun ne croit sérieusement… Saint Hubert n’est d’ailleurs plus censé être leur patron. Ce n’était pas hyper politiquement correct, alors on l’a fait passé, discrètement, patron « des chiens de chasse, des gardes forestiers, des fabricants de peau et des bouchers »… Je ne rigole pas, c’est l’euphémisme officiel !
On reconnaît bien là l’habitude de l’Eglise de changer de version des « faits » quand ça l’arrange. C’est d’une grande malhonnêteté intellectuelle, de vouloir se débarrasser d’une jolie histoire qu’on a inventé pour détourner la jolie histoire qui était en vigueur précédemment, et qui devient encombrante… C’est en jouant la carte de la légende et du symbole que les religions qui « marchent » passent pour « modernes » aux yeux des fidèles.
Tout ça pour dire que, pour trouver des croyances absurdes et des peuplades primitives, Levi-Strauss n’avait pas besoin d’aller voir les « sauvages » à l’autre bout du monde.
dimanche 1 novembre 2009
Doux illuminés...
Les Francs-maçons font toujours recette : On nous remet leurs liens avec la politique, la finance et la mafia à toutes les sauces, de nos jours… Un peu comme les Illuminati dans ces histoires de Da Vinci Code, d’anges et de démons tous plus crétines les unes que les autres… Tout le monde aime bien les sociétés secrètes mystérieuses. Au mieux, ça fait un bon méchant dans les films, au pire, ça fait un bouc émissaire imaginaire pour la crise !
Ah, au fait… Si l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy est bien un ancien Grand Maître du Grand Orient de France (oui, les titres pompeux, ça les connaît… Et ça claque plus que « Président de la République »… Moins il y a de pouvoir réel, plus il y a de titres ronflants, c’est un principe !), le nain de l’Elysée n’en est pas, malgré les rumeurs et les soi-disant « trois points » que certains voient sur sa signature…
Méprise stupide : en voyant l'illustration que j’avais utilisée pour je ne sais plus quel billet, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.
Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.
Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de jugeote, on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...
Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !
Comme toutes les sociétés secrètes ésotériques, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés le début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'œil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.
Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.
Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme, de spiritisme, de psychodrames et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.
Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.
Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le nœud et l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !
Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider...










