jeudi 12 novembre 2009
Astroboy, suite...
Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...
Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !
Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.
Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?
Astroboy...
Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...
Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…
De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?
Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.
Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !
Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…
On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…
Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :
« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »
Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…
La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.
Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.
Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.
Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »
Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…
Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?
Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.
Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?
Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.
Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !
Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
lundi 9 novembre 2009
Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...
Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.
Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.
Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?
Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !
Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !
On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.
En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !
Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?
C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...
dimanche 8 novembre 2009
Je me souviens...
Tiens, un petit billet sur le terrorisme… Point n’est besoin de rappeler ce qu’Al Quaïda est capable de faire, mais il faut tout de même se souvenir qu’aucun pays n’est à l’abri, et que le fait d’être pacifiste et non violent n’a jamais empêché qui que ce soit de se faire dézinguer la tronche salement. J’étais pour la guerre en Irak et en Afghanistan, je le suis toujours, et je le revendique, au nom de la démocratie…
Même si les américains ont géré ça comme des manches et pour de mauvaises raisons. Je republie ce billet parce qu’il est bon de se souvenir de ce qui s’est passé au juste pour qu’on en arrive là, et que, sans tomber dans la psychose, il faut faire un peu attention. Et justement, la devise du Canada, c’est « je me souviens »…Alors, autant prendre cet excellent exemple canadien du 7 juin 2006 pour illustrer le propos.
Le Canada vient de se réveiller comme une fleur, tout surpris de trouver un nid de terroristes islamistes sur son sol. 12 hommes et 5 adolescents avec de quoi faire tout péter (plus encore que l'attentat d'Oklahoma City, dit-on) ont été arrêtés par leurs services. Au Canada ! Un pays si large d'esprit et pacifiste qu'ils se sont abstenus pour l'Irak, et que leurs troupes en Afghanistan ne font rien d'autre que de l'humanitaire.
Le Canada, dont j'ai parlé il y a longtemps dans ce même blog, pays épris de paix ou la criminalité est basse et la qualité de vie haute. Le Canada, si tolérant qu'il a récemment autorisé dans les écoles le port à des fins religieuses des couteaux rituels que les jeunes hommes fidèles de je ne sais quel culte doivent porter symboliquement. La lame, elle, fait trente centimètres d'acier recourbé et est tout sauf symbolique...
L'un des terroristes a menacé de décapiter le premier ministre canadien (un homme tellement placide et bénin au niveau international que, régulièrement, la plupart des gens sur Terre oublient jusqu'à son existence, et que personne ne se souvient jamais de son nom). Outre faire sauter le parlement, la bourse d'Ottawa et la tour CN (la plus haute du Canada), ils projetaient d'occuper les locaux d'une chaîne de télé.
C'est vrai que c'est plus pratique pour avoir des otages célèbres et diffuser ses revendications... Non que ce soit particulièrement important, ce sont toujours les mêmes : protestations contre les troupes en Afghanistan, le gouvernement en général (tant pis s'il est pro-palestinien)... Il y a toujours des prétextes, mais de fait il n'y a aucune justification à ce genre de meurtre en masse brutal et indécent.
Le Canada est donc fort étonné. En plein désarroi, dirait-on. D'autant que les terroristes n'ont eu aucun contact avec Al Quaïda, et n'ont pas été formés ou endoctrinés en Afghanistan. Ce sont des citoyens canadiens nés au Canada ou arrivés là en bas âge. Non, ce sont des endoctrinés "maison", made in Canada par des intégristes musulmans locaux et le fabuleux outil qu'est Internet.
Il est vrai que les communautés musulmanes tardent à trier le bon grain de l'ivraie dans leurs propres rangs, ce qui est aussi le cas pour les lobbys chrétiens des Etats-Unis... Chacun est réticent à se dissocier de groupements certes fondamentalistes, mais dotés de nombreux fidèles, de crédits conséquents, et qui peuvent décrédibiliser ceux qui les bannissent en prétextant qu'ils respectent mieux les écritures.
On en vient au problème principal de toute cette histoire : les revendications ne comptent pas ou plus, et tout le monde s'en fiche : elles ont expédiées en une ligne dans les journaux... Non, tout le monde l'a bien compris maintenant qu'il est trop tard, il s'agit d'une guerre de religion. Une bonne vieille guerre de religion, comme au temps de la Saint Barthélemy, avec option Croisade et Guerre Mondiale.
Par ailleurs c'est ce que j'avais prédit à qui voulait l'entendre (c'est à dire pas grand monde à l'époque) il y a des années. J'en ai un peu marre d'avoir raison. Religion oblige, le simple fait pour le Canada d'être aussi pluraliste est un prétexte suffisant pour justifier toutes les extrémités aux yeux de ceux qui suivent une loi coranique répressive et stricte. Les pays qui ont subi des attaques l'ont déjà compris et dit aux copains.
Evidemment tout le monde se croit à l'abri dans son coin, se disant "si je reste en dehors, tout ira bien pour moi." Comme la France en son temps. Ce n'est d'ailleurs pas une attitude lâche, surtout quand des vies sont en jeu ! Mais comme le monde entier a des intérêts dans le pétrole et que tous les pays occidentaux commercent avec les Etats-Unis et/ou font dans l'humanitaire, n'importe qui peut être pris pour cible.
On peut déplorer le fait qu'on ait à vivre une époque où l'on doive être loup pour éviter d'être mouton (c'est vrai que c'est dommage), mais y a-t-il eu une seule époque ou l'on pouvait sans risque se permettre de baisser sa garde ? Je suis historien et, personnellement, je n'en ai pas trouvé. Il me semble qu'il y a un proverbe breton qui se rapporte assez bien à la situation... "Faites le mouton, on vous tondra."
Photo sans rapport, encore que pas complètement : Une mère shiite mutile son propre enfant en lui entaillant rituellement le crâne pour la fête d'Ashoura...
jeudi 22 octobre 2009
Barnum, dieu et Darwin...
Je ne résiste pas à vous traduire moi-même (traduction officieuse mais exacte) un passage du dernier livre de Richard Dawkins, The Greatest Show on Earth, qui concerne le sujet dont nous parlions la dernière fois… Ce livre explique la théorie de l’évolution (une explication prouvée et étayée, un FAIT, donc, à l’heure actuelle, et non pas une hypothèse… Il faut le savoir, c’est ce que signifie « théorie » en langage scientifique).
Richard Dawkins gagne à être lu, d’autant qu’il est l’auteur du lumineux ouvrage Pour en Finir avec Dieu.
Mais place à l’auteur et à son propos…
Imaginez que vous êtes un professeur d’Histoire Romaine, et de latin ; vous avez hâte de partager votre enthousiasme pour le monde antique… Les élégies d’Ovide, les odes d’Horace, la brièveté sinueuse de la grammaire latine dont le plus parfait exemple est la rhétorique de Cicéron… Les subtilités stratégiques des guerres contre Carthage, la carrière militaire de Jules César et les excès voluptueux des derniers empereurs…
C’est une tâche immense, qui demande du temps, de la concentration et de la dévotion. Pourtant, vous voilà forcé de constater qu’on rogne sur votre précieux temps, et que l’attention de votre classe est constamment distraite par une bande braillarde d’Ignoramus (Et non pas Ignorami, vous connaissez votre latin…), lesquels, soutenus politiquement et financièrement, tentent de persuader vos élèves que Rome n’a jamais existé !
Il n’y a jamais eu d’empire Romain. Le monde entier n’existe que depuis juste avant l’histoire récente et la mémoire des hommes. L’Espagnol, l’Italien, le Français, le Portugais, le Catalan, l’Occitan, le Roumain : Toutes ces langues et leurs dialectes ont émergées spontanément chacune de leur côté, et ne doivent rien à quelque prédécesseur ou langue racine comme le Latin.
Au lieu de consacrer toute votre attention à la noble vocation d’enseignant et d’étudiant des classiques, vous voilà forcé de passer votre temps et votre énergie à mener un combat d’arrière-garde pour défendre la théorie selon laquelle les Romains ONT existé : Une défense contre un déploiement de préjugés stupides qui vous feraient pleurer si vous n’étiez pas si occupé à les combattre.
Si le fantasme du professeur de Latin vous semble par trop invraisemblable, voici un exemple plus réaliste. Imaginez que vous êtes un professeur d’histoire contemporaine, et que vos cours sur l’Europe du XXe siècle sont boycottés, calomniés, ou autrement troublés par un groupe bien organisé, bien financé et très politisé de négationnistes de l’Holocauste…
A la différence de mes négationnistes de l’empire Romain, les négationnistes de l’Holocauste existent réellement. Ils font du bruit, ils ont des thèses qui paraissent, superficiellement, plausibles, et ils sont experts dans l’art de paraître bien informés. Ils sont actuellement soutenus par le président en exercice d’un état puissant, et au moins un évêque catholique.
Imaginez qu’en tant que professeur d’Histoire Européenne, vous ayez à faire face à des demandes agressives et incessantes telles « Enseignez la controverse ! », tout ça pour vous forcer à consacrer autant de temps à l’enseignement de l’Histoire qu’à la « théorie alternative » selon laquelle l’Holocauste n’est que propagande fabriquée par une bande de falsificateurs sionistes !
Là-dessus, des intellectuels à la mode, partisans d’un certain relativisme, mettent leur grain de sel en insistant sur le fait qu’il n’y a pas de vérité absolue : Le fait que l’Holocauste se soit produit ou non est pour eux une affaire de croyances personnelles… Pour eux, tous les points de vue sont également valables et doivent être également « respectés » !
Le cri d’alarme de nombreux professeurs de sciences, aujourd’hui, n’est pas moins déchirant. Lorsqu’ils tentent d’exprimer le principe de base qui guide la biologie, lorsqu’ils placent honnêtement le monde actuel dans son contexte historique (l’évolution), lorsqu’ils explorent et expliquent la nature de la vie elle-même, on les hue, on les stigmatise, on les harcèle et on les maltraite, les menaçant parfois de renvoi.
Au mieux, ils perdent du temps à tout bout de champ. Il est très probable qu’ils reçoivent des lettres de menaces de parents, et qu’ils doivent supporter les rictus sarcastiques et les bras croisés d’enfants qui ont subi un lavage de cerveau. On les équipe de livres de sciences approuvés par l’état, d’où le mot « évolution » a été totalement expurgé, ou édulcoré en « changement au cours du temps ».
Jadis, nous étions tentés de rire de ce genre de choses, comme d’un phénomène typiquement américain… Les enseignants d’Angleterre et d’Europe font à présent face à ce problème, en partie à cause de l’influence américaine, mais, de façon plus significative, à cause de la présence grandissante de l’Islam en classe… Soutenue involontairement par le multiculturalisme officiel, et la peur de paraître raciste.
Fréquemment, et avec raison, on rappelle que les théologiens et les ecclésiastiques de haut rang n’ont aucun problème avec la théorie de l’évolution, et, dans de nombreux cas, soutiennent activement les scientifiques sur ce sujet. C’est souvent vrai, comme je l’appris lors de mon agréable collaboration, par deux fois, avec l’évêque d’Oxford, à présent Lord Harries.
En 2004, nous avons co-écrit un article dans le Sunday Times dont les derniers mots étaient : « De nos jours, il n’y a rien à débattre. L’évolution est un fait, et même, du point de vue chrétien, l’une des plus grandes réalisations de Dieu. ». La dernière phrase fut écrite par Richard Harries, mais nous étions en accord sur tout le reste de l’article. Deux ans auparavant, nous avions écrit une lettre au premier ministre Tony Blair.
Dans cette lettre, des scientifiques et des hommes d’église éminents, dont sept évêques, exprimaient leurs inquiétudes sur l’enseignement de l’évolution, principalement que cet enseignement était considéré comme une « question de foi » à l’université technique d’Emmanuel City à Gateshead. L’évêque Harries et moi-même avions organisé cette lettre dans l’urgence…
La totalité de ceux que nous avons approchés ont signé tout de suite. Il n’y a eu aucun désaccord de la part des scientifiques comme de la part des religieux. L’archevêque de Cantorbéry n’a rien contre l’évolution, ni même le Pape (à ceci près que l’ère paléontologique précise à laquelle l’homme a obtenu une âme n’est pas très claire), ni les prêtres diplômés, ni les professeurs de théologie.
The Greatest Show on Earth est un livre sur les preuves positives que l’évolution est un fait avéré. Il ne s’agit pas d’un livre anti-religieux. J’ai déjà fait ce genre de choses, c’est sur un autre T-shirt, il y a un temps et un lieu plus approprié pour le porter. Les évêques et les théologiens qui se sont penchés avec attention sur les preuves de l’évolution ont arrêté de la combattre.
Certains l’ont peut-être fait à contrecœur, certains, comme Richard Harries, avec enthousiasme, mais tous, à l’exception de ceux qui sont cruellement mal informés, sont forcés d’accepter l’existence de l’évolution. Ils peuvent bien penser que la main de Dieu a démarré le processus, et que, peut-être, ladite main n’est pas restée bien loin et a guidé ses progrès par la suite.
Ils pensent probablement que Dieu a monté l’univers de toutes pièces en premier lieu, et consacré sa naissance par une série de lois et de constantes physiques harmonieuses, calculées pour remplir quelque dessein insondable dans lequel nous avons un rôle à jouer… Mais, bon gré mal gré, les hommes et les femmes d’église acceptent les preuves en faveur de l’évolution.
Nous ne devons par pour autant supposer que, parce que les évêques et le clergé lettré acceptent l’évolution, leurs congrégations font de même. Hélas, il y a d’amples preuves du contraire, matérialisées par les sondages d’opinion. Plus de 40% des Américains nient le fait que les hommes ont évolué à partir d’animaux, et pensent que nous (et, par extension, toute vie) avons été créé par Dieu il y a moins de dix-mille ans.
Ce chiffre n’est pas si haut en Angleterre, mais il reste alarmant. Et il devrait être aussi inquiétant pour les églises que pour les scientifiques. Ce livre est nécessaire. (…) Pour en revenir à nos évêques et théologiens éclairés, ce serait bien s’ils faisaient un peu plus d’effort pour combattre les absurdités antiscientifiques qu’ils déplorent en privé…
Trop de prêcheurs, bien qu’ils soient d’accord sur le fait que l’évolution soit vraie et qu’Adam et Eve n’aient jamais existés, vont monter en prêche et parler, avec trop de légèreté, de quelque point théologique ou moral à propos d’Adam ou d’Eve, dans leur sermon, sans mentionner une seule fois à leur congrégation que, bien entendu, Adam et Eve n’ont jamais existé !
Mis au défi, ils protesteront que leur propos était purement « symbolique », et avait sans doute quelque chose à voir avec le « pêché originel » ou les vertus intrinsèques de l’innocence. Ils ajouteront sèchement que, de toute évidence, personne ne serait assez fou pour prendre leur discours au sens littéral. Mais leurs congrégations sont-elles au courant de tout cela ?
Comment la personne assise sur son prie-Dieu, ou à genoux sur son tapis de prière, peut-elle savoir quel petit bout du livre sacré elle doit prendre au sens littéral, ou au sens figuré ? Est-ce aussi facile, pour le pratiquant peu éduqué, de deviner la différence ? Dans de trop nombreux cas, la réponse est clairement négative… Et on peut pardonner à n’importe qui d’être en proie à une certaine confusion dans ce cas.
Pensez-y, éminence. Soyez prudent, vicaire. Vous jouez avec des explosifs, à vous amuser avec un malentendu en puissance… Certains disent que c’est un malentendu qui arrivera tôt ou tard, pour sûr, si on n’y prend pas garde. Ne devriez-vous pas faire un peu plus attention, lorsque vous prêchez en public, à ce que votre Oui soit Oui, et votre Non soit Non ?
Sous peine d’être condamnés, ne devriez-vous pas faire un pas en avant pour contrer ce malentendu populaire déjà si répandu, et prêter un soutien actif et enthousiaste aux scientifiques et aux professeurs de science ? Par ce discours, je cherche aussi à atteindre les négationnistes eux-mêmes. Mais, et c’est peut-être le plus important, j’aspire à armer ceux qui n’en sont pas, mais en connaissent…
Peut-être, face à des membres de leur propre famille, ou de leur propre congrégation, certains se trouvent mal préparés à argumenter sur l’évolution. L’évolution est un fait. Au-delà du doute raisonnable, au-delà d’un doute même sérieux, au-delà des doutes émis par une personne équilibrée, bien informée et intelligente. Sans l’ombre d’un doute, l’évolution est un fait.
Les preuves en faveur de l’évolution sont au moins aussi solides que les preuves de l’Holocauste, même lorsqu’on considère qu’il y a des témoins oculaires de l’Holocauste. C’est une vérité évidente que nous sommes les cousins des chimpanzés, des cousins un peu plus éloignés des singes, encore plus des tapirs et des lamantins, et encore plus lointains des navets et des bananes… Etc. Ad libitum.
Cela aurait pu ne pas être vrai. Ce n’est pas une tautologie évidente par elle-même, et il y eut une époque où même les lettrés le niaient. Il n’était pas forcé que cela fut vrai… Mais ça l’est. Nous le savons à cause d’un raz de marée de preuves qui soutiennent cette théorie. L’évolution est un fait, et [mon] livre va le montrer. Aucun scientifique reconnu ne le discutera, et aucun lecteur exempt de préjugé ne le refermera sans en être convaincu.
Pourquoi, alors, parlons-nous de la « théorie Darwinienne de l’évolution », donnant, semble-t-il, le bénéfice du doute [aux créationnistes] qui pensent que le mot « théorie » est une concession, qui leur octroie un cadeau ou une victoire ? L’évolution est une théorie dans le même sens, au même titre, que la théorie héliocentrique. En aucun cas on ne peut employer l’expression « ce n’est qu’une théorie » pour les décrire.
Quant à la prétention selon laquelle l’évolution n’a jamais été « prouvée », la preuve définitive est une notion dont les scientifiques ont tendance à se méfier, quelque peu intimidés. Les philosophes influents nous disent qu’on ne peut jamais rien prouver en science. Les mathématiciens peuvent prouver, et, selon une vision assez stricte, ce sont les seuls à vraiment pouvoir le faire.
Mais tout ce que peut faire un scientifique c’est échouer à démontrer le contraire d’une chose en montrant qu’ils ont pourtant essayé par tous les moyens. Même la théorie, pourtant dépourvue de controverse, selon laquelle la lune est plus petite que le soleil, ne peut pas être prouvée de façon à satisfaire une certaine école de philosophes… Pas à la façon, par exemple, du théorème de Pythagore !
Mais de telles accumulations de faits et d’observations soutiennent cette théorie avec tant de force que lui nier son statut de « fait » semblerait ridicule à tous excepté aux plus pédants. C’est la même chose en ce qui concerne l’évolution. L’évolution est un fait, de la même façon qu’il est un fait que Paris se trouve dans l’hémisphère Nord…
En dépit des logiciens purs qui mènent la danse, certaines théories sont au-delà des doutes raisonnables, et nous les appelons faits. Plus on tente énergiquement et méthodiquement d’infirmer une théorie, plus elle se rapproche de ce que le bon sens appelle avec joie le « fait », si elle survit à ces assauts. Nous sommes des détectives qui arrivent sur les lieux d’un crime, les actions exactes du meurtrier évanouies dans le passé.
Le détective n’a aucune chance d’être le témoin oculaire d’un crime qui s’est déjà produit. Ce qu’il a bel et bien, ce sont les traces et les indices qui restent, et, à cela, il peut se fier sans hésiter. Les empreintes de pas, les empreintes digitales (et aujourd’hui les empreintes ADN), les taches de sang, les lettres, les journaux intimes… Le monde ne peut être comme il est que si Telle et Telle Histoire a eu lieu, et pas Telle et Telle autre.
L’évolution est un fait auquel on ne peut échapper, et nous devrions nous émerveiller de sa puissance, de sa simplicité et de sa beauté. L’évolution est en nous, autour de nous, entre nous, et ses œuvres sont inscrites dans les roches des ères passées. Puisque nous ne vivons pas, dans la plupart des cas, assez longtemps pour voir l’évolution se dérouler devant nos yeux, nous devons émettre des hypothèses comme le détective métaphorique.
Ce qui étaie les hypothèses en faveur de l’évolution est bien plus solide, en bien plus grand nombre, bien plus convaincant, bien moins contestable que n’importe quelle déposition de témoin oculaire jamais utilisée, dans quelque tribunal que ce soit, à quelque siècle que ce fut, pour établir quelque crime que ce soit. La preuve au-delà du doute raisonnable ? Doute Raisonnable ?
C’est le plus grand euphémisme de tous les temps.
Richard Dawkins, The Greatest Show on Earth, Bantam Press, 2009
Incidemment, pour ceux qui attachent une quelconque importance à ce genre de futilités, ceci est le 601e message de ce blog.
mercredi 21 octobre 2009
Ne pas jeter n'importe quoi... Dans la tête de nos enfants !
Nous avons de la chance de vivre en France. Oui, bon, il y a pas mal de problèmes, mais nous vivons non seulement dans une société d’abondance, mais aussi dans une société éclairée par rapport à beaucoup d’autres ! Exemple qui ne coûte pas cher : Notre pays est exempt d’un lobby public du créationnisme (même la Boutin ne s’y risquerait pas…), à la différence des Etats-Unis.
Le créationnisme n’a pas droit de cité dans les écoles de la République (et c’est tant mieux)… Pourtant, un pourcentage alarmant de français qui viennent d’avoir le BAC, à l’entrée de la fac, pensent que la théorie de l’évolution, c’est tout aussi valable que la création par un dieu quelconque ! Il en est même 2% qui ne croient pas en l’évolution ALORS MÊME QU’ILS ENTRENT EN FAC DE BIO !
Et, depuis 2008, les programmes scolaires français des « petites classes » (l’école primaire, quoi) ont complètement expurgé tout ce qui concernait l’âge de l’univers, al théorie de l’évolution, le passage des primates aux êtres humains… Au profit de cours sur la biodiversité, la pollution et les nouvelles sources d’énergie. Qu’on ne se méprenne pas, il est important que les enfants soient au courant de tout ça…
Mais… Il y a un gros mais. L’école primaire de notre République est souvent la seule force capable de contrebalancer l’endoctrinement sectaire (plus communément appelée « éducation religieuse ») qui se fait principalement à la maison et par les parents… Endoctrinement qui comporte, entre autres, le créationnisme, et souvent ZERO faits scientifiques… Donc un tissu de mensonges.
En se disant qu’il vaut mieux « sensibiliser » (c'est-à-dire, aussi, endoctriner) les enfants à l’écologie (ce qui n’est, au fond, qu’une mode, puisque tout ça sera obsolète dans seulement dix ans… Au contraire de la théorie Darwinienne) parce qu’ils apprendront « mieux » et de façon moins simpliste la théorie de l’évolution au lycée, est-ce qu’on ne prépare pas le terrain d’une pensée mystique délétère ?
Est-ce que ça ne devraient pas être les parents qui apprennent à leurs enfants à jeter les papiers gras ? Est-ce qu’il est judicieux de faire passer à la trappe un des fondamentaux de la pensée moderne, la chose qui est supposée mettre fin à tous les mythes cosmogoniques pseudo-magiques sur la vie et l’univers, et de le remplacer par un savoir simpliste à durée de vie éphémère sur le respect de l’environnement ?
Du reste, avec tout ce qu’on nous rebat les oreilles dans les médias sur l’écologie (y compris dans les dessins animés et les émissions à destination desdits enfants), et même dans les anciens programmes scolaires, les gosses sont déjà sensibles à ces questions… Cela ne date pas d’hier, ce sont les premiers à faire la morale aux adultes qui salissent ou polluent. Et que fait-on au sujet de la religion qui pollue leur esprit ?
C’est une porte ouverte dont on se serait bien passé, d’autant que, si le courant créationniste est fort aux USA, il existe aussi en France, naissant ! Les professeurs sont de plus ne plus confrontés à des critiques d’ordre créationnistes de la part de leurs élèves, jeunes et moins jeunes, tant en SVT (biologie et géologie) qu’en cours de philosophie ! Ces critiques s’élèvent en salle de classe et aussi sur les copies.
Comme par hasard, ce sont les élèves très religieux qui se manifestent le plus… Les critiques les plus virulentes viennent d’élèves musulmans, mais les chrétiens ne sont pas en reste. Les critiques sont de deux ordres : Celles, isolées, d’enfants qui ont été élevés dans une croyance religieuse, et celles, hélas organisées et dotées d’un discours construit, d’élèves manipulés, et qui trouvent sur Internet une information créationniste…
Carole Diamant, auteure du livre « Ecole terrain miné », explique : « Quand j'ai écrit mon livre, en 2004, la critique était superficielle, spontanée et répétée. C'est quelque chose qui faisait référence à des prêches ou à une opinion religieuse entendue ici ou là (…) Aujourd'hui, les enfants sont sûrs de leurs croyances. Ils restent sur leurs positions. Ils disent : Allez-y, racontez-nous Darwin mais nous, on n'y croit pas ! »
Précisons que Carole Diamant est professeure de philosophie dans un lycée de St Ouen, une banlieue aujourd’hui tristement revenue sur le devant de la scène pour cause de squats et fusillades entre bandes rivales. Elle n’est pas la seule à faire face à ce genre de propagande. Tout n’est pas noir : Des colloques sont organisés par l’état pour permettre aux professeurs de répondre de façon argumentée aux dogmes de leurs élèves…
Et puis, s’il y a effectivement une sonnette d’alarme à tirer, le créationnisme sous toutes ses formes n’est qu’un symptôme… On devrait crier haro sur tout intégrisme religieux, même celui, apparemment innocent, qui ne fait « que » mentir aux enfants sur l’univers sans prétendre poser la moindre bombe. Déjà que ça n’est que depuis les années 50 que les chercheurs français, qui étaient fâchés avec l’anglais, ont reconnu cette théorie…
De ce côté-là, la France s’en sort encore bien, avec sa tradition de laïcité. Mais, après toutes ces remises en cause de la loi de 1905, que penser ? Je suis aussi alarmé par le retour de la théologie en France par la petite porte, avec cette nouvelle que l’état reconnaît à présent comme homologués en France les diplômes délivrés par des universités religieuses… Dont les diplômes du Vatican, par exemple, partiaux même sur les sujets généraux !
Je n’ai pas vu de manifestations contre ce genre de choses… Enfin si, il y en a eu, mais elles ont été complètement boycottées par les médias… Sans aucune surprise, puisqu’il s’agit de celles des anarchistes, dans le plus pur style « ni Dieu ni Maître », qui, en plus d’être sainement contre la religion, sont connement contre toute forme de gouvernement.
Si c’est ça, la seule forme d’opposition organisée à la religion, on est mal barrés. Les athées de France se sont, je pense, un peu trop reposés sur leurs lauriers depuis quelques décennies…
jeudi 15 octobre 2009
J'ai vendu du mouron, mais ça n'a pas marché...
Oui, j'avais promis de ne plus regarder le JT, mais là, ce n'était pas moi qui avait la télécommande, j'étais coincé !
Quoi qu'il en soit... Il paraît que le « petit commerce », ou du moins le commerce de quartier, reprend du poil de la bête face à la grande distribution. C’est du moins ce qu’annonce en fanfare le JT, plus populiste qu’un politicien aux municipales, lorsqu’il serre les louches des primeurs sur les marchés… Bien entendu, comme tout ce que vous entendez au JT, ça n’est pas vrai.
Et d’une : La grande distribution et les centres commerciaux font encore recette. Et de deux : Par « petit commerce », les journaleux entendent les petites et moyennes surfaces, et non les bouchers, boulangers, charcutiers, épiciers de quartier… Depuis quand la supérette est-elle devenue conviviale et traditionnelle ? Mystère… En tout cas, il ne s’agit pas de ce qu’on imagine habituellement quand on dit « petit commerçant ».
Et de trois : La plupart des supérettes appartiennent aux mêmes compagnies qui possèdent les grandes et très grandes surfaces (les hypermarchés en dehors des villes, ceux qui nécessitent de prendre la voiture, vous savez…), et on y trouve bien souvent les mêmes produits. Il ne s’agit donc pas d’une réelle concurrence, ni d’un nouvel épisode la fabuleuse bataille poujadiste dont on parlait plus haut !
Et de quatre : Personne n’a donné de chiffres significatifs… Etrange, non ? On se demande comment on sait tout ça, et même si c’est vrai. Et de cinq : Personne n’a donné de raison, en dehors de quelques ménagères qui disent que « c’est plus près alors c’est plus pratique, et on y va plus souvent »… A mon avis il n’y a pas que ça. Si je devais émettre une hypothèse, ce serait, en cette période de récession, le fric.
Ben oui, il fut un temps où le petit commerce se plaignait de l’arrivée de la grande distribution (y compris des supérettes de quartier, qui les menaçaient directement), parce que les produits que l’on y trouvait étaient plus nombreux, plus variés, et moins chers… Histoire de continuer le petit historique : Le petit commerce s’est rabattu sur la qualité, voire même le luxe, et a lentement périclité, en dehors de certaines niches.
Pendant ce temps, les prix de la grande distribution, partis d’assez bas, se sont mis à grimper. Les gens ont la mémoire courte, mais il y a eu pas mal de scandales, récemment, sur les marges de la grande distribution, c’est même ce qui a donné lieu à tout un tas d’alternatives bio du genre coopératives, tant par souci de traçabilité que par souci de prix, histoire d’éliminer les intermédiaires…
En attendant, les prix dans les supermarchés sont aujourd’hui plutôt hauts… Tellement hauts que, finalement, on atteint ou dépasse les prix des petits commerçants… Et on a largement dépassé ceux des petits commerçants les plus chers de l’époque ou ceux-ci se plaignaient que les supermarchés les mettaient à la rue. Je ne sais pas si vous imaginez l’augmentation… Je m’étonne que plus de gens ne s’en plaignent pas publiquement.
Mais revenons au présent… Même si (selon certains, encore que je ne voie pas sur quoi ces moyennes se basent quand je regarde les prix autour de chez-moi…) les supérettes de quartier sont en moyenne 10% plus chères, c’est tellement plus pratique de moins faire la queue, de ne pas charger sa voiture, de ne pas payer l’essence… Ou tout simplement de ne pas avoir besoin de s’acheter une voiture et de payer l’assurance…
…Que finalement, c’est aussi cher, ou moins cher, pour un choix identique, et à côté de chez-soi. Ce n’est donc pas une « nouvelle tendance », une mode, ou un phénomène mystérieux, mais simplement le fait que pas mal de gens n’ont pas ni moyens, ni le temps, ni l’envie d’aller à Pétaouchnock pour acheter la même merde qu’à coté de chez-eux, qui plus est dans un magasin du même groupe.
En conclusion, derrière ce grand reportage digne du journal de 13h se trouve, au mieux, une non-info, une bouffée délirante (puisque les gens achètent la même chose, de la même manière et pour les mêmes raisons, tout simplement là où c’est moins cher et plus pratique) accompagnée d’un micro-trottoir complètement insipide et d’une singulière absence de données… Au pire un mensonge destiné à stimuler la consommation.
Vous reprendrez bien un peu de purée d’intox, madame Michu ?
dimanche 11 octobre 2009
Pavé de bonnes intentions...
Il faut sans tarder empêcher de nuire le comité qui attribue les prix Nobel de la paix : leur impéritie dans l’attribution du prix Nobel de la paix, supposé récompenser « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix », est criminelle.
Je rappelle qu’il s’agit d’un comité parlementaire qui ne peut se départir d’orientations politiques… Au contraire des institutions académiques suédoises, qui décernent les autres prix Nobel, lesquelles jugent de façon aussi impartiale que possible d’avancées scientifiques, le comité du Nobel de la paix s’est en effet planté en beauté… Notamment en décernant ce prix au dirigeant d’un pays en guerre.
Soit dit en passant, quelle idée de créer un tel prix, qui récompense par un peu plus d’un million d’euros des accomplissements parfaitement subjectifs, toujours éphémères, et ce au nom de l’inventeur des explosifs de type dynamite, le tout attribué par le gouvernement suédois, qui, entre 1930 et 1970, a mené une politique d’eugénisme par stérilisation de sa population !
Il est d’une inqualifiable incurie de n’avoir pas attribué ce prix, plutôt, un quelque dissident chinois emprisonné… Ou à un porte-parole des droits civiques dans un pays totalitaire… Ou à un médiateur pour la paix en Afrique… Ou à n’importe qui d’autre, n’importe qui dont la cause aurait eu bien besoin des 10 millions de couronnes suédoises qui vont avec le Nobel, au lieu de quelqu’un qui n’en a nul besoin !
Il est d’une terrible incompétence, aussi, d’avoir attribué ce prix à quelqu’un qui, sous les apparences excessives de ses bonnes intentions, n’a strictement rien fait pour la paix mondiale (ou même locale), et reste, au jour de l’attribution dudit prix, le dirigeant d’un peuple en guerre, belliciste et bien armé, qui s’arroge des prétentions que l’ONU et les instances internationales ont maintes fois jugé plus qu’arrogantes !
Oui, vraiment, quelle erreur d’avoir attribué le prix Nobel de la paix à Yasser Arafat, en 1994 !
Le comité s’était justifié, à l’époque, d’avoir récompensé ce terroriste avéré et chef d’un état voyou, en arguant que sa « main tendue » aux ministres d’Israël Yitzhak Rabin et Shimon Peres étaient encourageants pour la paix au Proche Orient, notamment par l’établissement d’un processus de paix. Nous savons aujourd’hui que « Processus de paix » n’est qu’un autre mot pour « guerre ouverte » et « attentats suicides ».
Mais nous le savions déjà à l’époque. L’encre était encore fraîche sur les accords de paix que les actes terroristes reprenaient, de même que les hostilités, tant de la part de Yasser Arafat que de Yitzakh Rabin et Shimon Peres, qui avaient reçu le prix conjointement avec lui. La mauvaise foi de tous ces gens et principalement d’Arafat, qui résulta dans l’échec total dudit processus de paix, n’a pas pour autant provoqué la révocation de ce prix Nobel.
Mais ce n’est pas une surprise… Après tout, le comité Nobel n’avait-il pas décerné le fameux Nobel de la Paix à ce danger public qu’était Andreï Sakharov, soi-disant pour sa campagne pour les droits de l’homme, en dépit du fait qu’il n’est autre que l’un des concepteurs de la bombe nucléaire soviétique, projet qui provoqua directement des années de guerre froide et de terreur mondiale ?
N’a-t-il pas, ce fameux comité, parmi tant de lauréats, élu Henry Kissinger, pour la paix qu’il fit au Viêt-Nam ? Rappelons à ceux fâchés avec l’Histoire du XXe siècle que ce conseiller à la maison blanche est l’un de ceux derrière le soutien américain à des dirigeants totalitaires de certains pays, notamment au Chili et en Argentine, et qu’il est sans doute derrière le bombardement secret du Cambodge !
On pourrait citer, parmi ceux qui ont reçu le prix Noble de la Paix et qui ne le méritaient pas, l’actuel Dalaï Lama, qui, bien qu’il prône la non-violence et appelle à a pitié pour le Tibet, n’est que le dirigeant d’une théocratie médiévale qui brime les femmes et les minorités, en même temps que le chef suprême d’une religion qui n’est pas moins responsable de fanatisme, d’attentats et de suicides que l’Islam ou le christianisme !
Ou même Al Gore et le GIEC, pour sa diffusion paranoïaque d’extrapolations sensationnalistes qui passent pour des « données scientifiques » sur un réchauffement climatique qui, si jamais il existe et n’est pas un phénomène naturel, ne sera même pas inquiétant avant un siècle, minimum… Poussant des millions de gens affolés à dépenser de l’argent en procédés « écolos » qui polluent toujours autant et n’économisent ni sous ni énergie !
Oui, décidément, le comité Nobel attribue parfois bien mal ses prix… Même s’il récompense quelquefois un bel effort, comme celui de la croix rouge (malgré sa corruption), de Nelson Mandela pour la fin de l’apartheid (malgré les problèmes évidents que pose la discrimination positive en Afrique du Sud actuellement, et les ghettos dans lesquels sont à présent enfermés les blancs…).
Ah, on m’annonce aussi qu’un certain Obama (Barack, de son prénom) a reçu le Nobel de la Paix.
Ce n’était donc pas une blague ! Tiens j’aurais cru… Pour quelle raison déjà ? Ah oui, il a fait ce que n’importe quel président sain d’esprit aurait fait après G. W. Bush : Le ménage.
Et il a fait plein de pub.
Ça alors. Un Nobel qui ne l’a pas mérité. Quelle surprise.
mercredi 7 octobre 2009
Poste apocalyptique !
Ah, chierie de poste de merde. Pas de courrier depuis des jours… Encore une grève sauvage. Ils pourraient faire l’effort de placer un mot ou de placarder une affiche chez les gens, le long de leur ronde, pour prévenir, non ? Ou simplement, ne pas faire grève, c’est bien aussi. Encore un service public qui exerce une immonde et honteuse prise d’otages… Dans le droit de grève, certains sont armés d’un bazooka et d’autres d’un pistolet à eau.
Cette fois, c’est à cause de cette vaste fumisterie qu’est la « votation citoyenne » (encore un mot composé de derrière les fagots spécialement pour être tendance, comme tous ces jingles publicitaires politiques du genre « grenelle », « vert », « revalorisation », « éco-participation » « geste citoyen »…) et du nouveau statut que la Poste adoptera bientôt. Oui, parce que ça se fera, hein.
Le baroud d’honneur des postiers n’y changera pas grand-chose. Cela ne peut QUE se faire. Premièrement parce que c’est indispensable pour s’harmoniser avec le reste de l’Europe, et pouvoir entrer en concurrence avec les autres services postaux dés 2011. Deuxièmement, parce que c’est tout à fait souhaitable, comme changement, merde ! Mais qu’est-ce qui ne leur plait pas, dans cette modernisation du statut de la Poste ?
La poste deviendra une société anonyme possédée à 100% par l’état, et restera un service public. On va lui ajouter 2,7 millards d’euros pour la moderniser. En attendant, l’état sera supposément déchargé d’un certain nombre de dépenses liée à la poste, encore que pas tellement. Est-ce que ce genre de choses a nui au bon fonctionnement de la SNCF ? Pas que je sache. Et ne rien faire, une fois de plus, serait pire que stupide.
C’est sûr, ça pourrait remettre en question le statut de certains employés qui, soyons honnêtes, aimeraient bien garder leur job. C’est normal, avec un job pareil… Je suis vraiment navré de dire que, selon mes sources qui sont très sûres, notamment plusieurs amis qui ont travaillé à la Poste, le cliché selon lequel les fonctionnaires de ce service n’en foutent pas une rame est… VRAI ! Archi-vrai ! Mille fois vrai !
Au fond, qu’est-ce qui pourrait changer, pour les employés des postes ? Qu’on les force à bosser, pourquoi pas, sous peine d’être virés ? Les forcer à adopter un service minimum réel et correct ? Tant mieux. Et pour les usagers ? Eh bien, rien du tout : Je signale que les services postaux sont déjà payants, et assez chers, en plus, quand bien même il s’agit d’un service public ! Si ça pouvait les rendre aussi efficaces que FedEx et UPS…
Oui, la Poste a besoin d’une réforme, et en profondeur, encore ! Et, comme toujours, même lorsque ridiculement peu de choses vont changer en bien ou en mal, en France, on assiste à une mini-rébellion des gens concernés et de leurs amis. En l’occurrence, les postiers ont beaucoup d’amis : le NPA et le PS. Ces amis ont organisé ce dont j’ai parlé plus haut, la « votation citoyenne », et ont été presque les seuls à voter.
Ils se flattent que ce scrutin illégal est un grand succès… Quelle arnaque ! Les seuls au courant du scrutin et désireux de voter étaient les militants des partis, syndicats et associations de gauche et les employés des postes, et ils sont au total un peu plus de deux millions, selon les organisateurs (2.123.717 personnes). Quand bien même ce chiffre semble élevé, il ne saurait être représentatif de toute la population française…
2 millions ne sauraient en représenter 60, et ce n’est pas étonnant que 98% des votants aient voté dans le sens des organisateurs : Il ne s’agit pas de français « lambda » mais bien de militants ou de sympathisants. Et, au fait, ce chiffre est-il élevé ? Même pas. Gonflé, oui, sans aucun doute, comme le nombre de participants à une manif, ou comme les suffrages du PS…
Et, comme le dit le maire de Nice (mais ça pourrait être n’importe quel couillon, il aurait raison), « Quand la question est posée par M. Besancenot et les résultats dépouillés par le Parti Socialiste, tout ça doit être pris avec beaucoup de mesure. »… A présent, les voilà qui veulent partir de cette soi-disant victoire, qu’ils qualifient du monstrueux pléonasme Ségogolèniste de « démocratie participative », pour faire un référendum
Ben voyons. Sachez, que le référendum, c’est la PIRE façon de gouverner. C’est se laisser guider par la foule et sa vindicte. C’est par référendum qu’Hitler a été appelé à régner. Quand on excite la peur du peuple et qu’on lui présente des informations partielles et orientées (c’est si facile aujourd’hui, en cette ère de l’information et du storytelling, d’inventer les rôles de gentil et méchant !), on lui fait faire ce qu’on veut.
Et en plus on lui fait croire que ça vient de lui. C’est la fausse justification, la fausse légitimation par excellence. Pire que les sondages, pire que les mensonges des médias, pire encore que l’élection d’un escroc, car sans aucun contre-pouvoir. Le Référendum, mensonge populaire, est le cri de tous ceux qui n’ont pas d’idées, ou des idées dont les rares gens intelligents ne veulent pas, mais qui veulent accéder au pouvoir.
En ce moment, ce serait plutôt la gauche.
mardi 6 octobre 2009
Le culte du ballon rond ?
En temps ordinaire, je trouve le football (et tout ce qui s’y rattache) d’aussi mauvais goût qu’un steak bien cuit servi à une vache, aussi superflu que les notes de lycée dans un CV, et aussi navrant que l’épreuve de culture générale des Miss France. En clair, j’essaie à toute force d’ignorer ce type de terrorisme intellectuel… Et, parfois, j’y arrive, en dépit de son côté envahissant.
Pourtant, je vais me faire violence, et éluder temporairement mon absolu dégoût pour cette activité. Je suis en effet tombé sur une nouvelle qui ne fait que confirmer la triste réalité de l’homophobie en France, autant que le niveau abyssal de l’intelligence du footballeur moyen. Si la plupart des footeux mérite d’être abattus comme les veaux qu’ils sont, l’équipe de Créteil Bébel mérite la castration lente au couteau à beurre.
Le Créteil Bébel devait affronter le Paris Foot Gay, équipe de football certes communautariste (encore qu’elle soit ouverte à tous, y compris les hétérosexuels et les gens de toutes ethnies et religions, pour peu qu’ils soient sensible au combat des gays), mais pas plus que leurs adversaires, qui sont, eux, exclusivement musulmans. Et lesdits musulmans ont refusé la rencontre à la dernière minute.
Voici le texte (d’une pathétique lourdeur) du message reçu par le Paris Foot Gay la veille du match : « Désolé, mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous, nos convictions sont de loin plus importantes qu’un simple match de foot, encore une fois, excusez-nous de vous avoir prévenus si tard. »
Sympa, hein ? Je me demande s’ils ont peur de la contagion, ou de toucher des « impurs », sorte de pensée magique qui appartient plus au domaine de la cour de récré (« Aaaah, t’as touché les filles, va te laver les mains ! ») qu’aux religions qui se disent modernes… Ou s’ils ont peur de perdre face à une équipe de tapettes. Ou s’ils ont peur de se faire violer. Ou de ne pas contrôler leurs instincts et de déclencher une bagarre.
Je suppose qu’ils pensent qu’ils ont été très polis et qu’ils sont charitables, voire même que leur excuse est tout à fait légitime… Comme le dit le communiqué de Paris Foot Gay : « Il est symptomatique de constater que les regroupements communautaristes de certains clubs ne choquent personne, mais que la simple évocation du mot Gay dans le milieu du football n’inspire que le mépris ou la peur d’être mis face à autrui. »
Peu importent les sanctions prises par la confédération concernée (dont le nom m’échappe, et de toutes façons en s’en fout) à l’encontre du Créteil Bébel, il est évident qu’ils ne disputeront pas la rencontre… On ne peut pas les forcer à jouer, et je doute qu’une quelconque sanction, quelle qu’elle puisse être, puisse les inciter à revoir leur attitude, ou leur faire regretter leur décision. Dans tous les cas, l’homophobie a gagné.
Petite parenthèse : Je ne vois pas en quoi l’Islam ou la foi musulmane interdit de jouer au football (ou à quoi que ce soit) contre des gays. L’amour entre hommes, bien que mis sur un tout autre plan que le mariage, est même quelque chose de plutôt toléré dans le monde arabe, non ? Enfin, ça dépends où et dans quel contexte… Et sinon, depuis quand le Coran parle-t-il de football ? Mais laissez-moi vous traduire le message du Créteil Bébel :
Ben oui, vous comprenez, c’est pas qu’on a quoi que ce soit contre vous, les pédés, hein, vous faites ce que vous voulez, même si c’est dégueulasse et honteux… Oui l’homophobie est un crime, mais nous, on est religieux, alors on a le droit, parce que c’est notre culture et nos valeurs. Et vous ne voudriez pas nous empêcher de pratiquer notre culture selon nos valeurs, hein ? Parce que ça, ce serait du racisme !
J’ai volontairement mis « religieux » et pas « musulmans » dans le texte ci-dessus, parce que ça n’a aucune importance. C’est interchangeable avec les catholiques, les protestants, les juifs, les hindouistes (oui, on m’a confirmé récemment que l’Inde, ce berceau de la tolérance et des philosophies bouddhiques les plus pacifistes, considère l’homosexualité comme un crime, et casse du pédé très officiellement…) ou les autres.
Force est de constater, une fois de plus, à l’instar de Richard Dawkins, que la religion est une « carte maîtresse ». Parce qu’elle est « culturelle », parce que c’est un point de vue sur le monde qui, bien qu’absurde, passe pour légitime, parce que ça s’apparente à une tradition, la religion devient, ici comme ailleurs, une excuse bidon pour justifier des comportements odieux !
La religion est l’excuse principale, mais la culture et la tradition ne sont pas en reste. Combien de crimes commet-on en leur nom, pour paraphraser le poète ? Et surtout, combien de crimes ignore-t-on par cette lâcheté intellectuelle du politiquement correct qui consiste à laisser faire des atrocités sous prétexte de respect de l’autre et de ses traditions ?
La corrida, c’est une tradition, aussi… C’est culturel. Tout comme l’excision, la circoncision, la mutilation rituelle… Les femmes en burqa et qui n’ont pas le droit d’aller à l’école, de voter ou de posséder des biens, qui se font lapider dés qu’elles élèvent la voix… La polygamie, la pédophilie, le viol collectif, l’inceste, manger ses parents décédés… Sans parler de l’extermination ou de l’exclusion de ceux qui sont nés différents.
Et j’en passe. Ce sont des traditions glorieuses et anciennes. Certains vont vous dire que c’est un sujet complexe, plein de nuances de gris… C’est vrai, mais uniquement parce que rien n’est simple. Cependant, s’il y a bien quelque chose qui mériterait qu’on ait un avis tranché, une vision en noir et blanc, c’est ça : Ce n’est pas parce que c’est « culturel » qu’on ne doit pas combattre l’ignorance, la stupidité, l’injustice, le dol, la calamité !
Une tradition, ce n’est pas intelligent. C’est même, dans son acception (hélas) habituelle, l’une des choses les plus bêtes au monde : Reproduire mécaniquement ce que faisaient Papy et Mamie. Ce n’est pas parce qu’on a longtemps cru que la Terre était plate que c’était vrai. Ce n’est pas parce que ça fait longtemps qu’on fait la même connerie que c’est devenu intelligent.









