Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

mercredi 23 décembre 2009

Ya plus d'saisons...

Oui, j’avais fait un billet sur Noël le 21 juin 2006, pour le jour de la fête de la musique. En oui, j’avais trouvé drôle de faire ça au solstice d’été sur le solstice d’hiver ! Quoi qu'il en soit, joyeux Noël à tous ceux qui ont envie de passer un joyeux Noël.

Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.

De toutes façons, qui d'entre vous connaît par cœur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un œil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.

Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.

C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.

Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !

Rudolph_the_Red_nosed_Reindeer

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jeudi 17 décembre 2009

Let me give you a little tongue...

Mon amour pour les mots ne s’est jamais démenti, et surtout pas dans ce billet du 19 juin 2006. J’aime mon langage, les petits et les grands mots, les mots grossiers comme les mots prudes… Et qui aime bien châtie bien.

Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... Certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.

Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."

Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes (courants ou non) y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...

Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).

Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.

Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.

D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (qui se veut un langage universel, dont les concepts et la grammaire sont modulaires et « faciles » d’un certain point de vue)...

Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.

On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...

Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.

Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?

Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pâle copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?

Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.

Il n'y a plus qu'une chose à dire : Choisissez vos mots avec soin…

Littr__de_1863

mercredi 16 décembre 2009

Au delà du réel...

Le 12 juin 2006, I had a dream…

Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art de charlatan, apparenté à la lecture à froid et à l’effet puits… Mais c’est parfois très drôle.

Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice". Autant dire que ça ne marche pour personne...

"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."

Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.

Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.

Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les vœux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Il serait ridicule de se demander qui a raison.

Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !

cl__des_songes

vendredi 27 novembre 2009

Perestroïka Pride...

Le 11 juin 2006, les russes étaient tous d’ignobles homophobes (sauf les gays, et encore), prêts à emmener manu militari les pédés au goulag. La situation n’a pas changé d’un poil. J’exagère, il y en a certains qui sont ouverts d’esprit… Mais ça n’a pas l’air d’être le cas général.

"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.

La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.

Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.

C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?

Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.

Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. Exemple parfait : George Bush a fait deux mandats, et personne ne s’est soucié des étudiants français qui manifestaient contre lui… Parce qu’ils étaient à des milliers de kilomètres et n’avaient aucune influence, électorale ou autre ! Oui, c’est très bien de marcher. Oui, c’est très bien de militer. Mais on n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".

nationalistes_attaquant_des_manifestants_homosexuels___moscou

jeudi 26 novembre 2009

Mais que fait George Clooney ?

Le 10 juin 2006, les hôpitaux de France allaient mal. Alors que le SIDA n’est pas encore enrayé et que l’on nous bourre le mou avec moult épidémies médiatisées, du Chikun… Chikou… Bref, de maladies graves à d’autres semi-imaginaires comme la grippe du machintruc, la situation n’a pas changé. Aujourd’hui, on nous bassine juste encore plus avec la prévention.

L’espoir du gouvernement est peut-être que si les gens se lavent les mains et ne sortent plus, ils tomberont moins malades et dépenseront moins les sous de l’état en soins, et plus leurs propres sous en parapharmacie, produits antibactériens, lingettes antiseptiques, masques filtrants… Après tout, le savon, c’est pas remboursé par la sécu. Non seulement c’est pathétique, mais c’est un mauvais calcul…

Enfin passons, ce n’est pas (exactement) de ça qu’on parle.

Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.

Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...

Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.

Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...

Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).

Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toute façon !

De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...

Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexys mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...

scalpels

Yak Rivais, Yillustrais aussi...

Le 9 juin 2006, un billet nostalgique… Une fois n’est pas coutume !

Les blogs du Loupil et de Miss Poivert (voir ma liste de blogs ou c'que faut y aller, juste à côté) m'ont gentiment plongé dans l'atmosphère doucereuse de l'enfance, nostalgie qui vaut tous le lexomil du monde, en parlant des mots-valises. Figurez-vous que quand j'étais petit (ce qui était il n'y a pas si longtemps... d'autant que je mesure encore moins de 1m75), j'étais fan de Yak Rivais.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Yak Rivais est professeur (à présent à la retraite, du moins je l'espère pour lui) et écrivain joueur de mots qui a fait les riches heures de l'Ecole des Loisirs, maison d'édition qui aime les enfants. C'est pour ses élèves qu'il a écrit, entre autres, "Les contes du miroir" et "les sorcières sont NRV", deux recueils d'histoires, chacune basée sur un jeu de mot ou de lettre différent.

Il y a par exemple une histoire entière en calligrammes, une histoire semée d'artabanismes, une histoire ou chaque mot commence par la dernière lettre du mot qui le précède, une histoire dans laquelle chaque phrase dissimule un prénom, une histoire caviardée à partir du petit chaperon rouge de Perrault, une histoire en calembours, et de nombreuses autres encore... Et bien entendu une histoire en mots-valises.

Yak Rivais illustre aussi ses livres, ce qui lui permet de s'adonner aux rébus. Il est aussi le père de livres tels "Guide Zinzin d'Histoire de France, de l'à peu préhistoire au monde contempourien", de "Moi pas grand mais moi malin" (Un livre pour enfant entièrement écrit sans la lettre E, façon Perec…), du "Métro mé pas trop" (un spectacle pour fêtes d'écoles à la Raymond Queneau), et bien sûr des enfantastiques.

La longue série des enfantastiques n'a pas vraiment de jeux de mots, à part dans le titre. Enfin si, à l'occasion, mais ça n'est pas le but premier. Il s'agit d'une série de contes contemporains dont les héros sont tous élèves de ses classes dans son école près de la place de la Contrescarpe : Chaque élève fait montre d'un pouvoir extraordinaire et original, prétexte à histoire. Il paraît évident qu'il a été élevé au lait de Gripari...

Qui n'a rêvé, honnêtement, d'avoir un tel professeur ? Chacun devrait acheter son ouvrage sur les mots-valises pour ses enfants, ses nièces, voire pour le donner à n'importe qui en passant devant une école primaire. Mon exemplaire est tout écorné... C'est "le Rhinocérossignol et autres animots-valises", depuis réécrit et augmenté en "Le Rhinocérossignol et le Coca-Koala". Offrez-le, vous ferez aimer le français.

Mais ce serait vous bouder le plaisir de le lire en premier : Comment résister devant un savoir aussi indispensable que les moeurs de l'escargodasse (un pataugastéropode), la moralité de la fable de la cigalipette et de la fourmilitaire, de l'histoire de ces deux jumots-valises que sont le pangolin et le pangolautre, et de l'étendue de la famille des poux (poupulaire, poubelle, poudingue, hippoupotame...) ?

Achetez-le donc et rangez-le dans votre bibliothèque, à S comme Superflutile.

Rhinoc_rossignol

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lundi 9 novembre 2009

Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...

Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.

Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.

Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?

Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !

Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !

On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.

En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !

Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?

C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...

raphaela_le_gouvello

dimanche 8 novembre 2009

Je me souviens...

Tiens, un petit billet sur le terrorisme… Point n’est besoin de rappeler ce qu’Al Quaïda est capable de faire, mais il faut tout de même se souvenir qu’aucun pays n’est à l’abri, et que le fait d’être pacifiste et non violent n’a jamais empêché qui que ce soit de se faire dézinguer la tronche salement. J’étais pour la guerre en Irak et en Afghanistan, je le suis toujours, et je le revendique, au nom de la démocratie…

Même si les américains ont géré ça comme des manches et pour de mauvaises raisons. Je republie ce billet parce qu’il est bon de se souvenir de ce qui s’est passé au juste pour qu’on en arrive là, et que, sans tomber dans la psychose, il faut faire un peu attention. Et justement, la devise du Canada, c’est « je me souviens »…Alors, autant prendre cet excellent exemple canadien du 7 juin 2006 pour illustrer le propos.

Le Canada vient de se réveiller comme une fleur, tout surpris de trouver un nid de terroristes islamistes sur son sol. 12 hommes et 5 adolescents avec de quoi faire tout péter (plus encore que l'attentat d'Oklahoma City, dit-on) ont été arrêtés par leurs services. Au Canada ! Un pays si large d'esprit et pacifiste qu'ils se sont abstenus pour l'Irak, et que leurs troupes en Afghanistan ne font rien d'autre que de l'humanitaire.

Le Canada, dont j'ai parlé il y a longtemps dans ce même blog, pays épris de paix ou la criminalité est basse et la qualité de vie haute. Le Canada, si tolérant qu'il a récemment autorisé dans les écoles le port à des fins religieuses des couteaux rituels que les jeunes hommes fidèles de je ne sais quel culte doivent porter symboliquement. La lame, elle, fait trente centimètres d'acier recourbé et est tout sauf symbolique...

L'un des terroristes a menacé de décapiter le premier ministre canadien (un homme tellement placide et bénin au niveau international que, régulièrement, la plupart des gens sur Terre oublient jusqu'à son existence, et que personne ne se souvient jamais de son nom). Outre faire sauter le parlement, la bourse d'Ottawa et la tour CN (la plus haute du Canada), ils projetaient d'occuper les locaux d'une chaîne de télé.

C'est vrai que c'est plus pratique pour avoir des otages célèbres et diffuser ses revendications... Non que ce soit particulièrement important, ce sont toujours les mêmes : protestations contre les troupes en Afghanistan, le gouvernement en général (tant pis s'il est pro-palestinien)... Il y a toujours des prétextes, mais de fait il n'y a aucune justification à ce genre de meurtre en masse brutal et indécent.

Le Canada est donc fort étonné. En plein désarroi, dirait-on. D'autant que les terroristes n'ont eu aucun contact avec Al Quaïda, et n'ont pas été formés ou endoctrinés en Afghanistan. Ce sont des citoyens canadiens nés au Canada ou arrivés là en bas âge. Non, ce sont des endoctrinés "maison", made in Canada par des intégristes musulmans locaux et le fabuleux outil qu'est Internet.

Il est vrai que les communautés musulmanes tardent à trier le bon grain de l'ivraie dans leurs propres rangs, ce qui est aussi le cas pour les lobbys chrétiens des Etats-Unis... Chacun est réticent à se dissocier de groupements certes fondamentalistes, mais dotés de nombreux fidèles, de crédits conséquents, et qui peuvent décrédibiliser ceux qui les bannissent en prétextant qu'ils respectent mieux les écritures.

On en vient au problème principal de toute cette histoire : les revendications ne comptent pas ou plus, et tout le monde s'en fiche : elles ont expédiées en une ligne dans les journaux... Non, tout le monde l'a bien compris maintenant qu'il est trop tard, il s'agit d'une guerre de religion. Une bonne vieille guerre de religion, comme au temps de la Saint Barthélemy, avec option Croisade et Guerre Mondiale.

Par ailleurs c'est ce que j'avais prédit à qui voulait l'entendre (c'est à dire pas grand monde à l'époque) il y a des années. J'en ai un peu marre d'avoir raison. Religion oblige, le simple fait pour le Canada d'être aussi pluraliste est un prétexte suffisant pour justifier toutes les extrémités aux yeux de ceux qui suivent une loi coranique répressive et stricte. Les pays qui ont subi des attaques l'ont déjà compris et dit aux copains.

Evidemment tout le monde se croit à l'abri dans son coin, se disant "si je reste en dehors, tout ira bien pour moi." Comme la France en son temps. Ce n'est d'ailleurs pas une attitude lâche, surtout quand des vies sont en jeu ! Mais comme le monde entier a des intérêts dans le pétrole et que tous les pays occidentaux commercent avec les Etats-Unis et/ou font dans l'humanitaire, n'importe qui peut être pris pour cible.

On peut déplorer le fait qu'on ait à vivre une époque où l'on doive être loup pour éviter d'être mouton (c'est vrai que c'est dommage), mais y a-t-il eu une seule époque ou l'on pouvait sans risque se permettre de baisser sa garde ? Je suis historien et, personnellement, je n'en ai pas trouvé. Il me semble qu'il y a un proverbe breton qui se rapporte assez bien à la situation... "Faites le mouton, on vous tondra."

Photo sans rapport, encore que pas complètement : Une mère shiite mutile son propre enfant en lui entaillant rituellement le crâne pour la fête d'Ashoura...

Ashoura__f_te_shiite

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samedi 7 novembre 2009

Crimée et toussotements...

Voilà un billet d’humeur tabagique daté du 3 Juin 2006… Comme je le dis toujours, il est bon de revenir sur des événements anciens, comme par exemple ceux d’avant la Grande Interdiction Tabagique. Loin de combattre la répression ou de l’approuver, ce billet tente d’expliquer les débuts de la cigarette, ce qu’elle peut symboliser… Je n’ai pas dit mieux au sujet du tabac que la dernière phrase du billet.

Faites ce que vous voulez, fumez ou ne fumez pas, ça n’est pas si grave, et ça n’est pas moi (qui ne fume pourtant pas) qui irait vous le reprocher… Vous êtes libres ! Mais sachez ce que vous faites, et pourquoi.

Malgré les multiples lois anti-tabac et la cherté de ces petites graines de cancer, nombre de gens continuent de fumer, ou commencent de le faire. A leur décharge, si l'on peut dire, ce n'est pas forcément du tabac. Puisqu'il est devenu impossible de fumer dans les lieux publics, la résistance s'organise et reprend les vieilles traditions : la cigarette après l'amour (là où personne ne vient vous embêter), et les "roulées maison".

J'exagère. Il n'y a pas de maquis fumeur, même si ça en a tout l'air parfois... Les fumeurs se cachent, fument chez eux et sans se montrer, fument sur le balcon lorsqu'ils sont invités chez leurs amis... Tous ceux qui le peuvent vont acheter leurs cigarettes à l'étranger ou dans les zones duty-free : Une fois sur deux, les mentions en forme de faire-part de décès ne sont pas en français sur les paquets des clients aux terrasses des cafés.

La "traditionnelle" cigarette post-coïtale est un antique moyen de relaxation... Et puis ça conjure la culpabilité, la soudaine conscience de sa nudité, tout en donnant une contenance... Et quelque chose d'autre à regarder que son ou sa partenaire. Mieux vaut fumer après qu'avant, sous peine d'avoir l'impression d'embrasser un cendrier... Et puis ça évite au mec de s'endormir tout de suite, c'est plus poli.

Par ailleurs, il a longtemps été jugé inconvenant pour les femmes de fumer. Vous me direz, c'était pareil pour tout un tas de choses, y compris respirer sans qu'on leur en donne la permission... Mais la cigarette à la bouche d'une femme a pour beaucoup d'hommes une connotation lascive. Si, si. Moi je ne vois pas, mais il paraît. Les "Lorettes", putes du quartier Notre Dame de Lorette, ont été les premières à briser publiquement le tabou, début XIXe.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les fumeurs choisissent de rouler leurs propres cigarettes. La première est le prix, pour les adeptes des comptes d'apothicaires. La deuxième est l'arrêt à terme de la cigarette : l'action de rouler étant fastidieuse, les fumeurs les plus naïfs croient que cela les forcera à arrêter par flemme. En fait ils apprennent juste à rouler les cigarettes deux fois plus vite, ou à utiliser d'astucieux appareils rouleurs.

Une troisième raison, évidente, est la présence d'autre chose que la substance traditionnelle (entendez légale) dans le fût de papier. Il est intéressant de remarquer qu'un des symboles courants de ceux qui "se les roulent" est le zouave. Vous savez, comme celui du pont de l'Alma, ce troupier pittoresque au costume bariolé qui servait l'armée française il y a belle lurette. C'est vrai qu'on fume souvent après avoir fait le zouave.

Mais la raison de ce symbolisme étrange est en fait une légende, celle autour de l'invention de la cigarette moderne, par opposition à celle popularisée en Espagne vers 1828, "cigarillo" fait de mégots de cigares. Elle serait le fait d'un zouave pendant la guerre de Crimée. Son régiment manquant de pipes (trop fragiles car en terre), il eut l'idée d'employer les feuilles de papier fin servant à contenir les doses de poudre des fusils.

Cette cigarette est donc de tabac séché et broyé, tabac à pipe, roulé dans une feuille de papier. Il se peut que l'invention se soit faite lors du siège d'Acre en 1832 : c'est durant cette bataille que les artilleurs égyptiens ont trouvé le moyen d'améliorer leur cadence de tir en dosant la poudre grâce à ces tubes de papier, ce qui les fit récompenser d'une livre supplémentaire de tabac... Sans pipe pour le fumer.

Il est à noter toutefois que, depuis longtemps, les indiens d'Amérique utilisaient des roseaux, des cannes, des feuilles de maïs, ainsi que toutes sortes de pipes cylindriques pour fumer le tabac, et que l'action de fumer une herbe pour en tirer du plaisir ou simplement comme acte liturgique a des origines incertaines mais fort lointaines... N'allez pas non plus créditer les zouaves d'avoir importé le tabac, ça c'est Jean Nicot.

Tout ça pour dire que le tabac est une glorieuse et longue tradition d'autodestruction dans laquelle il y a autant d'anecdotes culturelles, d'inventivité, de génie humain et de pétulance que dans d'autres domaines réputés. Un peu comme les produits du terroir. Ou la cynégétique (la chasse, pour ceux qui n'auraient pas compris), la fabrication d'armes... Bref, c'est un crime "respectable".

Et vous savez maintenant pourquoi le zouave, militaire barbu protégeant le drapeau d'une puissance coloniale, est l'un des symboles d'une rébellion : apposez son portrait stylisé, clope au bec, sur un paquet quelconque, c'est le symbole d'une marque de papier à rouler célèbre (Zig Zag). Apposez son portrait avec une cigarette légèrement différente sur un drapeau éthiopien, et vous avez un tout autre symbole.

Coïncidence troublante, il n'existe plus de régiments de zouaves : ils se sont empoisonnés eux-mêmes. Enfin, pas tout à fait. Ils ne sont pas morts d'un cancer ou d'une overdose. Ils sont morts parce qu'ils portaient des fez et des pantalons bouffants rouges. Ces pantalons étaient non seulement facile à viser de très loin, mais aussi teints en rouge Garance... Et le rouge Garance, c'est empoisonné. C'est même mortel.

Ils tombaient comme des mouches dés qu'on leur tirait dans les jambes, la teinture passant directement dans leur système circulatoire. Peu de gens savaient vraiment comment tout ça fonctionnait, surtout pas en haut lieu. Evidemment, on ne savait pas non plus que la cigarette provoque des cancers. Alors voilà, j'espère que ce billet poussera certains à arrêter de faire le zouave...

Ou au moins à le faire à fond et en sachant pourquoi.

Ze_Zig_Zag_Zouave

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vendredi 6 novembre 2009

Question de statue.

Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !

Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !

John_Grisham_chez_lui_avec_son_authentique_femme_des_ann_es_cinquante

Posté par Elromanozo à 15:07 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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