jeudi 12 novembre 2009
Astroboy, suite...
Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...
Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !
Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.
Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?
Astroboy...
Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...
Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…
De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?
Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.
Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !
Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…
On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…
Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :
« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »
Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…
La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.
Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.
Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.
Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »
Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…
Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?
Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.
Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?
Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.
Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !
Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
lundi 9 novembre 2009
Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...
Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.
Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.
Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?
Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !
Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !
On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.
En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !
Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?
C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...
vendredi 6 novembre 2009
Question de statue.
Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !
Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.
John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.
Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.
Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.
Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...
Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !
Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.
Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :
Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !
Quand ça emballe sec...
Le 29 mai 2006, je reparle de mon petit voyage à Toulouse, décidément une ville de merde, sale, et bourrée de cons. Les seuls gens bien sont ceux qui viennent d’ailleurs pour s’esclavagiser à Sophia Antipolis, le « bétonville » des ingénieurs. Certes, l’université est très bien, mais quand on voit l’horreur innommable que sont ces barres de béton vétustes, sales et rouillées, on ne s’étonne pas du fait que l’usine AZF ait explosé…
J'ai séjourné dans un hôtel étrange, dernièrement. Pas spécialement cossu ni crasseux, tout à fait simple et fonctionnel, mais tout en contrastes. Par exemple, il a fallu que je demande des serviettes pour ma chambre, mais, inexplicablement, l'hôtel bénéficie d'un réseau wi-fi avec Internet haut débit offert gratuitement à tous les clients. Il y a même un écran plat dans le hall et, dans les chambres, la télé avec quinze chaînes.
Malgré ce surcroît de modernité, cet hôtel n'a pas rompu avec la tradition des tableaux hideux mais qui donnent l'impression de ne rien regarder... Le personnel était aimable et prévenant, mais à la moindre question, la réponse était presque invariablement "Oh je sais pas", "Je peux pas vous dire", ou "Bah, ça dépend...", ou quelque chose dans ce goût là. Comme c'était dans le sud, avec l'accent, ça fait encore plus traînant.
Je crois que ce qui m'a le plus étonné, c'était quand même les décorations dans le lobby. Il y avait des petits objets de chez Ikea ou autres, des bougies parfumées, des cadres muraux avec de la cannelle dedans, des bougies décoratives dans de petits verres à alcool, des vases... Assez kitsch et pathétique sur le fond. Mais ce qui est pire c'est que tout était encore dans l'emballage. Avec des traces d'étiquettes arrachées.
Et visiblement c'était un effet voulu, puisque la poussière commençait à s'accumuler et l'âge à ternir le plastique. Etrange non ? Les bougies, au lieu d'être posées là ou allumées, étaient encore empaquetées par huit et enrubannées. Peut-être que les propriétaires trouvent que c'est plus joli comme ça, ou bien est-ce par souci d'hygiène : l'emballage se salit mais l'objet reste soi-disant propre.
Pourtant, ça n'était pas la richesse et l'opulence qui étouffait la décoration. Si c'est pour préserver trois petits bidules odorants ou anti-tabac qu'on trouve dans les bazars "tout à un euro", c'était vraiment pas la peine. Pour vous dire, cela donnait l'impression d'être chez une vieille dame sénile qui plastifie tous ses meubles "pour faciliter le ménage". Surréaliste ! Je ne suis resté qu'une nuit, heureusement pour ma santé mentale.
dimanche 1 novembre 2009
Doux illuminés...
Les Francs-maçons font toujours recette : On nous remet leurs liens avec la politique, la finance et la mafia à toutes les sauces, de nos jours… Un peu comme les Illuminati dans ces histoires de Da Vinci Code, d’anges et de démons tous plus crétines les unes que les autres… Tout le monde aime bien les sociétés secrètes mystérieuses. Au mieux, ça fait un bon méchant dans les films, au pire, ça fait un bouc émissaire imaginaire pour la crise !
Ah, au fait… Si l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy est bien un ancien Grand Maître du Grand Orient de France (oui, les titres pompeux, ça les connaît… Et ça claque plus que « Président de la République »… Moins il y a de pouvoir réel, plus il y a de titres ronflants, c’est un principe !), le nain de l’Elysée n’en est pas, malgré les rumeurs et les soi-disant « trois points » que certains voient sur sa signature…
Méprise stupide : en voyant l'illustration que j’avais utilisée pour je ne sais plus quel billet, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.
Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.
Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de jugeote, on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...
Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !
Comme toutes les sociétés secrètes ésotériques, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés le début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'œil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.
Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.
Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme, de spiritisme, de psychodrames et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.
Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.
Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le nœud et l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !
Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider...
samedi 31 octobre 2009
Ah, si j'étais quiche...
Le 28 mai 2006, un petit billet sur les stéréotypes de l’homosexualité…Et prophétique, avec ça, parce que, comme je l’avais dit, les tests et conseils « sexo » sont de plus en plus olé-olé. Sinon, vous aviez vu, à cette époque, "Ah, si j'étais riche", le film avec Daroussin ? C'était sorti il y a longtemps... Quelle daube ! Comme toute la carrière dudit Daroussin, d'ailleurs.
Il m'aura servi à faire le jeu de mots du titre, c'est tout... Mais bon, passons.
Un magazine récent (le numéro 1 est sorti le bimestre dernier, vous reconnaîtrez aisément le titre si vous êtes du milieu gay) publie deux interviews presque en forme de portraits chinois, chacune d'une personnalité hétérosexuelle ou homosexuelle, sur le thème "Si j'étais gay", et "Si j'étais hétéro". Ils comptent d'ailleurs en faire une rubrique récurrente, voire régulière, voire présente à chaque numéro.
Moi je trouve ça amusant. Complètement superficiel, débile à souhait, mais bon, marrant. On conçoit que le comportement d'une personne puisse être changé par son orientation sexuelle, mais au fond, comment savoir de quelle manière ? A la limite, si on va vraiment au delà des stéréotypes, pourquoi la moindre once de personnalité changerait-elle ? Puisque l'homosexualité n'est pas un choix, c'est de toute façon un faux problème.
C'est à ranger dans la catégorie "articles légers car superficiels, mais lourds pour la même raison". Cela permet de voir combien les gays comme les hétéros sont influencés par les stéréotypes, à commencer par les journalistes (qui, même s'ils font ça pour se moquer, posent quand même la question "Si tu étais hétéro, devant quel sport choisirais-tu de roter en buvant de la bière ?", et oublient d'avoir le même mordant pour les "si tu étais gay"...).
Et puis tant qu'à faire, si on commence avec "si vous étiez un homme", ou "une femme", ou "gay", on peut continuer longtemps dans la série du portrait chinois tendance. Si vous étiez bobo, si vous étiez juif, si vous étiez journaliste à Chronic’art ou Nova magazine... Pourquoi juste les gays ? A la limite, bientôt, les magazines les plus sexe feront dans le "Etes-vous fist ou fessée ?" ou "Si vous étiez zoophile ?"... Charmant.
Bon, moi, si j'étais gay, je pense que je serais mince (parce que j'aurais le courage de suivre un régime), que je m'habillerais en rose, que je ferais la gay-pride, que je me raserai les jambes (ya du boulot...) pour me travestir histoire de rigoler, que je mangerais bio, que j'écouterais de la techno et... Ha, merde, c'est vrai, je suis gay et je suis petit, enveloppé, poilu, j’écoute de rock indépendant et j'ai jamais fait la gay-pride... Tant pis.
Enfin, si vous voulez vous marrer un peu, écoutez plutôt la chanson "If I were gay", de Steven Lynch.
mardi 27 octobre 2009
Cas saoulé !
J’étais allé à Toulouse pour affaires, et je me devais d’écrire un billet sur ce hideux tas de boue… Ce que j’ai fait le 22 mai 2006. Vraiment, quelle horreur… A peine une ou deux librairies potables, que des beaufs. J’ai appris par la suite qu’il y avait de nombreux escorts gays dans cette ville… Est-ce que ce genre de vice suffit pour en faire une ville pro-gay ?
Personnellement, j’en doute, leurs clients étant principalement les homos refoulés, anti-milieu, provinciaux, qui paient ce genre d’hommes pour ne pas que leur femme apprenne leurs frasques. Et je ne parle même pas des négligences mises au jour en ce qui concerne la fameuse catastrophe de l’usine AZF… Plus j’en apprends sur Toulouse et la mentalité de ses habitants, et moins j’aime cette ville.
J'étais il y a peu dans la ville de Toulouse pour affaires. C'est une agglomération très particulière. Vue de haut, la ville rose est effectivement... Rose. C'est à dire couleur de tuiles. Vue de dedans, c'est juste rouge sale. Mais je suppose que la "ville rouge sale" ça sonnait moins bien. Parlons du centre-ville, puisqu'il s'agit à peu près de la seule chose visuellement potable dans toute cette zone.
La "vieille ville" de Toulouse n'a que peu d'immeubles vraiment charmants ou anciens. La plupart ne datent que du XIXe siècle, ce qui, je suppose les qualifierait de vieux pour les touristes américains. Les plus notables sont évidemment en briques rouges, comme pratiquement toute la ville, et sont inexplicablement crasseux. C'est paraît-il un trait commun à de nombreuses villes du Sud, mais j'ai constaté que ce n'était pas vrai partout. Ici oui.
Cette vieille ville, ce centre culturel autour du capitole, fait environ cinq ou six de pâtés de maison de diamètre, à la louche et en étant gentil. Parmi les nombreuses boutiques touristiques et des arcades en brique rouge (on a parfois l'impression de se trouver dans une usine, à la longue...) trône la place du capitole. Elle sert à organiser des événements de renommée mondiale comme la fête du poulet (youpi…), et s'orne d'une croix du Sud.
Pour une raison inexplicable en notre république laïque et non superstitieuse, cette grande croix d'Occitanie s'orne des douze signes du zodiaque, stylisés, le tout en bronze. Devant, il y a le Capitole, grand bâtiment (en briques rouges, oui...) qui se prend pour un palais néo-classique. Il possède en effet huit colonnes en marbre rose, qu'il arbore comme des flammes ringardes peintes à l'aérographe sur le capot d'une vieille Simca customisée...
La mention "Capitolium", souvenir des anciens dirigeants de la ville, les capitouls (ou plutôt, souvenir du XIXe siècle et d'un temps de fierté nationale où l'on se souvenait de travers d'un Moyen-âge idéalisé pour essayer de se rendre fier de sa région) orne cette mairie glorifiée alors qu'elle n'a plus lieu d'être. Maison d'arrêt, églises toutes de briques et cathédrale rouge méritent à peine une mention similaire.
Autour de ce bastion de culture du pauvre se massent des rues de plus en plus modernes et sales au fur et à mesure qu'on s'éloigne du centre. Toujours avec le même thème "briques rouges" sans élégance si cher au cœur des Toulousains, on accumule les immeubles peu gracieux des années cinquante, soixante, soixante-dix, tous plus hideux les uns que les autres, et toujours plus assombris par la saleté omniprésente.
Le boulevard Jean Jaurès (oui, il y en a toujours un) qui mène à la gare, par exemple, est un fleuron de l'architecture socialisante des pays de l'est, orné d'immondes Sofitels et Novotels pour le rendre un peu plus moderne, et de magasins pouilleux. Encore plus loin autour, les autoroutes et les HLM laissent place à des centres de recherches, zones industrielles, et d'immenses campus universitaires de béton sale.
L'aéroport, du doux nom de la ville dans laquelle il est sis, défigure encore plus le riant paysage de la région dans le but de contenir un misérable Colombus Café et un marchand de journaux, qui vend aussi des mauvais produits régionaux en boites. Quant aux toulousains, ce sont des gens du Sud (avé l'assent parfois incompréhensible) aimables mais pas gentils (syndrome du citadin) et surtout assez laids (moustache, calvitie et bourrelets).
Quant à la légendaire cuisine toulousaine, elle se perd, et les gargotes sont plus nombreuses que les restaurants familiaux... Les seules personnes relativement potables que j'ai rencontrées dans le peu de temps que j'ai passé dans cette ville étaient des touristes ou des visiteurs, comme moi. Je suppose que tout ceci peut paraître pittoresque et charmant, surtout si on aime la brique, mais je trouve cela quelconque au point de choquer.
En conclusion de ce descriptif catégorique, je ne dirais qu'une chose : Cette ville, qui a produit Claude Nougaro et élu François Bayrou, possède en matière de politique et de musique exactement la merde qu'elle mérite. Elle est l'équivalent urbain de ce personnage maupassantien du notable bedonnant qui pète plus haut que son cul, fait ajouter un pigeonnier à sa maison et, se croyant aussi important qu'intelligent, songe à la députation.
Oui, la spécialité toulousaine semble bien être la saucisse, voire même l'andouille... Quant au cassoulet, il est loin d'être une exclusivité de ce département. Par avance je m'excuse auprès des Toulousains qui ne seraient pas comme ceux que j'ai décrit ici (et il doit y en avoir, enfin, disons qu'après tout c'est possible...), ce n'est pas de leur faute s'ils sont nés dans cette moderne verrue rose rougie sur la fesse du Languedoc.
mercredi 21 octobre 2009
Ne pas jeter n'importe quoi... Dans la tête de nos enfants !
Nous avons de la chance de vivre en France. Oui, bon, il y a pas mal de problèmes, mais nous vivons non seulement dans une société d’abondance, mais aussi dans une société éclairée par rapport à beaucoup d’autres ! Exemple qui ne coûte pas cher : Notre pays est exempt d’un lobby public du créationnisme (même la Boutin ne s’y risquerait pas…), à la différence des Etats-Unis.
Le créationnisme n’a pas droit de cité dans les écoles de la République (et c’est tant mieux)… Pourtant, un pourcentage alarmant de français qui viennent d’avoir le BAC, à l’entrée de la fac, pensent que la théorie de l’évolution, c’est tout aussi valable que la création par un dieu quelconque ! Il en est même 2% qui ne croient pas en l’évolution ALORS MÊME QU’ILS ENTRENT EN FAC DE BIO !
Et, depuis 2008, les programmes scolaires français des « petites classes » (l’école primaire, quoi) ont complètement expurgé tout ce qui concernait l’âge de l’univers, al théorie de l’évolution, le passage des primates aux êtres humains… Au profit de cours sur la biodiversité, la pollution et les nouvelles sources d’énergie. Qu’on ne se méprenne pas, il est important que les enfants soient au courant de tout ça…
Mais… Il y a un gros mais. L’école primaire de notre République est souvent la seule force capable de contrebalancer l’endoctrinement sectaire (plus communément appelée « éducation religieuse ») qui se fait principalement à la maison et par les parents… Endoctrinement qui comporte, entre autres, le créationnisme, et souvent ZERO faits scientifiques… Donc un tissu de mensonges.
En se disant qu’il vaut mieux « sensibiliser » (c'est-à-dire, aussi, endoctriner) les enfants à l’écologie (ce qui n’est, au fond, qu’une mode, puisque tout ça sera obsolète dans seulement dix ans… Au contraire de la théorie Darwinienne) parce qu’ils apprendront « mieux » et de façon moins simpliste la théorie de l’évolution au lycée, est-ce qu’on ne prépare pas le terrain d’une pensée mystique délétère ?
Est-ce que ça ne devraient pas être les parents qui apprennent à leurs enfants à jeter les papiers gras ? Est-ce qu’il est judicieux de faire passer à la trappe un des fondamentaux de la pensée moderne, la chose qui est supposée mettre fin à tous les mythes cosmogoniques pseudo-magiques sur la vie et l’univers, et de le remplacer par un savoir simpliste à durée de vie éphémère sur le respect de l’environnement ?
Du reste, avec tout ce qu’on nous rebat les oreilles dans les médias sur l’écologie (y compris dans les dessins animés et les émissions à destination desdits enfants), et même dans les anciens programmes scolaires, les gosses sont déjà sensibles à ces questions… Cela ne date pas d’hier, ce sont les premiers à faire la morale aux adultes qui salissent ou polluent. Et que fait-on au sujet de la religion qui pollue leur esprit ?
C’est une porte ouverte dont on se serait bien passé, d’autant que, si le courant créationniste est fort aux USA, il existe aussi en France, naissant ! Les professeurs sont de plus ne plus confrontés à des critiques d’ordre créationnistes de la part de leurs élèves, jeunes et moins jeunes, tant en SVT (biologie et géologie) qu’en cours de philosophie ! Ces critiques s’élèvent en salle de classe et aussi sur les copies.
Comme par hasard, ce sont les élèves très religieux qui se manifestent le plus… Les critiques les plus virulentes viennent d’élèves musulmans, mais les chrétiens ne sont pas en reste. Les critiques sont de deux ordres : Celles, isolées, d’enfants qui ont été élevés dans une croyance religieuse, et celles, hélas organisées et dotées d’un discours construit, d’élèves manipulés, et qui trouvent sur Internet une information créationniste…
Carole Diamant, auteure du livre « Ecole terrain miné », explique : « Quand j'ai écrit mon livre, en 2004, la critique était superficielle, spontanée et répétée. C'est quelque chose qui faisait référence à des prêches ou à une opinion religieuse entendue ici ou là (…) Aujourd'hui, les enfants sont sûrs de leurs croyances. Ils restent sur leurs positions. Ils disent : Allez-y, racontez-nous Darwin mais nous, on n'y croit pas ! »
Précisons que Carole Diamant est professeure de philosophie dans un lycée de St Ouen, une banlieue aujourd’hui tristement revenue sur le devant de la scène pour cause de squats et fusillades entre bandes rivales. Elle n’est pas la seule à faire face à ce genre de propagande. Tout n’est pas noir : Des colloques sont organisés par l’état pour permettre aux professeurs de répondre de façon argumentée aux dogmes de leurs élèves…
Et puis, s’il y a effectivement une sonnette d’alarme à tirer, le créationnisme sous toutes ses formes n’est qu’un symptôme… On devrait crier haro sur tout intégrisme religieux, même celui, apparemment innocent, qui ne fait « que » mentir aux enfants sur l’univers sans prétendre poser la moindre bombe. Déjà que ça n’est que depuis les années 50 que les chercheurs français, qui étaient fâchés avec l’anglais, ont reconnu cette théorie…
De ce côté-là, la France s’en sort encore bien, avec sa tradition de laïcité. Mais, après toutes ces remises en cause de la loi de 1905, que penser ? Je suis aussi alarmé par le retour de la théologie en France par la petite porte, avec cette nouvelle que l’état reconnaît à présent comme homologués en France les diplômes délivrés par des universités religieuses… Dont les diplômes du Vatican, par exemple, partiaux même sur les sujets généraux !
Je n’ai pas vu de manifestations contre ce genre de choses… Enfin si, il y en a eu, mais elles ont été complètement boycottées par les médias… Sans aucune surprise, puisqu’il s’agit de celles des anarchistes, dans le plus pur style « ni Dieu ni Maître », qui, en plus d’être sainement contre la religion, sont connement contre toute forme de gouvernement.
Si c’est ça, la seule forme d’opposition organisée à la religion, on est mal barrés. Les athées de France se sont, je pense, un peu trop reposés sur leurs lauriers depuis quelques décennies…
mardi 20 octobre 2009
Fier comme un pou(jade)...
Vous l’avez lu dans l’avant-dernier billet, j’ai employé le mot « poujadiste ». A la demande explicite d’une seule personne (et la demande silencieuse de plein d’autres qui n’osaient pas demander), et parce que ça fait longtemps que je n’ai pas fait mon intéressant en tâchant de vous apprendre quelque chose, voici un petit exposé sur ce mot… Qui, avantage non négligeable de la chose, va me permettre de parler politique.
Force m’est de constater que ce terme n’est, aujourd’hui, plus connu par grand monde… Ou s’il est connu, sa définition est floue dans l’esprit de beaucoup de gens. C’est un mot qui fleure bon la franchouillardise, et qui a tendance à tomber en désuétude, alors que son usage devrait être plus fréquent que jamais… En dépit du fait qu’il date des années 50. Pour info, c’était un néologisme, comme beaucoup de mots à leurs débuts.
En fait, l’histoire de ce mot commence avec Pierre Poujade… C’est, ou du moins c’était (puisqu’il est mort en 2003) un homme politique français. Il est né en 1920, et tous ceux qui en ont entendu parler ont tendance à le confondre avec l’ancien maire de Dijon, Robert Poujade (né en 28, toujours en vie, ancien maire de Dijon et ancien député… Mais on s’en fout).
Pierre Poujade est ce qu’on pourrait appeler un héros du peuple… Mais un héros à la petite semaine. Leader syndical n’ayant pas fait beaucoup d’études, il incarne la lutte contre la bureaucratie et le fisc, contre les nantis et les notables, contre les « gros » par tous les petits : Il acquit ses lettres de noblesses, si l’on peut dire, en organisant une mini-rébellion de commerçants locaux face à un contrôle fiscal en 1953.
Tribun né, marqué par des idées d’extrême droite et connu pour ses propos antisémites et xénophobes, il est surnommé « Poujadolf » par les gens de gauche de son époque… Il dénonce ce qu’il appelle « l’état vampire », il reprend la rhétorique pétainiste de la « maison France », et a beaucoup de succès auprès des petits commerçants, prônant le « bon sens des petites gens » au détriment des intellectuels, qu’il rejette en bloc.
Saluons celui qui organisait les jacqueries des sans grades et des petits commerçants contre la grande distribution avant même que José Bové n’ait appris à dire « McDo »… Celui qui organisa avant Le Pen (et après 1945 !) des meetings nationalistes à la rhétorique raciste replète de billevesées sur le complot juif… C’est bien simple, Jean-Marie Le Pen lui a tout piqué : Il s’est d’abord fait élire député sous la bannière du parti de monsieur Poujade.
Adonc, Poujade a fondé un mouvement syndical dont le nom veut tout dire : l’Union de Défense des Commerçants et Artisans… Et un parti politique pour aller avec, Union et Fraternité Française. Certes, un syndicat n’est pas supposé être politique… Alors que, aujourd’hui comme depuis l’invention de la chose, c’est indissociable. Mais passons. Le mouvement dans son ensemble s’appelle familièrement le Poujadisme.
Oh, ça n’a pas duré bien longtemps, de 1953 à 1958… Après quoi Poujade s’est fait « gaulliste de gauche », une dénomination floue qui lui a permis de soutenir, en bon opportuniste politique populiste, tous les candidats vainqueurs aux présidentielles, à l’exception de celle de 2002. Mais, pendant les cinq ans ou son parti exista, quel succès ! A son apogée, il avait 52 sièges à l’Assemblée… Et était en couverture de Time Magazine !
C’est mieux que le FN, mieux que le parti CPNT de Frédéric Nihous, mieux que De Villiers, mieux que la confédération paysanne, Bref, mieux que tous les petits partis de droite et de gauche qui ont largement pompé ses « idées », et surtout ses méthodes… C'est-à-dire un programme très classe moyenne, l’idéologie du « tous pourris », la revendication d’une identité et d’un terroir français, et, souvent, des méthodes… musclées.
Ce qui nous amène à l’utilisation actuelle du terme poujadisme (et par extension poujadiste), qui qualifie péjorativement, en politique française un discours démagogue, populiste, mensonger au point d’être bébête, et surtout empreint de corporatisme… Du genre à faire jouer les petits commerçants contre les gros, les agriculteurs contre les multinationales, les contribuables dits moyens contre les nantis et les politiques.
Il peut, bien sûr, s’agir d’extrémisme, il s’agit parfois d’un discours réactionnaire ou anti-immigration, parfois frondeuse, mais il s’agit TOUJOURS de démagogie. C’est la politique des petits vieux, la politique manichéenne à la rhétorique épuisée et qui pourtant ne s’épuise jamais, c’est la politique qui en appelle aux petits bourgeois, à madame Michu, la politique de café du commerce… Qui rabaisse le débat plutôt que de l’élever.
C’est bien sûr la totalité des discours de Jean-Marie Le Pen ET ceux de sa fille Marine… C’est Olivier Besancenot qui organise sa petite révolution des fonctionnaires… C’est François Bayrou qui se veut chevalier du populo… C’est Ségolène Royal, énarque, qui dit « Moi, cette réforme, je l’aie lue, j’ai rien compris »… C’est Nicolas Sarkozy, et son dauphin Jean, qui parlent de « La France qui se lève tôt et qui travaille dur »…
Et ainsi de suite. Vous en connaissez tous, il y en a plein, et qui le font avec plus ou moins de talent et d’excès. Comme je le disais, le terme poujadiste devrait être utilisé plus souvent… Voire même tous les jours, quitte à devoir en rappeler la définition et l’historique plusieurs fois. C’est une forme particulière de populisme, endémique de nos jours, qui infecte tous les bords et partis de la vie politique.
Bien plus que la grippe A, c’est LE truc méprisable à éradiquer une bonne fois pour toutes… Hélas, c’est comme les mauvaises herbes, ça revient toujours. Surtout quand les temps sont durs.









