mardi 29 décembre 2009
Pouvoir Psy !
Le billet du 20 juin 2006 se basait sur une analogie terrifiante…Et sur les bénéfices du placébo.
J'ai entendu dire l'autre jour par je ne sais quel expert badernoïde en psychanalyse molle que les voyants et autres marabouts étaient "déconnectés de la réalité". Rien que ça. Ha ! Oh, je n'ai rien contre le sain scepticisme qui devrait toujours marcher avec la science, main dans la main (car sans la mise en doute, il n'y a pas de question, pas d'expérience et pas de progrès...), mais soyons tout de même clairs.
Si nous refusons l'ignorance au nom de la science, nous devons aussi la refuser lorsqu'on parle du surnaturel. Je ne vais pas vous dire qu'il y a des phénomènes inexpliqués, nous le savons tous : J'ai l'espoir qu'un jour on les explique, et en même temps je me dis que le monde sans eux serait bien moins intéressant... Je ne vais pas non plus vous recommander un médium ou vous tirer les cartes. Soyons clairs : C’est du charlatanisme.
Non, simplement, dire qu'un praticien du paranormal est déconnecté de la réalité à cause de son métier qui nage dans la fiction, même s'il croit à ses pouvoirs (ce qui n'est pas certain...), c'est quand même un peu fort de la part d'un simple psychiatre. La psychiatrie met des années pour arriver au même résultat que la voyance-conseil obtient en quelques séances, chez la plupart de ceux qui y croient vraiment.
Même si la voyante est plus chère (et ce n'est pas toujours le cas), ça fait quand même pas mal d'économies... Du moins si madame Irma cherche à aider et pas juste à empocher son blé et faire revenir le gogo. Mais voilà encore un préjugé : De nombreux psychiatres font la même chose, et entament des analyses de longue haleine, sans fin, à raison de deux séances très chères par semaine, alors que ça n'est pas nécessaire.
C'est le côté autoritaire de la voyance qui aide le patient crédule en quête de conseils, ce côté "je ne suis pas juste diplômé et entraîné à lire les gens par déduction, mais je sais ce qui arrive via le surnaturel et je ne me trompe jamais"... Même si c'est complètement faux, c'est une réputation que n'ont pas les psychiatres. Quant aux accusations de charlatanisme, eh bien… Avec un psy comme avec une voyante, la guérison ne vient jamais.
Enfin, entre un psychiatre qui, après des années d'études, se retrouve soumis à des tas de règles, dont les consultations sont tarifées et contrôlées et qui a de la paperasse à remplir par dessus la tête histoire de fréquenter des psychopathes... Et une voyante qui ne fréquente que des gens "normaux", qui n'a pas fait trop d'études, qui se fait payer cher et au black et qui fait ce qu'elle veut sans licence...
Vous me direz lequel de ces deux là est le plus déconnecté de la réalité !
jeudi 17 décembre 2009
Let me give you a little tongue...
Mon amour pour les mots ne s’est jamais démenti, et surtout pas dans ce billet du 19 juin 2006. J’aime mon langage, les petits et les grands mots, les mots grossiers comme les mots prudes… Et qui aime bien châtie bien.
Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... Certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.
Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."
Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes (courants ou non) y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...
Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).
Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.
Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.
D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (qui se veut un langage universel, dont les concepts et la grammaire sont modulaires et « faciles » d’un certain point de vue)...
Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.
On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...
Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.
Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?
Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pâle copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?
Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.
Il n'y a plus qu'une chose à dire : Choisissez vos mots avec soin…
vendredi 27 novembre 2009
Perestroïka Pride...
Le 11 juin 2006, les russes étaient tous d’ignobles homophobes (sauf les gays, et encore), prêts à emmener manu militari les pédés au goulag. La situation n’a pas changé d’un poil. J’exagère, il y en a certains qui sont ouverts d’esprit… Mais ça n’a pas l’air d’être le cas général.
"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.
La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.
Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.
C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?
Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.
Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. Exemple parfait : George Bush a fait deux mandats, et personne ne s’est soucié des étudiants français qui manifestaient contre lui… Parce qu’ils étaient à des milliers de kilomètres et n’avaient aucune influence, électorale ou autre ! Oui, c’est très bien de marcher. Oui, c’est très bien de militer. Mais on n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".
jeudi 26 novembre 2009
Mais que fait George Clooney ?
Le 10 juin 2006, les hôpitaux de France allaient mal. Alors que le SIDA n’est pas encore enrayé et que l’on nous bourre le mou avec moult épidémies médiatisées, du Chikun… Chikou… Bref, de maladies graves à d’autres semi-imaginaires comme la grippe du machintruc, la situation n’a pas changé. Aujourd’hui, on nous bassine juste encore plus avec la prévention.
L’espoir du gouvernement est peut-être que si les gens se lavent les mains et ne sortent plus, ils tomberont moins malades et dépenseront moins les sous de l’état en soins, et plus leurs propres sous en parapharmacie, produits antibactériens, lingettes antiseptiques, masques filtrants… Après tout, le savon, c’est pas remboursé par la sécu. Non seulement c’est pathétique, mais c’est un mauvais calcul…
Enfin passons, ce n’est pas (exactement) de ça qu’on parle.
Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.
Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...
Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.
Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...
Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).
Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toute façon !
De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...
Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexys mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...
jeudi 12 novembre 2009
Astroboy, suite...
Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...
Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !
Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.
Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?
Astroboy...
Rien à voir avec le film, hein, c'était juste pour faire un mauvais jeu de mots...
Après des années d’obscurantisme, l’Eglise catholique cherche à se moderniser. Et ça fait peur. Ou rire. Un peu comme un arrière grand-père sourd et non-comprenant qui tenterait de se mettre à Internet sans savoir à quoi sert une souris… Je vous jure. On était allé dans le « bon » sens avec le concile de Vatican II, il y a hélas déjà trop longtemps, malheureusement Benoit XVI est largement revenu même là-dessus…
De plus en plus, l’Eglise essaie de faire moderne, avec de l’informatique, de la psycho… On impose maintenant aux jeunes gens qui veulent se marier à l’église une journée entière avec le prêtre, la « journée du partage », ou je ne sais quoi, qui ne déparerait pas une séance de coaching d’entreprise, avec pour thème la « bonne » façon de vivre son mariage « dans la foi »… Que dire des JMJ, qui se veulent un genre de Woodstock chrétien ?
Au XXe siècle, l’Eglise a tenté en toute hâte de minimiser son passé honteux, rejetant sous un tapis métaphorique d’excuses discrètes et de réhabilitations à demi-mot la poussière de l’Histoire… Par exemple, ce n’est qu’au XXe siècle que l’Eglise a réhabilité Galilée, reconnu la théorie de l’Evolution… Et ces gens ce sont tout récemment excusés pour leur rôle dans l’holocauste.
Dernière stupidité en date : L’Académie des Sciences Pontificale (c'est-à-dire ce qui passe pour une académie des sciences au Vatican) va tenir sa toute première conférence sur « l’astrobiologie », pour discuter des possibilités de vie extraterrestre, des origines de la vie sur Terre, et (je n’invente rien) de la possibilité que des « formes de vies alternatives » cohabitent en ce moment avec nous sur Terre !
Serait-ce une tentative de réhabiliter le philosophe et moine italien de la Renaissance, Giordano Bruno, brûlé en 1600 par l’inquisition pour avoir osé prétendre que non seulement la Terre n’était pas au centre de l’Univers, mais qu’elle n’était probablement même pas au centre des préoccupations de dieu, puisqu’on avait des chances de trouver de la vie sur d’autres planètes ? Oui, il croyait à la « pluralité des mondes »…
On est gênés pour les curés. Mais à vrai dire, peu importe. Morts ou aliens, ça leur fait une belle jambe…
Mais, au fond, c’est quoi, l’astrobiologie ? Contextuellement, on peut penser qu’il s’agit d’une étude des formes de vies extraterrestres (venues des étoiles, quoi), ce qui n’augure pas grand chose, vu que nous n’avons rien trouvé de très probant en dehors de quelques vagues machins unicellulaires fossilisés. Pourtant, de vrais scientifiques travaillent aussi dessus, à part les fans de X-files. Qu’en disent les organisateurs ? Voilà :
« L’astrobiologie vise à employer une gamme variée de techniques scientifiques, ciblant autant les molécules dans nos cellules que le vaste cosmos qui nous entoure, visant une compréhension plus profonde de la place de l’humanité dans le cosmos. Elle reconnait la remarquable complexité de tout ce qui est en nous et autour de nous, et une réalisation du XXe siècle de la recommandation du psaume (Ps111 :2) de se réjouir d’une telle étude. »
Il faudrait leur rappeler qu’on ets au XXIe, selon leur propre calendrier. Quoi qu’il en soit, ils ont invité un panel d’intervenants varié comportant… Qui ? Des scientifiques ET des leaders religieux ! Quel mélange étonnant… l’Eglise essaie de faire scientifique, emploie même le jargon, mais échoue lamentablement, s’enfonçant de plus en plus loin dans la caverne obscure et primitive de la pensée irrationnelle…
La plupart des scientifiques sérieux savent qu’il est inutile de débattre de quoi que ce soit avec la plupart des « leaders religieux », qui, s’ils peuvent avoir un avis éclairé sur les questions de théologie du genre « les extraterrestres de Roswell croyaient-ils en dieu ? » ou « Le christ a-t-il visité Alpha du Centaure ? », sont de véritables billes en ce qui concerne les sujets hors-fiction.
Si amusantes que soient ces spéculations académiques du point de vue de la science-fiction, je me permets de douter de la fiabilité des « scientifiques » invités à ces causeries. Je n’ai pas les noms, mais on peut supposer qu’il y aura pas mal d’UFOlogues désœuvrés et autre pseudo-scientifiques. C’est d’ailleurs le père Jose Fuentes, jésuite et astronome directeur de l’observatoire du Vatican, qui est derrière cette conférence.
Certes, c’est un astronome rigoureux… Mais ses interprétations religieuses ont subi de lourdes critiques.
Il a lui-même suggéré dans une interview l’an dernier que l’existence d’éventuels « frères extraterrestres » n’allait pas à l’encontre du dogme catholique… Il nous explique : « Il pourrait y avoir d’autres êtres, intelligents eux aussi, créés par Dieu », et encore : « Cela n’entre pas en conflit avec notre foi, parce que nous ne pouvons pas mettre une limite à la liberté créatrice de Dieu. »
Quoi qu’il en soit, on n’en est pas encore à discuter théologie avec E.T., et il n’y a pas grand-chose à faire pour se préparer à une éventualité qui ne viendra peut-être jamais… Alors oui, on peut arguer que trouver de la vie, même microbienne, sur d’autre planètes, ça remet en question toutes ces histoires de genèse, de création du monde, de peuple élu, de déluge, et quantité d’autres billevesées chrétiennes…
Ces gens se préparent fébrilement à combattre les objections qu’on opposera peut-être un jour à leur livre sacré. Que font-ils ? Plutôt que de l’abandonner ou de le moderniser, ils s’ingénient à trouver des arguments captieux et tordus pour prétendre qu’il n’y a jamais eu de contradiction ! Mais est-ce qu’on a vraiment besoin des extraterrestres pour remettre en question ce fameux livre sacré, au fond ?
Ledit livre sacré est déjà contredit de tant et tant de manières différentes… D’abord quant aux lois et règles de vies qui s’y trouvent, quant au mariage, à l’esclavagisme, à la peine de mort par lapidation par exemple, que d’aucuns trouveraient ignobles aujourd’hui… N’oublions pas que ce sont les croyances et les mythes d’une bande de chevriers primitifs qui ne savaient pas la moitié de ce que nous savons aujourd’hui du monde.
Cela explique la vision du monde dans la Bible (comme dans bien d’autres textes sacrés, d’ailleurs), que contredit strictement le fait que la Terre soit ronde, les lois de la physique que nous avons découvert et qui, elles, marchent tous les jours… Contrairement aux miracles. Et puis, si le monde n’a que 6000 ans environ, que dire des hommes de Cro-Magnon, ou même des civilisations plus anciennes, comme celles de l’Asie ?
Sans parler de la fameuse Genèse, largement contredite (même si on la voit comme une mauvaise métaphore) par la réalité de l’évolution darwinienne, le Big Bang, la tectonique des plaques… Et toutes les preuves que nous apportent la géologie, la paléontologie, l’astronomie et la physique, voire même la simple géographie, sur les origines de l’univers et les premiers temps de notre planète ! Et j’en passe, des pires.
Enfin, quoi, merde, dans la Bible, il y a même marqué que les sauterelles sont des animaux à quatre pattes !
Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
lundi 9 novembre 2009
Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse, ce bateau...
Ce billet du 8 juin 2006 parle de relativité… Et de la différence entre la réalité et ce que s’imagine le commun des mortels lorsqu’il entend certains mots. Voyez comment « planche à voile » signifie quelque chose d’encore plus maigre qu’un radeau aux yeux des gens, et comment l’océan Indien a l’air plus grand que l’Atlantique ! Le meilleur mensonge est celui que l’auditeur s’invente lui-même.
Je ne suis pas de ceux qui prennent les sportifs pour des héros, et surtout pas leurs agissements pour des exploits. Surtout pas à notre époque, où l'on devrait faire monter les médecins et les chimistes sur les podiums plutôt que les "champions". Désabusé, moi ? Point du tout. Encore eut-il fallu que je m'y intéresse au départ : Les gesticulations de ceux qui excitent le peuple autour du néant absolu m'indiffèrent au plus haut point.
Mais tout de même, il y a certaines choses qui sont un peu grosses, un peu dures à avaler... Des héroïnes, des "aventuriers de l'extrême" qu'il est difficile de prendre au sérieux. Prenez Raphaëla le Gouvello. A 46 ans, elle vient de finir saine et sauve sa traversée de l'océan indien en planche à voile, en solitaire et sans escale. Dit comme ça, ça force le respect, non ?
Une seule et faible femme, plus toute jeune, face aux éléments déchaînés, aux requins affamés, avec pour tout soutien un maigre bout de bois et une voile ? Ne vous fiez pas au stéréotype. Déjà, elle s'entretient, et elle est vachement bien conservée pour son âge. Elle connaît bien la mer, elle fait ça depuis trente ans. Ensuite, elle n'a pas le matériel de tout le monde... Elle est archi-sponsorisée !
Sa planche à voile n'a rien d'un bout de bois : c'est un miracle de technologie qui mesure presque huit mètres de long et deux mètres de large ! Cet énorme bouzin profilé, aussi grand qu'un bus, est bardé de plus d'appareils de navigation que le Charles de Gaulle, garanti matériaux composites incassables, possède un mat qui tient tout seul, en cas de tempête, sa voile dont la surface renvoie le catamaran moyen chez sa mère !
On peut y entreposer des vivres et les réchauffer, manger dessus, dormir dessus (la surface est aussi grande que la plupart des chambres de bonnes à Paris !), bronzer dessus tant qu'on y est... Et s'il y a le moindre problème, c'est aussi bourré d'électronique et de balises GPS pour qu'on retrouve la pauvrette sur son esquif en un rien de temps. Et bien entendu, comme c'est médiatisé, il y a des caméras pour tout retransmettre.
En cas d’urgence, il y a même un moteur ! Moi je n'appelle pas ça une planche à voile. Ce n'est pas yacht de milliardaire saoudien, mais c'est quand même tout confort par rapport à l'idée qu'on se fait de l'aventure. La seule différence avec une vedette c'est qu'il n'y a qu'un pont en guise de cabine et un espace de stockage dans la planche. Et toutes les vedettes n'ont pas la chance d'avoir un matériel aussi sophistiqué !
Alors la pauvre Raphaëla, on va la plaindre parce qu'elle a manqué d'eau potable aux trois quarts du voyage ? Et puis quoi encore, elle a un appareil pour filtrer l'eau de mer. Parce qu'elle a rencontré des requins ? Ben voyons, sur son insubmersible elle n'allait pas se laisser emmerder par trois morceaux de sushi. Parce qu'elle a eu une gastro-entérite ? Et moi, quand j'ai la tourista ou la courante, j'en fais tout un plat ?
C'est un record ? C'est sûr que comme tout le monde s'en fout, personne ne l'a encore tenté. Allez, rions-en...
vendredi 6 novembre 2009
Question de statue.
Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !
Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.
John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.
Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.
Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.
Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...
Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !
Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.
Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :
Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !
Quand ça emballe sec...
Le 29 mai 2006, je reparle de mon petit voyage à Toulouse, décidément une ville de merde, sale, et bourrée de cons. Les seuls gens bien sont ceux qui viennent d’ailleurs pour s’esclavagiser à Sophia Antipolis, le « bétonville » des ingénieurs. Certes, l’université est très bien, mais quand on voit l’horreur innommable que sont ces barres de béton vétustes, sales et rouillées, on ne s’étonne pas du fait que l’usine AZF ait explosé…
J'ai séjourné dans un hôtel étrange, dernièrement. Pas spécialement cossu ni crasseux, tout à fait simple et fonctionnel, mais tout en contrastes. Par exemple, il a fallu que je demande des serviettes pour ma chambre, mais, inexplicablement, l'hôtel bénéficie d'un réseau wi-fi avec Internet haut débit offert gratuitement à tous les clients. Il y a même un écran plat dans le hall et, dans les chambres, la télé avec quinze chaînes.
Malgré ce surcroît de modernité, cet hôtel n'a pas rompu avec la tradition des tableaux hideux mais qui donnent l'impression de ne rien regarder... Le personnel était aimable et prévenant, mais à la moindre question, la réponse était presque invariablement "Oh je sais pas", "Je peux pas vous dire", ou "Bah, ça dépend...", ou quelque chose dans ce goût là. Comme c'était dans le sud, avec l'accent, ça fait encore plus traînant.
Je crois que ce qui m'a le plus étonné, c'était quand même les décorations dans le lobby. Il y avait des petits objets de chez Ikea ou autres, des bougies parfumées, des cadres muraux avec de la cannelle dedans, des bougies décoratives dans de petits verres à alcool, des vases... Assez kitsch et pathétique sur le fond. Mais ce qui est pire c'est que tout était encore dans l'emballage. Avec des traces d'étiquettes arrachées.
Et visiblement c'était un effet voulu, puisque la poussière commençait à s'accumuler et l'âge à ternir le plastique. Etrange non ? Les bougies, au lieu d'être posées là ou allumées, étaient encore empaquetées par huit et enrubannées. Peut-être que les propriétaires trouvent que c'est plus joli comme ça, ou bien est-ce par souci d'hygiène : l'emballage se salit mais l'objet reste soi-disant propre.
Pourtant, ça n'était pas la richesse et l'opulence qui étouffait la décoration. Si c'est pour préserver trois petits bidules odorants ou anti-tabac qu'on trouve dans les bazars "tout à un euro", c'était vraiment pas la peine. Pour vous dire, cela donnait l'impression d'être chez une vieille dame sénile qui plastifie tous ses meubles "pour faciliter le ménage". Surréaliste ! Je ne suis resté qu'une nuit, heureusement pour ma santé mentale.
dimanche 1 novembre 2009
Doux illuminés...
Les Francs-maçons font toujours recette : On nous remet leurs liens avec la politique, la finance et la mafia à toutes les sauces, de nos jours… Un peu comme les Illuminati dans ces histoires de Da Vinci Code, d’anges et de démons tous plus crétines les unes que les autres… Tout le monde aime bien les sociétés secrètes mystérieuses. Au mieux, ça fait un bon méchant dans les films, au pire, ça fait un bouc émissaire imaginaire pour la crise !
Ah, au fait… Si l’un des conseillers de Nicolas Sarkozy est bien un ancien Grand Maître du Grand Orient de France (oui, les titres pompeux, ça les connaît… Et ça claque plus que « Président de la République »… Moins il y a de pouvoir réel, plus il y a de titres ronflants, c’est un principe !), le nain de l’Elysée n’en est pas, malgré les rumeurs et les soi-disant « trois points » que certains voient sur sa signature…
Méprise stupide : en voyant l'illustration que j’avais utilisée pour je ne sais plus quel billet, quelques personnes ont cru que j'étais franc-maçon. Premièrement, je ne le suis pas. Je ne le serai jamais à moins de perdre l'once de raison qu'il me reste. Devenir l'adepte d'un symbolisme archaïque et d'une vision du monde désuète et faible, ce qui est la façon "sérieuse" et non affairiste d'être franc-maçon, ça ne me tente pas.
Entre les mythomanes ésotériques (les apprentis magiciens qui s'excitent dans les rituels à sauter à cloche pieds une épée dans les mains ou je ne sais quoi) et les mafieux plus ou moins officiels qui tentent de se constituer un réseau, j'appartiendrais à la seconde catégorie... Si du moins j'acceptais de dépenser des mille et des cents à acheter les accessoires et pratiquer la pantomime grotesque de ce en quoi je ne crois pas.
Comprenez que je ne récuse pas la franc-maçonnerie et que je ne dis pas que c'est mal (à plus forte raison "LE Mal", quelle drôle d'idée), je trouve juste que lorsqu'on a un minimum de jugeote, on a dépassé ce stade où l'on se représente le monde avec ces histoires de quatre éléments, d'architecte et de nombre d'or. Quant au reste, l'entraide, le côté social, le côté "club select ou madame n'est pas admise" soi-disant pour le bien de tous...
Disons que je suis trop cynique pour y adhérer encore, et que je connais trop bien l'histoire de cette société pour y voir l'incarnation de ce qu'elle représentait d'espoir et de progrès au XVIIIe siècle. Et quoi que les frères en disent eux-mêmes, cette société se réclamant de la plus haute tradition antique et de celle des compagnons, pour faire genre, ne date pas d'avant le XVIIe siècle... Eh oui, je sens qu'il y en a qui sont déçus !
Comme toutes les sociétés secrètes ésotériques, surtout les plus jeunes, la Franc-maçonnerie s'est, dés le début, fabriqué et constitué de toutes pièces des racines. L'œil dans la pyramide, le compas et l'équerre, les figures géométriques diverses, tous ces symboles n'ont pas été inventés par les francs-maçons. Ils datent de bien plus longtemps et ont été repris par les maçons (et d'autres), pas toujours de façon très heureuse.
Evidemment, cette société, sous ses diverses formes, non seulement participe de la grande mode de l'occulte d'une certaine époque, mais il n'est pas exclu que la plupart des fondateurs aient connu ces symboles et leur sens, et fondé leur société sur ces bases... Ne soyons pas cyniques outre mesure. Par contre il n'y a aucune relation directe solide entre des sociétés plus anciennes et les francs-maçons, même opératifs.
Je ne parlerai pas des tristes histoires de nombre de branches plus ou moins maçonniques, des rose-croix, de l'Aube Dorée, ni d'un certain nombre de cultes similaires du XIXe siècle pleins de symbolisme, de spiritisme, de psychodrames et de pseudo magie trop souvent destinée à soutirer leur argent aux gogos ou à fournir quelque fausse profondeur et un réseau encore plus stable aux notables anglais et aux jeunes en quête de spiritualité.
Je n'aborderai pas non plus les mafias maçonniques qui fascinent le peuple et ont fait l'objet de nombreux articles dans la presse, ni des divisions d'obédiences, ni du côté politique, ni du fait que presque tous les présidents américains et énormément de présidents français "en étaient" (sauf Valéry Giscard D'Estaing qui, lui, était à l'Ordre de Malte, mais bon)... Mais les symboles, quoi qu'il en soit, ils n'en ont pas l'exclusivité.
Vous n'allez pas me dire que les francs-maçons ont inventé l'échiquier, la colonne, le nœud et l'angle droit... Pourquoi pas l'eau chaude tant qu'on y est ? Je n'ai rien contre le fait qu'ils utilisent ces symboles pour représenter ce en quoi ils croient et des tas de mystères façon kinder surprise, mais, en dépit du prestige de certains de leurs membres, qu'on ne m'assimile pas à eux dés que je sors un triangle !
Oui, c'est une société discrète (pas vraiment secrète, quand même) qui a fait de grandes choses, à commencer par les Etats-Unis, mais c'est tout de même agaçant de voir qu'à chaque fois que vous ressortez le compas, la pyramide, ou un principe un peu droit même histoire de rigoler, un tas d'inconnus un peu bêtes vous disent "ah, salut frangin !". La pyramide, elle est du domaine public. Ya qu'à regarder Tomb Raider...









