Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

vendredi 30 octobre 2009

Démiurge et pine de cheval !

Voici un long billet sur les superhéros, plus philosophique qu’on pourrait le penser au premier abord, e qui fut publié le 25 mai 2006… Il part de la question « quel superpouvoir aimeriez-vous avoir ? », A peu de choses près le même problème que celui des trois souhaits. C’était dans l’air du temps, cette bouse innommable de X-Men III venait de sortir. Le blog du Loupil (et même ses deux blogs) sont toujours dans les liens à droite.

Depuis, il y a eu le film Watchmen, Iron Man aussi (très bien, tout ça…) et bien sûr Hancock et X-Men origins : Wolverine (Beuuuurk…). C’est toujours à la mode, je ne vous raconte pas. Les superhéros font tellement recette que c’est devenu un genre à part entière, et que ce qui n’était qu’un pan de la culture geek de quelques aficionados devient aujourd’hui mainstream… Enfin, de façon superficielle.

Sur le Blog du Loupil (c'est pas loin et c'est sympa, n'hésitez pas à y aller), ce dernier vient de poser la question qui tue, celle qui engendre la rêverie pratiquement à coup sûr (du moins chez la jeune génération) : Qu'est-ce que vous aimeriez avoir comme superpouvoir ? Nous parlons ici de n'importe quel pouvoir, quelle que soit la justification que vous pourriez (ou non) lui trouver. Autant dire, le coup du génie avec un souhait.

Prêtons-nous au jeu. D'aucuns pourraient demander d'avoir tous les pouvoirs, mais c'est un peu facile. Les grands classiques, comme le dit notre hybride ami le Loupil, restent l'invisibilité et la furtivité : qui n'a pas rêvé de surprendre les petits secrets de tout un chacun, depuis les conversations indiscrètes du Pape ou de votre secrétaire, jusqu'à la taille de la bite du grand black à l'autre bout des urinoirs dans les toilettes publiques ?

Bon, en général, ni l'un ni l'autre ne me tentent quand je suis aux toilettes. Ailleurs, je ne dis pas... Mais passons. Puisqu'on est dans la furtivité et les messes basses, lire dans les pensées est aussi un grand classique. Le problème c'est que ce qu'on risque de lire pourrait décevoir, ou ne pas être joli-joli. En règle générale, tous les pouvoirs liés au savoir et à la perception "absolue" sont dans le même cas.

C'est comme la divination : à tout prévoir, on n'a plus aucune surprise, et la vie devient ennuyeuse. Et puis c'est terrible d'être toujours celui qui annonce les mauvaises nouvelles sans pouvoir les éviter. De même, il y a de fortes chances pour qu'un type comme Flash, hyper-rapide, soit aussi éjaculateur précoce. Comme disait Jean Cocteau, les pouvoirs "ont les qualités de leurs défauts et les défauts de leurs qualités".

Tout comme pour les lasers qui sortent des yeux, les boules de feu et toutes ces conneries (je dis conneries parce que je n'ai pas de velléités offensives, moi, mais d'autres pourquoi pas). Si vous n'êtes pas immunisé vous-même ou que vous ne pouvez rien contrôler, vous êtes un petit peu emmerdé. Et puis ça ne va pas beaucoup vous servir dans la vie : Arme vivante, c'est nul comme vie, demandez aux ex-djihadistes.

En vrac, on a la téléportation (fini les voyages chiants et les retards), la résistance à des tas de trucs (maladies, poisons, radiations, moules pourries, art contemporain...) ou carrément l'invulnérabilité, bien pratique si vous pensez être en danger de mort. On a l'immortalité et/ou l'éternelle jeunesse, toujours très populaires, mais êtes-vous sûr de vouloir tout voir s'étioler autour de vous sans pouvoir rien faire ?

Un autre truc très courant c'est de vouloir voler. Mais tout dépend comment : avec de grandes ailes pas pratiques ? Oui, ça a l'air cool, mais si on est réaliste deux secondes, ça marche pas à moins d'avoir des os creux et une envergure d'une dizaine de mètres... Et il y a toutes ces histoires de température et de pression. Mais admettons, c'est magique. Ou alors ça peut marcher comme pour Superman ou Peter Pan.

Un bon moyen de voler c'est de savoir léviter, et par extension de pouvoir faire voler des trucs, donc de pouvoir les faire bouger à distance... Autrement dit, la télékinésie, à réserver à ceux qui veulent faire carrière comme fakir de music hall. On tombe facilement dans l'excès du lot télékinésie, perception extrasensorielle et contrôle mental, aussi appelé "kit du Jedi". Je trouve ça parfaitement immoral, même si c'est un pouvoir cool.

Entre parenthèses, juste comme ça, vous avez dans un coin les Siths, des gens qui font confiance au système, qui sont en phase avec leurs émotions négatives (ce qui est psychologiquement plus sain que de les refouler comme ces culs-serrés de Maîtres Jedis). Ils sont peu nombreux, et n'utilisent jamais le contrôle mental, même pour leurs intrigues politiques : Non, ils font des éclairs, ça se voit, donc on les persécute, forcément.

Dans l'autre camp, vous avez la police des Jedis. Ils sont les seuls à avoir le droit officiel de porter les sabres lasers, ils peuvent faire ce qu'ils veulent et on les craint, ils ont visiblement une organisation quasi-militaire parallèle au gouvernement, ils embrigadent les jeunes dans une espèce de religion fanatique de la Force, et ce sont les seuls qui se servent de leur pouvoir de contrôle mental... Des diplomates musclés. Qui sont les gentils, déjà ?

Les Siths persécutés qui veulent avoir le droit de faire leurs petites affaires sont dangereux, car expéditifs et excessifs. Soit. Mais qu'est-ce qui donne plus qu'à eux le droit aux Jedis de se proclamer autorité fachoïde suprême ? Le fait qu'ils suivent leur super-gourou verdâtre et parlent d'amour ? Qu'ils se frustrent sexuellement ? Qu'ils se considèrent comme "plus pur et plus saint que toi, pétasse" ? On s'est compris, fin de parenthèse.

Pour beaucoup de gens, avoir un pouvoir n'a pas besoin d'être spectaculaire ou si surnaturel que ça. Ils se contentent d'une augmentation d'une capacité ou d'un talent. Oh, ça peut être génial, ça leur permettrait d'être le meilleur quelque part... Pas juste excellent, mais le meilleur. En général, comme chez le Loupil, c'est général, justement : super cervelle. Ou force. Ou agilité, souplesse, mémoire, dextérité, cuisine, chant...

C'est sûr que ça résout le problème du spectaculaire, surtout si le pouvoir que vous voulez c'est "toujours réussir les arrangements floraux" ou "sens de la mode infaillible", ou "savoir super bien écrire de poèmes". Encore que, si c'est vraiment bon, ça se monnaie, et vous devenez vite célèbre. Mais honnêtement, ce serait juste histoire de ne pas avoir à vous crever le cul pour grimper au sommet vous-même, non ?

Après vous avez une série de pouvoirs très divers, mais qui, comme qui dirait, foutent la merde. Mais vraiment la merde. Je m'explique. Un petit con qui, de temps en temps, dézingue une voiture avec ses yeux lasers, il est facile de s'en occuper. Un type qui peut se rendre invisible, c'est agaçant, mais ça ne mange pas de pain et c'est discret. Mais un type qui guérit par imposition des mains, ça, ça fout la méga-merde.

Ne faites pas l'innocent, vous y avez pensé. Je parie que vous aviez même imaginé que ce serait altruiste et que vous ne feriez pas payer les guérisons miraculeuses. Imaginez, un peu de pub et vous vous retrouvez avec un nouveau messie sur les bras, les religions du monde sur les dents ou se le disputant, plein de jaloux qui cherchent à le tuer (pour le coup, vous auriez aimé pouvoir prendre l'invulnérabilité avec, hein ?).

Même en admettant que vous ne soyez pas le seul dans ce cas, ça déstabilise. A moins que, soudain, tout le monde se mette à pouvoir faire ça comme rien, mais alors ce n'est plus un superpouvoir. L'intérêt, le sens même d'un tel pouvoir, c'est que personne d'autre ne peut faire ce que vous faites, ou au moins pas le commun des mortels. A ce compte là, tout pouvoir un peu utile est monnayable, d'ailleurs.

Même si vous n'avez pas un pouvoir a priori utile, comme "faire apparaître un cube de trois mètres de côté de rillettes du Mans avariées", eh bien ça l'est quand même. Par exemple, vous pouvez prendre le monde en otage et le remplir de rillettes avariées. Les faire sécher et vous en servir comme combustible, car c'est une énergie renouvelable (vous en créez à volonté)... Tout peut être utile, en forçant un peu.

Il y a toujours un moyen d'utiliser une capacité extraordinaire, même a priori minable, à bon escient. Même si nous vivons dans un monde ou c'est la taille qui compte (eh oui, ne le nions pas, même si ça ne compte que dans l'esprit des gens, ça compte vraiment), la façon de s'en servir fait pas mal de choses. A partir du moment où vous faites quelque chose de plus que les autres, c'est gagné. Quand on a un pouvoir, on a LE pouvoir.

Philosophiquement parlant, à partir du moment où l'on fait quelque chose de plus, où l'on a quelque chose de mieux à proposer que le commun des mortels, on a un ascendant dessus. Qu'on l'utilise pour le bien ou le mal n'a aucun rapport, c'est une question de "je peux le faire et pas toi". Qu'on monnaye une capacité, qu'on en fasse cadeau gentiment en échange de reconnaissance, ou qu'on ait le pouvoir de contraindre, c'est pareil.

Mais je digresse... Pas tant que ça en fait, puisqu'un autre pouvoir fouteur de merde c'est celui de faire apparaître des trucs. Peu importe quoi, surtout si vous pouvez faire apparaître ce que vous voulez, alors là rien ne va plus... Que ce soit une création permanente ou temporaire, une transformation de quelque chose d'existant, même si ce n'est pas complexe, on touche carrément au divin, au démiurge.

Pareil avec la désintégration. Vous imaginez l'impact sur l'économie si ne serait-ce qu'une seule personne (que tous les pays vont s'arracher, au passage...) pouvait produire du pétrole à volonté ? Ou de l'uranium ? Ou éliminer non seulement les déchets nucléaires en les transformant en glace à la fraise, mais aussi les gaz à effets de serre ? Changer le plomb en or et les caramels mous en diamants ? Désintégrer les missiles ?

Et une fois maître de la matière, l'énergie, le temps et l'espace ne sont pas loin. Vous avez un bel exemple de ce qu'un tel personnage peut donner dans l'excellente BD Watchmen, recommandée dans ma liste sur les obligatoires de la SF (ci-dessous, allez, un effort !). Sa simple présence, qui éclipse les autres héros, change l'histoire du monde. Il s'agit de l'ineptement nommé (selon ses propres dires) Docteur Manhattan.

Un tel être est encore plus obscènement puissant que Superman. Mais le plus drôle c'est qu'un être tel que le Docteur Manhattan devrait être extrêmement courant chez les superhéros, lorsqu'on réfléchit aux principes physiques impossibles des pouvoirs des uns et des autres. Qu'est-ce qu'il faut pour désintégrer ? Soit augmenter d'un coup la température, soit annuler les forces faibles entre atomes, soit écarter les molécules.

Trois choses que savent faire, en théorie du moins et si leurs pouvoirs n'étaient pas stupidement limités, la plupart des héros qui contrôlent le feu (Pyro, Carrie...), le froid (donc l'augmentation et la diminution de température, voir Iceman), les champs de force (Madame Fantastique), les champs magnétiques (Magnéto), la télékinésie (Jean Grey et compagnie), et j'en passe... Il doit y avoir d'autres moyens.

Qu'est-ce qui empêche quelqu'un capable de transformer la matière à volonté, faisant foin des limitations arbitraires et artificielles du style "ne marche que sur (...)", d'apprendre à le faire de mieux en mieux et à distance, puis de se recréer parfaitement avec tous ses souvenirs à un autre endroit du monde et de transformer le premier corps en air, se téléportant ou créant des clones à volonté ? Et pas que lui-même.

De même, le type qui peut se téléporter, en examinant le comment de son pouvoir, peut éventuellement le contrôler pour téléporter les autres, ou les désintégrer (il suffit de ne pas les faire réapparaître, par exemple), ou créer de nouvelles choses, et de là avoir tous les autres pouvoirs qu'il veut (créer des boules de feu, transformer les gens, cesser de vieillir...). Si on pousse assez loin, tout pouvoir un peu basique permet... TOUT.

Autre pouvoir fouteur de merde, tout pouvoir un tant soit peu absolu. Prévoir l'avenir, on l'a déjà dit, c'est terrifiant. Lire dans les pensées c'est déjà horrible, mais savoir la Vérité, c'est pire que tout. En admettant que ce soit possible, la Vérité Absolue serait à la fois pratique et une tricherie sans nom. Un tel être saurait tout, potentiellement : il suffit de poser la bonne question en la formulant de façon à ce qu'il puisse dire vrai ou faux !

Je ne sais pas si je suis clair, mais ma thèse est toute simple : Si vous voulez rester dans votre coin sans changer le monde, n'ayez pas de pouvoir. Si vous voulez changer les choses ou être reconnu (ou payé), vous n'avez pas nécessairement besoin d'un pouvoir spécial, il suffit d'être bon dans ce que vous faites, et votre souhait revient à un "Ah si j'avais du talent" ou "Ah si j'étais riche". Tout ça ne va pas loin.

Si vous voulez être le nouveau messie (quel orgueil, mais bon, admettons, c'est tentant), vous pouvez prendre n'importe quel pouvoir, même minable, ça n'a aucune importance : poussé au maximum, il fait son petit effet. Plus il est basique, et plus il équivaut à avoir, de fait, tous les pouvoir. Vous voyez, on y revient.

Donc à ce compte-là, prenez un truc qui permet de réaliser un fantasme personnel, tant qu'à faire.

Ce n'est pas réellement un pouvoir mais plutôt un moyen ou un état, mais lire tous les livres du monde, ou pouvoir tout manger sans s'empoisonner ou grossir, pouvoir s'adonner sans fin à l'excès de n'importe quel plaisir, voilà qui reste tentant et qui semble à première vue dépourvu de conséquences majeures. Sauf que non, ça revient à souhaiter l'invulnérabilité, l'immortalité ou un autre pouvoir "messianique".

Peu importe ce que vous choisissez, ce qu'il y a de drôle, ce n'est pas ce que vous ferez avec votre pouvoir : vous vous lasserez vite, ou vous habituerez à ce nouveau jouet. Non, ce sont les conséquences que ce pouvoir aura sur le monde qui permettent des spéculations sans fin ! S'il n'y a pas de conséquences, ou qu'on s'interdit d'y penser, comme dans la plupart des comics, ou qu'on n'est pas enclin à se les imaginer, c'est trop rapide, trop facile… Pas amusant.

Personnellement, et pour répondre à la question, j'adoooore le pouvoir. Alors si je voulais un pouvoir sans trop de conséquences, j'aimerais avoir quelque chose de visible, comme un corps de rêve et une bite de cheval. Et si j'avais à choisir dans les GROS pouvoirs, alors pourquoi me faire chier ? Démiurge, ça me va bien. Modeler le monde, même juste les objets, même de façon limitée, si c'est à ma convenance, ça, c'est intéressant.

Quitte à choisir, ya pas de raison. Et le premier qui sort que ça en dit long sur mes problèmes de contrôle, je le claque.

monsieur_manatane

jeudi 22 octobre 2009

Barnum, dieu et Darwin...

Je ne résiste pas à vous traduire moi-même (traduction officieuse mais exacte) un passage du dernier livre de Richard Dawkins, The Greatest Show on Earth, qui concerne le sujet dont nous parlions la dernière fois… Ce livre explique la théorie de l’évolution (une explication prouvée et étayée, un FAIT, donc, à l’heure actuelle, et non pas une hypothèse… Il faut le savoir, c’est ce que signifie « théorie » en langage scientifique).

Richard Dawkins gagne à être lu, d’autant qu’il est l’auteur du lumineux ouvrage Pour en Finir avec Dieu.

Mais place à l’auteur et à son propos…

Imaginez que vous êtes un professeur d’Histoire Romaine, et de latin ; vous avez hâte de partager votre enthousiasme pour le monde antique… Les élégies d’Ovide, les odes d’Horace, la brièveté sinueuse de la grammaire latine dont le plus parfait exemple est la rhétorique de Cicéron… Les subtilités stratégiques des guerres contre Carthage, la carrière militaire de Jules César et les excès voluptueux des derniers empereurs…

C’est une tâche immense, qui demande du temps, de la concentration et de la dévotion. Pourtant, vous voilà forcé de constater qu’on rogne sur votre précieux temps, et que l’attention de votre classe est constamment distraite par une bande braillarde d’Ignoramus (Et non pas Ignorami, vous connaissez votre latin…), lesquels, soutenus politiquement et financièrement, tentent de persuader vos élèves que Rome n’a jamais existé !

Il n’y a jamais eu d’empire Romain. Le monde entier n’existe que depuis juste avant l’histoire récente et la mémoire des hommes. L’Espagnol, l’Italien, le Français, le Portugais, le Catalan, l’Occitan, le Roumain : Toutes ces langues et leurs dialectes ont émergées spontanément chacune de leur côté, et ne doivent rien à quelque prédécesseur ou langue racine comme le Latin.

Au lieu de consacrer toute votre attention à la noble vocation d’enseignant et d’étudiant des classiques, vous voilà forcé de passer votre temps et votre énergie à mener un combat d’arrière-garde pour défendre la théorie selon laquelle les Romains ONT existé : Une défense contre un déploiement de préjugés stupides qui vous feraient pleurer si vous n’étiez pas si occupé à les combattre.

Si le fantasme du professeur de Latin vous semble par trop invraisemblable, voici un exemple plus réaliste. Imaginez que vous êtes un professeur d’histoire contemporaine, et que vos cours sur l’Europe du XXe siècle sont boycottés, calomniés, ou autrement troublés par un groupe bien organisé, bien financé et très politisé de négationnistes de l’Holocauste…

A la différence de mes négationnistes de l’empire Romain, les négationnistes de l’Holocauste existent réellement. Ils font du bruit, ils ont des thèses qui paraissent, superficiellement, plausibles, et ils sont experts dans l’art de paraître bien informés. Ils sont actuellement soutenus par le président en exercice d’un état puissant, et au moins un évêque catholique.

Imaginez qu’en tant que professeur d’Histoire Européenne, vous ayez à faire face à des demandes agressives et incessantes telles « Enseignez la controverse ! », tout ça pour vous forcer à consacrer autant de temps à l’enseignement de l’Histoire qu’à la « théorie alternative » selon laquelle l’Holocauste n’est que propagande fabriquée par une bande de falsificateurs sionistes !

Là-dessus, des intellectuels à la mode, partisans d’un certain relativisme, mettent leur grain de sel en insistant sur le fait qu’il n’y a pas de vérité absolue : Le fait que l’Holocauste se soit produit ou non est pour eux une affaire de croyances personnelles… Pour eux, tous les points de vue sont également valables et doivent être également « respectés » !

Le cri d’alarme de nombreux professeurs de sciences, aujourd’hui, n’est pas moins déchirant. Lorsqu’ils tentent d’exprimer le principe de base qui guide la biologie, lorsqu’ils placent honnêtement le monde actuel dans son contexte historique (l’évolution), lorsqu’ils explorent et expliquent la nature de la vie elle-même, on les hue, on les stigmatise, on les harcèle et on les maltraite, les menaçant parfois de renvoi.

Au mieux, ils perdent du temps à tout bout de champ. Il est très probable qu’ils reçoivent des lettres de menaces de parents, et qu’ils doivent supporter les rictus sarcastiques et les bras croisés d’enfants qui ont subi un lavage de cerveau. On les équipe de livres de sciences approuvés par l’état, d’où le mot « évolution » a été totalement expurgé, ou édulcoré en « changement au cours du temps ».

Jadis, nous étions tentés de rire de ce genre de choses, comme d’un phénomène typiquement américain… Les enseignants d’Angleterre et d’Europe font à présent face à ce problème, en partie à cause de l’influence américaine, mais, de façon plus significative, à cause de la présence grandissante de l’Islam en classe… Soutenue involontairement par le multiculturalisme officiel, et la peur de paraître raciste.

Fréquemment, et avec raison, on rappelle que les théologiens et les ecclésiastiques de haut rang n’ont aucun problème avec la théorie de l’évolution, et, dans de nombreux cas, soutiennent activement les scientifiques sur ce sujet. C’est souvent vrai, comme je l’appris lors de  mon agréable collaboration, par deux fois, avec l’évêque d’Oxford, à présent Lord Harries.

En 2004, nous avons co-écrit un article dans le Sunday Times dont les derniers mots étaient : « De nos jours, il n’y a rien à débattre. L’évolution est un fait, et même, du point de vue chrétien, l’une des plus grandes réalisations de Dieu. ». La dernière phrase fut écrite par Richard Harries, mais nous étions en accord sur tout le reste de l’article. Deux ans auparavant, nous avions écrit une lettre au premier ministre Tony Blair.

Dans cette lettre, des scientifiques et des hommes d’église éminents, dont sept évêques, exprimaient leurs inquiétudes sur l’enseignement de l’évolution, principalement que cet enseignement était considéré comme une « question de foi » à l’université technique d’Emmanuel City à Gateshead. L’évêque Harries et moi-même avions organisé cette lettre dans l’urgence…

La totalité de ceux que nous avons approchés ont signé tout de suite. Il n’y a eu aucun désaccord de la part des scientifiques comme de la part des religieux. L’archevêque de Cantorbéry n’a rien contre l’évolution, ni même le Pape (à ceci près que l’ère paléontologique précise à laquelle l’homme a obtenu une âme n’est pas très claire), ni les prêtres diplômés, ni les professeurs de théologie.

The Greatest Show on Earth est un livre sur les preuves positives que l’évolution est un fait avéré. Il ne s’agit pas d’un livre anti-religieux. J’ai déjà fait ce genre de choses, c’est sur un autre T-shirt, il y a un temps et un lieu plus approprié pour le porter. Les évêques et les théologiens qui se sont penchés avec attention sur les preuves de l’évolution ont arrêté de la combattre.

Certains l’ont peut-être fait à contrecœur, certains, comme Richard Harries, avec enthousiasme, mais tous, à l’exception de ceux qui sont cruellement mal informés, sont forcés d’accepter l’existence de l’évolution. Ils peuvent bien penser que la main de Dieu a démarré le processus, et que, peut-être, ladite main n’est pas restée bien loin et a guidé ses progrès par la suite.

Ils pensent probablement que Dieu a monté l’univers de toutes pièces en premier lieu, et consacré sa naissance par une série de lois et de constantes physiques harmonieuses, calculées pour remplir quelque dessein insondable dans lequel nous avons un rôle à jouer… Mais, bon gré mal gré, les hommes et les femmes d’église acceptent les preuves en faveur de l’évolution.

Nous ne devons par pour autant supposer que, parce que les évêques et le clergé lettré acceptent l’évolution, leurs congrégations font de même. Hélas, il y a d’amples preuves du contraire, matérialisées par les sondages d’opinion. Plus de 40% des Américains nient le fait que les hommes ont évolué à partir d’animaux, et pensent que nous (et, par extension, toute vie) avons été créé par Dieu il y a moins de dix-mille ans.

Ce chiffre n’est pas si haut en Angleterre, mais il reste alarmant. Et il devrait être aussi inquiétant pour les églises que pour les scientifiques. Ce livre est nécessaire. (…) Pour en revenir à nos évêques et théologiens éclairés, ce serait bien s’ils faisaient un peu plus d’effort pour combattre les absurdités antiscientifiques qu’ils déplorent en privé…

Trop de prêcheurs, bien qu’ils soient d’accord sur le fait que l’évolution soit vraie et qu’Adam et Eve n’aient jamais existés, vont monter en prêche et parler, avec trop de légèreté, de quelque point théologique ou moral à propos d’Adam ou d’Eve, dans leur sermon, sans mentionner une seule fois à leur congrégation que, bien entendu, Adam et Eve n’ont jamais existé !

Mis au défi, ils protesteront que leur propos était purement « symbolique », et avait sans doute quelque chose à voir avec le « pêché originel » ou les vertus intrinsèques de l’innocence. Ils ajouteront sèchement que, de toute évidence, personne ne serait assez fou pour prendre leur discours au sens littéral. Mais leurs congrégations sont-elles au courant de tout cela ?

Comment la personne assise sur son prie-Dieu, ou à genoux sur son tapis de prière, peut-elle savoir quel petit bout du livre sacré elle doit prendre au sens littéral, ou au sens figuré ? Est-ce aussi facile, pour le pratiquant peu éduqué, de deviner la différence ? Dans de trop nombreux cas, la réponse est clairement négative… Et on peut pardonner à n’importe qui d’être en proie à une certaine confusion dans ce cas.

Pensez-y, éminence. Soyez prudent, vicaire. Vous jouez avec des explosifs, à vous amuser avec un malentendu en puissance… Certains disent que c’est un malentendu qui arrivera tôt ou tard, pour sûr, si on n’y prend pas garde. Ne devriez-vous pas faire un peu plus attention, lorsque vous prêchez en public, à ce que votre Oui soit Oui, et votre Non soit Non ?

Sous peine d’être condamnés, ne devriez-vous pas faire un pas en avant pour contrer ce malentendu populaire déjà si répandu, et prêter un soutien actif et enthousiaste aux scientifiques et aux professeurs de science ? Par ce discours, je cherche aussi à atteindre les négationnistes eux-mêmes. Mais, et c’est peut-être le plus important, j’aspire à armer ceux qui n’en sont pas, mais en connaissent…

Peut-être, face à des membres de leur propre famille, ou de leur propre congrégation, certains se trouvent mal préparés à argumenter sur l’évolution. L’évolution est un fait. Au-delà du doute raisonnable, au-delà d’un doute même sérieux, au-delà des doutes émis par une personne équilibrée, bien informée et intelligente. Sans l’ombre d’un doute, l’évolution est un fait.

Les preuves en faveur de l’évolution sont au moins aussi solides que les preuves de l’Holocauste, même lorsqu’on considère qu’il y a des témoins oculaires de l’Holocauste. C’est une vérité évidente que nous sommes les cousins des chimpanzés, des cousins un peu plus éloignés des singes, encore plus des tapirs et des lamantins, et encore plus lointains des navets et des bananes… Etc. Ad libitum.

Cela aurait pu ne pas être vrai. Ce n’est pas une tautologie évidente par elle-même, et il y eut une époque où même les lettrés le niaient. Il n’était pas forcé que cela fut vrai… Mais ça l’est. Nous le savons à cause d’un raz de marée de preuves qui soutiennent cette théorie. L’évolution est un fait, et [mon] livre va le montrer. Aucun scientifique reconnu ne le discutera, et aucun lecteur exempt de préjugé ne le refermera sans en être convaincu.

Pourquoi, alors, parlons-nous de la « théorie Darwinienne de l’évolution », donnant, semble-t-il, le bénéfice du doute [aux créationnistes] qui pensent que le mot « théorie » est une concession, qui leur octroie un cadeau ou une victoire ? L’évolution est une théorie dans le même sens, au même titre, que la théorie héliocentrique. En aucun cas on ne peut employer l’expression « ce n’est qu’une théorie » pour les décrire.

Quant à la prétention selon laquelle l’évolution n’a jamais été « prouvée », la preuve définitive est une notion dont les scientifiques ont tendance à se méfier, quelque peu intimidés. Les philosophes influents nous disent qu’on ne peut jamais rien prouver en science. Les mathématiciens peuvent prouver, et, selon une vision assez stricte, ce sont les seuls à vraiment pouvoir le faire.

Mais tout ce que peut faire un scientifique c’est échouer à démontrer le contraire d’une chose en montrant qu’ils ont pourtant essayé par tous les moyens. Même la théorie, pourtant dépourvue de controverse, selon laquelle la lune est plus petite que le soleil, ne peut pas être prouvée de façon à satisfaire une certaine école de philosophes… Pas à la façon, par exemple, du théorème de Pythagore !

Mais de telles accumulations de faits et d’observations soutiennent cette théorie avec tant de force que lui nier son statut de « fait » semblerait ridicule à tous excepté aux plus pédants. C’est la même chose en ce qui concerne l’évolution. L’évolution est un fait, de la même façon qu’il est un fait que Paris se trouve dans l’hémisphère Nord…

En dépit des logiciens purs qui mènent la danse, certaines théories sont au-delà des doutes raisonnables, et nous les appelons faits. Plus on tente énergiquement et méthodiquement d’infirmer une théorie, plus elle se rapproche de ce que le bon sens appelle avec joie le « fait », si elle survit à ces assauts. Nous sommes des détectives qui arrivent sur les lieux d’un crime, les actions exactes du meurtrier évanouies dans le passé.

Le détective n’a aucune chance d’être le témoin oculaire d’un crime qui s’est déjà produit. Ce qu’il a bel et bien, ce sont les traces et les indices qui restent, et, à cela, il peut se fier sans hésiter. Les empreintes de pas, les empreintes digitales (et aujourd’hui les empreintes ADN), les taches de sang, les lettres, les journaux intimes… Le monde ne peut être comme il est que si Telle et Telle Histoire a eu lieu, et pas Telle et Telle autre.

L’évolution est un fait auquel on ne peut échapper, et nous devrions nous émerveiller de sa puissance, de sa simplicité et de sa beauté. L’évolution est en nous, autour de nous, entre nous, et ses œuvres sont inscrites dans les roches des ères passées. Puisque nous ne vivons pas, dans la plupart des cas, assez longtemps pour voir l’évolution se dérouler devant nos yeux, nous devons émettre des hypothèses comme le détective métaphorique.

Ce qui étaie les hypothèses en faveur de l’évolution est bien plus solide, en bien plus grand nombre, bien plus convaincant, bien moins contestable que n’importe quelle déposition de témoin oculaire jamais utilisée, dans quelque tribunal que ce soit, à quelque siècle que ce fut, pour établir quelque crime que ce soit. La preuve au-delà du doute raisonnable ? Doute Raisonnable ?

C’est le plus grand euphémisme de tous les temps.

Richard Dawkins, The Greatest Show on Earth, Bantam Press, 2009

Incidemment, pour ceux qui attachent une quelconque importance à ce genre de futilités, ceci est le 601e message de ce blog.

Dawkins

dimanche 18 octobre 2009

Les choses importantes...

Des images comme on aimerait en voir plus souvent !

C'est tout mignon, absolument pas choquant ni porno...

Quand je pense que cette vidéoest encore interdite aux mineurs sur Youtube... Alors qu'un clip de mauvais rap qui professe de passer les pédés au fil du cutter, intitulé "j'ai 40 meufs", faisant l'apologie des armes et de la misogynie, sévit toujours, en libre accès !

Toutes les vidéos ne sont pas sur un peid d'égalité... Et tous les gens non plus.

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samedi 12 septembre 2009

Undead and Underachievement :

Je ne vous en ai pas parlé parce que je ne le savais pas, et je bats ma coulpe… Mais un éditeur américain (Quirk books) a publié en avril une nouvelle mouture du célèbre Orgueil et Préjugés, le roman de Jane Austen. Il s’agit cependant d’une version légèrement différente de l’original. Le roman, monument de littérature anglaise qui a fait pleurer et rire des générations de petites filles, a été remanié… Oh… A peine.

L’héroïne, Elizabeth Bennet, se retrouve en effet à lutter contre la menace de zombies mangeurs de cervelles pour protéger son petit village anglais de Meryton, lorsqu’arrive « l’arrogant et hautain Mr. Darcy »… Seth Grahame-Smith, co-auteur à travers les siècles est responsable de cette nouvelle direction pour le moins inattendue dans cette « charmante comédie de mœurs »…

On le connaissait déjà pour son excellent How to survive a Horror Movie, et d’autres œuvres que les amateurs apprécieront… Et là, il a visé juste : Avant même sa sortie en Angleterre, le livre Pride and Prejudice and Zombies était troisième sur la liste des best-sellers du New-York Times, et déjà en réimpression ! Pourtant, on a très peu touché au texte original.

Le travail du co-auteur s’est limité à modifier certaines phrases pour mieux intégrer à la narration de cette bluette sentimentale et délicate sur le mariage, l’amour et l’héritage, des épisodes de combats contre des hordes de morts-vivants, et des scènes bourrées d’hémoglobine… Car « C’est une vérité universellement reconnue qu’un zombie qui possède des cerveaux doit éprouver le besoin d’en posséder d’avantage. »…

Cool, non ?

Moi, j’ai hâte de lire la traduction française… Mais évidemment, ça ne plait pas à tout le monde. En allant sur quelques sites web un peu littéraires colportant la nouvelle, j’ai pris nombre d’imbéciles à émettre des pets virtuels sous forme de commentaires peu flatteurs quant à cette initiative. Je ne dis pas que c’est le bouquin de l’année, mais tout de même…

Si, comme certains le disent, Jane Austen n’a pas mérité ce qu’ils voient comme une honte, une souillure de son œuvre, elle n’a sans doute pas mérité qu’on la défende en langage SMS ! Je trouve extrêmement drôles les commentaires bien-pensants et offusqués de ces gens qui pondent les fautes d’orthographe à la cadence de tir d’une sulfateuse, surtout sur des sites d’amateurs de littérature classique !

Si par le plus grand des hasards ils sont arrivés à lire Orgueil et Préjugés (une lecture exigeante qui demande une maîtrise de la langue, anglaise ou française, qu'ils ne possèdent visiblement pas), ils n'ont probablement rien compris à l'esprit de l'auteur, qui trouvait en son temps nombre de conventions fort étouffantes… Pour son époque, Jane Austen, qui semble aujourd’hui bien benoite, était plutôt revendicative.

Sans entrer dans le détail, et même si ses romans apparaissent comme conservateurs, tous décrient largement la façon indigne qu’ont certains hommes de traiter les femmes. Les héroïnes de Jane Austen sont des femmes à l’esprit aussi vif que ceux des hommes, et qui savent faire montre d’une force de caractère dont beaucoup d’autres personnages, entre autres masculins, sont dénués.

Leur simple existence, et le fait que les romans tournent littéralement autour de leurs préoccupations, de leurs revendications face aux injustices qui les assaillent, sont un féminisme avant l’heure ! Lesdites préoccupations ne sont d’ailleurs pas uniquement romantiques, mais sont affaires d’argent, d’honneur, de vie privée, d’intégrité sexuelle et physique, de mariage et d’héritage… Et toujours hautement morales.

Oui, ce sont des romans à l’eau de rose… Mais Jane Austen est aux publications de chez Harlequin ce que le gâteau est au glaçage !

Pour en revenir aux Philistins qui critiquent ce gentil pastiche… C'est proprement ridicule. C'est du même acabit que ceux qui protestent quand quelqu'un reprends le personnage de Sherlock Holmes pour le mettre dans des situations "non conformes" à l'esprit de Conan Doyle... Ou que ceux, encore moins intéressants qui critiquent le Da Vinci Code parce qu’il critique la religion.

Ils ont tout faux. Il faut critiquer un bouquin parce que c’est un mauvais bouquin, pas parce qu’il porte atteinte à quoi que ce soit. Comme disait Oscar Wilde (et, oui, je réalise que c’est l’auteur le plus facile à citer AU MONDE quand on veut paraître intelligent), les livres ne sont pas moraux ou immoraux, ils sont bien écrits ou mal écrits, c’est tout.

Messieurs les nazis de la littérature, prenez ce livre zombifié pour ce que c'est : une parodie, rien de plus... Mais rien de moins. La parodie est, dit-on, une forme d'hommage et de respect. Le livre est clairement présenté comme tel, ce n'est pas une « nouvelle version améliorée », ni quelque chose qui cherche à passer pour l'original, ni même une version remaniée pour être mise au goût du jour... Il y a d'ailleurs l'intégralité du texte original !

C’est une pochade qui ne cherche pas du tout à éclipser l’œuvre première. Un simple bouquin. Quelqu’un disait, sur je ne sais plus quel site, et avec un maximum de dédain, que c’était de la « culture populaire »… Et, en gros, que ce ne serait pas demain la veille qu’il s’y mettrait si ça ne parlait que de rajouter des zombis kitsch mais frais dans les pages d’auteurs réduits à pire que des cadavres depuis bien longtemps.

Est-ce cela, la culture populaire ? Jouer avec un classique, non pas pour le mettre au goût du jour, mais pour, tout en préservant sa substantifique moelle, montrer que les "histoires de zombis" peuvent fort bien être écrites avec style et goût, et transmettre des symboliques fortes, plus fortes aujourd'hui que des vieilles pages, certes exquises, mais que personne ne lit ?

Eh bien, ça n'est pas seulement ça, la culture populaire, non... ça, c'est juste de l'érudition à son meilleur.

Qui se soucie de l'avis de trois petites vieilles défraîchies et de deux culs-serrés qui crient au scandale sans même avoir lu le bouquin ? La cible de ce livre, ce sont les jeunes, les geeks, les gens ouverts d'esprit qui connaissent la culture classique ET les zombis... Voire les gens qui connaissent les zombis et découvriront peut-être par ce truchement une culture qu'ils ignoraient jusque là, parce que considérée comme "trop rébarbative".

Je n’ai pas lu le bouquin, je réserve donc mon jugement quant à sa qualité. Mais son but est très clair : Un hommage potache à un classique qui torture encore aujourd’hui nombre de lycéens. Au mieux, c'est ce qu'accomplira ce livre, au pire ça sera quand même marrant. Alors, il y a quoi de mal, là-dedans ? Moi, je ne vois pas. Qui plus est, c’est loin d’être le premier bouquin du genre…

Renseignez-vous sur Pamela et Shamela ! Les plus belles pages du Marquis de Sade pourraient être une parodie de Jane Austen et ses héroïnes, si on changeait quelques détails, ici et là. Qu’est-ce qu’Indiana Jones sinon une parodie avouée et déjantée de Alan Quatermain et des serials des années 40 ? Plus important encore… Ce bouquin est une parodie, on a compris. Et après ?

Jane Austen ne va pas disparaître, ses écrits seront toujours là, et des amateurs (plus souvent des amatrices, mais bon) les liront encore. Ce n’est pas comme si on avait publié une version expurgée et amputée de passages jugés trop longs ou trop rébarbatifs, mais étiquetée « édition intégrale » comme si de rien n’était… C’est pourtant ce qui arrive à bon nombre d’ouvrages aux Etats-Unis en ce moment, à cause des ligues de décence !

Je méprise ceux qui pensent défendre Jane Austen, et qui prétendent se mettre à sa place alors qu’ils font partie de cette mielleuse avalanche de bigoterie.

Je ne confonds pas tout : Il y en a qui altèrent les livres pour préserver la décence, et il y en a qui veulent empêcher la publication de livres pour préserver la mémoire d’un auteur. Où est la différence ? Et puis, d’ailleurs, on ne peut pas se mettre à sa place de Jane Austen, puisqu’elle est morte… Et il y a bien deux siècles, en plus, alors pour les droits d’auteur, c’est tintin.

Les parodies ou les hommages, les reprises et les remakes, tout cela afflue. Le pastiche Austenesque ne date pas d’hier. Voyez Bride and Prejudice, version bollywood d’Orgueil et Préjugés ! Voyez le dernier film avec Keira Knightley, dont le ton post-moderne et hypersexué est à mon avis encore plus éloigné de l’original que n’importe quel pastiche aux relents de cadavre !

A paraître chez tous les bons libraires anglo-saxons, le roman Jane Bites Back (qu’on pourrait traduire par « Jane, dent pour dent »), écrit par Michael Thomas Ford, décrit une Jane Austen vampire ayant ainsi « survécu » jusqu’à l’ère moderne, frustrée du rejet perpétuel par les éditeurs du roman qu’elle avait écrit juste avant de se faire vampiriser… Et fort agacée par tous ceux qui s’enrichissent sur sa vie et son œuvre !

Il s’agirait du premier tome d’une trilogie… Peut-être que ce genre de petite comédie va dépoussiérer tout ça, comme cette histoire de zombie. Et ça en sera pas plus mal, à mon avis. Jane Austen, ça n’est pas QUE pour les midinettes et les petites filles en escarpins. Cela soulève cependant quelques interrogations bien légitimes… Par exemple, que diront les fans de Buffy ?

Et, puisqu’on est sur le sujet, voilà une nouvelle qui va défriser encore plus les fans baveux de la bonne Jane…

Seth Grahame-Smith négocie en ce moment les droits de l’adaptation filmée de Pride and Prejudice and Zombies. Si, si. Et il y a mieux : Un film en préparation, produit par la société de production d’Elton John, mettant en scène l’arrivée du Prédator (oui oui, le célèbre extraterrestre chasseur à dreadlocks, aux mandibules baveuses et aux armes mortelles) dans le paisible village où réside Elizabeth Bennet !

On ne sait pas encore si ce film, dont le titre pourrait être Pride and Predator, sera finalement tourné… D’autant que 20th Century Fox ne va probablement pas lâcher les droits de la franchise comme ça, surtout que l’on sait qu’ils prévoient un nouveau film pour le Prédator, en solo cette fois, après l’échec du monstrueux Alien vs. Predator : Requiem… Mais j’en connais beaucoup qui vont être déçus si le film ne sort pas !

Pour certains, l’idée d’un énième film en costume inspiré de Jane Austen et son époque est suffisamment monstrueuse telle quelle, sans avoir à y ajouter l’horreur de quelques cadavres ambulants, d’extraterrestres ou d’une quelconque once de fantastique, mais moi j’aimerais bien voir le prédateur assassiner sans raison ni sentiments quelques aristocrates sirupeux…

En conclusion, s’il en faut une : J’ai hâte de lire et de voir tout ça, et je vais laisser dire les cons… Comme d’habitude. Qu’est-ce que vous voulez faire d’autre, hein ? Dés que quelqu’un ouvre la bouche, fait quoi que ce soit, et même quand on ne fait rien, il y a une quantité incalculable d’oiseux qui se met à vociférer et à brasser suffisamment d’air chaud pour faire flotter une montgolfière.

Si comme moi Pride and Prejudice and Zombies vous intéresse en dépit (ou peut-être à cause) de cette controverse du pauvre, vous pouvez vous le procurer ici, ou en plein d’autre endroits.

Austen__Texas

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lundi 24 août 2009

Tiens, un nouveau billet, ça faisait longtemps...

On sait que je méprise les imbéciles qui ne font que colporter des vidéos, des chansons, des chaînes, des tests, des quiz, et tant d'autres billevesées comme autant de spams, au lieu de produire un contenu original... Ils s'adonnent au prêt à penser, et je déteste ça.

Mais voilà, les règles ont leurs exceptions ! Je suis enthousiasmé par une vidéo simple et efficace, et je proclame sans vergogne ma rencontre intellectuelle avec celle-ci, souhaitant ouvertement la diffuser à un maximum de gens !

Voici une vidéo à la source indéniablement fiable (A la fois Richard Dawkins, auteur de "Pour en finir avec Dieu" et Michael Shermer, rédacteur de "Skeptic magazine") qui explique en quelques mots comment détecter les arnaques, les bobards, les "poutines", comme disent les québécois...

Hélas, la vidéo est un peu trop large pour le cadre de mon blog... Vous pouvez toujours aller la voir sur youtube, ou sur le site de la fondation Richard Dawkins.

Sinon, oui, elle est en anglais.

Une motivation de plus pour apprendre cette jolie langue très facile contre laquelle les français ont tant de préjugés !

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samedi 13 juin 2009

Joyeux-Joyeux !

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Je suis vieux. Passons.

Par ailleurs, j’aimerais vous recommander bien chaudement une pièce de théâtre à laquelle j’ai assisté deux fois, et qui m’a fait rire non-stop, d’un bout à l’autre, les deux fois… Je ne vais pas souvent au théâtre, et je n’aime pas trop les micro-salles qui font payer plus cher qu’une place de cinéma (qui est déjà trop chère) pour un bout de gradin sans dossier, mais là… Même assis sur des cailloux j’aurais rigolé comme un bossu !

C’est au théâtre d’Edgar et ça s’appelle Série en Délires, et c’est à 21h30 du lundi au samedi !

Les acteurs/auteurs, Fabrice Lelyon et Flavie Le Boucher, sont tous les deux excellents, actifs et pêchus, pleins d’énergie… Le public réagit et rit à gorge déployée, c’est à cent lieues des têtes d’affiches barbantes ! En revanche, essayez d’y aller un vendredi, par exemple, ou renseignez-vous sur les jours où Antoine Tomé n’est pas là… C’est lui qui joue le narrateur un jour sur deux, et qui refroidit la salle au lieu de la chauffer.

Vous connaissez peut-être Antoine Tomé grâce à (ou à cause de) sa chanson, régulièrement au Top de Bide et Musique : « Un sexe grand comme le ciel ». Le sujet de la chanson est sa petite bite. Il en chante un extrait sur la vidéo d’accueil de son site. Cet homme est pompeux, idiot, orgueilleux, fait partie de l’église de scientologie et est adepte des médecines naturelles du style « bouffez de la terre, c’est bon pour la digestion ».

Mais même avec lui, vous ne regretterez pas d’être venus.

Je vous jure, vous passerez une excellente soirée, n’hésitez pas : Si vous avez aimé Le Cœur a ses Raisons et que vous êtes fan de séries TV, c’est LA pièce qu’il vous faut.


TeaserSeriesEnDelire
envoyé par flavie-le-boucher. - Plus de vidéos fun.

vendredi 12 juin 2009

La juste récompense d'un père (parabole) :

Dans la série « que sont-ils devenus ? » depuis le 6 mai 2006… Les deux filles dont je parle dans ce billet ont bien réussi, chacune de leur côté, au Népal et en France… Je ne vous dirai pas comment, et je ne vous donnerai aucun détail, parce que, comme je l’ai dit, ce n’est pas ça l’important ! A quoi sert-il de connaître la vie quotidienne de Blanche Neige et de son prince charmant, tant qu’on sait qu’ils vécurent heureux ?

Ce soir, je vais vous raconter une histoire. Certains diront que c'est une parabole destinée à vous éclairer, d'autres diront qu'il s'agit d'un fabliau sans autre but que l'amusement... Dans l'un et l'autre cas, écoutez, braves habitants, l'histoire de la récompense d'un homme de vertu qui la transmet à sa descendance. Il y avait une fois dans l'exotique et lointain royaume de Paris (75, France), un homme de bien. Il n'y a pas de mot plus juste.

Cultivé, bon, s'efforçant d'être à la fois juste, charitable, et d'entretenir sa merveilleuse famille, il avait épousé une femme à son image. Jamais ils ne furent séparés dans leur amour, même par la pire adversité. Ils eurent deux enfants. C'étaient des filles, et leurs parents les aimaient de tout leur cœur. Le père, moderne, voulut en faire des enfants cultivés et dignes de leurs ancêtres, leur inculquant les préceptes qu'il pensait les meilleurs.

Et il y réussit au delà de toute espérance. Ses deux filles devinrent aimantes, travailleuses, dégourdies, intelligentes, belles plus que de raison... Plus raisonnables que la plupart des hommes (ce qui est facile) et bien plus que la plupart des femmes (ce qui l'est moins). Pour des êtres humains faillibles, avec deux joyaux aussi parfaits issus de sa chair, il ne pouvait qu'être le plus fier et le plus heureux des hommes :

Lettrées, versées dans les arts les plus divers, les deux sœurs virent dés leur plus jeune âge leur bonté naturelle développée et encouragée, la flamme de leur altruisme attisée par le souffle doux et chaleureux de leurs parents... En même temps qu'ils aiguisaient leur esprit pour leur apprendre à éviter la naïveté qui accompagne trop souvent la gentillesse, que l'on nomme candeur et innocence, mais qui conduit trop de bonnes gens à leur perte.

Lorsqu'elle fut en âge, le père appela l'aînée de ses filles et lui demanda ce qu'elle comptait faire de sa vie. "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les lettres, pour plus tard les enseigner !", dit-elle, sans peur ni honte. Lorsque la seconde sœur fut en âge, elle aussi se rendit auprès de son père, et répondit ainsi de la même manière : "Père, rien ne me plairait tant que d'étudier les langues, pour plus tard les enseigner !"

A ces mots, toujours plus fier de ses filles aimantes, le père vit que c'était leurs cœurs qui parlaient. Il n'eut donc de cesse que d'encourager et de faciliter les études et les démarches nécessaires à la réalisation des vœux de ses enfantes chéries. Leurs études achevées, elles revinrent chacune voir leur père, un peu intimidées, comme pour lui annoncer une triste nouvelle.

La première parla ainsi : "Père, tu m'as bien élevée et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour la dangereuse plaine des zones d'éducation sanguinaires, de mon plein gré, enseigner notre culture et notre langue à ceux qui en ont le plus besoin !". A ces mots, le père fut empli de souffrance. Quoi ? Qu'avait-il fait pour mériter cela ? Lui infliger la perte d'une enfant aussi parfaite ?

Avant qu'il n'eut pu répondre, la seconde s'était avancée et parlait : "Père, tu m'as bien élevé et je t'en serai éternellement reconnaissante, mais je dois à présent te quitter : je pars pour l'exotique Népal, dont j'ai appris le parlé, aider l'opprimé et le pauvre par les soins autant que l'enseignement !". Le père était presque dans les tourments les plus indicibles, ceux qui accompagnent la quasi certitude de la perte d'un enfant.

"Mes filles chéries !" dit-il. "Que m'as tu dit, toi, l'aînée ? Et toi, cadette, quel est ce langage ? Retirez ces paroles, je vous en prie, avant que le cœur de votre mère ne se brise en les entendant... Je vous ai élevées pour que vous n'ayez point à souffrir de ces maux, et que vous sachiez les combattre, pas pour aller au devant d'eux ! Pourquoi risquer vos vies en vous exposant à de tels périls ? Vous les gâcherez, vous les perdrez !"

Il acheva par : "C'est tout ce que vous obtiendrez !". Choquées mais résolues, de par la volonté et la force d'âme qu'elles avaient hérité de leurs parents et acquises par leur éducation, elles répondirent sereinement : "Cher et honoré père, ce n'est point perdre sa vie que de l'offrir par amour, et ce n'est point la gâcher que de la vivre au service de ceux qui sont dans le besoin. Nous vous en supplions à genoux, laissez-nous partir !"

Alors, le pauvre et honnête homme, ému par tant de bonté, donna son consentement à ses filles exemplaires. Il savait, comme il s'en était toujours douté, qu'il devrait un jour se séparer de ses filles, mais il avait espéré qu'elles ne mettent pas leur vie en danger. Mais pouvaient-elles choisir une cause et des moyens plus vertueux, non pas pour mourir, mais pour vivre ? C'étaient là les principes qui les avaient tous trois guidés.

Sa propre peur, les élans naturels de son cœur sont toujours là, présents plus que jamais. Comment ne pas se faire de souci pour ses propres enfants ? Mais ils sont tempérés par la vertu de ses filles, sa fierté, qui rejaillit sur son honneur. Tel est le véritable amour paternel : il sait qu'il va perdre, et pourtant, il aime et donne le meilleur de lui-même, tandis que l'amour filial réalise les espoirs avec dévotion à la vertu.

Ce sont là des principes immortels et que l'on pourrait discuter des heures durant (ce qui a déjà été fait par de nombreux sages, théologiens et philosophes). Tirez-en ce que vous voudrez : fatalité de l'amour, pouvoir ineffable de celui-ci, éducation qui porte ses fruits, joie de voir ses enfants réussir, hantise des principes inflexibles, cessation de la peur des sentiments conflictuels... Ou tout simplement une bonne histoire.

Ce qu'il est important de savoir, en fait, ce n'est pas ce qui arrivera aux filles. Je ne vous le dirai pas, d'une part parce que cela n'est pas le sujet : c'est l'acte de ces filles qui est important, pas leur réussite. D'autre part, parce que cela ne s'est pas encore produit. Le plus important, dans cette fable romancée, n'est pas de savoir si c'est un non une parabole... Mais bien que ses protagonistes vivent aujourd'hui.

C'est ce qui rend sa portée encore plus universelle : Elle n'a pas été inventée.

fin

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mercredi 3 juin 2009

Is this Sparta ?

Et rebelote le 29 avril…

Je ne résiste pas au plaisir de vous égrener un autre exemple du jeu que j'exposai dans le dernier billet d'humeur, celui des anagrammes casés... Allez l'y lire si vous l'osez ! Ce texte, beaucoup plus hard, contient au moins trente anagrammes du mot "Réticence", dont plusieurs répétés (et en une occasion l'un d'eux est accordé au pluriel, donc avec un S... Bon, c'est de la triche, je l’admets !). Le plus petit fait deux lettres. Bonne chasse !

Laid Producteur :

Ceinte de fleurs selon un rite vaguement originaire de Cirène, la pseudo-vestale de Nice fut saillie sur la crête... Sans réticence et sans qu'elle ne crie, du moins sans cri de protestation devant ce sacrilège, cette ensorceleuse Circé fut réée après la cène par un beau légionnaire, sans doute né juif ou yankee, car circoncis...

La nuit, américaine, était loin d'être d'un noir d'encre lorsque le réalisateur tourna la scène, écrite par un crétin pour qu'on se rince l'œil... Il en rit encore alors qu'il tire sa blondasse, de ce que les branleurs font au ciné porno du coin ou sur le net, devant ce qu'il créé. Lui, il n'a pas ce tic, ni cette pulsion onaniste.

Il trie le monde entre ceux qui se font exploiter, ceux qui plantent ton tee, te cirent les pompes... Et ceux qui, comme lui, baisent avec des femmes aux seins gros comme des citernes et vivent royalement dans une somptueuse villa, écrin luxueux de leurs délices de Capoue.

Pour citer Mel Brooks: "When you got it, flaunt it! »

Porno_grec

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mardi 2 juin 2009

Lire et écrire, règles avancées...

Le 28 avril 2006, je faisais encore l’apologie d’un jeu à la fois débile et éducatif. C’est bon, mangez-en !

Je viens d'ajouter dans la liste des jeux originaux celui des anagrammes casés... Les règles en sont simples mais son exécution n'est pas à la portée de n'importe qui : il s'agit de prendre un mot au hasard (dans un livre, évidemment) et d'en trouver quelques anagrammes. Une ou deux dizaines devraient être un bon chiffre. Pas la peine de faire des anagrammes parfaites avec toutes les lettres, des mots plus courts fonctionnent aussi.

Mais le jeu ne fait que commencer : chaque joueur devra caser tous ces mots (ou le plus possible) dans un texte d'une page environ (ou moins si possible). Chacun lit son texte à haute voix, il est donc important de faire un texte assez drôle, élégant, ou original. De préférence, il faut que les anagrammes passent inaperçus à la lecture... Et tout le monde travaille avec les mêmes mots, les joueurs sont donc logés à la même enseigne.

Ce n'est pas très difficile pour qui est habitué à écrire (ou à Blogger...) mais c'est un défi tout de même ! Ce jeu occupe agréablement quelques heures. Je voudrais vous faire partager un texte comprenant vingt anagrammes du mot "Aurait". Le plus petit des anagrammes fait deux lettres, et le plus long est le mot lui-même (On eut pu en trouver largement plus de vingt, mais nous ne sommes pas devant Laurent Romejko, que diable...)

Récit de chasse :

L'aube naissait et tout était calme près du trou d'eau presque tari. Le soleil Kényan, Ra septentrional des sources du Nil, avivait les couleurs avec art, loin de troubler le rut matinal des lions... Robert Jones, explorateur, tria ses cartouches et rit, chargeant son fusil, pensant au pelage qu'il allait rapporter à la belle Tara. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un peu plus de jour...

Le soleil à l'horizon faisait encore une aura de la crinière du viril animal qui ruait sa femelle. Robert ajusta sa carabine, visa, tira... Et rata le fauve, distrait par l'émoi au creux de son propre bas-ventre provoqué par l'ami naturel qu'il scrutait intensément ! C'est sur lui que se rua le lion, et il s'en fallu de peu qu'il ne le tua, si ce rat de Robert n'avait pas été si vif... Robert fuit donc.

Notre héros eut été reconnu pour son cran s'il n'avait pas été estropié dans sa virilité. Cette histoire, fils mieux aimé, tu la raconteras dans ce bar louche bien connu de Nairobi. Rita la taulière la taira, ira jusqu'à la nier... Mais tu sais dorénavant la vérité : Voilà ce qu'il est advenu de Roger Jones, explorateur intrépide et chasseur émérite... Alias Rita Jones, barmaid au bar chez Tara !

Essayez de les trouver tous, pour voir !

Lion_en_peluche

samedi 30 mai 2009

J'ai pêché (mignon)...

Mais je me repens.

J'avais dit que Lenôtre, le fameux traiteur parisien (mais plus seulement parisien, en fait), vivait sur sa réputation et faisait n'importe quoi, tant ne pâtisserie qu'en salé, que ça n'était pas bon, ou pas si bon que ça, et que ça ne valait certainement pas le prix affiché... C'est exact, dans la plupart des cas. L'Opéra (qui a pourtant fait leur réputation) est lourd, le Concerto très moyen, leur Mille-feuilles fadasse, et beaucoup de leurs gâteaux ont tous le même goût : Celui du sucre... Et du produit en série.

Mais...

Je dois admettre que c'est très fort. Un délice, même ! Léger, simple et original, entre orient et occident.

Avis aux amateurs...

Baie_paille

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