Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

mercredi 3 juin 2009

Is this Sparta ?

Et rebelote le 29 avril…

Je ne résiste pas au plaisir de vous égrener un autre exemple du jeu que j'exposai dans le dernier billet d'humeur, celui des anagrammes casés... Allez l'y lire si vous l'osez ! Ce texte, beaucoup plus hard, contient au moins trente anagrammes du mot "Réticence", dont plusieurs répétés (et en une occasion l'un d'eux est accordé au pluriel, donc avec un S... Bon, c'est de la triche, je l’admets !). Le plus petit fait deux lettres. Bonne chasse !

Laid Producteur :

Ceinte de fleurs selon un rite vaguement originaire de Cirène, la pseudo-vestale de Nice fut saillie sur la crête... Sans réticence et sans qu'elle ne crie, du moins sans cri de protestation devant ce sacrilège, cette ensorceleuse Circé fut réée après la cène par un beau légionnaire, sans doute né juif ou yankee, car circoncis...

La nuit, américaine, était loin d'être d'un noir d'encre lorsque le réalisateur tourna la scène, écrite par un crétin pour qu'on se rince l'œil... Il en rit encore alors qu'il tire sa blondasse, de ce que les branleurs font au ciné porno du coin ou sur le net, devant ce qu'il créé. Lui, il n'a pas ce tic, ni cette pulsion onaniste.

Il trie le monde entre ceux qui se font exploiter, ceux qui plantent ton tee, te cirent les pompes... Et ceux qui, comme lui, baisent avec des femmes aux seins gros comme des citernes et vivent royalement dans une somptueuse villa, écrin luxueux de leurs délices de Capoue.

Pour citer Mel Brooks: "When you got it, flaunt it! »

Porno_grec

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mardi 2 juin 2009

Lire et écrire, règles avancées...

Le 28 avril 2006, je faisais encore l’apologie d’un jeu à la fois débile et éducatif. C’est bon, mangez-en !

Je viens d'ajouter dans la liste des jeux originaux celui des anagrammes casés... Les règles en sont simples mais son exécution n'est pas à la portée de n'importe qui : il s'agit de prendre un mot au hasard (dans un livre, évidemment) et d'en trouver quelques anagrammes. Une ou deux dizaines devraient être un bon chiffre. Pas la peine de faire des anagrammes parfaites avec toutes les lettres, des mots plus courts fonctionnent aussi.

Mais le jeu ne fait que commencer : chaque joueur devra caser tous ces mots (ou le plus possible) dans un texte d'une page environ (ou moins si possible). Chacun lit son texte à haute voix, il est donc important de faire un texte assez drôle, élégant, ou original. De préférence, il faut que les anagrammes passent inaperçus à la lecture... Et tout le monde travaille avec les mêmes mots, les joueurs sont donc logés à la même enseigne.

Ce n'est pas très difficile pour qui est habitué à écrire (ou à Blogger...) mais c'est un défi tout de même ! Ce jeu occupe agréablement quelques heures. Je voudrais vous faire partager un texte comprenant vingt anagrammes du mot "Aurait". Le plus petit des anagrammes fait deux lettres, et le plus long est le mot lui-même (On eut pu en trouver largement plus de vingt, mais nous ne sommes pas devant Laurent Romejko, que diable...)

Récit de chasse :

L'aube naissait et tout était calme près du trou d'eau presque tari. Le soleil Kényan, Ra septentrional des sources du Nil, avivait les couleurs avec art, loin de troubler le rut matinal des lions... Robert Jones, explorateur, tria ses cartouches et rit, chargeant son fusil, pensant au pelage qu'il allait rapporter à la belle Tara. Tout ce dont il avait besoin, c'était d'un peu plus de jour...

Le soleil à l'horizon faisait encore une aura de la crinière du viril animal qui ruait sa femelle. Robert ajusta sa carabine, visa, tira... Et rata le fauve, distrait par l'émoi au creux de son propre bas-ventre provoqué par l'ami naturel qu'il scrutait intensément ! C'est sur lui que se rua le lion, et il s'en fallu de peu qu'il ne le tua, si ce rat de Robert n'avait pas été si vif... Robert fuit donc.

Notre héros eut été reconnu pour son cran s'il n'avait pas été estropié dans sa virilité. Cette histoire, fils mieux aimé, tu la raconteras dans ce bar louche bien connu de Nairobi. Rita la taulière la taira, ira jusqu'à la nier... Mais tu sais dorénavant la vérité : Voilà ce qu'il est advenu de Roger Jones, explorateur intrépide et chasseur émérite... Alias Rita Jones, barmaid au bar chez Tara !

Essayez de les trouver tous, pour voir !

Lion_en_peluche

mardi 30 septembre 2008

Ma cabane au Canada...

Ce billet, publié le 14 Août 2005, me fait encore beaucoup rire, malgré qu’il ne parle pas de la série « Le Cœur a ses Raisons », vu que tout cela est venu après.

Comme j'en ai marre de faire Vieille France, je vais aujourd'hui vous parler de la Nouvelle France. A savoir, pour ceux qui n'auraient pas compris, le Canada.

Territoire découvert successivement par des émigrants asiatiques préhistoriques, ancêtres des amérindiens, des pêcheurs de morue basques, les explorateurs vikings du type qui a un nom de bière et de téléphone portable (Leif Ericsson), le navigateur vénitien se faisant passer pour un Anglais Jean Cabot, Giovanni Verrazzano se faisant passer pour un Français, il fut découvert "officiellement" (c'est ça qui compte) par Jacques Cartier. Bon, ça fait un peu le mec qui n'a pas eu d'idées pour son voyage, dit comme ça. C'est toutefois Samuel de Champlain qui fonda le Québec un peu plus tard, colonisant cette large étendue de terres vierges pour le compte d'Henri IV de France. Enfin, vierge, à part les Anglais, les Hollandais et les Espagnols plus au sud, et les Indiens un peu partout qu'on évangélisa à coup de martyrs.

Le Canada, très joli vu de haut, est un grand pays situé au Nord. Au nord de quoi, me direz-vous ? Eh bien au nord d'à peu près tout, puisqu'il partage une mer avec le Groenland. Pays froid s'il en est, il fait penser à une Bretagne surdimensionnée. Autant l'Afrique possède-t-elle une forme patatoïde, autant le Canada est un peu comme une flaque de truc pâteux, avec quelques gouttes excentrées (Terre-Neuve, l'île du Prince Edouard...), qui aurait glissé sur le caniveau du 49e parallèle, l'une de ses frontières avec les Etats-Unis. Leur seconde frontière commune est avec l'Alaska, accroissant encore la cordiale et régulière coopération entre les deux pays. Le territoire canadien porte aussi de nombreux noms de chiens, tel Labrador, Terre-Neuve, et Colombie Britannique (pour peu que vous ayez un chien qui s'appelle Colombie Britannique).

Les Canadiens parlent surtout l'anglais, et un peu le français au Québec. Ils sont nos amis, malgré le fait que la France ait abandonné leurs ancêtres par deux fois, en cédant la Nouvelle France aux Anglais et la Louisiane aux Américains. C'est un peu comme des cousins lointains ou des extraterrestres qui veulent envahir la Terre : Ils sont très proches de notre apparence physique et de nos mœurs, mais quelques détails les trahissent et nous mettent mal à l'aise. Leurs jurons sont étrangement religieux, faisant cas d'hostie, de tabernacles et autres calices. Ils parlent aussi anglais avec l'accent quasi américain, et non l'accent français à couper au couteau si cher à notre patrie... Mais ils rajoutent l'expression "eh" à chaque fin de phrase. Entendre un canadien jouer Shakespeare avec son accent, peu importe la langue, est risible.

Le sport au Canada semble se résumer au hockey sur glace, au curling, au bobsleigh, au ski et au patinage artistique, brillamment représenté par Brian Boitano, idole des jeunes que le monde leur envie. Retransmis à la télévision dans de nombreux pays, les compétitions sportives canadiennes n'ont que peu de différence par rapport aux autres. Le canadien moyen se déplace en traîneau dans la neige, à raquettes, à pied, à cheval, en voiture, et aussi de temps à autres en train transcontinental. Le canadien, pour aller au delà des Etats-Unis, se voit souvent obligé de prendre l'avion.

La police du Canada dispose de chiens du genre Rintintin ou Croc Blanc (Canis Rintintinus Jacklondonensis). Habillée en rouge avec des jolis chapeaux, des boutons dorés et de belles bottes, les "mounties" sont appelés en français la Police Montée, sans doute parce qu'ils n'ont pas de chevaux. Ils crapahutent habituellement dans la montagne glacée à la recherche de fugitifs, et, dans les fantasmes homosexuels d'une certaine catégorie de population, séduisent des bûcherons velus en jeans et chemise de pilou, eux aussi assez montés...

Les bûcherons velus constituent d'ailleurs une partie importante de la population du Canada, avec les rouquins et les femmes d'un gabarit qui force le respect. Les vingt quatre millions d'habitants du Canada, environ, semblent bien ridicules face à la population française... Mais le territoire est tout de même le deuxième du monde en superficie, soit dix-huit fois la France. On rigole moins, hein ? D'autant plus qu'il y a là bas du pétrole, de l'uranium, et quantité de métaux divers et variés. Le Québec est aussi le premier producteur mondial d'amiante, ce qui est déjà moins glorieux.

Le Mal Absolu réside au Canada et nul dans ce pays ne s'en cache. Il s'appelle Céline Dion, et de nombreux canadiens sont voués à ses œuvres et à ses pompes. Le Québec abrite aussi ses acolytes, d'autres chanteuses que l'on dit "poissonnières" car elles chantent à la criée. Pour que ces canadiennes là ne se prennent pas de veste, il faut vraiment qu'il y en ait une qui ait vendu son âme au Diable. De plus, la littérature canadienne n'a jamais été aussi florissante qu'avec Louis Hémon et son célèbre Maria Chapdelaine, lu par les pauvres écoliers du Québec et les braves âmes qui n'ont rien d'autre à faire que de s'emmerder.

Fait étrange, autant les Etats-Unis grouillent de conspirations gouvernementales et de bases secrètes, autant le Canada semble archi-vide sur ce point. Les meilleures sources (comics, livres, tabloïdes...) placent des sites conspirationnistes en Alaska, aux Etats-Unis, à la limite dans le Vermont, partout ailleurs dans le monde, mais très rarement au Canada... Bien que son point culminant, dans les Rocheuses, s'appelle le mont Logan, comme l'auront noté les fans des X-Men. Faut-il y voir un rapport avec l'absence de parc Disney au Canada, alors que tous les pays conspirationnistes hormis l'ancienne URSS en comptent au moins un ? Il s'agit probablement d'une autre conspiration.

Hollywood est extrêmement tributaire du Canada. Depuis longtemps, les acteurs décalés viennent de là-bas. Jim Carrey, Martin Short, Mike Myers et de nombreux autres acteurs dits comiques (ou comiques dits acteurs) sont tous venus du Canada, passant souvent par des émissions télévisées telles Kids in the Hall, Saturday Night Live, et j'en passe. William Shatner, dont on se souvient pour ses rôles de policier et de capitaine de vaisseau spatial et pour son œuvre immortellement ennuyeuse (Tekwars, le livre, la série...), a aussi l'honneur d'avoir pour patrie la douce contrée enneigée.

Les films canadiens se limitent généralement à la série B et aux crottes de nez visuelles écrites par des altermondialistes fumeurs de joints et réalisés par des Jean-Foutres masturbateurs, comme Sainte Marie la Mauderne ou Le Déclin de l'Empire Américain, dans lequel les gens parlent encore plus longuement et pompeusement que moi pour ne rien dire. Les émissions télévisées canadiennes comptent parmi les meilleures du monde en ce qui concerne les shows culinaires, recyclés allégrement sur le câble en France métropolitaine. Les téléfilms canadiens comptent souvent de nombreux has-been venus des Etats-Unis.

Les villes canadiennes sont étonnamment similaires à celles des Etats-Unis, si l'on excepte la concentration en sirop d'érable, laquelle force le respect. L'érable, et surtout sa feuille rougie par l'automne, est d'ailleurs le symbole du pays, plaqué sur son drapeau blanc et rouge comme une croix suisse. Parmi ces villes citons Calgary; mais aussi Edmonton, Halifax, Regina, Whitehorse, Windsor, Vancouver... On notera que ce sont des noms charmants fleurant bon la tradition française. Heureusement, les anglophones ne sont pas en reste avec des lieux tels Montréal, Nord-des-lignes, l'île de la Madeleine, Québec, Gatineau, Toronto et surtout Ottawa, la capitale.

L'hymne national du Canada possède deux versions, en français et en anglais. Les deux riment et possèdent le même air, mais elles sont sensiblement différentes pour ce qui est des paroles. La version anglaise parle d'amour patriotique et de jeunes gens montant la garde, prêts à défendre leur patrie, la version française parle d'histoire glorieuse, d'église, de tradition, d'épée, et d'un pays qui défend les droits et les foyers de ses habitants. Ce n'est pas exactement la même mentalité. Tous bénéficient pourtant du même système de sécurité sociale, que les Américains leur envient. Cela dit, les Américains envieraient n'importe quel système de sécurité sociale.

Les canadiens sont des sujets de sa très gracieuse majesté la Reine Elisabeth II, et ce n'est que récemment qu'ils ont récupéré leur constitution, conservée jusqu'alors au Parlement de Londres. Bien qu'autogéré depuis bien longtemps par leurs propres chambres et un premier ministre, ils sont restés un Dominion de la Couronne jusqu'à l'entre deux guerres, dépendant de l'Angleterre pour leur politique étrangère et toutes ces sortes de choses. Ils font aujourd'hui partie du Commonwealth, tout comme les Australiens, ces autres sujets de sa très gracieuse majesté la Reine Elisabeth II, qui a bon dos.

La faune du Canada habite ses grandes forêts pleines de sapins. Les ours, les loups, les orignaux, les ratons laveurs et les dindons s'ébattent au milieu d'autres animaux sauvages bizarroïdes dont le nom m'échappe. Le Nouveau Brunswick est mondialement célèbre au Canada pour ses homards. Il existe d'ailleurs à Halifax un festival patrimonial du homard tenu chaque année, et un marché au crabe. Des hommes se déguisent en pionniers, en dindons et bien entendu en homards pour défiler dans les rues en liesse. Les jeunes enfants revêtent leurs costumes de moules cousus avec amour par leurs mamans, et les touristes achètent de vagues machins artisanaux en bois.

Les Canadiens de la série South Park ont de petits yeux noirs et de grandes bouches, des accents ridicules, et produisent des émissions à l'humour gras, étant en cela peu différents des producteurs de la série pourtant originaires de l'Ouest des Etats-Unis. L'armée canadienne de ce dessin animé élimine aussi, à la suite d'événements difficiles à appréhender, la famille d'acteurs hollywoodiens Baldwin au grand complet au cours d'un bombardement.

En résumé, le Canada est durement marqué par son absence totale de kangourous, si ce n'est dans les zoos. Cet état de chose n'est apparemment pas lié au fait que je ne me souvienne plus des raisons de la célébrité du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Par contre, le fait le plus prégnant en ce qui concerne le Canada, c'est que je n'y ai jamais mis les pieds.

T_rence_et_Philippe

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dimanche 19 août 2007

En l'honneur de celle qui ne cherche plus son chat... et qui se reconnaîtra.

On s’est débarrassé des enfants, le chat était allergique.

Non, mais si, écoutez, c’était plus pratique ! Sérieusement, les enfants sont cruels avec les chats. Heureusement, on les avait accoutumés, en leur donnant de petites claques et en les privant de repas… Dressage classique, quoi. On les mettait même au cabinet noir, à chaque fois qu’ils essayaient de leur tirer la queue.

Nous sommes des parents responsables, tout de même !

Donc les enfants étaient en théorie irréprochables, mais vous savez ce que c’est, l’instinct prend parfois le dessus… Moi je sais que quand je les voyais dans la même pièce que les chats, je ne vivais plus ! Mes pauvres bébés à la merci des gosses…

En fait, on a eu l’idée avec le cancer du petit… Mais si, vous savez, Fuck, le plus petit des chats ! Oui, je sais, c’est débile comme nom, mais c’est ce qu’a dit la nurse anglaise des chats quand elle s’est fait arracher le pouce, et puis c’est resté. Bon, elle l’avait énervé, il faut dire… Elle avait tenté de le caresser.

Enfin bref, Fuck a eu le cancer. Les médecins de la clinique se sont longtemps interrogés sur le type exact, alors on a fait tous les examens possibles pour être sûrs… Parce qu’il y avait encore une possibilité qu’il vive quatre ou cinq mois avec une bonne chimio, vous savez, et ça, ça compte !

C’était très cher, mais ça nous a permis de… de lui dire au revoir, quoi. On a dû se priver de vacances pour payer les vétérinaires, et c’est déjà difficile pour nous de joindre les deux bouts, mais est-ce ma faute si les soins aux animaux ne sont pas remboursés par la sécu ? Je trouve ça inqualifiable !

Comment voulez-vous qu’une famille puisse vivre alors qu’un de ses membres n’a pas droit aux mêmes soins ?

Quoi qu’il en soit, non, je ne voulais vraiment pas des enfants à la maison juste au moment où le chat est le plus vulnérable. Ils lui ont fait un bisou de loin, ça leur a suffi, hein… Alors j’ai demandé à mon ex-mari de garder les gosses encore un peu.

Oui, il avait du boulot, mais il était ravi, et puis on s’est arrangé comme ça, nous, donc il n’avait pas le choix… ça arrive ! Moi je ne pouvais pas, je ne pouvais pas, hein ! C’est comme ça, j’ai pas cinq mains ! Comme de toutes façons je n’avais plus trop de sous pour les cadeaux de Noël…

Et puis, quelques mois plus tard, Fuck est… enfin il est parti. Oh, vous auriez vu ça, on a fait une très belle cérémonie avec éloge funèbre, cercueil en pin et bronze doré, des fleurs partout, des petits bouquets d’herbe à chat… Je vous jure que les quatre autres chats ont pleuré des petites larmes !

Comment ça « physiologiquement impossible » ? En tout cas ils étaient tristes… Ils sont si humains !

Evidemment les enfants n’étaient pas là pour voir ça, et heureusement. Je ne voulais pas qu’ils me voient dans cet état, et puis la mort d’un proche, c’est si douloureux, il faut les protéger… D’autant que je ne me sentais pas de les affronter. Ah non, ils auraient fait des remarques, j’aurais fini par me mettre en colère.

Après le décès de notre petit Fuck, j’ai tout de suite vu qu’il manquait quelqu’un, une présence dans la maison. Bien sûr, Fuck est irremplaçable. Mais vous comprenez, j’étais si désoeuvrée, je me suis mis à traîner près des animaleries et du refuge de la SPA, et… je n’ai pas pu résister !

Je n’ai pas vu les enfants depuis que je leur ai présenté Aargh. Oui, lui aussi il a rencontré la nurse. C’est un Silver Tabby pure race. Très cher. Mais quand on aime on ne compte pas… Les gosses ont fait la gueule, ils disent que le chat a droit à une pâtée trois étoiles et eux à des nouilles. Quand ils viennent.

Oui, finalement ils sont mieux avec leur père, plutôt que de cracher dans la soupe ici, ces jaloux ingrats.

D’autant que, comme je vous le disais, Aargh est allergique…

Psychopathe_mais_mignon

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mardi 5 juin 2007

Puisque Julie Loupil a fait un billet long, une fois n’est pas coutume, en voilà un court, hommage à son minimalimmense talent :

Die Shöner Gummibärchen

Opéra en trois actes et cinq tableaux de Teddy Von Bärenkopf

Livret de Tremarctos et Kodiak

Ours_d_or_du_festival_du_film_de_Berlin

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dimanche 25 février 2007

Le cercle des poètes disparates

A mesure que je vous exposai hier une invraisemblable quantité de jeux littéraires, je constatais qu'il manquait quelque chose pour véritablement inspirer les vocations. Une suite de règles risque de n'inspirer personne, hélas, tant l'être humain moyen, n'aspirant jamais à s'élever de la médiocre fange de sa pathétique existence, n'est pas joueur. Combien de fois ne m'a-t-on pas sorti "c'est pour les gamins" ou "non, ça ne m'intéresse pas" ! Ah, comme je méprise ces rétrogrades, et à la fois les prends en pitié.

Grands dieux, est-ce qu'un gamin normalement constitué serait capable d'écrire sans fautes, de nos jours, un texte avec une trentaine d'anagrammes du même mot, en vers, en compétition avec ses amis, et ce sans qu'on le lui dise ? Est-ce que Raymond Queneau, Victor Hugo, Jacques Prévert, Tristan Tzara, Alfred de Musset, Francis Blanche, Georges Perec, Pierre Dac, Italo Calvino et tant d'autres étaient des gamins ? Il faut croire que oui, selon les Philistins obtus gavés de télé qui composent les 99% de la population française.

Et comment savoir, ô, glands infâmes qui, tout autour de la tapisserie aux fils d'or des accomplissements de l'humanité, lui tournez le dos tout en y étant rattachés sans même le savoir, comment savoir, justement, si ce genre de choses "pour les gamins" vous intéresse ou non tant que vous n'avez pas vu de quoi il retourne ? On ne vous demande même pas d'essayer, vous dont le cerveau à vapeur ne peut plus faire le moindre écart sous peine de dérailler... Juste de regarder les exemples suivants.

Voici des cadavres exquis sous forme de questions et réponses. La réponse, si étrange que cela puisse paraître, a été écrite sans que l'auteur en connaisse la question, écrite à part par un tiers qui ne connaissait pas à l'avance la réponse...

Qu'est-ce que tu préfères ? -- Le bon, la brute et le truand. Je préfère le truand.
Qui donne la plus douce des morts ? -- Je préfère ne pas répondre.
Qu'est-ce qui fait des miettes ? -- C'est assez idiot, mais ça ne s'explique pas.
Qui a inventé le mot "prout" ? -- C'est presque impossible de le savoir.
A quoi ressemble un extraterrestre ? -- Cela n'a rien à voir avec la réalité.
Quel est l'auteur de "A la Recherche du Temps Perdu" ? -- C'est une tasse de thé.
Qu'est-ce qu'une question kantienne ? -- Un mouchoir jetable en papier. Au moins.
Quel serait le cadeau de Noël idéal pour vous ? -- Un bol de chocolat chaud.
Qu'est-ce qui fait que les gâteaux suédois sont si savoureux, croustillants et granuleux ? -- Un yaourt périmé avec du beurre, du sucre, du miel et des poivrons.
Papa, c'est quoi cette bouteille de lait ? -- C'est du velcro.
Après PPDA, qui sera le prochain présentateur du JT ? -- Une langue de vipère, en plus coriace.

Il est à noter, au sujet de la dernière question, que ce cadavre exquis fut écris bien des années avant la première apparition télévisée de Harry Roselmack ! Voici un autre cadavre exquis : Trois personnes ont collaboré à l'écriture de cette courte fable, sans savoir ce que les autres avaient fait, hormis le dernier mot de leur phrase. les trois personnes sont symbolisées par trois casses différentes :

Il était une fois un gosse qui avait une bosse. Sa bosse, il ne la montrait à personne. Puis, la grenouille stellaire le sentit. De suite, elle se rua à son secours, car elle savait que la situation était désespérée... Il alla donc dans la plaine des Morghoms, et longuement il chemina dans cette lande désolée, et nombreux furent les Sloars qu'il rencontra... Alors que, pendant ce temps, elle, devant un grand miroir, dessinait dans la buée de cosmiques hippocampes. Face à ces monstres effrayants, elle sortit ses pistolets laser et tira dans le tas. Des cris se firent entendre jusqu'à ce qu'ils explosent dans une énorme gerbe de flammes ! Heureusement, nos héros survécurent, et se remirent de leurs émotions juste à temps pour répondre aux questions des officiers de police. Celle-ci s'interrogeait sur les circonstances étranges qui aboutissait à la formation de bosses. Des bosses, oui ! Voilà ce qui résulta des coups qu'elle leur avait asséné. Mais heureusement, la police était intervenue avant qu'elle ne les enculât avec une algue dure, et, les menottes aux poignets, ils furent emmenés... Sur ces entrefaites, à Tokyo, il était dix heures passées. Ils furent donc emmenés en prison dans le district de la plaine des Morghoms, vu que les Sloars n'étaient pas contents. Pas du tout ! C'étaient d'étranges cercles rouges qui déchiraient l'azur et finissaient enfin. Mais après toutes ces aventures, elle se dit qu'elle avait bien besoin d'un petit remontant. Elle se dirigea alors vers le bar le plus proche. Elle appela le barman et commanda une armée au XVe siècle: Oui, tel était bien l'ancêtre du fier Sloar Morghom qui prit la déposition de nos héros. Il s'impatienta alors que son interlocutrice mettait trois heures pour aller aux WC, car c'est fini les beaux jours, la panse crevée, ouverte aux quatre vents, exhala les puanteurs fétides de l'antre de l'enfer...

Rocambolesque, non ? C'est dix fois plus drôle à écrire qu'à lire.

Voici à présent des bouts rimés, ces quatrains aux rimes imposées dont j'ai souvent parlé :

Choucas / Fracas, Roncevaux / Rototo

Obstrué du caca d'indélicats choucas,
Le cor à Roncevaux
D'un Roland furieux, loin de causer fracas,
Ne fit qu'un rototo.

Dors, mon petit moineau, dors, mon tendre choucas,
N'écoute pas dehors les belliqueux fracas.
Ton papa est parti se battre à Roncevaux,
Toi, tu es à l'abri, et fais ton rototo.

Muse / Arquebuse, Chipoter / Clapoter

Raconte-moi les exploits de Cortès, ô Muse,
Ce con qui statua là-bas sans chipoter
Sur les terres lointaines gagnées à l'arquebuse
Et qui fit violemment notre sang clapoter...

J'abattrais volontiers d'un bon coup d'arquebuse
Les pédants qui ne font toujours que chipoter
Croyant avoir grandi buvant el lait des muses :
Comme lait, ils auront leur sang pour clapoter !

Prosper / Polyester, Chien / Acarien

Las d'éternuer, Prosper,
Allergique à tout, épila son chien,
Mit chez-lui partout du polyester
Pour chasser les acariens.

Dans sa boite en polyester
Attendait le jouet Prosper.
De jouet il servit, mais au chien,
Et finit parmi les acariens.

Sauterelle / Bretelle, Orteil / Vermeil (Notez l'énorme différence des deux poèmes)

Moïse du grand roi remonta les bretelles,
Et, de ce pharaon, cassant bien les orteils,
Fit prendre au Nil une couleur de sang vermeil
Avant d'appeler à la plaie des sauterelles.

Cette grande sauterelle
Tout au bord de la bretelle
Avec sa robe vermeil
Tapine, vernie aux orteils...

Halogène / Romaine, Soeur / Tumeur (Avec dans chaque poème une entorse en forme de calembour)

A la lueur d'un halogène
Voilà le beauf avec sa soeur
Qui mange une salade romaine :
Plus bidochon que ça tu meurs...

La mère supérieure disait à sa soeur
Que ce qui l'embêtait dans l'Eglise Romaine
Ce n'était pas tant du Saint Pape les tumeurs
Mais l'ostentation : Des saints, le halo gêne.

Pensées / Tourmentées, Putride / Aristide

La noblesse d'Hamlet, pourtant fier aristide,
Passe son temps trop long en de noires pensées :
Le royaume de Danemark est bien putride,
Et les esprits défunts d'Elseneur tourmentés...

N'aie pas cette pensée,
Tu es mou, Aristide !
Ton odeur est putride,
Ton vit m'a tourmentée !

Hasard / Canard, Iris / Pastis

-- Bonjour mademoiselle, quel heureux hasard
De vous trouver ici pour prendre le pastis !
-- Monsieur, j'étais allée en forêt aux iris...
-- Puisque vous êtes-là, voulez-vous du canard ?

Une pute marseillaise du nom d'iris
Négociait la nuit d'un quidam au hasard
Et disait "Pour cent balles je paie le pastis,
Et c'est ou tu voudras que tu fais ton canard..."

Spandex / Sexe, Biblique / Théorique

Portant sous sa soutane un body en spandex
Et en son coeur si grand une mission biblique,
Super-prêtre, ennemi des vices théoriques,
Vient sauver nos enfants... Et leur montre son sexe !

Faut-il vraiment mouler son paquet en spandex
Pour, au sein du marais, suggérer mieux le sexe ?
Pour connaître les hommes de façon biblique
Il ets des moyens moins visibles, théoriques.

Autres bouts rimés écrits alors que chaque joueur tirait des rimes différentes... Aucune obligation de tout lire, mais ils sont tous bons !

On célébra de la rombière le très étonnant mariage
Avec son homme de ménage à long nez et grandes oreilles,
Obéissant et sans manières, expert dans l'art du balayage,
Passant le chiffon sans tapage, astiquant les cuivres vermeils...
(Notez les rimes internes !)

Définition relative d'une plage :
Endroit toujours bondé où l'été on dégage,
Dont le pétrole occupe les deux tiers de l'aire,
Et, malgré cela, vu comme un lieu vulnéraire.

J'avais inventé le téléphone potable
Avec un goût carotte qui rendait aimable,
Ou, pour l'antisémite, au choix, le goût melon...
Le bureau des brevets m'a passé un savon.

Avec les mecs j'ai pris deux ou trois petits fours.
Je fossilise seul au fond de ma résine...
J'aimerais tant revoir encor cette morphine,
Cette drogue sucrée que l'on nomme l'amour...

Géraldine avait de beaux restes
Qu'elle montrait sous ses couvertures...
Elle voulait tant qu'on la triture,
Elle qu'on disait jadis céleste !

-- C'est la révolution, nous sommes tous égaux,
Mon voisin m'a dit ça en sortant sa poubelle
Quand je déblayais l'allée à grands coups de pelle !
-- Mais non, c'est demain, ils l'ont dit à la radio...

Fantasmant de reprendre d'un führer la piste
Et d'être dictateur (rêve surréaliste ?),
Le jeune Nicolas et la veuve poignée
S'amusaient dans sa chambre à la lueur tamisée...

Tu as usé à ton gré de mon atrium,
Et voilà que, chassées par l'interne mistral,
De blanches larmes perlent à mon creux anal
Entourées de grelots bruns et noirs criterium.

Pour que de la nature on vive les merveilles
Et que de gros poupons sortent comme des pains
De cet humide four que l'on nomme vagin,
Il faut bien qu'il en coule un peu de sang vermeil...

Voyez-vous, mes amis, quand on a des pépettes,
On met derrière soi les coutumes barbares...
Plutôt que de collectionner les magnets,
On empile les sacs à main et les foulards !

Et enfin, mon préféré...

J'aime un' fille', c'est un truc, t'ain, chais pas, viscéral,
Quoi, tu'ois, alors j'vais la voir et j' dis "Oh, ! Paulette !
Oua j'te kiffe !" Mais e's'met à m'dir qu'chuis un' lopette,
Alors moi forcément, t'sais, j'la frappe, a pis elle' râle...

Bon appétit, et à demain si vous le voulez bien !

Po_te

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jeudi 1 février 2007

Conconte

Les échanges tempêtueux des commentaires de ces derniers jours, combinés avec le Grand Jeu de la Haine, m'ont laissé fort pantois. Vous m'excuserez si je n'actualise pas mon blog tous les jours, mais, comme disait Bernie la petite cochonne (allez donc lire les commentaires, vous comprendrez et ça vous ira bien au teint), il faut un peu de boulot pour ça, sans parler de l'inspiration. Eh oui. Donc, désolé si j'ai pris du retard... Et Dieu sait que j'en ai pris.

Et comme je suis un peu en plein ménage dans mon espace, je retrouve des tas de trucs... Que je publierai un jour si vous êtes sages. Voilà donc encore un peu d'archéologie textuelle, car c'est aisé à (re)composer. Je vous avais relaté une historiette de quand j'avais environ sept ans, en voilà une de quand j'en avais quinze... Pour remettre le texte dans son con... pardon, pour remettre l'histoire dans son contexte, sachez qu'à quinze ans, j'étais gros et moche.

Aujourd'hui encore, d'ailleurs, mais moins. Beaucoup moins. L'adolescence fut une période odieuse de ma vie. Imaginez un nain de 150 kilos avec des boutons genre peste bubonique, des cheveux gras, une coiffure ringarde, une voix fluette qui mue, une moustache molle et pas rasée... Même si j'avais sans doute l'air plus humain que ça, c'était comme ça que je me sentais. Ajoutez à cela le fait que je me découvrais Omossessuel (oui madame) sans comprendre de quoi il s'agissait...

Intrigué par le gros machin incongru et velu entre mes jambes (oui, je suis bien monté, et je vous emmerde... Et même si à quinze ans je l'étais moins, le changement, ça fait drôle, quand même...), qui avait par la grâce des hormones de cet âge un grand pouvoir sur mes faits et gestes, je n'étais pas vraiment à l'aise avec le sexe. D'autant que les penchants de ma bite ne sont pas ceux de tout le monde, donc que ça me faisait bien flipper, pour reprendre une expression que je n'aurais JAMAIS employé à l'époque. J'étais assez coincé.

Et comme il faut bien relâcher la pression d'une manière ou d'une autre, entre deux branlettes (ah, la jeunesse !) j'ai écrit ce texte là, entre autres, où l'on discerne des traces gluantes de mes perversions diverses. Comme par exemple le fait que je considère le sexe avec les femmes comme une perte de temps, et surtout mon goût pour les calembours vaseux. Jusqu'à ce jour, je ne sais pas pourquoi le sultan (ou le calife ?) a un nom chinois. C'était sans doute uniquement pour le jeu de mots.

Sans plus attendre, je vous livre sans prétention aucune un texte court et brutal comme en écrivent mille ados minables abominables :

Le Conte Irrévérencieux du Califat de Krashparthou :

Un beau jour que le Sultan du Krashparthou, Fei-Huong-Luy, dit "de fer", se promenait et songeait en son jardin, il pensa :
"Que tout serait plus simple si je pouvais me trouver toujours au bon endroit et au bon moment ! Je voudrais méditer toujours et être spectateur du monde ou je suis !"
Il contacta donc son grand astrologue, qui lui dit :
"Sire, je puis professer une ou deux solutions : Soit vous vous faites ermite, et vous vous en remettez à Dieu, soit vous restez à diriger le pays et je vous dit, au jour le jour et en fonction des étoiles, où vous devrez vous rendre. Ainsi vous pourrez rencontrer qui vous voulez et y faire ce que vous voulez, etc."
"Très bien", lui répondit le Sultan, "Qu'il en soit ainsi."
Si bien que le Sultan était chaque jour envoyé aux quatre coins de son royaume, selon qu'il voulait se baigner en toute tranquillité, voir une assemblée villageoise, etc. tout en ayant le temps de méditer sur ce qui lui passait par la tête.
Tout cela, évidemment, il aurait pu le faire de son palais (surtout gouverner), en faisant venir à lui ce qu'il voulait, mais il n'y pensait pas, trop heureux qu'il était de goûter les joies du voyage.
En fait, l'astrologue avait berné le Sultan : Chaque fois que celui-ci était en voyage, il passait sa journée auprès des femmes du Roi dans son Harem !
Lorsque celui-ci s'en fit rendre compte par un de ses eunuques, il fit décapiter le grand astrologue.
Hélas il se repentit de son geste, car il se rendit compte que les voyages qu'il effectuait le rendaient plus heureux et épanoui que la douceur de mille palais comme le sien. Il avait mis fin à son bonheur en voulant mettre fin à son rival haï.
Les conseils de l'astrologue ne méritaient-ils pas cette récompense "en nature" ?

Veuillez noter l'absence totale de fautes d'orthographe. Et de style, aussi, oui... Mais enfin c'est mieux que rien, non ? Cette histoire, chers lecteurs, je ne l'ai jamais montrée à personne. Elle est restée bêtement dans son carnet jauni au fond d'un coffre pendant tout ce temps. Vous en avez donc la primeur, bande de veinards ! Ne la jugez pas trop sévèrement, j'ai bien conscience que c'est complètement stupide, mais je me suis dit qu'il y devait y avoir des gens que ça intéressait.

Et puis comme d'habitude, je dis ce que je veux.

Les_filles_du_Harem

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jeudi 25 janvier 2007

Re-mini-sens

Qu'il me soit permis, entre deux, de me plonger dans l'archéologie textuelle qui a fait les choux gras d'autres blogs (ils sont dans ma liste de liens, cherchez un peu, ça vous fera les pieds, bande de moules)... Voici un texte excessivement court, une histoire fantastique que j'avais commis quand j'étais tout minot. je ne sais pas exactement quel âge j'avais, mais cela ne pouvait être qu'entre six et huit ans.

A cette époque, je m'amusais non seulement à écrire, mais aussi à découper et plier des feuilles de papier pour en faire des mini-livres d'une dizaine de pages, sur lesquels j'inscrivais mes bonnes oeuvres, arrangées avec des petits dessins de mon cru (habituellement des cranes et des grimoires, et puis deux ou trois choses que l'on retrouvait dans le texte). Avec celui-ci, j'avais dessiné un miroir.

Voici un texte brut de décoffrage. Les fautes d'othographe ont été respectées...

HISTOIREs FANTASTIQUEs (stories fantasics)

SOMAIR : le miroir magique 1

il était une fois un vieux, et ce vieux était gentil, mais vrément radieux. bref il "émané des flots d'amour fraternelle" jusqu'au jour ou il acheta un miroir bien particulier. Il aurait du remarquer la mine du vendeur plus attentivement, depuis cette homme n'a qu'un désir : devenir le maitre absolu de la magie.

Voilà, c'est sans doute la nouvelle d'horreur la plus courte du monde après celle, proverbiale, ou le dernier homme sur Terre entend un coup à la porte... Mais elle est aussi beaucoup moins bonne.

Jusqu'où va se nicher le sentimentalisme...

Le_miroir_magique_de_Maurits_Cornelis_Escher

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samedi 23 décembre 2006

Make the Yuletide Gay !

Un Conte de Noël :

Houx_par_Tiffa

Il était une fois, dans l'atelier du Père Noël, un petit lutin qui était différent des autres... Ce n’était pas la taille de ses oreilles ni la pointe de son petit nez, ni même la roseur malicieuse de ses joues. De fait, il était plus ou moins similaire aux autres lutins, physiquement.

Il travaillait à la division des jouets en bois, traditionnelle, mais un peu tombée en désuétude ce dernier siècle dans la grande fabrique du pôle nord.

Chaque jour de l'année il s'appliquait de son mieux pour sculpter les plus beaux pantins et les poupées les plus parfaites, les quilles les plus régulières et les boules les plus douces... Il les peignait et les vernissait ensuite avec d'artistiques lavis vifs.

Mais il s'ennuyait, car fabriquer des diabolos et des trains de bois pour les quelques petits enfants et les collectionneurs qui préféraient ça à la dernière console à al mode, ça n'était pas ce qu'il préférait. Il y mettait néanmoins du sien parce que c'était tout ce qu'il avait, et surtout qu'il était amoureux de son superviseur...

Le superviseur de la division Bois de la grande fabrique du Père Noël n'était autre que le fils du Boss, Noël Junior. Pour la petite histoire, son père s’était marié sur le tard à une mademoiselle Befana, vers le milieu du XXe siècle. A force d’essayer les jours où le Père Noël n’était pas de service (c'est-à-dire trois cent soixante quatre fois l’an, tout de même), ils eurent tôt fait d’avoir un gentil petit garçon.

Son papa avait décidé de lui apprendre le métier de famille en le plaçant là où lui même avait démarré un bon millénaire plus tôt (plus ou moins quelques centaines d'années) comme apprenti de Saint Nicolas. Le saint, débonnaire mais grabataire, jouissait aujourd’hui d'un poste calme pour sa retraite en tant que figure prééminente des relations publiques au département des pays de l’Est.

Noël Junior, NJ pour les intimes, qui avait toujours été un enfant sage, avait donc hérité du département des jouets en bois en guise de première expérience après son BTS gestion/magie.

Quoi qu'il en soit, le petit lutin était follement amoureux de Noël Junior, et il ne se passait pas un jour sans qu'il ne pense à lui avec tendresse... Et un peu plus. Ce qu'il ne savait pas c'est que Noël Junior était gay lui aussi, et pas seulement joyeux, et qu'il désespérait de trouver quelqu'un d'autre comme lui.

Un beau soir au premier mois d’une de ces longues nuits étoilées du pôle nord, alors que tout le monde était parti se coucher, Noël Junior, qui restait parfois très tard pour tenir les registres d’enfants sages, entendit du bruit aux ateliers. Il se dit que cela ne devait être qu'un lutin qui s'avançait dans son travail. Piqué par la guêpe de la curiosité, il descendit voir ce sur quoi on s'appliquait tant : Les bruits étaient réguliers et des ahanements se faisaient entendre comme lorsque quelqu'un fait de gros efforts.

« Quel travailleur émérite, » se dit NJ, « que ce lutin qui met tant d’ardeur à polir des jouets en bois même après que les ateliers aient fermé pour la nuit ! ». Il lui fallait absolument voir de qui il s’agissait pour récompenser comme il se doit un tel désintéressement.

Noël Junior fut abasourdi de voir le petit lutin complètement nu (à part son bonnet) en train de s'enfoncer un pied de bilboquet dans l'anus de façon sensuelle et répétitive... Sans bruit, il s'approcha de la scène, et put entendre ce que le lutin chuchotait : « Oh, NJ... Oh oui, viens en moi ! Oh... Lèche-moi les grelots, pince-moi les clochettes… »

C'était sans équivoque, et Noël Junior n'en resta pas de bois (bien qu'une partie de son anatomie se dressa alors, aussi dure que du marbre...). Il se leva de toute sa haute taille (surtout haute comparée au lutin, mais il mesurait quand même plus d'un mètre quatre-vingts) dans son caleçon long rouge et son bonnet de Noël qui ne le quittait presque jamais...

Sa musculature, large d'avoir été travaillée aux écuries des rennes pendant des années, était moulée dans les sous-vêtements de pilou qui s'ouvraient sur une partie de son torse recouvert de poils blancs (il tenait de son père, même s'il n'avait pas plus d'une vingtaine d'années...) sous son visage droit aux yeux d'un bleu pénétrant. Bleu layette, en fait.

Le petit lutin en fut paralysé de frayeur, sachant que dorénavant il ne pourrait plus cacher ses fantasmes à son chef et qu'il allait probablement se faire renvoyer !

Il s'imaginait déjà sans emploi. Impossible pour un elfe de retrouver du boulot par les temps qui couraient... Inutile d'essayer avec les nains, tellement radins qu'ils pensaient que sept était un bon nombre pour exploiter une mine de diamant de peur d'avoir trop de gens à payer ! Pas la peine non plus de se faire engager dans les forêts puisqu'elles étaient déjà bondées partout dans le monde par la faute de la déforestation...

Et s'il prenait le chemin de Hollywood comme certains de ses congénères de sinistre mémoire, il allait se retrouver soit dans des bluettes pour enfants, soit dans des films classés X pour les plus pervertis, à exercer ses mains habiles sur (quelle horreur...) des femmes surdimensionnées. Il ne lui resterait qu’à se recycler, peut-être, dans la comédie musicale du Seigneur des Anneaux. Certes, il était gay, mais il n’avait jamais chanté de sa vie autre chose que des chants de Noël, et sans aucun contact, c’était mal parti.

Le lutin se confondit en excuses et se mit à pleurer... Il jura qu'on ne l'y reprendrait plus, et que le bilboquet n'était pas destiné à qui que ce soit, il le laverait, le brûlerait, le broierait en sciure, ferait tout ce qu'on lui demanderait pour arranger les choses... Mais Noël Junior restait impassible, le caleçon tendu sur son paquet avantageux.

Devant la mine ébahie du lutin, le fils du Père Noël se caressa le bouc, puis déboutonna lentement le devant de son caleçon long si doux, découvrant un torse velu et blanc harmonieusement dessiné et des abdominaux saillants... Son nombril était recouvert d'une mignonne petite boucle de duvet blanc qui s'agrandissait en une large traînée qu'on aurait dit faite de fourrure vers une paire de boules aussi grosses que celles avec lesquelles on décore les sapins, surmontées d'un noeud bien rouge et volumineux... Le cadeau parfait !

Sans attendre, l'elfe lutina la hampe raide avec plus d'ardeur encore qu'il n'en mettait à tourner le plus beau pantin pour le plus sage petit enfant. Content de s'être enfin trouvés, ils s'aimèrent toute la nuit... Mais le petit lutin avait un gros problème : Les dimensions de sa virilité, du fait de sa taille, étaient ridicules comparées à celles de son amant de Noël.

Noël Junior avait beau lui dire qu'il l'aimait comme il était et qu'il lui donnait beaucoup de plaisir, le lutin en concevait beaucoup de complexes... Le jour suivant il décida de pallier à son manque en sculptant lui-même un sexe de bois, qu'il vernit avec amour pour le rendre bien lisse et bien dur, et éviter les échardes. Il l'employa la nuit même et le fils du Père Noël en fut si content qu'il demanda au lutin d'en faire de plusieurs formes et tailles pour qu'ils puissent jouer ensemble avec ces objets fantastiques !

Beaucoup de nuits se passèrent ou leur amour fleurit et ou ils s'amusèrent ensemble avec leurs jouets. La journée, ils ne trompaient personne dans l'atelier et chacun était heureux pour eux car la jalousie n'a pas sa place dans le royaume du Père Noël. Ben non, qu’est-ce que vous croyez ? Sinon les lutins garderaient tous les jouets pour eux.

Le gentil lutin gay avait eu droit à une pièce rien qu'à lui ou il pouvait sculpter ses outils sexuels sans les mélanger avec les cadeaux des enfants, et tout le monde était content.

Or, un beau jour, le Père Noël eut vent de ce que son fils s'occupait avec une attention particulière de la division bois : Il ne passait presque plus de temps à la maison...

Papa Noël décida donc d'aller voir par lui même ce que son fils préparait, ainsi, après la fermeture de la fabrique, il vint visiter Noël Junior... Il le trouva dans les bras de son lutin préféré avec des tas de jouets en bois aux formes phalliques un peu partout dans l'atelier !

Il fut d'abord furieux de voir que son fils s'adonnait à la luxure avec un homme, puis que son fils passait son temps à la gaudriole plutôt qu'au travail... Mais il vit dans les yeux des deux amants que leur coeur était pur, aussi décida-t-il de les laisser faire ce qu'ils voulaient : Le Père Noël est un homme compréhensif et infiniment gentil. Déformation professionnelle.

Le lendemain matin, Noël Junior alla trouver son père et lui dit qu'il souhaitait vivre avec le lutin pour toujours, et Papa Noël, en présence de la Mère Noël, lui dit:

« Junior, ta mère et moi avons bien réfléchi, et nous aimons ton idée. Ce lutin m'a l'air très gentil et vous me semblez pleins d'amour, c'est ce qui compte. Tu sais, dans notre jeune temps, nous aussi nous avons fait des folies... »

La mère Noël rougit sous son bonnet blanc en serrant un peu plus fort le bras de son cher et tendre époux...

« Mais passons, » continua le bonhomme, « Les temps imposent de se diversifier, et les adultes demandent de plus en plus de cadeaux de Noël eux aussi... Je te charge donc d'apporter du bonheur et de la jouissance aux gens de la terre grâce à cette invention dont toi et ton lutin faites usage à profusion... Comment nommez-vous ces sexes de bois ? »

Le premier nom qui vint à l'esprit de Noël Junior fut le nom de son amoureux, le petit lutin qui avait pris son cœur (entre autres) en sculptant le premier de ces instruments...

« Dildo, Père Noël ! » Dit-il aussitôt. Et la production des dildos fut démarrée bien vite car il ne restait qu'une semaine avant Noël... Un bâtiment spécial fut dédié à cette industrie, on en coula dans du plastique, dans du métal, dans du bois, mais la collection particulière du couple formé par Dildo le maître artisan et Noël Junior le chef de fabrique était uniquement en bois, et c’était la plus jolie de toutes.

On avait même mis à l'étude des modèles inédits, et de nombreux autres instruments tout en creux et en bosses. Il y avait tant de travail à faire que les amoureux ne pouvaient plus se voir, forcés de travailler jour et nuit pour satisfaire les demandes en provenance du monde entier !

Enfin arriva la nuit de Noël, et les deux amants aidèrent personnellement à la distribution. Epuisés, ils se glissèrent lentement dans leur lit pour dormir quelques heures en attendant le tout proche matin de Noël, trop las pour se donner plus qu’un chaste baiser...

Lorsque vint l'aurore, Dildo s'éveilla le premier revigoré et sentit immédiatement quelque chose de différent... Il baissa les yeux, et vit la plus grosse et la plus rouge des érections qu'il eut jamais vue, et elle était à lui ! En ce matin de Noël, son sexe avait grandi et pris d'énormes proportions. On l'avait même entouré d'un ruban !

Il réveilla aussitôt Noël Junior qui s'extasia devant l'imposant monolithe de chair plus dur que l'acier, vrai miracle de Noël qu'il savait être un don du ciel... Et un cadeau pour eux deux.

Le petit lutin embrassa son amant et lui dit : « Joyeux Noël, mon tendre amour ! ». Mais Noël Junior ne répondit pas : Plein d’impatience comme tous les enfants sages un jour par an, il avait déjà la bouche occupée…

Ainsi s'achève l'histoire de Dildo la Grosse Bite.

Houx_par_Tiffa

Joyeux Noël à tous, et paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté !

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jeudi 7 décembre 2006

Carnets du Naturaliste, III : L'Escargore

EscargoreJ'ai pu observer, comme disait un confrère, au sortir de la grande forêt d'Arimanthe, un bien étrange animal s'il en est. Je fus tout d'abord dérangé par une odeur discrète, mélange subtil de cadavre, de chlore et d'ammoniaque au coeur de l'humus printanier. Redoutant quelque pollueur pas si payeur que ça, je me mis en quête de l'origine de l'odeur... Je la trouvai non loin d'un riant ruisselet.

Il s'agissait d'un tas d'os d'animaux, avec, odieux relief d'un repas trop vieux, quelques morceaux de chair brunâtres accrochés, ça et là. Je notai immédiatement que le crâne de la bestiole avait été écrasé, et rebroussai chemin aussitôt... Pas folle, la guêpe. Néanmoins, je songeai que c'était là sans doute un rituel étrange à quelque primitif dieu de la nature, et j'envoyai un apprenti faire des recherches anthropologiques.

Ah, que en ferait-on pas pour la science ! Je n'ai réalisé que je me trompais du tout au tout sur l'origine du phénomène que deux jours plus tard, lorsque j'allai aux champignons (j'avais complètement oublié mon sbire, et mes recherches sur la truffe migratrice m'ont laissé des séquelles : j'adore les girolles). Le cadavre de mon jeune disciple était lui aussi étendu sous un arbre, le crâne défoncé par l'escargore.

Le coupable était là, confit dans son apparente innocuité molle, sécrétant avec lenteur sa bave délétère sur le corps sans vie d'Arnulphe (cher apprenti, j'oubliais souvent ton nom, mais le sacrifice de ton crâne ne sera pas oublié de la science, seul hommage des tâcherons que nous sommes), mais je ne m'y trompai pas : J'avais affaire non pas à un quelconque rituel, mais bien à un prédateur pire que sanguinaire... Baveux !

Après cette perte tragique et un deuil décent (environ trente secondes) je me munis d'un casque et commençai les toutes premières observations sur ce que je décidai d'appeler l'escargore, ou Gasteropodus Xoclermus (de Xoclos et Erma, respectivement escargot et lest en grec, Gastéropodus se passant de commentaire), conscient d'être le tout premier à classifier l'animal et à en sortir vivant.

L'escargore, ou xoclerme, est un gastéropode d'environ deux tiers de pied de long à l'âge adulte. Il possède une coquille en spirale qui semble à première vue disproportionnée à sa taille, irrégulière et hérissée de courtes aspérités. Cette coquille est tout autant un abri impénétrable qu'une arme mortelle, dure comme de l'os, et remplie dans le fond d'une gomme très dense au fur et à mesure de la croissance.

Cette gomme, l'escargore la fabrique à l'aide du bois des arbres où il vit (de préférence de robustes chênes, capables de soutenir son poids). L'ensemble peut peser jusqu'à cent livres et résister à la plupart des chocs. Un tel poids ne dérange pas l'animal : Tout escargot qui se respecte peut porter dix fois son poids, et l'escargore est un athlète encore plus exceptionnel. Sans doute à cause de son régime carné...

Pour chasser (car il chasse, et même souvent !) il grimpe sur une grosse branche et laisse pendre ses palpes, qu'il peut étendre à trois ou quatre pieds. Immobile et de toutes façons assez lent, il se confond avec le bois car il est brun, strié, sombre, et les aspérités de sa coquille ressemblent à quelque loupe commune... Lorsqu'un animal passe dessous, l'escargore, dans un mouvement mou, fond sur lui !

Bon, il serait plus juste de dire qu'il se laisse bêtement tomber. Mais il est meurtrier ! Il m'a fallu un peu de temps (et quelques bosses malgré mon casque) pour comprendre comment cet animal myope faisait pour ne sélectionner que les proies dignes d'intérêt : Si un seul de ses palpes est touché, l'escargore reste en place : Il ne s'agit sans doute que d'un insecte. Si on touche les deux à la fois, alors bingo !

Un coup suffit à terrasser l'animal. S'il ne meurt pas de suite, il arrive que l'escargore s'y colle et soit emmené un peu plus loin, le temps (fort bref) que le poison corrosif de sa bave n'ait raison de la bête, passant directement dans le sang. Après quoi il consomme méthodiquement sa proie. Le repas et la chasse prennent des jours, parfois des semaines, mais l'escargore est patient et résistant.

Il n'hésite pas à migrer, s'il le faut, vers un arbre ou les cadavres ne se sont pas accumulés ou pour se reproduire avec un autre escargore (ils sont hermaphrodites, comme tous les gastéropodes). Il sait qu'il n'est vulnérable que pendant les rares minutes où il est sur le dos, lorsqu'il tombe mal sur sa proie. C'est là que certains rapaces en profitent, tout comme moi pour la science... Et c'est bien fait !

Plusieurs expériences scientifiques m'ont appris que l'on doit, pour manger l'escargore, le faire bouillir et dégorger dans un long bain d'eau salée, sans quoi sa bave et ses sucs le rendent indigeste, voire mortel. Une fois bien cuit et parfumé par une délicate persillade, accommodée par exemple de tapenade ou d'anchois, on remarquera à peine le goût ammoniaqué de cette chair caoutchouteuse.

Posté par Elromanozo à 08:24 - Calembredaines - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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