mercredi 23 décembre 2009
Ya plus d'saisons...
Oui, j’avais fait un billet sur Noël le 21 juin 2006, pour le jour de la fête de la musique. En oui, j’avais trouvé drôle de faire ça au solstice d’été sur le solstice d’hiver ! Quoi qu'il en soit, joyeux Noël à tous ceux qui ont envie de passer un joyeux Noël.
Tiens, nous sommes bientôt le 25... Ne serait-ce pas le moment de parler de Noël ? Comment ça nous sommes en juin ? Mais ça n'est pas une excuse. Et puis là n'est pas la question de toutes façons... Si tout le monde faisait un peu plus attention aux fêtes ils ne s'agglutineraient pas dans les magasins au dernier moment... Et puis... Et puis j'ai envie de parler de Noël, alors j'en parle. Taisez-vous. Je sais ce que je dis.
De toutes façons, qui d'entre vous connaît par cœur le noms des rennes du Père Noël ? Ailleurs, certains enfants vous regarderaient d'un œil peiné. Pas triste, mais peiné pour vous. Bon, parce que je suis gentil, je vais vous les donner, moi, les noms des rennes. Le Père Noël possède huit rennes, plus un renne de tête doté d'un nez rouge luisant qui lui montre le chemin au travers des rudes intempéries hivernales.
Les huit rennes du traîneau s'appellent, dans l'ordre de leur licol, Dasher (Filant), Dancer (Danseur), Prancer (Sauteur), Vixen (Renarde), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Dunder (Brunerobe ou Brunpoil, parfois appelé Donner...) et Blitzen (Eclair, parfois appelé Blixen, sans doute à cause de l'auteur de Out of Africa...). Le renne de tête s'appelle Rudolph (Rodolphe) addition poétique de 1939 par Robert L. May.
C'est le beau frère du poète qui a composé la chanson de Rudolph le Renne au Nez Rouge que connaissent la plupart des enfants d'Amérique. Par ailleurs, tout de même, le Père Noël bénéficie d'une certaine amélioration de statut par rapport à son prédécesseur Saint Nicolas. N'oublions pas que celui-ci était seul et sans elfes pour apporter de maigres peins d'épices aux enfants, le cul posé sur son âne.
Bon. Continuez d'être sage les enfants, plus que six mois à tenir !
jeudi 17 décembre 2009
Let me give you a little tongue...
Mon amour pour les mots ne s’est jamais démenti, et surtout pas dans ce billet du 19 juin 2006. J’aime mon langage, les petits et les grands mots, les mots grossiers comme les mots prudes… Et qui aime bien châtie bien.
Je suis tout content d'avoir eu un beau livre pour mon anniversaire. Oui, ça fait très niais, quand on le dit comme ça... Mais je retombe en enfance : imaginez un peu, on vient de m'offrir un dictionnaire. J'adore ça ! J'en manquais justement. Le dictionnaire est un outil indispensable à chacun, et il est bon de le renouveler environ tous les dix ans en moyenne... Certains le gardent toute une vie, les écrivains et professeurs changent souvent.
Celui là est très bien. C'est le nouveau Littré, référence absolue de la langue française. Absolument imbattable sur l'étymologie, l'origine des mots, bref, la linguistique. Par contre ce n'est pas du tout un dictionnaire technique ni illustré, et il fait uniquement les mots communs... Ne lui demandez pas de définitions plus explicites et plus complètes que le style "Merisier : Cerisier sauvage. Bois dont on fait des meubles."
Il a tout de même une section annexe particulièrement instructive sur les néologismes. On peut constater que bien des barbarismes (courants ou non) y ont leur place, certains très usités ("Maronnasse"), très spécialisés ("Hard-core gamer"), et d'autres que l'on croirait déjà entrés dans le dictionnaire ("scénaristique"). On y trouve aussi quelques drôleries comme "Dieudonnerie" et "Raffarinade"...
Mais au delà de cette innocente nomenclature mutante se trouve toujours le spectre du Journalois (oui, un autre néologisme issu de cet ouvrage précieux). Il s'agit du parler journalistique, cette langue sensément efficace et simple qui, pour mieux "convoyer du sens", rend exsangue et sèche la belle langue qu'est la nôtre. Par bien des côtés, celle-ci rappelle la Novlangue (comme le fait remarquer l'exemple du Littré, d'ailleurs).
Rappelons ici ce qu'est la Novlangue, Newspeak en anglais. C'est un idiome inventé par George Orwell dans l'immortel 1984. Il en fait la langue officielle de son état totalitaire, une langue rapide dont toutes les nuances (et particulièrement celles qui sont subversives, pour en éliminer jusqu'au concept !) ont été élaguées avec l'ablation de mots jugés superflus, la simplification de la grammaire, bref, une agglutination à l'extrême.
Par exemple, pourquoi dire "mauvais" alors qu'on a déjà le mot "bon", et qu'il suffit de dire "inbon" ? Pourquoi dire "poux" et "canaux" alors qu'on a "pous" et "canals" ? On le voit, cette langue se rapproche du politiquement correct, dans le sens ou l'entendait Pierre Desproges : un aveugle est un non-voyant, un sourd un malentendant... On résout un problème cosmétique en appelant un chat un chien, en niant la réalité.
D'ailleurs, on entend régulièrement certains, pour rire, redire les mots courants de cette langue, parfois sans même avoir lu le livre : "C'est doubleplusbon" plutôt que "c'est meilleur". Il existe quantité de langages crées de cette façon. Le Japonais en fait partie, d'une certaine manière, de même que l'Espéranto (qui se veut un langage universel, dont les concepts et la grammaire sont modulaires et « faciles » d’un certain point de vue)...
Mais je m'égare. Je vous parlais de mots bien réels utilisés en dépit du bon sens, des horreurs employées pour rien à cause d'une méconnaissance du vocabulaire français. Pensez-vous, des mots qui sonnent faux, lourds et peu gracieux, lâchés couramment parce que certains abrutis ne connaissent pas le mot (pourtant usuel) qui se rapporte au concept qu'ils évoquent... Comme des pets ponctuant une logorrhée.
On les entend partout : Contraventionnaliser plutôt que verbaliser, Masculinisme plutôt que machisme, Quinzomadaire plutôt que bihebdomadaire, Rectilignité plutôt que droiture... N'importequoitesque au lieu de farfelu ! Ce sont de vraies ordures verbales, pas de ces mots qui auront l'espoir de passer dans la langue, tels méandreux (au lieu de sinueux), démoniser (pour diaboliser), ou à la limite hommager (écrire un hommage)...
Ces mots qui réinventent l'eau chaude m'agacent profondément. Si beaucoup de néologismes sont justifiés, plus encore sont l'expression d'un concept déjà parfaitement défini, comme cister (et cisteur, cistage...), c'est à dire s'adonner à la chasse aux objets sans valeur à l'aide d'énigmes, autrement dit le bon vieux cache-tampon, en version "adultes régressifs friqués ayant du temps à perdre". Pareil avec les anglicismes.
Dieu sait que je ne suis pas pour cette pantalonnade qu'a été la loi Toubon, et je suis pour l'évolution de la langue (Pantalonnade aussi a été un néologisme, à une époque), mais quand il existe un mot français parfaitement élégant et adapté, doit-on vraiment adopter la version microsoftienne ? Doit-on, même si l'on apprend l'anglais ou quelque autre lingua franca, abandonner pour autant des mots tout à fait valables ?
Que dire du mot forwarder, totalement synonyme de réexpédier ou transmettre ? De Gentryfication, pâle copie d'embourgeoisement ? D'un objet must-have, en fait indispensable ? Du move qui n'est en définitive qu'un mouvement ? D'un testing qui n'est autre qu'une expérience ou un test ? D'un slide-show qui starte et remplace impunément un diaporama qui commence ou bien débute ?
Mais je me tais, on va me prendre pour une vieille andouille faisant l'apologie inutile d'une langue française surannée que plus personne ne parle, pas même les français, et que le monde a largement abandonné au profit d'un idiome plus simple et plus universel comme l'anglais... Je ne vais même pas vous parler du langage SMS, cette ignominie cause d'une plus forte recrudescence des fautes, et pas uniquement chez les jeunes.
Il n'y a plus qu'une chose à dire : Choisissez vos mots avec soin…
mercredi 16 décembre 2009
Au delà du réel...
Le 12 juin 2006, I had a dream…
Interprétez vos rêves grâce à l'almanach des fermiers, plutôt que de faire confiance à Jung ou ce vieux pervers de Freud... Bien entendu aucun rapport avec quoi que ce soit de réel, mais plutôt une forme de divination apparentée à l'astrologie ou au Tarot : L'oniromancie est un vieil art de charlatan, apparenté à la lecture à froid et à l’effet puits… Mais c’est parfois très drôle.
Attention, ceci n'est censé concerner que les rêves faits lorsqu'on est calme, sobre, ni affamé ni trop repu, et qu'on n'a pas l'esprit "altéré par le vice". Autant dire que ça ne marche pour personne...
"Rêver de routes indique la fortune; si elle est claire et lumineuse, c'est une bonne fortune; si elle est sombre et sinistre, c'est une mauvaise fortune et le signe de futurs revirements. Les anneaux symbolisent le mariage, l'argent et l'amitié. Le serpent est le symbole de la fausseté de l'inimitié, et dénote les ennemis. Il devrait mettre sur ses gardes, car il avertit des problèmes, vexations et tracas. Le cercueil, emblème de mort, signifie une longue vie heureuse; c'est aussi un signe d'accroissement de ses propriétés par l'industrie, et annonce des nouvelles d'amis lointains. Le chien, symbole de fidélité, signifie les amis et la jalousie. Rêver de carrés indique paix et prospérité; de figures oblongues, des problèmes domestiques. Les lignes droites indiquent la paix, les voyages, le bonheur et une longue vie. Les lignes tordues et courbes indiquent des tracas; le triangle ou la couronne indiquent une fortune inopinée. Rêver de croix signifie la mort d'un ami, et dénote l'adversité, les épreuves et le malheur. Rêver de fleurs est un bon présage, cela implique la joie, le bonheur, des gains matériels rapides, un mariage prospère et une vie heureuse. Les lettres indiquent des nouvelles : claires et aisément lues, elles indiquent de bonne nouvelles. Rêver d'arbres évoque la bonne santé et les souhaits exaucés. Rêver de montagne indique des amis et la bonne fortune. Les nuages, le soleil, la lune et les étoiles dénotent le bonheur, la chance, les honneurs, un changement dans la vie, la respectabilité et l'industrie, selon leur luminosité. Rêver d'oiseaux est un bon présage; c'est le signe que la persévérance viendra à bout des difficultés. Rêver d'animaux en général (sauf le chien) est mauvais signe, signe de perte par vol, problèmes et difficultés, et que le rêveur devra recourir à la plus grande vigilance pour les surmonter. Rêver d'enfants est le signe de troubles dans la vie amoureuse; et de grandes dépenses arrivant sans prévenir. Rêver de femmes dénote la joie et le bonheur d'une façon générale. Rêver d'hommes indique des visiteurs, des cadeaux, etc. Rêver de vers ou de choses rampantes, d'horloges, de forêts ou de choses désagréables, signifie la rivalité en amour et en affaires, l'hypocrisie, la tromperie et la trahison d'amis. Rêver de poissons signifie qu'on va recevoir des nouvelles de l'étranger, la confiance de ses amis, les voyages et l'argent, les événements heureux, l'amélioration de ses affaires. Rêver de maisons ou de grandes villes indique un changement favorable de fortune, mais aussi la prudence dans toutes les situations. Rêver de voyage est signe d'embarras et de retards."
Ceci est un extrait de l'almanach du fermier du docteur MacDonald, publié en Amérique en 1918. Selon toute apparence, ce sont des présages simples à interpréter... Et pourtant ils contredisent l'interprétation traditionnelle des rêves selon les techniques de l'Inde ancienne ! En ce qui concerne le soleil, la lune et les étoiles, notamment, mais aussi les animaux.
Les textes traditionnels indiens considèrent que monter sur le dos d'une vache, d'un taureau ou d'un éléphant est de bon augure. Le soleil et la lune ne sont de bons présages que lorsqu'on les touche de la main. De même, ce n'est que si l'on grimpe sur une maison, une montagne ou dans un arbre que le rêve augure une bonne fortune. Rêver qu'on pleure ou qu'on est mort augure d'un avenir brillant.
Et je ne vous parle pas de l'interprétation babylonienne des rêves religieux, ni de la dimension psychologique de tout ça : chaque culture a ses propres grilles de décodage, et bien malin celui qui peut arriver à lire l'avenir dans les rêves plutôt que les vœux inconscients de personnalités endormies ! Les rêves ont un domaine ou chacun se trompe souvent, et surtout le rêveur. Il serait ridicule de se demander qui a raison.
Personnellement, j'aime les rêves parce que c'est agréable et que ça donne des idées, c'est pourquoi j'essaie toujours de me souvenir des miens. Je ne les prends pas comme des présages, ni forcément comme des manifestations de désirs plus profonds, mais tout simplement comme des histoires, des mines d'aventures et de dépaysement, des cadeaux de l'esprit qui se repose. Enfin, je rêve, tout simplement !
mardi 15 décembre 2009
Sérial qui leurre...
En ce moment, c’est la mode des psychopathes. C’est vrai quoi… On est passé du film archétypal sur le tueur en série, le Silence des Agneaux, a une pléthore de livres et de films sur Hannibal Lecter… Dans lesquels il joue un rôle certes ignoble, mais sommes toutes héroïque : On trouve toujours une justification à ce qu’il s’en sorte, et puis c’est un génie d’une immense culture… On l’envie presque !
Il y a régulièrement ce genre de choses dans les nombreuses séries sur la police scientifique. Et puis il y a Dexter, la série culte dans laquelle un psychopathe canalise ses pulsions meurtrières pour tuer les « véritables » monstres de la société. Non seulement il tue de manière horrible, mais il récidive froidement, s’arrogeant le rôle de l’enquêteur, du juge et du bourreau, comme au temps de l’inquisition espagnole… Et les gens applaudissent !
Bon, j’adore Dexter, j’aime beaucoup le Silence des Agneaux, Les Experts, et j’ai vu avec plaisir mon content de films de serial-killers (et même de slasher movies, qui parlent de tueurs de masse, et non de tueurs en série)… Mais je ne vais pas pour autant les idolâtrer ou même seulement croire qu’un tel individu, même s’il avait le même penchant justicier qu’un Dexter, serait bénéfique pour la société. D’autant que tout ça n’existe pas.
Enfin, les serial-killers, si. Mais CE genre de serial killer, c’est de la pure fiction : Un ramassis de clichés que le grand public gobe comme l’évangile… Oh, pas mal de films sont assez réalistes sur le mode opératoire des tueurs en série (le Silence des Agneaux, notamment, mais uniquement pour le tueur Buffalo Bill…), mais ça s’arrête là. Et il existe tant de films ou les modes opératoires sont fantaisistes, absurdes, idiots…
Des films comme la série des Saw, Dexter, ou même les multiples aventures du fameux Hannibal Lecter, tout cela induit en erreur, tant quant aux motivations du tueur en série, que sa nature, que son mode opératoire. En fin de compte, peu de gens savent réellement ce qu’est un tueur en série… Et, d’une certaine façon, tant mieux ; mais c’est tout de même agaçant de constater l’ignorance des masses sur un sujet que tous croient connaître.
Moi, j’ai beau ne pas être un expert, je sais que les tueurs en série ne sont monstrueux que par leur humanité, et surtout leur banalité… Ce sont des lâches, qui ne s’en prennent qu’aux plus faibles, par peur, et se trouvent des excuses largement débiles. Ils sont accrocs à un sentiment de domination exacerbée, uniquement parce qu’eux-mêmes sont des minables. Les VRAIS tueurs en série n’ont rien de fascinant, ils sont répugnants.
Qu’est-ce qui les rend donc si attractifs pour le grand public ? C’est que dans les films et les histoires, on les traite bien. Même lorsqu’on parle des tueurs en série qui ont réellement existé, on prend toujours des exceptions mythiques qui enflamment l’imagination, célèbres, comme Jack l’éventreur… Des gens qui semblent suprêmement intelligents, qui tuent pour des raisons mystiques, et se rient des policiers de leur temps.
Déjà, dans la réalité, intelligents, ils ne le sont pas. Le vrai Hannibal Lecter n’existe pas, pas en tant que tel. L’immense majorité des tueurs en série n’est ni plus ni moins qu’aussi bête que la moyenne… Et ceux qui sont plus intelligents ne le sont pas assez pour s’adapter à la société : Ils échouent dans leurs études, ne parviennent pas à garder un boulot, ou doivent se contenter d’un job de merde en dépit de leur intellect.
Oh, ils ont l’air intelligents, tous autant qu’ils sont… On pense qu’il faut être supérieur, en quelque sorte, pour commettre des meurtres sans se faire prendre. C’est exactement ce que pense le tueur en série, et c’est ce qui dissuade la plupart des gens de tenter de commettre un meurtre eux-mêmes. Mais ça n’est pas aussi vrai qu’on le croit. La vérité est que le simple anonymat des grandes villes suffit à couvrir la plupart des traces…
Par exemple, le célèbre Ted Bundy, sadique nécrophile archétype du tueur dominateur, était un loser narcissique et immature, misogyne mais beau parleur, n’ayant jamais réussi ses études de droit. Il se présentait à ses victimes sous son vrai nom, en plein jour. Il s’est fait prendre pour excès de vitesse dans sa coccinelle dorée (hyper discret)… Et il a lui-même autorisé le policier à fouiller son coffre, lequel contenait tout son petit matériel !
Du reste, c’est souvent sur un tel coup de chance qu’on arrête les tueurs en série. Parfois même, on n’était même pas au courant qu’ils opéraient. Récemment, en France, un tueur en série a avoué avoir tué un grand nombre de petites vieilles, en Savoie notamment, et s’est livré à la police… Tout le monde avait pris ça pour des accidents ou des morts de vieillesse ! On enquête moins sur les morts apparemment naturelles en maison de retraite…
On pourrait croire qu’il s’agit d’une exception… Ce n’en est une que parce que le tueur s’est livré. Bien entendu, les policiers font de leur mieux, mais la plupart des enquêtes d’arrêtent PAS les tueurs en série, à moins d’un coup de chance, d’une victime qui s’échappe, ou d’une dénonciation (généralement, ce sont des voisins qui se plaignent de l’odeur des cadavres, ce qui prouve bien que beaucoup de tueurs en série sont peu soigneux…).
Les outils que chacun a vu à la télévision sont certes utiles aux enquêteurs, mais ils ne servent qu’à réduire le champ des possibilités, et ils sont récents… Le « profiling », à supposer qu’il soit utilisé correctement, ne donne qu’une idée générale, et peut se tromper. Une empreinte ADN ne sert que si la personne a déjà été arrêtée et que son empreinte a été saisie. L’analyse de la scène de crime est encore le meilleur outil, mais ne fait pas tout…
Récemment encore, en Allemagne, ce qu’on avait pris pour une affaire de tueur en série n’en était pas une. A cause d’une contamination chez le fabricant, une même empreinte génétique s’était retrouvée sur divers instruments utilisés pour enquêter sur des homicides… La police a cru pendant des années qu’un mystérieux individu se trouvait sur les lieux de ces meurtres et leur échappait sans cesse !
De plus, ces techniques scientifiques prennent du temps (bien plus que dans les séries télévisées à la mode ! Il faut plusieurs mois pour effectuer certains tests…) et consomment une quantité d’argent phénoménale. En plus du matériel, cela requiert une formation spécifique… Il n’y a tout simplement pas assez de gens qualifiés pour enquêter sur tous les crimes de cette façon, surtout dans une grande ville ou il y a plusieurs homicides par jour !
D’ailleurs, le « profiling », parlons-en… Tout cela a des allures de pseudo-science intuitive, quasi médiumnique : Une célèbre profileuse du FBI se met à la place du tueur et tombe juste à tous les coups… S’il est possible de déduire certaines choses du mode opératoire d’un tueur, il faut pour cela des indices en grand nombre, et surtout quelque chose à déduire… Tous n’ont pas la lubie de laisser une carte de visite !
Le grand public a longtemps cru (et croit encore) que tous les tueurs en série sont de jeunes hommes blancs « entre 20 et 40 ans, issus de la classe moyenne »… C’est une idée reçue qui nous vient des premières études du FBI sur le sujet, dans les années 80, aujourd’hui surannées et déformées par les médias. Il est vrai que comme la majorité de la population américaine est blanche, la majorité de leurs tueurs en série est blanche aussi !
Il n’y a pas plus de tueurs en série blancs que noirs… Tout dépend du pays dans lequel vous vous trouvez, en fin de compte. En revanche, statistiquement, il y a plus de chances que ce soient des hommes entre 25 et 27 ans qui deviennent des tueurs sexuels (seuls 8% des tueurs en série sont des femmes, ces tendances se dégageant de nombreuses études psychologiques). Ce qui n’empêche pas d’en voir de tous âges et de tous sexes.
On ne repère donc pas si aisément un tueur en série : Il peut ressembler à n’importe qui. La plupart des tueurs sont arrêtés par hasard, même après avoir fait des dizaines de victimes. Certains (comme le tueur des vieilles dames cité plus haut) sévissent pendant fort longtemps parce que la police n’enquête pas sur les disparitions qu’ils occasionnent (fugueurs, minorités discriminées comme les homosexuels ou les prostituées…).
Il faut souvent attendre la quatrième ou cinquième victime pour que quelqu’un remarque qu’il y a effectivement un motif récurrent (et encore, quand il y en a un…). Et même alors, la police locale a tendance à nier l’évidence, particulièrement si ce ne sont que des marginaux qui disparaissent et que la nouvelle d’un tueur en série risque de déclencher la panique ou de limiter les revenus du tourisme…
On en revient aux manquements de la police… Qui n’en sont pas, en fait. Il serait ridicule de vouloir considérer chaque disparition comme signe d’un tueur en série, même si idéalement il faudrait l’envisager ; mais ceci n’est que conjecture, puisqu’on ne peut matériellement pas faire ce genre de choses : ça couterait trop cher, en hommes, en temps et en matériel, et ce serait inutile dans la plupart des cas.
D’autant qu’il n’y a souvent pas grand-chose qui relie les meurtres entre eux. Contrairement aux idées reçues, la majorité des tueurs en série ne conserve PAS le même mode opératoire, la même arme… Beaucoup improvisent largement. Un tueur peut utiliser un poignard pour un meurtre, et une arme à feu pour un autre, dénuder sa victime pour l’un, arracher les yeux de la suivante, « travailler » sans préoccupation de dates…
D’ailleurs, à propos de dates, le « tueur de la pleine lune », c’est du cinéma. Les tueurs en série suivent leurs pulsions, un point c’est tout… Ils ont besoin de tuer, ils le font quand ils ne peuvent plus résister ou quand quelqu’un brise leur fantasme de toute puissance en les contrariant, c’est complètement irrationnel. Presque aucun ne tue selon les versets de la Bible ou un calendrier précis, une date convenue, etc.
Les tueurs en série n’ont pas non plus d’antre ou de repaire désigné où ils emmènent leurs victimes… Enfin, il y en a, mais ça n’est pas obligatoire. Et même alors, il peut simplement s’agir de la banquette arrière de leur voiture. Il peut même s’agir d’un quartier. Il y a parfois une pièce spécialement aménagée dans leur maison, mais en définitive, le tueur en série tue n’importe où quand il se sent suffisamment… en sécurité !
Les victimes elles-mêmes peuvent paraître extrêmement variées. Les tueurs en série s’en prennent à des victimes faibles, ou qu’ils considèrent comme telles (les femmes à 80% les prostituées, les SDF, les homosexuels, les vieux, les enfants, les gens seuls ou petits…) parce qu’ils peuvent les dominer aisément… Même si un fantasme sexuel ou autre leur fait préférer un type de victime, ça reste large (les femmes noires, par exemple).
Hélas, beaucoup de ces personnes, isolées ou marginales, ne se remarquent pas, mortes ou vives, ou risquent déjà de subir d’autres crimes, ou ont tendance à disparaître seules (femmes seules, prostitués homosexuels, vieillards isolés, fugueurs réels ou supposés, handicapés…), les actes des tueurs en série sont ainsi noyés dans la masse des autres crimes, ou pris pour de simples disparitions, des règlements de comptes, etc.
Il est difficile de relier des meurtres entre eux lorsque les victimes sont de sexe, d’âge, d’apparence, de corpulence, de milieux différents, éloignées dans le temps et l’espace… Le tueur en série ne laisse pas forcément de signature et se fiche parfois même de qui il tue, et même s’il emporte parfois un « trophée », il peut simplement s’agir d’une photo, ou de quelque chose qui en manquera pas sur la scène du crime.
Pour toutes ces raisons, l’intelligence des tueurs en série, souvent largement plus bêtes que les enquêteurs, est assez surestimée dans la fiction comme dans les médias… Ils pensent tout simplement différemment, et pas toujours aussi logiquement qu’un ordinateur ! Et même en face d’un tueur en série, il est difficile de le reconnaître pour ce qu’il est, parce qu’ils sont habitués à dissimuler leurs pulsions pour paraître normaux.
En effet, ce ne sont pas des ogres ni des loups-garous, mais bien des êtres humains psychopathes (et non psychotiques : ils ne courent pas partout en hurlant, ils ne paniquent pas plus que les autres, ils raisonnent… Les idiots hallucinés tuent moins que les « sains d’esprit »). Ils ne se mettent pas en danger, ils savent ce qui est bien ou mal, mais ne culpabilisent pas pour autant, et s’estiment supérieurs aux lois de la société.
Ils savent se dissimuler parce qu’ils ont de l’entraînement… Non qu’il y ait une école pour ça, ou des « maîtres », mais, simplement, on ne devient pas tueur en série du jour au lendemain (comme dans Dexter)… C’est une pulsion innée, des fantasmes violents et morbides, ressassés pendant des années, qui obnubilent chaque jour un peu plus leur auteur. Ces fantasmes, même s’il y a des similarités, sont aussi variés que les tueurs.
Même si des abus répétés durant l’enfance peuvent jouer un rôle dans la construction d’un tueur en série, il ne faut jamais oublier que la plupart des enfants battus deviennent tout de même des adultes responsables, et rarement des tueurs en série ! Le tueur en série ne cède pas ne culpabilise pas, n’est pas un martyr ni un héros, c’est un monstre qui décide, un jour, consciemment et froidement, de tuer pour son plaisir, sexuel ou autre.
Mais il est bien entendu que, sachant cela, on peut tout à fait apprécier les belles histoires sur les tueurs sanglants dont on nous abreuve… Tout comme on peut aimer un bon antihéros, ou lire les contes de Grimm, qui regorgent d’être amoraux, de psychopathes et de prédateurs sexuels de tous poils. Seulement, si vous regardez ça parce que vous pensez que ça fait vrai, c’est raté.
C’est aussi réaliste que le petit chaperon rouge. Et même moins, par certains côtés…
samedi 12 décembre 2009
Jeu Troll ?
Je suis rôliste. J’en parle rarement (peut-être parce qu’il n’y a finalement pas grand monde qui connaisse vraiment… D’ailleurs Word ne connaît même pas le mot) mais j’en suis, des rangs de ces geeks particuliers qui aiment à se prendre momentanément pour des personnages fantastiques histoire de vivre, entre potes, une aventure merveilleuse… Vous ne savez toujours pas de quoi je parle ?
C’est comme World of Warcraft, mais sans cette mesquine limite qu’impose l’informatique, avec un vrai rôle à jouer, de la vraie subtilité, des enquêtes, et surtout avec de vraies interactions sociales. C’est dix mille fois mieux, et vous pouvez théoriquement y jouer simplement avec du papier, des crayons, éventuellement un dé, et des cerveaux en état de marche… C’est le Jeu de Rôles, et c’est juste la version avancée du « on dit que ».
Voilà qui devrait satisfaire votre curiosité… Si vous vous étiez posé la question à la dernière Saint Nicolas (c'est-à-dire samedi 5 dernier), vous auriez pu venir vous initier gratuitement et simplement, sans engagement, au jeu de rôle… A la Bibliothèque Nationale ! Eh oui, à la faveur de la journée portes ouvertes, l’exposition sur la légende du Roi Arthur accueillait une journée d’initiation rôliste… Une première absolue !
Il s’agissait de tables « ouvertes » avec meneurs de jeu bénévoles toujours prêts à expliquer comment ça marche ; on pouvait regarder, tourner autour, entrer dans le jeu, jouer 5 minutes, vingt minutes, le temps qu’on veut, sans aucune obligation… C’était organisé par la FFJDR (Fédération Française de Jeu De Rôle) et le collectif Imaginez.net, avec un jeu de rôle téléchargeable entièrement gratuit et hyper simple.
Pour faire clair, quiconque se prenait au jeu avait un personnage picaresque au choix (la vieille sorcière, l’astrologue de cour, le bucheron velu, la servante accorte, le brave chevalier, le noble peureux, le sergent de ville, le curé affable… et j’en passe) et vivait des aventures fantastiques dans une auberge médiévale, avec farfadets, loups-garous, diables, baladins, pèlerinages, preux et prouesses !
Le but de la manœuvre est de montrer que, pour jouer aux jeux de rôles, point n’est besoin d’acheter de lourds livres de règles compliqués ou de dépenser ses sous pour des dés ésotériques dans des boutiques spécialisées, ni même de s’acoquiner avec une secte : Cela peut être à la fois amusant et gratuit, si simple qu’on apprend en deux minutes, avec des dés que tout le monde connaît, et ça n’a de toutes façons rien à voir avec une dérive sectaire !
D’ailleurs ce fut un succès extraordinaire : Les tables n’ont pas désempli, et, comme nous avions organisé des parties plus longues de ce genre de jeu chevaleresque le soir, nous avons dû refuser du monde tant l’enthousiasme était grand ! Je le sais parce que j’y étais, en tant que meneur de jeu. Tout le monde s’est bien amusé, et chacun remerciait chaudement les meneurs de jeu à la fin.
Et c’est pour tout le monde, ce jeu, en plus… A ma table, ou je peux dire sans em vanter que chacun s’est amusé, j’ai eu des enfants de 7 ans, de 12 ans, des adolescents au lycée, des adultes qui avaient 20 ou 30 ans, et une bibliothécaire d’une quarantaine ou une cinquantaine d’années qui faisait sa première partie, et a tellement aimé qu’elle va désormais faire une place aux jeux de rôles dans la médiathèque qu’elle dirige !
J’aurais voulu vous y voir. Mais je ne vous en avais pas parlé… Pourquoi ? Je m’interroge encore. Peut-être que je ne suis pas habitué à parler de ma vie privée sur Internet. Peut-être que je n’imaginais pas ce blog comme instrument de promotion. Peut-être aussi que j’ai l’habitude de en pas parler de mes activités rôlistiques, lassé de faire face, depuis mon plus jeune âge, à un mur d’incompréhension, voire d’intolérance.
Le jeu de rôle, dans les années 80, personne ne connaissait, donc on vous prenait pour un fou ou un extraterrestre quand vous le mentionniez. J’étais alors à l’école. Dans les années 90, le jeu de rôle avait plus ou moins acquis une réputation sulfureuse à cause d’émissions idiotes du genre Ras les Basques… Alors bon, ceux qui connaissaient déjà se retrouvaient, mais beaucoup d’autres voyaient ça avec méfiance.
Est-ce que, par réflexe social involontaire, j’ai caché une information qui pouvait m’ostraciser, même si, au fond, elle ne m’ostracise pas trop ? Un peu comme un gay qui, quand on lui demande s’il est marié, répond simplement « non » et omet de dire que de toutes façons il n’a pas le droit à cause de sa sexualité, alors qu’il devrait le dire, ne serait-ce que pour corriger le postulat de départ ?
Possible. Peu importe, j’en parle maintenant. Et j’espère que vous serez nombreux aux journées d’initiations qui viendront plus tard (un jour, forcément… celle-ci, la première, a été un succès, et cela fait longtemps que la BNF publie des jeux de rôles gratuits à télécharger pour aller avec ses expositions, figurez-vous !) parce que le jeu de rôle gagne a être connu ! D’ailleurs il n’y a pas que moi qui le dit, Alexandre Astier aussi.
Le Jeu de Rôles, c'est bien, c'est inoffensif, c'est responsabilisant, c'est social, c'est créatif, c'est entre amis, c'est un meilleur passe-temps que de rester toute la journée devant un écran, c'est pour tous les âges...
Bref, c'est bon, mangez-en.
lundi 30 novembre 2009
H1N1, G1RQ...
En cette période d’alarmisme médiatique, la propagande de la grippe A est passée à la vitesse supérieure… On nous parle des mutations inquiétantes du Virus H1N1 un peu partout, des prévisions du « pic » de l’épidémie, des gens qui viennent se faire vacciner de plus en plus nombreux, et des médecins qui veulent à toute force pouvoir vacciner eux-mêmes leurs patients…
STOP ! J’ai toute confiance en la vaccination, et je ne fais pas partie de ces illuminés qui refusent de vacciner leurs gosses parce qu’ils pensent que c’est une conspiration pour éliminer les pauvres, ou pour créer des maladies, ou des allergies, ou je ne sais quoi encore, tout ça parce qu’ils n’ont jamais vu à quoi la vie ressemblait AVANT la vaccination… Mais arrêtons-nous et réfléchissons un peu avant de nous injecter CE vaccin.
La grippe A, est-ce que c’est vraiment dangereux, déjà ? En un mot comme en cent, non. De nombreuses sources médicales faisant autorité (y compris des relations que j’ai parmi les professionnels de la santé, mais aussi des sources plus officielles) confirment que la grippe A est moins virulente, moins mortelle que la grippe saisonnière. Elle est juste plus contagieuse, et encore.
Et puis d’abord, ce vaccin est il vraiment efficace ? Eh bien, sans doute pas trop. En fait, le vaccin contre la grippe saisonnière est lui-même peu efficace. Mais celui-là ? On ne sait pas. Pourquoi on ne sait pas ? Parce qu’il n’a pas été testé ! C’est une info un peu passée à la trappe mais qui a pourtant été dite très officiellement au début de cette « crise » : Le vaccin a été fait dans l’urgence. Il est donc testé… En ce moment.
En plus, le vaccin de la grippe saisonnière a la réputation (très justifiée, j’en ai fait l’expérience !) de provoquer des réactions et effets secondaires qui rendent parfois aussi malade que la maladie elle-même. Idem pour celui de la grippe A, en fait : Il y a déjà eu des cas. Comme pour la grippe saisonnière, ils sont rares, mais quand vous en faites les frais ça n’est vraiment pas rigolo…
Beaucoup de médecins se méfient du vaccin… Pourtant, les médecins voudraient bien pouvoir piquer leurs patients eux-mêmes… D’où vient cette contradiction ? Un médecin que je connais a bien voulu me répondre : Le vaccin, si peu efficace soit-il, peut vraiment aider à enrayer l’épidémie, si bénigne soit-elle… Et aussi on les paierait pour piquer et rassurer leurs patients affolés par les médias. C’est tout bénef, pour eux !
Encore une autre raison, s’il en est, de en pas se faire vacciner : Même si c’était efficace (ce qui n’est pas prouvé), même si c’était autre chose qu’une magouille politico-médiatique ou une histoire de concurrence entre labos, même si la grippe A était mortelle à 100%… On est presque arrivé au pic de l’épidémie ! On doit se faire vacciner DEUX FOIS à 21 jours d’intervalles pour que ce soit efficace. C’est donc un peu tard !
Enfin, dernière raison, à mon sens la plus valable, de ne pas passer par les dispensaires agréés qui injectent les gens… Les gens sont cons. Ils y vont tous en même temps, vous poireauterez cinq heures pour vous faire piquer douloureusement par une infirmière qui en a marre et doute de l’efficacité du truc, le tout au milieu de gens malades (par définition, ça pullule dans les hôpitaux…) qui vont vous refiler eux-mêmes la grippe A ou pire.
Allons, réveillez-vous, gardez ce salutaire réflexe d’emmerder le gouvernement, et réfléchissez : La plupart des gens passent carrément au travers de la grippe saisonnière chaque année (moi ça fait depuis que je suis tout jeune que je n’en ai pas eu, de grippe)… Et la grippe A est à l’heure actuelle encore plus rare et encore moins virulente que ladite grippe, mutations ou pas.
Et puis, vous faites confiance à Roselyne Bachelot, vous ? Moi non.
vendredi 27 novembre 2009
Perestroïka Pride...
Le 11 juin 2006, les russes étaient tous d’ignobles homophobes (sauf les gays, et encore), prêts à emmener manu militari les pédés au goulag. La situation n’a pas changé d’un poil. J’exagère, il y en a certains qui sont ouverts d’esprit… Mais ça n’a pas l’air d’être le cas général.
"Trois quarts des Russes approuvent la décision d'interdire la gay-pride de Moscou". C'est le titre de la dépêche qui rapporte le sondage Russe. Plein de chiffres intéressants, du genre "même si plein de gens sont contre les homosexuels, d'autres n'ont rien contre mais pensent que ça n'est pas naturel et que ça ne leur rend pas service de marcher dans les rues comme ça...». Je note qu'aucun homo n'ose se dire homo dans le sondage.
La Russie n'est pas connue pour diffuser des informations fiables sur quoi que ce soit, surtout quand ça va mal, mais admettons. La situation était identique aux Etats-Unis entre 1969 et 1973, et, on le voit à la croisade anti-gay de leur président, les mentalités n'ont pas encore fini de changer. Rappelons que l'homosexualité n'a été dépénalisée en France qu'en 1981, ce qui fait 25 ans tout rond... C'est affreusement récent.
Entre les popes qui chassent le juif à leurs moments perdus, les autorités répressives, la pauvreté perpétuelle qui s'est à peine arrangée depuis la chute du communisme, la mafia russe impitoyable pour qui l'homosexualité paie moins que le crime et la mentalité générale qui veut que les pédés, ça se casse plus que les bouteilles de vodka, il y a quand même du boulot.
C'est comme pour le Pape et l'Eglise Catholique, personne de sensé ne pense honnêtement que, du jour au lendemain, il y aura une gay-pride vaticane. Je sais bien que les églises orthodoxes ressemblent à des godemichés, que le stéréotype veut que les prêtres soient tous pédés, pédophiles ou les deux, mais sérieusement, de la part de l'Ours Russe, vous ne vous attendiez tout de même pas à une Bear Pride, si ?
Je réponds donc à tous ceux qui marchent à Paris pour protester contre l'homophobie des slaves : souvenez-vous de la paille et de la poutre. Les mentalités ne changent pas en un instant, surtout pas dans un pays comme la Russie. Je ne m'adresse pas à ceux qui font ça par soutien ou parce qu'il ne "faut pas mollir", mais à ceux qui croient qu'à cause de leur petite manif tout va s'arranger d'un coup.
Ne riez pas, il y en a ! J'en ai connu. Exemple parfait : George Bush a fait deux mandats, et personne ne s’est soucié des étudiants français qui manifestaient contre lui… Parce qu’ils étaient à des milliers de kilomètres et n’avaient aucune influence, électorale ou autre ! Oui, c’est très bien de marcher. Oui, c’est très bien de militer. Mais on n'arrange pas les choses simplement en disant "ah ouh les cornes".
jeudi 26 novembre 2009
Mais que fait George Clooney ?
Le 10 juin 2006, les hôpitaux de France allaient mal. Alors que le SIDA n’est pas encore enrayé et que l’on nous bourre le mou avec moult épidémies médiatisées, du Chikun… Chikou… Bref, de maladies graves à d’autres semi-imaginaires comme la grippe du machintruc, la situation n’a pas changé. Aujourd’hui, on nous bassine juste encore plus avec la prévention.
L’espoir du gouvernement est peut-être que si les gens se lavent les mains et ne sortent plus, ils tomberont moins malades et dépenseront moins les sous de l’état en soins, et plus leurs propres sous en parapharmacie, produits antibactériens, lingettes antiseptiques, masques filtrants… Après tout, le savon, c’est pas remboursé par la sécu. Non seulement c’est pathétique, mais c’est un mauvais calcul…
Enfin passons, ce n’est pas (exactement) de ça qu’on parle.
Ah, le monde merveilleux des urgences parisiennes... J'étais inopinément à l'hôpital Bichat, non pour moi-même mais pour accompagner quelqu'un qui avait fait une subite crise de tombéd'unescabeautite aiguë. Une maladie courante et néanmoins dangereuse que l'on contracte le plus souvent en faisant l'andouille en hauteur pour accrocher des tableaux, des guirlandes d'anniversaire, changer des ampoules, etc.
Il a fallu attendre environ cinq heures qu'un médecin daigne examiner la plaie occipitale ouverte (!!!), ce qui est un délai normal (enfin disons "habituel" bien qu'aberrant) dans la plupart des services d'urgences lorsque la victime n'est pas en train d'agoniser. Et encore, Bichat a les deuxièmes plus grandes urgences de Paris. On nous dit qu'il y a trop de médecins en France alors que les couloirs sont remplis uniquement de patients qui attendent...
Cette situation paradoxale m'a permis d'étudier la faune locale, entre deux cris inarticulés de la grasse harpie malienne de l'accueil ("Je sais pas, vous voyez pas que je suis occupée ? Ne m'agressez pas ! Je peux rien faire, c'est pas moi qui..."). Soit dit en passant, c'est le seul rôle de l'accueil : permettre aux rares médecins de boire un café entre deux patients et d'arriver en "sauveurs" lorsqu'ils viennent la houspiller, prenant le parti du patient.
Comme on l'a vu, "patient" n'est pas un vain mot. Parmi eux on trouve certains types inévitables : le clochard qui est tombé ou s'est fait agresser, et qui continue de mendier dans la salle d'attente; le vieux avec des trucs genre décapsuleur en plastique qui dépassent de la poitrine; la vieille dame tyrannique ne parlant pas français et sa fille soumise, qui interprète et tempère les propos visiblement méprisants de l'impotente grabataire...
Il y a aussi un ou deux enfants avec un jouet absurde coincé dans un orifice au hasard (ou même ailleurs), l'adolescente tendance mais un peu grassouillette qui baisse les yeux et vient aux urgences "parce qu'elle a mal au ventre"... N'oublions pas le type complètement crevé qui bave dans un coin, et le groupe de blacks qui ont l'air en parfaite santé mais regardent tous le sport à la télé (un match qu'on a mis pour couvrir les cris...).
Presque toujours, on trouve une gentille dame un peu âgée qui vient dire d'une voix douce que telle ou telle partie du corps lui fait mal, mais qu'elle ne veut pas déranger. Au contraire, il y a ceux qui crient, surtout les familles qui viennent voir leurs proches admis en urgence et à qui personne ne dit rien, jamais. Si vous êtes encore capable de rouspéter, vous êtes probablement là pour rien de toute façon !
De temps en temps, un ambulancier arrive pour prendre une série de cafés de ses doigts agiles pour lui et ses collègues. On peut aussi croiser un pompier tout en pectoraux, plus gonflé que l'agent de sécurité. Au dehors, chacun se sert de son portable (bien que ce soit aussi le cas à l'intérieur en dépit de l'interdiction), et on croise plus d'internes en train de fumer que dans les couloirs à soigner les malades...
Ce qui est clair c'est qu'on ne peut pas soigner tout le monde, et que le tri est fait soit par les pompiers et les ambulanciers (parfois très sexys mais rarement aussi qualifiés qu'un médecin), soit par l'infirmière d'accueil (idem)... Conseil : pour augmenter vos chances d'être traité en premier, si votre blessure n'est pas trop grave ou ne saigne pas assez, éventrez-vous avec un couteau à pain. C'est la seule chose à faire...
Yak Rivais, Yillustrais aussi...
Le 9 juin 2006, un billet nostalgique… Une fois n’est pas coutume !
Les blogs du Loupil et de Miss Poivert (voir ma liste de blogs ou c'que faut y aller, juste à côté) m'ont gentiment plongé dans l'atmosphère doucereuse de l'enfance, nostalgie qui vaut tous le lexomil du monde, en parlant des mots-valises. Figurez-vous que quand j'étais petit (ce qui était il n'y a pas si longtemps... d'autant que je mesure encore moins de 1m75), j'étais fan de Yak Rivais.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Yak Rivais est professeur (à présent à la retraite, du moins je l'espère pour lui) et écrivain joueur de mots qui a fait les riches heures de l'Ecole des Loisirs, maison d'édition qui aime les enfants. C'est pour ses élèves qu'il a écrit, entre autres, "Les contes du miroir" et "les sorcières sont NRV", deux recueils d'histoires, chacune basée sur un jeu de mot ou de lettre différent.
Il y a par exemple une histoire entière en calligrammes, une histoire semée d'artabanismes, une histoire ou chaque mot commence par la dernière lettre du mot qui le précède, une histoire dans laquelle chaque phrase dissimule un prénom, une histoire caviardée à partir du petit chaperon rouge de Perrault, une histoire en calembours, et de nombreuses autres encore... Et bien entendu une histoire en mots-valises.
Yak Rivais illustre aussi ses livres, ce qui lui permet de s'adonner aux rébus. Il est aussi le père de livres tels "Guide Zinzin d'Histoire de France, de l'à peu préhistoire au monde contempourien", de "Moi pas grand mais moi malin" (Un livre pour enfant entièrement écrit sans la lettre E, façon Perec…), du "Métro mé pas trop" (un spectacle pour fêtes d'écoles à la Raymond Queneau), et bien sûr des enfantastiques.
La longue série des enfantastiques n'a pas vraiment de jeux de mots, à part dans le titre. Enfin si, à l'occasion, mais ça n'est pas le but premier. Il s'agit d'une série de contes contemporains dont les héros sont tous élèves de ses classes dans son école près de la place de la Contrescarpe : Chaque élève fait montre d'un pouvoir extraordinaire et original, prétexte à histoire. Il paraît évident qu'il a été élevé au lait de Gripari...
Qui n'a rêvé, honnêtement, d'avoir un tel professeur ? Chacun devrait acheter son ouvrage sur les mots-valises pour ses enfants, ses nièces, voire pour le donner à n'importe qui en passant devant une école primaire. Mon exemplaire est tout écorné... C'est "le Rhinocérossignol et autres animots-valises", depuis réécrit et augmenté en "Le Rhinocérossignol et le Coca-Koala". Offrez-le, vous ferez aimer le français.
Mais ce serait vous bouder le plaisir de le lire en premier : Comment résister devant un savoir aussi indispensable que les moeurs de l'escargodasse (un pataugastéropode), la moralité de la fable de la cigalipette et de la fourmilitaire, de l'histoire de ces deux jumots-valises que sont le pangolin et le pangolautre, et de l'étendue de la famille des poux (poupulaire, poubelle, poudingue, hippoupotame...) ?
Achetez-le donc et rangez-le dans votre bibliothèque, à S comme Superflutile.
jeudi 12 novembre 2009
Astroboy, suite...
Au cas où vous douteriez encore que les "scientifiques" du Vatican ne soient pas des gens sérieux, voici la vidéo de l'intervention du père Balducci, qui siège à la Curie du Vatican (c'est à dire le corps législatif du Vatican, en quelque sorte...), et qui s'exprime sur la "question" de foi des extraterrestres...
Il déblatère des énormités, éructe une litanie pseudo-scientifique qu'un enfant de dix ans pourrait réfuter, utilisant un "vieux proverbe" issu du darwinisme le plus pur, pour avancer pour le moins témérairement que les habitants des autres planètes sont peut-être des anges... Voire même des anges déchus !
Et c'est ce genre de personnes qui commandite les conférences sur "l'Astrobiologie" et en établit le programme.
Qu'est-ce que vous voulez dire de plus ?









