Cette année, comme chaque année, le Pape y est allé de son petit discours de Noël...

Noël est une fête ancienne piratée jusqu'à l'os par la chrétienté (à tel point que beaucoup de chrétiens se demandent pourquoi tant de non-chrétiens fêtent aussi le 25 décembre... Les imbéciles...) en tant que naissance de leur messie. C'est donc un peu le fond de commerce du Pape que de se manifester à cette époque de l'année.

Il en profite pour mettre son grain de sel là où il ne faut pas, généralement dans un long discours-fleuve où il prie pour l'âme de plein de gens qui ne lui ont rien demandé, comme si ça faisait une différence (autre qu'insulter ceux qui "vivent dans le péché" en soulignant qu'ils ont besoin qu'on prie pour eux ou qu'on les "pardonne").

Cette année, on retiendra trois points saillants de son discours...

1) Il faut s'éloigner du côté marchand et du matérialisme de la fête de Noël, nous dit Ratzinger... Précisons qu'il se tient dans l'une des plus grandes et plus riches églises du monde, à la tête d'un empire financier, et que, au moment de prononcer son discours, il est littéralement vêtu d'une robe cousue d'or, et il tient une crosse ornée d'une croix ciselée et incrustée de pierreries.

Il faut retrouver l'humilité et la simplicité, et éviter l'ostentation, dit le Pape dans les vêtements que l'on sait... Homme de pouvoir dont la moindre parole influence des millions de gens sur Terre, à la tête d'une théocratie autoritaire et pourtant respectée, il est aussi à l'heure actuelle le seul homme au monde à se prétendre infaillible depuis que Kim jong-il est mort (à moins que j'aie manqué un dictateur quelque part).

2) Le Pape a prié pour la Syrie et les pays d'Afrique, et a appelé de ses vœux leur stabilité et la fin des atrocités... Utilisant une méthode notoirement inefficace de régler les problèmes, à savoir dire à son "ami invisible" que "ah lala, ma bonne dame, c'est pas bien". Notre cher Benoît est quand-même assis sur quelque milliards d'euros, il est donc loin d'être démuni... Pire, il est responsable des deux problèmes les plus graves en Afrique : la propagation du SIDA et la soumission des femmes.

Nous n'allons pas revenir sur les directives catholiques concernant le préservatif, sur les conversions forcées pour recevoir les traitements dans les hôpitaux religieux (presque tous, en l'occurrence)... Par ailleurs notre pape au sourire si doux a aussi prié pour les victimes des inondations et demandé à son dieu de leur venir en aide. Eh bien, c'est un peu tard, voire un peu futile si "sa volonté" était de provoquer une catastrophe en premier lieu !

3) Selon le Pape, il faut (je cite) : "descendre du cheval de notre raison libérale, (...) déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel". Eh oui, vous avez bien lu... Au XXIe siècle, le Pape vient de proclamer et de prouver (si besoin en était) que la religion archaïque qu'il représente est consciente du fait qu'il existe une dichotomie entre la foi et la raison... Et qu'il opte clairement pour le rejet de la raison !

Devant ces trois obscénités, je pense qu'il n'est point besoin d'en dire plus...

Passe encore qu'on soit "spirituel" ou "déiste", du moment qu'on se sert de sa tête par ailleurs... Mais qui peut encore de nos jours se dire sérieusement catholique ?

urbi et orbi 2011