Moi non plus je n'en ai aucune idée... C'est un petit peu tôt, non ?

Pourtant, c'est la question qu'on m'a posée récemment encore. Et on me l'avait posée déjà il y a à peu près un an. C'est en tout cas la question que se posent les hommes et les femmes politiques en ce moment : Pour qui les veaux... Pardon, les Français vont-ils voter en 2012 ? Chacun se place, plus ou moins opportunément, plus ou moins adroitement (voire carrément mal) dans une course qui a commencé... Quand déjà ? En 2007, probablement... Ou avant.

Bien sûr, nous aimerions tous croire que les politiciens sont des gens au dessus du commun, qui prennent de bonnes décisions et calculent douze coups à l'avance aux échecs... Qu'ils sont brillants et qu'ils pourraient réussir dans n'importe quoi, mais qu'ils se consacrent à la politique pour servir leur pays, la République, et par amour de leur prochain... Oh, il y a de ça. On est toujours idéaliste, au début, et on ne se lance pas là-dedans sans éprouver une certaine obsession pour la chose publique...

Mais la vérité c'est que les politiciens sont humains, et fort limités... Ce ne sont que des gens généralement éduqués et issus de a classe supérieure, tout aussi stupides, globalement, que les gens du même âge et de la même catégorie sociale dans leur pays. Ils prennent le même genre de décisions irrationnelles, font les mêmes erreurs, ont les mêmes préjugés, ou peu s'en faut... Nous avons côtoyé des gens comme eux, tôt ou tard.

Hélas, je ne pense pas qu'il y ait plus de génies de la politique que de tout autre corps de métier, il serait donc présomptueux de penser que tous les politiques sont tous des génies ! Devenir connu, pour un politicien, ne nécessite pas d'être intelligent... Juste roublard, présentant bien, et bien entouré. Voyez certains de ceux que l'on a fait passer pour présidentiables, ces derniers temps... Mélenchon, Hollande, Royal, Bayrou ? Laissez-moi rire.

Le premier qui racole les épiciers à coups de sentences Lepénistes du genre "tous pourris" et "les journaleux sont tous des fouille-merdes", le deuxième qui a autant de charisme que le fils bâtard d'un comptable et d'une serviette-éponge, on a déjà établi la rare stupidité de la troisième, et le dernier n'est que l'hypocrite et orgueilleuse petite frappe de la politique, qui veut s'arroger le statut d'opposition, de troisième homme, alors qu'il n'est qu'un figurant clownesque.

Des gens pas forcément totalement cons, je vous l'accorde (encore que...), mais bien moins intelligents qu'ils ne le pensent eux-mêmes. Et ça se voit. Quant à la droite... Nicolas Sarkozy en 2005 ne faisait pas non plus le fier. Il avait bien redoré son image de traitre à la petite semaine en deux ans. Non qu'il ait des raisons de se pavaner à présent, en dépit d'un bilan de crise pas trop négatif... Et aujourd'hui, les "gradés" de l'UMP ne sont pas exactement les plus fins du lot.

Oui, les hommes politiques sont capables du meilleur comme du pire, et aussi d'actes privés qui dépassent les jugements de valeurs... à l'instar de tous les autres humains ! On les y autorise plus ou moins, selon leur culture, leur pays. Sans aller jusqu'à parler des dictateurs, voyez les maîtresses de Jacques Chirac, la fille cachée de François Mitterrand... A côté, la vie privée de Nicolas Sarkozy, pourtant étalée partout, est plutôt moins dissolue !

Voyez cet homme brillant, Dominique Strauss Kahn, se complaire dans des histoires de fesses que certains jugent sordides (et d'autres distrayantes)... Est-ce le pouvoir qui lui monte à la tête ? Je penche plutôt pour la libido. Quiconque veut baiser utilise les moyens à sa disposition : S'il est riche et puissant, il a tendance à penser que ça lui ouvre des portes (et c'est le cas). S'il est pauvre, il baisera de la même manière, autant qu'il le peut, mais avec moins de moyens, voilà tout.

Le pouvoir est-il lié au sexe, comme l'argent ? Assurément. Est-ce qu'un homme qui acquiert du pouvoir et de l'argent se transforme en obsédé sexuel ? Absolument pas. Il a juste plus de latitude pour pratiquer son hobby... Va-t-il se mettre à croire que tout s'achète et qu'on en peut rien lui refuser ? C'est courant, ça s'est vu... Mais ça n'est pas lié qu'au sexe, loin s'en faut. Simplement, on ne parle pas des obsessions débiles qui ne font pas vendre les journaux !

C'est donc un fait établi, les politiciens français sont des cons, comme tous les autres Français, ou à peine moins pour des raisons de formation et d'éducation... ce n'est pas glorieux, ce n'est pas honteux non plus. On a les dirigeants qu'on mérite, c'est le mieux qu'on puisse faire. Cela tient, je pense, à la nature même de la République. Je tiens à préciser que je suis un fervent partisan de ce système, car il me semble que c'est le moins mauvais de tous...

Est-il bon ? Pas vraiment. Est-il perfectible ? Sans aucun doute. Comment ? Je n'en sais rien. Voyez-vous, la démocratie "pure", c'est donner le pouvoir au peuple, de par la simple reconnaissance du fait que tout pouvoir politique ne peut provenir que du peuple (qui ne fait pas ce qu'on lui dit s'il n'est pas d'accord). Or, le peuple est complètement con... Si, si, je vous jure. C'est le genre à élire Hitler, voire à élire George W. Bush... deux fois, c'est dire !

Il apparaît donc que le peuple ne doit jamais exercer le pouvoir directement, mais que ses dirigeants doivent cependant avoir, à ses yeux, une légitimité. Et quelle meilleure légitimité que celle du choix ? D'où l'invention de la République, système ou le peuple élit plus ou moins directement (selon les cas, selon les pays) des représentants, avec de préférence des systèmes (plus ou moins efficaces, qui sont plus ou moins de la poudre aux yeux) de contre-pouvoirs entre les différents groupes.

Cependant, ce système, si intéressant qu'il soit, nécessite des élections régulières... Très régulières... Pour confirmer la légitimité des dirigeants. Les dirigeants doivent donc séduire les foules régulièrement. Or, les fruits de toute politique, surtout économique, ne se sentent réellement que sur le long terme... dix ou vingt ans, le plus souvent. Le peuple exige des résultats immédiats, des changements importants, impossibles à obtenir. D'où, disparité. Voire contradiction.

On dit souvent que "plus ça change et plus c'est la même chose", en politique... cela tient à trois choses. La première, on vient d'en parler, c'est que les changements réels sont fort lents. Objectivement, les choses ont changé depuis les années 50... La seconde, c'est que si on change de dirigeant tous les cinq ou dix ans "pour cause de non changement apparent", il n'y a pas vraiment de continuité dans la politique. La troisième, c'est que les politiciens ne sont pas rémunérés au résultat.

Quelle est la récompense, la réussite du politicien ? Être élu. Comment l'obtenir ? Par des résultats concrets ? C'est impossible, ou improbable, même avec la meilleure politique du monde : ça prendrait trop de temps ! Non, le plus sûr moyen (souvent le seul) c'est de persuader, de séduire, en donnat de fausses raisons aux gens pour leur dire pourquoi ça ne marche pas. Il apparaît assez vite à l'esprit même peu aiguisé que le politicien le mieux intentionné est, par définition, menteur.

Je ne parle pas du lobbying ni de la corruption, qui sont des perversions du système... Non, je parle de quelque chose d'intrinsèque aux institutions. Voilà pourquoi, à l'heure actuelle, la politique, la vraie, est faite par des fonctionnaires de l'ombre, dirigeants inamovibles absolument pas élus, qui exercent sous les ministres qui vont et viennent, aux côtés des députés à siège éjectable... Ils savent où tout se trouve, eux.

Peut-on changer le système ? Peut-on payer les politiciens "après résultat", ou en fonction de ceux-ci ? Comment tenir compte du fait que le meilleur plan et la meilleure politique peut rater à cause de circonstances internationales indépendantes de la volonté de quiconque ? Comment évaluer, à chaud et au milieu des mensonges adverses, ce que fait un homme politique, sachant qu'on est dans le domaine de la futurologie et qu'on peut toujours dire "s'il n'avait pas été là, qu'est-ce que ça aurait été..." ?

Et surtout... Quel panel d'expert serait chargé d'évaluer tout ça en toute impartialité ? Quels experts auraient l'aval du peuple ? On en peut tout de même pas les élire, eux aussi... Non, décidément, tout ça est à peu près insoluble. La seule consolation, bien maigre, c'est que nos politiciens "maison", s'ils ne sont pas Obamesques, ont quand-même la grande classe par rapport à Silvio Berlusconi. Celui-là, il fait vraiment très fort question stupidité, mensonge, corruption et libido déplacée...

Quant à mon vote pour 2012, eh bien j'attends déjà de voir les vrais candidats et les vraies propositions. Qui sait, peut-être que cette année, on en aura...

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