Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

vendredi 6 novembre 2009

Question de statue.

Pour paraphraser Desproges, John Grisham (que j’ai fini par lire un peu !) est coupable d’écrire de la merde… Mais la lecture d’un de ses livres vous en convaincra mieux que moi. Mieux encore : Croyez-moi sur parole et ne perdez pas un temps précieux ; il y a, dans la vie, des expériences inutiles…J’admet volontiers qu’il écrit un peu mieux que Dan Brown, mais ça n’est pas un critère !

Je ne perdrai pas mon temps à cracher sur Twilight, Harry Potter, et autres bouquins clonés comme la série SAS, James Bond ou Harlequin… Cela n’a strictement aucun intérêt. Tout le monde sait que c’est nul, pourtant, ça se vend hyper bien… Quant à ce billet du 31 mai 2006, qui narre une histoire édifiante de l’imbécillité humaine qui court toujours, puisse-t-il vous distraire un peu plus qu’il ne vous déprime.

John Grishham, à la fois bon paroissien et bon fils d'Oxford, Mississippi (oui, parce que l'Oxford en Angleterre, hein, faut pas pousser non plus), est un écrivain. Un bon écrivain ? Sans doute, puisque le succès fou de ses pavés à lettres dorées sur la couverture ne s'est jamais démenti et que la plupart ont été adaptés au cinéma (dont "La Firme"). En plus il est assez sexy. Et riche, maintenant qu'il a du succès.

Mais quand même, il est un peu étrange. Oh, pas comme Michael Jackson ou les personnages de Stephen King, pas même comme le Kane d'Orson Welles, mais bizarre quand même. Il faut savoir qu'Oxford est une petite ville extrêmement littéraire. Le nombre de maisons d'édition et d'auteurs, amateurs ou non, y est faramineux pour une si petite bourgade. C'est dû au nom (c'était d'ailleurs fait exprès), et aussi à ce que Faulkner y est né.

Il y a vécu, et puis il en est parti parce qu'il méprisait avec élégance les crétins de cette ville (c'est à dire les 99% de ses habitants) qui ne comprenaient rien à son œuvre. Il est d'ailleurs mort pauvre, parce que les gens qui pouvaient le comprendre étaient très peu nombreux. Et c'est d'ailleurs toujours le cas. Bien que ce fut un homme très privé, et contre la volonté de la famille, il y a une statue de cet auteur sur je ne sais plus quelle place.

Il est évident que Faulkner pousserait les hauts cris s'il pouvait et tempêterait contre la municipalité pour que cette statue soit retirée, mais il est mort et les pouvoirs publics ont toujours raison lorsqu'il s'agit de s'attirer des touristes. Quant à John Grishham, il voulait lui aussi une statue. Après tout, avec ses thrillers, il a beaucoup plus de succès et s'est fait beaucoup, oh lala, beaucoup plus d'argent que l'autre vieille baderne...

Best-seller-John loue Faulkner comme un Dieu (ce qui est mieux que de le vendre aux touristes, admettons...) et a suivi son parcours de près, à tel point qu'il a construit sa maison dans sa ville natale, puis qu'il a migré vers la ville ou Faulkner lui-même avait déménagé par la suite. Mais vous avouerez que pour vouloir une statue à côté d'un des plus grands philosophes et auteurs du monde, pour un auteur de romans de gare, faut se la péter !

Alors je ne vais pas non plus me mettre du côté des critiques (jaloux) qui pissent sur les auteurs de romans-formules, ou de SF, crachent sur Stephen King, snobent Robert Ludlum et méprisent en général tous ceux qui font plus d'argent qu'eux parce qu'il se trouve qu'ils donnent au public ce qu'il aime... Je ne vais pas, comme eux, me cacher derrière le prétexte de ce "happy few" incompréhensible qui se dit littérairement supérieur.

Surtout que je n'ai lu ni Faulkner, ni Grishham, que je suis pour donner au public ce qu'il aime, lire des trucs sympas mais pas forcément d'une élévation philosophique démentielle… Mais que je suis aussi pour les essais profonds sur des tas et des tas de sujets que le commun des mortels est incapable de comprendre, parce que j'en lis aussi... Et que je m'en fous un peu, mais ça m'agace :

Faulkner a reçu le Nobel. Grishham, lui, il a reçu Tom Cruise. D’accord, le Nobel, c’est pas la panacée… Les neuf dixièmes récompensent des gens que personne ne lira jamais ni n'a jamais lu, mais que ça fait bien de connaître. Mais, tout de même, intellectuellement, ces gens ne jouent pas dans la même catégorie, merde !

John_Grisham_chez_lui_avec_son_authentique_femme_des_ann_es_cinquante

Posté par Elromanozo à 15:07 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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