Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

jeudi 24 septembre 2009

Plus on avance, plus on est dans le noir...

... Pour ne pas dire que l'obscurantisme et le progrès se rejoignent parfois, paradoxalement.

Je ne me targue pas d’être à la pointe du progrès (par exemple, mon ordinateur-de giron, ou « laptop computer » en anglais, commence à faire son âge…) mais j’essaie de vivre avec mon temps. C’est la mort dans l’âme que je reconnais, hélas, que l’heure est à l’écologie et aux économies d’énergie. J’ai donc changé les ampoules de mon lustre pour y mettre les nouvelles ampoules (à économie d’énergie, oui) dont tout le monde parle.

Je sais, je sais, je commence petit, et je ne suis pas le premier. Bon, je vous rassure, ce n’est pas le discours de Nicolas Sarkozy ou le dernier Grenelle de mon cul qui m’ont décidés à m’y mettre… Disons que c’est pour essayer, m’habituer, voir ce que ça donne. Parce qu’il paraît que, tout bientôt, ce genre d’ampoules sera obligatoire. Enfin, que les ampoules à incandescence seront illégales.

Vous vous en doutez bien, si j’en parle sur ce blog, c’est forcément que j’ai quelque chose contre…

Ce n’est pas que je sois un fervent défenseur de l’ampoule à incandescence, qui, sommes toutes, fait quand même beaucoup trop de chaleur par rapport au peu de lumière (jaune, en plus) qu’elle dispense, et n’est donc vraiment pas efficace… C’est juste que j’ai des doutes quant aux ampoules « à économie d’énergie ». Déjà, selon certains, elles ne sont pas si efficaces que ça.

Oh, elles ont un meilleur rendement que les ampoules à incandescence, mais ça, c’était pas dur. Ensuite, elles sont chères. Oh putain oui, la vache, qu’elles sont chères. Une ampoule à incandescence normale coûte dans les 80 centimes d’euro… disons 1 euro maximum. Une ampoule basse conso normale coûte entre 10 et 50 euros. C’est une fourchette de prix que j’ai trouvé sur plusieurs sites « discount » sur Internet…

Parce qu’en magasin, ces petites merdes spiralées ou tubulaires sont souvent plus chères.

C’est simple, pour mon lustre, j’avais des ampoules de 60 watt (six en tout) qui avaient coûté, quoi… 80 centimes, à tout casser. Je les remplace par les ampoules « basse consommation » les moins chères du magasin… (qui a dit radin ?)… Certes, pendant que les unes consomment 20000 watts en 1000h et pètent, les autres consomment 9000 watts dans le même temps et sont supposées ne pas péter avant 6000h…

Mais en attendant, un lustre à 10 euros l’ampoule (60 euros, donc) qui éclaire seulement aux deux tiers de ce qu’éclairait le précédent (oui, parce qu’elles éclairent moins fort… celles qui éclairaient plus étaient trop grosses, moches, et bien trois fois plus chères…), si excellent que soit l’investissement à long terme, tout le monde ne peut pas se le permettre. Enfin, pas à chaque fois.

Si ces ampoules deviennent obligatoires, la lumière pourrait, dans un avenir proche, être un luxe…

Parce que pour les tout petits budgets, il y en a qui vont hésiter à acheter une nouvelle ampoule quand l’ancienne pète… Ou en acheter une moins bonne, sachant que le prix sera de toutes façons exorbitant par rapport aux anciennes ampoules. Certes, la facture d’électricité sera moindre… Mais la facture, elle tombe à la fin du mois, et elle est importante de toutes façons : C’est pas une ou deux ampoules qui feront la différence…

Oui, elles sont supposées péter moins souvent, mais elles sont tout aussi fragiles… Il faut en prendre soin, donc, parce qu’elles sont fragiles, chères, et pour une autre raison… elles contiennent du mercure ! Ben oui, ces ampoules super-écolo, qui vont sauver la Terre à grands coups d’économies d’énergie, polluent comme de bêtes piles… il faut donc les jeter dans une poubelle spéciale et éviter de les péter parce que c’est toxique.

Sympa. Qui a dit que les vilains écolos qui veulent nous faire revenir à la bougie étaient un cliché ?

Autre chose… Les ampoules à incandescence chauffent. Quel est l’impact quotidien de la chaleur qu’elles dégagent dans une maison ? L’a-t-on seulement mesuré ? Est-ce que les gens ne vont pas vouloir se chauffer plus, donc payer plus cher en gaz, eau ou électricité pour ce faire ? Finalement, c’est rentable, ça ? Et quel est l’impact de l’augmentation du chauffage sur l’environnement ?

Mais je suis médisant… Pour peu que les prix des fameuses ampoules baissent, la lumière douce qu’elles procurent et les économies réelles quant à la facture valent bien de payer la chose dix fois plus cher sur le moment… Même si ça fait mal au cul. C’est un peu comme ces autres coûts exorbitants mais inévitables : la carte orange, l’assurance, le loyer, les impôts, la facture d’eau, les amendes…

Tout augmente depuis des dizaines d’années, et ce n’est pas cette petite crise déjà finie qui en est la cause !

Mais je digresse. En en définitive, est-ce que c’est si important que ça, ces ampoules ? Non, parce que même si tout le monde s’y met, main dans la main dans une grande ronde niaiseuse avec Bibifoque et Captain Planète, et qu’on réalise ainsi quelque chose d’un peu plus significatif que des économies de bouts de chandelles, ça ne sera jamais qu’un pansement, qu’un palliatif face à l’augmentation de la consommation d’électricité.

J’émets donc de gros doutes quant à l’efficacité à long terme du bidule sur le monde en général. A moi, ça m’a tout l’air d’une nouvelle marotte, une fausse économie du style du changement d’heure en été et en hiver. Un truc pour occuper les gens. D’ailleurs, Saint Barack Obama l’a dit : « We can’t solve global warming because I f-ing changed lightbulbs in my house. »

Changer une ampoule, ça a, à mon avis, à peine plus de chances d’être efficace qu’une prière.

Si l’on veut vraiment limiter la pollution et al consommation d’énergie, il faut que les entreprises et les industries s’y mettent, ou qu’on trouve le moyen de limiter les pets des vaches… Ce ne sont pas les ménages qui produisent 80% de la pollution. En attendant, les soi-disant « réflexes verts », c’est de la roupie de sansonnet. C’est une façon d’atermoyer, de faire durer l’énergie polluante qu’on a déjà.

Voyons les choses en face, ce n’est que forcée que l’humanité change. Quand nous n’aurons plus de pétrole, ça se fera. Douloureusement, mais c’est la seule façon… C’est du moins ce que l’Histoire nous enseigne. Reste à voir si nous pouvons prendre de l’avance. « Mieux vaut penser le changement que changer le pansement », disait Francis Blanche, qui n’a plus besoin, comme certains présidents, de prouver qu’il était un grand homme…

Nous n’avons toujours pas trouvé la mythique source d’énergie propre et infinie qui remplace la fontaine de jouvence dans les récits de S-F. C’est peut-être par là qu’il faut commencer, non ?

mou_du_bulbe

samedi 12 septembre 2009

Undead and Underachievement :

Je ne vous en ai pas parlé parce que je ne le savais pas, et je bats ma coulpe… Mais un éditeur américain (Quirk books) a publié en avril une nouvelle mouture du célèbre Orgueil et Préjugés, le roman de Jane Austen. Il s’agit cependant d’une version légèrement différente de l’original. Le roman, monument de littérature anglaise qui a fait pleurer et rire des générations de petites filles, a été remanié… Oh… A peine.

L’héroïne, Elizabeth Bennet, se retrouve en effet à lutter contre la menace de zombies mangeurs de cervelles pour protéger son petit village anglais de Meryton, lorsqu’arrive « l’arrogant et hautain Mr. Darcy »… Seth Grahame-Smith, co-auteur à travers les siècles est responsable de cette nouvelle direction pour le moins inattendue dans cette « charmante comédie de mœurs »…

On le connaissait déjà pour son excellent How to survive a Horror Movie, et d’autres œuvres que les amateurs apprécieront… Et là, il a visé juste : Avant même sa sortie en Angleterre, le livre Pride and Prejudice and Zombies était troisième sur la liste des best-sellers du New-York Times, et déjà en réimpression ! Pourtant, on a très peu touché au texte original.

Le travail du co-auteur s’est limité à modifier certaines phrases pour mieux intégrer à la narration de cette bluette sentimentale et délicate sur le mariage, l’amour et l’héritage, des épisodes de combats contre des hordes de morts-vivants, et des scènes bourrées d’hémoglobine… Car « C’est une vérité universellement reconnue qu’un zombie qui possède des cerveaux doit éprouver le besoin d’en posséder d’avantage. »…

Cool, non ?

Moi, j’ai hâte de lire la traduction française… Mais évidemment, ça ne plait pas à tout le monde. En allant sur quelques sites web un peu littéraires colportant la nouvelle, j’ai pris nombre d’imbéciles à émettre des pets virtuels sous forme de commentaires peu flatteurs quant à cette initiative. Je ne dis pas que c’est le bouquin de l’année, mais tout de même…

Si, comme certains le disent, Jane Austen n’a pas mérité ce qu’ils voient comme une honte, une souillure de son œuvre, elle n’a sans doute pas mérité qu’on la défende en langage SMS ! Je trouve extrêmement drôles les commentaires bien-pensants et offusqués de ces gens qui pondent les fautes d’orthographe à la cadence de tir d’une sulfateuse, surtout sur des sites d’amateurs de littérature classique !

Si par le plus grand des hasards ils sont arrivés à lire Orgueil et Préjugés (une lecture exigeante qui demande une maîtrise de la langue, anglaise ou française, qu'ils ne possèdent visiblement pas), ils n'ont probablement rien compris à l'esprit de l'auteur, qui trouvait en son temps nombre de conventions fort étouffantes… Pour son époque, Jane Austen, qui semble aujourd’hui bien benoite, était plutôt revendicative.

Sans entrer dans le détail, et même si ses romans apparaissent comme conservateurs, tous décrient largement la façon indigne qu’ont certains hommes de traiter les femmes. Les héroïnes de Jane Austen sont des femmes à l’esprit aussi vif que ceux des hommes, et qui savent faire montre d’une force de caractère dont beaucoup d’autres personnages, entre autres masculins, sont dénués.

Leur simple existence, et le fait que les romans tournent littéralement autour de leurs préoccupations, de leurs revendications face aux injustices qui les assaillent, sont un féminisme avant l’heure ! Lesdites préoccupations ne sont d’ailleurs pas uniquement romantiques, mais sont affaires d’argent, d’honneur, de vie privée, d’intégrité sexuelle et physique, de mariage et d’héritage… Et toujours hautement morales.

Oui, ce sont des romans à l’eau de rose… Mais Jane Austen est aux publications de chez Harlequin ce que le gâteau est au glaçage !

Pour en revenir aux Philistins qui critiquent ce gentil pastiche… C'est proprement ridicule. C'est du même acabit que ceux qui protestent quand quelqu'un reprends le personnage de Sherlock Holmes pour le mettre dans des situations "non conformes" à l'esprit de Conan Doyle... Ou que ceux, encore moins intéressants qui critiquent le Da Vinci Code parce qu’il critique la religion.

Ils ont tout faux. Il faut critiquer un bouquin parce que c’est un mauvais bouquin, pas parce qu’il porte atteinte à quoi que ce soit. Comme disait Oscar Wilde (et, oui, je réalise que c’est l’auteur le plus facile à citer AU MONDE quand on veut paraître intelligent), les livres ne sont pas moraux ou immoraux, ils sont bien écrits ou mal écrits, c’est tout.

Messieurs les nazis de la littérature, prenez ce livre zombifié pour ce que c'est : une parodie, rien de plus... Mais rien de moins. La parodie est, dit-on, une forme d'hommage et de respect. Le livre est clairement présenté comme tel, ce n'est pas une « nouvelle version améliorée », ni quelque chose qui cherche à passer pour l'original, ni même une version remaniée pour être mise au goût du jour... Il y a d'ailleurs l'intégralité du texte original !

C’est une pochade qui ne cherche pas du tout à éclipser l’œuvre première. Un simple bouquin. Quelqu’un disait, sur je ne sais plus quel site, et avec un maximum de dédain, que c’était de la « culture populaire »… Et, en gros, que ce ne serait pas demain la veille qu’il s’y mettrait si ça ne parlait que de rajouter des zombis kitsch mais frais dans les pages d’auteurs réduits à pire que des cadavres depuis bien longtemps.

Est-ce cela, la culture populaire ? Jouer avec un classique, non pas pour le mettre au goût du jour, mais pour, tout en préservant sa substantifique moelle, montrer que les "histoires de zombis" peuvent fort bien être écrites avec style et goût, et transmettre des symboliques fortes, plus fortes aujourd'hui que des vieilles pages, certes exquises, mais que personne ne lit ?

Eh bien, ça n'est pas seulement ça, la culture populaire, non... ça, c'est juste de l'érudition à son meilleur.

Qui se soucie de l'avis de trois petites vieilles défraîchies et de deux culs-serrés qui crient au scandale sans même avoir lu le bouquin ? La cible de ce livre, ce sont les jeunes, les geeks, les gens ouverts d'esprit qui connaissent la culture classique ET les zombis... Voire les gens qui connaissent les zombis et découvriront peut-être par ce truchement une culture qu'ils ignoraient jusque là, parce que considérée comme "trop rébarbative".

Je n’ai pas lu le bouquin, je réserve donc mon jugement quant à sa qualité. Mais son but est très clair : Un hommage potache à un classique qui torture encore aujourd’hui nombre de lycéens. Au mieux, c'est ce qu'accomplira ce livre, au pire ça sera quand même marrant. Alors, il y a quoi de mal, là-dedans ? Moi, je ne vois pas. Qui plus est, c’est loin d’être le premier bouquin du genre…

Renseignez-vous sur Pamela et Shamela ! Les plus belles pages du Marquis de Sade pourraient être une parodie de Jane Austen et ses héroïnes, si on changeait quelques détails, ici et là. Qu’est-ce qu’Indiana Jones sinon une parodie avouée et déjantée de Alan Quatermain et des serials des années 40 ? Plus important encore… Ce bouquin est une parodie, on a compris. Et après ?

Jane Austen ne va pas disparaître, ses écrits seront toujours là, et des amateurs (plus souvent des amatrices, mais bon) les liront encore. Ce n’est pas comme si on avait publié une version expurgée et amputée de passages jugés trop longs ou trop rébarbatifs, mais étiquetée « édition intégrale » comme si de rien n’était… C’est pourtant ce qui arrive à bon nombre d’ouvrages aux Etats-Unis en ce moment, à cause des ligues de décence !

Je méprise ceux qui pensent défendre Jane Austen, et qui prétendent se mettre à sa place alors qu’ils font partie de cette mielleuse avalanche de bigoterie.

Je ne confonds pas tout : Il y en a qui altèrent les livres pour préserver la décence, et il y en a qui veulent empêcher la publication de livres pour préserver la mémoire d’un auteur. Où est la différence ? Et puis, d’ailleurs, on ne peut pas se mettre à sa place de Jane Austen, puisqu’elle est morte… Et il y a bien deux siècles, en plus, alors pour les droits d’auteur, c’est tintin.

Les parodies ou les hommages, les reprises et les remakes, tout cela afflue. Le pastiche Austenesque ne date pas d’hier. Voyez Bride and Prejudice, version bollywood d’Orgueil et Préjugés ! Voyez le dernier film avec Keira Knightley, dont le ton post-moderne et hypersexué est à mon avis encore plus éloigné de l’original que n’importe quel pastiche aux relents de cadavre !

A paraître chez tous les bons libraires anglo-saxons, le roman Jane Bites Back (qu’on pourrait traduire par « Jane, dent pour dent »), écrit par Michael Thomas Ford, décrit une Jane Austen vampire ayant ainsi « survécu » jusqu’à l’ère moderne, frustrée du rejet perpétuel par les éditeurs du roman qu’elle avait écrit juste avant de se faire vampiriser… Et fort agacée par tous ceux qui s’enrichissent sur sa vie et son œuvre !

Il s’agirait du premier tome d’une trilogie… Peut-être que ce genre de petite comédie va dépoussiérer tout ça, comme cette histoire de zombie. Et ça en sera pas plus mal, à mon avis. Jane Austen, ça n’est pas QUE pour les midinettes et les petites filles en escarpins. Cela soulève cependant quelques interrogations bien légitimes… Par exemple, que diront les fans de Buffy ?

Et, puisqu’on est sur le sujet, voilà une nouvelle qui va défriser encore plus les fans baveux de la bonne Jane…

Seth Grahame-Smith négocie en ce moment les droits de l’adaptation filmée de Pride and Prejudice and Zombies. Si, si. Et il y a mieux : Un film en préparation, produit par la société de production d’Elton John, mettant en scène l’arrivée du Prédator (oui oui, le célèbre extraterrestre chasseur à dreadlocks, aux mandibules baveuses et aux armes mortelles) dans le paisible village où réside Elizabeth Bennet !

On ne sait pas encore si ce film, dont le titre pourrait être Pride and Predator, sera finalement tourné… D’autant que 20th Century Fox ne va probablement pas lâcher les droits de la franchise comme ça, surtout que l’on sait qu’ils prévoient un nouveau film pour le Prédator, en solo cette fois, après l’échec du monstrueux Alien vs. Predator : Requiem… Mais j’en connais beaucoup qui vont être déçus si le film ne sort pas !

Pour certains, l’idée d’un énième film en costume inspiré de Jane Austen et son époque est suffisamment monstrueuse telle quelle, sans avoir à y ajouter l’horreur de quelques cadavres ambulants, d’extraterrestres ou d’une quelconque once de fantastique, mais moi j’aimerais bien voir le prédateur assassiner sans raison ni sentiments quelques aristocrates sirupeux…

En conclusion, s’il en faut une : J’ai hâte de lire et de voir tout ça, et je vais laisser dire les cons… Comme d’habitude. Qu’est-ce que vous voulez faire d’autre, hein ? Dés que quelqu’un ouvre la bouche, fait quoi que ce soit, et même quand on ne fait rien, il y a une quantité incalculable d’oiseux qui se met à vociférer et à brasser suffisamment d’air chaud pour faire flotter une montgolfière.

Si comme moi Pride and Prejudice and Zombies vous intéresse en dépit (ou peut-être à cause) de cette controverse du pauvre, vous pouvez vous le procurer ici, ou en plein d’autre endroits.

Austen__Texas

Posté par Elromanozo à 23:58 - Billets d'humeurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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