Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

mardi 30 juin 2009

Château pas brillant...

Le billet du 16 mai, c’était sur celui que Dominique de Villepin essaie vainement d’imiter quand il écrit… L’auteur mortel de René et Athala, qui donne à la Bretagne son côté chi… pardon, chouan.

Chateaubriand a dit : "La vie me sied mal, la mort m'ira peut-être mieux." A première vue, il est difficile de croire que l'auteur de cette citation, des Mémoires d'Outre Tombe, traducteur de l'œuvre de John Milton, obsédé par le sinistre, le macabre, l'austère et le religieux, hanté par ses névroses, ses parents, et autres spectres bretons, soit le chantre d'un courant littéraire qu'on appelle "romantisme".

C'est pourtant le cas, même s'il faut dire que le romantisme de Chateaubriand est remarquable par son absence totale de rose, de petits angelots et de cœurs pastel... Tout ça n'est tout simplement pas la même chose. On lui voue un certain culte en Bretagne, à Combourg, le château dans lequel il a passé sa jeunesse tourmentée au milieu des histoires de fantômes et des chats emmurés vivants (charmante tradition bretonne).

Des vieilles ménopausées jusqu'à l'os sont heureuses de vous faire visiter, montrant avec fierté la théière de l'auteur, l'armoire de l'auteur, voire même la comptabilité de l'auteur. C'est super important par rapport à son œuvre. Il y a aussi, au fil de la visite, des tas d'objets ayant appartenu à ses descendants même pas directs, des objets qui "auraient pu" être comme ceux que l'auteur a eu, et des lieux qui étaient différents à l'époque.

Ce joli petit paquet d'irrationalités littéraires, agrémenté de quelques histoires et légendes n'ayant aucun rapport avec Chateaubriand ou le château, fait pourtant partie des lieux autant que les meubles ou le parc. Sans cela, ce ne serait jamais qu'un assemblage de cailloux réguliers. Un touriste bien beauf s'est d'ailleurs exclamé à l'attention de son immonde lardon puant : "Regarde, ça ressemble à ton château Playmobil !"...

Je ne suis absolument pas sensible à ce charme littéraire, et pour moi les vieilles pierres ont bien plus d'attrait que les descendants cul-pincés d'une baderne bigote du XIXe qui ont refait le papier peint. Quant à Chateaubriand, son œuvre post "retour à la foi" se résume au fruit d'une longue, d'une gigantesque envie de pisser. Ou autre chose.  Il s'est retenu toute sa vie, et on a envie de lui dire "Pète un coup, René !"

Oui, parce que François-René-De c'est carrément couillon comme prénom. Une circonstance atténuante de plus à son caractère déprimant. Mais avec des parents pareils (un père aussi strict et une grenouille de bénitier comme maman) dans ce château froid, pas étonnant qu'il ait trouvé le riant paysage calme et sympathique alentours un tant soit peu sinistre. Et effectivement, la mort lui va mieux, je trouve. Déjà il écrit moins.

Par ailleurs, signalons que cet immense auteur (en qualité, certes, mais surtout en quantité) a par son œuvre engendré un jeu de rôles parodique autant que romantique sobrement et symboliquement intitulé René... Et, il y a très très très longtemps, votre humble serviteur a produit quelques maigres textes participant à cette aventure. Honnêtement, je préfère le jeu aux bouquins... Mais vous l'aviez deviné, bien sûr.

Ch_teau_de_Combourg

Commentaires

bon, changeons de sujet

ils m'ont énervé, les fâcheux qui hurlent au blasphème dès qu'on touche au spectre de Neverland.

Parlons donc plutôt de François René, oui. Je te trouve bien dur. (Tu n'as pas le DROIT de dire du mal de François René, bon sang ! Il est MORT !) Il écrivait bien, l'animal. Des conneries, on est d'accord, mais il les écrivait bien. C'est là qu'est le drame, je crois. S'il les avait mal écrites, ses conneries, il serait oublié. Bon, plus personne ne le lit, le François René. À part Dominique de Villepin, bien entendu. Mais sinon, plus personne. Ses flagorneries ennuient. Sous Rousseaunisme lyrique a un côté légèrement daté et pompeux. C'est vraiment dommage. Parce que je le maintiens, il écrivait bien (oui, je me répète, et alors ? C'est un effet rhétorique, foutez-moi tranquille). Mais c'est sans doute pour ça que je préfère François René en traducteur qu'en auteur. Le Paradis Perdu de Milton, traduit par François René, ça barde.

Posté par Nikolavitch, mardi 7 juillet 2009 à 22:56

Alors là...

Pareil. Rien à dire, je suis entièrement d'accord, surtout après avoir lu René, Athala et ladite traduction du Paradis Perdu.

Posté par El Romanozo, mardi 7 juillet 2009 à 23:02

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