samedi 30 mai 2009
J'ai pêché (mignon)...
Mais je me repens.
J'avais dit que Lenôtre, le fameux traiteur parisien (mais plus seulement parisien, en fait), vivait sur sa réputation et faisait n'importe quoi, tant ne pâtisserie qu'en salé, que ça n'était pas bon, ou pas si bon que ça, et que ça ne valait certainement pas le prix affiché... C'est exact, dans la plupart des cas. L'Opéra (qui a pourtant fait leur réputation) est lourd, le Concerto très moyen, leur Mille-feuilles fadasse, et beaucoup de leurs gâteaux ont tous le même goût : Celui du sucre... Et du produit en série.
Mais là...
Je dois admettre que c'est très fort. Un délice, même ! Léger, simple et original, entre orient et occident.
Avis aux amateurs...
vendredi 29 mai 2009
Mince, alors !
Le 28 avril 2006, un billet sur une petite affaire qui avait fait la une à Paris. Le billet était originellement intitulé « Pharmakon »… Je ne peux m’empêcher de le republier en pensant à Alli, la fameuse pilule mange-graisse. C’est vrai que, si Alli n’est pas aussi mortel que certaines autres pilules, son slogan aurait pu être « Prend Alli, beau rond ! » tant c’est fait pour les ânes…
Alli est un poison à peine plus contrôlé que les pilules dont on parle dans ce billet. On a déjà montré partout combien il est facile de s’en procurer, qu’on soit gros ou mince, et combien il est tentant de le faire à cause de ce culte de la minceur, du mangerbougerfaitescequ’onvousdit.com… Mais je ne m’inquiète pas de la large diffusion de ce pseudo-miracle diététique. Parce que c’est inefficace.
Que fait Alli, au juste ? Eh bien, c’est là qu’est l’os, pas grand-chose. Le principe actif d’Alli est une énième version d’une molécule qu’on connaît très bien depuis plus d’une quinzaine d’années et qu’on utilise couramment dans des tas de pilules ou de produits de régime, souvent dangereux, avec l’appellation « brûle graisse » ou « anti-graisse ». On est loin de la soi-disant révolution qu’on veut nous vendre…
Alli agit sur la digestion en empêchant la métabolisation des lipides, entre autres… En gros (sans jeu de mot…), toute la graisse que vous bouffez, vous la chiez aussi sec. Enfin, aussi sec, c’est vite dit : le résultat se rapproche d’une diarrhée flottante bien liquide ! Aussi, lorsqu’on suit un traitement d’Alli, il ne faut pas manger gras. Pas DU TOUT. Vous voyez où je veux en venir ?
Est-ce le régime sans graisse qui agit sur le tour de taille, ou bien Alli ? Peut-être un peu des deux, mais surtout le régime. Aucune étude n’a prouvé avec satisfaction que les mêmes résultats n’auraient pu être obtenus sans Alli, simplement avec un régime ! Juste le régime, hein. A plus forte raison si le mec fait de l’exercice, comme TOUT LE MONDE conseille de le faire.
Point n’est besoin de prendre une pilule simplement pour avoir la chiasse et troubler volontairement sa digestion. Ceci n’est pas que mon opinion, il s’agit de l’avis d’un médecin ET d’un pharmacien de mes amis, ayant tous deux reçu la documentation nécessaire, et s’étant au préalable bien renseignés sur le sujet dans le but de mieux conseiller les clients.
Non parce que ça peut vraiment être dangereux, ce truc... Pas "en dessous d'un certain indice de masse corporelle", comme le dit la notice, non... Dans l'absolu ! C'est anti-gros à tous les sens du terme... C'est sûr, ça n'est pas foudroyant, mais c'est une pilule inutile qui, au mieux, dérègle le système digestif, et au pire a d'autres effets secondaires... Qui osera prétendre que c'est sain ?
Je voulais faire un billet sur Alli, avec toutes ces considérations, mais j’ai réalisé que j’avais déjà fait ce billet sur une pilule miracle qui avait fait des morts. Si Alli fait des morts (les accidents de préparation, ça arrive), comme il sort d’un grand labo, ils étoufferont probablement l’affaire… Mais j’aurais au moins prévenu qu’il s’agit de la même arnaque, presque du même produit, se basant sur les mêmes faux espoirs des mêmes cibles !
Et les gens se jettent dedans. Les ventes d’Alli dépassent celles des médicaments contre la grippe porcine et la grippe aviaire, les deux psychoses du moment… Et je ne serais pas étonné que cela soit pareil pour toutes les pilules de régime sur le marché, du moment qu’elles ont quelque renommée. Vous noterez qu’en dépit de ceci, l’obésité gagne du terrain en France, comme elle l’a fait en Amérique…
Croyez-vous qu’ils n’en avaient pas, de ces fameuses pilules, les Américains ? Ou même les Français ? Parce que si ce n’est pas Alli qui rend baba, c’en est une autre, de pilule, que l’on dore à coups de publicités : Minceur 24, Oenobiol et compagnie… Toutes font les gorges chaudes un moment, les sphincters brûlants un peu plus longtemps, puis on passe à la pilule suivante. Et cette industrie ne connaît pas la crise.
« Je répète et dit vaille que vaille / Le monde n’est que franche moutonaille », disait La Fontaine…
Mais place à mon remède à moi face à la connerie galopante : Pharmakon :
...En grec, ce mot signifie à la fois "le remède" et "le poison". Il a donné, en français, les mots pharmacie, pharmacopée, et toutes ces sortes de choses. Et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi bien employé. Oh, de loin en loin, il y a toujours des affaires de ce genre, hélas : médicaments retirés, contre-indications peu respectées... Mais cette fois, c'est plus qu'un simple accident ou de la négligence.
L'information circule, la pharmacie Demours, dans le 17e arrondissement de Paris nous redonne une vieille arnaque, celle de la panacée, de l'or potable, et du "snake oil" des charlatans du Far West... Des pilules amincissantes qui ne sont pas franchement amincissantes, mais plutôt dangereuses : selon la dépêche, palpitations, vomissements et diarrhées sont au rendez-vous, désillusionnant bien vite les pauvres gens.
126 personnes sont déjà victimes, dont quatorze hospitalisés dans un état grave, cinq dans un état critique et un décès... En ces temps de traçabilité et de méfiance du consommateur, comment ces personnes (un nombre faramineux pour une pharmacie de quartier !) se sont-elles laissées prendre ? Il faut que le baratin soit bien rodé. Mais il est vrai que les mentions principe actif, naturel, biologique ou médecine douce font le gros du travail...
Et puis pourvu que cela ait l'aspect professionnel, la couleur bleue du Viagra et blanche de l'Aspirine, le petit pot bien fermé et industriel, l'étiquette sobre et l'aval de votre pharmacien, pourquoi vous poseriez-vous des questions ? Les français ne sont-ils pas ceux qui pratiquent le plus l'automédication dans le monde, et avec un succès redoutable, pourrait-on arguer, puisque nous avons aussi la meilleure espérance de vie ?
Ce qu'on oublie souvent, c'est que les nombreuses pilules de régime du commerce, vendues sans ordonnance, sont toutes dangereuses et à ne pas prendre à la légère. Comme toujours, il y a des instructions à suivre... Ce qui n'est sans doute pas le cas du remède meurtrier et artisanal de chez Demours. Même alors, nombre de médecins récusent ces produits, selon eux loin d'être indispensable : mieux vaut faire de l'exercice.
Doit-on prendre un médicament par simple confort ? C'est un vieux débat, comme celui de la chirurgie plastique, et qui va jusqu'à toucher du doigt le principe fondamental de la médecine, qui est, ou n'est pas, selon certains, soulager la douleur à tout prix... Une chose est sûre, lorsqu'il s'agit d'un médicament aussi douteux qu'une pilule de régime, il y a quand même des précautions à prendre. Mais je ne blâme pas les 126 clients malheureux...
Comment pouvaient-ils deviner que cela allait les rendre malades ? Habituellement, même en cas d'arnaque, quand ça ne marche pas le résultat est nul... La pilule est souvent un placebo. Ici, le pharmacien criminel a fabriqué un poison. Ce qui m'étonne, c'est le nombre de "contaminations" (et on ne les a pas toutes retrouvées) avant que quelqu'un ait remarqué quelque chose, et fait le lien. Les gens ont honte, les pleutres…
Enfin, quelqu'un d'autre que le pharmacien. Oui, parce que même si ce n'est pas volontaire (qui après tout voudrait faire mourir ses clients, se privant de ses revenus, à moins d'en vouloir à certains... Mais je m'égare), il est peu probable qu'il ait été ignorant d'effets secondaires des principes inclus dans ses préparations. L'excuse du "je ne savais pas" alors qu'il a quand même continué à vendre, ça ne tient pas debout.
Remarquez, à force de remplir ses toilettes par tous les bouts, ça finit par marcher, ce régime.
jeudi 28 mai 2009
J'ai toujours la banane...
A la demande générale, après de nombreux messages de fans baveux (« Non ! Plus de bananes ! » « Pitié, le billet sur la banane était vraiment trop long ! » « On en a vraiment marre de tes sujets pourris » « NON JE TE DIS ! »… Et j’en passe), je vais vous parler à nouveau de ce fruit merveilleux et jaune qu’est la banane. Oui, je sais que vous aimez ça.
Je plonge donc à nouveau « à fond dans le subversif » d’un « sujet d’actualité », comme le dit un ami.
Après avoir abordé la banane dans ce qu’elle avait de plus nutritif, je vous avais laissé, si l’on peut dire, sur votre faim. Car la banane ne se mange pas simplement telle quelle, loin de là, même si peu de choses sont aussi délicieuses ! Le cake à la banane, la glace à la banane, la banane flambée, le beignet de banane, la plantain consommée en légume, ce n’est qu’un maigre échantillon de la cuisine bananière…
Il y a tant de recettes africaines ou tropicales qui emploient les feuilles de bananier pour faire cuire à l’étouffée viandes, poissons ou même desserts, qu’il serait impossible de toutes les citer… Parmi ces délices, il y a le flan thaïlandais, et le fameux poisson ou poulet au lait de coco. Enfin, en bonne place parmi les recettes avec de la banane, trône le suggestif et délicieux banana split !
Le banana split, ou « banane séparée », fut inventé par David Evans Strickler, apprenti pharmacien, en 1904.
Il s’agit, pour les ignorants, de trois boules de glace (fraise, vanille, chocolat, ou trois boules vanille chez les Belges, qui s’y connaissent décidément bien plus en gaufres qu’en glaces..) agrémentées d’une banane coupée en deux dans le sens de la longueur, le tout nappé de sauce au chocolat et de chantilly. On peut la garnir d’une cerise confite ou d’amandes effilées, ou d’autres fioritures. C’est délicieux.
Lio en a fait une chanson qui porte ce même nom, comme vous le savez sans doute déjà : C’est le dessert que sert l’abominable homme des neiges. Eh non, nous n’avions pas fait le tour de toutes les chansons bananières la dernière fois… J’avais charitablement omis de parler de la chanson de Philippe Risoli, celle de Carlos, et même de « la Banananana » de Bobby Lapointe (pas une de ses meilleures…).
Tournons cette page. J’insiste.
Mais on ne peut parler de la banane sans aborder les métaphores autour de celle-ci… Si nous avons déjà parlé de la métaphore phallique du style « touche la banane et mouds le café », sachez que la banane figure symboliquement le sourire radieux (en forme de banane, mais, espérons-le, moins jaune…) comme en atteste le titre de ce billet et du précédent sur le même sujet…
« Eh, banane ! » Est aussi une insulte, qui signifie à peu près la même chose que « eh, patate ! », probablement parce que ça sonne à peu près pareil. La banane est aussi un type de coiffure en rouleau, protubérance cylindrique évoquant souvent ce fruit, portée sur l’avant et gominée, à la Elvis Presley. Les premiers rockers portaient la banane, et encore aujourd’hui le grabataire Dick Rivers…
En anglais, on appelle ça le style « Pompadour », et ça n’a rien à voir avec la banane.
Le nom de la banane, d’ailleurs, est probablement d’origine bantoue, et nous vient après passage par le portugais, et n’a pas grand-chose à voir avec la banane elle-même, puisque le bananier est appelé en portugais « Figuera Banana », le figuier qui porte des bananes, sans doute par opposition au figuier qui porte des figues… Sachant qu’aux Antilles et à la Réunion, la banane est appelée « figue », en créole. Oui, c’est le bordel.
Il n’empêche qu’on en dit pas « république figuière » mais bien « bananière ». Cette expression est d’ailleurs utilisée à tort et à travers pour désigner diverses dictatures sinistres, alors qu’il ne s’agit pas de ça : Une république bananière est simplement un pays dirigé par un gouvernement corrompu, ou manipulé (et de ce fait corrompu) par une puissance extérieure ou de grands intérêts financiers.
On le voit, cette appellation souvent réservée aux dictatures sud-américaines s’applique à de nombreux états !
Dans la première moitié du XXe siècle, un grand producteur de bananes (la United Fruit Company, dite « la pieuvre ») finançait la plupart des états de l’Amérique Centrale pour mieux conduire ses activités. Depuis lors, cette expression sert à désigner un pays politiquement instable, au gouvernement corrompu et palatial, qui dépend d’une agriculture limitée, et qui tend parfois vers la dictature sous des dehors constitutionnels.
Juntes militaires autoproclamées républiques populaires, classes supérieures très riches dominant une classe inférieure de paysans sous-éduqués et sous-payés, économie primaire dépendante d’apports de grandes compagnies étrangères des pays plus développés (et servilité du gouvernement vis-à-vis de ces compagnies), révolutions et coups d’états ne changeant jamais rien, autant de signes d’une république bananière.
De nombreux pays, y compris les Etats-Unis, l’Australie et tous les pays d’Europe, ont été accusés d’être des républiques bananières… à tort ou à raison.
On peut cependant dire avec une certaine justesse que l’Europe est une sorte de république bananière : Elle comporte au moins une banane, la « banane bleue ». Ce n’est pas une œuvre d’art d’Yves Klein, mais bien une métaphore pour la Megalopolis Européenne, la colonne vertébrale qui va de Milan au Nord-Est de l’Angleterre, décrivant une courbe élégante (et bananesque) par le Bénélux et le Rhin pour soigneusement éviter Paris.
La banane bleue comprend les villes de Liverpool, Manchester, Leeds, Sheffield, Birmingham, Londres, la conurbation Lille-Kortrijk-Tournai, tout le Benelux, la Meuse-Rhénanie, la région Rhin-Ruhr, Francfort et la région du Rhin, Mannheim, Saarbrücken-Forbach, Strasbourg, Stuttgart, Munich, Basel (en Suisse, si, si), Zürich, Milan et Turin, pour un total de 78,4 millions d’habitants : Plus que toute la France !
Bon, je dis ça uniquement parce que ça peut vous intéresser, au vu des prochaines élections…
Mais comme tout le monde s’en fout, de cette putain d’élection pourtant primordiale à laquelle il n’y aura qu’un seul tour, qui devrait décider de nos destinées bien plus que la présidentielle… Mais comme le réflexe dans la crise, quand l’Europe se casse la gueule, est plutôt « roulons nous en boule dans un coin sur nos convictions nationalistes puantes, ça passera », au lieu de « serrons-nous les coudes »…
En fait, ça vous passionne encore moins que les bananes, ça, hein ?
mercredi 27 mai 2009
Pour qui cette belle gerbe ?
Aujourd’hui, j’ai accompli un gag. Un vieux gag. Dans ses récentes incarnations, il est allé se fourrer chez Boulet, dans ses notes de blog, voire dans Kaamelott d’Alexandre Astier. Il s’agit du célèbre gag de la substance goûtée, et qui a « exactement le même goût que la merde/le vomi/la boue (biffer la mention inutile) ». Le plus souvent, la substance est cuisinée avec amour, et avec des ingrédients normaux.
En général, d’ailleurs, ce genre de gag sent la fumisterie, le « ho ho, c’est vraiment pas bon, tellement pas bon que ça ressemble à du caca ! »… On admet qu’un plat ne soit pas bon, qu’il rappelle un type d’excrément, mais on peine à croire qu’il ait exactement ce goût, surtout s’il est fait avec plein d’épices ou d’ingrédients n’ayant rien à voir… On peut accuser l’auteur d’exagération comique. Je précise donc que JE n’exagère pas.
Chez Boulet, il s’agit d’un plat qu’il prépare lui-même, une expérience culinaire avec des épices alors qu’il est peu familier avec la cuisine. Son plat a « exactement le goût du vomi ». Chez Alexandre Astier, il s’agit des tartes de Dame Séli, qui, bien que confectionnées avec des ingrédients parfaitement honnêtes et frais, font penser « à de la boue » et sont « dures comme de la pierre ». Chez-moi, c’est du gaspacho.
Alors donc, quand vous laissez ouvert le pack de gaspacho Alvalle (d’ordinaire très bon, frais, fait avec de vrais fruits et légumes, sans conservateurs, tout ça…) pendant quelques semaines au frigo parce que vous avez oublié son existence, même si la date de péremption n’est pas dépassée, je vous déconseille d’en boire. Non seulement ça a le goût du vomi, mais aussi la consistance grumeleuse, et ce léger arrière goût amer que donne la bile…
C’est extraordinaire. Pas besoin de se faire chier à cuisiner, en fait.
mardi 26 mai 2009
J'ai la banane...
Après une longue période d’absence, je reprends la plume (si numérique soit-elle) pour vous parler à nouveau de sujets de la plus haute importance… En effet, j’étais bien tranquille au fond de mon monastère (pour vivre heureux, vivons cachés, comme disait l’autre), mais même dans le fond de ma sombre et sobre retraite, je n’ai pu rester sourd aux sirènes de la stupidité humaine, comme autant de muses salaces tentant le poète antique…
Elles habillées d’un peu d’imagination, lui aux mœurs plus libres que ses vers…
« Ouh, ouh ! Nous sommes de si belles conneries, nous sommes toutes visqueuses et grossières ! Pourfends-nous, gentil bloggeur ! Prends ta plume, allez, prends ta plume à deux mains, mon cousin… » Chantaient-elles. C’est ainsi que, paradoxalement persuadé que le monde n’attendait que mes dissertations pataudes sur le fait que personne ne m’écoute, je me suis remis à écrire quelques billets.
Après cette introduction d’un lyrisme échevelé, je me devais de choisir un thème parfait dont il me ferait plaisir de vous entretenir… Mais bon, ça ne court pas les rues. Tous les sujets sérieux sont déjà, en ce moment, traités de manière on ne peut plus comique par les médias habituels (la grippe porcine, la crise, le festival des connes, les élections européennes, les tigres tamouls… rigolo comme tout, rien à ajouter !).
Alors, comme on fait avec ce qu’on a, je vais aujourd’hui vous parler de bananes.
Je précise que je ne me drogue pas. Toutes les absurdités, les sujets débiles, les horribles calembours, les sentences ignobles, les diatribes bilieuses, ça me vient tout naturellement. Eh oui, les billets de ce blog ne sont mouillés que de mes propres acides, je n’ai pas besoin d’en prendre d’autres… C’est pire que ça, d’ailleurs : Je ne fume pas, je n’aime pas le café, et je bois peut-être deux verres d’alcool par an.
Non que je n’aie jamais « expérimenté »… Je ne suis pas une oie blanche ! Mais les psychotropes ont sur moi des effets étranges. C’est quand je suis sous l’emprise de l’une ou l’autre substance que je songe sérieusement à devenir, par exemple, employé de banque ou de compagnie d’assurance, vendre des crédits, des placements… Comme quoi, la drogue, c’est vraiment de la merde…
Mais revenons à nos moutons. Bananes. Pareil.
La banane est un fruit aux nombreuses vertus. Premièrement, c’est bon. On peut aimer ou pas, mais les meilleures sources d’époque rapportent une écrasante majorité de personnes qui aiment les bananes, au contraire de ceux, moins nombreux par la force des choses, qui ne les aiment pas. Je ne veux pas avoir l’air de sortir des statistiques de mon chapeau, alors je cite… Ray Ventura, 1936
En effet, dans la chanson Vive les bananes (adaptation de I like bananas de Paul Misrak et Chris Yacich) environ 7 collégiens sur 10 aiment les bananes, et notamment les préfèrent aux pistaches salées, amandes, bonbons acidulés, caramels, etc. La raison principale semble l’absence d’os dans ce fruit. Selon cette étude sérieuse : Même les plus inconnus parmi les hommes célèbres apprécient les vertus de ce fruit sans vertèbres.
D’aucuns souligneront la subjectivité de ces conclusions, mais je n’en démordrai pas : J’aime les bananes.
Trêve de balivernes : La banane, que nous appelons fruit alors que c’est techniquement un genre de baie, dépend aujourd’hui presque exclusivement de l’homme pour prospérer dans son habitat. Aucun semi-écolo-pleutre n’a jamais émis la moindre intention de faucher les nombreuses bananeraies qui n’ont rien à foutre là sans l’intervention de l’homme… Ils ne détruisent pas d’écosystèmes ? Peut-être, mais au fond, qu’en savons-nous ?
Peut-être est-ce à cause de son immense valeur nutritive : ses sucres naturels la rendent délicatement parfumée, mais son faible taux de glucides lorsqu’elle est encore dure la rend idéale pour les diabétiques. L’histoire de la culture bananière est très ancienne, bien plus ancienne que les républiques du même nom, mais les scientifiques n’ont découvert ses immenses bienfaits qu’il y a un siècle à peine…
Car enfin, la banane est un fruit proprement miraculeux.
Les médecins recommandent aux enfants de manger des bananes : Sa chair tendre se digère aisément et donne plein d’énergie, elle apporte tout un alphabet de vitamines (A, B, C, E et quelques autres) qui aident à la croissance et au maintien de la bonne forme… Elle contient du calcium, du fer (bien plus que les épinards, qui en contiennent d’ailleurs ridiculement peu) et du potassium.
Ces éléments aident le corps humain à préserver une bonne vue (Viitamine A et antioxydants), à prévenir l’hypertension (potassium), à renforcer les os (calcium), mais la banane est aussi riche en fibres (bon, pas besoin de vous faire un dessin, hein… C’est comme dans la pub pour le yaourt spécial « transit intestinal »). Elle prévient aussi les ulcères peptiques et diminue le risque de cancer du rein. Et sa peau fait reluire le cuir.
Par ailleurs, les fibres de bananes servent à confectionner des vêtements depuis le XIIIe siècle.
Mais tout cela n’est rien en regard du rôle de la banane dans la société moderne… En effet, la banane tient le haut du pavé en ce qui concerne les fruits à potentiel comique, même pas détrônée par les sérieux concurrents que sont le kumquat ou la carambole. Même les haricots et leur propension à déclencher des symphonies pétomanes n’arrivent pas à la cheville de la banane, question comédie.
Premièrement, « banane » (et plus encore « banana ») fait partie des mots à potentiel comique inhérent. On reconnaît ces mots à leurs plosives (p, b, d, t et k) et à l’hilarité qu’ils provoquent chez les jeunes enfants. Il est même possible que certains ne croient pas à l’existence de la chose jusqu’à ce qu’on la leur montre (comme le nom de Robert Mitchum, le fruit du cocofesse ou le fromage appelé nichon de belle-mère).
Eh si : Je connais un enfant qui ne croyait pas à Robert Mitchum mais bien au Père Noël jusqu’à il y a deux ans.
La banane, de par sa forme, se prête à la pantomime. Suggestive, d’une couleur brillante, parfois mouchetée, aisément reconnaissable, elle peut faire office de poignée de porte, d’arme à feu, ou d’une grande quantité d’autres objets lors d’improvisation théâtrales absolument pas drôles. N’avez-vous jamais vu un beauf bourré jouer avec une banane de manière obscène lors d’une fête ? Voilà, pas drôle.
Mais c’est ça qui est drôle, en même temps. Parce qu’avec une pomme, du coup, ça ne fonctionne pas. Comme sur les pochettes d’album du Velvet Underground. La banane est aussi la preuve du dessein intelligent : Dieu a créé la banane pour qu’elle tienne dans la main ET dans le cul. Il est évident qu’il s’agit d’un remède divin aux frustrations des homosexuels que leur foi prive du pénis d’autres hommes.
Allez répandre cette bonne parole à votre paroisse. Vous voyez que la banane, c’est drôle…
La banane est l’héroïne de maintes chansons, dont plusieurs de Harry Belafonte (le célèbre Day-O, notamment), le tube de 1922 Yes, we have no bananas, celle précitée de Ray Ventura, et font de nombreuses apparitions en tant que ceinture-robe (depuis Joséphine Baker) et sur les chapeaux des danseuses brésiliennes. L’expression anglo-saxonne un peu désuète mais cartoonesque « going bananas » signifie « devenir dingue ».
Enfin, la propriété humoristique principale de la banane est le fait qu’on la pèle aisément et qu’on en jette la peau (ce que les singes font peu, contrairement à l’imagerie populaire : ils mangent la peau avec si on ne leur apprend pas à la retirer). La « peau de banane » est même devenue une expression qui désigne un obstacle intentionnellement placé par un adversaire pour ridiculiser, sans qu’il ait eu l’air de se mêler de la chose.
La peau de banane est l’un des objets les plus dangereux que l’on puisse rencontrer à l’écran.
Qu’il s’agisse d’un jeu vidéo, d’un dessin animé ou d’un film, si une peau de banane apparaît, on peut être certain que quelqu’un va glisser dessus (du moins dans 99% des cas : Une peau de banane sert, avec d’autres ordures, de carburant à la seconde version de la machine à voyager dans le temps dans Retour vers le Futur 2… Et même là, c’est représentatif de l’image de la peau de banane, comme nous le verrons).
Personne de ma connaissance n’a jamais glissé sur une peau de banane, ni personne de la connaissance des personnes de ma connaissance : Il m’a longtemps semblé qu’il s’agissait d’un mythe, d’une légende urbaine, d’une idée reçue, comme le fer dans les épinards ou le sel sur la queue des moineaux pour les attraper… Mais il est vrai, pourtant, que la peau de banane glisse.
Renseignements pris, l’usage de la peau de banane en tant qu’accessoire à la glissade est non seulement réaliste, mais terriblement approprié !
Son premier usage comique daterait de 1898 (Un sketch de music-hall ou une blague faisait allusion à une telle glissade sans la montrer). La peau de banane très mure, voire pourrissante, était en effet l’ornement tristement commun des villes américaines du tournant du siècle, et même de toute la première moitié du XXe siècle. Les progrès dans la vitesse des transports maritimes et sa longue conservation en font un fruit de choix.
Les premiers développements de la réfrigération et les médecins découvrant les vertus que j’ai vanté plus haut ont été deux facteurs déterminants qui ont fait de la banane l’un des fruits préférés en Amérique, justement à l’époque où il existait un vide en matière de lois contre le fait de jeter des ordures sur les trottoirs ! Imaginez des peaux de bananes sans nombre maculant les trottoirs près des ports…
Fraîchement pelé, ça va, mais lorsque ça pourrit, oui, ça glisse bien.
Selon les sources de l’époque, la peau de banane était à elle seule responsable de très nombreux accidents, fractures des jambes, allant parfois jusqu’à l’amputation en cette époque dénuée d’antibiotiques… A tel point que l’on dut réaménager le système d’évacuation des ordures par les caniveaux. La peau de banane est l’un des symboles de l’évacuation des eaux usées à New York.
C’est un peu comme la crotte de chien à Paris. Bien entendu, aujourd’hui, la plupart des gens jettent leurs peaux de bananes à la poubelle (ou ne mangent plus de fruits en pleine rue…) et on risque bien plus de glisser sur une crotte de chien que sur une peau de banane. Mais le risque n’est pas négligeable : En 2001, il y a eu près de 300 accidents liés à une banane au Royaume Uni, principalement des chutes liées à une peau de banane.
La banane : Un fruit pas si innocent que ça.
On pourrait encore s’attarder longuement sur la banane, les républiques bananières, les régimes de bananes, les régimes à base de bananes, les différentes espèces de bananes, les jeux de mots qui se réfèrent à la banane (comme le fameux « Banané ! » que d’aucuns proclament en lieu et place de « Bonne année ! » dés le premier Janvier sonné), mais brisons là… Qu’il suffise de dire que la banane a de nombreux talents cachés.
Ce billet est déjà bien long, mais si quelqu’un pense que j’ai oublié quelque aspect primordial de la chose, qu’il me le fasse remarquer : Je suis tout prêt à y remédier dans un prochain billet. Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve des sujets aussi passionnants que ça. C’est vrai, quoi, c’est dingue ce qu’on peut apprendre quand on se renseigne un peu sur un truc quotidien et sans intérêt…
Oui, bon, je me tais, je me tais…
dimanche 17 mai 2009
Ecce homo !
Alors voilà, c'est aujourd'hui la journée mondiale contre l'homophobie...
... que je n'ai pas attendu pour tempêter contre tout ça.
Parce que la journée mondiale POUR l'homophobie, c'est tous les autres jours.
J'enjoins donc le lecteur attentif à consulter les messages du tag Voyage en Homophobie, sur ce même blog. Là, à droite.
Saine lecture.
samedi 16 mai 2009
Trekkie, toi ? Un nouveau ?
Le dernier film.
Un film pour les unir tous, et dans un nouveau continuum les lier.
Il vient de sortir.
Allez le voir.
Si, si, je vous assure.
Allez-y.
Trekkie ou pas, vous ne serez pas déçu.
mardi 5 mai 2009
Ouroboros...
Un de ces jours, pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, j'expliquerai le mot du titre... Sinon, vous pouvez aussi utiliser Google et m'épargner cette peine. Quoi qu'il en soit, ceci ets une annonce officielle pour mes lecteurs réguliers : Il n'y aura pas de nouveaux billets avant quelques jours. Je vais mettre ce temps à profit pour... des tas de choses (y compris préparer d'autres billets).
Je voulais aussi que mes billets sur l'homophobie restent en ligne un peu plus longtemps... C'est un sujet vaguement important, alors bon...
Tous les lecteurs de passage sont enjoints par la présente de lire les billets du tag "Voyage en Homophobie", en attendant mieux, et d'autres billets de ce blog si le coeur leur en dit !
samedi 2 mai 2009
Voyage en Homophobie XX : L'Auto-Homophobe...
Nous l’avons vu, notre culture populaire est inondée de stéréotypes homophobes, de messages anti-gays, de croyances erronées sur les homosexuels (religieuses ou non), d’attaques politiques contre les gays, de préjugés populaires, voire de mensonges haineux. Et il arrive hélas qu’un homosexuel y croie. C’est le cas général avant le coming-out, et cela arrive même des années après, chez des gays assumés !
Bien sûr, ceux qui se haïssent ainsi sont plus souvent des gens qui se croient isolés dans leur placard, mais parfois, face à l’homophobie ambiante, même le plus militant et le plus fier des gays peut, à cause d’un passage à vide ou d’une détresse émotionnelle, jeter l’éponge… La pauvre victime finit par prendre trop à cœur les mensonges des bigots, et s’imaginer qu’il y a un peu (ou beaucoup) de vrai dedans.
L’auto-homophobe se reconnaît comme homosexuel, mais voit son orientation comme une maladie, une malédiction, quelque chose d’anormal. Plutôt que de dire que, comme cela n’est pas un choix, nul ne peut le juger, le pauvre s’auto-apitoie : « Je n’ai pas choisi ! Pourquoi qui que ce soit choisirait ça ? »… Comme s’il avait besoin de s’excuser. C’est une pente glissante…
Ces pauvres victimes sont les proies faciles de ceux qui promeuvent les groupes de Gays Réformés : si on leur en donne l’opportunité, ne changeraient-ils pas leur orientation sexuelle ? Un tel homosexuel ne s’accepte pas, et ne se défendra pas, prisonnier qu’il est de la honte, la peur et la culpabilité issues de la propagande homophobe. C’est à cause de cela qu’il se déteste, lui, ce qu’il est, et pas seulement ses pulsions.
Presque toujours, ce formatage, ce véritable lavage de cerveau commence jeune, avec une éducation religieuse ou des parents homophobes, des quolibets à l’école, voire même des violences. Tout ceci empêche la victime de s’épanouir, de vivre pleinement, fièrement sa vie ; réparer les dégâts peut prendre des années, voire même ne jamais être vraiment fini… La plus terrible homophobie est celle qu’on s’inflige soi-même.
Il ne s’agit pas d’un cas extrême ou d’un étranger que l’on doit plaindre : ce gay qui s’auto-apitoie est une partie intégrante de tous les homosexuels dans notre société. Nous vivons dans un monde où l’homophobie est institutionnelle, normative, intrinsèque. Comme le racisme, le sexisme, le snobisme de classe et les autres inégalités sociales, nous sommes TOUS élevés dedans. Sans exception.
Je ne parle pas seulement des homosexuels, mais de TOUT LE MONDE. Même les parents non homophobes s’attendent à ce que leur enfant soit hétérosexuel, et sont tristes « de ne pas avoir de petits enfants »… Imaginez une seconde ce que cela fait de devoir lutter sans cesse contre quelque chose que tout le monde éprouve, y compris soi-même, quand on est né gay ?
Que nous le voulions ou non, cela fait partie de notre vie. Cela nous retient d’une façon ou d’une autre, même lorsque nous refusons de l’admettre, bien que certains combattent l’ignorance, la honte et la haine par de multiples professions de foi d’égalité. A chaque fois que nous cédons à ce sentiment, même par auto-apitoiement, c’est l’intolérance qui triomphe, et les erreurs, les idéologies néfastes de nos ancêtres.
Les gauchers, au moyen-âge, étaient considérés comme démoniaques… Ce trait est-il si différent de l’orientation sexuelle ? Il appartient à chacun, gay ou non, dans une société qui se dit libre, de défier par des questions légitimes toutes les valeurs et les traditions qui circulent. Et cela doit commencer très tôt. L’égalité ne doit pas être un vain mot, l’éducation non plus ! Et ce combat doit être mené à chaque génération…
Sans quoi, aucun pays ne sera jamais vraiment la « grande nation éprise de justice et de liberté » qu’il croit être.
vendredi 1 mai 2009
Voyage en Homophobie XIX : Le DINK...
DINK, c’est l’acronyme de Double Income, No Kids… C’est ainsi que les publicitaires nomment le ménage typique du gay urbain stéréotypé. Et, de fait, le DINK entre avec bonheur dans cette petite case : Il est gay, assumé, le cœur à gauche et le portefeuille à droite, il entretient son corps finement musclé et épilé, vit avec un chihuahua dans un loft parisien à la déco audacieusement kitsch, et collectionne les chaussures Prada.
Le DINK pratique une forme d’élitisme gay petit bourgeois assez puant : Si vous n’avez pas le corps d’une couverture de TETU, les chaussures et le sac de cette saison, le t-shirt Galliano, les lunettes noires Svarovski pour Dior ou Police et le total look Métro-chic, il sera le premier à vous le faire remarquer. Selon lui, les gays doivent être flamboyants, beaux, jeunes, riches, lookés, maquillés, fêtards… Ou ne pas se montrer.
Tout cela ne serait rien si le DINK n’était pas aussi légèrement raciste, même envers les autres gays : Les blacks, les beurs, les asiatiques, ceux qui ont des métiers manuels ou qui sont trop « classe moyenne », on dirait qu’ils n’ont pas droit de cité pour lui ! Il juge « vieux-jeu » les gays fidèles et monogames, il méprise (au lieu de les aider) ceux qui n’ont pas fait leur coming-out ou qui tentent de surmonter l’homophobie ambiante…
Voyez-vous, le DINK vit dans sa bulle : Tous ses amis et collègues sont des gays comme lui, de la « bonne » sorte, il ne fréquente que des gens du milieu, dans de touts petits cercles fermés. Il y a Paris et Ibiza, à la limite Londres, New-York et L-A, le reste, c’est des bouseux. Comme il tombe pile dans le stéréotype gay, il pense que les gays qui ne sont pas comme lui et qui ne vivent pas dans son univers sont une minorité…
Cela l’amène à un préjugé hallucinant : Comme il ne mène sa barque que dans son tout petit lac, dans lequel il est accepté et soutenu, libre de vivre et travailler comme il l’entend, il oublie volontiers qu’il existe, au-delà d’un estuaire plus court qu’il ne le croit, un océan d’intolérance. Il est né dans un milieu privilégié et non homophobe (et c’est tant mieux pour lui !) mais il oublie que tous n’ont pas cette chance.
Il ne fait pas la gay-pride, c’est trop ringard : « Aujourd’hui, ya que les intégristes qui sont homophobes, mon chou ! » Un simple regard sur cette série de billets lui prouvera que non. Il trouve trop rébarbatifs les moines-soldats d’Act-Up et autres militants. Il est trop occupé à son clubbing, son cruising et des tas de choses en –ing pour s’intéresser aux autres, ou à ceux qui se sont sacrifiés pour qu’il ait cette extraordinaire liberté !
Le DINK, bien qu’il ne constitue qu’une minorité chanceuse et trendy, est surreprésenté dans l’imagerie populaire : C’est à lui qu’on pense lorsqu’on imagine un gay. Les homophobes en premier, mais jusqu’aux autres gays, pensent souvent que le DINK représente les qualités et les tares de la communauté gay toute entière. Et c’est exactement ce que veulent les homophobes : Une image négative, ridicule et pornocrate des gays.
Comme pour toutes les généralisations, il faut critiquer le DINK et son style de vie avec véhémence… Ce n’est pas qu’il achète des vêtements tendances ou qu’il fait trop la fête (certes, il peut facilement tomber dans le piège du barebacking, mais c’est un autre problème), Le truc, c’est qu’il perpétue une image d’Epinal, qu’il s’en fiche, et qu’il crache méchamment sur tous ceux qui ne vivent pas comme lui !
Peut-être devrions-nous tous, gays y compris, parler de communautéS gayS. Ce n’est pas un hasard si la marche des fiertés est appelée LGBTQ, pour inclure les Lesbiennes, les Bis, les Trans et ceux qui se Questionnent. Et à cette marche, on trouve des bears, des S-M, des fans de techno, des musclés, des vieux, des séropositifs, et j’en passe… Et des gens qui ne sont rien de tout cela. Des gens « normaux », allez-vous dire ? Evidemment…
Parce que TOUS dans le cortège sont « normaux ». C’est pour vous le faire rentrer dans le crane qu’il y a un cortège.










