jeudi 30 avril 2009
Voyage en Homophobie XVIII : Madame Michu...
Rien n’est plus délicat dans la vie d’un gay que son coming-out. Il ne faut jamais le brusquer, jamais en faire une fin en soi, il faut faire attention à ce qu’on dit et à qui en fonction des gens à qui on le révèle… Même s’il faut le faire quand c’est possible, il ne s’agit pas toujours de crier sur les toits sa gaytitude. L’annoncer aux parents provoque toujours un choc, alors mieux vaut faire ça de manière contrôlée…
On n’est pas obligé de sortir du placard pour tout le monde en une fois. Il peut être très bénéfique de vivre au grand jour, certes… A terme. Et à condition de pouvoir vivre. Il ne fait pas bon être homosexuel dans certains quartiers dangereux. Il ne fait pas bon faire son coming-out quand on n’est pas suffisamment indépendant pour assumer d’être viré de chez-soi, de son travail, ou ostracisé par certains « amis ».
Madame Michu s’en fiche : Ce qu’elle cherche, c’est un bon ragot à colporter. Bien sûr, il existe des Mesdames Michu de tous les âges et de tous les sexes… On désignera par ce stéréotype de la concierge ou de la dame-pipi tout dénonciateur spontané qui se complait dans les ragots, et qui « oute » volontairement les gens, se mêlant de ce qui ne le regarde en rien.
Lorsque Madame Michu voit deux garçons ou deux filles s’embrasser dans la rue, elle s’écrie aussitôt « Oooooh ! Mais ça devrait pas être permis, ça ! », et court le dire à sa voisine, ou aux clientes de l’épicerie, ou à sa boulangère, ou à sa concierge… Bref, à QUELQU’UN, généralement une autre Madame Michu qui colportera la nouvelle, si elle est bien juteuse, et ira de son « Ah lala, mais où va le monde ? »…
Si elle a l’honneur de connaître l’un des embrasseurs, on peut être sûr que tout le quartier sera au courant d’ici peu. Oh, elle fait la même chose avec un adultère, par exemple, prenant soin d’en informer le voisinage à l’exception du conjoint trompé « parce que, le pauvre, tout de même… ». Seulement, quand il s’agit d’homosexualité, Madame Michu devient ce qu’on appelait dans les seventies un Hétéro-Flic…
Elle dénonce le gay à sa famille, souvent d’un ton plein de sollicitude, au téléphone : « Madame Lamèredugay ? Oui, c’est Madame Michu à l’appareil… Ecoutez, je ne sais pas si je devrais vous dire ça, mais je crois que votre fils file un mauvais coton… Je l’ai vu hier avec un garçon, et… » Vous voyez le genre. Comme si elle faisait œuvre de salut public.
En tant que mère homophobe, elle ne se contente pas de tancer son enfant gay : s’il/elle a un(e) petit(e) ami(e), Madame Michu téléphone aux parents pour les mettre au courant de la situation ! Si le coming-out est déjà fait, ça tombe à plat, si non, ça peut carrément ruiner des vies. Et il ne suffit pas que tout le quartier, toute la famille ou tout le lycée soit au courant : Si elle est croyante, elle contacte même le prêtre.
Je connais une famille qui a été brisée de cette façon, et un garçon qui, ainsi sorti du placard à 17 ans, a passé un an de misère avant que ses parents ne le foutent à la porte sans un sou dés qu’il eut l’âge légal. C’est récent, ça arrive encore. Mais il y a pire : J’en connais un qui s’est fait dénoncer par sa voisine pour pédophilie parce qu’il avait amené chez-lui un gars de vingt ans qui faisait jeune, et qui criait pendant l’amour…
Heureusement, les actes méprisables de Madame Michu sont, de nos jours, limités par l’illégalité de l’homophobie et le fait que l’homosexualité ne soit pas un crime… Mais ils peuvent tout de même faire de gros dégâts en attirant l’attention des homophobes sur un gay autrement invisible : refus d’augmentation, expulsion à la première incartade, quolibets à l’école, tabassage… Et nous avons déjà parlé des conséquences familiales.
Madame Michu n’aurait pas été si mal lotie en 1940, du temps des lettres de dénonciations. Salope.
mercredi 29 avril 2009
Voyage en Homophobie XVII : Le Gay Hors-Milieu...
Il est important de se souvenir qu’il y a autant de diversité dans la communauté gay que dans n’importe quelle autre. Il y a, entre autres, des millions de gays et de lesbiennes totalement similaires aux hétérosexuels, indistincts en termes d’apparence, de manières, de goûts… Le Gay Hors-Milieu dont nous parlons, cependant, n’a pas simplement l’apparence convenue de son genre.
Le combat des gays, loin d’être achevé, est fondamentalement la lutte pour pouvoir être, agir et paraître en accord avec soi-même et sa sexualité, une liberté encore trop souvent refusée… Le gay hors-milieu, bien qu’il se définisse comme homosexuel, refuse d’être lui-même. Pire encore : Il pense se rendre meilleur en imitant les hétérosexuels, et conspue la liberté d’autrui à ne pas ressembler à ce pseudo-idéal !
Il est absolument terrifié par le stéréotype du gay citadin, et fait tout en son pouvoir pour s’en distinguer. Alors que la plupart des gays sont agacés ou indifférents à cette perspective, le gay hors-milieu est flatté lorsqu’on le prend par erreur pour un hétérosexuel, ou quand on le qualifie de « pseudo-hétéro »… Quoi que ça puisse bien vouloir dire. En ce sens, il serait plus juste de le qualifier de gay anti-milieu.
On l’entend souvent dénigrer les gays qu’il juge efféminés (c'est-à-dire tous ceux qui n’affectent pas le comportement d’un hétéro-beauf…) en termes choisis… Il dira par exemple « Putain, toutes ces tarlouzes, si je voulais baiser une fille, je serais hétéro ! ». Plutôt que d’indiquer, simplement, son type d’homme, il ressent le besoin de vilipender tous ceux qui ne l’attirent pas.
Il est courant que le gay hors-milieu ne soutiennent pas les droits des gays, et quand il le fait, c’est que ça lui profite directement : Ne souhaitant ni adopter, ni se marier, il ne voit pas l’intérêt d’aider la cause des gays en général simplement pour ceux qui veulent le faire. Il ne va jamais à la gay-pride, en dépit du fait que s’y retrouvent tous les genres d’hommes et pas uniquement les « tapettes stéréotypées », comme il dit.
Bien sûr, il n’a aucun scrupule à profiter des droits acquis pour lui par d’autres gays avant lui… Conservateur, il éprouve peu de sympathie pour le combat d’autres minorités, ou même des autres gays, car il se sent sous-représenté dans ce milieu… Il critique donc volontiers tout ce que l’on associe spontanément avec la culture gay (qu’il appelle « sous-culture ») : Drag Queens, travestis, transsexuels, mode, etc.
Plus encore, il croit fermement que la sexualité de quelqu’un ne doit pas être apparente (ce qui, ma foi, est une question de choix personnel, mais rend la drague plus difficile…), et pense que c’est le « refus » des gays de s’intégrer aux attitudes et aux normes culturelles admises, traditionnelles, qui engendre l’homophobie ! Oui, vous avez bien lu, il pense que l’homophobie, c’est la faute des gays.
La visibilité gay est pour lui une raison légitime pour un hétérosexuel de haïr les gays, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il critique sa propre communauté… Sa logique biaisée ne tient pas compte du fait que les lois anti-gay n’ont jamais fait la distinction entre un travesti à semelles compensées et un homosexuel en treillis et bombers, pas plus que les préjugés ne s’arrêtent à l’apparence lorsque des rumeurs sont lancées sur quelqu’un…
Quoi qu’il fasse, même s’il tente par tous les moyens de se distancier du milieu gay, le gay hors-milieu doit, en fin de compte, faire face à la même homophobie que tous les autres, celle qui opprime tous les gays. Fondamentalement, il pense qu’il peut obtenir les faveurs des conservateurs en s’habillant et en agissant comme un bon petit soldat hétéro…
Quel dommage : Ce n’est qu’un collabo à la petite semaine, fort peu différent d’un refoulé.
mardi 28 avril 2009
Voyage en Homophobie XVI : Le Refoulé...
Il y a beaucoup d’homosexuels refoulés (et encore plus de refoulés tout court), qui refoulent de diverses façons… Le séminariste qui entre dans les ordres parce que c’est l’alternative au mariage en est une. Nous parlons ici, d’une façon plus générale, d’un homme qui se définit lui-même comme hétérosexuel, mais qui a une sexualité homosexuelle, de temps en temps ou tout le temps.
La refoulée est assez rare, pour des tas de raisons… C’est surtout un problème masculin, lié comme toujours à une certaine vision de la virilité. Parfois, le refoulé choisit des partenaires qui se disent aussi hétérosexuels, dans une logique bancale du style « on n’est pas pédés, on est juste deux hommes qui se font du bien »… Mais il baise souvent avec des hommes ouvertement gays.
Pourquoi quelqu’un qui se définit come hétérosexuel, voire qui a une sexualité hétérosexuelle la plupart du temps, voudrait coucher avec une personne de même sexe ? Alfred Kinsey, l’un des premiers à étudier objectivement la diversité sexuelle, a constaté que, quand on traite de tabous, le comportement des gens ne correspond pas toujours à l’orientation sexuelle qu’ils prétendent avoir…
C’est ce monsieur Kinsey qui, ayant compris que la nature ne s’encombrait que rarement de catégories bien distinctes, a reconnu l’existence d’une multitude d’échelons entre homosexualité et hétérosexualité. Les valeurs sociales et religieuses, en revanche, mettent à tous une pression extraordinaire pour faire rentrer chacun dans les cases « homo » ou « hétéro », ceux dans la case « homo » étant couverts d’opprobre.
La plupart des refoulés sont donc des homosexuels (ou des bisexuels) qui s’affichent comme hétérosexuels afin de se conformer aux attentes de leur famille, de leur église, de leur communauté… Mais qui s’évadent incognito pour satisfaire leurs besoins sexuels. Il y en a d’autres qui, par manque de partenaires féminines consentantes, se rabattent sur des hommes.
Il en est même qui, de façon plus sinistre, voient la sodomie d’un autre mâle comme la domination de celui-ci… C’est en tout cas la justification d’un certain nombre de viols homosexuels, notamment dans des pensionnats religieux : les grands sodomisent les petits, les professeurs ferment les yeux. Cela arrive en France, c’est un phénomène actuel dont on commence seulement, comme al pédophilie, à mesurer l’ampleur.
Par exemple, et pour en parler que d’un pays, en ce sui concerne les viols à l’école ou au pensionnat, par des adultes comme par d’autres mineurs, on estime aujourd’hui que seule une minorité des élèves d’Irlande a été épargnée par ce phénomène ! Ces viols sont presque un « rite de passage » (un rite barbare qui DOIT cesser, mais un rite tout de même), et violeurs comme violés se définissent souvent comme hétérosexuels toute leur vie.
Certaines cultures considèrent aussi, étrangement, que seul le partenaire passif (celui qui se fait enculer, quoi) est le « pédé », qu’il « fait la femme ». Le refoulé peut donc être totalement homophobe, et ne pas se considérer comme gay du tout… C’est une manière de gérer la culpabilité générée par l’acte en dépit des conventions. D’autres gèrent cette culpabilité de façon explosive, en tabassant leur partenaire juste après !
Certains gays sont d’ailleurs attirés par ce côté dangereux, furtif, interdit… Tant que cela reste un fantasme, le fait de servir d’objet sexuel à un être qui refoule ses pulsions, ça n’est pas un problème. Mais dans la réalité, il vaut mieux être très prudent : Même le plus bénin des refoulés peut, à force d’accumuler une culpabilité imméritée et d’être en porte à faux par rapport à sa propre vie, devenir violent.
C’est ce genre de schizophrénie qui se produit quand l’homophobie ambiante ne laisse personne être soi-même.
lundi 27 avril 2009
Voyage en Homophobie XV : Le croquemitaine...
Bien sûr, ça n’est pas son vrai nom… Mais c’est le rôle qu’il remplit dans la communauté gay. Et lui, il existe. Appelons-le Casseur de Pédés. Un psychopathe violent qui guette à la sortie des boites et lieux de drague gays, ou aux limites du quartier gay, prêt à l’attaque… Un être inhumain, motivé uniquement par une haine folle, une telle cruauté qu’elle ne peut être décrite qu’en faisant référence au Mal, et qui agit sans raison…
Oui, ça existe. Des boites de nuit en province ont fermé pour ça. Bon, il y a aussi des casseurs de pédé moins manichéens, il faut l’admettre, mais le résultat est le même : Révoltant. L’archétype du Casseur de Pédé est habituellement évoqué par les partisans des droits des gays en tant qu’avertissement (justifié) de ce qui arrive si on laisse faire… Mais aussi, à l’instar du Fanatique de l’Extrême, par les homophobes.
Ceux qui s’opposent aux droits des gays trouvent très utile de dénoncer les violences physiques contre les homosexuels, parce que leur propre parti a l’air moins ignoble, par comparaison. Après-tout, le Casseur de Pédé, lui, il frappe. Eux, ils veulent juste priver les gays de leur dignité et de leurs droits, et peut-être à terme de leur liberté, de leur vie… C’est tellement différent !
Oh oui, tout le monde aime haïr le Casseur de Pédé, lui qui fait partie de cette minorité de paumés, de skinheads avec des tatouages néonazis sur le front, de jeunes musulmans perturbés, de punks bardé de chaînes (très années 80…) ou quel que soit le stéréotype à la mode du moment ! Peu, cependant, voient combien l’homophobie extrême de ces gens est le haut de l’iceberg, qui augure de l’homophobie cachée du reste de la population.
Récemment, trois homosexuels se sont fait agresser devant la mairie du 3e arrondissement de Paris, et s’en sont tirés avec « seulement » quelques arcades sourcilières fracturées, contusions et bleus… uniquement parce que la police est intervenue. C’était une agression homophobe de la part d’une bande de jeunes (entre 17 et 21 ans) qui ne voulait pas de « tapettes » dans leur quartier. Et le 3e arrondissement, ce n’est pas la zone, pourtant…
Il est facile de condamner leurs actions (et cela doit être fait) mais tout aussi facile d’oublier qu’en ce moment, les messages homophobes circulent énormément, notamment en provenance du Vatican, et de tous les intégristes qui se réveillent. Je ne dis pas que qui que ce soit « tire les ficelles », mais une homophobie latente se voit en ce moment excitée par un certain nombre de controverses médiatisées, et ça met le feu aux poudres, pour certains…
De la même manière, on oublie souvent que, dans l’affaire Matthew Shepard (ce jeune homosexuel qui s’est fait lyncher par des gens de son âge aux Etats-Unis, ce qui a défrayé la chronique), les médias de l’époque étaient saturés de messages homophobes, notamment la campagne de publicité anti-gay de l’organisation d’extrême droite chrétienne évangélique Focus on the Family.
Nul ne doit absoudre les Casseurs de Pédés de leur responsabilité, mais il ne faut pas feindre d’ignorer ceux qui leur ont appris la haine. Tous les jours, partout dans les pays industrialisés et au-delà, les religieux crachent leur bile dans des sermons venimeux contre les homosexuels. Tous les jours, des politiques dépensent des millions en lobbying anti-gay. En Europe, même dans des pays « riches », des gay-prides sont interdites, ou mises en danger.
Pire : Tous les jours, des parents indignes enseignent leurs préjugés à leurs enfants, et des gens normaux, comme vous et moi, restent silencieux lorsqu’ils devraient élever la voix face aux bigots de touts poils… Uniquement parce-que c’est admis. Parce-que c’est habituel. Parce-que c’est « comme ça ». J’espère que ce n’est une surprise pour personne : Nous vivons dans une culture ou le roi, le chef, le nabab, c’est l’hétérosexuel mâle.
Dans une culture ainsi ouvertement homophobe, doit-on s’étonner que quelqu’un d’instable saute le pas et devienne violent contre les gays ?
dimanche 26 avril 2009
Voyage en Homophobie XIV : Le Parent-Noïaque...
Les enfants sont l’avenir. Hélas, nombre de parents vivent dans le passé. Lorsque le Parent-Noïaque regarde son enfant, il ne voit pas un être humain unique et merveilleux, plein de possibilités… Non, il se voit lui-même en modèle réduit. Il voit une deuxième chance de rattraper ou compenser ce qu’il perçoit comme ses propres erreurs, ses défauts, ses manquements. Cela peut le pousser à motiver son enfant… Ou pas.
Lorsque l’enfant grandit, le fantasme égoïste du parent est remis en question, puis, quoi qu’il arrive, complètement démoli, et ce même si l’enfant suit les traces de ses ancêtres… Le rêve laisse sa place à la déception et au ressentiment, qui éloignent les parents des enfants partout dans le monde. Bien sûr, tout ça est l’histoire classique d’une famille dysfonctionnelle… C’est bien pire quand la sexualité s’en mêle.
Le Parent-Noïaque possède une vision rigide des genres et de la sexualité. C’est très souvent le cas dans notre société, et il n’y peut rien, c’est comme ça qu’il a été élevé… Cependant, son esprit fermé le pousse à n’envisager que son point de vue, et donc à devenir homophobe. Que son petit garçon ait envie de jouer à la poupée, et il est terrifié, honteux, en colère… Il se demande ce qu’il a fait de travers !
Il peut réagir en confisquant les poupées, et en forçant l’enfant, par exemple, à faire un sport viril (rugby, football… Vous savez, un de ceux ou on se retrouve tout nus entre hommes dans les vestiaires après une bonne suée, à parler de cul et à lancer des regards furtifs et complexés sur la bite des autres…). Evidemment, il est probable que l’enfant aura une sainte horreur de ce sport jusqu’à la fin de ses jours à cause de ça.
Autre réaction, si l’enfant fait régulièrement des choses que son Parent-Noïaque estime ne pas être propre à son sexe : Emmener toute la famille à l’église… Et ce même si la famille n’a jamais été très religieuse avant ! Ceux qui sont plus laïcs emmènent leur enfant chez le psychiatre… Ou pire encore. C’est très sérieux, c’est la même mentalité qui génère les Gays Réformés dont nous parlions l’autre jour…
J’ai moi-même connu un fils d’une famille autrement normale, qui, ayant été « outé » contre son gré, a vu ses parents appeler brusquement la police pour le « tirer des griffes des drogués et des pédophiles qui ont une mauvaise influence sur lui ». Il a expliqué son histoire aux policiers qui ont vertement tancé les parents… Ce qui ne les a pas empêché de tenter de le faire interner dans un hôpital psychiatrique, pour le « rendre normal » !
L’histoire finit bien, cette fois : Echappant à la surveillance de ses parents, le lycéen a alerté son conseiller d’orientation et été voir un avocat gratuit… Ce qui n’aurait pas été possible il y a 20 ans, et eut été impensable dans les mentalités il y a seulement 10 ans. Et, comme dans ce cas, toute tentative d’un Parent-Noïaque pour changer la sexualité de son enfant n’a pour résultat que des blessures psychologiques profondes.
Le pire, c’est que les soupçons du Parent-Noïaque sont généralement infondés, voire complètement bidons. Je n’ai jamais aimé jouer à la poupée, moi qui suis gay… Peut-être que le petit garçon qui joue à la poupée finira par en mettre une grandeur nature dans son lit… et peut-être que son grand frère, le sportif viril qui entretient son corps et ne sort qu’avec ses potes, lui, sera plus porté sur ce qu’on appelle pudiquement l’« amitié virile » !
Le Parent-Noïaque brime son enfant pour rien, et, comme si cela ne suffisait pas, il lui barre nombre de voies et le fait injustement souffrir : Les enfants élevés ainsi apprennent qu’il vaut mieux se conformer aux attentes d’autrui plutôt que d’explorer ses propres talents et ses centres d’intérêts… Ainsi, l’homophobie explore de nouveaux horizons en étant nuisible à tous, pas seulement aux gays !
Comme si l’avenir et la nécessité ne forçaient pas suffisamment les choix de chacun en ce monde…
samedi 25 avril 2009
Voyage en Homophobie XIII : L'Hétéro-Beauf...
Beaucoup d’homophobes pratiquants et volontaires ne sont pas de sinistres criminels qui tirent leurs plans diaboliques, ni des religieux extrémistes engagés dans les armées du seigneur, ni de machiavéliques milliardaires aux ressources sans limites… Certes, il y en a eu, il y en a encore (Hitler, Staline, le Pape, les mormons, Christine Boutin, Jean-Marie Le Pen…) mais ils restent peu nombreux.
Une énorme partie des rangs homophobes est constituée de simples idiots. On aimerait croire (oh oui, on aimerait tellement…) que ce n’est qu’un stéréotype, que les Deschiens et que Radio-Bière-Foot caricaturent à outrance… Mais non. Ce sont des GROS CONS. Ils existent, je les ai rencontrés. Et il y en a beaucoup moins qu’on ne pourrait le croire dans la police, soit dit en passant…
Pour une raison ou l’autre, l’hétéro-beauf a un problème avec les gays (question de culture et d’éducation, ou absence d’icelle). Le problème est qu’il n’est pas équipé intellectuellement pour justifier sa position par une quelconque argumentation, dans quelque domaine que ce soit… D’ailleurs, honnêtement, ça ne l’intéresse pas ; et son avis sur la question gay n’est pas le seul sujet qu’il maltraite de cette façon.
Tout ce qu’il pourra dire pour sa défense c’est, à la rigueur, une blague homophobe, ou quelques phrases idiotes qui ressemblent plus aux divagations d’un alcoolique qu’à une expression humaine : « Les lesbiennes, c’est des mal baisées, elles ont juste pas trouvé le bon mec »… « Les pédés, ils se prennent pour des femmes, c’est pas normal, c’est tout »… Voilà le plus haut degré de sophistication que l’on peut attendre de lui.
Autant il trouve dégoûtante l’homosexualité entre garçons, autant « les gouines, c’est super excitant ! ». Souvent, il estime que, s’il n’y a pas de pénétration, ce n’est pas vraiment « faire l’amour », et que les lesbiennes sont à la recherche du mâle ultime qui pourra les satisfaire, « enfin »… La preuve ? Les lesbiennes, dans les films pornos, utilisent des godes-ceinture, et se jettent sur le premier mâle à grosse bite venu. Eh oui, ça va très loin.
Tous ceux qu’il n’aime pas ou qu’il veut chambrer, il les appelle « pédé » ou « enculé ». Réponse paranoïaque à d’imaginaires flatteries, il pense automatiquement que tout homosexuel qu’il rencontre en veut à sa vertu… Et plus il est laid, plus il se croit viril, donc sexuellement attirant, plus il sera quotidiennement horrifié à l’idée que d’autres hommes l’approchent… Au point de guetter les signes supposés d’homosexualité partout où il va.
L’hétéro-beauf peut se révéler buté, violent, fanfaron, mythomane, épuisant nerveusement (surtout pour celui qui tente de le détromper et, sinon de le convertir à son point de vue, au moins de lui apprendre à penser par lui-même…) et malpoli ou désobligeant en toutes circonstances. Cependant, il ne faut pas perdre espoir : Ses risibles croyances sont stupides, mais pas vraiment méchantes.
Lorsqu’il déblatère ses sottises homophobes, c’est juste qu’il imite, à l’instar du singe ou du perroquet, les soubresauts de la culture populaire, comme un enfant ses parents ou ses amis. Il est possible qu’il n’ait jamais consciemment rencontré d’homosexuel ! Un peu d’éducation, du temps passé avec des « vrais » gays non stéréotypés au quotidien, lui faire voir peu à peu ce qu’il en est vraiment, voilà tout ce qu’il lui faut.
Et lorsqu’un membre de sa famille ou un ami proche fait son coming-out, il est possible que, en dépit de tout ce qu’il a dit auparavant, l’hétéro-beauf surprenne tout le monde par son soutien : Si c’est un véritable ami, indépendamment du reste, il sera le premier à rassurer son ami nouvellement gay qu’il l’apprécie toujours, puisqu’il est toujours le même… Et il se dédira alors sans doute de ses anciens propos immatures.
Lui faire arrêter d’utiliser « pédé » et « enculé » à chaque fin de phrase, en revanche, c’est plus dur.
vendredi 24 avril 2009
Voyage en Homophobie XII : Le Français Moyen...
Ciel ! N’est-ce pas politiquement incorrect de dire que le français moyen est homophobe ? N’est-ce pas insulter l’intelligence de nos concitoyens ? Ouh là là !... D’abord, je ne crois plus à ce mythe qu’est l’intelligence de mes concitoyens. Mais passons. Ensuite, comment pouvez-vous croire une seconde que l’homophobie, phénomène qui imprègne toute la société, comme nous l’avons vu en introduction, n’est que le fait d’une minorité ?
Les mamans coquillettes, les fans de soirées foot, le collègue a la cravate moche, la caissière du supermarché, la concierge de l’immeuble, le gentil facteur… Les français moyens sont comme Monsieur Jourdain, leur ancêtre direct : Ils font de l’homophobie sans le savoir. Certes, ils ne sont pas la source (les politiciens et religieux anti-gays, les traditions...), mais ils contractent et propagent le virus… Celui de l’homophobie, SIDA culturel.
Ce virus se transmet très vite, au cours d’une conversation, en regardant la télé… Peu de gens ont vraiment une défense intellectuelle face à cela. Le pire, c’est que le français moyen n’a pas pour but conscient d’être un homophobe : il reste bien-pensant (ce qui est peut-être pire). Il entend simplement les rumeurs, les bobards, et les répète en les déformant, comme la plupart des êtres humains ont tendance à le faire.
Certes, le français moyen entend parfois quelque chose qui le choque, un propos qui lui semble haineux contre les homosexuels, ou le compte-rendu de violences homophobes… Mais, comme il ne veut pas faire de vagues et qu’il ne saurait pas comment critiquer ou poser les bonnes questions, il reste confortablement installé sur son canapé. Tout à son quant-à-soi, il s’écarte et laisse tranquillement passer la caravane de l’injustice sociale.
C'est ce qu'on appelle "majorité silencieuse". Cela ne lui vient même pas à l’esprit que c’est aussi à lui d’agir, que son silence permet à l’ignorance et à la haine de s’étendre. Il ne réalise pas non plus qu’il a peut-être des collègues, des amis, des voisins ou des membres de sa famille, très proches de lui, encore dans le placard, profondément meurtris par les blagues sur les pédés, terrifiés par le climat d’homophobie sourde…
Sans aller jusqu’à dire qu’ils ont raison de rester dans le placard, il faut avouer que faire son coming-out peut être dangereux pour sa réputation, sa carrière, voire sa sécurité physique dans certains milieux… Et c’est d’autant plus frustrant qu’il suffirait souvent d’un hétérosexuel pour dissiper cette oppression, un seul hétérosexuel qui dise non, que ça n’est pas drôle, qui oppose son point de vue, même en l’absence d’un gay !
Ce n’est pas qu’une parole de militant : On ne demande à personne de faire la gay pride ou de s’engager pour les droits des gays… Mais n’est-il pas normal, lorsqu’ils entendent qu’on casse du sucre sur le dos de quelqu’un (ou d’une catégorie de gens qui n’a rien fait, des propos racistes, ou autre chose du même genre) d’espérer qu’ils se manifestent plutôt que de laisser dire ?
C’est se comporter en honnête homme… C’est AUSSI ça, être humain. Les philosophes, les sociologues, les activistes, les politologues, les historiens, tous ont observé la chose suivante : Les grandes douleurs sont muettes, les injustices les plus terribles n’ont lieu que parce que des gens de bien ne font rien, les laissent se produire, croyant que ça n’est pas leur problème… Et ça arrive tout le temps.
Ah, si seulement le français moyen avait conscience de tout le bien qu’il peut faire, si seulement il prenait le temps d’apprendre un truc ou deux sur les gays au lieu de s’abreuver aux stéréotypes sirupeux de TF1, si seulement il avait le courage de défier le statu quo à son humble niveau, à la machine à café du bureau, au bar entre copains, ou lors des repas de famille… Mais non.
Au lieu de ça, il dit : « Mais les pédés, ils ont déjà des droits comme nous, non ? »…
jeudi 23 avril 2009
Voyage en Homophobie XI : Le Polémiste...
Je ne sais si, à une époque, les médias avaient de vrais reporters qui allaient à la chasse aux faits pour les présenter au monde édifié… Aujourd’hui, les rédacteurs ont découvert qu’ils pouvaient économiser muchos dollars en remplaçant les journalistes par des marionnettes avec oreillettes, lesquels, au lieu d’aller chercher l’info, posent tranquillement leur cul entre un fond bleu et une caméra pour déblatérer.
Il est ô combien plus facile de partager ses propres opinions pas toujours bien informées avec une plèbe tout aussi ignorante, et qui opine du chef quand on la distrait (je le sais, j’ai un blog…). Nous sommes à l’ère du cynisme médiatique, ou la vérité s’efface devant le chiffre, ou l’éditorial prend le pas sur l’article, ou la forme triomphe du fond… Au mieux, du journalisme gonzo, au pire de la fumisterie complète.
L’homophobe journalistique qu’est le Polémiste n’est expert en rien… Mais c’est une baudruche suffisamment pleine de vent pour convaincre un nombre effarant de français moyens qu’il sait de quoi il parle. Ses émissions sont replètes de désinformation, d’intox, et d’attaques ad-hominem. Pourtant, son public nombreux continue de le voir comme une source d’information fiable. Voire même « qui ose dire les choses ».
Son sport favori est l’organisation de pseudo-débats entre des invités triés sur le volet pour s’opposer directement, pour faire le plus de bruit possible, le plus de polémique artificielle autour de rien (d’où le nom). Le débat est orienté dés le départ, et même le titre est nauséabond, comme « Milieu gay = danger ? » ou « Homosexualité : mal-être et suicide des jeunes ? ».
Les invités qui partagent les opinions homophobes du polémiste représentent fièrement une minorité d’intégristes (dont nous avons vu certains des représentants dans le cadre de cette série…), et ont ainsi une tribune nationale alors qu’ils ne sont que 200… Ils dialoguent « sur un pied d’égalité » avec des seconds couteaux de petites associations, ou des drag-queens caricaturales : rien de représentatif, tout pour choquer.
Il se garde bien, d’ailleurs, d’inviter un quelconque expert sur le sujet… Les invités favoris du polémiste, ceux qui partagent ses vues, peuvent éructer les bobards et les insultes les plus visqueuses sans la moindre critique, objection, ou question. En revanche, les autres passent sur le gril : on les interrompt, on coupe leur micro en plein milieu, et on tire ensuite de leur contexte toutes les phrases qui peuvent être tournées en ridicule.
Le polémiste se plait à dire qu’il montre les deux côtés d’une controverse… La vérité est qu’il en crée là où il n’y en a pas. Pour tout problème qu’il examine, les opinions sont montées les unes contre les autres, même si l’une est complètement stupide : l’autre est rabaissée, caricaturée, pendant l’émission mais aussi par le simple fait qu’il y ait un débat…
C’est comme confronter un géologue sérieux avec un azimuté qui pense que la Terre est plate… Ou le « débat » sur le créationnisme. Comme si la réalité était sujette à interprétation. Le polémiste remplit son émission à écouter chaque camp (psychologues et politiciens chrétiens contre drag-queens flamboyantes, pour bien jouer sur les stéréotypes…) hurler jusqu’à en venir aux mains, puis encourage le spectateur à « décider par lui-même ».
Lorsque le polémiste pose lui-même les questions (ce qui est rare : plus il parle, moins il est crédible), il s’arrange pour ne jamais poser les bonnes, ou pour éviter de laisser l’invité répondre. Mieux encore : il utilise des questions issues d’un micro-trottoir ou du public du studio, qui apparaissent légitimes (« posées par de vrais gens »)… Mais ne sont en rien pertinentes. Normal, elles ont été sélectionnées pour ça.
Ce n’est pas la vérité que font jaillir les polémistes, mais la merde. Pour éclabousser ceux qui ne l’ont pas produite.
mercredi 22 avril 2009
Voyage en Homophobie X : Le Fanatique de l'Extrême...
La plupart des discussions sur l’homophobie mènent inévitablement à ce que quelqu’un mette sur le tapis les Fanatiques de l’Extrême, ces infâmes psychopathes qui brandissent leurs pancartes « Dieu n’aime pas les pédés », « Pauvre France », « le SIDA soigne l’homosexualité », et leurs t-shirts « PACS-out », « Pas de neveux pour les tantouzes »… Et j’en passe des plus photogéniques.
Oui, parce que c’est toujours eux qu’on filme, même s’ils ne sont absolument pas représentatifs de l’homophobie en général : Ils attirent l’œil. Aujourd’hui, on croit qu’ils ont tendance à disparaître, mais il n’en est rien. Voyez les associations pro-pape qui se sont formées spontanément, et les manifestions contre la reconnaissance des unions de même sexe… Comme les cafards, ils sont invisibles, sauf lorsqu’ils sortent des murs.
Il est si facile de haïr le fanatique… Mais est-ce bien utile ? Est-ce que ce couillon est vraiment dangereux ? Evidemment, il gâche le paysage, mais à bien y regarder son groupe se restreint aux quelques membres de sa paroisse, de sa famille, et un couple d’amis rencontrés en vacances au Puy du Fou. En vérité, il n’a que peu de crédibilité et encore moins d’influence : Il se couvre de ridicule plus que de gloire.
On peut même penser que la nature obvie et détestable des manifestations du fanatique nuisent à sa cause, donnant à l’homophobie une mauvaise réputation (oui, je sais, elle n’en avait pas besoin, mais allez dire ça aux homophobes…). Plus la télévision montre ce genre de crétins, plus elle diffuse leurs discours haineux et inarticulés, plus ils s’attirent l’opprobre de l’opinion, et plus les droits des gays avancent.
Mais attention ! Le fanatique de l’extrême, si vomitif soit-il, n’est en fait rien de plus qu’une diversion pratique utilisée par les politiciens, les religieux, les polémistes en tout genre, voire même les français moyens qui pratiquent une homophobie plus dangereuse et plus cohérente, en s’opposant discrètement mais sûrement, sans violences, à l’égalité des gays dans la société.
Ce sont ces gens qui méritent toute notre attention : Ceux qui considèrent l’homophobie comme un péché véniel tout en condamnant les actes de ces fanatiques extrémistes… Comparé au vitriol du fanatique, certes, leur venin nauséabond semble édulcoré, politiquement correct, en fin de compte, plus tolérable. « Je ne suis pas homophobe », dira l’hypocrite, « Car je ne suis pas aussi méchant que lui ! ».
Pourtant, ces gens plus discrets votent pour les mêmes candidats homophobes, soutiennent les mêmes lois et la même politique anti-gay, et croient aussi que les gays sont mauvais pour la société… Ils ne le crient simplement pas sur les toits, et ne vont pas (forcément) casser du pédé (tous) les week-ends. Aucun doute possible : Ils sont très exactement aussi dangereux, mais moins visibles.
Lorsque le fanatique de l’extrême apparaît dans une conversation sérieuse ou un débat sur l’homophobie (ce qui arrive presque toujours à la télévision), c’est le signe inratable que la discussion s’enlise, dérive, déraille vers la fiction : Cela veut dire qu’à un moment donné, on a cessé de parler des vrais problèmes, du fond, pour délirer sur la diabolisation de groupuscules sans importance au lieu de chercher la vérité.
Il faut recentrer le débat autour des vrais acteurs de l’homophobie : les conservateurs de gauche et de droite, les religieux, et tout ceux qui n’estiment pas que les homosexuels doivent avoir les mêmes droits que les autres, les millions de citoyens, d’électeurs, de fidèles qui les soutiennent. Et c’est par le débat, l’éducation et un discours cohérent, à l’opposé de leur obscurantisme, que l’on peut les contrer.
Et cette petite série de billets est une partie de la solution.
mardi 21 avril 2009
Voyage en Homophobie IX : Le Laïc...
Pendant des siècles, les religions du monde ont arbitrairement condamné certains comportements comme étant tabous, indépendamment du fait qu’ils lèsent autrui ou non. Même si certaines idées (notamment « tu ne tueras point ») sont loin d’être absurdes, toute l’homophobie en occident vient des valeurs religieuses… Et ces valeurs sont si ancrées dans la société que les agnostiques ou les athées sont aussi infectés par ce poison.
L’homophobe laïc, être séculier au point de parfois tonner contre l’obscurantisme, n’évoque jamais dieu lorsqu’il argumente contre l’homosexualité ; pourtant il suit la même logique et commet les mêmes solécismes que les homophobes religieux. Il en appelle à une certaine forme de moralité sans nuances, à une autorité cosmique rigide, à ce qui est « sain » ou « malsain », « naturel » ou « contre-nature »…
Ici, la nature remplace dieu, mais ça peut être n’importe quel autre concept : lois de l’évolution, biologie, survie… Et ce malgré le fait que les comportements homosexuels soient largement répandus dans le règne animal. Le laïc homophobe n’est pas à un paradoxe près dans sa réinterprétation de faits scientifiques mal compris. Contrairement au pseudo-scientifique, il ne cherche pas, ne manipule pas…
C’est qu’il ne comprend pas : Il a juste assez d’éducation pour croire qu’il est bien informé. Il pourra dire par exemple que l’anus n’est pas biologiquement fait pour accueillir un pénis, et le seul plaisir qu’un homosexuel passif peut en retirer est pervers, lié à la douleur. Pour l’actif, puisque le dégoût face à l’excrément est un instinct primaire, c’est une perversion basée sur la notion d’interdit et de saleté, anti-naturelle…
Comme ce mélange psycho-bio-mensonger dénote une ignorance totale de la sexualité humaine ou animale ! On notera que ce genre d’hétérosexuel n’hésite pas à demander à sa petite amie si elle peut se laisser prendre par derrière ou si elle peut lui tailler une pipe, ou baiser hors de sa période d’ovulation, ou avec la pilule… Fort heureusement, les vrais docteurs ont des critères plus sérieux quand ils jugent de ce qui est sain !
Même lorsque le laïc homophobe accepte ce qui fait consensus, c'est-à-dire que l’homosexualité est un phénomène naturel, il l’écarte en la qualifiant de « comportement anormal » ou « aberrant », de « mutation »… Sous prétexte qu’il s’agit d’une pratique moins répandue dans une population, et qu’elle ne mène pas directement à la procréation, donc, selon ses vues étriquées, à la survie de l’espèce humaine.
Il est prompt à faire remarquer que, si tout le monde ne pratiquait que l’homosexualité, l’espèce humaine s’éteindrait… Comme si les gays ne pouvaient pas avoir d’enfants, avec un peu de bonne volonté et l’insémination artificielle ! Et même alors, le pourcentage d’homosexuels dans la population de la planète ne risque pas d’augmenter brusquement.
Quand il admet l’absurdité de cet argument, il persiste toutefois à dire que l’homosexualité est un danger pour la survie de l’espèce et la diversité de son pool génétique. Comme si 10% de la population, grand maximum, répartis dans toutes les classes sociales, avaient la possibilité (ou même la volonté) de rendre toute l’humanité stérile et de faire cesser toute reproduction par les hétérosexuels.
Parce qu’il ne comprend pas la raison d’être de l’homosexualité en tant que phénomène, il la dénigre, sans même se dire que s’il n’y a pas de créateur, il n’y a pas de « raison » aussi simple… Le melon n’a pas été « fait » avec des stries pour qu’on puisse le couper en tranches ! Nul ne sait où il a été chercher ces notions imbéciles, peut-être est-ce dans ses deux années de DEUG ratées…
Comment, dans les conditions qu’il pose, l’homosexualité peut-elle être un danger alors que la surpopulation et la faim pèsent sur de nombreux pays ?










