Le 25 avril 2006, un billet sur l’Eglise en tant que business.

J’en parlais l’autre jour avec ces histoires de Pape qui en tue quelques millions à coups de petites phrases…D’ailleurs, l’histoire n’est pas finie : aujourd’hui, les médias donnent une tribune aux 200 petits apprentis fascistes qui soutiennent le Pape et font une chaîne humaine devant Notre Dame de Paris. Il ne manquait plus qu’une Esméralda à brûler…

200 imbéciles. Vous croyez qu’on ne devrait pas les autoriser à donner leur opinion, à manifester ? C’est bien qu’ils puissent parler face aux autres. On voit combien ils sont peu, et nazillons. Voir l’Eglise comme un simple business, c’était inqualifiable pour eux en 2006, ça l’est toujours… Mais, de toute façon, l’Eglise est inqualifiable depuis sa création. C’est comme qui dirait une spécialité.

L’image représente Saint Merri prêchant la bonne parole au théâtre Le Triomphe… Il refait parfois quelques représentations de ce spectacle culte, sa Grand Messe, qui, sans être le show du siècle, fait vraiment rire… Ce qui est rare dans un monde ou les comiques télévisuels sont contents de ne faire que sourire, et encore plus quand le spectacle en question parle de religion.

La religion, peut-être parce qu’elle a inventé la notion elle-même, c’est un sujet bien trop tabou, et depuis trop longtemps, même lorsque la sécularité réconfortante de notre pays autrefois révolutionnaire n’était pas en danger et qu’on ne parlait pas de « laïcité positive » et autres absurdités… Mais je m’égare, une fois encore. Place à un autre verbiage, sur un autre ton…

Tiens, c'est la Saint Marc aujourd'hui. Bon, j'en n'ai rien à battre, je ne connais pas de Marc. C'est pourtant un joli nom. Accessoirement, Saint Marc est celui qui a écrit l'évangile du même nom (et il ne s'est pas vraiment cassé pour le titre, comme tous ces gens là...). Il a abrité pas mal de chrétiens du temps des persécutions, il a accompagné Saint Pierre à Rome, et il est mort à Alexandrie sans même se faire martyriser, en 67.

La place San Marco de Venise (et surtout l'église du même nom) est appelée ainsi parce qu'on a acheminé le corps de Saint Marc (ou ce qu'on a cru à un moment être le corps de Saint Marc, ou, plus probablement encore, ce qu'on voulait faire passer pour le corps de Saint Marc pour une basse raison politique et monétaire à la "nous aussi on a des gros saints"...) dans cette ville humide, même s'il n'avait pas grand chose à y faire...

C'est le privilège des saints (et des mannequins) d'avoir un corps très demandé. On se les arrache ! Littéralement d'ailleurs, vu le nombre de reliques vraies et fausses qui circulent encore. Avec la crise pétrolière, ça fait cher la phalange. Je me demande à combien s'élève le bout de Jean-Paul II... Les anticléricaux diront que déjà de son vivant, son bout ne s'élevait plus beaucoup et surtout pas pour grand chose, certes.

Tout ça me fait penser à la pratique funéraire peu scrupuleuse que les créateurs de Star Trek ont attribué à une race ultra commerciale et cupide au point d'en être à la fois pittoresque, stéréotypée et ignoble, les Ferengis. Leurs morts ne sont pas enterrés ni incinérés, mais lyophilisés et revendus dans des petites boites "collectors" avec certificat d'authenticité. Et là aussi des faux circulent. Moi je trouve ça très humain...

Mais sérieusement, les chirurgiens et les embaumeurs de Sa Sainteté, pour peu qu'ils aient eu l'âme un peu simoniaque (Simoniaque, d'après Simon le Mage, qui, dans l'évangile, voulait s'associer avec Jésus pour commercialiser ses prodiges, le confondant avec un "simple" sorcier... Avec le blé que se fait encore l'Eglise, c'est Simon, ce gagne-petit, qui aurait pu prendre des cours...) peuvent se faire pas mal de blé à la revente.

Pareil pour Mère Thérésa. En plus c'est le genre de chose qui, une fois authentifiée et mise dans son joli présentoir, ne peut que prendre de la valeur avec le temps. Et dans cent ans, qui sait quelle fortune on pourra en tirer ? A mon avis il y a certains croque-morts et certains gériatres qui ont assuré l'héritage de leurs petits enfants "en nature", en plus de leurs fantastiques honoraires de médecin des stars.

A tout le moins, ce sera mieux que la relique de la côte flottante de Cher, même pour les fans de Ralf König.

Mais moins drôle, aussi.

Merri