Alain Bashung est mort l’autre jour, non sans avoir reçu une victoire de la musique, et je n’ai strictement rien à dire là-dessus. C’est abyssal à quel point je peux m’en beurrer les noisettes : Je l’aurais presque cru déjà mort. Il y a tellement plus important que la mort d’un vieux chanteur de plus, ou que la distribution de prix n’ayant pas (n’ayant jamais eu) le moindre rapport avec la qualité de la variétoche qu’ils récompensent.

Il est inutile de vous décrire le désespoir qui me saisit lorsque j’entends que la France va « revenir dans l’OTAN », alors qu’elle y est déjà depuis longtemps… Et tout le foin que l’on fait avec cette décision qui n’est que la suite logique de la politique internationale que poursuit Nicolas Sarkozy (qui, pour une fois, soulève moins de boucliers que le reste).

Je ne vous parlerai pas non plus du Salon du Livre, qui, ma foi, même s’il est agréable d’y flâner, n’est au fond qu’une immense librairie. Vous ne trouverez rien au Salon du Livre, ou pratiquement, que vous ne puissiez acheter ou commander auprès de votre libraire favori. Le seul avantage du salon est que vous pouvez y rencontrer les professionnels de l’édition.

En fait, aujourd’hui, je n’ai guère envie de vous parler de quoi que ce soit : J’ai mal à la tête.

Près de chez-moi, chaque matin, des ouvriers rénovent un immeuble. Ils utilisent pour ce faire un appareil évolué et barbare à la fois, un genre de karcher mural ultra-puissant, qui a le défaut de produire un vrombissement insupportable. L’après-midi d’hier, alors que je revenais du Salon du Livre, c’était au tour d’un voisin de s’adonner à la guitare pour manchots…

Vous savez, quand un crétin joue pendant trois heures sur une guitare des variations hispanisantes et chéguévaresques sur les mêmes trois notes, en mode mineur… Et quand je dis trois heures, je suis gentil. Je signale qu’en dehors de ça j’ai la chance de vivre dans un quartier calme, près d’une cour dont l’acoustique est, pour mon malheur, excellente.

J’aimerais croire que je suis au dessus de tout ça, que je peux en faire abstraction, mais il n’en est rien : Passé un certain stade, rien ne semble plus crucial au monde que ses propres petits tracas. On comprend alors que la presse people ait autant de succès, et que la plupart des français se désintéressent des sujets vraiment importants : D’abord, ça leur semble bien lointain, ensuite ils n’y entravent que dalle.

Monde de merde, tiens…

Bruit