Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

samedi 31 janvier 2009

On a du pot !

Cela fait bien longtemps que je peins des figurines. C’est bien simple, dés mon plus jeune âge, j’ai été initié au jeu de rôles par mon grand frère, qui peignait lui aussi. On m’avait offert avant les dix ans une petite série de figurines que j’avais peints, assez mal, à la gouache… J’aimerais pouvoir dire que c’était mignon, mais je recule d’horreur devant ce que j’ai fait subir à ces petits monstres aujourd’hui irrécupérables…

Bon, je me suis amélioré, d’abord sur les conseils de mon frère, ensuite à la force du poignet, en regardant les toutes petites photos en noir et blanc, puis en couleurs, des magazines du genre White Dwarf et Casus Belli (qui a eu une rubrique figurines jadis… dont l’abandon n’a pas réussi à sauver le magazine). C’était vraiment naze à l’époque, mais c’était un loisir de grand et ça me plaisait.

Il faut dire qu’à l’époque, lesdites figurines photographiées, le plus souvent caricaturales et produites par la marque Citadel, à la limite de la difformité, étaient peintes de façon bien flashy. On aurait dit des statuettes en pâte à modeler. Et puis la technique ne s’était pas beaucoup démocratisée : il y avait deux ou trois boutiques à Paris où acheter le matériel de base, point.

Aujourd’hui, la dernière génération de figurinistes d’Europe est exemplaire… Poses audacieuses, véritables détails, morphologie respectée, dégradés méticuleux dans la peinture (le résultat d’années de concours de peinture et d’un perfectionnement au niveau des matériaux, des techniques de moulages…), et plus encore : une véritable volonté de transmettre un savoir.

Plus que quelques pages absconses dans les magazines de wargames sur les bases absolues de la peinture sur figurines, niveau grand débutant, sont sortis récemment le Grand Livre de la Peinture sur Figurines, épais et complet, et même un DVD proposé par Jérémie Bonamant-Teboul (peut-on avoir un nom plus intéressant que ça, pour moi qui suis gay ?), figuriniste français célèbre dans ce petit milieu pour son immense talent.

Mieux encore que les photos toujours meilleures de figurines toujours mieux peintes disponibles dans des catalogues toujours plus beaux et mieux mis en page (encore un effet de la démocratisation des moyens et des techniques de diffusion), les conseils en DVD montrent des vidéos thématiques de peinture que l’on peut examiner, arrêter, ralentir ou accélérer à loisir.

Vous VOYEZ comment on peint, ce qui est bien plus évident que les explications théoriques. C’est un peu comme apprendre à coudre un bouton avec un livre sans image, et apprendre à coudre un bouton quand on vous le montre. C’est la même différence entre la mécanique et le code de la route, et apprendre réellement à conduire une voiture. Celui qui a eu l’idée est un saint.

Bon, on dirait que c’est un film amateur qui sort presque des ateliers de la COGIP, avec de grosses bévues de montage et un son variable… Mais il existe, et il donne vraiment de précieux conseils. Et ça ne se vend pas qu’en boutique spécialisée. Pour moi qui ai vu tout cela à ses débuts, avant même l’arrivée des figurines en résine, c’est un vrai bonheur de savoir que le hobby est enfin reconnu, et qu’il s’ouvre.

Un peu.

Bonamant_Teboul_en_DVD

Posté par Elromanozo à 17:42 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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vendredi 30 janvier 2009

Pourrissimo !

Bonjour. Je suis Blogger indépendant, et les blagues de merde, c’est ma grande passion. Les découvrir, c’est un engagement sérieux. Les raconter aussi. Moi, j’ai voulu les deux. Ensemble, luttons contre la bonne humeur et la joie, et racontons les pires blagues qui soient. Au monde. Pourquoi ? Parce que je le vaux bien. Et pour bien tout comprendre et débarrasser la chose de tout élément éventuellement drolatique, on va les disséquer.

Une à une.

Si, si. Vous n’y couperez pas.

Blague 1 : C’est l’histoire d’un fermier qui possède une poule. Sa poule, un jour, se fait manger. Il va voir le renard, parce que ses soupçons se portent naturellement sur lui. Le fermier demande « C’est toi qui a mangé ma poule ? », et le renard répond « non. ». Et en fait, c’était lui.

On constate ici que la formulation laconique de la blague, volontaire, ne renseigne absolument pas sur les circonstances de l’histoire invraisemblable. Il n’existe dans cet univers en vase clos que le fermier, le renard parlant, et une unique poule… Pas d’autres poules, pas d’autres prédateurs. Le fermier, plutôt que de tuer le renard sans sommation, va simplement le voir. On s’attend à une chute absurde, et on est déçu. La simplicité narrative plaira aux enfants de moins de trois ans et aux personnes sous influence de drogues.

Blague 2 : C’est un gars qui rentre dans un bar, et qui dit « salut, c’est moi ! ». A ce moment, tout le monde éclate de rire… parce que ça n’est pas lui.

Ici, le comique ô combien subtil vient de la confusion par rapport à qui « lui » est, et du fait inattendu que, au moment extrêmement crucial de la narration, tout le monde éclate de rire. On aurait pu simplement dire « et ce n’était pas lui », mais non. Il a fallu ajouter l’équivalent textuel de rires enregistrés. Le style absurde tombe à plat, parce que cela suffit rarement à faire rire et que ce n’est pas poussé à l’extrême. En temps qu’exercice de style dans l’absurde, cependant, on a rarement fait plus essentiel, plus synthétique, plus concis.

Blague 3 : Que font deux scampis ensemble ? – Du scamping.

Voilà une devinette introuvable, parce que la plupart des gens cherchent une réponse au lieu de tenter de l’inventer. Dés que l’on commence à délirer un peu et à faire des jeux de mots, on finit par tomber dessus. Sinon, cette blague n’a aucun sens. Pourquoi du scamping, et pas, par exemple, un buffet scampagnard ? Pourquoi deux scampis ensemble, et pas trois ou plus, ou même un seul ? Le camping n’est pas une question de nombre… Paradoxalement, elle est légèrement plus drôle quand l’auditeur ne sait pas ce qu’est réellement un scampi.

Blague 4 : C’est quoi deux trous dans un trou ? – Ton nez dans mon cul !

Avec cette blague, on touche le fond de la scatophilie : il en fallait au moins une, bien représentative du genre, et pas drôle. Parce qu’il y a des blagues scatophiles drôles, si, si, je vous jure ! Et je ne parle même pas des blagues gore. Celle-ci est un peu salace (enfin, enculer avec le nez, c’est limité, sauf pour un Cyrano…), en plus. Je ne comprendrai jamais pourquoi, chez des hétérosexuels mâles, l’introduction de diverses choses dans le cul d’autres hétérosexuels mâles est considérée comme virile, pas gay du tout, et même drôle. Singulier, non ?

Blague 5 : Un chameau dit à un dromadaire : – Comment ça va ? – Bien, je bosse, et toi ? – Je bosse, je bosse !

Trompeusement subtile, dans le style « avec brio » (pour les initiés), ceci est une blague tellement peu drôle qu’on NE DIRAIT MÊME PAS UNE BLAGUE, et ce même en dépit du fait qu’il est évident que deux camélidés parlants ne peuvent exister en dehors du cadre d’une histoire drôle. Je dis « trompeusement subtile » parce qu’elle est facile à voir, en même temps : le chameau portant deux bosses, il répond « je bosse, je bosse ! ». Mais c’est si ennuyeux et plat que personne ne VEUT le voir.

Blague 6 : C’est un homme qui, à l’enterrement de sa mère, entend « Hey, François, tu veux une sardine ? »… Alors il répond « Non, merci, mais moi c’est Francis. »

Là, en fait, il y a un piège. Il n’y a juste rien. Ceci n’est pas une blague, ni une devinette, ni même une saillie ou un mot d’esprit, mais bel et bien une histoire pas drôle qui ne peut même pas passer pour absurde (pour peu que l’on serve des sardines à l’enterrement de la mère du pauvre homme). Elle a la forme d’une blague, elle a la structure d’une blague, mais ce n’est pas une blague. C’est la seule chose qui fait sourire, ici. Et encore.

Blague 7 : Que disent deux enfants nommés Bob et Trouille lorsqu’ils aiment Halloween et le bricolage ? « – Quand est-ce qu’on scie, Trouille ? »

Avec cette histoire, nous plongeons dans l’horreur. Basée sur un jeu de mot sans suite et un manque d’idées, il y a un risque réel de perte de neurones pour qui prend connaissance de cette histoire sans précautions. Même si on laisse de côté le fait que Trouille n’est pas un prénom… Pourquoi deux enfants ? Pourquoi Bob ? Il n’y a rien dans cette blague qu’un cadre totalement superficiel et artificiel, irréaliste, surréaliste, destiné à introduire un jeu de mots facile et téléphoné… Et pourtant la moitié de cette narration est en trop ! Mais il y a pire…

Blague 8 : Comment fumer alors qu’on est perdu au milieu de la savane avec pour tout équipement un fusil de chasse et deux balles ? Premièrement, il faut guetter une panthère. On lui tire dessus, mais on la loupe. On prend la loupe. On retire sur la panthère et on l’atteint. On prend le cadavre de la panthère et on le fait tournoyer au dessus de sa tête. La panthère décrit un cercle dont la circonférence est égale à 2 x pi x le rayon, c'est-à-dire une panthère. Faire tournoyer la panthère donne donc 2 pi panthère, soit deux pipes en terre. On broie l’une des pipes en terre pour obtenir de la terre, et en faire deux tas inégaux. On prend le tas le moins haut (donc le tas bas)… Nous avons donc une pipe en terre, du tabac et une loupe pour l’allumer à l’aide du soleil.

Alors là, c’est atroce. C’est le MAL. Tout simplement. Une longue série de jeux de mots même pas drôles introduits de force par une INTERMINABLE litanie d’absurdités ni astucieuses, ni énigmatiques, ni vraisemblables, ni drôles, mais seulement arbitraires. Sous le masque d’une fausse logique d’additivité de divers éléments, cette histoire cache assez mal de douteux solipsismes qui ne tiennent même pas la route.

C'est une espèce de Franken-blague de bric et de broc qui vous encule l'esprit à sec !

Le comique d’une histoire, c’est un élément absurde ou inattendu introduit dans la réalité… Là, on a juste de l’absurde dans de l’absurde, mais qui tente de tromper l’auditeur de l’histoire et de lui faire croire que c’est quelque chose comme un jeu de logique. Je trouve ça d’une malhonnêteté intellectuelle indépassable, et le comble de la mauvaise foi que de prétendre que c’est seulement un peu amusant.

Même les pires blagues scatophiles, les pires calembours vaseux, ont un côté inattendu, quelque chose qui déclenche un certain contraste dans la suite d’idées développées… Les pires énigmes elles-mêmes se basent sur une certaine logique, ou des références… Cette affreuseté bâtarde embourbe volontairement l’esprit plutôt que de le faire travailler. A chaque proposition, à chaque mot, à chaque virgule, on se demande POURQUOI ?!...

Outre le fait que la production d’un mot n’entraîne pas l’existence de la chose… (Déjà je n’aime pas ce postulat de départ. Si l’on veut fabriquer une pipe avec une panthère, on l’abat, en général avec plus d’une balle, et on en creuse un os bien sec à la forme voulue. Ensuite, on cherche des plantes à fumer, puis on les fait sécher, en espérant qu’elles ne soient pas trop nocives… Et l’on fait du feu en frottant des morceaux de bois les uns contre les autres… ET PUTAIN DE MERDE de toutes façons c’est N’IMPORTE QUOI !!!!… On se rend compte qu’on est atteint lorsqu’on commence véritablement à chercher…) Il y a quand même des questions à poser.

Qui se perd ainsi entièrement nu dans la savane avec uniquement un fusil et deux balles, ni une, ni trois ? Est-ce que ça marche avec des chevrotines ? Quand on guette la panthère, puisqu’on fait le guet, est-ce qu’on devient homosexuel ? Si on a un fusil à éléphant, peut-on tirer sur une panthère ? Pourquoi vouloir fumer, perdu en pleine savane, alors qu’on n’a ni eau, ni nourriture, ni vêtements ? Pourquoi fumer dans une pipe en terre, qui est démodée ? Et si on aime les cigarettes, ou qu’on ne fume pas ? Pourquoi une panthère vit-elle dans la savane et pas dans la jungle ? Est-ce parce que la jungle est trop humide et sombre pour y allumer un feu à l’aide d’une loupe ? Si tant est que l’on prend la panthère par la queue, le rayon du cercle décrit n’est-il pas inférieur à une panthère entière ? Suffit-il d’une seule balle pour tuer la panthère ? Lorsqu’on l’atteint, la panthère devient elle d’une autre couleur ? Que faire si on rate la panthère une seconde fois ? Et d’ailleurs, si on rate la panthère plutôt que de la louper, obtient-on une rate ? Lorsqu’on loupe la panthère, qu’est-ce qui me dit que la loupe va exister à long terme, puisque cela ne « donne » pas une loupe, mais que ça « loupe » simplement (différence de structure très évidente entre les phrases « on la loupe » et « …donne 2 pi panthère »)… Lorsqu’on cesse de faire tournoyer la panthère, pourquoi les deux pipes en terre ne disparaissent-elles pas, du fait qu’il n’y a plus de cercle, donc plus de périmètre ? Est-ce que les pipes en terre sont à la fois là et absentes, un peu comme la lumière est une particule et une onde en même temps, ou au contraire les pipes existent-elles uniquement quand on ne constate pas directement leur non-existence, et/ou vice-versa ? Sont-ce des pipes de Schrödinger ? Que fait-on du cadavre de la panthère ? S’est-il transformé en pipes ? Le tas bas étant utilisé, peut-on se retrouver en Californie simplement en se plaçant sur le tas haut (Tahoe étant un comté de Californie, pour les incultes qui me lisent sans doute) ? Auquel cas, n’est-il pas plus facile de faire ainsi, ou de faire deux tas avec n’importe quoi, quitte à complètement zapper le côté chasse, savane et panthère (tout ça est un petit peu tiré par les cheveux, et on nous force à accepter beaucoup de choses, je trouve…), et d’aller s’acheter des clopes, puisqu’on n’est apparemment pas limité par la logique dans cette sombre histoire ? Qu’est-ce qui privilégie que certains jeux de mots donnent des objets réels dans le cadre de cette blague et pas d’autres ? Dans le cadre d’autres blagues ? Si c’est une blague, ne peut-on pas directement en tirer du tabac, puisque c’est dans une blague qu’on le range habituellement ? Le soleil de la savane a-t-il tapé trop fort sur celui qui a inventé cette méthode, lui faisant voir des pipes et des panthères un peu partout et songer à fumer au lieu de trouver à boire ? Et surtout, qui ça amuse de poser des questions auxquelles on a aucune chance de répondre parce qu’on ne connaît pas le paradigme de raisonnement dans lequel elles sont solubles, si tant est qu’elles soient solubles dans un paradigme quelconque ?

C’est mesquin, inintéressant, et générateur de frustration. Autant poser la devinette suivante : « Pourquoi le poulet ? – Quatre ! »… avant de partir d’un rire dément tout seul dans son coin. Tout cela n’a pas plus de sens que les gémissements inarticulés d’un fou dans une cellule capitonnée, ce qui est incidemment le lieu idéal où placer le créateur de cette monstruosité, s’il n’est pas mort.

Finalement, on se dit surtout POURQUOI MOI ?!... C’est tellement forcé, la suspension de l’incrédulité est si malmenée… On n’est même pas surpris. On essaie de suivre, et puis quand c’est fini, on se dit « C’est ça ? C’est complètement con… ». Et c’est ça ou sombrer dans la folie. H. P Lovecraft doit s’avouer vaincu face à l’indicible contenu dans ces quelques lignes : Il est certains secrets que l’homme ne devrait jamais connaître.

Si personne ne se souvenait de cette blague et qu’elle n’était inscrite que sur un nombre limité de supports, il s’agit de la SEULE exception à ma haine absolue des autodafés : je brûlerais volontiers moi-même, et en les regardant, tous les supports connus de cette blague, et je n’hésiterais pas à me suicider ensuite pour qu’on ne puisse même pas me l’arracher sous la torture. Je le ferai de bonne grâce, pour le salut de l’humanité.

Non parce que si dans cette histoire il n’y a plus de logique, alors on peut très bien dire que, lorsque le fou qui repeint son plafond s’accroche au pinceau, eh bien il reste accroché. Et trouver ça normal. Et du coup c’est BEAUCOUP moins drôle. Avec-vous pensé à ce que cette histoire représente, en tant que menace subtile pour le système aristotélicien, derrière son masque logique ? En tant que menace pour l’esprit humain ?

Sérieusement, cette blague me fait MAL. Elle me rend TRISTE. Quand j’étais petit, elle me faisait PLEURER (si, si !), parce que je me demandais comment des gens étaient suffisamment cons pour faire semblant de croire à ça, même juste pour rire. C’est une torture à chaque fois qu’on me la raconte. Le prochain qui tente seulement la première phrase, je lui refais l’anus au diamètre d’une moissonneuse batteuse.

Avec un cercle d’un tel périmètre, il y aura largement la place pour y mettre l’histoire avec.

Bide

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Noël au balcon, enrhumé comme un con...

J’ai encore chopé un truc pas clair. Un courant d’air, un changement de température, une nuit avec mon chéri dans laquelle il prend toutes les couvertures, ou inversement… Peu importe comment. Dans ces cas-là, je ne suis plus bon à rien. Comme un urinoir en papier. Un pot de chambre en raphia. Incapable de passez les trois premières questions de « Qui  veut gagner des millions ? »…

Je ne peux vous écrire ce billet que parce que je me suis dopé au paracétamol… En fait, je ne suis bon qu’à rester assis sur une chaise, ou allongé dans un lit à dormir (ou à me réveiller, ce que je fais plus souvent que je ne dors à cause de la fièvre). Quand j’essaie de regarder un film, après une demi-heure je me dis « Tiens, ça parlait de quoi, déjà ? ». Les livres, n’en parlons même pas.

Non, en ce moment c’est moi avec un thé ou un bol de soupe sur un canapé :

« – Eh, je peux changer de chaîne ?

– Khoff Khoff Rheuuu…

– Je peux t’emprunter un stylo ?

– Gnrf… Rzzz…

– On a besoin d’un agent spécial pour une mission suicide, tu es notre seul espoir…

– Blurg Beuh…

Tu me donnes un rein ?

– Shnirrrrfl…

– COUREZ ! COUREZ ! LES CHINOIS NOUS BOMBARDENT !

– Snif… Ghaaa ?... »

Voilà.

Et je commence à en avoir ras le pompon d’en baver des ronds de chapeaux.

klinesque

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jeudi 29 janvier 2009

La Crise de Madame Michu...

Ce jeudi, un sinistre imbécile a prévu une grève générale. Les raisons de cette grève sont floues, comme d’habitude. Globalement, c’est une grève politique, ce qui est normalement interdit, mais bon, il faut laisser les gens s’exprimer… et puis on va dire que c’est une « journée d’action ». Les gens ne sont pas contents, et pas mal de gens ont intérêt à les agiter contre le gouvernement et sa politique…

Le parti socialiste pond ses propositions contre la crise un peu en retard, justement quand tout le monde commence à baliser… Ségolène Royal, entre deux voyages supposés lui apporter une certaine légitimité (qu’elle n’a plus, ni dans son parti ni ailleurs, et elle voyage peut-être aux frais du contribuable, comme son ami Dray…), nous crie qu’elle en a « marre », comme une Arlette Laguiller sous acide.

La crise, ça n’est pas la faute de Nicolas Sarkozy, et, même s’il essaie, il ne peut pas la résoudre en claquant des doigts… Les mauvaises langues répondront « en claquant des thunes non plus ». Ils auront raison. Mais mettez quand même de l’eau dans votre vin rouge, bande de gauchos : ce n’est pas en battant des bras et en faisant descendre les gens dans la rue que, soudain, tout va aller mieux.

Pour une fois, je suis d’accord avec ce ministre dont le nom m’échappe: la politique de l’emmerdement, ça lasse.

Tout de même, malgré toutes ces années, toutes ces avanies qu’ont subies tous ceux qui ont un jour tenté le système socialiste ou communiste, il y en a qui s’y croient encore, au Grand Soir ! Mais si, vous l’avez sûrement entendu… J’en ai la glande de la haine tout émerillonnée : Et que rien ne sera plus jamais comme avant, et que le système devient fou, et que les spéculateurs c’est la mort du peuple… et ma préférée… l’argent fou !

« Qui est le plus fou, le fou ou celui qui le suit ? » dit le proverbe. Les communistes en quête de crédibilité font leurs choux gras de cette crise, qu’ils avaient soi-disant prédite. Comme Marx, sauf qu’il parlait d’une crise bien avant. Et puis finalement, à chaque coup, ah bah non… Les bourses montent et descendent, mais capitalism goes on. Moi ça commence à me taper sur le système qu’on m’annonce, justement, la mort du fameux système.

Cela fait bien longtemps, déjà, depuis avant même ma naissance, et le système va, en dépit de la crise, en dépit de toutes les crises, plutôt pas mal. Le communisme, en revanche… Bref. Je ne vais pas prétendre qu’il n’y a pas de crise, comme certains… Mais enfin, ce n’est pas 1929. Et puis, tout le monde parle de la crise comme si ça venait d’arriver… Réveillez-vous, les gars, ça fait des années que la bouffe est super chère !

Mais la ménagère n’a pas dit son dernier mot.

C’est vrai, quoi, on lui avait promis le bonheur à crédit, un mobil-home dans la Creuse, des vacances chez Fram j’y ai doigt, une voiture avec aide gouvernementale, les cadeaux équitables pour les enfants et le DVD de Bien velu à la Chtouille à Noël… Elle ne comprend strictement rien à la bourse, et même si son compte en banque n’a pas varié d’un poil, si la télé le dit, c’est qu’elle est pauvre ! On lui a brisé son rêve à 100 000 euros.

Alors elle, et le bon peuple, cherchent quelqu’un à blâmer. Des banquiers sans scrupules, par exemple, pour ne pas aller chercher bien loin. Et le bon peuple a des circonstances atténuantes : les banquiers font chier tout le monde dans le meilleur des cas, même quand il n’y a pas de crise ! Coupables tout désignés, donc, que ces gens qui manipulent des sommes « folles » et les refusent aux autres.

Jalousie que tout cela ! Pourquoi systématiquement juger immoral ou fourbe quelqu’un qui a simplement plus d’argent que vous ? Même si c’est parfois vrai, La duplicité est fort répandue dans toutes les classes sociales. Sans les banquiers, actuellement, crise ou pas crise, le monde ne tournerait pas. Voyez-vous, les banques créent richesse et croissance, et leur métier vital est d’évaluer les risques et la faisabilité de tout projet.

Cela va encore en choquer certains, même après ça, mais l’argent, aujourd’hui, est virtuel.

Cela fait belle lurette que notre argent n’est plus garanti par l’état ou par qui que ce soit contre une somme d’or ou d’un quelconque métal précieux… Même si sa valeur est certes régulée. Une banque n’est même pas obligée d’avoir des fonds suffisants pour rembourser 10% des sommes qu’elle prête. Elle crée de l’argent totalement abstrait, et ça marche, comme nous l’avons déjà expliqué.

« Ciel, on m’arnaque ! Cet argent n’existe pas ! » alliez-vous dire à tort. Cet argent impalpable est bien réel, comme une idée : C’est avec lui qu’on alimente votre compte en banque et votre carte de crédit. C’est avec lui que sont payés tous les projets de tous ceux qui ne s’en remettent pas à leur bas de laine, particuliers, entreprises ou états ! Retirez des billets au distributeur : c’est encore lui, matérialisé à votre demande.

Dans nos contrées, la banque « sans scrupules » a fait que l’on n’a plus de problèmes de famine et d’épidémies de peste. Et pas que dans nos contrées d’ailleurs, puisque la situation des pays en voie de développement s’est largement améliorée depuis mon enfance, en termes d’industrie et d’infrastructures. Rien qu’entre 2001 et 2008, la croissance économique mondiale a été de 4% par an.

Il y a des oubliés, mais, globalement, on vit mieux aujourd’hui qu’il y a trente, vingt, et même dix ans. Merci qui ? Merci les banques.

« Mézalors, à qui la faute ? », se dit le bon peuple de France… Les spéculateurs sont le prochain suspect sur la liste. Ce sont sûrement ces infâmes profiteurs, qui font des milliards sur le dos des honnêtes gens, tout ça parce qu’ils « jouent » en bourse comme des enfants gâtés avec l’argent des autres. Et puis il y a déjà eu des procès pour abus, avec ces histoires de Société Générale, et ces bonus faramineux de plusieurs millions…

Seulement, les spéculateurs font partie du système, et créent eux aussi de la richesse. C’est entre autres grâce à eux que l’on vit aujourd’hui la mondialisation que seuls les Gardarem-Lou-Larzac fumeurs de chanvre bio refusent, grâce à laquelle on mange indien en regardant des dessins animés en Corée sur une télé japonaise en t-shirt chinois sur une table basse marocaine… selon un principe Anglo-américain, ne l’oublions pas !

Sinon, ben, oui, il y a des abus. Comme dans pas mal de secteurs. Et certaines fois ils sont même condamnés. On police déjà ce genre de choses (plus ou moins bien…), et personne n’est contre un capitalisme un tant soit peu moralisé… même Saint Sarkozy, patron du Libéralisme et de la Droite Décomplexée Bling-Bling, n’hésite pas à dire que, bon, finalement, il faut bien que les gens bouffent. Il s’est fait élire sur ce paradoxe.

Et puis, si c’est de la faute de ceux qui se sont enrichis… C’est de la faute de tout le monde.

Tout le monde tente de rejeter la faute sur quelqu’un… Personne n’a raison. Il n’est dans l’intérêt de personne de faire capoter la machine, et, s’il y a effectivement des défauts inhérents au système ainsi que des abus plus ou moins bien gérés, tout ça existe depuis bien longtemps. Et ça pète de temps en temps, puis ça reprends. Et à chaque fois les gens ont les boules… Mais on continue.

On s’en sort. Encore et toujours. Même si l’économie n’est pas une science exacte en dépit de ce que disent les experts qui se plantent régulièrement, on a quand même fait des progrès depuis les dernières tribulations des finances internationales. Aujourd’hui, quand il y a une couille dans le potage (ben oui, le système, comme tous les systèmes, n’est pas parfait…), c’est moins grave que dans les années trente.

Il y a des tas de plans de relance en cours. Avec un peu de chance, les prix du logement vont baisser, puisqu’il faut bien permettre aux gens de payer. Les gens vont continuer d’acheter de la bouffe, parce qu’il faut bien bouffer. Mieux encore : les gens vont continuer d’acheter des voitures (peut-être pas des Mercedes, c’est tout)… Bref, les infrastructures restent, les gens n’oublient pas leur métier, et la vie continue !

Au fait, Wall Street est en hausse. Mais Madame Michu se fiche des amerlocks. Et cheux-nous, demande-t-elle ?

Plus des deux tiers des demandeurs obtiennent un crédit en France, le secteur automobile, que l’on dit représentatif, se porte mal, mais mieux que dans les pays voisins (en légère hausse, alors qu’il baisse environ de 30% en Allemagne et 50% en Espagne…), tous les commerçants que j’interroge me disent que « finalement, ça ne va pas mal, les affaires », les soldes se passent comme d’habitude… Et la Fnac est toujours bondée !

Les prix de l’essence ont retrouvé leur niveau d’il y a des années, en rapport avec le prix du pétrole qui retrouve des tarifs qu’on n’avait pas connus depuis bien longtemps (oui, parce qu’il y a moins de pétrole, mais en même temps on a la bombe A, et l’Amérique n’a pas hésité à faire la guerre en Irak, donc l’OPEP se dit que c’est peut-être pas si bien que ça de serrer trop la vis en cas de crise… Vous voyez que ça a servi, cette guerre).

Evidemment, l’année sera dure. Il ne faut pas faire semblant de rien : il y a toujours des pauvres qui s’appauvrissent, des classes moyennes qui vont se serrer la ceinture et manger des nouilles, des tas de gens qui ne peuvent plus rembourser leur crédit à taux variable, et d’autres qui ont fait un investissement crucial juste avant la crise et qui l’ont aujourd’hui dans l’os (ça ne prévient pas, les crises…).

L’argent circule plus frileusement, les emplois aussi. Mais… est-ce vraiment la Fin ? Ou même nouveau ?

CRS

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mercredi 28 janvier 2009

Plan Paulson from Outer Space !

Tout le monde semble n’avoir que ces mots à la bouche : plan de relance. Sous entendu, de l’économie. Je sais qu’on vient juste de parler d’argent, mais je ne sache pas que ce sujet soit tabou… Sauf chez les catholiques, vieille habitude médiévale dont se sont débarrassés les protestants, et qui ne les empêche pas d’en gagner de toutes façons.

Pourquoi est-ce qu’on a besoin d’un plan de relance, déjà ? Ah oui, parce que c’est la crise, causée pour le bon peuple par quelques spéculateurs (et certes pas par des facteurs multiples parmi lesquels le comportement du peuple lui-même… non, il faut un bouc émissaire !) et traders qui ont trop joué en bourse et ne se sont pas arrêtés à temps. Normal, comment voulez-vous que quelqu’un qui gagne s’arrête de jouer ?

Et puis, malgré les jalousies, tout va bien tant que tout le monde continue de s’enrichir…

Donc, plan(s) de relance(s)… Celui de la Norvège fait dans les 20 milliards de couronnes. Celui des Etats-Unis, le plan Paulson, atteint 700 milliards. Celui de notre bon docteur Sarkozy s’élève tout de même à 360 milliards. Plus que le budget de l’état, déjà déficitaire, en un an. Il n’y a rien qui vous choque là-dedans ? Pourtant ça devrait. Juste un petit truc au passage : si on les avait, les 360 milliards, vous croyez qu’il y aurait une crise ?

Et pourtant ça marche. Les finances mondiales sont en train, lentement mais sûrement, de repartir, grâce à tout cet argent que l’état garantit aux banques si elles font banqueroute (et voilà pourquoi j’ai parlé d’argent juste avant, pour que vous compreniez bien tous les mots, bande de moules)… Le tout, c’est de relancer la confiance dans les banques, et le crédit.

Mais où donc trouver cet argent ? Dans les pays non touchés par la crise ? Ils sont pauvres… En Chine ? Ben voyons. Chez les pays producteurs de pétrole ? Sans blague, après la guerre en Irak, on va aller s’excuser et lécher le cul des émirs pour qu’ils nous fassent crédit. D’ailleurs ils nous font déjà une faveur : le baril de pétrole est bien en dessous des 80 dollars.

En fait, c’est fort simple. On va emprunter à ceux qui ont de l’argent : les banques. Ben oui, l’argent, il est toujours là, réel, et on peut, en plus, en créer autant qu’on veut, si vous avez bien tout suivi. Donc on peut fort bien garantir l’argent des banques avec… l’argent des banques. On n’allait tout de même pas prendre ça dans la poche du contribuable en levant des impôts lourds alors que le peuple grogne déjà !

C’est d’une logique implacable, et même si ça se mord la queue, ça marche, je vous dis ! Parce qu’il ne faut pas perdre de vue que le but de la manœuvre n’est PAS de rembourser, mais de redonner confiance. Pas aux banques, mais aux gens en général, qui achètent et font marcher l’économie. Une fois le système reparti, les milliards du plan, ce sera comme si ils n’avaient jamais existés. Ce qui est, quelque part, le cas.

Ah, mais alors, pourquoi l’état français se limite-t-il à 360 milliards d’euros ? C’est vrai qu’à côté du plan Paulson, ça fait pauvre. La réponse est évidente : ça va se voir, sinon. Il faut une somme qui soit gobable par le bon peuple, même si les banquiers ne sont pas dupes. Mais s’ils ne sont pas dupes, alors pourquoi acceptent-ils ce « Je vous prêterai un fric que je n’ai pas si vous vous cassez la gueule, alors ne vous cassez pas la gueule ! » ?

Ben, ils ont le choix, peut-être ? Ce n’est dans l’intérêt de personne, et surtout pas des banquiers, que le système s’effondre. Il faut donc, encore une fois, des symboles… Symboles que le gouvernement est là, qu’il sauve tout le monde, qu’il rassure… L’Etat fait semblant d’éponger le lait renversé, les banques font semblant d’être reconnaissantes, voir impressionnées, oh lala, oh lala, on a eu chaud, séchons nos larmes

On fait semblant que tout va bien, on édicte quelques lois pour faire joli… Et dans un an, on n’en parle plus.

Bon, en vrai, c'est quand même un peu plus compliqué que ça. L'Etat débourse bel et bien certaines sommes. De plus, on l'a vu, certaines banques ne jouent pas le jeu, parce que la tentation est grande d'avoir le beurre et l'argent du beurre... A elles de juger de ce qui est mieux pour leur business-plan : être détestées de l'état et du peuple ou faire amende honorable... Nous verrons.

On comprend aisément pourquoi les gens de gauche se plaignent de cet état de fait, et aussi pourquoi ils n’y peuvent rien changer… A moins de déclencher une révolution. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une grève générale (et on verra si oui ou non elle est si générale que ça), ce qui ne permettra sans doute même pas à la gauche de prendre le pouvoir immédiatement.

Mais ce n’est pas le but du PS : ils voient jusqu’aux prochaines élections… Il n’y a pas que la droite qui manipule. Si l’on détaille le plan de relance de Nicolas Sarkozy pour l’économie, pas uniquement le plan bancaire, on s’aperçoit que c’est un programme de droiche. Renseignez-vous vous-même, il est exposé point par point un peu partout, notamment dans Le Point, organe officiel de la propagande Sarkozyste.

Construction de logements sociaux, aide à l’achat d’automobiles, prime aux ménages, travaux publics, mais aussi allégement sélectif des charges sociales, investissements dans les entreprises, investissements bancaires… Des méthodes qui ont fait leurs preuves, Rooseveltiennes. Une horreur pour la gauche, qui prévoit son « contre-plan » de relance à coups d’aides sociales.

Le problème, c’est qu’avec le contre-plan, il faudrait directement donner des sous aux gens… Alors que là, avec le plan Sarkozy, on n’est pas obligé. Ou pas autant. Et c’est important, parce que, les sous, l’état ne les a pas. Cela fait des années, des dizaines d’années même, qu’on nous serine que les caisses sont vides. Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme qui préconisait une réduction du budget de l’état…

De plus, il a été élu avec un programme de droite pour sortir d’une crise économique dans laquelle on est depuis bien plus longtemps que cette crise financière de 2008-2009… Il fait exactement ce pourquoi nous l’avons élu. Et, excusez-moi du peu, sans vouloir le défendre, si vous aviez voulu un programme de gauche, il fallait voter pour l’autre camp. Les élections sont finies, je comprends qu’on puisse regretter, mais c’est comme ça.

On ne va pas revoter dés que le résultat ne nous plait plus, sur un caprice, comme le préconise Ségolène…

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mardi 27 janvier 2009

Argent, je t'aime...

Il n’y a pas encore trop longtemps l’an dernier, j’ai vu une vidéo assez intéressante qui enseigne de façon très pédagogique ce qu’est l’argent. C’est quelque chose que l’on n’apprend pas, contre toute attente, dans notre monde moderne qui le manipule bien plus qu’avant, et avec une complexité jamais vue ! Il s’agit de l’Argent Dette, de Paul Grignon.

Seulement, cette vidéo, faite par un vieux hippie communiste au fin fond de sa cambrousse, avec les moyens du bord et Flash, est particulièrement laide. Et longuette. Et truffée, entre deux vérités simples et didactiques, d’opinions radicales conspirationnistes (complot judéo-maçonnique, conspiration des banques, idée que l’argent c’est le Mal…). Alors vous pouvez aller la voir, ou bien…

… vous pouvez lire ma version de l’histoire.

Tout d’abord, qu’est-ce que l’argent ? Le truc, c’est que tout le monde s’accroche comme un diable à l’idée que l’argent est physique, réel… Alors qu’il ne l’a jamais été. La plupart des gens l'ignorent. L’argent est un symbole, il est vrai d’abord figuré par un objet physique, qui peut n’avoir aucune valeur en soi, mais qui, par la magie du « on dit que », a la valeur d’autres choses. La magie du « on dit que », c’est ça :

Suffisamment de gens se mettent d’accord pour dire que, plutôt que troquer, on va échanger des bouts de caillou, des coquillages, ou des pièces de monnaie. Cela offre l’avantage de pouvoir garder les pièces, portables, pour s’acheter les choses dont on aura besoin plus tard… Et de faciliter les transactions de manière évidente ! L’argent n’a pas l’immédiateté du troc, il est aussi basé sur la confiance.

Vous comprendrez aisément que le troc n’a pas une valeur aussi stable, aussi fixe que la monnaie : on troque contre ce dont on a besoin, ce n’est pas constant. Le troc est basé sur une estimation dans le présent, et, même s’il n’interdit pas de se projeter dans l’avenir, ça devient vite compliqué. Et pour trouver ce dont on a besoin, il faut donner ce qu’il veut à celui qui l’a, pour le trouver il faut encore troquer… bref, c’est compliqué.

Alors que du moment que c’est un objet type, comme une pièce d’or, cet objet peut avoir une valeur fixe. C’est ce qu’on appelle l’étalon or : tel poids d’or vaut telle quantité de monnaie. Bien sûr, l’or n’est pas forcément l’étalon utilisé. Au cours des siècles, beaucoup de choses ont pu servir d’argent, pas uniquement les métaux dits précieux (parce que rares, attirants et faciles à travailler, mais sans valeur intrinsèque)… Mais passons.

Avec l’invention de l’argent est venue la nécessité de le garder quelque part, en sécurité. Comme tout le monde n’a pas forcément les moyens de se payer une chambre forte, certains se sont mis à louer de la place dans leurs coffres à ceux qui avaient un petit pécule… Un service indispensable, qui finit par rapporter gros à celui qui a déjà beaucoup, mais qui est le seul à pouvoir le rendre.

De plus, on a constaté une chose… Les gens viennent rarement chercher leur or, et jamais tous en même temps.

C’est parce que l’argent réel, toujours versatile, avait changé de symbole : Il était devenu argent papier. Les reçus qui symbolisaient une somme d’or dans les coffres s’échangeaient lors de transactions quotidiennes exactement comme l’or lui-même ! C’est plus facile à échanger et à compter. Mais revenons à notre constatation : tout le monde était apparemment bien content que l’or, qui a toujours valeur aussi, reste dans les coffres.

Le possesseur des coffres (au hasard, appelons-le « usurier ») s’est dit que, tout de même, c’était bête de laisser tout cet or traîner là… Il s’est donc mis à le prêter. Mais comme l’or, c’est lourd, et que le papier, c’est pratique, les emprunteurs ont vite demandé à avoir leur argent en papier-monnaie… puisqu’il était de toutes façons en sécurité dans les coffres !

Tout ce que l’usurier demandait en échange de ce prêt, c’est des intérêts. Vous allez me dire que c’est abusif… Eh bien non. Lorsqu’on emprunte, c’est pour faire quelque chose que l’on ne pourrait pas faire normalement. C’est une facilité, un service qui permet d’acheter une maison ou encore de financer un voyage vers le Nouveau Monde (et c’est d’ailleurs ce qui a permis aux européens d’y aller).

Comme c’est un bon système, facile, satisfaisant, qui fait progresser toute la société, et qui devient vite indispensable, de plus en plus de gens sont venus voir l’usurier pour obtenir des prêts. A chaque prêt, chaque entreprise, il y a un risque qu’il ne soit pas remboursé… Aussi l’usurier s’est-il fait expert en évaluation des risques, c'est-à-dire banquier.

Evidemment, il prête l’argent qui n’est pas à lui… Mais il demande la permission avant, et en plus, il verse des intérêts sur les investissements effectués avec cet argent. Il suffit que les frais demandés pour un dépôt et le pourcentage pris sur les investissements, combinés, soient plus élevés que ces intérêts reversés aux déposants sur leur argent et les frais de fonctionnement. C’est logique, et poétique dans sa simplicité.

Tant que les prêts sont remboursés, le banquier n’a pas à piocher dans les fonds des déposants. Même si cela arrive, avec la quantité d’or dont le banquier dispose, il y a peu de risques qu’il ne puisse pas payer quelqu’un qui vient réclamer son argent en or… ce que personne ne fait, ou rarement, et surtout ce que personne ne fait en masse.

Ah, mais vous allez me dire « quelqu’un d’aussi riche, qui fait autant de bénéfices, ça se voit ! Comment ne soupçonne-t-on pas ce procédé malhonnête ? »… Alors, et d’une, si vous avez tout suivi, ça n’est pas malhonnête : grâce au génie du banquier, tout le monde s’enrichit. Et de deux : l’or déposé par ceux qui soupçonnent le banquier de le dépenser est toujours dans les coffres, intact, prêt à être remboursé. Et toc.

Mais la demande croissante pour plus de prêts, de crédit, devait s’affranchir de ce système.

En effet, le nombre de prêts reste limité par la quantité d’or dans la chambre forte du banquier, qui garantit la valeur du papier monnaie. C’était sans compter la nature impalpable de l’argent… Le banquier s’est dit immédiatement que, puisque si peu de gens viennent vérifier la quantité d’or dans les coffres et qu’ils demandent leur argent en papier, il pouvait prêter plusieurs fois la même quantité d’or à plusieurs personnes.

Encore une fois, tant que suffisamment peu de gens demandent à récupérer leur argent en or, ni vu ni connu, la promesse écrite du banquier satisfait tout le monde… Cependant, c’est un jeu dangereux. Parce que du coup, en cas de guerre, de peste, d'inflation ou d’avanie imprévisible de cette sorte, le peuple fait justement cela : réclamer son or, valeur sûre, valeur de repli au moindre pépin.

Quand les gens viennent en masse solder leur compte, cela s’appelle une ruée, qui a souvent mené à la banqueroute pour la banque… voire à une crise bancaire lorsque plusieurs banques importantes sont concernées. C’est ce qui fait, aussi, que les banquiers sont dépréciés du public encore plus que leur monnaie… Pourtant, on ne peut pas (plus) se passer de leur système : la demande de crédit est trop forte.

La pratique du crédit à grande échelle, des prêts aux états et aux marchands puissants, était (et est toujours) indispensable au commerce. Aussi, plutôt que d’interdire le crédit « ex nihilo », cette pratique fut rendue légale, mais réglementée. Les banquiers doivent respecter des limites, même si elles sont bien supérieures à la quantité d’or qu’ils gardent réellement… Une obligation de réserve de X% de la somme.

Parmi ces garde-fous, il est dit aussi que les banques dites centrales doivent soutenir les banques locales en leur prêtant de l’or en cas de ruée, pour éviter la banqueroute et la mort du petit commerce… A moins de nombreuses ruées sur toutes les banques en même temps. Ce système est devenu le système monétaire utilisé partout dans le monde, même s’il a changé depuis cette époque…

En effet, aujourd’hui, la fraction d’or nécessaire pour prêter est arrivée à zéro. Pourquoi ? Parce que la banque peut aussi bien prêter de l’argent garanti par une fraction de sa somme en billets, qui sont eux-mêmes garantis par une fraction de leur somme en billets, et ainsi de suite… Au bout d’un moment, il a été plus simple que les états décrètent que ce qui garantit la monnaie papier, c’est… la parole donnée de l’Etat.

C’est le système d'aujourd'hui. C’est certes un tournant décisif, mais la nature de l’argent n’a en réalité pas changée : d’idée symbolisée par un objet type, elle est devenue idée tout court. L’argent aujourd’hui est à 99% impalpable, et n’est représenté que par des sommes dues. Le crédit créé (littéralement à partir de rien) par une banque est légalement échangeable en monnaie papier auprès de l’état, qui reste seul émetteur des billets.

Evidemment, les règlements et lois concernant les banques et leur obligation de réserve fractionnelle (la quantité de valeurs existantes, or ou autres, de la banque), comme les taxes, varie selon les pays et les époques. D’où paradis fiscaux et banques offshore, mais aussi commerce international. Mais l’important, c’est de bien retenir cette idée simple : l’argent est et a toujours été abstrait, et la spéculation sur la valeur existe depuis le troc.

La quantité d’argent et de richesses dans le monde n’est donc pas limitée par la quantité d’une ressource naturelle, et n'y est pas liée, au contraire de ce que la plupart des gens pensent ! Plus de pétrole, ou plus d'or, ou plus de thon rouge, ou plus de bébé phoques ne signifient en rien la fin du capitalisme bancaire... Cela n'a juste aucun rapport.

A la question « Combien d’argent y-a-t-il au monde ? », il faut répondre « Plus qu'hier, et bien moins que demain » ! Encore une fois, il est important de comprendre ce fait simple : Les banques ne prêtent pas l’argent que les déposants leur ont confié, elles créent l’argent qu’elles prêtent et le garantissent par les promesses de remboursements.

Voilà comment ça marche, et ça marche bien… L'argent s'est remis de toutes les crises, débarrassé des oripeaux de la tangibilité.

C'est exponentiel. Pour quelqu’un de socialiste ou de communiste, c’est évidemment une perspective HORRIBLE. Un véritable cauchemar. Pour un écologiste aussi. Voyez-vous, ces gens s’imaginent que les ressources de notre planète (sans même songer aux autres) sont limitées, alors même que ce qui a le plus de valeur est aujourd’hui abstrait et infini : il s’agit de l’information.

D’ailleurs, on n’imprime même plus les billets d’avion, de nos jours. Vous voulez un meilleur exemple ?

Ce qui a rapporte aujourd’hui le plus d’argent au monde, ce sont les loisirs. Il s’agit de la première activité économique au monde, avec le sport en toute première position dans cet ensemble. C’est aussi un moteur de progrès scientifique, artistique, social, et, on le voit, économique. Et même si je hais le sport, je suis quand même vraiment content que l’on ait dépassé le stade médiéval ou 80% de l’activité est centrée sur le textile…

Aurait-on pu arriver à une civilisation numérique aussi parfaite, aussi complexe, aussi pluriculturelle, aussi mondiale et aussi unique autrement ? Qui sait… Mais ce n’est pas la peine de vouloir revenir en arrière.

Papier_monnaie

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lundi 26 janvier 2009

Les mates mains des maures

Un billet, le 10 février 2006, sur ces histoires de caricatures de Mahomet… vous vous souvenez peut-être. Je trouve qu’il est bon de revenir sur l’actualité qu’on a oubliée, ne serait-ce que pour voir à quelle vitesse on cesse de penser à des événements qui, à l’époque, semblaient des plus importants… Ou dont les médias ont fait tout un pataquès. En l’occurrence, il y a eu des morts, tout de même.

A l'heure où Benoît XVI réintègre les intégristes catholiques et nous refait le coup du "Non au rock, non à l'homosexualité, a bas la capote (calotte ?), messe en latin, Amen...", c'est importat de savoir ce que veut vraiment dire le mot "intégriste" et ce que ça signifie pour une société... Des intégristes, il y en a un tas dans ce billet. Pour ne pas être pris entre deux feux, il faut savoir à quel saint se vouer : aucun, c'est plus simple.

Aujourd'hui, on peut les publier sans crainte, ces fameuses caricatures... Mais à l'époque, il en allait autrement.

Parlons un peu de ces histoires de caricatures qui font des morts... C'est marrant, il y a quatre mois, la presse danoise n'avait même pas droit de cité en Iran. Ni d'ailleurs les autres journaux, interdits par la censure gouvernementale. Essayez déjà de la trouver à Paris... Alors en Iran ! Je m'étonne qu'aujourd'hui tout le monde la lise et réagisse si violemment à ses propos... D'autant que les caricatures de Mahomet sont plutôt ratées, pas drôles et bénignes.

C'est comme ce député égyptien, tout de progrès et de modernité, qui se rend en France en toute innocence pour voir un copain ministre et qui (c'est super réaliste pour un député cairote...) achète Charlie Hebdo. Et là il est tout surpris, complètement choqué, le journal lui en "tombe des mains" ! Je ne rigole pas, c'est cette énormité là qu'il a dit lui-même au journal de vingt heures. Je savais que Charlie Hebdo était mauvais, mais à ce point là...

Et le député de se désoler, de dire qu'il est choqué quand bien même il n'est pas intégriste, en tant que musulman, que ça ne fera rien si ce n'est mettre de l'huile sur le feu... Ben voyons. Des caricatures, il y en a eu de pires et il y en aura de meilleures, chez tout le monde. Tout ça n'est qu'un prétexte. C'est le patron du journal danois qui doit être content de son opération commerciale. Des morts gratuits à cause de trois dessins cheap...

C'est pour ça que je ne les mets pas sur ce site, ces crobars, ils ne valent pas le coup. D'autant que je risque d'avoir des problèmes de hacking ou de menaces si je les mets en ligne. C'est arrivé, si, si. Je n'ai ni envie de lancer une polémique ni d'avoir les commentaires de musulmans outrés sur mon minuscule petit site. Oui, c'est un geste lâche, mais c'est un Blog, pas un grand quotidien bourré d'avocats et d'informaticiens.

J'en profite pour dire que c'est par le terrorisme et les idées courtes de certains plus que par une éventuelle censure ou une agence secrète de chez-nous que, depuis des milliers de kilomètres de distance, notre liberté de parole même est menacée : Je ne suis pas le seul à ne pas vouloir publier, ni à avoir peur, et on devrait pouvoir dire plus de choses sans crainte. Si chaque caricature virulente devait provoquer ça...

Je ne m'étendrai pas sur mes opinions en matière de guerre et de diplomatie, ni sur mes pensées concernant Israël et la Palestine, parce que ça ne m'apporterait que des ennemis et que ce n'est pas le sujet : ce ne sont que des opinions, après tout. Je dirai seulement que dans les journaux du proche orient, les caricatures de l'occident font penser à celles des juifs sous Hitler : elles sont beaucoup moins gentilles que les timides gribouillis danois.

Histoire de montrer ce que ce genre d'intégrisme peut faire, j'ai mis de jolies photos qui montre bien le riant climat des intégristes plus intégristes que les intégristes, à Londres, les messages de paix et d'amour de ces gentils manifestants pacifiques qui ne lapident personne, pas offensants ni insultants pour un sou, et qui ne se laissent pas du tout entraîner par la minorité (statistiquement improbable) de fanatiques religieux ascétiques et saints, qui ne font de mal à personne.

Et ce qui est Youpi, c'est que, même s'ils sont du même avis en Iran, ils modèrent leurs propos : Là-bas, les musulmans vont à l'université.

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vendredi 23 janvier 2009

Nouveau look...

Si tout va bien, si tout s'affiche correctement et si Canalblog n'a pas de problèmes, vous devriez voir ce blog sous un nouveau jour... Si ça n'est pas le cas, revenez plus tard : laissez-leur le temps, à ces imb... informaticiens. Sinon, comme d'habitude, j'ai tout fait moi-même.

Si vous aimez, je garde, sinon je reprends l'ancienne présentation.

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jeudi 22 janvier 2009

Ma vie en BD...

Oui, j'ai tout dessiné moi-même...

Vous pouvez cliquer dessus si vous voulez agrandir.

BDBD1

BDBD2

Posté par Elromanozo à 16:39 - Métablog où je pense - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Mots, torts, holà...

J’aime les mots. Tous les mots. Je l’ai déjà dit plusieurs fois, d’ailleurs, et j’ai horreur de me répéter… Mais cette simple phrase vaut qu’on la répète : tous les mots sont importants. Je maugrée souvent sur les néologismes imbéciles venus avec leurs gros sabots pour remplacer des mots encore parfaitement valables, ou encore les termes utilisés à mauvais escient, ou bien les lieux communs de la mode…

Mais je les aime tous.

Qui aime bien, châtie bien, alors je châtie mon langage. Je ne renie même pas les mots morts-nés et assistés comme courriel… Pas plus que je ne blâme le faux anglais de benchmarking, la vulgarité de kiffer ou l’étrange boucle du terme praticiel (ce qui signifie l’équivalent dans la vie réel d’un logiciel, c'est-à-dire une série d’instructions informatisées… autrement dit, un manuel imprimable !).

Si je condamne les horreurs telle dérégulation, gentryfication, efficient, solutionner et les verbes abusifs du premier groupe dont le nom est légion (missionner, finaliser, budgéter, dispatcher et tous leurs cousins en « iser » inventés  au débotté par des crétins congénitaux qui ne connaissaient pas le mot pour dire leur absence de pensée), j’accepte tout de même de les garder à l’essai, au cas où ils aient du succès.

Ils font tous partie de ma langue, une grande famille qui change tout le temps, et c’est très bien comme ça… Tous ont leur place, les grands mots, les petits mots, les mots doux, les gros mots… Oui, tous sont légitimement utilisables dans un contexte précis (ou sont au moins de bons essais) tant qu’on ne fait pas n’importe quoi avec et qu’on les respecte.

Et il faut les respecter, parce que les mots ont seuls le pouvoir de changer l’esprit des gens… Mais ceci est une autre histoire. Je ne disais tout ça qu’en préambule à un sujet beaucoup moins sérieux. En effet, si je respecte tous les mots, j’ai quand même mes petits préférés. Comme tout le monde. Peut-on m’en blâmer ? J’ai déjà parlé languissamment de bite, de zob, et de tous leurs synonymes…

En tout cas il y en a aussi que je déteste.

Par exemple faire et mettre. Je les utilise tout le temps, ne serait-ce que dans la phrase « Allez vous faire mettre ! ». Mais je ne leur fais pas confiance… Ils peuvent vouloir dire n’importe quoi ! Je crois que le verbe faire a plus de 200 synonymes à lui seul, selon le sens qu’on lui donne : travailler, réaliser, créer, fabriquer, agir, exécuter, devenir, jouer, instaurer, produire, causer, enfanter, constituer, commettre

Et je ne parle même pas de la forme pronominale (se faire, avec un pronom, pour les amputés de la conjugaison qui me lisent…), qui signifie s’habituer autant que s’arranger, accepter, s’améliorer… Quant à mettre, il est presque aussi fourbe : unir, assembler, poser, ranger, enfiler, passer, revêtir, s’organiser, commencer, admettre, enculer… et bien d’autres en fonction du contexte et des mots qui vont avec.

Mettons, pour faire court, que mettre les mots faire et mettre dans une conversation, c’est paresseux… C’est si facile, c’est si passif, si pervers, ça permet de ne pas réfléchir ! Faire quelque chose ? Agir. Se mettre là ? S’asseoir. Faire une école ? Suivre des cours. Se mettre ensemble ? Vivre ensemble. Faire une sculpture ? Sculpter. Mettre une étagère ? La poser.

C’est un peu comme les adverbes de manière. C’est la solution de facilité que de dire régulièrement, paresseusement, couramment, pesamment, lourdement, docilement, bravement et stupidement les dérivés indolents d’adjectifs qui ne vous ont rien fait et qui alourdissent vos phrases du tempo di valse ma non troppo vivo de leurs syllabes molles et ondulatoires…

Mais ça, c’est surtout une question d’usage intelligent (et non pas question de les mettre intelligemment) dans la phrase.

Il y a quand même des mots moches. Pas vraiment sales, mais qui emportent la gueule avec leurs voyelles à se décrocher la mâchoire et leurs consonnes geignardes… je les utilise à contrecœur. Des mots pourtant anciens et respectables comme moucharabieh, chibre, blanchiment (tous ces chuintements, quelle horreur à l’oreille !), massicot, comburant, oukase, maheutre, incréée… Vous voyez ?

Le genre de mot qui fait penser aux noms de Zola. Du reste, à l’oreille, les prénoms ne sont pas en reste. Il y en a que je ne veux même pas entendre… Fanch, le masculin de Fanchon (qui est déjà terrifiant), ou Andrée (prénom féminin qui signifie « viril »…), et j’en passe. J’ai déjà fait un billet d’humeur sur les prénoms moches, et je n’ai pas hâte de me replonger dans des affres d’avant-guerre.

Tout ça pour dire que j’aime les mots, mais il y en a qui écorchent mes oreilles. Et, oui, vous avez bien lu, l’introduction est à peine plus courte que le reste du billet, et le propos principal, la raison pour laquelle je voulais écrire ce billet en premier lieu, ne fait que huit petites lignes. Et encore, diluées. Il faut dire que j’aime tellement les mots que je m’en gargarise volontiers…

Et vous, quel sont les mots qui ne sonnent pas bien à vos oreilles ?

Les_mots_de_Zaza

Posté par Elromanozo à 01:51 - Billets d'humeurs - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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