Ce jeudi, un sinistre imbécile a prévu une grève générale. Les raisons de cette grève sont floues, comme d’habitude. Globalement, c’est une grève politique, ce qui est normalement interdit, mais bon, il faut laisser les gens s’exprimer… et puis on va dire que c’est une « journée d’action ». Les gens ne sont pas contents, et pas mal de gens ont intérêt à les agiter contre le gouvernement et sa politique…

Le parti socialiste pond ses propositions contre la crise un peu en retard, justement quand tout le monde commence à baliser… Ségolène Royal, entre deux voyages supposés lui apporter une certaine légitimité (qu’elle n’a plus, ni dans son parti ni ailleurs, et elle voyage peut-être aux frais du contribuable, comme son ami Dray…), nous crie qu’elle en a « marre », comme une Arlette Laguiller sous acide.

La crise, ça n’est pas la faute de Nicolas Sarkozy, et, même s’il essaie, il ne peut pas la résoudre en claquant des doigts… Les mauvaises langues répondront « en claquant des thunes non plus ». Ils auront raison. Mais mettez quand même de l’eau dans votre vin rouge, bande de gauchos : ce n’est pas en battant des bras et en faisant descendre les gens dans la rue que, soudain, tout va aller mieux.

Pour une fois, je suis d’accord avec ce ministre dont le nom m’échappe: la politique de l’emmerdement, ça lasse.

Tout de même, malgré toutes ces années, toutes ces avanies qu’ont subies tous ceux qui ont un jour tenté le système socialiste ou communiste, il y en a qui s’y croient encore, au Grand Soir ! Mais si, vous l’avez sûrement entendu… J’en ai la glande de la haine tout émerillonnée : Et que rien ne sera plus jamais comme avant, et que le système devient fou, et que les spéculateurs c’est la mort du peuple… et ma préférée… l’argent fou !

« Qui est le plus fou, le fou ou celui qui le suit ? » dit le proverbe. Les communistes en quête de crédibilité font leurs choux gras de cette crise, qu’ils avaient soi-disant prédite. Comme Marx, sauf qu’il parlait d’une crise bien avant. Et puis finalement, à chaque coup, ah bah non… Les bourses montent et descendent, mais capitalism goes on. Moi ça commence à me taper sur le système qu’on m’annonce, justement, la mort du fameux système.

Cela fait bien longtemps, déjà, depuis avant même ma naissance, et le système va, en dépit de la crise, en dépit de toutes les crises, plutôt pas mal. Le communisme, en revanche… Bref. Je ne vais pas prétendre qu’il n’y a pas de crise, comme certains… Mais enfin, ce n’est pas 1929. Et puis, tout le monde parle de la crise comme si ça venait d’arriver… Réveillez-vous, les gars, ça fait des années que la bouffe est super chère !

Mais la ménagère n’a pas dit son dernier mot.

C’est vrai, quoi, on lui avait promis le bonheur à crédit, un mobil-home dans la Creuse, des vacances chez Fram j’y ai doigt, une voiture avec aide gouvernementale, les cadeaux équitables pour les enfants et le DVD de Bien velu à la Chtouille à Noël… Elle ne comprend strictement rien à la bourse, et même si son compte en banque n’a pas varié d’un poil, si la télé le dit, c’est qu’elle est pauvre ! On lui a brisé son rêve à 100 000 euros.

Alors elle, et le bon peuple, cherchent quelqu’un à blâmer. Des banquiers sans scrupules, par exemple, pour ne pas aller chercher bien loin. Et le bon peuple a des circonstances atténuantes : les banquiers font chier tout le monde dans le meilleur des cas, même quand il n’y a pas de crise ! Coupables tout désignés, donc, que ces gens qui manipulent des sommes « folles » et les refusent aux autres.

Jalousie que tout cela ! Pourquoi systématiquement juger immoral ou fourbe quelqu’un qui a simplement plus d’argent que vous ? Même si c’est parfois vrai, La duplicité est fort répandue dans toutes les classes sociales. Sans les banquiers, actuellement, crise ou pas crise, le monde ne tournerait pas. Voyez-vous, les banques créent richesse et croissance, et leur métier vital est d’évaluer les risques et la faisabilité de tout projet.

Cela va encore en choquer certains, même après ça, mais l’argent, aujourd’hui, est virtuel.

Cela fait belle lurette que notre argent n’est plus garanti par l’état ou par qui que ce soit contre une somme d’or ou d’un quelconque métal précieux… Même si sa valeur est certes régulée. Une banque n’est même pas obligée d’avoir des fonds suffisants pour rembourser 10% des sommes qu’elle prête. Elle crée de l’argent totalement abstrait, et ça marche, comme nous l’avons déjà expliqué.

« Ciel, on m’arnaque ! Cet argent n’existe pas ! » alliez-vous dire à tort. Cet argent impalpable est bien réel, comme une idée : C’est avec lui qu’on alimente votre compte en banque et votre carte de crédit. C’est avec lui que sont payés tous les projets de tous ceux qui ne s’en remettent pas à leur bas de laine, particuliers, entreprises ou états ! Retirez des billets au distributeur : c’est encore lui, matérialisé à votre demande.

Dans nos contrées, la banque « sans scrupules » a fait que l’on n’a plus de problèmes de famine et d’épidémies de peste. Et pas que dans nos contrées d’ailleurs, puisque la situation des pays en voie de développement s’est largement améliorée depuis mon enfance, en termes d’industrie et d’infrastructures. Rien qu’entre 2001 et 2008, la croissance économique mondiale a été de 4% par an.

Il y a des oubliés, mais, globalement, on vit mieux aujourd’hui qu’il y a trente, vingt, et même dix ans. Merci qui ? Merci les banques.

« Mézalors, à qui la faute ? », se dit le bon peuple de France… Les spéculateurs sont le prochain suspect sur la liste. Ce sont sûrement ces infâmes profiteurs, qui font des milliards sur le dos des honnêtes gens, tout ça parce qu’ils « jouent » en bourse comme des enfants gâtés avec l’argent des autres. Et puis il y a déjà eu des procès pour abus, avec ces histoires de Société Générale, et ces bonus faramineux de plusieurs millions…

Seulement, les spéculateurs font partie du système, et créent eux aussi de la richesse. C’est entre autres grâce à eux que l’on vit aujourd’hui la mondialisation que seuls les Gardarem-Lou-Larzac fumeurs de chanvre bio refusent, grâce à laquelle on mange indien en regardant des dessins animés en Corée sur une télé japonaise en t-shirt chinois sur une table basse marocaine… selon un principe Anglo-américain, ne l’oublions pas !

Sinon, ben, oui, il y a des abus. Comme dans pas mal de secteurs. Et certaines fois ils sont même condamnés. On police déjà ce genre de choses (plus ou moins bien…), et personne n’est contre un capitalisme un tant soit peu moralisé… même Saint Sarkozy, patron du Libéralisme et de la Droite Décomplexée Bling-Bling, n’hésite pas à dire que, bon, finalement, il faut bien que les gens bouffent. Il s’est fait élire sur ce paradoxe.

Et puis, si c’est de la faute de ceux qui se sont enrichis… C’est de la faute de tout le monde.

Tout le monde tente de rejeter la faute sur quelqu’un… Personne n’a raison. Il n’est dans l’intérêt de personne de faire capoter la machine, et, s’il y a effectivement des défauts inhérents au système ainsi que des abus plus ou moins bien gérés, tout ça existe depuis bien longtemps. Et ça pète de temps en temps, puis ça reprends. Et à chaque fois les gens ont les boules… Mais on continue.

On s’en sort. Encore et toujours. Même si l’économie n’est pas une science exacte en dépit de ce que disent les experts qui se plantent régulièrement, on a quand même fait des progrès depuis les dernières tribulations des finances internationales. Aujourd’hui, quand il y a une couille dans le potage (ben oui, le système, comme tous les systèmes, n’est pas parfait…), c’est moins grave que dans les années trente.

Il y a des tas de plans de relance en cours. Avec un peu de chance, les prix du logement vont baisser, puisqu’il faut bien permettre aux gens de payer. Les gens vont continuer d’acheter de la bouffe, parce qu’il faut bien bouffer. Mieux encore : les gens vont continuer d’acheter des voitures (peut-être pas des Mercedes, c’est tout)… Bref, les infrastructures restent, les gens n’oublient pas leur métier, et la vie continue !

Au fait, Wall Street est en hausse. Mais Madame Michu se fiche des amerlocks. Et cheux-nous, demande-t-elle ?

Plus des deux tiers des demandeurs obtiennent un crédit en France, le secteur automobile, que l’on dit représentatif, se porte mal, mais mieux que dans les pays voisins (en légère hausse, alors qu’il baisse environ de 30% en Allemagne et 50% en Espagne…), tous les commerçants que j’interroge me disent que « finalement, ça ne va pas mal, les affaires », les soldes se passent comme d’habitude… Et la Fnac est toujours bondée !

Les prix de l’essence ont retrouvé leur niveau d’il y a des années, en rapport avec le prix du pétrole qui retrouve des tarifs qu’on n’avait pas connus depuis bien longtemps (oui, parce qu’il y a moins de pétrole, mais en même temps on a la bombe A, et l’Amérique n’a pas hésité à faire la guerre en Irak, donc l’OPEP se dit que c’est peut-être pas si bien que ça de serrer trop la vis en cas de crise… Vous voyez que ça a servi, cette guerre).

Evidemment, l’année sera dure. Il ne faut pas faire semblant de rien : il y a toujours des pauvres qui s’appauvrissent, des classes moyennes qui vont se serrer la ceinture et manger des nouilles, des tas de gens qui ne peuvent plus rembourser leur crédit à taux variable, et d’autres qui ont fait un investissement crucial juste avant la crise et qui l’ont aujourd’hui dans l’os (ça ne prévient pas, les crises…).

L’argent circule plus frileusement, les emplois aussi. Mais… est-ce vraiment la Fin ? Ou même nouveau ?

CRS