dimanche 30 novembre 2008
Mardi RAS :
Le 13 décembre, je n’avais rien à dire, mais j’avais quand-même envie de dire quelque chose… Alors j’ai essayé d’enseigner quelque chose aux lecteurs de mon blog. Oui, ça m’arrive de temps à autres.
Mardi treize. C'est aujourd'hui. Oui, je sais, c'est marqué... Jour inconnu entre tous. Pourquoi un treize ? Je ne m'inquiète pas du treize. J'adore les treize. Les treize ne m'ont jamais porté malheur, et j'oserai dire qu'ils n'ont rien porté à personne, si ce n'est le jour suivant. Je suis né un treize, et voir combien les grenouillesques imbéciles s'effraient de ce nombre sans raison apparente me réjouit au plus haut point.
Pourquoi mardi, pourquoi pas vendredi ? Parce que les mardis, allez savoir pourquoi, c'est chiant. Pire que les lundis. Depuis la chiure de mouche télévisuelle "Ciel mon Mardi" et les films pour un public grand par le nombre et non par l'esprit de "Ciné-Mardi", jusqu'aux cours de mathématiques dont j'avais plusieurs heures le mardi au lycée, sans compter la permanence bénévole et chiante du mardi soir que j'assurais encore il y a peu (maso, hein ?).
Le mardi est pour moi un jour ou rien ne se passe. Si le lundi est une reprise du travail, au moins on a une raison de se plaindre. Le mardi, on n'a même pas ça. Il ne reste qu'à attendre que ça se termine pour que le mercredi arrive, plus joyeux, parce que c'est le jour des enfants. Mardi ne coupe pas la semaine, c'est un second rôle... C'est tout juste si on parle du mardi quand il y a un pont, et encore.
On ne fête plus le mardi gras, il n'est même pas férié, et la plupart des gens seraient bien en peine de dire quel jour ça tombe : l'aura d'anonymat de ce jour a déteint sur cette fête autrefois si gaie. Le mardi est un jour qui, constituant le gros, la masse, le vulgum pecus de la semaine avec le jeudi, est là pour ne pas ressortir et, par contraste, faire mieux voir le reste : le lundi, le mercredi, le vendredi et le week-end.
Oh, on fêtait le mardi gras à la Nouvelle Orléans, mais dernièrement, La célébration est tombée en désuétude dans les rues de cette ville à cause de Katrina, la rabat-joie. MARDI est accessoirement le nom d'une organisation malaise (oui, de Malaisie, pas malade...) dont je ne connais pas la fonction, ne sachant pas lire le Malais. Et de toutes façons, ça n'a aucun rapport avec le jour de la semaine, alors...
Toujours sans rapport avec la choucroute, il paraît que MARDI est l'acronyme américain du MARs Descent Imager, l'appareil photo volumineux et moche de la sonde Phoenix. Pourquoi lui ont-ils donné un acronyme, ou seulement un nom, allez savoir : les scientifiques adorent nommer les choses, ça leur donne un sentiment de puissance exacerbée et l'impression de connaître, de contrôler la chose. C'est important pour les binoclards.
Est-ce que vous connaissez une seule chanson, un seul poème, un seul proverbe, ne serait-ce qu'une citation qui parle du mardi ? Il y a "le lundi au soleil", "c'est vendredi" (de Lynda Lemay), pléthore de chansons sur le week-end (dont celle de Lorie) et sur le mercredi (dans les émissions pour enfants), et même Pierre Desproges a dit "C'est marrant, j'arrive pas à me faire à l'idée qu'on est déjà jeudi". Il y a même le retour du jeudi...
On a Robinson et Vendredi, Garfield dit "je hais les lundis", le restaurant s'appelle "TGI's Fridays" (en anglais, "Dieu merci c'est vendredi"), il y a un Baron Samedi dans le culte vaudou, c'est tout juste si c'est un nom propre dans certains pays et pas chez-nous. Et le troisième roman de Herman Melville s'appelle "Mardi", mais il n'est pas connu parce que son style n'est pas considéré comme "mûri" avant son cinquième livre...
Donc le mardi, rien. Bon, à part la chanson stupide "l'empereur, sa femme et le petit prince", mais celle-là ne compte pas, elle cite tous les jours. Le jour où on parlera du mardi, ce sera la semaine des quatre jeudis, moi je vous le dis. Mardi, en plus, c'est le jour de Mars, donc de la guerre et des hommes... Mais manque de bol, le jour de l'amour (Vénus) c'est vendredi. Et les musées ferment, vous parlez d'un programme.
En anglais, le mardi se dit "Tuesday", ce qui signifie exactement la même chose que chez nous, vu que c'est le jour de Tiw, dieu nordique de la guerre. Et ça ressemble à "two", ce qui fait penser à des imbéciles (dont un grand nombre de professeurs des écoles qui induisent en erreur notre postérité) que c'est l'origine du nom, le deuxième jour de la semaine (alors que la semaine commence le dimanche dans les pays anglo-saxons...).
Mais personne ne réagit parce que le mardi est tellement inintéressant que tout le monde s'en fout. Mais alors là, tout le monde. Même moi, c'est dire. Quand vous saurez que je ne peux citer aucun événement historique s'étant, que je sache, produit un mardi, vous saurez à quel point je m'en fous. Mais je suis bien content d'avoir tenu aussi longtemps sur un sujet aussi bête rien que pour faire mon intéressant.
samedi 29 novembre 2008
Subliminable...
Suite à des péripéties dont je vous fais grâce (ça péripète sec, figurez-vous, mais peu importe), je suis tombé sur les nombreuses versions d’une théorie de la conspiration qui fait de plus en plus rage sur Internet, celle des Gnomes de Zurich. Vous avez bien lu. Bien sûr il ne s’agit pas de véritables gnomes… On n’est pas dans Harry Potter, quand même. C’est simplement l’un des noms de la conspiration des banques.
Enième version vomitive du complot judéo-maçonnique additionnée de communisme, la théorie de la conspiration bancaire pose que ce sont les banquiers qui contrôlent le monde du fait qu’ils tiennent soi-disant tout ses habitants endettés et qu’ils font de multiples tours de passe-passe avec l’argent en général. Ils auraient bien sûr les moyens de toutes les bonnes conspirations, à savoir MIB et autres messages subliminaux…
Laissez-moi vous dire une bonne chose : Même dans leurs rêves les plus fous, les banquiers n’auraient pas pu avoir ce genre de pouvoir absolu et universel. Certes, ils sont puissants, mais ils sont nombreux à se partager le monde, et n’en contrôlent finalement pas tout, ni tous les aspects. Les banques sont des entreprises comme d’autres, qui investissent, croissent, ou (on l’a vu) coulent, notamment en cas de crise !
Certains n’hésitent pas à proférer des incongruités, comme par exemple « les banques ont déclenché volontairement la crise pour appauvrir le monde »… Il est évident que les banques n’ont pas voulu cette crise mondiale ! Cette frilosité globale des marchés, l’impossibilité du crédit, la stagnation, tout ceci est à leur détriment, et va à l’encontre d’un système bancaire mondial qui, par définition, pousse à la croissance.
Il n’y a pas de grands méchants à la James Bond, ni d’Illuminati, ici bas… juste les ronds de cuir de, passez-moi l’expression, la World Company, qui, de temps en temps, sont aussi tributaires de catastrophes imprévues, ou mal prévues… Et si certains ont réussi à prédire la crise et/ou simplement à en profiter, ça reste risqué, n’en déplaisent à tous les tracts trotskystes qui font florès en ce moment !
Mais il y a plus énorme encore… Sur Internet, j’ai vu des sites et même des vidéos qui montrent des pseudo-preuves de cette conspiration bancaire ! J’ai bien ri… Saviez-vous que vos chèques, si du moins vous avec une banque européenne, possèdent, à la place des lignes au dessus desquelles on inscrit le montant, de toutes petites lettres qui, si on rajoute les espaces, forment une phrase ?
C’est vrai, vous pouvez vérifier, à l’œil nu ou avec une loupe, ou même en scannant un chèque avec une définition suffisante. C’est difficile à déchiffrer, mais c’est là. Evidemment, les imbéciles crient au message subliminal… Un message presque invisible à l’œil nu et qui nous influencerait sans qu’on le sache à chaque fois que nous payons une facture… Diable, comme c’est excitant, voire sournois !
Eh bien, si vous croyez ça, bandes de nuls, c’est que vous avez la mémoire courte et une culture indigente, du moins en ce qui concerne ce qu’il y a autour de votre ordinateur et de votre bite entre vos doigts ! Si vous saviez ce qu’est un message subliminal, vous sauriez qu’il doit pouvoir être lu ou vu pour être efficace… Ceci n’inclut pas ce qui est trop petit ou trop loin pour que l’œil, même inconsciemment, s’y attarde !
Si vous aviez pris le temps de déchiffrer le « message », vous auriez vu qu’il s’agit d’une phrase compliquée, négative, conditionnelle, sans espaces, qui ne donne pas d’ordre, bref, tout le contraire de ce que doit être un message subliminal pour être efficace. Enfin, si vous aviez une once de culture civique, vous sauriez qu’il s’agit d’une citation de Robert Schuman, père de l’Union Européenne !
Rien à voir avec le compositeur (qui a deux N à al fin) : Robert Schuman était un diplomate français. Sa citation est un célèbre extrait de la déclaration/proposition du 9 mai 1950, acte de naissance de l’Europe unie : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : Elle se fera pas des réalisations concrètes créant une solidarité de fait. »
Avouons-le, on a vu mieux comme message subliminal : la plupart des péquins qui signent leurs chèques ou l’encaissent à la fin du mois, en plus de ne pas être au courant que ce noble message passe entre leurs mains de rustres, ne sauraient même pas de qui il est, ni même ce que cette phrase signifie à moins de la tourner et de la retourner sans fin dans leur tête !
Mais alors, pourquoi est-il inscrit sur vos chèques, ce message, s’il n’est pas subliminal ? C’est tout simple, et les conspirationnistes l’auraient su instantanément s’ils s’intéressaient simplement à l’argent liquide qu’ils utilisent… Ou simplement s’ils s’étaient renseignés. Il s’agit d’un procédé appelé micro-lettres ou mini-lettres et destiné à rendre un imprimé très difficilement falsifiable.
En effet, par ces jeux de couleurs et d’impression microscopiques, il devient impossible de photocopier un chèque avec succès, même avec une très bonne machine : les lettres ne se lisent plus, ou son décalées, etc. Bref, il faut disposer de matériel très spécial et très fin, de papiers étranges et d’encres particulières pour pouvoir reproduire un chèque, d’autant qu’ils sont numérotés.
C’est le même principe que pour les billets de banques, figurez-vous. Les micro-lettres existent depuis bien longtemps. Je me souviens d’un sujet passé au journal de 20 heures de TF1 lors de l’émission des billets de 50 francs bleus avec le portrait d’Antoine de Saint-Exupéry : Ils comportaient un extrait du Petit prince lisible seulement avec une très bonne loupe ! Et c’est loin d’être la première utilisation de cette méthode.
Tout cela ne date donc pas d’hier, et ça n’a rien de sinistre. On trouve aisément sur Internet des instructions pour les employés des banques : y figure la vérification de ces micro-lettres pour voir si le chèque est authentique. Et, pour voir, regardez donc à la loupe vos billets en euros… Vous ne serez plus surpris de constater que tous comportent, dans un coin, un texte en micro-lettres en rapport avec l’image sur le billet !
Vérifier que ces caractères sont bien là n’est d’ailleurs pas la seule façon de s’assurer de la validité des billets : filigranes spécifiques, impression en taille douce légèrement en relief, bandes réfléchissantes qui ne passent pas à la photocopie, superpositions et transparences, encres spéciales qui brillent sous telle ou telle lumière… Et bien entendu, les billets sont numérotés.
Pour vérifier les chèques en euro, les banques européennes ont choisi d’inscrire cette citation simple, symbolisant leur engagement et leur rôle dans la construction de l’U.E… un rôle plutôt noble, incompatible avec l’image autoritaire de la banque qu’ont les communistes, mais pourtant si approprié ! La construction européenne était un pari sur l’avenir, après tout… C’est ce qui s’appelle un investissement.
Les banques ont été créées justement pour pouvoir parier sur l’avenir de façon plus ambitieuse, moins risquée, et avec l’aide d’experts. Il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi avec un système qui n’est pas parfait, du côté des usagers qui en le comprennent pas comme du côté des spéculateurs qui l’utilisent… Mais cela a permis et permet encore d’immenses progrès.
Ce n’est pas une conspiration, c’est juste que vous ne regardez pas ce que vous avez devant les yeux !
Des films bien montés !
On aborde dans ce billet du 12 décembre 2005 le sujet plutôt réduit de la capote dans les pornos… Un sujet qui a fait les gorges chaudes, si l’on peut dire, et dont la polémique n’a jamais été résolue. Tout au plus est-elle retombée parce que personne ne s’en est soucié : les gens ont continué de regarder des films bareback ou non, et les pornographes ont mis des petits avertissements avant chaque film bareback, voilà tout.
On le sait aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’il y a un porno sans capote que les gens n’en mettent plus : un film porno, ce n’est qu’un fantasme. C’est un peu plus compliqué que ça ! Les gens font du bareback même sans films, et c’est cette « culture du bareback », d’ailleurs revendicative, qui produit la plupart de ces films… Parce qu’il y a un marché, et pour satisfaire ceux dont c’est le « trip » de le faire et/ou de simplement le voir.
J’ai poussé plus avant mes réflexions sur l'histoire du marché du porno dans le billet « FREE SEX PORN PORNO GRLONGRL ACTION SEXY GAY HOT COCK F*** FOR FREE ! » du 11 avril 2008. Je pense avoir fourni dans ce billet et d'autres des pistes de réflexion sur les contingences matérielles et culturelles qui ont fait évoluer la situation du bareback en ce sens.
Par ailleurs, porno ou pas, il arrive un moment ou l’on trouve une relation stable pour y baiser… sans capote.
Aujourd'hui, je m'adresse aux garçons... Et aux rares filles qui regardent parfois ces oeuvres délétères dans lesquelles, pour le plaisir solitaire de chaque spectateur, des couples (et plus si affinités...) s'adonnent à des ébats effrénés, spasmodiques et bestiaux. Vous l'aurez compris, nous allons parler de films de boules, de cul, de foutre, pornos spermatiques et à scènes explicites, X, hardos et autres boulards.
Pour le coup, c'est un phénomène universel : gays, bis et hétéros, les films "hard" (c'est à dire montrant touts, l'acte sexuel, les organes de tout le monde, la pénétration, l'éjaculation, l'argent du beurre et le cul de la crémière) depuis la fin des années 80 sont tous sous l'effet d'un charme (c'est le cas de le dire) assez surréaliste. Il s'agit de la mystérieuse capote magique, qui s'explique par l'arrivée du grand méchant SIDA...
Pour prôner un tant soit peu le safe-sex et se donner bonne conscience en se "couvrant" à tous les sens du terme (du moins c'était le cas avant les trithérapies, quand ça faisait peur, comme si c'était moins grave maintenant...), les cinéastes pornographes font mettre des préservatifs à tous leurs acteurs, mis à part sur le marché du bareback, qui ressurgit surtout chez les gays ces temps-ci, et pour la fellation.
Pourquoi pas la fellation ? Parce que même si tous les médecins vous diront que c'est possible, logique et que ça serait naturel qu'il y ait un risque faible, personne n'a encore été "officiellement" contaminé par une fellation sans éjaculation (du moins les médias ne le claironnent-ils pas), et ça, ça passe pour un doute raisonnable... C'est mi figue mi raisin, mais c'est comme ça. Malgré tout ce qu'on dit, peu de gens sucent avec des capotes de nos jours.
Pourquoi une résurgence du Barebacking ? Ce n'est sûrement pas la nostalgie des films "vintage" (en français, "millésimés", littéralement) des années 70, ces antiquités dont les grands échalas maigres, frisés, moches et portant la moustache tue-l'amour, prennent des horreurs blondes aux chairs flasques grâce à leurs bites tentaculaires, avec du papier peint atroce et des joints en arrière-plan. Mais c'est un autre débat...
Le hic, c'est que la capote ne plait pas. Elle est vue comme une contrainte (paraît-il...) par beaucoup d'onanistes, ou en tout cas beaucoup d'acteurs et de réalisateurs. Il y a donc très peu de films qui l'intègrent à l'action et montrent le mec en train de la mettre, de préférence sans même débander un peu. Au lieu de ça, on voit l'organe à l'orée du trou (quel qu'il soit), puis, abracadabra, montage : il pénètre encapuchonné.
Mais pourquoi ? Des millions de gens font l'amour, sodomisent, baisent, pénètrent, liment, pistonnent, filent des coups de lance ou de sabre, trempent leur biscuit, donnent un poisson au chat ou passent par la porte de derrière tous les jours et avec bonheur, avec popaul vêtu de ces charmants petits appareils protecteurs ! Et les réalisateurs de se défendre en disant que le porno est un fantasme et que ce n'est pas grave...
Non, c'est vrai, ce n'est pas grave, et on peut même citer l'argument des réalisateurs de films Barebacks : les acteurs et les réalisateurs sont libres, majeurs et responsables, tout comme les spectateurs, qui ne vont pas nécessairement faire tout ce qu'ils voient sur leur écran (ça reste à voir pour certains, mais bon, ça peut se tenir...). Mais avouez qu'un porno c'est déjà pas excellent niveau réalisation, alors avec ça en plus...
A quand un film pornographique hard bien réalisé, ou chaque aspect serait érotisé et sexualisé, stylisé pour tendre à l'excitation, plutôt que simplement fournir une série de plans culs vaguement liés, parfois sans scénario ? Il y a des films érotiques qui passent pour artistiques, et Lars Von Trier s'était essayé à tout cela, mais bon... Lars Von Trier, c'est... Spécial, dirons-nous.
Bon, je ne vais pas non plus courir après un tel porno, je veux dire, ce n'est que du cul. Mais je serais curieux de voir ce que ça donne lorsque les réalisateurs font ne serait-ce qu'un effort. Ils n'ont pas besoin de faire un chef d'œuvre pour être primés aux Hots d'Or, d'ailleurs, ni d'avoir des stars aussi belles qu'à Hollywood. Il y a déjà de bonnes choses dans cette industrie qui s'ouvre de plus en plus (passez-moi l'expression).
Whoopi Goldberg a bien une scène de sexe mythique dans Ghost, alors ça doit pouvoir se faire, non ?
vendredi 28 novembre 2008
Simples secrets...
Ce billet du 10 décembre 2005 parle simplement et pas secrètement du tout de l’espionnage. J'ai choisi de ne pas republier le billet sur Condoleeza Rice, parce que, même si j'aime bien cette dame, son billet était un peu faible...
Dans mon billet d'humeur sur l'affaire Condoleezza Rice, j'avais dit que je vous parlerai peut-être de la CIA. Eh bien ce jour béni est arrivé. Je n'ai pas grand chose à dire, mais je vais le dire quand même. Non, c'est exact, la CIA ne respecte pas toujours les libertés civiles (lire : "les piétine allègrement dans certains cas")... Les décideurs de la CIA sont responsables de la mise en place de régimes douteux (au mieux...).
En effet, à ce sujet, la CIA a pris bon nombre de décisions regrettables qui auraient peut-être pu être évitées (quoiqu'on ne le saura jamais) et dont les conséquences sont aujourd'hui la merde qui colle au cul métaphorique du monde. Cette agence, et les autres agences secrètes, sont aussi responsables de très nombreuses incursions injustifiées dans divers pays, sur leur territoire et dans leur système politique, au nom des intérêts américains.
Personnellement, je ne sais pas si j'aurais fait mieux, et j'aurais pris les mêmes décisions dans beaucoup de cas si j'avais été dans la même position. Du moins c'est ce que je me plais à croire. Le but de la CIA est de promouvoir les intérêts américains, de toute évidence par des moyens secrets (et ils sont secrets pour la simple raison qu'ils doivent être en dehors des lois), donc, a priori, c'est une mission qui a été aussi bien menée que possible !
Comment voulez-vous pourchasser les terroristes avec une armée régulière sans tuer des millions de civils innocents ? Vous voyez le résultat quand on attaque les états « voyous » (ce qu'on ne fait qu'en dernier ressort, et en essayant de ne pas toucher les civils)... Et que faire quand les civils d'un pays, qu'ils soient endoctrinés ou pas, participent de l'effort terroriste ? La seule solution est d'employer des espions.
Une photographie satellite, c'est bien joli, mais ça ne marche pas contre les attentats-suicides. C'est déjà difficile de différencier un camp de vacances d'un camp d'entraînement illégal, alors... Et on ne peut pas envoyer les tanks pour prévenir un bombardement inopiné d'un gratte-ciel par un avion de ligne. Il faut donc avant tout des informations fiables, telles qu'elles ne peuvent être récoltées que par des agents humains.
C'est paradoxal, cela semble bien être des coups en dessous indignes de beaucoup de gens (avec raison), on tombe souvent dans le meurtre de sang froid et la torture (comment obtenir autrement certaines informations, surtout lorsqu'il y a urgence ?), c'est encore plus terrible lorsqu'une erreur est commise (et cela arrive fatalement, à tout le monde)... mais empêcher des morts nécessite des assassins.
Je ne vois pas comment la police pourrait être efficace pour ça : la menace d'un procès ou d'un passage à tabac, c'est bien peu. Quant à l'ONU, tout ce qu'elle sait faire c'est envoyer de vilaines lettres disant qu'elle n'est pas contente. Alors tant qu'à faire, je préfère que ce soit la CIA et les autres agences secrètes du monde "libre" qui s'en occupent : Je sais qu'ils sont les seuls à peu près qualifiés, et il y a du pain sur la planche.
jeudi 27 novembre 2008
Tâmâde !
Ce billet du 9 décembre 2005 parle (déjà !) des nombreuses hypocrisies franco-chinoises. Aujourd’hui, on ne parle plus de la Chine que lors d’affaires de produits empoisonnés ou peu conformes aux normes européennes, ou pour montrer les horribles conditions de travail des pauvres chinois exploités, comme on montrait autrefois la grogne des travailleurs français face à cette concurrence déloyale.
Parce qu’aujourd’hui la Chine s’ouvre au commerce international, et que c’est de bon ton, à chaque fois qu’elle commet un écart, ou qu’elle s’offusque un peu, on pousse les hauts cris… Lorsque Pékin refuse de parler à Nicolas Sarkozy parce qu’il a été voir le Dalaï Lama, par exemple. C’est vrai que le Dalaï Lama a une image débonnaire, pour un théocrate féodal qui prône un mysticisme brumeux.
Quoi qu’il en soit, ça ne nous empêche pas d’acheter des Nike produites en masse dans des sweatshops, et autres produits douteux…Et ça n’empêche personne de faire fabriquer en Chine des quantités toujours aussi invraisemblables de joujoux de basse qualité, gadgets pour magazines, boules de distributeurs pour supérettes et autres pochettes surprises à un euro dont les bambins raffolent.
La Chine est un grand pays à la culture immensément riche, aussi merveilleux qu’il est odieux. Ils ne peuvent pas d’un coup se transformer en gentils capitalistes… Ni perdre leur identité nationale. Ils font déjà énormément d’efforts pour attirer les investisseurs. C’est un pays dans lequel tout est à faire, à construire, et qui dispose d’une population suffisamment nombreuse pour que ce soit rentable : pourquoi les dénigrer ?
L’actualité ces derniers temps à un côté « retour du syndrome chinois » de bien mauvais goût : on n’en parlait pas il y a vingt ans quand la Chine était pire qu’aujourd’hui, mais moins importante économiquement.
J'avais dit que je parlerai de la Chine, alors nous y voilà. La France vient juste de vendre 150 airbus aux chinois en faisant absolument fi des droits de l'homme, du Tibet, du communisme autoritaire, et des sanctions économiques que tout le monde voulait prendre contre la Chine suite au fait qu'elle inonde notre pauvre marché français de ses vêtements peu chers et en très grand nombre.
C'était très drôle : On a vu des personnages importants de la droite libérale, se gargarisant habituellement des mots "libre concurrence", "l'offre et la demande" et "une économie saine et libérale à l'américaine", montrer démagogiquement du doigt que les chinois (pourtant communistes) étaient trop avantagés par rapport à nous et que nous devions employer des mesures de régulation du marché !
Pourtant, s'ils peuvent avoir plus d'investisseurs, plus d'ouvriers, et qu'ils les paient moins (beaucoup, beaucoup moins...) que chez-nous, en quoi est-ce si mal ? On peut ou non être d'accord sur le principe, mais c'est ce que feraient toutes les entreprises françaises, européennes ou autres si elles le pouvaient : Il n'y a qu'à constater les délocalisations nombreuses dont on nous rebat les oreilles, et que la même droite défend !
Etais-je alors le seul à trouver cela hypocrite ? Une chose est certaine, la Chine est une grande puissance capable de nous envahir économiquement dans beaucoup de domaines, si pas tous. Et on en a besoin comme client, comme l'Amérique. Comme disait une de mes connaissances, "La Chine nous a acheté des airbus, on va pouvoir manger ce soir". Depuis le temps qu'on nous serine que la Chine s'éveille, de quoi nous étonnons-nous ?
Nous lui avons bien apporté le café au lit, il me semble ? Ou est-ce que ces Macdonalds, Dior, Pepsi, Louis Vuitton et autres marques occidentales présentes en Chine depuis son ouverture relative (de même que le concept importé de la consommation de masse) ne sont que le fruit de mon imagination ? Nous sommes loin de la Chine de Mao. Là, c'est la Chine dont les Américains se méfient vraiment, car elle est sur leur terrain.
P-R, Sweety !
Ce billet de « mise au point » publié le 9 décembre 2005 parle entre autres de la censure parfaitement hypocrite et stupide que Microsoft exerce sur ses espaces… Pour faire suite à ce qui est dit plus bas, je n’étais pas satisfait des conditions de Micro$oft et j’ai trouvé mieux, plus sympa, plus customisable et plus rapide chez Canalblog… Vous êtes devant le résultat.
Bien le bonjour tout le monde, si monde il y a (et je vous rappelle que je ne souhaite pas savoir combien de personnes lisent mon Blog, parce que je suis déjà assez arrogant comme ça). Aujourd'hui, je vous ai concocté un post assez long mais nécessaire sur les relations publiques. Pas les relations publiques en général, juste les miennes, entre moi, vous et les gens très sympathiques de MSN spaces qui m'hébergent gratis pro deo.
Stoppez tout, l'impossible est arrivé, c'est peut-être même un signe de l'Apocalypse... Un lecteur de mon Blog (si, si, j'en ai, à part mes amis proches...) vient juste de me contacter sur MSN et via un commentaire (que j'ai supprimé parce qu'il a mis son nom et des infos personnelles, et que ce n'était pas un commentaire direct de mon Blog, mais ne vous inquiétez pas, je lui ai répondu...).
Or donc, cette personne (dont je ne donnerai pas le nom par respect, et aussi parce que c'est un de ces noms qui font souffrir et qu'il doit avoir eu moult douleurs et grincements de dents avec les calembours cruels qu'ont dû faire tous ses camarades quand il était petit... Mais passons) m'a contacté croyant que j'étais un de ses anciens camarades de classe de je ne sais quelle école jusqu'en 1991.
Bon, ça n'est pas le cas. J'ai un nom très courant, même si on ne dirait pas, comme ça... J'ai surtout un nom de famille commun avec beaucoup de gens qui ne sont même pas de ma famille, d'ailleurs, ce qui prête à confusion. J'ai aussi, selon toute apparence, l'ancien numéro de téléphone d'un journal coréen de Paris, et je reçois encore, à ce jour, des appels réguliers de gens parlant coréen et voulant passer des petites annonces.
J'aime les nouveaux contacts, mais ce genre de chose est plutôt agaçant à la longue. Fort heureusement, l'individu dont je parle est très sympathique. Il est en ce moment en Chine pour une raison que je n'hésiterai pas à lui demander la prochaine fois que je lui parlerai. Après tout, il a aimé mon Blog. D'ailleurs j'en profite pour dire à tous ceux qui me lisent et ne me connaissent pas : Je ne mords pas...
Il semble que tous ceux qui me contactent par hasard soient liés à l'extrême orient d'une façon ou d'une autre. Non que ce soit une coïncidence qui me déplaise particulièrement, mais qu'ai-je à dire là-dessus ? Je m'aperçois que je n'ai pas fait la place qu'elle mérite à cette partie du monde pourtant éminemment intéressante dans mon Blog. Il faut dire qu'elle n'occupe pas vraiment une place prépondérante dans mon esprit.
Bah, si MSN ne me ferme pas j'en parlerai bien un jour. Oui parce que j'ai brisé le code de conduite de MSN. C'est vrai, je le confesse, j'ai mis une jolie photo d'un homme tout nu (même pas en érection). Mais je l'ai enlevé, maintenant, c'est fini... Ceux que ça intéresse n'auront qu'à aller voir ailleurs. J'ai aussi enlevé la photo de deux chiens qui copulent, d'ailleurs.
Bon, je n'aurais pas pensé que cela put tomber sous le coup de la déontologie (je veux dire, on voit ça parfois en pleine rue, et je ne connais personne que ça excite, mais sait-on jamais...), mais comme on me l'a demandé, je m'exécute. Je veux dire, c'est une censure, mais ce ne sont que des photos débiles illustrant un propos plutôt quelconque, et n'importe qui peut les trouver ailleurs.
Après tout, c'est vrai, quoi, on ne va pas pleurer pour deux photos... Ceci n'est pas un site porno. Jusqu'à présent, j'ai énoncé des opinions horribles, parfois même extrêmes, et souvent de droite (crime suprême, à ce qu'il semble, chez les gays et les étudiants que je fréquente...), j'ai attaqué la convention de Genève, la croix rouge, et des tas de politiciens dont certains sont présidentiables.
Oh, et j'ai dit beaucoup de mal de gens qui méritent sans doute encore plus de respect, y compris les vieux, les jeunes, les cons, les intellectuels, les enfants, les instituteurs, les étrangers, les français, les croyants, les mécréants, les grands auteurs, les petits auteurs, et j'en passe... J'ai même donné une recette de bonbons à l'arsenic, une méthode certaine (à haute dose) de réduire la population mondiale sélectivement.
Je ne crois pas détester suffisamment qui que ce soit pour vouloir sa mort, mais je n'hésiterai pas à offrir quelques uns de ces bonbons si on me présentait un pédophile, un violeur en série, un bourreau d'enfants, quelqu'un qui bat sa femme, un tueur d'innocents, un terroriste ou tout autre personnage du même acabit. Je rappelle que l'empoisonnement par l'arsenic peut-être lent, dégénératif et douloureux.
Tout ça pour dire que la subversion est partout, surtout où on ne l'attend pas, et qu'en général tout le monde s'en fout. Ne faisons pas une montagne d'une taupinière : Je ne comprends pas ceux qui prennent les armes contre la censure de leurs hébergeurs, quand on vit chez quelqu'un, on respecte ses règles arbitraires, sinon on va ailleurs... Tout bêtement. Dieu sait qu'il y a de la place sur le net pour tous les barjos.
Selon toute apparence, le code microsoftien se fiche de ce que je raconte, du moment que je ne diffuse pas ce qui ressemble pour eux à de la pornographie. Rien n'est plus simple ! Ils sont fort arrangeants, au vu de la facilité qu'ils me procurent à faire fonctionner ce site, et cela conforte ma confiance dans le modèle capitaliste et son humanité. Alors voilà, j'ai écrémé. Je me rattraperai sur le texte.
mercredi 26 novembre 2008
Saint doux.
Un billet tout simple publié le 7 décembre 2005… La réputation de Nicolas Sarkozy a peu changée, même s’il vient de gagner en popularité à cause de la Crise. C’est normal : le pouvoir qui rassure, la stabilité de la présidence, l’aura du poste... Que ses détracteurs se rassurent, ça ne durera que pendant cette crise. Vu l’état de l’opposition, cependant, ça risque de durer plus longtemps.
Hier, c'était le six du mois, donc la Saint Nicolas. J'avais autre chose à vous dire ce jour là, mais je voulais tout de même vous parler de cette fête très importante. Saint Nicolas joue le rôle du Père Noël dans beaucoup de pays, et apporte des pains d'épices aux enfants sages cette nuit-là dans pas mal de pays slaves et/ou orthodoxes. Donc ce matin, normalement, de nombreux petits enfants se trouvent plus riches de quelques pains d'épices.
Et il est plutôt cool, Saint Nicolas. C'est le saint patron des écoliers et des enfants de chœur. Comme on ne sait pas grand chose sur lui, à part qu'il a distribué toute sa fortune avant de devenir archevêque de Myre (une ville de Licie) en 342 et que ses reliques sentent bon (d'où l'expression "odeur de sainteté", ce qui est vraiment miraculeux pour un vieux bout de cadavre...), on n'a pas cessé d'inventer des légendes à son sujet.
Par exemple, le coup de l'ogre. Il y avait une fois un ogre qui découpait les enfants pour en faire du petit salé. Eh bien un beau jour, Saint Nicolas est arrivé, il a battu l'ogre, et puis il a pris les morceaux découpés et salés des petits enfants dans les tonneaux qu'il y avait dans la cave, il les a rassemblé, et hop, un petit miracle : Les enfants se sont ressoudés et mis à revivre ! Un bon gars, je vous dis.
Evidemment, cette légende en rappelle beaucoup d'autres du même genre, mais c'est quand même une jolie histoire. Si vous cherchez des Nicolas célèbres, vous avez Nikola Tesla (le savant fou croate), Nikolaï Gogol (l'écrivain russe), Niccolo Machiavelli (l'intrigant florentin), Nick Nolte (l'acteur américain), Nicolas II (le tsar de toutes les Russies) et Nicolas Sarkozy (l'ogre français).
Le monde en vrac, ter...
« Trois SDF décédés dans le bois de Vincennes en un mois, oh mon DIEU mais c’est TERRIBLE !... » Se dit l’opinion publique, toujours prompte à s’indigner à tort et à travers. C'est exact, c'est terrible... Mais surtout, ne lui dites pas que c’est seulement maintenant qu’elle s’aperçoit que ça arrive chaque hiver depuis que les clodos existent… Cela risquerait de casser la baraque de la municipalité, et aussi de Roselyne Bachelot qui tente désespérément de devenir populaire en faisant croire qu’elle a de la compassion.
Dans la même veine, les grands sujets de l’actualité qu’on nous inflige sont : Le cancer, première cause de mortalité, tue et « exclu » socialement (cette gravissime faute de conjugaison est de AgoraVox, et est restée sur Internet pendant au moins 24 heures à l’heure ou j’écris ces lignes !). De plus, les femmes battues, c’est affreux, sont extrêmement nombreuses. On nous a ressorti les mêmes chiffres que lors de la présidentielle, et les mêmes conclusions : si c’est pas du scoop, ça, madame ! Du foutage de gueule ? Oh, la curieuse idée...
L’Agence de la biomédecine lance un appel aux dons de sperme pour satisfaire les couples qui veulent procréer malgré la stérilité du mari… Cependant, la loi à ce sujet est drastique en France : Elle n’autorise que les hommes mariés et pères de moins de 45 ans à donner leur semence, avec consentement du conjoint... Ce qui exclut hélas la plupart des branleurs, c'est à dire des jeunes célibataires à la bite dure qui n'ont pas encore envie d'être père ! Si j’étais donneur, j’aurais peur que mes gosses tombent par hasard sur un frangin.
Le Parti Socialiste, qui n'est plus qu'un nom au dessus d'une tombe qu'on creuse à chaque nouveau développement de ses turpitudes, continue de faire la une... Pourtant, ce légume trop longtemps sous perfusion n’intéresse plus personne… Du moins plus vraiment. On ne regarde où ça en est que par curiosité morbide, comme on surveillerait tous les jours un crapaud écrasé sur un chemin de campagne familier, pour voir en combien de temps la fourmilière l’aura dévoré. C'est rare d'assister à une implosion putride au ralenti, en direct.
Enfin, on a trouvé un bébé mort dans la poubelle d’un fast-food. C'est la crise et on gaspille, merde ! Vous n’imaginez pas le nombre de hamburgers qu’on fait avec un nouveau-né… Et à propos de blagues sur les enfants morts, le suicide d’un détenu de 16 ans du centre de détention de Meyzieu en a fait rire plus d’un. On en reparle maintenant parce qu’on a « découvert » dans le rapport jusque là secret que ce drame aurait pu être évité… Ils n’ont eu que Meyzieu pour pleurer. Oh, allez, ne me dites pas que vous n’y aviez pas pensé !
Blague à part, les informations, en ce moment, même sur Internet, il faut aller les chercher de plus en plus loin. Ne perdez pas espoir, et, surtout, creusez : il y a quelque chose sous la couche de propagande !
mardi 25 novembre 2008
Comment NE PAS convertir un athée ?
Voici l’article qui fait suite au précédent, du même auteur, traduit depuis le même site par votre serviteur.
Dans mon article « Comment convertir un athée ? », j’ai mis en place une liste de preuves qu’un théiste pourrait présenter et qui seraient susceptibles de convaincre un athée, selon toute probabilité, de la véracité d’une religion donnée. Puisque je suis athée, mon point de vue est qu’aucune des preuves de la liste n’existe réellement, bien que j’accepte que l’on puisse me prouver le contraire. Cependant, depuis l’écriture de cet essai, il m’est venu à l’esprit que ce qui pourrait être plus utile, c’est la liste des tactiques qui n’ont aucune chance de persuader un athée, ou même qui pourraient le radicaliser dans ses positions. J’ai écouté les arguments de nombreux prosélytes et lu bon nombre de livre pro-théistes, et, d’après mon expérience, nombre d’entre eux commettent les mêmes erreurs. J’ai l’espoir que leur montrer les défauts de leur approche aidera à réduire l’agacement et la frustration éprouvés par mes confrères athées lorsqu’ils rencontrent la même proclamation fallacieuse pour la centième fois. On peut certainement imaginer que les croyants qui tentent de sauver nos âmes apprécieront ce retour informatif, puisqu’il les aidera à cerner lesquels de leurs arguments sont inefficaces et à ajuster leur stratégie en conséquence.
– Ne dites pas aux athées ce qu’ils pensent, laissez-les s’exprimer. L’erreur la plus courante et la plus grande lors d’un dialogue avec un athée, d’après mon expérience, est de tenter de présenter le point de vue de l’athée soi-même, puis de le contrer. Le problème est que relativement peu de théistes peuvent dépeindre avec succès le point de vue athée, et, lorsqu’ils s’y essaient, ils retombent souvent dans les mêmes stéréotypes : les athées sont nihilistes, les athées n’ont aucun but dans la vie, les athées veulent simplement être libre des restrictions morales, les athées sont en colère contre Dieu, les athées sont arrogants, et ainsi de suite… C’est un ton parfois commun dans certains livres écrits par des athées virulents, mais ces idées ne sont pas partagées par la majorité des athées. En fin de compte, celui qui croit convertir ne fait que gâcher bien des efforts à bâtir un mannequin de paille, puis à le détruire lui-même, tandis que la croyance réelle de l’athée reste intacte. Cela n’amène pas un athée plus près de la conversion. Il est même plus probable que cela ait pour effet de provoquer l’irritation contre celui qui présumerait de parler pour les athées sans connaître leurs vues, et rendre la conversion encore plus improbable.
Voici mon conseil aux évangélistes : Ne vous basez pas sur des livres écrits par d’autres croyants pour savoir ce que pense un athée. Ne vous fiez même pas aux livres écrits par des croyants qui se disent d’anciens athées. La plupart de ces ouvrages (et cet avis est basé sur ceux que j’ai lu) n’est pas fiable lorsqu’il s’agit d’expliquer le point de vue d’un athée. Si vous voulez connaître un point de vue, il n’y a aucun moyen plus efficace que de le demander aux gens qui l’ont effectivement. Si vous voulez avoir un dialogue positif avec un athée, réduisez vos présomptions au strict minimum, et, lorsque c’est possible, demandez lui ce qu’il pense plutôt que de le deviner.
– Ne supposez pas que les athées ne connaissent pas vos croyances. A moins que vous n’apparteniez à une petite secte ou à une religion idiosyncrasique que vous avez-vous-même développé, il est probable qu’un athée aura entendu parler de votre credo, et possédera au moins une vague idée de ce qu’il enseigne. Après tout, les messages religieux sont omniprésents dans la plupart des sociétés, et de nombreux athées sont d’anciens croyants eux-mêmes. A moins qu’on vous le demande, ne vous embêtez pas à sermonner longuement pour expliquer les principes de votre foi, la plupart des athées (et des gens) trouvent cela fastidieux. Pire, ne supposez pas que quelqu’un n’est athée que parce qu’il n’a pas entendu parler de votre religion ; cela paraîtra condescendant, voire arrogant, aux yeux de la plupart des gens. Espérer qu’ils paient pour le « privilège » d’apprendre quelque chose sur vos croyances est aussi proscrit. Cependant, si un athée demande ce en quoi vous croyez ou fait une remarque qui montre qu’il ne le sait pas, vous êtes libre de le lui dire et de l’éclairer.
– Ne faites pas d’affirmations que vous n’êtes pas préparé à soutenir. J’ai rencontré des croyants qui avaient l’air de penser que le meilleur moyen de convertir un athée était de copier-coller une liste d’arguments de quelque site web religieux, arguments dont ils ne comprennent pas la plupart, ou encore de répéter comme des perroquets quelques phrases dont ils ne se souviennent que vaguement, et ne peuvent rien apporter de plus consistant si on le leur demande (NDT : J’ai traduit et fait miennes ces affirmations, je suis prêt à les défendre tout aussi personnellement que leur auteur… Qui plus est, je tiens à dire qu’il ne s’agit là que de l’attitude d’un esprit ouvert qui ne fait que demander des preuves avant d’agir, comme tout un chacun devrait le faire. Il est bon de souligner que celui qui fait une affirmation, en science, en droit ou dans n’importe quel autre domaine, doit d’abord apporter la preuve de ce qu’il avance. Ce n’est pas aux autres de le faire ! Pourquoi la religion est-elle exemptée de ce devoir ? ). D’autres font de grands discours, puis, lorsqu’on leur demande des preuves, ignorent complètement cette requête ou arrêtent simplement la discussion. C’est là la pire manière qui soit d’argumenter contre un athée. Non seulement cela ne le convertira pas, mais il sera bien plus enclin à repousser d’autres discours similaires à l’avenir, parce qu’ils manquent de substance.
Si vous voulez convaincre un athée que vous connaissez votre sujet et que votre position est raisonnable, rien ne remplace un débat réel dans lequel chacun des participants exprime sa position, de son propre point de vue et avec ses propres mots, et peut répondre en détail aux allégations de ses adversaires. Si l’on vous demande de citer vos sources, soyez prêt à le faire, et assurez-vous que ces sources sont fiables. Si un athée oppose un contrargument à l’un des points de votre discours, soyez prêt à défendre votre point de vue. Si vous n’y êtes pas prêt ou que vous ne voulez pas le faire, alors faites nous une faveur à tous et ne tentez pas de prêcher la bonne parole aux mécréants : vous éviterez de perdre votre temps et le leur.
– N’ignorez pas les questions sincères. Comme on l’a vu dans le dernier point, ignorer ou repousser les questions honnêtement posées, c’est une très mauvaise idée lorsqu’on discute avec un athée. Cela éveillera dans l’esprit de l’interlocuteur le soupçon que non seulement vous ne pouvez pas défendre votre foi (et donc, pourquoi se convertirait-il pour vos beaux yeux ?), mais aussi qu’il n’y a rien au-delà de votre discours. Si vous pensez que vous êtes assailli par trop de questions à la fois, dites-le. Si vous ne connaissez pas la réponse à une question, dites-le. Mais n’éludez jamais une question, ne refusez jamais d’y répondre ou de la relever, et ne supposez pas que l’athée a quelque mobil pugnace de l’avoir posée. Si quelqu’un pose une question, c’est probablement parce qu’il attend une réponse !
– N’utilisez pas de menaces, d’insultes personnelles ou d’attaques ad hominem. Cela devrait normalement aller de soi, semble-t-il, mais, malheureusement, j’ai constaté que cela a besoin d’être rappelé. L’usage d’un langage hostile ou insultant, émettre des doutes quant à la sincérité ou l’honnêteté de ses interlocuteurs, ou sous-entendre qu’ils devraient vous croire parce que vous êtes tout simplement plus au fait des choses qu’eux… Ce sont des stratégies qui non seulement ne gagnent jamais, mais vous cataloguent comme immature et indigne de toute considération sérieuse. Proférer des menaces est encore pire – et avertir quelqu’un qu’il ira en enfer s’il ne croit pas quelque chose EST une menace, même si cela n’en a pas toujours le ton ! En tant que vétéran de nombreux débats, j’ai observé que les menaces ou les remontrances ne changent jamais le point de vue de qui que ce soit, et ne fait que renforcer leur position, les repoussant toujours plus loin de vous (NDT : de plus, les menaces sont un délit, et peuvent êtres considérées comme du harcèlement si elles sont répétées ou envoyés anonymement sur Internet). Et c’est une tendance humaine universelle, il ne s’agit pas que des athées.
– Ne vous essayez pas à la psychologie de comptoir. Il est bien trop commun pour les prosélytes de tenter de psychanalyser quelqu’un qu’ils viennent de rencontrer, ou même quelqu’un qu’ils n’ont jamais vus, et de spéculer avec aplomb sur l’enfance malheureuse, les tragédies personnelles ou les expériences traumatisantes avec telle ou telle église, qui auraient conduit cette personne à abandonner Dieu et devenir athée par amertume et colère. Tenter de lire dans l’esprit de quelqu’un de cette façon, c’est voir des géants là où il n’y a sans doute que des moulins à vent. Nous l’avons dit, les raisons qui font que les gens deviennent athées (et le restent) ont en général peu de rapport avec les caricatures si communes dans la littérature religieuse. Non seulement de telles présomptions pousseront immédiatement un athée à croire que la personne qui les émet n’a aucune idée de ce dont elle parle, mais cela fera germer en lui le soupçon qu’il ne s’agit que d’un moyen de détourner la conversations des raisons réelles qu’a l’athée de ne pas croire, et d’éviter de les confronter.
C’est comme si un athée accusait un théiste de croire uniquement parce qu’il s’est fait laver le cerveau dés l’enfance, sans même répondre aux arguments que le théiste présente. Cela arrive, hélas… Mais un théiste qui serait la cible de telles ignominies n’aurait-il pas raison de croire que son adversaire tente d’empoisonner le puits du dialogue au lieu de faire face aux faits et aux arguments ?
– Ne demandez pas aux athées de faire quelque chose pour vous si vous n’êtes pas prêt à leur faire la même politesse. Si vous demandez à un athée de lire un livre de votre choix, soyez prêt à faire de même en échange. Si vous demandez à un athée d’aller à l’église avec vous, soyez prêt à assister à une réunion du club de libres penseurs local, ou d’un groupe laïc qui promeut la séparation de l’église et de l’état, ou n’importe quel autre événement du même genre auquel il aimerait vous voir assister. Plus important encore, n’espérez pas qu’il écoutera vos arguments et leur accordera une honnête considération si vous n’êtes pas prêt à faire de même. Ce devrait être la moindre des corrections, une question de respect dû à l’autre, mais il y a malheureusement des prosélytes qui veulent être les seuls à parler et s’attendent à ce que les autres écoutent en silence.
Il devrait être clair pour tout le monde que le fait d’être écouté n’est pas un droit, mais un privilège, une faveur que certains athées veulent bien vous octroyer. Lorsque cette faveur n’est pas rendue, les athées considèrent cela comme la dernière des grossièretés : un signe que l’on est traité comme de simples cibles à convertir plutôt que comme des humains doués de raison et d’un point de vue personnel. Un débat est un échange positif dans lequel chaque camp présente son propre point de vue et considère celui des autres, à son tour. Un sermon est une présentation dans laquelle une personne fait un cours aux autres et s’attend à ce que sa parole ne souffre point de questions. La plupart des athées, d’après mon expérience, participeront à un débat. Peu resteront pour un sermon.
– Ne refusez pas de reconnaître vos erreurs. Nous sommes tous humains, nous faisons tous des erreurs. En soi, cela ne va pas nécessairement condamner toute tentative de convertir un athée ; le plus important est votre réaction lorsqu’une erreur se produit. En général, un athée (comme la plupart des gens) prend en compte l’honnêteté, mais méprise les airs d’infaillibilité que se donnent certains. La plupart des athées seront bien plus impressionnés si vous admettez avoir commis une erreur, que vous acceptez d’être corrigé, mais que vous continuez à débattre. D’un autre côté, faire une erreur puis refuser en bloc de l’admettre (ou pire, répéter la même fausse affirmation après qu’on ait prouvé le contraire) est le plus sûr moyen d’être ignoré. Après tout, faire ainsi, c’est un signe de malhonnêteté intellectuelle. Pourquoi devrait-on croire quelqu’un de malhonnête ?
– Ne supposez pas qu’un athée parle pour tous les athées. A la différence de la plupart des religions, l’athéisme n’a pas de texte sacré, pas d’autorité centrale, pas d’organisation hiérarchique. L’athéisme n’est pas un mouvement organisé autour d’une source unique, mais un groupe hétéroclite d’individus dont la plupart est arrivée à cette conclusion indépendamment des autres, et souvent pour des raisons différentes. Il devrait donc être évident que les athées ont des opinions différentes sur bon nombre de sujets autres que l’absence de religion qui les caractérise par définition. Aucun athée ne parle pour tout l’athéisme. Ainsi, citer un athée qui exprime une opinion controversée, comme s’il s’agissait de l’avis de tous les athées, ne rime à rien. C’est une stratégie de discrédit vouée à l’échec. Ne supposez pas, par exemple, que tous les athées sont communistes ou anarchistes (en fait, d’après mon expérience, peu le sont), que tous les athées sont immoraux ou ont une morale élastique (on est bien loin de la vérité !), ou que tous les athées sont pour l’avortement, ou politiquement à gauche (certains le sont, pas tous).
Cela ne veut pas dire qu’il est inutile de lire la prose d’autres athées. Au contraire, c’est un bon moyen de comprendre ce point de vue, et je le recommande à toute personne qui se destine à entamer le dialogue avec un athée. Toutefois, il n’y a aucune garantie que les opinions exprimées par un athée, quel qu’il soit, seront partagées par d’autres. Comme nous l’avons dit précédemment, vous devriez toujours laisser s’exprimer chaque athée sur ses vues par lui-même.
– Ne refusez pas de considérer le point de vue athée avec honnêteté et sérieux. C’est peut-être le point le plus difficile pour de nombreux croyants, mais, par bien des côtés, c’est le plus crucial. La plupart des gens abordent le débat athéisme/théisme avec le sentiment que seul leur point de vue mérite d’être pris au sérieux, et que tous les autres ne méritent pas leur attention, pouvant être balayés d’un revers de main sans la moindre considération. Que cette opinion soit exprimée ou non, elle s’insinuera dans tous les arguments de la personne qui la tient pour vraie, et provoquera une réaction équivalente chez ceux qui sentent bien qu’on les traite avec mépris. En peu de mots, si vous abordez un athée avec l’attitude de quelqu’un qui n’a rien à apprendre de lui, vous ne le convertirez certainement pas. Traitez la position d’autrui avec respect et donnez aux arguments adverses la considération réelle et sincère qu’ils méritent ; alors seulement vous aurez le droit d’exiger la même chose en retour.
De nombreux lecteurs pressentiront que les articles énumérés dans cette liste ne sont que simple courtoisie et bon sens élémentaire dans tout type de dialogue, et ne s’appliquent pas qu’aux athées. Je suis entièrement d’accord. Il n’y a, en fait, pas de façon spéciale d’aborder un athée par rapport à celle d’aborder toute autre personne ; les athées sont des êtres humains comme les autres, après tout ! Le problème n’est pas qu’il soit intrinsèquement plus difficile de communiquer avec les athées de façon positive, mais que de nombreuses organisations religieuses persistent à répandre activement des calomnies au sujet de l’athéisme. Ces groupes ne sont pas intéressés par un débat ouvert ou un examen impartial des faits ; leur but n’est autre que de garder les membres de leurs congrégations en jetant le discrédit sur les alternatives possibles. Ils n’ont aucun intérêt à prêter une oreille juste et attentive au point de vue opposé, de la même façon qu’une publicité vantant les mérites d’un produit ne va pas faire la liste objective des forces de la concurrence. Bien que ces tactiques puissent resserrer les rangs des fidèles en les convainquant que tout autre point de vue n’est pas à leur goût, elles échouent complètement face à de vrais athées (NDT : Ou qui que ce soit d’autre). De nombreux croyants ont découvert à leur grande surprise et à leur grand dam que nous ne sommes pas les misanthropes décadents et arrogants que les prêcheurs leur ont dépeints. De la même manière, de nombreuses affirmations que les croyants ne soumettent jamais à la critique ne tiennent pas contre un athée bien informé qui demande simplement à en voir la preuve.
J’ai l’espoir que les conseils présentés dans cet article encourageront les théistes à voir dans l’athéisme un point de vue sérieux et cohérent, et ceux qui le tiennent pour vrai comme des individus dignes de respect, même s’ils ne sont pas d’accord avec eux. Le préjugé irrationnel qui émerge trop souvent lorsque l’on est confronté à un point de vue différent du sien – croyant contre athée, ou croyant contre croyant – a toujours été un obstacle important à la paix et à la compréhension mutuelle au sein de l’humanité, dans toute son Histoire. Nous devons apprendre à surmonter cette pulsion et nous laisser guider par notre raison. Lorsque tous les participants se considèrent avec le respect et le sérieux qu’ils méritent, alors seulement le débat peut vraiment commencer.
lundi 24 novembre 2008
Comment convertir un athée ?
Cet essai clair et concis, qui existe depuis longtemps sur le site Ebon Musings, n’est autre qu’une sorte de guide, une liste de critères, de ce qu’une religion doit faire pour convertir à sa cause quelqu’un de raisonnable qui se base sur le bon sens et la logique… Pourtant, 95% des gens dans le monde (et plus) croient en une religion ou une autre, ce qui en dit long sur l’intelligence moyenne de l’être humain. Oh, il y a eu des « réponses » de théistes en anglais, réponses qui, plutôt que de prouver que leur religion est vraie, tentent sans succès d’infirmer le texte original… C’est très drôle. Quoi qu’il en soit, j’ai moi-même traduit ce texte en français, parce que je n’ai pas trouvé son équivalent dans notre langue sur Internet. Gageons que l’auteur ne m’en voudra pas de diffuser sa bonne parole !
Qu’est-ce qui est susceptible de convaincre un athée qu’une religion est vraie ?
Avec les années passées à débattre de l’athéisme et du théisme, j’ai observé la chose suivante. Demandez à n’importe quel croyant ce qui pourrait le convaincre qu’il a tort, le persuader de quitter sa religion et de devenir athée, et, si jamais vous obtenez une réponse, ce sera invariablement « Rien ! J’ai foi en mon Dieu. » Bien que cela doive exister, je n’ai pas rencontré un seul théiste qui accepte ne serait-ce que la possibilité que sa croyance ne soit qu’une erreur. La plupart des théistes structurent leur foi, qui « leur suffit », de façon à ce qu’aucune preuve ne puisse les prendre en défaut… Ils le font ouvertement.
« Crois au Seigneur de tout ton cœur, et ne te fie pas à ta propre compréhension. » (Proverbes, 3 :5)
En bref, ils ont un esprit fermé, et on leur a appris à fermer leur esprit aux idées des autres.
A la lumière de ce que l’on vient de dire, il est ironique que les athées soient considérés comme ayant un esprit fermé. Les prosélytes fondamentalistes proclament fréquemment que nous avons le cœur dur, que nous sommes dogmatiques et irrationnels, que nous rejetons Dieu sur la base d’un postulat biaisé, etc. De telles allégations sont le résultat de projections psychologique. Incapables de comprendre le fait qu’il y a des gens qui ne croient pas en leur dieu, ces théistes ne font que nier l’existence de telles personnes, et insistent sur le fait que chacun pense exactement comme eux sans le savoir ; ainsi, ceux qui atteignent des conclusions différentes des leurs doivent avoir quelque mobil secret pour ne pas croire. C’est complètement ridicule, mais, malheureusement, certains le croient vraiment.
Dans le but de prouver que les esprits des athées ne sont pas fermés, j’ai compilé ici une liste de tout ce que, tel que je le conçois, je pourrais admettre comme preuve qu’une religion est dans le vrai. J’ai aussi inclus certaines choses que j’accepterais en tant que preuve indirecte de la vérité d’une religion particulière, et des choses qui, selon moi, ne sont en aucun cas acceptables comme preuve de quoi que ce soit. Bien que je n’aie pas la prétention de m’exprimer au nom de tous les athées, je peux dire en toute confiance qu’une religion qui pourrait produire une seule preuve de la première liste gagnerait probablement un grand nombre de conversions.
Dans un souci de justice, j’invite tous les théistes à préparer une liste de choses qu’ils accepteraient comme preuve que l’athéisme est vrai. Si un théiste prépare une telle liste, la publie sur Internet et m’en parle, je mettrai un lien sur cette page.
(NDT : il s’agit des allégations de l’auteur. En huit ans, il n’y a eu que deux réponses. Les liens sont disponibles sur la page originale)
La première catégorie regroupe les choses qui me convaincraient absolument de la véracité d’une religion donnée. Si on me montrait une seule de ces preuves, je me convertirais sur le champ :
– Des prophéties vérifiées et spécifiques qui ne peuvent avoir été contrefaites. Si, par exemple, la Bible disait « Le premier jour du premier mois de l’année 2010, les piliers de la Terre trembleront, et une grande partie du Monde Nouveau sera perdue dans les flots », puis, qu’un grand tremblement de terre envoie la Californie au fond de l’océan le 1 er janvier 2010, alors je me mettrai à croire. Cependant, je n’accorderai aucun crédit à la prophétie si :
- La prophétie est vague, peu claire ou amphigourique (comme Nostradamus, par exemple) : Il faut que cela soit spécifique, détaillé, et sans ambigüité dans les termes comme dans la prédiction.
- La prophétie est triviale : N’importe qui peut prédire qu’il fera froid l’hiver prochain ou qu’une calamité telle qu’une sécheresse ou une inondation ne durera pas toujours. Il faut que la prophétie prédise quelque chose d’unique, de surprenant, d’improbable.
- La prophétie est visiblement douteuse pour d’autres raisons : Aucun devin ou voyant officiel n’a jamais prédit que son employeur était un tyran brutal qui ruinerait le pays.
- La prophétie est auto-réalisante, c'est-à-dire que sa simple existence pousse les gens à la réaliser. Per exemple, le peuple juif est revenu en Israël comme la Bible l’a prédit, mais ça n’est pas une véritable prophétie : ils l’ont fait parce que la Bible l’a dit. L’événement prédit ne doit donc pas être quelque chose que des gens auraient pu mettre en place.
- La prophétie prédit un événement qui s’est déjà produit, mais que l’on ne peut pas montrer de façon concluante que l’écriture de la prophétie elle-même est antérieure à l’événement en question.
- La prophétie prédit un événement qui est supposé s’être produit, mais ne peut pas être vérifié par des preuves indépendantes. Par exemple, les apologues du Christ nous disent que Jésus est l’accomplissement de nombreuses prophéties de l’Ancien Testament, mais les auteurs du Nouveau testament avaient évidemment accès à ces prophéties… Qu’est-ce qui les aurait empêché d’écrire leur propre histoire en conformité avec celles-ci ? Les preuves non bibliques de l’existence de Jésus tel qu’il est décrit dans la Bible sont si faibles qu’il est impossible de réfuter une telle hypothèse.
- Enfin, la prophétie est le seul succès dans une longue liste de prophéties qui se sont révélées fausses. En effet, n’importe qui peut lancer des prédictions au hasard jusqu’à ce que l’une d’entre elles se réalise, statistiquement. La source de la prophétie doit avoir au moins un palmarès potable d’autres prédictions vraisemblables.
Ces conditions sont, à mon avis, éminemment raisonnables, et ne sont que ce qu'on est en droit d'attendre de la part d’un authentique prophète au don véritable.
– Dans un livre sacré, des connaissances scientifiques telles qu’elles n’étaient pas encore concevables à l’époque. Si la Bible, ou n’importe quel autre texte religieux, contenait quelque perle de savoir que les gens de l’époque ne pouvaient absolument pas concevoir, mais que l’on sait vrai aujourd’hui, cela serait très convaincant à mes yeux. Un verset sur la théorie atomique ou sur le système héliocentrique serait intéressant, mais pas concluant, puisque les anciens grecs avaient proposé de telles idées longtemps auparavant et indépendamment de toute révélation religieuse. Mentionner la théorie de l’évolution aurait été impressionnant, de même que des références aux bactéries ou à l’électromagnétisme. Mais ce qui serait vraiment une preuve indiscutable serait l’explication d’une théorie physique moderne, telle la mécanique quantique ou la relativité, et non quelque chose que les gens de l’époque auraient pu appréhender… Quelque chose de si peu intuitif que les chances de le deviner d’instinct ou avec des outils simples seraient astronomiquement basses. Et si Jésus avait dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, votre énergie est à l’image de votre masse autant de fois que la vitesse à laquelle va la lumière multipliée par elle-même. » Bien sûr, ses contemporains auraient été surpris, mais songez combien d’âmes seraient sauvées aujourd’hui ! Comme pour les prophéties, on doit pouvoir effectuer une vérification indépendante du fait que la prophétie existait bien avant que l’on ne découvre le fait scientifique en question.
– Des miracles, particulièrement s’ils sont amenés par la prière. Si les villes condamnées par les prêcheurs comme « pécheresses » avaient tendance à exploser dans une gerbe de flammes sans raison apparente, si des auras de lumière divine apparaissaient autour des vrais croyants pour les protéger physiquement, ou si les athées (et seulement les athées) étaient régulièrement frappés par la foudre, ceci constituerait une preuve fort séduisante ! Mais point ne serait besoin de faire aussi théâtral. Des miracles mineurs mais objectivement vérifiables feraient l’affaire, particulièrement s’ils peuvent être invoqués par la prière. Si un hôpital faisait une étude en double-aveugle pour déterminer si la prière d’intercession aide vraiment les malades, et que l’on découvrait que seuls les patients pour qui une certaine congrégation a prié ont bénéficié d’une rémission visible et statistiquement significative, et que ce résultat peut être répété et confirmé, alors je me convertirais. Cela ne devrait pas être très dur, particulièrement pour les chrétiens : Jésus n’a-t-il pas dit qu’ils pourraient accomplir des miracles par la prière ?
(NDT : Cette expérience a justement été réalisée, plusieurs fois, sur des malades du cœur. J’en ai déjà parlé sur ce blog. Il a été prouvé scientifiquement que la prière, quelle que soit la confession, n’aide en rien la guérison, et que, au contraire, les gens qui sont au courant qu’on prie pour eux ont tendance à avoir des complications, parce qu'ils se font du souci !)
– Toute manifestation directe du divin. Je ne suis pas si difficile à convertir. Je serai heureux de croire en Dieu s’il venait me le demander en personne, d’une telle façon que je sois certain qu’il ne s’agisse pas d’une hallucination (par exemple en présence de plusieurs témoins fiables, dont aucun n’est dans un état altéré d’une quelconque manière). Où sont les voix émanant de buissons ardents, ou immanentes lors des baptêmes ? Dans l’Ancien Testament, Moïse voyait si souvent Dieu qu’il le connaissait pas son nom. Pourquoi cela n’arrive-t-il plus de nos jours ?
(NDT : La Bible et les théologiens offrent bien sûr une explication à cet état de fait… Elle ne tient bien entendu qu’à la foi ! Un argument circulaire récurrent.)
– La rencontre d’extraterrestres qui ont exactement la même religion. Cela paraît un peu tiré par les cheveux, mais si l’humanité devait entrer en contact avec une civilisation extraterrestre, et que lesdits extraterrestres avaient une religion exactement identique à une religion sur Terre, pas uniquement similaire, la coincidence ferait que je me convertirais (bien que cela pose un certain nombre de problèmes théologiques intéressants pour les chrétiens… Est-ce que Jésus a dû voyager vers chaque planète, mourir et revenir à la vie ?). (NDT : Personnellement, s'il s'agissait de la seule preuve, je considérerais cela comme une preuve indirecte, et je ne me convertirais pas sur le champ. Mais, comme le dit l'auteur du texte, il ne parle pas pour tous les athées !)
La seconde catégorie regroupe des articles qui, sans être concluants, compteraient comme des preuves indirectes. Montrez-moi l’une de ces choses et, si j'attendrais un peu avant de faire ma profession de foi, je verrai la religion en question d’un meilleur œil :
– Un livre sacré ou un dogme cohérent et qui ne peut effectivement pas être pris en défaut. L’infaillibilité est, pour ainsi dire, le Saint Graal de toute religion. Presque toutes les religions prétendent que leur texte sacré est parfait, mais aucune à ma connaissance n’a effectivement surmonté cette impossible épreuve. Je n’ai pas encore lu de texte sacré qui soit entièrement dépourvu d’erreurs ou qui ne se contredise pas lui-même. Un livre qui n’aurait pas ce problème serait une preuve indirecte en faveur de sa religion, mais pas une preuve directe, puisqu’un livre sacré peut toujours être expliqué comme le résultat s’intelligences purement humaines. (NDT : Il est étonnant que cet argument n'ait pas plus de succès auprès des croyants du monde, puisque de nombreux croyants relèvent les contradictions évidentes de livres sacrés qu'ils pensent pourtant bel et bien "révélés", véritable parole divine!)
– Une religion sans conflits internes ni factions. Il semble raisonnable d’attendre que, s’il existe un dieu dit infaillible dont l’intérêt est de se révéler à l’humanité pour qu’elle suive ses commandements, ce dieu écrive les instructions qu’il désire nous donner, quelle qu’elles puissent être, de façon à ce qu’elles ne soient pas sujettes à interprétation. Ainsi, si une religion était vraie, on s’attendrait à ce qu’aucune faction ni secte ne se forme en son sein, et que tous les membres officiels de ladite religion parlent d’une seule voix en matière d’éthique et de théologie. Le fait que l’alternative (une religion divisée) puisse seulement tenir la route en tant que religion « inspirée » sérieuse ne me semble pas clair. Dieu a-t-il échoué à transmettre le message qu’il voulait ? Quoi qu’il en soit, puisqu’un message unique peut aussi être le résultat d’influences humaines, il ne s’agirait que d’une preuve indirecte en faveur d’une religion donnée et de sa véracité.
– Une religion (d’un dieu bon) dont les membres n’ont jamais commis ou pris part à des atrocités. Si le texte sacré d’une religion prône la paix, la compassion et la non-violence de façon explicite et régulière, et si l’histoire de cette religion reflète effectivement ce fait, cette religion serait beaucoup plus attirante à mes yeux. Historiquement, presque toutes les religions qui ont eu le pouvoir de le faire ont persécuté ceux qui croyaient différemment, et je crois personnellement improbable qu’un dieu moralement bon laisserait le nom de sa religion Sali par des humains faillibles et corrompus.
– Une religion qui n’a eu que des victoires lors de guerres saintes et jihads. Etrangement, aucune n’est dans ce cas. On se demande pourquoi !
La dernière catégorie regroupe les diverses choses qui ne me convaincraient pas. Aucune des affirmations suivantes ne me pousseraient à reconsidérer ma position. A ce jour, toutes les soi-disant preuves qui ont été portées à ma connaissance pour quelque religion que ce soit tombent dans cette catégorie.
– La glossolalie et autres pseudo-miracles. Pour me convaincre, un miracle doit être authentique, vérifiable, et présenter une divergence réelle et inexplicable par rapport à l’ordinaire. Tout ce qui peut être expliqué par la pression sociale, le pouvoir de la suggestion ou l’effet placébo ne compte pas. Les coïncidences favorables et les actes courageux d’êtres humains ne remplissent pas non plus ce critère. La différence est claire : les miracles bibliques, ce ne sont pas des accidents où les gens disent « Houlà, ça n’est pas passé loin ! » mais bien quelqu’un qui lève la main en disant que quelque chose d’impossible s’accomplisse, et que cela se réalise. Voir la Vierge Marie dans une tache d’humidité ou Mère Teresa dans une pâtisserie est loin d’être impressionnant (NDT : il s’agit d’un phénomène connu de reconnaissance des schémas par le cerveau humain, similaire à celui illustré par les images d’épinal ou le fait de « voir » des formes dans les nuages). Pas plus que la glossolalie (NDT : voir mon billet à ce sujet sur ce blog), même si cela a vraiment l’air d’un langage. La guérison par la foi ou les gens qui se disent « terrassés par l’Esprit » et qui tombent évanouis doivent plus à une bonne mise en scène et l’effet placébo employé sur des individus influençables amenés progressivement à un état d’excitation hautement suggestible (Cependant, si les guérisseurs pouvaient faire repousser les membres perdus, alors là…)
– Les histoires de conversions d’autres personnes. Les témoignages des gens qui se sont convertis à une religion ne m’intéressent pas, même s’il s’agit d’anciens athées. Tout le monde a des moments de faiblesse durant lesquels l’émotion dépasse la logique. Au lieu de me dire combien telle religion grandit rapidement, ou quelle énorme différence elle a fait dans la vie de nombreuses personnes, ou combien ses fidèles sont dévoués, laissez donc ces convertis m’expliquer quelle logique, quelles preuves les ont persuadés de se convertir en premier lieu. S’ils ne peuvent pas, leurs histoires ne m’affecteront pas. Après tout, pour des raisons évidentes, les athées ne sont pas des gens qui suivent la mode.
– Toute expérience subjective. Dire que « Dieu existe parce que je peux le sentir en mon cœur » ou quelque chose d’approchant, cela ne m’affecte pas. La plupart des arguments de ce genre se basent sur le fait qu’une personne ne peut pas subir une expérience subjective bien que convaincante ET se tromper quant à sa cause. Un simple regard à la diversité des religions du monde suffit à prouver le contraire : Chrétiens, juifs, musulmans, hindous, bouddhistes… Les membres de toutes les fois disent avoir eu des expériences subjectives extrêmement convaincantes de la véracité de leur foi (NDT : On dira plus simplement une expérience dite « transcendante »). De toute évidence, ils ne peuvent pas tous avoir raison. Pourquoi un athée accepterait-il l’un de ces témoignages comme plus valide que les autres ?
– Le Code de la Bible, la numérologie et autres conspirations. En utilisant des algorithmes employés par les numérologues adeptes du « décodage » de la Bible, des sceptiques ont pu trouver des assassinats et d’autres événements historiques dans… Moby Dick, Guerre et Paix, et d’autres œuvres romanesques qui n’allèguent aucune inspiration divine ! On peut faire dire n’importe quoi à n’importe quel texte avec un peu de manipulation, n’espérez donc pas que cela m’impressionne.
– Le créationnisme et les théories assimilées. Je suis complètement familier avec la pseudoscience pratiquée par les avocats du « créationnisme scientifique » et du « dessein intelligent ». Si vous tentez de me prouver l’existence de Dieu en faisant la liste des "preuves" que la terre est jeune, vous serez déçu… (NDT : par lesdites "preuves", en plus...). (Bien que je sois toujours heureux de débattre des mérites de l’évolution.)









