Depuis ce billet du 29 octobre 2005, paru sous le titre "smokin' !" je n’ai pas changé d’avis. Personne, d’ailleurs. Et pourtant, la loi est là…

La loi contre le tabagisme dans les lieux publics va passer en France. Petite précision avant que qui que ce soit me dise que j'ai un parti-pris là-dessus parce que je fume... Je ne fume pas ! Je suis d'ailleurs le seul de ma famille proche à ne pas fumer et à n’avoir JAMAIS fumé, à part mon neveu de cinq ans et demi ! Et je n'ai d'ailleurs pas cessé de les exhorter, eux et d'autres, à cesser de fumer.

Je suis d'ailleurs très énervant pour les fumeurs... Comme la plupart des non-fumeurs, d'ailleurs. La fumée va systématiquement vers moi, quel que soit le sens du vent. Si les fumeurs sans-gêne s'obstinent à s'adonner à leur vice dans la même pièce que moi, je bats des bras avec exaspération en les regardant d'un oeil noir (minimum), ou je me réfugie dans une autre pièce, de préférence dotée d'une fenêtre ouverte.

Eh bien je suis contre cette loi dictatoriale. Elle ne fait que priver les fumeurs de leur plaisir (ils le paient assez cher comme ça...) alors que ce qu'il faudrait faire c'est tout simplement créer de vraies zones fumeur et non-fumeur dans les restaurants et lieux publics, plutôt que simplement deux zones mal définies à peine séparées par quelques plantes en plastique, comme dans la plupart des cas.

Evidemment ça coûterait trop cher, et mangerait les bénéfices monstrueux des taxes sur le tabac, que l'Etat utilise déjà pour beurrer ses tartines. Seulement avec cette loi hautement moralisatrice, qui suit une augmentation des taxes cachée derrière le même prétexte, lesdits bénéfices vont choir de plus belle. A quoi bon ? Oui, de quel droit l'Etat interfère à grand renfort médiatique dans une situation absolument pas explosive ?

Eh bien, cette loi fumeuse brasse de l'air et permet aux politiques de jouer la carte de la santé publique, de la probité, toujours utiles lors de la course aux voix quand il s'agit des femmes enceintes et des prudes puritains paranoïaques, voire des mal baisées, des peine-à-jouir, des pisse-pas-loin, des culs bénis et des frustré(e)s de première. Et Dieu sait qu'ils sont nombreux, de cette engeance batracienne des bénitiers...

Il n'y a qu'à voir les affiches du salon Rainbow Attitude déchirées par le personnel de la RATP... Si vain, si merdique et si ridicule soit cet abominable concentré de tout ce qui fait la superficialité et la vacuité du milieu gay, c'est un crime que de l'empêcher de se tenir ! Je n'ai pas vu une seule affiche intacte en deux semaines, et j'ai pris le métro tous les jours un peu partout dans Paris.

Que devenir devant la montée des conformismes bien pensants ? D'un côté on ne peut plus afficher les pédés dans le métro alors qu'il y en a quand même un à la tête de Paris, de l'autre les blagues juives sont interdites même lorsque ce sont eux qui les sortent, les procès pour racisme fusent à la moindre allusion dans une émission de télé, même peu regardée, le nouveau Pape est un ancien nazillon nasillard...

Mais qu'est-ce que c'est que ces gens qui, plutôt que de parler et de convaincre, se mettent à agir à tort et à travers pour appliquer leur propre vision de la moralité, approuvée ou non ? On ne croirait pas qu'on est à une époque ou tout le monde peut voter, s'exprimer grâce à la liberté de la presse et écrire n'importe quoi sur Internet (j'en suis la preuve vivante...).

Alors pitié, en ce qui concerne les fumeurs et après une digression longue mais bonne, laissez-les tranquilles. Du moment qu'ils ont la décence de fumer à la fenêtre et de ne pas empuantir les autres (et j'ai rarement rencontré de fumeurs vraiment odieux), qu'est-ce que ça peut faire qu'ils attrapent le cancer ? Ce n'est même pas sûr qu'ils l'aient, ni qu'ils en meurent. Au pire, ça fera moins de fumeurs, et ça c'est un mieux.

Thank_you_for_smoking