Ce billet triste fut publié le 16 octobre 2005. Et ça change. Lentement. Le problème c’est qu’on a maintenant des BD qui parodient World of Warcraft qui sortent en boutique. Ou cette adaptation aux dessins immondes des créations de ceux qui font le donjon de Naheulbeuk et Survivaure…Etc. Le bon grain et l’ivraie…

Par nostalgie et par curiosité, j'ai lu le dernier album d'Astérix le gaulois. Oui, je sais, j'ai beaucoup d'espoir. J'ai aussi beaucoup de courage de l'avoir fini sans vomir. Depuis que René Goscinny n'est plus, la production s'est non seulement ralentie mais a considérablement baissé en qualité, et ce à chaque nouvel album.

Evidemment le dessin reste le même, sinon les fans ne reconnaîtraient pas leur héros (malgré le fait qu'au style certes rodé d'Albert Uderzo manquent les notions de base de la morphologie humaine ou animale...). Et des fans, il y en a : les albums de la "belle époque" sont des classiques indétrônables et qui vieillissent peu.

Nonobstant le fait que ni les celtes, ni les gallo-romains ne ressemblaient à ces anachronismes moustachus sortis d'un fantasme du XIXe siècle mâtiné de Pline le touriste, et que parler de Gaule en tant que pays eut été complètement crétin, cela passait pour éducatif, du moins à une époque. Il y a même eu une méthode de latin.

Pensez donc, Astérix, traduit dans des centaines de langues, exporte la culture française et un humour on ne peut plus gaulois (on aime ou on n'aime pas...) aux quatre coins de l'Europe et du monde ! C'est tout ce qui reste de la fierté française (je dirais même frrââânçaâââîse), du moins pour le "grand public".

En effet, de nombreux dessinateurs et auteurs français produisent des dessins animés, des bandes dessinées et toute une ribambelle de héros enthousiasmants. Mais ils sont sur un marché parallèle et jeune, qui ne bénéficie pas de la publicité que peut avoir Astérix, cette bête sans âge dont on attend la mort.

Engraissé par les recettes d'un parc à thème franchouillard et les revenus générés par les divers projets éditoriaux et boursiers qu'il entreprend, Uderzo s'éteint doucement entre sa villa et ses voitures, qui auto-édite de temps à autres un album qu'il est sûr de vendre malgré un scénario quasi absent et des gags poussifs.

Il ne reste que lui de cette génération merveilleuse, cette vieille garde mollissante : Greg est mort avant que ça dégénère, Franquin s'étiolait en rendant ses dessins de plus en plus niais, et seul Gotlib tient bon, toujours aussi caustique mais publiant beaucoup moins qu'avant. Lui, sait s'arrêter.

Ah, lala, ma bonne dame, c'est terrible, on d'vrait pas vieillir...

Asterix_pastiche