Publié le 15 octobre 2005, ce billet vaut au moins à titre de repère nécrologique.

De combien de "derniers films" devra être posthumément crédité Jacques Villeret ? Il y a eu Iznogoud, qui est au cinéma ce que l'éternuement est à la langue française (une incongruité), et puis deux autres navets, et maintenant Les Parrains. A croire qu'ils l'ont transformé en zombie pour le faire bosser, ou numérisé, allez savoir.

Son jeu n'en sera que meilleur, étant donné qu'il a toujours des rôles de con et que son expression varie de béta a complètement atone. Ce n'est pas un acteur de composition (voire un acteur tout court, il faudrait qu'il retourne apprendre son métier), il ne fait, même après sa mort, que "jouer" sempiternellement Jacques Villeret.

Les mêmes mimiques, les mêmes kilos, la même diction, la même tête à claque, le même rôle... A part dans les films faits pour lui, c'est la destruction irrémédiable du scénario. Un peu comme Pierre Arditi dans "En attendant Godot", il joue Pierre Arditi, et étrangle la pièce de Beckett avec son élocution bourgeoise.

Il y en a qui appellent ça "créer le personnage". Quand Louis Jouvet créé le docteur Knock, là, d'accord... Le personnage est littéralement modelé, et il devient la vision des lecteurs en plus de celle des spectateurs. Mais quand Christian Clavier fabrique un Napoléon de pacotille, qu'on me pardonne un haut-le-cœur.

Jacques_Villeret_est_un_gros_con