Ce billet léger, publié le 25 Août 2005, traite sans le dire du désarroi de qui est confronté à la peur d’être traité de raciste ou d’homophobe, bref, la peur d’être embarrassé par le fait qu’autrui nous trouvent des mobiles sinistres et nous prenne pour un fasciste alors que ce n’est pas le cas. Aujourd’hui encore, si vous tuez quelqu’un, assurez-vous qu’il est de la même race et orientation sexuelle que vous, la peine sera moins lourde…

Je suis allé voir (ou plutôt écouter) récemment un concert de musique classique. A Prague. Oui, bon. La salle était superbe, l'orchestre de très bonne tenue, le soliste excellent et le programme bien choisi. Du Dvoràk, vous pensez bien, en République Tchèque... Et j'avais juste devant moi un couple charmant.

Le mari, un allemand quadragénaire brun et épais, portait une barbe et un crane rasé sur son air bonhomme. Il avait des jeans délavés moulant son énorme paquet (et quand je dis énorme, c'est énorme), ainsi qu'un bombers affichant à l'endroit du cœur l'inscription pleine de poésie évocatrice : "Bullbear". L'autre mari était plus fin mais assez musclé et tout de même d'un gabarit impressionnant, la barbe mieux taillée, une boucle à l'oreille, et vêtu à peu près de la même manière.

Bref, un couple velu à souhait, et charmant. Evidemment ça m'a un peu bouché la vue, mais pour un concert classique, ce n'était pas si grave. Et puis ça fait chaud au cœur de voir deux gays s'afficher comme ça. De toute façons, le plus mince était deux fois plus large d'épaules que moi, alors qu'est-ce que j'aurais pu dire ? Je suis gay, je ne vais pas passer pour un homophobe…

Hall_Municipal_de_Prague___Salle_Smetana