jeudi 17 avril 2008
Presse : ne pas avaler...
J’ai entendu dire par un imbécile radiodiffusé quelconque qu’on commémorait l’anniversaire de Mai 68. C’est bien sûr faux. Ce mois anniversaire commémore Mai 68 (c'est-à-dire les événements qui se sont déroulés en Mai 1968), mais… Comment vous faire comprendre ? On commémore un événement (entre autres grâce à une célébration anniversaire) mais on ne peut pas commémorer un anniversaire, puisqu’il a lieu chaque année !
Dire qu’on commémore l’anniversaire de Mai 68, ça revient à dire qu’on commémore Mai 69, ou Mai 79, ou Mai 82, pour ce que ça change… Bref, vous avez compris. Mai 68 a changé énormément de choses, et, comme toujours, il y a eu du bon et du moins bon. Surtout, c’est arrivé il y a quarante ans, et s’il y a bien quelque chose qui vieillit mal, c’est le changement social.
Mais laissons les imbéciles dresser le procès de Mai 68… car seul un imbécile peut dresser un procès à un événement historique qui ne peut même pas se défendre, et dont on ignore encore les ramifications. Pourquoi, d’ailleurs, fêter les quarante ans de ce mois de révolte ? Ce n’est même pas un nombre rond… Pourquoi pas trente, vingt-cinq, cinquante ?
Et pourquoi oublier combien cette année a marqué le monde entier, plutôt que simplement la France ? D’accord, c’est notre pays, mais pourquoi oublier tout soudainement la contre-culture des Etats-Unis, l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon, ou encore le Printemps de Prague et sa répression sanglante, bien plus digne d’être commémorée ? C’est bien simple.
Les journalistes ont envie que ça pète à nouveau. Oh, certes, tout le monde a un peu (voire beaucoup) envie de tout péter en ce moment, pour des tas de raisons (des réformes qui passent, pensez, on n’est pas habitués, ma bonne dame !)… Mais ce sont surtout les journalistes qui se jettent sur la moindre manif. Que les jeunes ressortent dans la rue, ce serait trop beau, trop poétique !
Les étudiants ne manifestent plus ? Qu’à cela ne tienne, les hyènes des médias se mettent à tourner autour des lycéens, à les interroger à qui mieux mieux, à faire un événement de la moindre petite marche de gosses qui ne sont pas si sérieux que ça, puisqu’ils ne manifestent pas pendant leurs vacances… Les journaleux vont jusqu’à voir sous l’angle soixante-huitard le fait que le nain de l’Elysée reçoive Daniel Cohn-Bendit !
Le problème c’est que ça se voit trop, qu’ils essaient de mettre du beurre dans les épinards, avec leurs sujets absurdes et insipides qui tentent de décrire ce que la « jeune génération » veut vraiment aujourd’hui. L’entrevue du président avec Dany le plus-si-rouge-que-ça n’a strictement rien à voir avec l’anniversaire dont on parle, et tout à voir avec la carrière du révolutionnaire repenti et assagi en tant que député européen.
Qui plus est, en 1968, les étudiants manifestaient pour que ça change. Pour que tout change, de la société aux mentalités, à la manière d’apprendre et d’appréhender le monde. Aujourd’hui, alors que l’on peut se rendre compte comme jamais auparavant que le monde change vite, tous les mécontents, les lycéens comme les autres, manifestent pour que… rien ne change !
Que dire ? Rien, si ce n’est que les notions vulgaires des journalistes, leurs comparaisons abusives, leurs généralisations absurdes, leurs corrélations insensées, leurs simplifications grossières, leur partialité évidente, leur absence de la moindre espèce de culture, la stérilité de leurs fausses polémiques, l’hypocrisie de leurs engagements et jusqu’à la barbarie du moindre terme qu’ils emploient me font vomir.
Le seul pouvoir absolu, ici, ce n’est pas celui de Nicolas Sarkozy, président monarque duquel la mode veut qu’on se plaigne… C’est celui des médias, qui accordent leurs faveurs aux multitudes de suppliants selon que leur histoire rapporte plus ou moins d’argent, attire plus ou moins l’attention… Et ce au mépris d’une quelconque notion de retenue, de justesse, de vérité ou de déontologie.
Nous le savions déjà en Mai 68, et nous n’avons rien fait, comme le prouve cette affiche parmi d’autres…
lundi 14 avril 2008
Allez, des couilles !
Je ne suis pas prompt à m’effaroucher devant le spectacle de la mort des animaux. Personnellement, la disparition des espèces ne me ferait ni chaud ni froid si elle ne menaçait pas ce que je trouve dans mon assiette. Voir un rat se faire trucider me dégoûte, mais simplement à cause de l’aspect gore et sale de la chose : toucher un rat d’égout vivant me dégoûte autant.
Je n’irai pas jusqu’à dire que je casse la nuque de petits lapins à la chaîne pour me détendre, mais s’il me fallait le faire, je le ferais… Pourtant, je déteste faire souffrir inutilement, les gens comme les bêtes. Par exemple (et c’est directement lié à mes angoisses de mâle, je vous l’accorde…), je refuse d’avoir un animal si je dois le faire castrer. Je trouve cela barbare… Pas inhumain, au contraire, trop humain.
Vous rendez-vous compte ? Castrer un chat (par exemple) pour en modifier le comportement, et faire qu’il ne pisse pas avec la même odeur, et pour ne pas avoir à gérer sa liberté sexuelle… Par confort, en somme ! Autant tuer tout de suite la pauvre bête. Ce n’est plus un chat que vous avez-là, c’est un ersatz ! Je n’aime pas beaucoup les chats, mais même moi je refuse de leur infliger le même traitement qu’aux pédophiles.
Vous comprendrez donc pourquoi je déteste le rodéo et la corrida…
Comment, vous ne saviez pas ? Il est vrai que peu de gens s’intéressent aux détails sordides de ce genre, et que personne n’en fait vraiment la publicité. Vous êtes-vous déjà demandé comment cela se faisait-il que le taureau ou le cheval soit furieux, énervé, et si vindicatif dans l’arène, alors qu’il se laissait mener auparavant ? C’est qu’on lui a lié les testicules bien serré avec un lacet.
D’autres pratiquants du rodéo, alternativement, font lier l’aine des chevaux, ce qui frotte sur un tendon très sensible chez cet animal et les fait se cabrer pour s’en débarrasser (un peu comme si on vous cognait le coude ou qu’on vous limait l’arrière du genou, en permanence). L’usage de substances chimiques ou de chocs électriques pour énerver les bêtes est inutile, mais cela arrive.
Pourquoi fait-on cela ? Pour que des beaufs qui ont des envies de pénis refoulées puissent maîtriser la bête… Pour que des cow-boys entre eux monter sur cette créature qui ose en avoir une plus grosse, la déviriliser dans un combat truqué pour se rassurer eux-mêmes. Pour que le matador en habit moulant et rembourré puisse introduire son épée phallique et montrer sa puissance en tuant le taureau plus viril…
Ils maîtrisent cette bête en lâchant la leur… C’est un concours de bite qui ne dit pas son nom. De celui qui lie les couilles de l’animal jusqu’au toréador, du clown et ses chaussures surdimensionnées aux picador et ses banderilles velues, chacun tient son rôle et utilise des accessoires pour renforcer symboliquement sa puissance de mâle par rapport à l’animal.
A moi, ça m’a l’air d’un viol homosexuel symbolique. Castrer l’animal pour qu’on ne voie pas que l’homme n’a pas de couilles. Pas étonnant que ce ne soit que les hétérosexuels mâles bien beaufs qui s’y adonnent… Ils n’ont que l’excuse de la tradition, du « on a toujours fait comme ça », ou du « c’est du sport, c’est beau ». Pas besoin de vous dire à quel point c’est ridicule. C’est juste de la boucherie-spectacle.
Et la tradition est trop souvent l’excuse de psychodrames inutiles qui justifient (mal) la domination de la tête de nœud dans notre société.
samedi 12 avril 2008
Pas du Hitchcock, mais presque...
Il existe un jardin où les arbres sont verts même en plein hiver.
C’est un jardin secret… Enfin, pas si secret que ça, mais qui possède un secret, en un sens. Et ça fait bien de dire « jardin secret ». Comme ces nouvelles expressions et ces noms qui n’ont strictement aucun sens ou qui sont mal appliquées, comme « faux chocolat », « bio », « centpoursanglavie », « revalorisation », « voiture citoyenne » ou « inégalités iniques »… Bref, c’est un jardin spécial.
Vous l’aurez sans doute compris, c’est un jardin qui donne la migraine. Au contraire des parcs et jardins courants, dans lesquels on vient trouver le calme si absent des grandes villes, celui-ci est extrêmement bruyant. Et ce pour la même raison que les arbres sont verts même en plein hiver… Prenez ça comme une énigme, si vous voulez. Vous ne trouvez pas ?
Il s’agit du parc de Wissous, et il grouille de perruches. Perchées sur les branches, les colorant de leur plumage vert été comme hiver, elles piaillent à qui mieux mieux, sur tous les tons aigus, en tous les coins du parc. Et leur nom est Légion. Enfin, leur nom est surtout bolborhynchus lineola, ou un truc du genre, mais aussi un peu Légion quand même, vu qu’elles sont très nombreuses. Et infernales.
On ne sait pas pourquoi. Il y a un petit malin qui ne pouvait pas prendre soin de ses perruches et qui en a lâché un couple pas très loin… Ou alors quelques unes se sont évadées de Belgique, ou du parc de Sceaux, ou on ne sait d’où… Ou bien c’est un cas de crétinisme écolo-municipal qui a mal tourné. Toujours est-il que la ville fait actuellement des efforts pour limiter la population de ces horreurs.
Pour l’instant, ça fait un bruit constant et suraigu qui vrille les oreilles, à un volume comparable à celui d’une boite de nuit ou de plusieurs marteaux piqueurs.
vendredi 11 avril 2008
FREE SEX PORN PORNO GRLONGRL ACTION SEXY GAY HOT COCK F*** FOR FREE !
En ces temps incertains ou le sexe est partout, il est bon, je le crois, de réfléchir sur l’impact qu’a eu Internet sur tout ça… C’est un pan méconnu de l’économie mondiale du loisir : la pornographie. De nos jours, la pornographie, sachez-le, est l’un des seuls marchés où il est sûr d’investir… Bien que cela se passe aussi silencieusement qu’un 14 Juillet en Angleterre, le porno fait un fric fou.
Encore plus que dans les années 70, ou c’était vraiment la fête du slip, si l’on ose dire, la pornographie fleurit comme le chancre mou sur un gland qui a traîné là où il ne fallait pas. Pour la petite histoire, le porno, comme dit un de mes amis anglophones, may not be as old as dirt, but remembers when it was installed… Depuis que le plus vieux métier du monde existe, il y a eu quelqu’un pour regarder.
Si un domaine a bien été chamboulé par le Net, c’est bien le porno. Petit retour en arrière… Dans les années 60-70, la libération sexuelle se met en place (et la technique progresse), et la pornographie se démocratise. On voit émerger un vrai marché des gadgets, surtout une invraisemblable quantité de cinémas diffusant exclusivement des films X.
Le sexe a du aller se cacher encore une fois pour des raisons sanitaires (le SIDA) et parce que, la révolution sexuelle étant terminée, le choc initial était passé. Les cinémas ne faisaient plus trop recette, car c’était l’avènement de la vidéo. Il s’agit d’une grande étape dans l’industrie du film pornographique : pour un hétérosexuel, se masturber en groupe, c’est un truc de pédés… Chez-soi c’est mieux.
Certains se souviennent de vidéoclubs pour adultes regorgeant d’immenses rangées de VHS aux titres évocateurs. Moi-même, je me souviens des enseignes au néon dans les rues où je me promenais étant petit, et des magasins colorés sans vitrine avec un rideau de strass ou de faux velours en guise de porte… J’étais bien trop jeune pour savoir vraiment de quoi il retournait.
Je lisais « Sex Shop » sur la porte et n’entrais pas, voilà tout. Mais je me souviens aussi des messieurs à l’air piteux… Vous savez, ceux qui font un concours de celui qui marche le plus nonchalamment en lunettes noires tout en regardant derrière lui, alors qu’il se dirige, les mains dans les poches, vers le sous-sol du vidéo-club… Vous savez bien de qui je veux parler, n’est-ce pas ?
Les prix étaient très élevés. Les prix ont toujours été très élevés, m’a-t-on dit, à la location, et encore plus à la vente. Et j’ai du mal à croire qu’on puisse payer des centaines de francs pour une cassette vidéo pourrie d’un film qui, osons le dire, ne brille jamais par sa qualité. Mais, de plus en plus, les prix de la vidéo baissèrent, et, de promo en promo, les gens se débrouillaient…
Toujours est-il que le porno était un loisir assez cher, et que seuls les vrais accros en achetaient beaucoup, parce que cela demandait beaucoup plus d’effort que maintenant et que ça passait obligatoirement par un interlocuteur humain… Qu’il s’agisse du vendeur d’un sex-shop, d’un vendeur de magazines, ou simplement du facteur qui vous livre votre colis « discret ».
Avec l’avènement du DVD à des prix compétitifs, les cassettes vidéo sont devenues de moins en moins nombreuses sur le marché du porno, mais tout de même après que les films « traditionnels » aient mis la main sur ce nouveau médium. La malchance du film porno à l’achat, plus encore que celle du film traditionnel, a été qu’Internet s’épanouisse à peu près à ce moment là.
La plupart des gens ont en effet eu vite fait de résoudre l’équation suivante : Se déplacer dans un magasin et payer l’équivalent de 60 euros pour un DVD de 90 minutes, ou payer un abonnement Internet et (éventuellement) un accès à un site porno de son choix pendant un mois (mettons une vingtaine d’euros au total pour un newbie) pour télécharger, en un mois, toute une bibliothèque de films pornos ? Choix facile.
Bien sûr, Internet ne s’est pas développé tout de suite de cette manière, il y a eu d’abord les modems 56bps… Mais tout de même, c’était déjà bien, et de toutes façons la technologie a fait des pas de géants en moins de dix ans. Alors que les sorties DVD des films traditionnels faisaient florès, les DVD pour adultes n’ont pas autant profité que leurs cousins…
Cela tient au fait qu’on aime encore voir un film traditionnel au cinéma, alors que peu de gens apprécient en connaisseurs la qualité d’un porno diffusé en son-surround (en suce-en-rond ?) sur un écran à plasma… J’exagère, mais le porno n’a que rarement besoin d’atteindre en qualité l’image des films traditionnels. Et, de nos jours, la plupart des écrans et des formats vidéos offrent une qualité comparable…
Quand on y pense, il n’y a rien de plus honnête que le porno, en matière de films. Aucun film n’est autant basé sur le contenu, aucun fan n’excuse plus une forme défaillante, une réalisation faible, un éclairage minable ou des dialogues pourris qu’un fan de film porno. Si l’image n’est pas belle, ou si la forme pêche de quelque manière que ce soit dans un film traditionnel, les recettes s’en ressentent tout de suite !
Le scénario, comme la réalisation, n’est pas si accessoire au succès d’un film particulier, porno ou pas… Mais c’est de moins en moins vrai pour le porno actuel, qui se complait dans ce qu’on appelle le Gonzo, le porno sans aucune justification, sans aucun embryon fantasmatique du genre « tiens, voilà le livreur de pizza bien monté… », se réduisant à deux personnes inconnues qui baisent…
Mais je digresse. A présent, on voit de plus en plus de DVD (pornos ou autres) en vente en ligne. Pour ce qui est du porno, à part pour les maisons de productions qui résistent encore et toujours et fabriquent des films X d’une qualité supérieure, avec des acteurs qui se starifient progressivement (comme en témoignent les Hots D’Or), on assiste à un raz de marée de compilations.
Il s’agit de compilations de scènes (gonzo ou non) issues du contenu réservé aux abonnés des sites de cul. Pourquoi, en ce cas, acheter la plupart des DVD de cul alors qu’on peut télécharger tout cela ? A part pour ceux des anciennes générations, qui aiment que chaque média ait son appareil dédié (chaîne stéréo pour la musique, télévision pour les images et ordinateur pour les jeux…), aucun.
Certes, l’image est meilleure en DVD, mais la qualité des images de nombreux films est déjà piètre et ne mérite pas un tel support… Et il est aujourd’hui possible de télécharger (parfois même légalement !) des films en qualité DVD sur Internet, à graver soi-même. Mais de toutes façons, qui a besoin de qualité pour se faire dégorger le poireau ? La nouveauté suffit.
Si le téléchargement illégal n’est pour l’instant qu’une épine dans le pied des Majors d’Hollywood, et n’empêche pas énormément de gens d’acheter CD et DVD, ni d’aller au cinéma (au contraire des tarifs prohibitifs…), il plombe l’industrie du porno et ses petites boites de prod’ encore plus que le SIDA : combien de fières maisons faisant du sexe sont tombées pour n’avoir pas misé sur Internet ?
Peu de gens regardent un porno plus de deux fois s’ils ont le choix, c’est devenu le matériel jetable de fantasmes préfabriqués, alors que les générations précédentes rangeaient précieusement les images rares et interdites qui leur permettaient de se polir le chinois d’une manière plus efficace… Je ne sache donc pas que l’avenir des DVD pornographiques soit radieux.
Les sex-shops diminuent sans cesse leur offre vidéo, et se reconvertissent dans les objets et gadgets à chaque fois qu’ils le peuvent, et de nouveaux magasins de plaisirs coquins s’ouvrent au grand jour (d’autant qu’ils sont de plus en plus astucieux et design, ces gadgets, profitant des progrès de la chimie du plastique… on est loin des faux sexes rigides et des poupées gonflables).
Quantité de webmestres qui vendent en ligne des DVD pornos arrivent à la conclusion suivante : l’achat de DVD porno est aussi mort que la location de DVD de films traditionnels. Les ventes périclitent, l’intérêt chute… La seule façon pour les pornographes de s’en sortir est de se lancer dans le contenu Internet. Les films au contenu inédit et exclusif en DVD sont vite numérisés par des petits malins…
Si beaucoup trouvent que c’est dommage, que le charme désuet de leurs bons vieux sex-shops « vintage » se perd dans les brumes du temps, je trouve personnellement que la mort du vidéoclub porno est la meilleure chose qui pouvait arriver à la pornographie. Ne nous laissons pas abuser par les fantasmes adolescents de branleurs vieillissants qui idéalisent ces endroits glauques.
Ces étalages d’un goût douteux, vivement qu’ils disparaissent au profit de magasins d’objets design et amusants, moins nombreux mais plus jolis et s’adressant aussi à ceux qui aiment expérimenter plutôt qu’aux accrocs de la perversion. Un contenu Internet pratique alimente déjà les fantasmes pas forcément solitaires… Et les amateurs d’extrêmes peuvent toujours se rencontrer via des sites spécialisés.
De nos jours, même la prostitution, glauquissime, se fait par Internet, autant que les rencontres et la drague ! Internet a permis d’abolir la honte de beaucoup de choses, ou au moins de la déplacer : chacun peut s’adonner à des fantasmes privés chez-soi, du moment que c’est légal, sans avoir à dire au vendeur « Je voudrais Motards habillés en schtroumpfs fessés par de vieilles zoophiles SM, s’il vous plaît »…
S’il y a une chose qu’Internet nous a appris, c’est bien la diversité : quelle que soit l’image, quelqu’un, quelque part, se masturbe devant.
mercredi 9 avril 2008
Allez, hop, à Créteil !
Une fois encore, les braves lycéens manifestent, et se font interpeller par les vilains CRS. A Créteil comme ailleurs et en d’autres temps, il y a eu des jets de pierres, d’où des tirs de flashball, bref, la totale. Pourquoi manifestent-ils, déjà, ces lycéens ? Pour protester contre la suppression par Xavier Darcos de 11200 postes d’enseignants et de surveillants à la rentrée ?
Attention, hein, on ne les vire pas, c’est juste qu’on ne remplace pas ceux qui partent à la retraite…
Il y a 200 000 élèves de moins qu’il y a quelques années, ils sont 24 en moyenne par classe dans toute la France alors qu’ils étaient plus de trente au moment ou je faisais ma scolarité. On pourrait garder tous ces profs et faire des classes de 12, pourquoi pas ! Mais personnellement je préférerais qu’on dépense cet argent à acheter du matériel correct pour les écoles et les universités…
Des ordinateurs, par exemple. Le parc informatique des écoles françaises est minable. Oh, et peut-être aussi des cantines moins chères. Un accès Internet. Histoire qu’ils fassent autre chose que percer et souder en cours de Technologie, qu’ils apprennent un truc utile… On pourrait aussi, éventuellement, je ne sais pas moi… acheter des livres ? Si, je vous jure que ça marche.
Vous savez, des livres variés, pas des classiques pourris, des trucs qui leur donnent envie de lire (ce que visiblement on ne fait pas assez). On pourrait utiliser cet argent pour des tas de choses, essayer de nouvelles méthodes d’enseignement du français (quand je vois l’orthographe sur Internet, je pâlis d’effroi…) avant que notre système scolaire ne soit au niveau de celui des Etats-Unis…
Mais bon, c’est juste un point de vue. Je dis ça comme ça.
Et ce n’est pas la raison pour laquelle ces lycéens manifestent, d’ailleurs. Apparemment, les lycéens manifestent parce qu’ils croient que des professeurs vont être virés, ou tout un tas d’autres choses. Ils manifestent aussi parce que leurs professeurs le leur ont dit… Un acte criminel à mon sens, pour quelqu'un qui est censé leur apprendre les choses en toute impartialité.
Et puis, ils manifestent parce que c’est trop cool !
C’est vrai, quand ya la manif, ya pas d’école ! On va dehors, on fraternise avec les profs d’égal à égal (ouaiiiis, les profs y sont sympas !) et on va boire et fumer avec eux… C’est festif. Et puis il y en a qui en profitent aussi… La preuve, certains ont investi un centre commercial et piqué des consoles de jeux dans un magasin qui n’avait pas eu le temps de fermer son rideau de fer.
Pitié, n’abaissons jamais le droit de vote à 16 ans…
lundi 7 avril 2008
La brique qui n'existait pas...
Dernièrement, je suis allé acheter un cadeau pour un bambin, un mien neveu dont je vous ai déjà parlé. Me fiant aux vieilles recettes, je suis parti sur l’idée toujours sympathique du LEGO : la fameuse brique inventée par Ole Kirk Chistiansen a fêté ses cinquante ans, à l’instar de Hiroshima et du Baby Boom. Certes, je n’étais pas même une étincelle de luxure dans l’œil de mes parents à cette époque, mais tout de même, ça ne rajeunit personne.
Toutes ces petites pièces colorées ont illuminé ma jeunesse, et ont permis à certaines de mes plus exaltantes idées de prendre corps… Par exemple, la roue en LEGO poussée par des esclaves LEGO, eux-mêmes fouettés par un garde LEGO, le tout faisant tourner je ne sais plus quel engin de siège ou arme de destruction massive avant l’heure… Mais je vous passe les détails de mon enfance heureuse.
Je me réjouissais donc de faire partager cette joie perverse à mon neveu, qui ne se prive pas de concevoir des dispositifs tout aussi horribles avec LEGO qu’il a déjà… D’autant que c’est plus facile pour lui : les LEGOs d’aujourd’hui dépassent de loin en variété et en inventivité ceux de mon temps, tant les pièces sont fines, bariolées, adaptables et multiformes.
Songez qu’on a longtemps été limité à quelques références rééditées d’année en année, alors qu’à présent les LEGO Harry Potter concurrencent les LEGO Star Wars, et la vieille collection des LEGO médiévaux s’orne à présent de dragons, d’orques, de morts-vivants et autres magiciens noirs au lieu des classiques chevaliers et soldats, pendant que la gamme Bionicle offre des pièces toujours plus biscornues…
Quelle ne fut pas ma surprise de voir au magasin qu’il y avait aussi des LEGO Indiana Jones ! Ils figurent des scènes issues des Aventuriers de l’Arche Perdue et de La Dernière Croisade. Capitalisant sans nul doute sur la notoriété présente du film à venir, ils reproduisent les pièges mortels, les serpents, les dangers, et même l’archéologue félon et les soldats ennemis du films en question. Tout y est… ou presque.
J’ai été très surpris de constater qu’il n’y avait aucun nazi dans ces boites. Indiana Jones sans Nazis, c’est… comment dire ? C’est comme Superman sans Lex Luthor, ça n’a plus le même intérêt ! Mais non, il faut préserver les charmantes têtes blondes de l’idéologie caca. Il ne faudrait pas leur apprendre quelque chose, ni leur dire que ce sont des méchants (ce qui est clairement indiqué dans les films, quand même)…
Oh non ! Surtout pas ! Les nazis sont remplacés par des méchants en kaki, voilà tout. Qu’ils jouent donc avec les petites figurines de sauvages exotiques des autres boites, ils vont si bien avec les gentils occidentaux civilisés… Qu’ils trucident leurs LEGO avec des pointes, des armes à feu, des boules gigantesque, des catapultes et autres lames miniatures, mais qu’on ne leur dise pas que ça vient des nazis… les pôvres chéris !
Laissez les méchants de leurs jeux trucider, écharper, découper, faire exploser, voler, vandaliser, mettre en place des traquenards mortels, et surtout n’associez pas toutes ces choses à une croix gammée… C’est le cas dans le film, mais il faut préserver leurs jeux innocents… Jeux innocents dans lesquels le meurtre et l’ignoble ont une place prépondérante, mais tant pis. Ils « ne savent pas », les petits choux. Si innocents.
Non, on préfère, pour ces petits amours, montrer que les méchants sont tous en kaki ou en noir, ou ont une couleur de peau différente, inhumaine, ou animent des squelettes… C’est tellement plus sain de leur dire ça que de leur dire « Voilà, il y a eu des gens horribles qui pensaient que certains devaient être tués parce qu’ils n’étaient pas blonds aux yeux bleus, et ils avaient pour emblème la croix gammée… »
Mais je conçois que des parents catastrophés (catastrophistes ?) seraient alarmés de voir un drapeau nazi dans les jouets de leurs enfants. Je crois volontiers qu’ils n’ont pas besoin d’une migraine supplémentaire, et qu’il est présomptueux pour un jeu de vouloir faire CE genre d’éducation… Du moins si ceux qui produisent ce jeu veulent le vendre à tout le monde.
Il est vrai, je conçois que le travail artistique de Zbignew Libera, le polonais qui a conçu une ligne de LEGO ou de petits squelettes sont emprisonnés dans un camp de concentration avec four crématoire, aille peut-être trop loin (moi j'aurais joué avec, mais bon)… Et il n'y avait pas de croix gammées si je me souviens bien. Mais là nous parlons de nazis qui apparaissent déjà dans un film devenu un classique, et en tant que méchants !
D’autres ont fabriqué des atrocités fort drôles en LEGO, sans jamais avoir d’accord avec la compagnie LEGo, qui n’est légalement pas responsable de ce qui se fait avec ses briquettes (dont le brevet est passé dans le domaine public il y a quelques années, et l’on a alors vu apparaître les Megablocks, clones du LEGO…), notamment des figurines compatibles LEGO sur mesure, et une Bible en LEGO… Mais je digresse.
Ne nous leurrons pas, il s’agit bien d’une question d’argent, de lobby, et de couardise. Les nazis sont-ils encore trop méchants ou trop réels pour être inclus dans un conte de fées ? Il a semblé à Spielberg qu’ils étaient dignes de figurer des méchants dans ses films fantastiques et grand public d’Indiana Jones, pourtant. Quid des enfants qui regardent le film et constatent qu’il n’y a pas les bons méchants dans la boite du jeu ?
En réponse à l’absence de nazis dans LEGO, le réalisateur va-t-il gommer les croix gammées de tous ses films comme il a éliminé les armes à feu de E.T., dans une pathétique tentative de révisionnisme ? Pis, de négationnisme ? Comme on gomme les cigarettes dans les vieux films pour les rendre politiquement corrects ? Comme on tente d’oublier un mauvais rêve ? Comme si les nazis n’existaient pas ?
Des associations bien-pensantes ont intenté des tas de procès à des tas de concepteurs de jeux vidéos parce que ces jeux proposaient de jouer les Alliés ou les Nazis, et tentaient de montrer la guerre dans ce qu’elle a d’horrible et de palpitant à la fois, sans édulcorer le côté meurtrier de la chose. Ils ont perdu, parce que, clairement, les nazis ne sont jamais montrés sous un jour positif… Vont-ils gagner ?
Je ne crois pas qu’il faille oublier les nazis, ou quelque partie que ce soit de notre Histoire. Il FAUT clamer haut et fort qu’il y a eu des nazis, des collaborateurs, des racistes… Parce qu’il y en a encore, de ces fondamentalistes, et que, maintenant plus que jamais, il est important de ne tenir aucune liberté pour acquise et de se souvenir des leçons de l’Histoire.
Appelez ça « devoir de mémoire » ou ce que vous voudrez. Il n’est pas indispensable d’être grandiloquent, de lire la lettre de Guy Môquet, d’enseigner la Shoah à l’école primaire. Ce n’est pas l’école qui doit se charger de ça de toutes façons, ce sont les parents. Ils doivent veiller à ce que leurs enfants grandissent libres dans leur tête… et leur apprendre que les méchants, c’est aussi pour de vrai.
LEGO devrait le savoir mieux que personne, lorsqu'on omet certaines briques, le mur ne tient plus.
dimanche 6 avril 2008
Sauce aigre-douce...
Tout bientôt, la flamme olympique passera par Paris en attendant d’aller rejoindre Pékin pour les Jeux Olympiques. Autant je suis plutôt amateur de traditions, surtout si elles tentent d’unir les peuples, autant je suis tellement anti-sportif que les J.O. m’en touchent une sans me remuer l’autre… Je pisse dessus, peu importe leur localisation, et j’attend généralement que ça se passe quand ça a lieu.
Mais comme quelqu’un m’a posé une bonne question, faisons comme si j’en avais quoi que ce soit à foutre le temps de ce billet. La question était : « Doit-on boycotter les Jeux olympiques de Pékin sous prétexte que la Chine ne respecte pas les droits de l’homme ? ». Vous en conviendrez, c’est une question qui fait les gorges plus chaudes que le liquide séminal dans une backroom…
Pour moi, la réponse est simple, autant que la question : Non.
Je pressens confusément que vous voudriez que je développe un peu… On pourrait penser que je suis content d’envoyer des airbus entiers de sportifs à peine moins intelligents que leurs bagages aux affreux communistes dictatoriaux d’un pays lointain, mais ce n’est pas le cas : je sais qu’ils reviendront, hélas, et qu’ils ne seront pas exécutés. C’est dommage, mais c’est ainsi.
Non, je trouve que boycotter les Jeux Olympiques en Chine parce qu’ils ne respectent pas les droits de l’homme, la liberté de la presse, ou à cause du Tibet, n’a strictement aucun sens : depuis fort longtemps, nous faisons du commerce avec la Chine (depuis avant même que les Etats-Unis ne s’y mettent). L’acte de boycotter ces Jeux, fut-il symbolique, serait d’une hypocrisie sans borne…
D’ailleurs les athlètes chinois sont tous venus chez-nous et ailleurs lors d’autres Jeux Olympiques. Comment pourrait-on justifier le fait de boycotter les jeux alors que nous leur avons vendu des trains à tire larigot et que nous continuons de leur acheter des jouets, des fringues, bref, tout ce que leur main d’œuvre innombrable et quasiment réduite en esclavage peut produire ? C’est ridicule, convenez-en.
Nous n’avions pas non plus boycotté les J.O. de Berlin en 1936, présidés par Hitler. Et on ne va pas me dire qu’à l’époque on ne savait pas qu’il ne respectait pas les droits de l’homme : son programme était explicite, et son bouquin aussi ! En fait la dernière fois qu’une nation a été snobée dans ces compétitions, c’était pendant la guerre froide, et celle-ci est finie officiellement depuis quinze ans.
Je ne vois donc aucune raison de ne pas y envoyer nos gens, à cette petite fête. Et ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy s’est permis de faire une petite allusion au fait qu’il n’écartait pas la possibilité que, peut-être, si ça se fait, l’un dans l’autre, il est possible que, au conditionnel, on n’écarte aucun scénario… Bref, ce n’est pas parce qu’il saute timidement dans ce train en marche que je suis d’accord avec lui.
En revanche, je vois une excellente raison, au contraire, d’y envoyer un maximum d’athlètes, de journalistes, de touristes, bref, de n’importe qui, dans ce pays… La raison, c’est justement qu’ils ne respectent pas les droits de l’homme, la liberté de la presse, qu’Internet est censuré à mort, et caetera ad nauseam. Plus on envoie de gens libres là-bas, plus il y a de chances que ça les influence en bien.
C’est comme cette histoire du foulard islamique à l’école : si on expulse une fille parce qu’elle porte le voile de son école, elle n’a aucune chance d’apprendre pourquoi c’est absurde de le porter, et toutes les chances de rentrer chez ses parents qui lui ont obscurantisé la cervelle… Plus on envoie d’occidentaux en Chine, plus la Chine s’ouvre, qu’elle le veuille ou non.
Ce qui n’empêche personne (bien au contraire) de manifester son mécontentement vis-à-vis du régime Chinois.






