mardi 25 mars 2008
Les religions du monde : un concours de celui qui a le plus joli fantasme...
Je ne crois pas en Dieu, au moins pas dans le sens ou les fanatiques l’entendent. Je ne suis pas plus athée que ça, mais l’idée m’a traversé l’esprit, tant la religion (comme l’absence d’icelle) a peu d’incidence sur ma vie quotidienne… moins d’importance en tout cas que la notion de faire ce qui est juste et d’être quelqu’un de bien, et largement moins que ma propre survie…
Et c’est ainsi que ça doit être, à mon sens.
Mais je ressens tout de même une certaine gène lorsqu’on attaque les athées (ou tout autre groupe) pour quelque chose que les croyants commettent eux-mêmes, en pire : c’est la paille et la poutre, l’hôpital qui se moque de la charité, et ainsi de suite. Alors quand un dévot utilise un argument bateau au nom de son propre dieu pour fustiger ceux qui ne croient en rien, je frémis…
Disons que je suis tiraillé entre le rire et l’accablement devant la bêtise humaine.
L’argument dont je parle est bien sûr l’argument principal contre l’athéisme… « Vous ne pouvez pas prouver que Dieu n’existe pas, vous croyez donc quelque chose qui n’est pas prouvé ». C’est absolument vrai, même si on peut tout à fait opposer l’argument que l’on ne peut prouver l’existence de Dieu non plus… Mais avez-vous remarqué que ceux qui évoquent cette possibilité sont ceux qui croient en un dieu personnel ?
Pour ceux qui ne le sauraient pas, un dieu personnel, c’est un dieu qui s’intéresse à nous.
Quand je dis à nous, je veux dire à l’humanité, à nos vies, qui gère le monde et agit en tant que puissance providentielle au quotidien (ou au moins régulièrement)… Qui, par extension, a créé un paradis et un enfer (ou tout autre concept style au-delà) pour renforcer une certaine idée de la morale… bref, le dieu qui a un plan dont nous sommes la pièce maîtresse, et qui l’applique.
Je n’y crois pas, personnellement, à ce dieu personnel.
S’il existe un dieu (et le point de vue le plus sage semble être de ne pas croire qu’une telle chose existe ou n’existe pas, puisque rien ne peut être affirmé dans un sens ou dans l’autre, comme nous l’avons vu), le simple fait que les statistiques fonctionnent montre que le monde n’est pas dirigé au quotidien, du moins pas selon une idée humaine de la morale ou de la providence.
Car la morale et la providence sont des idées à géométrie variable, n’en doutons pas…
D’autant qu’au cours des siècles, il n’y a pas eu qu’un seul concept de dieu, ou même de morale… Mais, admettons, je peux me tromper, et Dieu est peut-être derrière les statistiques. S’il en existe un, de dieu, lequel, donc, est le bon concept, le vrai dieu ? Les croyants sont pourtant rassurés dans leur foi par l’argument susdit, celui qui dit qu’on ne peut pas prouver que dieu n’existe pas.
Ils en déduisent que leur dieu existe.
Mais, enfin, on ne peut pas arriver à cette conclusion en raisonnant logiquement ! Tout ce qu’ils peuvent en déduire, c’est qu’un dieu existe peut-être… Existe-t-il ? On ne peut pas le prouver. Est-ce seulement LEUR dieu ? Si l’on considère les milliers de religions passées et présentes, et les milliards de concepts différents sur le divin, il y a fort peu de chances.
Rien que dans la liste des religions en activité que j’avais dressée, il y en avait plusieurs centaines !
Et la liste n’était pas exhaustive. Pourquoi diable serait-ce le dieu des chrétiens ou celui des juifs, ou des musulmans, ou des scientologues ? Pourquoi pas le dieu des mormons, ou un Loa vaudou, divinité aztèque ou démiurge de pacotille ? Voilà pourquoi je dis que c’est la paille et la poutre : on critique toujours les athées parce qu’ils ne peuvent pas prouver qu’il n’y a pas de dieu…
… Alors qu’il est théoriquement plus simple de prouver l’absence de dieu que la présence d’un dieu spécifique !
Voyez-vous, les chrétiens (par exemple) ne croient pas en Allah, en Jéhovah, en Héliogabale ou dans le panthéon égyptien et tant d’autres joyeusetés. Mais ont-ils besoin de prouver qu’ils n’existent pas par un raisonnement logique ? Pas le moins du monde. Ont-ils besoin d’un acte de foi pour ne pas croire en tel ou tel dieu ? Non plus. Leur donne-t-on seulement une liste de ce en quoi on ne doit pas croire ?
C’est rare. La liste est courte, et jamais justifiée autrement que par « c’est dieu qui l’a dit ».
Les musulmans (encore un exemple, on pourrait parler de n’importe quelle autre religion) s’arrêtent-ils pour considérer le fait qu’il n’y a pas plus de raison de croire en Allah qu’en Zeus, et se poser la question de savoir pourquoi ils n’y croient pas ? Car après tout, s’ils avaient été élevés chez les grecs du Ve siècle avant Jésus Christ, ils y croiraient, à Zeus…
Et l’idée d’Allah ne leur effleurerait pas l’esprit.
Donc, non, il n’y a pas plus de raison de croire en Machin qu’en Truc… Pourtant en ce qui concerne le divin (et cela, tous les croyants ou presque s’accordent pour le dire) il ne peut y avoir qu’une vérité, un seul vrai culte pour un seul vrai dieu… Un athée a donc autant de chances de se tromper qu’un dévot en affirmant que les autres ont tort et que lui a raison.
Quelle injustice, tout de même, envers une communauté, surtout si l’on considère que les athées constituent moins de 5% de la population mondiale !
Alors avant de vous mettre martel en tête parce qu’un croyant vous a dit que vous ne pouvez pas prouver ce en quoi vous croyez, rappelez-vous qui a la croyance la plus absurde, qui est capable de mourir pour elle, et surtout qui est venu vous emmerder ou vous imposer la sienne… Levez la tête, souriez, et dites bien fort : « Oui, vous avez raison, le dieu Horus existe ! »
vendredi 21 mars 2008
Coco bel oeil...
A l’heure ou, c’est officiel, mon neveu ne croit plus au Père Noël (ni à la petite souris, ni aux cloches de pâques, ni au croquemitaine… mais toujours en Dieu, cet imbécile !), il ne reste presque plus de merveilleux en ce (bas) monde. Que faire pour se distraire, je vous le demande, si on ne peut même plus mentir aux petits enfants ? Eh bien, aller au cinéma, par exemple !
Mais n’y allons pas n’importe comment non plus. Le cinéma, plus que jamais en ce siècle où la moindre attraction foraine a droit à son blockbuster dépourvu de scénario, demande réflexion. Pour vous y aider, je vous propose d’aller voir quelqu’un qui s’y connaît beaucoup mieux que moi et qui écrit avec passion sur ce sujet, entre autres… J’ai nommé mon ami à l’œil absolu.
L’œil absolu, acéré comme un rasoir, c’est comme l’oreille absolue des musiciens, et… mais je ne vous en dis pas plus. Courez lire ce blog de toute urgence (le lien est juste à droite), et il vous montrera que la lanterne, elle, peut encore être magique…
jeudi 20 mars 2008
The thing’s hollow… it goes on forever… and… oh my God !... it’s full of stars!
Eh bien, ça tombe comme des mouches en ce moment… Les bons comme les mauvais.
Quantité d’autres feront un meilleur hommage que moi à Arthur C. Clarke, vu que je n’ai pas aimé 2001, mais c’est toujours triste de voir un géant tomber. C’est un peu comme si Jules Verne était mort deux fois. Inventeur méconnu du radar et de l’orbite géostationnaire, Sir Clarke nous rappelle à quel point la science-fiction peut, non, DOIT devenir réalité… La preuve, c’est en lisant ses romans que nombre de gens qui snobent la science-fiction ont compris l’importance de cette littérature, et surtout que c’en était une vraie, de littérature.
Dieu est mort, bis.
mercredi 19 mars 2008
Cheesy Todd, une histoire rasoir...
Comme je vous l’avais dit, je suis très cinéma en ce moment. Je suis donc allé voir Sweeney Todd, un film que certains de mes amis m’ont recommandé chaudement… Et j’y suis allé malgré quelques a priori. Comprenez qu’il a eu autant de battage médiatique que le dernier Astérix, et qu’il a eu le même succès. Je en veux pas avoir l’air de comparer l’incomparable, mais ça n’augurait rien de bon.
Mon deuxième a priori, c’est que je connais déjà l’histoire, et qu’elle a été faite et refaite… Je m’attendais à une déception. Je connaissais aussi le compositeur, Steven Sondheim, pour avoir ouï moult de ses musiques pour des musicals de Broadway (et à son sujet, nous reviendrons). Et puis, j’avais déjà entendu quelques chansons, justement, du musical de Sweeney Todd bien avant qu’on ait l’idée d’en faire un film.
Dernier a priori, et non des moindres, les nouveaux films de Tim Burton me font profondément chier. Et c’est normal. Depuis La Planète des Singes, la plupart de ses films sont dépourvus de substance… Et le mieux que je pouvais espérer, c’est une adaptation fidèle mais imagée à l’image si léchée qu’elle en devient aseptisée, ce qui fonctionnait bien avec Charlie et la Chocolaterie mais moins avec d’autres choses.
Je n’ai pas été déçu par Sweeney Todd. Les acteurs sont bien entendu fantastiques, mais d’un autre côté ça n’est pas très difficile pour eux : il leur suffit de surjouer ! Ils ont tout de même appris à chanter, à peu près, même si tout a été réenregistré en studio pour que ce soit parfait. D’ailleurs tout est trop parfait, de la crasse hollywoodienne, cirage et farine de bon ton, à la chorégraphie du moindre cafard qui passe.
Une fois encore, Tim Burton nous offre quelque chose qui manque de burtonisme, de profondeur : de belles images, des maquillages goths, des couleurs retouchées que l’on n’apprécie plus. Burton respecte l’œuvre de Steven Sondheim et tente de s’en faire le chantre, bref, il n’apporte que les images et pas une once de moelle à l’ensemble… Pourtant, on aurait bien aimé.
Voyez-vous, c’est que Steven Sondheim est un génie. Un pur génie. Il n’y a pas d’autre mot. Oh, certes, il a fait de l’alimentaire aussi, mais il a un style bien particulier et sa musique touche parfois au céleste ! Le problème c’est qu’il est né trop tard dans un siècle trop vieux, comme disait Rimbaud. Steven Sondheim est un compositeur d’opéras.
Et il est exigeant. Ses paroles sont complexes, pleines de métaphores, de jeu de mots subtils, ses mesures effrénées et inusitées (3/8 ? 3/16 ?!), et les pauvres acteurs de Broadway trébuchent sur les airs légèrement dissonants et que l’on ne retient pas facilement et qui ne répètent jamais deux fois les mêmes mots : on n’est pas dans de l’opérette, c’est un compositeur sérieux !
Alors bon, déjà, avec des acteurs de comédie musicale qui sont tout sauf des chanteurs lyriques, Sweeney Todd, c’était pas forcément la panacée en matière de show… La musique et le budget lui a valu pas mal de succès, et la mode des films musicaux reprenant, une adaptation par Tim Burton se faisait sentir… Mais en film, tronqué et bourré de récitatifs débiles, c’est… naze.
Pourquoi ? Parce que les éléments opératiques, s’ils passent bien sur une scène, échouent lamentablement au cinéma. D’une part, les récitatifs (ou « dialogues chantés ») sont fait pour rythmer une œuvre de 3 ou 4 heures, et font tache si on les expédie en 2… D’autre part, tout cela est si grandiloquent ! Pompeux ! Grand guignolesque, même, vu l’accumulation de sang assez risible.
L’histoire principale de Sweeney Todd, c’est celle d’un barbier et d’une tourtière qui s’allient, commercialement, l’un tuant des gens pour leur viande, l’autre cuisant des tourtes avec. Les gens de Broadway ont rajouté à ce seul élément déterminant du conte (car c’est une histoire fictive dés le départ, mais nous y reviendrons) des éléments qui ne déparent aucun canon opératique du XIXe siècle, voire d’avant !
Toute cette histoire de bagne, de Sweeney Todd qui revient sous un faux nom pour se venger de quelqu’un qui l’a fait emprisonner à tort pour lui piquer son amour et son enfant, et qui trouve une femme pour l’aider parce qu’ils ont des intérêts communs, c’est tout droit sorti du Comte de Monte-Cristo… C’est fort romanesque, mais qu’est-ce que ça fout là ?
Même si l’on passe sur les invraisemblances et les coïncidences que l’on ne rencontre QUE dans un opéra (déguisements, folie, retour des personnages disparus, coups de théâtre téléphonés, etc.) les attitudes des personnages trahissent le propos. Par exemple Sweeney Todd nous apparaît risible, à causer à ses rasoirs lors d’un duo malvenu…
Le méchant bailli est vraiment méchant, le comique Adolfo Pirelli est vraiment comique, le jeune marin naïf ets vraiment naïf pour un marin, le juge Turpin est si prude et hétérosexuel pour un homme aussi vicieux qu’il en est attendrissant… Et la petite Johanna et son nez refait, j’ai eu envie de l’étrangler de mes mains dés qu’elle a ouvert la bouche pour piauler. Dommage, c’est la seule à survivre !
Quoi qu’il en soit, l’ingénue et son vieux protecteur qui veut l’épouser, ajoutant le quasi-inceste à la liste de ses vices, le jeune marin, la mère empoisonnée et devenue folle, les multiples déguisements, les faire-valoir, le meurtre final des deux anti-héros, sont autant de pièces rapportées qui n’ont rien à voir avec le propos de référence : l’histoire de Sweeney Todd et de Miss Lovett.
Il faudrait pourtant s’entendre sur le propos de référence, puisqu’il y en a pléthore… L’histoire de Sweeney Todd telle qu’elle est contée pour la première fois en 1846 est bel et bien fictive, mais elle ne contient aucun des éléments opératiques précités. Le barbier de Fleet Street se contente de tuer certains clients, et sa maîtresse de farcir des friands à la viande avec.
Cela n’a plus grand-chose à voir avec le film, qui transpose la comédie musicale elle-même une transposition d’une pièce de 1973. C’est cette pièce de Christopher Bond, auteur britannique, qui présente de façon inédite Sweeney Todd comme une victime de la société, et est à demi pompée sur Dumas. C’était à la mode dans les seventies. Question de goûts, mais je trouve que la pièce s’éloigne du sujet.
Il s’agit de folie, d’horreur, de cruauté, de cupidité en temps de crise, mais certes pas de vengeance. Le meurtre et le cannibalisme sont d’ailleurs complètement dédramatisés dans le film comme dans la comédie musicale, le sang trop rouge jaillissant de façon comique, et le cannibalisme n’était même pas souligné dans toute son horreur, mais faisant l’objet de numéros musicaux drolatiques…
L’histoire n’est pas neuve, et se perpétue depuis longtemps. Landru, le docteur Petiot, l’auberge rouge, des faits et des contes partagent maintes similitudes avec ce barbier totalement fictif qu’est Sweeney Todd, sans doute inspiré du premier « fait divers » authentiquement avéré que m’indiquent mes sources, un incident presque identique s’étant déroulé au Moyen-Âge, à Paris.
En 1310, rue des Marmousets (aujourd’hui rue Chanoinesse, sur l’île de la Cité), un barbier et son voisin vendeur de pâtés en croûte dont al renommée s’étendait à toute la ville, furent arrêtés pour exactement le même petit trafic que Sweeney Todd et Miss Lovett. Ils furent brûlés devant leurs boutiques. On touche du doigt un élément clé de l’histoire originale : a la fin, les autorités découvrent tout !
Cette révélation, et le châtiment barbare des meurtriers cannibales, parachève l’horreur de toute l’histoire, et nous renvoie, à mon sens, à notre propre barbarie : après avoir été cannibales et en avoir redemandé, nous brûlons ceux qui nous ont poussé à l’être sur un barbecue géant, car la foule a encore soif de sang… La fin de Sweeney Todd est beaucoup trop intimiste, bon marché.
En définitive, dans Sweeney Todd, la moitié du film, ainsi que sa fin et les motivations « profondes » du personnage principal, sont à jeter aux oubliettes parce que hors sujet. Faire un opéra sur le comte de Monte-Cristo, c’eut été parfait, mais il a fallu composer avec ce que les gens veulent aller voir, et faire du Broadway, des stars, et du sang hollywoodien.
Si je puis me permettre une métaphore culinaire sur un tel sujet, voilà un soufflé qui retombe, trop plein d’ingrédients qui n’ont rien à y voir.
mardi 18 mars 2008
La minute pipole...
J'ai été agressé par cette pseudo-info sur Internet à cause d'une pub, même si c'est un sujet mineur, alors je vous en fais profiter...
Oublions cinq minutes la mauvaise foi de tous ceux qui se font, à longueur de temps, les interprètes des augures des résultats des scrutins des élections des maires des communes de toute la France (eh oui, sept compléments du nom à la suite… qui dit mieux ?), et rivalisent de mauvaise foi à la télévision, qu’ils soient issus des grands partis ou des petits : nous avons un sujet d’importance mondiale sur les bras.
Zac Efron, le jeune freluquet qui est la pseudo nouvelle star dans High School Musical et qui a « joué » dans le remake fade et exsangue de Hairspray, a été pris en photo par un paparazzi en train d’embrasser un autre homme ! Les midinettes du monde entier sont sans dessus dessous, et n’en peuvent plus de tremper de leurs larmes les photos de celui pour qui, hier encore, elles se pâmaient.
Qu’importe qu’il s’agisse d’une photo en noir et blanc où Zac est de profil et méconnaissable, qu’importe le fait qu’il embrasse l’autre sur la joue lors d’une soirée arrosée (« d’une façon un peu trop équivoque » selon une certaine presse… si c’est eux qui le disent, hein !), qu’importe sa superbe copine… Selon ceux à qui on fait confiance pour juger de cela (c'est-à-dire les vendeurs de scandales), ça fait de lui un gay.
Eh bien je vous le dit tout net, mesdames et messieurs qui pensez avoir un meilleur gaydar que Divine, Zac Efron, même s’il était gay et pas juste acteur hollywoodien, on n’en voudrait pas. Les midinettes trouvent que c’est un drame national ? C’est la seule chose qui me console du fait que moi aussi, je trouve que c’en est un. C’est vrai, quoi, comme si on n’avait déjà pas assez de jeunes clones refaits et pommadés plein de fond de teint !
A chaque fois on nous fait le coup : le moindre bisou, et voilà les journaleux qui étalent ça plein leurs immondes torchons, en ricanant comme des enfants de six ans qui chantent "oh les zamoureux !" et rigolent quand ils parlent de zizis... Une bonne fois pour toutes, qu'un acteur hollywoodien fasse de la gym, soit beau, tendance, bien habillé et maquillé, c'est NORMAL ! C'est une personne superficielle, c'est tout ! Cela n'indique rien sur sa sexualité !
Et même si ça voulait dire quoi que ce soit, ce sont ses affaires, et on s'en fout. Je sais, ça ne sert à rien de l'écrire, mais ça soulage, et il fallait que je le dise au moins une fois : ce n'est qu'un exemple d'un jeu stupide et stérile, le "gay ou pas", sur lequel les journaleux se sont jetés pour faire de l'argent sur le dos du côté voyeur de leur public de midinettes, de lycéennes et de concierges. J'espère qu'ils dorment bien la nuit, ces torchonniers...
... Et qu'ils savent qu'ils ne sont pas des donneurs d'infos, mais de mauvais comédiens qui ne jouent même pas dans leur propre show.
lundi 17 mars 2008
Le rat et l'oiseau :
Un ami m’a récemment redonné le goût d’aller au cinéma… A peine deux mois après la sortie du DVD du film Ratatouille (courez acheter ce chef d’œuvre si vous ne l’avez pas déjà fait), j’ai eu envie de faire mon intéressant et de mettre en évidence un parallèle amusant. J’ose croire que je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué, mais comme certains m’ont demandé d’expliquer, je m’exécute. Attention, ça va être long.
Vous n’êtes pas sans savoir que Pixar, la firme de Brad Bird qui produit sous licence Disney des films d’animation particulièrement réussis comme 1001 Pattes, Toy Story ou Les Indestructibles, fabrique des histoires en images de synthèses qui parlent à énormément de gens, soulignant à chaque fois une morale en léger décalage avec celle à laquelle Disney nous avait habitués.
Cette morale récurrente est centrée sur l’individualisme et l’excellence… Que ce soit le fait de tirer parti des individualités, des initiatives et des idées de chacun pour renforcer le groupe (plutôt que de s’en remettre aux traditions et aux autres pour éviter de penser) comme dans 1001 pattes, ou simplement se battre pour être soi-même et ne pas avoir honte de sortir du lot, comme dans Les Indestructibles.
Ratatouille ne fait pas exception, puisqu’il s’agit de l’histoire d’un rat extrêmement doué qui, parti de rien et sortant du lot d’une colonie homogène et sclérosée de rats peu imaginatifs et à la limite de la paranoïa, devient le plus grand chef cuisinier de Paris… certes pas sans aide (qui le pourrait ?), mais en accomplissant son propre potentiel sous sa propre impulsion, motivé par ses propres buts.
Mais plus encore qu’une histoire bien tournée, palpitante, délicieuse et émouvante, plus encore qu’un véritable poème à la bonne bouffe, plus encore qu’une performance numérique, plus encore qu’un film qui retransmet par mille détails et synesthésies une atmosphère, des goût et des odeurs que l’on redécouvre… Plus encore qu’un monument filmique, ce film retrace un (petit) pan de l’histoire du cinéma.
Ratatouille est tout simplement une longue représentation allégorique de l’histoire entremêlée de Pixar et de Disney. Et il n’y a pas de cadre plus approprié que Paris pour narrer cette histoire d’amour, pas de meilleur équivalent à la création filmique (un art accessible que chacun peut et doit apprécier) que la cuisine… Pas de meilleur conteur que Pixar pour sa propre aventure.
Il était une fois un cuisinier français qui s’appelait Auguste Gusteau (Walt Disney) parti de pas grand-chose, et dont le restaurant (les studios Disney) était connu pour produire des mets incomparables, d’une qualité technique irréprochable mais aussi créatifs et originaux (les classiques Disney de l’âge d’or, Blanche Neige, Pinocchio, Cendrillon, Merlin l’Enchanteur, Le Livre de la Jungle et tant d’autres…).
Gusteau (comme Disney), après une période d’innovation à partir de l’ancien (la reprise de contes en long métrage animé, ce qui n’avait jamais été fait auparavant), connaissant bien ses faiblesses et ses forces. Il capitalisait souvent sur les mêmes recettes, servant plat excellent sur plat excellent pour le bonheur des amateurs… La renommée du restaurant (et des Studios Disney) se fit mondiale.
Pour ces mêmes raisons, et sans doute pour d’autres, la qualité du travail du chef Gusteau commença à laisser à désirer. Gusteau/Disney mourut, comme tout le monde… Et, après une période de flottement, son successeur Skinner (Michael Eisner, celui qui « sauva » les studios Disney après une guerre de succession houleuse) réussit à garder le nom de Gusteau en haut de l’affiche… en le bradant.
Les références sont nombreuses dans le film, tout d’abord aux rats de Don Bluth (Brisby et le secret de Nimh, notamment, et ce dans toute l’introduction du film), mais c’est Skinner qui est le plus frappant vis-à-vis de notre sujet : il ressemble à une espèce de Mickey Mouse cupide et autoritaire… et son avocat, physiquement comme dans sa façon de s’habiller et de bouger, est une caricature de Walt Disney ! Mais reprennons…
Tout en continuant à produire les mêmes recettes techniquement irréprochables mais bel et bien surannées (le long-métrage animé pour enfants inspiré d’un conte revampé grand-public), les successeurs de Gusteau/Disney placardèrent son nom sur toutes sortes de merdes en bâtons… Ce qui leur permit de continuer à gagner de l’argent, au détriment de la qualité et de l’originalité de l’ensemble.
Le nom de Disney flotta bientôt comme une oriflamme sur des films futiles comme Pocahontas, la Belle et la Bête ou le Bossu de Notre-Dame, ainsi que sur des suites jetables directement sorties en vidéo, voire même des labels à cent lieues de ce que Disney représentait (les Muppets, notamment)… tout comme l’image de Gusteau apposée sur ces répugnants repas exotiques réchauffés au micro-ondes, dans le film.
Alors que les poches des successeurs du Grand Maître continuaient de se remplir, en compensant la diminution (lente mais sure) des ventes par une surabondance de merchandising de basse qualité, le bon peuple se trouvait prêt à gober n’importe quoi ou presque pourvu qu’il y ait le bon nom sur la boite… Mais le nom de Gusteau (et celui de Disney) semblait cependant devenir synonyme… de merde fadasse.
Mais voici qu’arrive Rémi, un rat doté d’un nez inné et d’une passion pour la cuisine (c'est-à-dire Brad Bird, notre oiseau étant un réalisateur extraordinaire doté d’une passion pour les contes). Rémi, dans des circonstances normales, ne pourrait jamais entrer dans la cour des grands, dans la cuisine de chez Gusteau : ce n’est qu’un rat, après tout, et il risque fort d’être exterminé avant d’avoir fait ses preuves.
Le cheminement de Brad Bird est similaire : il travaille avec l’informatique, il a l’étiquette du technicien, ce n’est pas un théâtreux de Broadway, ni un animateur… Avant que son extraordinaire talent n’obtienne l’attention qu’il mérite, il a dû bâcler une soupe, comme Rémi le rat. Le Géant de Fer, son premier long métrage, fut fait à la va-vite par la Warner, qui en savait pas qu’elle avait un classique entre les mains.
Même si la soupe ne fut pas un chef d’œuvre (Le Géant de Fer ne fit pas beaucoup d’entrées parce qu’il n’avait pas eu le traitement qu’il méritait, sans doute), elle servit à faire remarquer notre héros par la critique… Rémi va bientôt diriger les faits et gestes de Linguini, un bête commis de chez Gusteau (la fine équipe des Studios Pixar…) et produire des mets que non seulement les critiques mais les clients applaudissent !
Le parallèle est évident, lorsqu’on y réfléchit, entre le travail du réalisateur et des animateurs de personnages virtuels, et ce que fait Rémi le rat en dirigeant Linguini comme une marionnette à fils. Remy a bientôt fini de se faire la main en profitant des conseils de Colette, maîtresse cuisinière moderne et force vive de chez Gusteau (ceux qui connaissent les métiers du dessin animé éduquent Brad Bird).
Incognito, derrière Linguini (ou derrière les studios Pixar) Rémi/Bird, continuellement inspiré par l’esprit de Gusteau/Disney a tôt fait de restaurer la gloire du Grand Restaurant (le monde de l’animation), tout d’abord en changeant une vieille recette moisie, les Ris de Veau à la Gusteau… Et en l’accommodant d’une sauce nouvelle, inédite, la sauce Pixar que le public redemande !
Skinner, le cuisinier successeur de Gusteau et maître de la démoniaque franchise, se retrouve fort marri d’avoir d’abord sous-estimé Linguini (et par son entremise, Rémi) et voit bientôt son empire capitaliste menacé, même pas exprès, par la fine équipe du marionnettiste (les sous-produits de Disney sont vites dépassés en qualité par ce qui est neuf chez Pixar, courts-métrages ou longs-métrages).
L’alliance du neuf et du vieux, Rémi dans la cuisine de Gusteau, Pixar dans la cuisine de Disney, voilà qui produit bientôt de nouveaux chefs d’œuvre originaux et de moins en moins inspirés des vieilles formules, des vieux contes. 1001 Pattes, Toy Story 1 et 2, et même Monstres et Compagnie sont autant d’exemples aux sujets très Disneyens, mais toujours exécutés avec maestria.
Après s’être aidé du nom, de l’expertise et des moyens de la cuisine de chez Gusteau (des studios Disney), Rémi et Linguini (Bird et son équipe) prennent pratiquement possession des moyens de production, et sont intronisés véritables successeurs de Gusteau/Disney… Songez, depuis quand Disney n’a-t-il pas pondu un long-métrage animé classique ? Depuis que le label Pixar, travaillant avec eux, est reconnu par le public.
Pendant quelques temps, les nouvelles recettes estampillées Linguini/Pixar feront la joie des amateurs par la nouveauté de leur univers, l’esthétisme et l’originalité du traitement, mais aussi leur profondeur et leur richesse (Némo, les Indestructibles…). Le dernier obstacle a franchir avant la consécration totale, c’est Anton Ego, le critique le plus snob du monde.
Anton Ego a composé l’épitaphe de Chez Gusteau comme la critique a fait son deuil de Disney, conspuant le réchauffé. Ne sachant pas à première vue reconnaître les nouveaux talents, et méfiant vis-à-vis de ce qui est nouveau, le critique vampirique est pourtant conquis à la première bouchée de la Nouvelle Ratatouille à la Rémi… (Cars, un film qui casse la baraque, issu du concept d'un obscur cartoon de Tex Avery)
La ratatouille du film est d’une conception fondamentalement différente de la ratatouille niçoise classique (un plat grossier, diront certains, rendu léger dans un élan artistique de nouvelle cuisine), mais renvoie tout de même Anton Ego à son enfance et à la ratatouille que lui cuisinait sa maman pour le réconforter… tout comme les films Pixar nous font redevenir des enfants, et plaisent aux petits comme aux grands.
L’un des seuls passages tristes du film, et néanmoins inévitable pour préserver la vraisemblance, est la démission de la presque totalité de l’ancienne équipe de Chez Gusteau, ne supportant pas d’être dirigée par un rat. Ne comprenant pas d’où vient réellement le talent de Linguini/Pixar… Sans entrer dans les détails, l’association Pixar/Disney n’est pas venue facilement, et pas sans que ceux qui s’y opposaient ne s’en aillent.
Mais à la fin, Linguini, Rémi et Colette tiennent chacun leur rôle de façon experte (et non plus maladroite, dissimulée ou guindée comme auparavant) dans leur nouveau restaurant, les nouveaux studios Pixar revitalisés par l’apport de Disney, ou l’excellence des repas est la juste récompense du travail, des initiatives, des individualités et de la passion de chacun… Le meilleur de tous les mondes.
Le critique égoïste, Anton Ego, qui ne jurait que par l’ancienne mode, s’y retrouve coiffé d’un béret, d’une nouvelle tenue, et d’un sourire qui lui va mieux. Il demande finalement de lui-même à être agréablement surpris par l’équipe de ce restaurant décidément idyllique et tendance, qui propose des mets au-delà des attentes les plus folles à des clients toujours plus nombreux.
La morale du film, qui a aussi l’astuce de replacer le rôle du critique, de l’artiste et du spectateur dans la société, est bel et bien celle qu’Anton Ego énonce à la fin : Tout le monde n’est pas un grand artiste, mais on peut voir le talent jaillir de n’importe où. En cinéma, qu’il s’agisse d’un obscur réalisateur hongrois au festival de Gérardmer ou d’un Américain avec derrière lui toutes les ressources de l’empire Disney, il faut savoir ne pas le snober.
Comme la ratatouille de Rémi, la recette Pixar est meilleure à chaque fois. C’est bon, mangez-en !
dimanche 16 mars 2008
Tatoo d'un con !
La mode des tatouages s’étiole à mesure que ceux-ci, acceptés et plus du tout originaux, passent de plus en plus inaperçus dans le paysage urbain. Les beaux jours du tribal sont finis (en attendant son prochain revival, car n’oublions pas que la dernière mode des motifs tribaux n’est qu’une resucée de la précédente !), et le tatouage style « prison » n’est plus original depuis qu’on en voit dans plein de séries.
De toutes façons, les tatouages de prison, les vrais, sont mal fichus (à souhait) par des gens souvent drogués qui dessinent avec leurs pieds des motifs débiles, sans matériel approprié (à moins que vous ne considériez une épingle à nourrice couverte de crasse comme le summum de l’hygiène)… Le dandysme qui pousse à se faire faire des tatouages « style prison mais mieux faits » me sidère.
On a déjà parlé des tatouages sur ce blog, plusieurs fois, et je n’en possède pas moi-même… Je ne décrie pas l’art du tatouage, loin de là : je trouve (mais ce n’est que mon avis) qu’un tatouage représente une œuvre d’art intime et personnelle, souvent belle, parfois magnifique… J’aimerais qu’il y ait plus de chefs d’œuvres et moins de croûtes, si j’ose dire, enfantées par de mauvais artistes guidés par la mode !
Il existe tant d’exemples de ce genre de choses… Des tas de gens se retrouvent avec, écrit dans ces lettres gothiques qu’affectionnent les rappeurs et les enfants de cinq ans qui font connaissance avec le traitement de texte, divers slogans peu inventifs qui ne partiront pas au lavage. Dans tous les sens, sur les avant bras, l’intérieur des bras, les épaules ou le dos, on trouve ce qu’on est obligé d’appeler de la merde.
Les noms de fiancé(e)s tatoués, c’est déjà bien con, surtout quand la fiancée change… Songez que j’en ai vu un avec le nom de son équipe de foot préférée sur le bras. Un autre arborait fièrement « Carpe Deim » entre l’épaule et le coude, verticalement. Oui, avec la faute d’orthographe… Comble de stupidité, j’ai ouï dire que certains se feraient tatouer un panneau d’interdiction marquant le nom d’un parti politique ou d’un homme…
Il y en a eu qui se sont fait tatouer des croix gammées, et d’autres des étoiles communistes (ce qui est douteux, voire ignoble, mais peut se comprendre, puisque ce sont des symboles d’idéologies devenues intemporels)… S’ils pensent que la haine envers le nain de l’Elysée et le symbole du collectif anti-sarko vivra autant que ces idéaux, m’est avis qu’ils vont au devant de grandes désillusions.
Heureusement, il existe des tatoueurs professionnels qui les en dissuaderont : entre autres choses que fait le gouvernement actuel, il vient enfin de reconnaître les professionnels du tatouage et du piercing ! Chose simple à faire, peu chère, pouvant sauver des vies et éviter d’en gâcher beaucoup, et qui traînait depuis trop longtemps dans on ne sait quel fond de tiroir malgré les nombreuses pétitions pour combler ce vide juridique.
Un peu d’ironie, ça ne fait pas de mal, par les temps qui courent…
samedi 15 mars 2008
It's a long way to Tipperary
Le dernier poilu est mort. Et c’est bien fait pour lui. Voilà que s’en va le dernier résidu gâteux de l’affectif lié à la Der des Der. Les historiens vont enfin pouvoir examiner les faits sans passion… Enfin, une fois qu’on aura fini de faire des obsèques nationales à un troufion simplement parce que c’est le dernier à crever, et quand les ventes de DVD des films sur les poilus tout meugnons et larmoyants se seront tassées.
C'est vrai, quoi, on n'a pas idée d'exploiter à ce point les morts et les vieillards pour gagner des sous ou se faire bien voir...
vendredi 14 mars 2008
Un trait danger, deux traits sécurité...
Comme vous avez peut-être pu le lire, j’ai été privé de mes sens virtuels ces derniers jours. La réparation de ma connexion Internet s’est faite laborieusement, et en retard : J’attendais chez-moi la visite d’un technicien, comme convenu par téléphone avec la hotline, sans savoir que la hotlineuse imbécile qui m’avait donné ce rendez-vous avait carrément omis de l’enregistrer…
Il y a vraiment des jours où l’on se dit que l’incompétence n’a plus de limites.
C’est à peine moins atterrant que les dernières pseudo-pubs, genre d’infomercials qui dispensent les conseils de sécurité les plus élémentaires, du genre « ne pas laisser tra$iner les objets dangereux près du sol en présence d’enfants », ou « ne pas laisser dépasser le manche des casseroles sur le feu », ou même « ne pas laisser d’appareil électrique allumé près d’une baignoire »…
Vous savez, les trucs de base auxquels ont pense tout seul, ou qu’on apprend en maternelle.
C’est bien de les apprendre aux gens, hein, mais là, c’est un peu tard : Ces spots s’adressent à des ADULTES ! Et c’est la télévision qui doit nous apprendre ça ? TF1, rien moins ? Moi, de penser que les parents ne savent pas tout cela, parce que ni leurs parents ni l’école ne le leur ont appris, et que l’école comme les parents ont aujourd’hui renoncé et laissent la télé officier à leur place, ça me fiche le bourdon…
Symptomatique, peut-être, de notre société de tyrannie douce…
Un totalitarisme médiatique. C’est d’ailleurs la stricte définition du totalitarisme : un régime qui accompagne le citoyen dans tous les aspects de son existence, et qui finit par les régir tous… La télévision éduque, conseille, accompagne, fait manger, fait dormir, excite, fait voter, fait s’indigner ou calme sur commande. Enfin, heureusement pas encore tout à fait… Pas encore chez tout le monde.
Malheureusement, les français sont, pour la plupart, trop abrutis pour résister à encore plus d’abrutissement.
jeudi 13 mars 2008
Piêtres nantis, munis si pâles...
Suite à un malencontreux cafouillage des incapables mongoliens qu’emploie mon provider Internet, vous n’aurez qu’aujourd’hui le plaisir de lire le billet que je destinais à vos augustes yeux le dimanche 9, premier tour des municipales…
Aujourd’hui, je suis allé accomplir ce qui passe pour mon devoir civique, c'est-à-dire choisir entre les quatre propositions clonées et les deux extrêmes étrangement similaires qui se proposaient de batailler ferme pour prendre mon arrondissement (oui, je suis parisien). Le résultat, comme mon vote, importe peu. Il y a vraiment des jours ou je regrette que le vote blanc ne soit pas comptabilisé comme tel…
Certes, la gestion locale veut ce genre de choses, mais tout de même… Seul le couillon du Front National a osé mentir en disant qu’il allait baisser les taxes, et refaire de notre communauté une « ville française » (quoi que ça puisse vouloir dire pour un arrondissement de Paris…), les autres n’ont fait que reprendre à leur compte les projets municipaux livrés ces prochaines années mais engagés de longue date…
Quant à la candidate de Lutte Ouvrière, son programme se résumait à « a caca Sarko », sans rien de concret. Ni d’original, d’ailleurs. Je sais à présent pourquoi cette élection est sous-médiatisée et passe après les présidentielles américaines (sans suspense, n’en déplaise aux journaleux) : personne n’a rien à dire ou à faire. Je connais une ville ou ils ont le « choix » entre trois versions de l’UMP, rien d’autre.
Et cependant, alors que je marchais tranquillement dans la rue, il m’est arrivé… Quoi ? Une aventure ? Bof.
Je tourne bêtement la tête, et là, voilà-t-y pas que je vois un petit enfant qui court droit devant lui (ou elle, je n’ai pas bien vu) vers l’autre côté de la rue. Il traverse, alors que ça n’était pas son tour mais celui des voitures. Il n’y avait bien une voiture, mais je ne l’ai vue qu’après coup : elle était loin, presque à l’arrêt. L’enfant à côté de moi, j’ai cherché le père du regard…
Je l’ai trouvé, marchant tranquillement vers nous de l’autre côté de la rue. Cependant, à peu près à son niveau, un troisième homme arrive et me regarde d’un sale œil… Et commence à me traiter de tous les noms… d’idiot, d’imbécile, d’égoïste, et même de raciste (bon, ça ne m’avait pas frappé, mais effectivement l’enfant était un peu noir)… pourquoi ? Parce que je ne me suis pas héroïquement jeté devant lui pour le sauver.
Je ne l’ai pas vu lever le petit doigt non plus. Personne, d’ailleurs. Il n’y avait pas lieu, et tout est allé trop vite.
Cela ne l’a pas empêché de se sauver, ce cuistre, en m’agonissant d’injures, n’osant même pas me le répéter en face, que moi, MOÂ, je suis raciste… Moi qui, faisant fi de l’apparence, n’aime rien tant que voir mes congénères de toutes les races, cultures, religions et affinités subir d’infinis supplices sur le même chevalet de torture égalitaire…
C’est une attitude intéressante que d’attaquer sans s’engager… et trop commune.
Je n’ai vu qu’un « troisième homme » aujourd’hui, il n’a rien tenté, et il n’était pas candidat aux municipales.









