vendredi 30 novembre 2007
Episode 1 : La menace fantoche...
Il y a des jours, comme ça, ou l’on a l’impression que, même si on nous a vaguement dit que notre boulot servait à quelque chose (une fois, peut-être, au tout début…), le poste n’a été créé que dans le but de fournir une ligne de défense supplémentaire, un nid d’artillerie dans le conflit sans fin qui escalade depuis trop longtemps en France entre les entreprises et l’état : la guerre des paperasses.
Face au monceau de papier qui arrive tous les jours en provenance de différents organismes aux acronymes toujours plus longs, venant parfois même d’interlocuteurs différents et s’ignorant les uns les autres au sein du même service, il est vital d’en renvoyer quatre fois plus (en recommandé et en lettre simple, pour plus de sécurité), et de tout photocopier pour garder une trace…
On a inventé le photocopieur pour faciliter les démarches, résultat on inventé de nouvelles démarches pour compenser.
Oh, et pour bien faire, il faut aussi envoyer un maximum de notes, de mémos et de photocopies à tous les gens concernés ou non (comptabilité, paies, ressources humaines, exploitation, secrétariats divers et variés, courrier, et accessoirement le salarié…) et faire des demandes par courrier à tout le monde pour réclamer les BONS papiers, parce que ce ne sont jamais ceux-là qui arrivent.
Tout se fait sur ordinateur et rien ne se fait par e-mail. Lorsqu’une démarche peut se faire sur Internet, tout le monde est très content, mais c’est rare… Le summum de la modernité consiste, pour al plupart des organes de l’état, à offrir sur leur site les formulaires à télécharger et à imprimer soi-même, puis à remplir à la main. Cela évite d’envoyer l’infanterie aller chercher ça chez l’ennemi…
Ils vendent déjà chèrement leur peau, nos petits Sammies qui partent, fleur au fusil, chercher des recommandés aux services postaux !
C’est à se demander comment diable la France reste le pays le plus vert et semé d’arbres, en proportion de sa taille, de tous les pays occidentaux ! EN revanche, on ne se demande plus pourquoi l’industrie du papier se porte bien dans notre pays : Arjomarie et Canson, aujourd’hui le groupe Arjo-Wiggins si je ne m’abuse, sont de renommée internationale… Tous ces gens profitent de l’effort de guerre !
Voilà donc la campagne sans merci que j’étais occupé à mener ces derniers jours, à mon humble niveau, au lieu de vous raconter des absurdités sur ce blog. Vous parler plus précisément de ce que je suis censé faire serait sans intérêt (vraiment sans intérêt, croyez-moi, je le fais 35 heures par semaine et plus…), mais je vous entretiendrai sans doute un autre jour de l’indigence intellectuelle dans laquelle je nage là-bas.
Je n’aurais jamais cru éructer ce cliché absolu, mais Thank God It’s Friday… Lundi, j’aurai des nouvelles de ce front courtelinesque.
jeudi 22 novembre 2007
Be a man and suck it up...
Il m’importe peu d’être occupé…
Il m’importe peu de ne plus avoir le temps pour certaines choses…
Il m’importe peu de ne plus avoir le temps de blogger…
Il m’importe peu de travailler…
Il m’importe peu de le faire comme tout le monde…
Il m’importe peu de naviguer dans le riant monde de l’entreprise…
Il m’importe peu d’avoir envie d’euthanasier quotidiennement mes compagnons de route…
Il m’importe peu de côtoyer des gens qui ne sont pas nécessairement de mon milieu…
Il m’importe peu qu’ils ne soient, en plus pas nécessairement de mon niveau…
Il m’importe peu d’avoir à m’adonner à des activités intellectuellement atones…
Il m’importe peu que ce soit les seules effectivement récompensées dans une PME moyenne…
Il m'importe peu de côtoyer la médiocrité des gens...
Il m'importe peu de faire face à la médiocrité de la loi...
Il m'importe peu de faire bonne figure devant la médiocrité en règle générale...
Il m’importe peu de me lever trop tôt…
Il m’importe peu de me coucher de même…
Il m’importe peu d’être fatigué le soir…
Il m’importe peu que ce soit pour avoir fait l’exact opposé de ce que je voudrais…
Enfin, il m’importe peu… mais un petit peu quand même !
Tout ça, c’est la vie…
En revanche, je regrette vraiment de n’avoir aucune excuse pour rester chez-moi pendant les grèves. Ou à tout autre moment de mon choix, d’ailleurs…
mardi 20 novembre 2007
ITS, IST... coincidence ?
Il faut vraiment chercher pour trouver une bonne nouvelle, avec ces histoires de grèves… Les gens sont grincheux. Vous le seriez aussi si vous aviez passé deux heures pressé dans une foule compacte dans un escalier nauséabond du métro parisien, en attendant de monter dans une rame encombrée qui, si ça se trouve, ne promet même pas d’atteindre votre destination habituelle.
Tout de même, on arrive, en grattant la surface, à trouver une information joyeuse entre les épidémies qui ont suivi l’ouragan au Bangladesh et l’avènement de toutes nouvelles grèves qui viennent s’additionner à celle des transports… Il s’agit d’une nouvelle qui est passée totalement inaperçue, du moins en France, parce que personne ne s’intéresse à l’Europe, et qu’elle n’est pas gore.
Le 14 novembre a vu la dissolution d’un groupe de fascistes fanatiques comme on n’en voit peu : ITS.
ITS, c’était un groupe d’extrême droite du parlement européen créé en janvier de cette année (il n’a donc heureusement pas fait long feu) et présidé par le délégué général du Front National et théoricien de Le Pen, Bruno Gollnish. Imaginez le pire ramassis de nazillons qu’on puisse trouver, donnez-leur des subsides européens et des votes au Parlement, de jolis costumes, et voilà : c’est ITS.
ITS, ou Identité, Tradition et Souveraineté (sic) c’était bien sûr Bruno Gollnish, Jean-Marie Le Pen et leurs séides, mais aussi Luca Romagnoli (du parti de la flamme tricolore italienne), Ashley Mote (ancien membre du Parti pour l’Indépendance du Royaume Uni), et l’inoubliable Franck Vanhecke, président du parti belge Vlaams Belang qui cause en ce moment tant de soucis dans son pays en pleine crise identitaire…
Même Alessandra Mussolini, la petite fille de Benito, était de la partie !
Evidemment, tous ces gens-là sont venus avec d’autres députés européens de leurs pays respectifs, mais c’est djà pas mal. On notait aussi la présence d’élus bulgares, appartenant au sinistre parti Koalizija Ataka (Union Nationale Attaque…) et de députés roumains, du Parti de la Grande Roumanie. Rien que ça. Et c’est justement là que le bât blesse…
Mettez quelques nationalistes d’un même pays entre eux, et vous aurez un parti. Réunissez-en de pays différents, et vous aurez au mieux une alliance intéressée. Les principes de l’ITS étaient la reconnaissance des souverainetés et des différences, autrement dit, ils étaient d’accord pour ne pas être d’accord, et pour que chacun reste chez-soi… Afin de mieux garder leurs moutons.
Parce que le reste du programme, c’est un refrain connu…
Respect de la civilisation et de l’identité chrétienne (autrement dit, les bougnoules dehors), famille traditionnelle (très drôle venant de Jean-Marie Le Pen, qui a divorcé… Mais en gros, ça veut dire non aux pédés), opposition à l’Europe Unitaire (alors qu’ils sont députés européens), engagement en faveur des liberté héritées par tous (le mot important étant héritées, le droit du sang et non le droit du sol…), bref, la totale.
Il y a bien une mention de l’état de droit et de la liberté, un engagement de transparence et de responsabilité des gouvernements… Mais ça, ça ne coûte pas très cher à dire : c’est le vieux coup du « tous pourris ». Qu’est-ce qui a bien pu maintenir ensemble cette bande d’ignobles individus, puisque chacun dans leur pays respectif prônaient leur propre souveraineté ? L’intérêt.
Et le jour où leurs intérêt ont divergé, le glas d’ITS a sonné.
Le jour où les italiens ont pété un boulon a été celui où leurs réunions à la plage aux frais des contribuables n’ont plus été suffisantes pour faire que tous ces violents frapadingues restent en bons termes. Vous vous souvenez sans doute de cette histoire sordide dont on n’a pas assez parlé : les Italiens ont ressorti une vieille loi pourrie pour refaire comme en 40.
A la suite du meurtre d’une jeune italienne par un Rom (tsigane, gitan, gens du voyage, comme vous voulez) qui était incidemment un immigré d’origine roumaine, tous les roumains ont été récemment expulsés du territoire italien et interdits d’entrée, pour « raison de sécurité ». Une loi charmante qui nous ramène au temps des camps de concentration…
On pourrait ainsi expulser tous les humains de leurs pays respectifs sous ce même prétexte, mais où les mettrions-nous ?
Toujours est-il qu’à la suite de cette terrifiante histoire, Alessandra Mussolini (il fallait que ce soit elle, ça ne s’invente pas…) n’a pas hésité à déclarer publiquement que les Roumains étaient des « délinquants d’habitude ». Mais je la remercie chaleureusement de ses propos turbides, puisque, presque aussitôt, les cinq membres du Parti de la Grande Roumanie et leur président, Corneliu Vadim Tudor, sont partis en claquant la porte d’IST.
Il faut dire qu’ils ne pouvaient plus se permettre de rester : les élections approchent dans leur pays, et ils voudraient naturellement passer pour des gens biens. Je vous passe les détails, mais en partant, Tudor a fait remarquer qu’Ashley Mote était accusé de corruption, que le Vlams Belang était raciste au point d’être infréquentable, etc.
La Mussolini a même dû démissionner, et le plus drôle c’est qu’elle l’a fait parce qu’accusée de racisme par les autres membres du groupe !
Mais l’un dans l’autre, tous se sont séparés violemment parce qu’ils n’avaient plus aucun profit à tirer de cette calamiteuse association de malfaisants… L’honneur entre crapules n’est plus ce qu’il était. ITS, passant sous le seuil des vingt députés nécessaires à la survie légale d’un groupe au parlement européen, a été annoncé comme dissout par le président du Parlement Européen.
Cette annonce a eu droit à une salve d’applaudissements, et Bruno Gollnish en a perdu le peu de sang froid qu’il avait : Et lui d'émettre de multiples bras d’honneur en direction de la foule des parlementaires… Les anciens députés d’ITS sont à présent notés comme « non inscrits », en attendant un prochain conglomérat de collabos du même genre… Et c’est ainsi que la bête est morte.
On a beau savoir que les têtes de l’hydre de Lerne repoussent tôt ou tard, ça fait quand même du bien quand elles se bouffent entre elles…
lundi 19 novembre 2007
Si vous n'êtes pas de mon avis c'est que vous n'êtes pas sorti de chez-vous...
Aujourd’hui, à peine 18% des salariés de la RATP et un peu plus de 26% des cheminots de la SNCF continuent de bloquer non seulement leurs collègues, mais aussi tous les autres… Je ne mentais pas, hier, lorsque je disais qu’il y a des morts à cause des grèves. Je ne vais pas vous parler de tête-à-queue sur l’autoroute, loin, ni même de chiffres abstraits…
Non, aujourd’hui on va faire concret. Aujourd’hui, il y a eu un accident près de chez-moi, je ne sais pas exactement où. Un van du SAMU et une ambulance sont restés dans ma rue et la rue voisine, tous gyrophares dehors, coincés, sans pouvoir avancer. Pendant plus de deux heures. Lentement. Un mètre toutes les minutes, et encore. Imaginez la situation de celui qui les a appelé, ni celle de ceux qu’ils auraient pu aider pendant ce temps.
Tiens, à l’heure où je vous écris, d’autres sirènes retentissent près de moi depuis une demi-heure déjà.
Oui, les 18% et les 26% que je viens de citer sont responsables s’il y a des blessés qui ne sont pas soignés. Oui, ils sont BIEN PLUS responsables de la mort de petits vieux qui ont besoin de soins constants que le gouvernement que l’on a blâmé lors de la canicule de sinistre mémoire. Mais on ne le dit pas. On ne dit même pas qu’ils sont « indirectement responsables ».
C’est vrai, quoi, il ne faudrait pas les froisser…
Sur Internet, pourtant, les passions anti-grèves se déchaînent… Mais je ne me ferai pas l’écho des nombreuses piques antigrévistes primaires, d’autant qu’il suffit d’écouter la radio pour être antigréviste secondaire : Ce matin sur une émission connue qui propose au public d’appeler pour interroger l’invité du jour, on recevait le président de la CFDT, seul syndicat qui appelle à la reprise du travail.
Le tout premier appel était celui d’un franchouillard moyen au vocabulaire limité à ce qu’on apprend par cœur lorsqu’on fréquente les assemblées générales. A cet homme, on a demandé s’il était membre de la CFDT, il a répondu « non, sûrement pas ! ». Il a ensuite invectivé le président d’un des plus grands syndicats de France en lui disant qu’il ne s’attaquait pas aux vrais problèmes.
Selon Franchouillard 1er, il faut faire payer les grands patrons du CAC 40.
Eh bien… C’est un point de vue. Quel dommage que ça n’ait aucun rapport avec la choucroute ! La réponse du président de la CFDT, qu’on ne peut décemment pas qualifier d’homme de droite, fut d’une élégance et d’une délicatesse extrême, se gardant bien d’insulter le militant de base (après tout, la CFDT a déjà perdu plus de 30% de ces membres en appelant à la reprise du travail la dernière fois)…
Je ne pourrais pas vous le citer de mémoire, mais en substance il n’a fait que dire ce qui est frappé au coin du bon sens : Qui pourrait croire que plus on fait grève et plus on est fort ? Tout le reste de la population, y compris les non-grévistes, grogne de plus en plus. L’opinion publique est contre cette grève, et cela ne va pas ne s’arrangeant.
De plus, avec 18 et 26,6% de grévistes et l’incapacité d’arrêter la grève, les syndicats sont loin d’être en position de force pour négocier quoi que ce soit, sans même une grande légitimité… Alors que si la grève avait cessé dés le deuxième jour, où les grévistes étaient 44% à la RATP et 61% à la SNCF, cela aurait forcé le respect de tout le monde sans se mettre à dos des millions de français.
Mais voilà, la grève continue. Cette réforme des régimes spéciaux, c’est la dernière du genre, la plus douloureuse, parce qu’on a attendu trop longtemps avant de la mettre en place (et on essaie de la faire depuis longtemps, à droite comme à gauche). On ne peut plus bloquer, elle était annoncée dans le programme de tous les candidats sérieux à la présidentielle…
Et que je sache les cheminots ne se sont pas abstenus en masse !
Les salariés de la RATP et de la SNCF savaient d’avance que ça allait se faire, de même que les syndicats, et ils ont mis de côté tous autant qu’ils sont un petit pécule pour les mauvais jours à venir… De quoi faire durer le véritable état de siège qu’ils ont mis ne place le plus longtemps possible, au moins jusqu’aux grèves programmées des autres corps de métier.
J’espère que ce baroud d’honneur démoniaque se terminera vite… Parce que là, on n’en est plus à rigoler un peu en disant qu’on va péter la gueule d’un cheminot ou deux… J’en connais qui feront cette année la grève du ticket de métro et de la carte orange, contrôleur ou pas, par vengeance. Et il y en a qui accueilleraient à bras ouverts une intervention de l’armée…
Les étudiants, les transports, bientôt les infirmiers, les professeurs… Je ne voudrais pas jouer les alarmistes, mais la France est le seul pays où l’on voit ce genre de choses, et cela a une grande incidence sur l’argent que les investisseurs étrangers veulent bien nous donner (ou pas ! On l’a vu il y a quelques années). Et pourtant la majorité des français ont élu un président et une majorité de droite dure…
Mais comme d’habitude chez-nous, dix-mille cons même pas élus ont le pouvoir de gâcher la vie de cinquante millions d'autres imbéciles.
dimanche 18 novembre 2007
Complètement piquets !
Je vous parlerais bien d’un film débile que j’aurais pu voir, je vous ferais bien l’éloge d’un bon restaurant dans lequel j’aurais pu aller, bref… je vous eusse plus volontiers entretenu de mille choses sauf de cette énième grève, qui a fait que je n’ai pu découvrir ni film, ni resto, ni calamité plus intéressante à commenter. C’est une évidence, la grève n’arrange personne et monopolise toutes les conversations.
Cela en devient agaçant, on ne peut presque plus parler d’autre chose.
Celle-ci, comme toutes les grèves des transports, fait vraiment chier. Tout le monde. A tel point qu’on se met à parler (enfin !) des collectifs anti-grève et de leurs manifestations… A l’effectif peu nombreux il est vrai, grève oblige ! Qu’on n’ait plus honte de le dire, et que ces manifestations soient plus importantes qu’avant, cela en dit long sur l’opinion publique que l’on savait déjà en colère et que l’on croyait désabusée.
Je me souviens d'un vieux gag dans Robin Dubois, une BD des années 80, ou la chute était justement une manifestation anti-grève, en fin de page après une série de cases égrenant grève sur grève... On rit moins à présent.
Personne n’est d’accord avec les grévistes. Les décideurs des syndicats appellent, comme les dirigeants des entreprises concernées ainsi que le gouvernement, à la négociation depuis le tout début… Et même avant, puisque cette grève a été annoncée et des négociations déjà programmées (en dépit de ce que déblatère François Hollande, comme toujours)… Mais les syndicats n’ont plus le contrôle de leur base.
D’après mes propres sources, certains dans ladite base pètent carrément un câble, tandis qu'autour de moi de nombreux usagers excédés se promettent d'en venir aux mains s'ils voient le moindre cheminot distribuant des tracts...
Mais comment peut-on encore affirmer en gardant son sérieux que le principe de la grève n’est pas perverti lorsqu’une catégorie de personnel, à la différence et au détriment de tout le reste de la population active (et en l’empêchant elle aussi de travailler !), a le pouvoir de paralyser non plus seulement son entreprise mais tout un pays… en s’abstenant simplement d’aller bosser, sans cesser d’être payé...
... Par ledit pays et ceux-là même qu'ils empêchent de gagner leur vie ! C’est le monde à l’envers…
Pourquoi les révolutionnaires s’élevaient-ils en 1789 ? Pour que ça change. Pourquoi cette autre révolution, en 1917, a-t-elle eu lieu ? Encore pour que ça change. Pourquoi a-t-on protesté contre l’esclavage, l’apartheid et les troupes de Mao ? Toujours pour que ça change, pour mettre fin à l’iniquité. En France, depuis plusieurs années, le système est inique. Et, au nom de toutes ces révolutions passées, on manifeste… pour qu’il ne change pas !
Il y a clairement un problème, non ?
Résultat inévitable et dont on parle peu : il y a des morts. Si vous trouvez le moyen d’aller au travail, priez en chemin pour ne pas avoir d’accident… Les voitures sont fort nombreuses, les gens sont énervés d’avoir à attendre une demi-heure pour faire cent mètres dans Paris, les accidents sont nombreux… Et si vous avez besoin des pompiers, du SAMU ou même de la police, vous avez intérêt à ne pas être pressé !
Vous me croyez alarmiste ? Arrêtez de regarder la grève à la télé et sortez dans la rue. Mais vous devez être au courant, non ?
Je ne parle même pas des personnes âgées et des malades qui ont besoin de soins constants, du personnel des hôpitaux déjà en sous-effectif (qui projette une grève aussi, d’ailleurs) qui ne peut se rendre sur son lieu de travail, des pics de pollution occasionnés par un surcroît de voitures dans les rues, des rhumes en pagaille pour ceux qui choisissent de cultiver leur asthme à Vélib dans le froid…
Ou, plus simplement, le fait qu’on empêche les gens d’aller gagner de l’argent en temps de crise !
Moi, j’ai encore peu souffert de cette grève, puisque j’ai la chance de ne pas travailler bien loin de chez-moi… Mais je me suis senti relégué au Moyen-âge lorsque j’ai constaté qu’il fallait plus de trois heures et demie à un ami pour venir me rejoindre ce week-end… Mais nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur, et nous nous sommes vus moins longtemps et moins confortablement que prévu.
On s’arrange comme on peut avec de la bonne volonté, quand d’autres en sont dénués.
jeudi 15 novembre 2007
Monsieur Créosote et le sens de la vie...
Cela fait bien trop longtemps que je ne vous ai esbaudi de mes pitreries verbales. Pour prouver que moi, je ne fais pas grève (jamais, jamais je ne cracherai dans la soupe de manière aussi éhontée en temps de crise), voilà un billet sur un sujet qui me tient à cœur, notamment parce que j’ai quelques kilos à perdre : les gros, le gras, la graisse, et tout ce qui s’ensuit.
Je suis le premier à fustiger les tenants de la diététique bancale du végétalisme, les imbéciles qui croient que ne pas manger de viande est meilleur pour leur santé et pour la planète (elle s’en sort très bien avec des tas d’autres carnivores, bien plus nombreux que nous, et lesdits carnivores pètent la santé…) mais je reconnais tout de même que les régimes ont parfois du bon.
Surtout quand la connerie pointe son nez pour trouver des excuses à tous les gros de la planète.
C’est de nos jours une tendance qui régresse un peu (un tout petit peu, parce que la progression de l’obésité est un réel problème dans les pays industrialisés), mais qui est toujours là, celle qui veut que d’être gros, ce n’est jamais de sa faute. Comme si, devenus adultes, tout le monde avait soudain des remords pour avoir traité de tous les noms le gras-double de la classe…
Intention louable, certes, et hautement civilisée selon nos standards… Mais nos standards sont loin d’être spartiates. Les spartiates voyaient l’obésité comme une faiblesse, et ils étaient si fans de manœuvres militaires qu’ils n’avaient guère de gros, même lorsqu’ils avaient assez à manger pour pouvoir le devenir (eh oui, dans l’antiquité, la bouffe, fallait souffrir pour l’avoir).
Nos valeurs sont bien plus proches de celles de la ville de Sybaris, ville de l’Italie grecque à la prospérité proverbiale qui s’est faite rétamer par ceux de Crotone, ville ennemie. Et bien rétamer, en plus, puisque les crotoniates en question ont été jusqu’à détourner un fleuve pour qu’il passe sur les ruines de Sybaris. Etre sybarite, c’est encore aujourd’hui être mou à force de plaisirs…
Bref, nous excusons l’obésité, et nous la traitons comme une maladie issue de notre mode de vie…
Il est vrai que notre société d’abondance permet beaucoup de dérives de ce genre, mais est-ce une raison ? NE blâmons pas un concept abstrait parce que nous avons trouvé le moyen, pour survivre, d’avoir le nécessaire et l’agréable à disposition… Ce sont nos tares individuelles qui sont en cause, notre incapacité à nous retenir, voilà tout ! La différence entre l’homme et l’animal, c’est que l’homme sait quand il abuse.
Personne ne force qui que ce soit à abuser des bonnes choses, que je sache… Si beaucoup succombent à la pub (ou aux sirènes de la pression d’un groupe social, notamment au sujet du tabac ou des drogues), d’autres résistent ! Mais noooon, c’est jamais de la faute du gros s’il est gros. Ben oui, comprenez-vous, c’est excusable de peser 150 kilos pour 1m20… Parce qu’ils ne l’ont pas vraiment voulu… ils en souffrent, aussi.
Etre gros, c’est se faire maltraiter à l’école, c’est ne plus passer dans les portes, c’est souffrir le martyre du dos, c’est peiner et s’essouffler dans les escaliers alors qu’on est encore jeune, c’est avoir un cœur tellement engoncé dans les mauvaises graisses qu’on risque l’accident dés qu’on court un peu… Et c’est surtout ne pas correspondre aux canons de la beauté. Voyez Guy Carlier…
Presque personne ne veut ce de genre de choses… Mais de là à dire que ça n’est pas de leur faute, pardon !
Je vous jure qu’on m’a sorti les pires raisons qui soient, à commencer par le sempiternel je n’ai pas le temps de faire un régime… il suffit de manger moins, au contraire, on gagne du temps, non ? Certains croient qu’on peut maigrir en mangeant telle ou telle chose… C’est possible, dans le cas d’un rééquilibrage de son régime, mais c’est idiot de penser qu’en AJOUTANT un aliment on va PERDRE en masse !
Certes, il y a des cas d’obésité d’origine médicale, hormonale ou autre, mais n’allez pas croire qu’il s’agisse de la majorité. Untel est gros parce qu’il déprime, un autre est gros parce qu’il est boulimique, un troisième est gros parce qu’il ne s’assume pas… Il y en a qui mangent parce qu’ils sont malheureux de se trouver gros, comme l’alcoolique de Saint-Exupéry…
Ce sont des excuses qui recouvrent d’ailleurs le même problème : je suis malheureux donc je compense en mangeant, parce que manger me procure un plaisir oral et infantile… Cela n’est pas une raison pour se moquer, certes, mais il n’en reste pas moins que ça n’est qu’une excuse pour un manque de volonté. C’est dur, très dur pour certains, mais IL SUFFIT DE NE PAS MANGER AUTANT !
Et, oui, il y en a qui sont plus ou moins sensibles à l'addiction, comme d'autres prennent plus ou moins aisément des kilos. C'est injuste, mais c'est comme ça, on ne peut rien y faire.
Une excuse ? Oui, mais pitoyable. Après, c'est comme pour arrêter de fumer… Il suffit de ne plus toucher à une cigarette. Simple… difficile, mais simple. Ne pas arrêter, est-ce compréhensible ? Oui, largement. Tolérable ? Evidemment. Excusable ? Non. Parce que de quelque manière que vous retourniez le problème, pour les gens qui ne sont pas dingues, c’est de leur faute s’ils prennent une clope et l’allument !
Vous êtes gros ? A moins d'un problème hormonal, c'est de votre faute. Assumez-le, point. Mais ce n'est pas si grave !
Fumez ou ne fumez pas… mangez ou ne mangez pas… privez-vous de telle ou telle chose ou pas… Nous n’avons que peu de libertés en ce monde et personne n’est là pour bien longtemps, alors autant faire ce qu’on veut ! L’important c’est que vous soyez bien dans votre peau, bien avec vous-même. Il y a de très beaux gros, et des fumeurs vraiment sympas, cela ne présage pas de la qualité d’un individu.
Mais ne vous leurrez pas, pour ça, c’est toujours vous qui choisissez. Il n’y a pas d’excuses !





