mercredi 31 octobre 2007
Joyeuse fête des morts !
Contradiction dans les termes ? Pas forcément.
Demain, le 1er, c’est la Toussaint, la veille du jour des morts, bla bla bla… Je ne vais pas me répéter, vous savez déjà tout ça. J’en ai parlé, déjà, l’an dernier et l’an d’avant (lorsque ce blog était dans sa précédente incarnation), vous connaissez tous la fête de la Samain, Halloween, et toutes ces sortes de choses à la fois païennes, profanes et mercantiles. C’est comme ça qu’on les aime.
Il est difficile de ne pas tomber sur des informations (certes souvent fragmentaires, simplifiées à l’extrême, vulgarisées au possible ou complètement fausses) sur les origines de la fête d’Halloween lorsqu’on cherche un peu. Le fait que ce soit une ancienne fête celtique de la mort n’a fait qu’ajouter au mystère de cette nuit de l’horreur, malgré le fait que vider des navets soit moins cool que sculpter des citrouilles…
Tout ça se réclame même d’un mouvement de redécouverte du paganisme, plaisir coupable de quelques judéo-chrétiens qui croient s’y connaître parce qu’ils ont vu un DVD de Buffy et qu’ils ont fumé un joint devant un pentacle aromatisé par Ducros, et qui pensent qu’ils sont originaux… Alors que la génération de leurs parents ou grands-parents, celle des années 60-70, a enfanté le New Age !
Mais, comme je l’ai déjà dit, le marché de la nostalgie ne s’est jamais aussi bien porté. Entre le remake plat et politiquement correct de Hairspray et les revivals divers, le retour du psychédélisme et du nationalisme frââânçais…
Vu dans le métro : un Roumain quelconque portant à l’aide de sangles une boite en carton bardée et encollée avec des morceaux ondulés ; censés imiter des tuyaux d’orgue. un aspect risible, une parodie d’artisanat d’art plein de shatterton, même pas en carton-pâte, en carton tout court… C’était à peine peint en doré, et il y avait des trous. A l’intérieur, un haut parleur et un appareil lisant péniblement des fichiers .midi !
Mais quelle importance, au fond ? La plupart des voyageurs n’ont jamais entendu d’orgue de barbarie, et ne font pas la différence entre l’innommable cacophonie électronique d’un Romanichel pitoyable dans le métro et l’innommable cacophonie artisanale d’un franchouillard puant dans une rue… Si ce n’est que le franchouillard a souvent quelques animaux pouilleux bourrés de sédatifs à sa botte.
Fin de la parenthèse sur la nostalgie touristique… Revenons à nos martyrs. Enfin, nos martyrs humains.
Cela ne m’étonnerait qu’à moitié si, pour cette Toussaint, on note un regain du christianisme et de la fréquentation des cimetières au jour des morts. Cette autre tradition Halloweenesque d’aller au cimetière le matin (en croisant parfois les reliquats de l’initiation sataniste des ados de la veille au soir…) pour rendre hommage aux chers disparus, de fêter tous les saints qu’on a oublié de canoniser « au cas où »…
Au cas où quoi ? Au cas où ils voudraient se venger ? Au cas où ils vous refusent leur patronage, leur protection l’année suivante ? Tout ça sent aussi fort le paganisme que le reste, non ? Point n’est besoin d’aller chercher dans les légendes celtiques. Evoquer la protection des morts en ce jour « dangereux » de l’année, fêter tous les esprits que l’on a oubliés dans l’année…
Parce qu’il faut dire que les saints, du moins la plupart, sont des esprits. Ce ne sont que des âmes de gens remarquables, ou mieux encore, des dieux et des esprits naturels à peine déguisés… Des noms, des entités ayant un pouvoir sur l’aspect de l’existence qu’ils patronnent, des serviteurs d’une divinité majeure. La vie des saints est de toutes façons un ramassis de légendes, rien de plus.
La preuve, on ne l’appelle même pas Histoire, mais hagiographie : écriture des choses saintes.
Les saints de la Toussaint entrent encore plus dans le moule païen, parce qu’ils n’ont PAS d’hagiographie. On les vénère en vrac, comme des puissances naturelles, on ne les connaît pas par leur nom et on ne connaît pas non plus l’étendue de leurs pouvoirs. Mais ce sont des martyrs, des gens dont le destin a été sanglant… Encore un fait particulièrement révélateur !
Les martyrs ont été sacrifiés de manière sanglante et douloureuse, et vous connaissez l’importance du sang dans la religion… Vous, chrétiens, qui vénérez des petits bouts de cadavres momifiés sous formes de reliques, et qui buvez le sang du Christ, mangez son corps par transsubstantiation, et pratiquez ainsi le cannibalisme à chaque eucharistie ! Eh oui, le christianisme est beaucoup plus païen qu’on ne le croit.
Quoi qu’il en soit, ces « morts qui dorment en christ », leur rendre hommage ets une fête aussi importante que Pâques ou Noël. Et la plupart des chrétiens ne savent pas pourquoi… Parce que les morts ne reposent pas en paix sans cela ? Parce qu’on craint les puissances de l’au-delà ? D’aucuns disent que c’est « pour ne pas oublier »… C’est en fait le témoignage de l’espérance chrétienne en la vie éternelle.
L’espérance, un mot avec lequel les cathos font du rentre-dedans : Entrez dans l’espérance, disent-ils ! L’espoir fait vivre, ils espèrent donc que leur espérance en l’au-delà sera récompensée.
On rend hommage aux morts, et c’est une manière d’affirmer qu’ils n’ont pas disparu mais qu’ils sont passés dans un ailleurs mal connu que l’on espère être le Paradis… Les moines de Cluny et quelques papes ont instauré cela peu après l’an Mil. Et le fait que ça soit juste un jour après la fête des morts de tant d’autres cultes n’est qu’une coïncidence. Ben voyons.
Bref, que ce soit la peur de mourir, la peur qu’il n’y ait pas d’au-delà, la peur que les morts reviennent, la peur des puissances inconnues, la fête de la Toussaint est une fête fondée sur la peur. Qu’elle soit solennelle ou joyeuse, c’est toujours pour conjurer la peur de l’inconnu, de l’inconnaissable… N’en déplaise aux catholiques bien pensants.
Pour conjurer le sort, ils prient, tout simplement, parce que c’est ce qu’on fait toujours dans ces cas-là… Plutôt que de hurler au hasard devant l’absurdité de la mort, ce qui ne sert à rien, on préfère offrir des fleurs aux défunts en espérant que ça serve à quelque chose. Faire pousser des chrysanthèmes plutôt que pousser des cris sans thème…
Chacun son truc, je suppose.
mardi 30 octobre 2007
Le monde est petit, nous aussi.
Ces derniers temps, la mondialisation redevient à la mode… Ou, plus précisément, ce n’est plus trop à la mode de la descendre en flèche. L’heure est à la coopération, même pour les écologistes qui conspuent les multinationales. Cela tient-il à l’attitude du gouvernement et de son Grenelle chéri qui a coupé l’herbe (c’est le cas de le dire) sous les pieds de partis écologistes en pleine décrépitude ?
Peut-être, peut-être pas. Peut-être que c’est plus fin que ça, moins manichéen que It's a small world à la Disney(trade mark) contre Un autre monde est possible à la ONG.
Peut-être que la bulle de l’altermondialisme a crevé avec José Bové. Peut-être que, pour un temps au moins, les gens se sont aperçus que vider ses poubelles devant un McDo et se faire des copains en prison était moins productif que de mettre en place un dialogue… D’aucuns disent que l’activisme violent et forcené joue bel et bien un rôle, mais, assurément, il ne résout pas les problèmes !
Parce que l’activisme paysan ou altermondialiste n’a pas été spécialement efficace. La seule grande victoire de ces imbéciles producteurs de nourritures rurales (oui, un con fait des rations paysannes, que voulez-vous, j’aime les calembours…) a été celle des OGM… L’opinion publique a été sensibilisée à la cause anti-OGM, à tel point qu’il y a eu gel des cultures dans un certain nombre de cas.
Cette victoire est mitigée par le fait qu’on ne sait pas si les OGM sont néfastes à long terme, même s’il est prouvé que ça ne tue pas d’en manger un peu… au contraire des pesticides, du glutamate, des engrais, de certaines nourritures pour animaux et de tas d’autres choses peu ragoûtantes, pourtant toutes permises, et que les mêmes paysans utilisent allègrement !
J’ai déjà parlé de tout ça, alors je me tais… Mais, sachez-le, ce n’est qu’une histoire de monopole commercial, de gros sous appartenant à des gens qui jouent sur la peur de l’inconnu que VOUS éprouvez.
Oui, les français ont adoré hurler contre la mondialisation. Nous avons même inventé le mot mondialisation pour remplacer le terme globalization, qui aurait très bien pu se traduire littéralement en français par globalisation… Mais, l’exception culturelle française étant notre orgueil depuis bien longtemps, nous avons préféré Londres à London, Varsovie à Warszaw, Le Caire à Al Qurah, et mondialisation à globalisation.
Lorsque Mittal ou Danone sont menacées de rachat, tout le monde hurle… Et l’état, en bon représentant du peuple (et toujours à friand de points de popularité), n’hésite pas à payer et à bloquer ce genre de deal. Lorsque les jouets chinois de mauvaise qualité (et avant eux les t-shirts) ont déferlé sur nos pauvres grossistes comme la misère sur le pauvre monde, même les gens de droite les plus férus de libéralisme ont crié au scandale…
Tout cela est bel et bon, mais cela n’a pas arrêté la mondialisation, qui ressemble étonnamment à ce que Marx a décrit, dans une analyse puissante mais aujourd’hui dépassée, comme un processus historique inévitable (si du moins une telle chose existe). Les circonstances et les gens de la Terre ont changé : on préfère, à tout prendre, le capitalisme dit équitable de Max Havelaar au communisme déguisé de José Bové.
Parce que les français voient aujourd’hui de la mondialisation un meilleur visage.
La France exporte son savoir-faire en Méditerranée, ses centrales nucléaires dans les pays scandinaves, son vin en Chine, son eau minérale partout dans le monde, que sais-je encore… Bien sûr, ça fait longtemps que ça dure. Ce n’est pas parce que les étudiants manifestent que le commerce international s’arrête ! Mais depuis l’avènement de la droite décomplexée au pouvoir, on le dit. C’est une différence de taille.
Et ça, c’est effectivement à cause des médias, qui suivent l’opinion publique autant qu’ils la manipulent, sentent le vent venir, et adaptent l’information, ou plutôt le choix de la désinformation, en fonction. C’est le « message », comme dans une chanson à message, un terme exécrable qui sied plus aux postiers qu’aux journalistes, aux publicitaires qu’aux poètes, et dénonce surtout un manque de subtilité.
La mode est donc aujourd’hui à la fierté d’être français, et tous le mettent en avant, tant les publicitaires que les grands groupes médiatiques… Non à cause d’une prétendue propagande de l’état, mais parce que ça fait vendre, parce que c’est l’opinion publique qui dirige, et que, dernièrement, 85% des français sont allés accomplir leur devoir civique !
Mais tout cela, c’est du show-business, comme le disait Jean Yanne.
Peut-être qu’il s’agit d’un changement de mentalité et d’une étape historique, on le saura dans vingt ans… mais le changement, c’est constant et graduel. Celui-ci est d’ailleurs jalonné de compétitions sportives, à la fois symptômes et agents de la manipulation des mentalités : la coupe du monde de football, le pataquès autour des Jeux Olympiques qui n’auront pas lieu à Paris, dernièrement le rugby…
Panem et circenses ! De la baguette estampillée tradition et des cons dans un stade : les vieilles recettes marchent toujours.
Ce qui a changé, c’est l’image, un point c’est tout. Il ne s’agit pas que de nos produits du terroir, pourtant réputés : Cela fait longtemps que le train express entre Boston et New-York est un TGV déguisé, que les Anglo-Saxons du monde entier et les stars d’Hollywood ne jurent que par Evian et Perrier, que les usines de voitures françaises (à défaut des voitures elles-mêmes) font le tour du monde…
Même la diplomatie française fait son come-back. Elle n’a pas de quoi se vanter, d’ailleurs, mais ce que je veux dire c’est que la situation n’a pas changé : elle n’est pas plus efficace qu’avant !
Les français se croient envahis par les produits américains, la chanson anglo-saxonne et les anglicismes… Déjà, si la plupart des français étaient capables de faire une phrase correcte en anglais, ça se saurait, alors comment voulez-vous que le français soit en danger ? Il change, c’est tout. Ensuite, si les français faisaient autre chose que des chansons à texte en français (souvent nulles, de surcroît)…
Passons, on pourrait en dire bien d’avantage. Mais la prochaine fois que vous verrez une affiche pour Coca, Pepsi, Starbucks, Warner, ou quelque autre grand groupe méchant-pas-beau qui réveille votre anti-américanisme primaire, souvenez-vous que l’affiche se trouve presque immanquablement sur un abribus, un panneau ou un support construit et établi par la firme française JC Decaux.
JC Decaux ne fait pas de pub, mais exporte dans le monde entier ses espaces publicitaires… Le métro parisien, les panneaux publicitaires, L’aéroport de Los Angeles, des pans entiers d’immeubles londoniens, ce sont eux. Ils ont même payé pour construire tous les abribus (emplacement publicitaire compris) de la ville de Sydney… Payé, oui, vous avez bien entendu. Et l’état les subventionne, même.
Comme presque toutes les grandes entreprises qui exportent. C’est ce qu’on attend de l’état, non ?
C’est une idée de génie qu’a eu quelqu’un de chez Decaux : partout dans le monde, quel que soit la pub, ils gagnent un pourcentage sur tout ce qui est affiché sur l’un de leurs support ! Ils profitent comme personne des ce que d’aucuns considèrent comme les pires aspects de la mondialisation et du consumérisme… Et, dans ce qu’on appelle le oï polloï, le grand public, personne ne le sait.
Voilà un paradoxe : Tout le monde grogne contre la pub, et particulièrement l’invasion commerciale des autres pays. Des collectifs anti-pub se créent contre ce qui est perçu comme une menace visuelle… Mais chacun ignore superbement que ce sont des français subventionnés par l’état qui permettent la pub, qui en profitent, et que c’est bon pour l’économie !
Je trouve ça hilarant. Pas vous ?
dimanche 28 octobre 2007
L'autre Alex dans ma vie...
Mais qui est donc Alex Taylor ? C’est la question que me posent certains de mes amis. La question que moi, je me pose, c’est : Comment peut-on l’ignorer ? Certes, le monde dispose d’une multitude de Taylors célèbres, plus célèbres en tout cas que cet Alexander Mark Taylor. Ne cherchez pas, ils n’ont aucun lien de parenté : Taylor est chez les Anglo-Saxons un nom aussi courant que Martin en France.
Rien à voir, donc, avec Liz Taylor, la star aux yeux violets qui a épousé, si pas la moitié du monde, du moins la moitié de ceux qui comptaient en son temps. Rien à voir non plus avec Vince Taylor, le clone british d’Elvis à l’accent bâtard et maladroit, idole du scopitone… Ni même avec Robert Taylor, « l’homme au profil parfait », star d’Hollywood qui fut le héros de la série The Detectives dés 1959.
Le Taylor dont je parle, c’est celui qui a bercé la fin de mon enfance (le début des années 90), sur la chaîne qui ne s’appelait pas encore France 2, avec Continentales, le magazine de l’actualité européenne. C’est le premier magazine qui osait, à la fin, diffuser des épisodes en V.O.S.T. de séries kitschissimes comme les Golden Girls et Chapeau Melon et Bottes de Cuir.
Ma grand-mère maternelle en était friande.
Nous regardions donc ces séries débiles, moi à demi jouant par terre et elle me surveillant à moitié depuis le canapé du salon… Et je buvais, en même temps qu’une grenadine, les très excellentes actualités d’Alex Taylor, prononcées (au contraire des animateurs français habituels) avec un bon débit, une diction parfaite, et dans un français châtié, tempéré de l’accent britannique le plus léger…
Et le plus sexy, ne le nions pas.
Mais l’Europe, ma bonne dame, c’est loin du franchouillard de base, et ça ne fait pas vendre… Ce fut l’une des deux raisons pour laquelle Alex Taylor fut remercié. La deuxième est que, plutôt que de se cacher, il fit son coming-out dans un article de Elle. Enfin si l’on peut dire… Il ne fit que mentionner son partenaire par le pronom « Il » lorsqu’on l’Interviewa.
Ce pronom fut, dans l’article final, transformé en « Elle », malgré que, plusieurs fois, la journaliste de Elle eut demandé confirmation téléphonique après-coup à Alex Taylor. Le magazine a décidément eu des déboires avec un pronom qu’ils sont pourtant habitués à utiliser en titre… Elle a toujours été un magazine de pétasse bourgeoise (l’interview de l’ex-première dame, récemment, ça ne vous dit rien ?).
Voyant l’article publié, le futur ex-animateur leur envoya une lettre aimable leur disant qu’il ne souhaitait pas qu’on mente sur sa vie, que l’homosexualité était légale depuis 1981 et qu’il n’avait pas à se cacher. Ceci sonna le glas de sa carrière, au moins pour un temps, la deuxième chaîne ne pouvant admettre un présentateur publiquement gay si tôt (plus de dix ans !) après la dépénalisation.
Certes, il avait démarré comme animateur radio sur Fréquence Génération, vite devenue Fréquence Gaie, et son homosexualité était un secret de polichinelle… Mais, que voulez-vous ? Vox populi, vox vetravisio…
Pourtant, cet anglais bon teint ayant grandi dans les Cornouailles, Scholar à Oxford (ayant eu la meilleure note dans chaque matière à l’examen d’entrée, oui madame !), a vraiment la tête du gendre idéal. Très grand, brun, les traits réguliers, le torse velu de James Bond et les yeux innocents d’un séminariste, il a tout pour plaire, non ? En tout cas il avait tout pour me plaire à l’époque.
Mon éveil sexuel de fit par, entre autres, Alex Taylor et Tom Selleck (le dimanche après-midi dans Magnum)… Et je garde jusqu’à aujourd’hui un goût certain pour les hommes velus !
Je ne le compris que plus tard, cet homme m’a enseigné une importante leçon. Et si je n’en étais pas exactement amoureux, c’est que je n’étais pas assez vieux pour l’être. Ce sont là des révélations personnelles comme on en trouve peu sur ce blog : Alex Taylor est le premier personnage public a m’avoir familiarisé avec l’homosexualité… et surtout ses aspects positifs.
C’est le premier à s’être montré jeune, beau, intelligent, professionnel, heureux, bien payé, en couple, aimable, doté d’un grand sens de l’humour, encore en vie, ET homosexuel, du moins à mes jeunes yeux. Je n’étais alors pas le moins du monde pubère, mais c’est bien Alex Taylor qui a semé en mon terreau fertile les graines de l’acceptation : l’homosexualité, ça n’est ni la mort, ni une tare !
D’autant qu’Alex Taylor ne tarda pas (trop) à retrouver du travail. Sa carrière est marquée par un poste sur Arte et un sur France Inter (pour la revue de presse européenne), des apparitions dans de très nombreux débats et colloques (il parle six langues européennes, le bougre !), à l’Eurovision, et plus récemment l’animation de débats dans Le Set sur la moribonde PinkTV…
Il a travaillé pour la BBC et pour France Info, il a été directeur des programmes pour Radio France Internationale… bref, il touche sa bille.
Et même s’il a présenté ce dont d’autres que lui auraient eu honte, comme les élections de Mr. Bear ou de sombres congrès d’entreprises oubliées, il a aussi eu l’honneur de commenter des visites en France de la Reine Elizabeth II, et d’animer d’importantes conférences sur l’Europe à la Sorbonne avec le président Chirac et ses ministres…
Et s’il a mangé de la vache enragée et avalé quelques couleuvres, il n’a jamais compromis son intégrité.
Pour Alex Taylor, un diplômé de langues étrangères d’une université ô combien prestigieuse, un Anglais qui a fui son pays répressif pour vivre dans une France nouvellement tolérante des homosexuels dans les années 80, qui a voyagé partout et découvert de nombreuses cultures et qui vit aujourd’hui à Berlin, l’Europe, ce n’est pas qu’une spécialité, c’est une évidence !
A mon humble avis (qui n’est pas humble du tout, mais tant pis), bien des gens devraient en prendre de la graine. Il n’y a guère que pour les grandes entreprises et les politiciens que l’Europe est une évidence, de nos jours, du moins aux yeux des français. Dans tous les autres pays européens, quel que soit le point de vue, l’Europe, ce n’est pas loin, ni flou, c’est l’avenir, c’est le présent !
C’est donc le cœur battant, bien que léger, que je suis allé quérir, jeudi dernier, à la librairie gaie Les Mots à la Bouche, une dédicace auprès d’Alex Taylor. J’avais en main son livre autobiographique, le Journal d’un Apprenti Pervers. L’éditeur JC Lattès vient en effet de publier la vie parfois triste et souvent drôle, haute en couleur, d’Alex Taylor, toujours journaliste et toujours indépendant.
De le rester longtemps, c’est tout le bien que je lui souhaite. Quant à vous, chers lecteurs, je vous souhaite de découvrir Alex Taylor avec sa barbe de trois jours et ses cuirs de moto (miam !), à travers son livre ou bien en vrai (c’est quelqu’un de très ouvert pour peu qu’on le retrouve sur Internet). Mais, par pitié, ne lui faites jamais, JAMAIS le coup de My Taylor is Rich…
Jacques Chirac est loin d’avoir été le premier à la lui faire.
mercredi 24 octobre 2007
Chanson de gestes...
Vous l’avez constaté comme moi, certaines personnes parlent avec les mains.
Et je m’en fiche… Je veux dire, lorsque quelqu’un appuie certaines de ses paroles de mouvements plus ou moins violents et théâtraux de ses mains, de ses bras, de ses doigts, les écartant, les rapprochant, les avançant selon des gestes vagues… à la limite, ça ponctue, ça anime. Le français comporte même un certain nombre de gestes idiomatiques que le monde nous envie.
Ce qui m’énerve vraiment, en revanche, ce sont les gestes infantiles, qui… Ah, comment vous l’expliquer ? On a l’impression que soit le type qui fait ce geste est complètement taré, soit il vous prend bel et bien pour un con. Ce sont des gestes qu’on pourrait dire explicatifs, pas du tout nécessaires, et qui rappellent la signification des mots que sont en train de prononcer les gens qui les font.
Vous voyez de quoi je veux parler ?
Par exemple, est-ce qu’on vous a déjà demandé l’heure dans la rue ? Moi si. Presque invariablement, le pauvre imbécile montre son poignet gauche vide tout en demandant « Vous avez l’heure ? ». Déjà, la question correcte est « Quelle heure est-il, s’il vous plaît ? » ou « Quelle heure avez-vous s’il vous plaît ? »… Ensuite, pourquoi montrer son poignet vide ?
Je sais très bien où devrait se trouver ma montre, je ne suis pas débile… Je sais aussi que pour donner l’heure à quelqu’un, il faut que je regarde ma montre, pas besoin de me le rappeler. Et je n’ai pas besoin d’une preuve que le poignet de celui qui me demande l’heure n’a pas de montre ! Notez qu’il n’existe aucun geste pour les montres à gousset ou les portables qui donnent l’heure…
Et, vous avez remarqué, c’est toujours quelqu’un qui ne vous connaît pas qui vous fait le coup.
D’ailleurs les touristes en sont fous, de ces petits gestes, et pour cause : quand on ne parle pas la langue… Mais le truc, c’est que beaucoup de gens le font dans leur pays d’origine. Ils le font lorsqu’ils ont l’impression de parler à un inférieur, à un barbare, quelqu’un qui ne comprend pas le langage humain et parle uniquement par signes…
Dans les magasins, petits ou grands, ce genre de geste est endémique. Comme si les mots ne suffisaient pas, des crétins congénitaux se croient obligés de demander le chemin des escalators en pointant alternativement le doigt vers le haut et vers le bas… un mouvement de va-et-vient haut/bas/haut d’une rapidité quasi-balistique, censé faire comprendre le concept de l’escalator, c’est un peu tiré par les cheveux, non ?
Récemment, je me suis rendu dans un magasin de bricolage plein de beaufs : les imbéciles gestuels pullulaient.
Devant un vendeur apathique, l’un d’entre eux secouait sa main de bas en haut… L’escalator ? Non, il avait serré les doigts comme pour tenir un outil. Il cherchait le rayon des pots de peinture. Pourquoi avait-il alors mimé l’usage du pinceau ? Cela ne prête-t-il pas à confusion avec le rayon des pinceaux ? Non, parce qu’il avait aussi indiqué verbalement sa requête au vendeur… Rendant pas là même son geste superflu !
Apparemment, les bricoleurs croient que les vendeurs sont débiles, même lorsqu’ils leur demandent des conseils, ou ont viscéralement besoin d’utiliser leurs mains. J’en ai vu mimer l’usage du tournevis, de la chasse d’eau à chaîne, voire du marteau : très abstrait, très primaire, en fait, en frappant simplement du poing dans son autre paume plutôt qu’en faisant semblant de frapper avec un outil !
Et dans les restaurants, c’est pire : tout le monde le fait.
Il existe un véritable code gestuel inutile, comme entre joueurs de baseball. Dans un café, je peux comprendre : il y a du bruit. Mais dans le bruit blanc feutré de la musique d’ambiance douce d’un grand restaurant, c’est prendre les gens pour des cons. Surtout que de nombreux gestes sont parfaitement vulgaires. Enfin, je suppose qu’on paie aussi pour que le personnel stylé ne s’offusque de rien…
Les gestes comme faire tourner son index horizontal devant soi dans l’air pour signifier le mot « ensuite » pendant qu’on le dit au serveur, c’est inutile, mais ça passe. En revanche, montrer ses propres convives du doigt plutôt que de les appeler Monsieur, Madame ou Mademoiselle, pour signifier leur choix au serveur à leur place, c’est un peu rude…
Et franchement, est-il besoin de montrer au serveur ce que signifie les mots « grand » ou « petit » en écartant plus ou moins les mains ?
Pour demander un menu, joindre les mains puis les ouvrir comme un livre, pourquoi pas… Mais tout de même, le célébrissime geste du poivrot qui replie tous les doigts d’une main sauf le pouce et l’auriculaire, et place cette bouteille de pantomime devant sa bouche en cœur, est-ce bien raisonnable ? Il est odieux et vulgaire, et c’est pourtant lui qui est employé pour demander du vin, ou simplement à boire !
Signifier au serveur que l’on désire payer l’addition en faisant semblant de faire un quelconque gribouillis dans l’air au dessus de sa tête (en souvenir des fiches qu’il fallait signer et des chèques qu’il fallait faire avant les digicodes des cartes de crédit), ça a le mérite d’être clair. Mais, quand il est à moins d’un mètre, est-ce qu’on a vraiment besoin du geste ?
Il y en a plein d’autres, utilisés dans des tas de circonstances (souvent par les mêmes couillons, d’ailleurs).
Faire tourner son index au dessus de sa montre pour indiquer le retard… Secouer ses mains alternativement, un peu comme lorsqu’on court, pour appuyer un « vite, vite ! »… Faire tourner un volant imaginaire pour indiquer que l’on recherche un parking… C’est parfois très inventif ou très amusant, mais c’est à se demander pourquoi il existe des mots !
Mais je crois que le geste qui m’agace le plus, c’est lorsque quelqu’un me raconte une anecdote dans laquelle il y a une conversation téléphonique… Et qu’il forme une espèce d’escargot qu’il remue en face de son oreille, rappelant étrangement la bouteille de l’ivrogne un peu plus haut, pour figurer un téléphone ! C’est à pleurer, de rire ou de consternation.
Et les gens qui font ça poussent le détail redondant très très loin, comme sur une scène… Scénario hypothétique :
Le téléphone sonne. Dring dring (regard latéral vers un téléphone imaginaire) ! Je décroche (là, il fait le geste de décrocher son combiné imaginaire qu’il figure avec les doigts). Alors là je dis « Allô ? » (là, il change de main pour figurer l’autre interlocuteur). Et là l’autre, elle dit : « Oui, c’est bien monsieur Machin ? » (re-changement de main) Alors moi j’ai répondu : « Oui, c’est moi ! » Alors elle dit (re-changement de main) « Ah, vous êtes monsieur Machin, qui habite rue Truc ? ». Alors moi j’ai dit (re-changement de main) « Oui, c’est ça… ». Alors elle, elle dit (re-changement de main) « J’ai la référence de votre article du magasin Bidule, vous pouvez venir le cherchez, vous voulez bien noter le code de l’article ? » Alors moi j’y ai dit (re-changement de main) « Oui, bien sûr, laissez-moi prendre un crayon ! » (et là, il fait le geste de coincer le combiné imaginaire dans le creux de son épaule, puis d’écrire avec le doigt sur le plat de l’autre main !) « voilà, je suis prêt ! »…
Et ainsi de suite, ad nauseam. Ça m’énerve… mais ça m’énerve ! C’est un peu hypocrite, je le reconnais, parce que je l’ai déjà fait par inadvertance. Mais je me surveille, parce que vraiment… ah, ça m’insupporte ! Je sais très bien à quoi ressemble un téléphone, et même – ô stupeur ! – comment on l’utilise, pas la peine de me rappeler tous les détails évidents et répétitifs de cet épisode sans intérêt !
La prochaine fois qu’on me fait un coup comme ça, je demande si je peux aller aux toilettes tout en montrant ma bite du doigt… Ou pire. Pour une fois, ça leur fera les pieds.
mardi 23 octobre 2007
Les vies parallèles...
Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire vraie… Du moins, une histoire que je crois. En effet, elle provient d’Internet, et, même si elle a été confirmée par plusieurs sources, la principale n’est autre que BMEzine, le e-zine de la modification corporelle (du mini-tatouage tendance au fanatique de la scarification). Libre à vous, donc, de ne pas la croire…
Cette histoire parle des sept poignées de main. Vous savez, le genre de choses qui permet de faire du name dropping à tire larigot, comme quoi nous sommes tous à sept poignées de main de n’importe qui d’autre sur Terre, y compris les célébrités. « Je connais un type qui connaît un type qui m’a fait entrer dans une soirée ou j’ai rencontré… » Vous connaissez la chanson.
Mais là, c’est un poil différent… Je vais vous parler de Louie.
Louie, après une respectable carrière comme géologue au service de la compagnie pétrolière Getty Oil, avait pris sa retraite à Palm Springs dans une villa cossue. Comme beaucoup de retraités, sa maison était pleine de souvenirs, de photos de ses enfants, petits enfants, et d’objets d’art acquis durant ses voyages… Et des livres, bien sûr, à ne plus savoir qu’en faire.
I avait aussi des vidéos, et une collection incomparable de CD des grands classiques, et (c’est presque obligatoire à Palm Springs) une grande piscine turquoise dans son arrière-cour, entourée de graviers, de haies et d’arbres fruitiers pour nourrir les oiseaux autant que les abriter, car Louie était aussi ornithologue amateur… Bref, c’était une maison ou l’on pouvait se sentir bien chez-soi !
A part ça, Louie buvait et fumait trop, il était soupe au lait jusqu’à l’insulte et ne surveillait jamais son régime… Mais personne n’est parfait. C’est le genre de papy qu’on imagine sans autres histoires à raconter que des contes pour enfants… Seulement lui, il était gay et fan de piercings, et il était garde-malade volontaire pour des gens atteints du SIDA… ce qui l’avait séparé du reste de sa famille.
Ils se voyaient cependant lors de leurs rares visites à Palm Springs (ils habitaient à Santa Fe, Texas, le fils de Louie étant alors chef de cabinet pour le gouverneur de cet état). Quelques photos de famille bien souriantes malgré de vieilles rancunes, sommes toutes, et malgré le fait qu’il ait divorcé juste après avoir fait un coming-out plutôt mal perçu…
De vieilles histoires, des divergences d’opinion, d’ailleurs normales entre une famille plutôt conservatrice et un vieux gay au mode de vie marginal. Il n’empêche que ses piercings et son homosexualité ne l’ont jamais empêché de gagner sa vie, de se marier plusieurs fois, ni d’aimer ses enfants adoptifs. Cependant, ce ne sont pas ses histoires de familles que Louie partageait le plus volontiers.
A peine quelques commentaires de certains invités, lors des fêtes qu’il donnait dans son jardin, pour rappeler « au fait, tu sais qui est son fils, non ? »… Passons.
Il n’hésitait pas, à ceux qui faisaient preuve de curiosité, à montrer les anciens numéros de PFIQ (Piercing Fans International Quarterly), le premier magazine sur le piercing au monde, qui dépeignait plus justement une communauté que l’on considérait à l’époque comme une petite poignée de fétichistes pervers… Alors qu’aujourd’hui, vous êtes ringard si vous n’avez qu’une boucle d’oreille.
Et dans ce magazine, il y avait Louie. Enfin, pas son visage, mais ses piercings… C’était d’ailleurs l’un de leurs modèles de couverture les plus connus, pour une raison simple : Louie avait une quantit impressionnante de piercings génitaux, tous en or, et tous détaillés dans ce magazine. Et Louie partageait sa passion, non pas pour le piercing, mais pour une communauté alternative.
Il racontait ses aventures à travers la communauté de la modification corporelle à Los Angeles, dans les années 70 et 80… Les piercing parties ou, faute de boutiques avec pignon sur rue et approbation des autorités, on perçait à la maison, sur je ne sais quelle table de salon, parfois même sous la supervision d’infirmiers ou d’étudiants en médecine.
Qui s’en soucie, hein, au fond, des élucubrations soixante-huitardes d’un vieux pervers ? A moins bien sûr d’y regarder de plus près… Louie n’était pas un simple amateur d’aiguilles, c’était un type EXTREMEMENT percé qui, dans les premiers temps de cette communauté, a été d’une grande influence, et a aidé à la faire connaître lorsqu’elle s’est montrée au grand jour.
Pour info, il portait le pseudonyme de Indy lorsqu’il posait pour des photos.
Louie parlait aussi d’un gars dénommé Jim, l’un de ses amis. Oh, vous le connaissez peut-être : Jim Ward, du Gauntlet, le premier et mythique magasin de piercing, qui a pratiquement fondé la communauté des percés telle que nous la connaissons aujourd’hui, ses méthodes, ses tendances… Et qui a tout simplement démarré ce qu’on appelle aujourd’hui l’industrie ou le marché du piercing.
Parce que les percés ont en général une excellente hygiène, figurez-vous. Sinon, c’est l’infection qui guette ! Depuis Jim Ward, tout a été fait pour qu’on reconnaisse qu’il ne s’agit pas d’une poignée de tarés drogués anarchistes suicidaires fans d’aiguilles rouillées, mais bien une communauté étendue de gens qui, pour une raison ou l’autre, aiment ces bijoux et les portent.
Quant à Louie, il s’appelait en fait Louis Claude Rove, et son fils adoptif n’est autre que Karl Rove. Louie est mort en silence à Palm Springs alors même que son fils menait la campagne de George W. Bush, celle-là même qui revitalisa la droite chrétienne des Etats-Unis, les fondamentalistes, les évangélistes… Le tout en mettant les drogués, les gays et les modes de vie alternatif dans le même sac marqué « à brûler ».
Et Karl Rove n’a jamais dit aux amis de son père que celui-ci était mort. Il n’a jamais appelé personne à part la famille, ni composé un seul des numéros de téléphone de l’agenda de son père. Il n’a pas invité les gens qui ont passé plus de temps que lui auprès de cet homme lorsqu’il l’a enterré. Personne n’a su s’il y avait un service funèbre, ni où Louis Rove est actuellement enterré.
Si vous vous intéressez un peu à l’actualité des Etats-Unis, la prochaine fois que vous verrez Karl Rove (aujourd’hui moins actif) sur CNN qui parle la larme à l’oeil et quelques trémolos dans la voix de George W. Bush et de son amour pour son pays, n’oubliez pas ce commentaire oiseux… « Au fait, vous savez qui était son père, non ? »… Et n’oubliez pas comment il s’en est débarrassé comme d’un malpropre.
Celui qui a raconté cette histoire le premier, un homme percé qui mène une vie professionnelle et familiale sans histoire, écrit pour des journaux locaux, jardine, et qui s’est vu en une occasion oubliable féliciter par le président Bill Clinton en 1996, a tenté de mettre ces quelques faits sur Wikipedia… ils ont été aussitôt effacés. Est-elle vraie ? Est-elle exagérée ? Est-elle totalement fausse ?
Ce serait bien dans le ton de l’anti-bushisme primaire que d’exagérer et de mentir (voyez Michael Moore). Et ce serait bien dans le ton des néo-conservateurs de vouloir étouffer tout ça. La fille lesbienne de Dick Cheney n’est qu’un cas parmi tant d’autres de parents et d’enfants séparés par des valeurs opposées. Loin de moi l’idée de distribuer la palme ou l’anathème, cela dit…
Karl Rove n’est pas démoniaque… Il faut savoir que sa mère s’est suicidée, et que son papa Louie n’avait pas le caractère le plus stable qu’on puisse rêver, en plus d’être un gay fétichiste du piercing fort connu dans son milieu. Quoi qu’il en soit, cela ne veut pas dire que Karl Rove n’aimait pas le père qui lui a prodigué son amour, ni qu’il a été mal élevé…
La preuve, Karl Rove est l’un des architectes d’un mouvement culturel d’importance majeure dans la société occidentale, qui touche à tous les domaines de cette société ; un mouvement qui a maintenant une influence mondiale. Le parallèle est évident avec son père, dont les réussites sont similaires… Dans un cas il s’agit de la droite évangéliste, dans l’autre de la communauté du piercing !
Voilà en tout cas, pour ceux qui ne croiraient pas à cette histoire, les photos quelque peu choquantes de quelques uns des piercings d’Indy, alias Louis Claude Rove :
dimanche 21 octobre 2007
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les cheminots sans jamais oser le demander !
Le trafic revient progressivement à la normale sur toutes les lignes de transports en commun, et cette grève monstrueuse se révèle plutôt un baroud d’honneur… Les grévistes se sont bien mis à dos l’opinion publique, même si on les comprend un peu : entre autres, on leur supprime un avantage social, certes injuste, mais un avantage tout de même. Ne feriez-vous pas la même chose ?
D’aucuns disent qu’il aurait fallu abaisser le nombre d’années de cotisation pour tous les autres plutôt que de supprimer ces régimes spéciaux, mais ça, c’est trop cher… Déjà que la réforme soi-disant révolutionnaire du service minimum est totalement exsangue par rapport au texte de départ (oui, on ne peut rien changer du premier coup en France, normal, chacun tire à hue et à dia…).
Peu importe. Il a été dit beaucoup d’imbécillités, de tous les côtés, à propos des grévistes comme à propos des pouvoirs publics. Il circule des canulars en image (et vieux en plus) pleins de désinformation, tant sur les avantages prétendus des agents de la SNCF que, au contraire, sur le fait qu’ils travailleraient plus que les autres… Et tous les médias d’en rajouter à qui mieux mieux.
Sachez ce qu’il en est réellement avant de dire que ce sont tous des flemmards ou que Sarkozy rime avec nazi !
Selon le rapport d’activité de la SNCF 2006 (facilement trouvable sur leur site), la dette à financer de la SNCF est d’un peu plus de 6,5 milliards d’euros. Les subventions annuelles de l’état s’élèvent chacune à quelques 4,6 milliards d’euros en provenance de sources diverses, en augmentation, pour aider au désendettement. La recette annuelle du secteur des transports reste chiffrée en milliards.
L’état aide en sus la SNCF en lui versant une compensation égale au manque à gagner lors des ventes de billets à tarif réduit (quel que soit le tarif). L’état (donc nos impôts) règle donc la différence lorsque le prix du billet ne correspond pas au coût du transport, du moins tel qu’il est estimé par la SNCF, et qui augmente ! Aucune entreprise ne bénéficie de ce genre de traitement, mais c’est normal, c’est un service public.
Certes, les retraites à régimes spéciaux sont dits autofinancées, mais, compte tenu des subventions (souvent justifiées, d’ailleurs, pour moderniser les infrastructures notamment) apportées à l’entreprise de tous les côtés, et au bout du compte, les régimes spéciaux sont financés en partie par les salariés, en partie par la SNCF, et en partie par l’état.
Ce n’est pas exactement une épine gigantesque dans le pied du budget… c’est plus une question de principe.
En effet, les travailleurs de la SNCF et de la RATP ne représentent qu’une fraction infime de la population active, et semblent bien faire grève plus que n’importe qui. C’est le cas, bien sûr, ils font plus grève que d’autres… mais la différence n’est pas si énorme. La question est de savoir s’ils sont réellement privilégiés ou si, au contraire, leurs grèves sont justifiées.
En 2004, le salaire des conducteurs était entre 1500 et 3400 euros, net, selon l’ancienneté. Il a depuis été augmenté (je refuse d’employer le terme revaloriser, parfaitement vague). Il existe encore de nombreuses primes, notamment de pénibilité, même si la prime de charbon dont tout le monde parle a été supprimée depuis longtemps…
Il n’existe pas non plus de prime d’absence de prime, comme le prétend un fameux hoax transmis par e-mail qui date d’il y a des années ! La SNCF accorde plus ou moins les mêmes primes que dans la plupart des grandes entreprises. Les employés de la SNCF sont d’ailleurs aux 35 heures, en ne font ni plus ni moins d’heures que les autres, au contraire de ce que prétendent certains !
Les véritables avantages des employés de la SNCF sont, à bien y regarder, une couverture sociale excellente, un travail qui (en dehors des risques encourus par la minorité de conducteurs dans les quartiers pourris) devient de plus en plus facile à mesure que les engins sont bourrés d’électronique, et une retraite à cinquante ans (notamment pour les cheminots des TGV).
Il est à noter que les jours de grève de ces personnes sont payés, au contraire de… ben, de tout le monde ! J’ai toujours trouvé ça inqualifiable. Quand on bosse, on est payé, quand on fait grève, on assume ! Passons.
De plus, beaucoup sont fonctionnaires, et non pas agents de l’état ou contractuels, bénéficiant donc d’une certaine sécurité de l’emploi… Si, si, je vous vois pousser les hauts cris en disant qu’on a laissé partir cette année de nombreux fonctionnaires ! Eh bien c’est faux. On n’a pas renouvelé le contrat de certains, et on ne remplace pas les départs en retraite, mais il n’y a eu que peu de licenciements.
Voilà. Ce sont des données très officielles. Moi je constate que, sans être aussi choyés que les programmeurs chez Google, et sans forcément être des flemmards, les agents de la SNCF ont beaucoup d’avantages… Et j’en ai entendu qui se plagnaient de travailler dans des conditions pires que celles du secteur privé : un comble, au vu de ce que nous venons d’énoncer !
Le fait est qu’aucune autre profession, en se mettant en grève, ne bénéficie d’un moyen de pression aussi extraordinaire sur le gouvernement : quand les charpentiers ou les coiffeurs se mettent à manifester, le pays est loin d’être paralysé ! De ce fait, beaucoup font la grève surprise pour un oui ou pour un non, simplement pour faire un pont par exemple. Ne riez pas, souvenez-vous, c’est arrivé !
Et ça, c’est une vraie injustice : si, selon les alternatifs et d’autres, la grève est une arme, certains sont des bazookas tandis que d’autres sont désarmés.
samedi 20 octobre 2007
Khatagstrophe !
Ceux qui suivent ce blog savent que je teste souvent de bons restaurants et que j’aime manger, bien manger… Je suis ce qu’on pourrait appeler un gourmet, je ne m’en cache pas, même si je n’en tire que peu de fierté : je trouve qu’il est normal d’éduquer son goût et de ne pas manger de la merde, mais je n’ai rien contre la nourriture chimique, les hamburgers, ni quoi que ce soit !
Je n’hésite donc pas à découvrir de nouveaux horizons culinaires, et j’ai des goûts variés. Eh bien là… Je ne pensais pas trouver ça un jour. Enfin, je savais que ça existait, mais je ne pensais pas un jour en faire l’expérience… Je parle d’un restaurant, mais pas n’importe lequel. Un restaurant immonde. VRAIMENT immonde. Le pire. Et je pèse mes mots.
Pourtant, j’en ai bouffé, de la daube, j’en ai vu, des cafards dans les restaurants…
C’est fatal, comme le dit le proverbe, qui mange des tripes avale parfois de la merde… J’en ai goûté, de la soupe à l’oignon en poudre avec du gruyère en sachet, de la galette bretonne de superette, des « authentiques pirojkis » à la pâte feuilletée Herta, du blanc de poulet passé au vinaigre avec une sauce maïzena+eau et un champignon en conserve présentés comme « escalope de veau à la crème »…
Eh bien ça, jamais.
Je ne serais jamais entré dans ce restaurant si les circonstances ne m’y avaient forcé. Je n’aurais pas dû entrer, d’ailleurs, mais me fier à mon instinct pour repérer les bons endroits… Mais je devais retrouver des amis plus tard, c’était un soir de week-end et tous les autres restaurants du coin étaient bondés. J’avais faim, et, poussé par une curiosité parfois morbide pour les plats inconnus, je passai la porte.
Le Khatag, restaurant tibétain de la rue Quincampoix, à peine à deux numéros d’un très bon salon de thé, était beaucoup moins rempli, ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Il est aussi beaucoup moins classique dans son menu qu’un énième restaurant français, chinois, italien ou japonais… Et beaucoup moins cher. Vu le cadre, ça aurait dû me paraître suspect…
Le cadre, parlons-en.
Une décoration très tibétaine, façon lamaserie, avec des pans de tissus en patchwork d’oriflammes un peu partout, sans doute faite avec des cravates en polyester arrangées en écailles, et plein de trucs en toc qui recouvrent les murs jaunis de cet espèce de halle aux fines colonnes. Pas hyper génial, mais quand même une lumière tamisée et des nappes sur les tables.
La cuisine au fond, derrière un comptoir, les toilettes propres mais loin d’être nickel, sommes toutes, ça peut passer. Au moins pour un repas, comme ça. Je suis allé dans des cantines japonaises très correctes, voire excellentes, rue Ste Anne, et dans des restaurants chinois qui n’étaient pas pires. D’autant que le personnel semble aimable.
Parlons à présent du menu.
La carte n’est pas très grande, mais originale. Après tout, qu’est-ce que l’Himalaya peut bien offrir de familier en terme de gastronomie ? Le temps de me faire comprendre de la serveuse, je commande un menu a l’air absolument typique, imprononçable comme il se doit : une entrée de vermicelles (froids me dit-on, pourquoi pas) et un plat de poulet.
Les espèces de biscuits d’apéritif tibétains en forme de tagliatelles pas cuites, équivalent des chips aux crevettes des restaurants chinois, sont assez fades, mais ont l’air spécialement faits… Le pain tibétain servi avec le menu n’est pas si spécial que ça, c’est juste une brioche chinoise à la vapeur sans rien dedans, donc rien de très goûteux ni de très original.
Mes vermicelles froids sont arrivés après quelques minutes. Ils étaient glacés, mais admettons que les sortir du frigo fasse partie de la recette. Admettons aussi que les champignons noirs gélatineux au rabais chez Tang en fassent partie aussi. Les deux feuilles de salade plutôt vieilles au fond de l’assiette, aucun problème non plus, même si l’ensemble est dégueulasse.
En fait, ce plat que j’ai commandé n’est qu’une petite portion de vermicelles transparents aux champignons noirs posée sur un peu de salade pour décorer, et arrosée de vinaigre de vin (et du pas cher en plus). Il n’y a pas d’autres ingrédients que ça, je vous jure… Et si les tibétains ne mangent que ça, alors il faut arrêter de militer et laisser la Chine leur apprendre la vie (mais heureusement pour eux, j’en doute).
Oui, je veux bien admettre que ce soit ce plat là, si simple et si mauvais soit-il, que j’ai commandé…
En revanche, les petites crottes de rat sur le côté des vermicelles, que je n’ai remarqué qu’à la deuxième bouchée à cause de la lumière très tamisée, je suis à peu près sûr de ne pas avoir vu ça au menu. Oh, et ne venez pas me dire qu’il s’agissait d’une épice tibétaine spéciale de forme noirâtre et un peu longue, je sais reconnaître la crotte du rat ou de la souris quand je la vois !
J’ai adoré le film Ratatouille et je trouve les rongeurs très mignons en temps ordinaire, mais là, je suis quand même sorti du restaurant. Sans faire de scandale, toutefois, ce n’est pas mon genre : je me suis levé et je suis parti, en expliquant au serveur qui s’est approché en me voyant me lever que NON, je n’étais pas satisfait, qu’il n’avait qu’à regarder dans mon assiette pour savoir pourquoi.
Et je suis sorti sans payer, bien vite pendant qu’ils regardaient, pour aller vomir dans quelque sombre vespasienne.
vendredi 19 octobre 2007
La question...
Ah, voilà un questionnaire bien débile comme je les aime. C’est le genre de choses amusantes et bizarroïdes héritées des premiers psycho-tests à la mode du XIXe siècle, comme celui de proust (qui n’est pas de lui, d’ailleurs, mais qu’il a habilement détourné comme un gros fumiste). Vous savez, les questions classiques sur vos lectures, ce que vous pensez de telle ou telle chose, un portrait pseudo-chinois…
Je l’ai trouvé sur le blog de Cédric Darval de Bayen (en cours de déménagement/rénovation, mais toujours actif, et que je vous recommande). Lui-même l'avait trouvé sur Que dire ou faire, un autre blog que je ne connaissais pas. C’est le type même du questionnaire qui fait tache d’huile… Autant j’aime bien y répondre quand j’en trouve un, autant ça me révulse quand on me l’envoie par mail.
C’est comme ça, je n’aime pas cette espèce de vente forcée des idées qui s’invitent dans votre espace, comme les pubs qui s’affichent à l’entrée des sites web ou qui s’ouvrent carrément par-dessus le texte. Surtout celles que vous ne pouvez pas fermer… Mais passons là-dessus, et aux questions, à l’aide d’un zeugme de bon ton tel que je n’en avais pas employé depuis longtemps.
Comment va la vie en 24 questions : (quelle sobriété dans le titre...)
1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la quatrième ligne.
Oui, alors, c’est un peu con, pour tous les livres les plus proches de moi, la page 18 est immanquablement dans la préface… Ou l’introduction, mais c’est toujours un crétin qui l’écrit et pas l’auteur. Et si je voulais, je pourrais arguer que j’ai effectivement copié la ligne sur papier, et que je n’ai pas à vous l’écrire ici, et que la question est mal formulée… Mais soit, je ne triche pas :
« derrière des êtres de fiction auxquels il prête sa voir et » (Préface de Jean Canavaggio dans l’édition Folio classique de Don Quichotte, volume I, de Miguel de Cervantès)
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
Je dirais 15h, à peu de choses près. J’aime cette question : Simple, efficace, bien faite. C’est presque la seule…
3) Vérifiez.
C’est fait. J’ai vérifié. Dommage que personne ne m’ait demandé de lui donner l’heure… Ah, mais tant pis, je vous la donne quand même, malgré le fait que l’imbécile qui a conçu ce questionnaire privilégie le journalois percutant au français : Il est 15h12. Comme quoi, je n’étais pas loin.
4) Que portez-vous ?
A bout de bras ? Rien. Sinon, question parfum, je porte toujours Hot Play, de Lacoste. En ce moment, je porte la barbe, aussi. Maintenant, en guise de vêtements, je porte des chaussettes noires démarquées tout à fait basiques, un boxer gris H&M, un t-shirt noir Canda (oui, je sais, je me gauchise, mais c’est que je reste chez-moi…) des jeans Diesel et un pull marin Val de Saire, sans oublier mes lunettes Calvin Klein (Ah, ça va mieux !)… et une cinquantaine de grammes d’acier chirurgical, pour les connaisseurs.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Le blog de Cédric Darval de Bayen où j’ai trouvé ce questionnaire, évidemment. En voilà une question stupide. Par extension, on pourrait répondre « l’écran de mon ordinateur », mais c’est si facile…
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Mon larbin métèque sous-payé qui sue et passe l’aspirateur dans quelque autre pièce lointaine de mon immense demeure ancestrale. Rien que ça.
7) Quand êtes-vous sorti pour la dernière fois ? Qu’avez-vous fait ?
Aujourd’hui en fin de matinée, je suis allé faire l’emplette de papiers colorés pour emballer des cadeaux. En effet, la saison d’hiver arrive, avec son cortège d’anniversaires et la fête de Noël : il faut prévoir… Je n’ai pas pu résister à l’achat compulsif d’un ou deux livres, comme d’habitude. Je suppose que ça n’était pas sur ce genre de sortie que portait la question, mais que voulez-vous… C’est bel et bien la dernière fois que je suis sorti de chez-moi !
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Eh bien oui, c’est l’évidence même, puisque j’ai dormi ! Personne ne peut s’empêcher de rêver la nuit, même si beaucoup ne se souviennent pas de leurs rêves. D’ailleurs le contenu des miens ne vous regarde pas, que je sois assailli de rêves érotiques, que j’en fasse des absurdes, ou que des cauchemars torturent chaque nuit ma coupable conscience…
9) Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
C’est quoi cette question ? Elle me fait penser à certaines questions culpabilisantes hippies, chrétiennes, communistes ou autres, sortes de jingles publicitaires de la pensée unique qui sont censées vous faire prendre conscience qu’il manque quelque chose dans votre vie… Du genre « et la misère, vous y pensez ? » ou « tu t’es vu quand t’as bu ? », ou encore « dis, ça fait combien de temps que tu n’as pas vu un peuplier, une fleur des champs ? » (Claude François)… Il y a des tas de gens qui ne rient pas, qui n’ont d’ailleurs pas de quoi rire, et je pense qu’il faut les laisser tranquille s’ils n’ont pas envie ! Et ce même s’il faut rire de tout, mais pas avec tout le monde (Pierre Desproges. Eh oui, on a des références, ici, madame !). Pour ma part, je suis d’une nature très optimiste et prompte à rire du monde entier, comme je l’ai quelquefois énoncé dans ce blog. Alors… Je ne sais pas, moi… je m’esclaffe plusieurs fois par jour. Disons que le plus gros rire récent, c’était hier, lorsque le divorce du petit Nicolas S. de Neuilly est passé avant la grève (la fameuse grève annoncée, match ou pas, la grosse) aux infos, et a monopolisé l’attention des médias plus longtemps.
10) Qu’y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Du papier peint et de la peinture sur les boiseries, quelques jolis tableaux, un miroir. Je ne compte ni les portes ni les fenêtres (ils ne sont pas sur les murs mais dans les murs), ni les meubles (ils sont contre les murs).
11) Si vous devenez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez.
Bon, alors déjà, la concordance des temps, ça vous dit quelque chose ? Allez, un effort. « Si vous DEVENIEZ », imparfait, précède obligatoirement « achèteriez », le conditionnel passé ! C’est facile, et ça sonne mieux. D’autre part, qui vous dit que les gens qui répondent à ce questionnaire ne sont pas déjà multimillionnaires ? Eh, ça arrive, aussi. Quant à savoir ce que j’achèterais, je n’en ai aucune idée. Ce que je voulais m’acheter avant de devenir multimillionnaire, je suppose, c'est-à-dire une lampe de bureau.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
The Incredibles, en DVD, de chez Pixar et Disney. Toujours très marrant ! J’adore la plupart des films pixar, entre autres parce que la moralité de ces bluettes pour enfants (qui plaisent aux adultes) n’est pas exactement celle du vulgum pecus des dessins animés : les personnages de chez Pixar recherchent l’excellence, l’expression de leurs talents et de leur individualité, de ce qu’ils ont de plus que les autres, souvent face à une société normative… On retrouve particulièrement cette « philosophie Pixar » dans The Incredibles (les super héros sont forcés de vivre dans l’ombre parce que les autres sont jaloux et mesquins) et dans Ratatouille (le héros rat possède des talents hors du commun et se bat pour sortir du monde de l’ordure, puis surmonter la méchanceté humaine). C’est quelque chose qu’on n’apprend pas assez aux enfants, je trouve : sans faire de discrimination abusive, nous ne sommes égaux qu’au regard de la loi, en encore ! C’est apparemment cette philosophie d’excellence et d’expression qu’appliquent les artistes de chez Pixar pour arriver à un résultat toujours plus sublime.
13) Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Vous voulez dire, plus que d’habitude ? Bof, pas spécialement. Ah, si, tiens… A la librairie, un quadragénaire en costume assis sur un pouf dans le coin lecture pour enfants racontait de jolies histoires de livres d’images pour enfants en bas âge à une jeune femme de presque trente ans habillée en Jeans et pull-over. C’est un spectacle surréaliste mais habituel pour certains : il s’agit d’un démarcheur en livres pour enfants qui cherche à faire distribuer ses produits, et les présente du mieux qu’il peut.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Bof, ça ou peigner la girafe…
15) Dites-nous quelque chose que nous ne savons pas encore.
Eh bien, quoi que je puisse dire de général, il y a fort à parier que quelqu’un dans le monde ne le sache déjà. Mais vous le saviez, bien sûr… Allons, on va tenter quelque chose de fou, quelque chose que je suis le seul à savoir… « Je me demande à quelle heure je vais me lever samedi ».
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était un garçon ?
Thomas, Daniel, Roux ou Lancelot. Tout se négocie, bien sûr, mais ceux-là je les ai choisis depuis longtemps.
17) Si c’était une fille ?
Blanche, Isabelle, Catherine ou Caramel. Ne me demandez pas pourquoi.
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l’étranger ?
Oui, et c’est vrai que c’est à la mode, mais tous les pays où je voulais aller vivre ont des problèmes aussi tragiques que les nôtres, juste différents. Et pour certains, c’est pire.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Ah, la bonne vieille question de Bernard Pivot ! Si tant est que tout cela existe, j’aimerais qu’elle me dise « Bon, d’accord, c’est toi qui avais raison, tu peux redescendre maintenant ! »
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde ne dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Bon, déjà, pourquoi voudrais-je changer la politique et la culpabilité ? Ce sont deux choses tellement drôles, qui servent qu’à torturer ceux qui ne savent pas comment ça marche ! Mais passons… La paix dans le monde c’est très surfait mais ça marche toujours, de quoi nourrir tout le monde ça ne serait pas plus mal, plus aucune maladie c’est sympathique, la conquête de l’espace ce serait cool, la fin de l’esclavage, qu’il n’y ait plus de crimes, ni meurtres, ni viols, ni drogues, une vraie source d’énergie propre, pas chère et renouvelable… Oui, tout ça n’est pas si mal, mais je pense que ce qui ferait vraiment plaisir à tout le monde c’est l’abolition des impôts.
21) Aimez-vous danser ?
Uniquement avec un amant…
22) Georges Bush ?
… Quel est l’actuel président des Etats-Unis d’Amérique ? J’ai bon ? Non, sérieusement, vous êtes lourds avec Bush, les mecs… il n’en a plus pour longtemps, et on a eu assez d’anti-américanisme primaire pour douze générations ! N’empêche que Sarkozy a quand même été élu, et que le petit George, tout imbécile qu’il soit, a été élu légalement deux fois. Le chien aboie et la caravane passe.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardé à la télévision ?
Un tout petit morceau d’un film idiot qui passait hier soir avec Tom Hanks, Madonna et Geena Davis sur des joueuses de Baseball pendant la guerre. Je suis très vite allé faire quelque chose de plus intéressant.
24) Quelles sont les trois personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Aucune idée et je m’en fous. Je ne vais pas imposer ça à qui que ce soit !
jeudi 18 octobre 2007
Ensemble, tout devenait impossible...
C’est aujourd’hui que le couple Sarkozy officialise son divorce… une histoire sur laquelle François Hollande aurait mieux fait de se taire, vu ce qui lui est arrivé avec la couillonne de service, mais il n’a pas pu s’empêcher de dire que c’était mal. Comme d’habitude, il n’existe pas politiquement s’il ne dit pas que tout ce que fait Nicolas Sarkozy est mal, que voulez-vous !
Bon, autant vous le dire tout de suite, cette histoire de divorce, moi, je m’en balance, vu que ce qui m’intéresse chez ceux que j’élis, ce n’est pas leur vie de famille. En revanche, il y a énormément de gens en France qui jugent ça d’une importance capitale, à commencer par tous ceux qui ont craché dans la soupe lorsque Cécilia a voulu jouer un rôle quelconque au sein de l’état…
Mais quand même, c’est très fort…
Pour un divorce, même par consentement mutuel, et même quand on est président, il faut des mois de préparation, et un délai légal de réflexion. Qu’est-ce que ça nous dit, outre que les problèmes de couples des Sarkozy ne datent pas d’hier ? Que ceci était prévu. Prévu, archi-prévu, depuis longtemps, et pas simplement depuis une semaine ou deux que les médias en parlent.
La deuxième chose que ça nous dit, c’est que Nicolas et Cécilia sont des gens intelligents et raisonnables, qui, même s’ils se quittent, orchestrent l’officialisation des tours et détours de leur relation au fil des coups médiatiques qui profitent à l’un ou l’autre : Ensemble pour la passation de pouvoir, ils ne pouvaient pas ne pas savoir, à cette date, qu’ils allaient vers un divorce…
… et avouez que planifier la prononciation de son divorce par un juge JUSTE le jour d’une grève massive, pour que ça passe avant aux informations, là, chapeau !
Moi je vous le dis, il est très fort…
mercredi 17 octobre 2007
Punto : "je pique" en italien... ça ne s'invente pas.
Ne restons pas coincés au stade Anas du dernier billet… et faisons une parenthèse plus sérieuse.
Avez-vous eu la déveine d’assister à la dernière publicité pour la Fiat Grande Punto ? Cette voiture a été élue « première voiture citoyenne » par la ligue contre la violence routière, une association illustre et inconnue fondée en 1983. Ces gens aux intentions louables, qui ne sont pas des experts mais des lobbyistes entourés de bénévoles, jugent cette voiture plus sûre pour tout le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Pourquoi citoyenne ? Quatre critères ont été étudiés en collaboration avec le magazine 60 millions de consommateurs : sécurité des passagers et du conducteur, sécurité des piétons, sécurité des personnes à l’intérieur d’autres véhicules, respect de l’environnement. Je vous dis ça parce que j'ai vérifié... En effet, je ne sache pas qu'on accorde le droit de vote aux voitures.
Par aileurs, je suis sûr qu’on peut trouver des voitures plus sûres ou plus écologiques, pour plus ou moins cher, mais là n’est pas la question.
La publicité de cette voiture offre aux yeux du spectateur une toute autre définition du terme citoyen… Peut-être plus vraie, mais qui n’a pas vraiment de rapport avec la façon entendue par la LCVR. Comme toutes les publicités pour les voitures, elle ne fait pas l’éloge de la voiture, mais du sentiment de liberté et de puissance que posséder une voiture (n’importe laquelle, mais de préférence celle-ci) procure.
Dans cette publicité, on fait l’article de voiture en tant que synonyme de réussite sociale et de liberté individuelle. Puisque c’est une voiture bombardée citoyenne, les publicistes ont choisi de faire l’éloge… de la France ! La France où, selon eux, « quelles que soient ses différences », « ses origines », et « sa couleur », « tout le monde peut réussir » ! Ce sont leurs mots, si, si.
Je n’ai jamais vu un ramassis de mensonges aussi gros, aussi honteux et aussi évidents que ces quelques mots !
Mais quelle ineffable hypocrisie, quelle monstrueuse litanie de contrevérités ! On pourrait les accuser de publicité mensongère, mais ces mots sont associés aux enjoliveurs et à la couleur de la voiture… Et même, ils ne vendent pas la France. Non, ils enrobent la pilule dans une couche molle qui s’accorde au nationalisme ambiant propagé par les imbéciles sportifs et les politiciens véreux.
Certes, il n’y a vraiment eu que ça pour faire voter les millions de sinistres cons de France… Mais tous ont voté, quel que soit leur bord, pour tenter de mettre fin aux inégalités (termes devenus des lieux communs, mais qui décrivent bien le concept, pour une fois). C’est justement parce que les inégalités sont toujours là, flagrantes, évidentes, insolentes, que cette publicité est d’une effroyable tartufferie.
D’autant que Fiat est une marque italienne.
Je ne dis pas qu'il faut insulter la France, mais si on pouvait éviter de la ridiculiser en vantant les qualités qu'elle n'a pas... Voilà encore une marque de désinformation totale, par ailleurs spontanée (n'en déplaise aux conspirationnistes, il ets clair que c'est l'idée des publicitaires de surfer sur la vague bleu-blanc-rouge), tout à fait dans l'air du temps. On vient de l'annoncer, la France n'est qu'au 31e rang question liberté de la presse.
Passons... faire ce genre de publicité pour une voiture, une commodité que peu de gens peuvent se permettre, c’est déjà moche… En disant que voiture = liberté, c’est pire : la liberté s’achète donc, et cher ! Mais en exhibant la récompense décernée par une ligue qui, par ses actions, a rendu directement ou non le permis de conduire, les assurances et les amendes plus chères, ça, c’est le pire foutage de gueule au monde dans ce domaine !
Si vous ne me croyez pas, allez voir sur leur site. Ils sont fiers de leur connerie, en plus : c’est en première page.










