Ne restons pas coincés au stade Anas du dernier billet… et faisons une parenthèse plus sérieuse.

Avez-vous eu la déveine d’assister à la dernière publicité pour la Fiat Grande Punto ? Cette voiture a été élue « première voiture citoyenne » par la ligue contre la violence routière, une association illustre et inconnue fondée en 1983. Ces gens aux intentions louables, qui ne sont pas des experts mais des lobbyistes entourés de bénévoles, jugent cette voiture plus sûre pour tout le monde, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Pourquoi citoyenne ? Quatre critères ont été étudiés en collaboration avec le magazine 60 millions de consommateurs : sécurité des passagers et du conducteur, sécurité des piétons, sécurité des personnes à l’intérieur d’autres véhicules, respect de l’environnement. Je vous dis ça parce que j'ai vérifié... En effet, je ne sache pas qu'on accorde le droit de vote aux voitures.

Par aileurs, je suis sûr qu’on peut trouver des voitures plus sûres ou plus écologiques, pour plus ou moins cher, mais là n’est pas la question.

La publicité de cette voiture offre aux yeux du spectateur une toute autre définition du terme citoyen… Peut-être plus vraie, mais qui n’a pas vraiment de rapport avec la façon entendue par la LCVR. Comme toutes les publicités pour les voitures, elle ne fait pas l’éloge de la voiture, mais du sentiment de liberté et de puissance que posséder une voiture (n’importe laquelle, mais de préférence celle-ci) procure.

Dans cette publicité, on fait l’article de voiture en tant que synonyme de réussite sociale et de liberté individuelle. Puisque c’est une voiture bombardée citoyenne, les publicistes ont choisi de faire l’éloge… de la France ! La France où, selon eux, « quelles que soient ses différences », « ses origines », et « sa couleur », « tout le monde peut réussir » ! Ce sont leurs mots, si, si.

Je n’ai jamais vu un ramassis de mensonges aussi gros, aussi honteux et aussi évidents que ces quelques mots !

Mais quelle ineffable hypocrisie, quelle monstrueuse litanie de contrevérités ! On pourrait les accuser de publicité mensongère, mais ces mots sont associés aux enjoliveurs et à la couleur de la voiture… Et même, ils ne vendent pas la France. Non, ils enrobent la pilule dans une couche molle qui s’accorde au nationalisme ambiant propagé par les imbéciles sportifs et les politiciens véreux.

Certes, il n’y a vraiment eu que ça pour faire voter les millions de sinistres cons de France… Mais tous ont voté, quel que soit leur bord, pour tenter de mettre fin aux inégalités (termes devenus des lieux communs, mais qui décrivent bien le concept, pour une fois). C’est justement parce que les inégalités sont toujours là, flagrantes, évidentes, insolentes, que cette publicité est d’une effroyable tartufferie.

D’autant que Fiat est une marque italienne.

Je ne dis pas qu'il faut insulter la France, mais si on pouvait éviter de la ridiculiser en vantant les qualités qu'elle n'a pas... Voilà encore une marque de désinformation totale, par ailleurs spontanée (n'en déplaise aux conspirationnistes, il ets clair que c'est l'idée des publicitaires de surfer sur la vague bleu-blanc-rouge), tout à fait dans l'air du temps. On vient de l'annoncer, la France n'est qu'au 31e rang question liberté de la presse.

Passons... faire ce genre de publicité pour une voiture, une commodité que peu de gens peuvent se permettre, c’est déjà moche… En disant que voiture = liberté, c’est pire : la liberté s’achète donc, et cher ! Mais en exhibant la récompense décernée par une ligue qui, par ses actions, a rendu directement ou non le permis de conduire, les assurances et les amendes plus chères, ça, c’est le pire foutage de gueule au monde dans ce domaine !

Si vous ne me croyez pas, allez voir sur leur site. Ils sont fiers de leur connerie, en plus : c’est en première page.

Tartuffe