mardi 9 octobre 2007
Il n'y a pas que Tom of Finland et Jean Lebitoux dans la vie...
De temps à autres, il m’arrive de me défouler sur les blogs des autres. Si je ne republie que rarement ces échanges, c’est parce qu’ils dépendent beaucoup du contexte et de l’affectif que je peux partager avec les personnes concernées (je lis en effet peu les blogs des gens que je n’ai jamais rencontrés). Mais là, qu’il me soit permis de reprendre un sujet du blog de Textesgais.com…
Allez donc lire ce billet (c’est nécessaire si vous voulez comprendre quoi que ce soit), qui n’en fait peut-être trop peu pour souligner l’absurdité de la critique d’un ouvrage pour enfants dans TETU… Apparemment, le critique se croit obligé de juger cet ouvrage comme s’il s’agissait d’un Goncourt, ou d’un essai philosophique. Il trouve que les idées exprimées là-dedans sont simplistes, et ont dix ans de retard.
Dix ans, peut-être… Pour lui, perdu dans son milieu d’avant-garde et déconnecté de la réalité. Dix ans, non pas d’avancées, mais d’idéologie gay. Désolé, mais tout le monde en se reconnaît pas là-dedans, à commencer par beaucoup d’homosexuels ! Le critique laisse ici l’indice d’une tragédie trop courante de la ghettoïsation : de nombreux gays n’ont que des amis gays, et ne vivent que dans ce milieu.
Coupés du reste de la société, ils ne font plus aucun effort pour se faire accepter, bien qu’ils croient en faire en vivant « ouvertement » leur homosexualité. Eh bien désolé les gars, mais se conformer à un stéréotype et s’enfermer dans un seul quartier, un seul monde, sans jamais se lier avec les 90 autres pour-cent de la population, moi je n’appelle pas ça vivre « ouvertement » quoi que ce soit !
Les moines-soldats des associations contre le SIDA qui boycottent James Bond parce qu’il n’est fait aucune allusion à la capote avant les scènes d’amour (si, si, ils existent !)… Les imbéciles qui s’offusquent aujourd’hui de La Cage aux Folles alors que c’est tout sauf péjoratif… Les dictateurs de supermarché qui pratiquent les « coups d’état » dans les associations de militants… Tous ceux-là sont déconnectés de la réalité.
Réveillez-vous, les gars ! La gaytitude ne vous rend pas supérieurs, juste plus fermés.
Ci-dessous la quasi-intégralité de mon commentaire sur cette affaire, sur le blog de Textesgais.com :
Je n'attend plus rien de la cristalline vapidité de TETU : Comme Elle avant lui, c'est un ramassis de pubs avec une feuille de papier hygiénique au milieu et un carton pour l'abonnement.
Les chroniqueurs ne s'y prennent pas pour de la merde, sous prétexte qu'ils ont longtemps été les seuls à dispenser l'actualité gay internationale (un monopole heureusement brisé par d'autres magazines, récemment, et bien sûr pas Internet). Vraiment, ils s'y croient.
Effectivement, c'est élitisme, copinage (eh oui !), intellos gauche caviar et compagnie que propose TETU, n'en déplaise à ce critique futile qui a complètement loupé l'intérêt du bouquin... C'est comme si il voulait juger les aventures de Babar sur le même plan qu'un essai sur les questions kantiennes !
C'est d'ailleurs à cause de cette inadéquation totale entre le micro-micro-microcosme gay de TETU et le milieu gay, à plus forte raison entre ces gens là et le reste des français (oui, ceux-là, vous savez ? c'est d'EUX qu'on cherche à se faire accepter ! ne soyons pas fermés...) que la chaîne PinkTV est actuellement moins que l'ombre de ce qu'elle fut.
Pour en finir avec ça, je trouve cet élitisme un peu fort de café... ne pas parler des éditions Textesgais, venant d'un magazine qui n'hésite pas à passer en revue, chaque mois, les meilleurs films et sites web pornos... quand même, quelle honte !
Inutile de dire que je n’achète pas TETU. Je l’ai lu quatre fois dans ma vie, à chaque fois j’ai été déçu… Cela a duré si peu de temps ! Trente secondes pour slalomer entre les pubs et trouver un article vaguement intéressant, une minute pour le lire et le trouver con. Et, oui, c’est à cause de la mentalité qui sévit chez TETU que PinkTV s’est mis à faire de la merde élitiste plutôt que de se payer de bonnes séries étrangères.
Au sujet de cette histoire… Ils ont coulé en deux ans ! Et aujourd’hui, pour ceux qui n’auraient pas suivi, la première et la seule chaîne gay du PAF lancée en fanfare et sponsorisée par TF1, avec Claire Chazal et Alex Taylor dans l’équipe, ne diffuse plus que QUATRE HEURES PAR JOUR. Entre 22h et minuit, ce sont des rediffusions. Et après minuit, c’est porno.
Ayant pondu un mémoire sur la culture gay, je sais qu’on peut faire mieux. Dans la culture gay, si tant est que l’on puisse en définir une, il y a tout de même Allen Ginsberg, Andy Warhol, Harvey Milk, Stonewall… A la limite, Mylène Farmer et Whoopi Goldberg… Seulement, quand on fait confiance aux imbéciles du genre de ce critique stupide, on se retrouve avec quatre heures de cul, dont deux hard.
Si c’est ça la vision de la culture gay que peut avoir l’élite du lobby gay… a quel saint se vouer ?
Eurécul !
J’ai trouvé un sujet sexe, pour vous… Mais sans doute pas ce à quoi vous vous attendiez. Vous êtes prévenus.
Qui dans la salle a déjà fait ce que d’aucuns appellent communément un plan cul ? Plan sexe, plan photocopieuse, quickie, coup comme ça, coup d’un soir, coup vite fait, escapade, bonjour-bonsoir, plaisir légitime, sieste crapuleuse, 5 à 7… Peu importe le nom, l’heure ou le lieu de la pratique, c’est de ça que je parle : Une partie de jambes en l’air avec quelqu’un que vous ne reverrez sans doute pas.
Moi je trouve qu’il n’y a rien de plus drôle.
Attention, drôle, rétrospectivement, ou vu de l’extérieur… Sur le moment, le moindre incident peut paraître catastrophique. Quoique, ça dépend pour qui. Moi j’ai toujours tendance à rire sur le moment. Contrairement ce que certains croient, je m’amuse de pas mal de choses ! Pour beaucoup, le sexe est une affaire austère qui nécessite concentration et sérieux… Pas pour moi, au contraire, ça me fait marrer.
Question de tempérament, je suppose. J’y reviendrai.
Les plans cul désastreux, quelle misère ! Et quelle drôlerie ! Je ne vous dirai pas si ce sont les miens ou si on me les a raconté (j’éprouve une certaine réserve malgré tout face à des lecteurs inconnus), ou s’il s’agit d’un mélange, mais en voici quelques-uns assez intéressants… Et fi des histoires habituelles que l’on voit dans les films ou les amants sont surpris en pleine action, c’est d’un cliché ! Drôle, mais classique.
Un plan qui commence très bien : deux amants bien chauds, l’homme se masturbe sur le dos, sur le lit, excité devant l’autre qui se déshabille… Et là, un mouvement trop brusque, et il se pète le frein. Oui, les hommes, à l’instar des voitures, ont un frein naturel à leur ardeur (et à leur bite). Le frein, pour les rares qui ne connaissent pas, c’est la petite peau, le petit faisceau sous le gland qui le relie à tout le reste.
Eh bien ça, quand on tire dessus trop fort, ça pète. Et quand ça pète, ça ne fait pas vraiment mal, mais c’est impressionnant. Ça saigne abondamment, un peu partout, comme le cuir chevelu… Voilà donc notre homme qui s’avise de la mine ahurie de sa (ou son) partenaire, puis, soudain, que son ventre et le haut de ses cuisses sont couverts de sang !
Ce sur quoi, réaction assez courante en cas de choc (rendue encore plus courante par, mettons, l’abus de poppers), il se met aussi à saigner du nez… tout aussi abondamment ! Direction la douche pendant que l’autre se retient de rire… et fin du plan cul, parce que la vue du sang, je n’en connais pas beaucoup que ça excite. Certains n’auraient pas ri, d’autres auraient ri après-coup… Moi je souris. C’est un accident bête…
Pour une fois que c’est le mec qui a ses règles…
Autre situation, plus courante, celle de se retrouver après une soirée arrosée et une folle nuit, dans des bras inconnus (voire un lieu inhabituel)… Ou pire encore, de se souvenir d’avoir fait certaines choses… D’avoir dragué quelqu’un d’extrêmement laid (ou vieux, ou rouquin, ou velu, ou qui fait tache dans le cadre de vos résolutions style « je ne coucherai jamais avec… »).
Mais voilà, surtout pour nous, les hommes (mais les femmes aussi, on le dit moins), quand on est en manque, et saoul, on a tendance à élargir un peu (beaucoup) le champ des possibilités. Dans une soirée en boite, la mentalité générale (pas la mienne heureusement, d’ailleurs je déteste les soirées de ce genre) veut que l’on doive « serrer » si l’on est célibataire, rien que pour ne pas revenir les mains vides de la pêche aux moules…
Ne me dites pas que ça n’existe pas, même si je veux bien croire que vous ne suivez pas ce genre de cheminement mental. Je connais des gens qui « raisonnent » comme ça, c’est fort en pratique. On entend tous les jours et en tous lieux de GROS NAZES des deux sexes avoir des conversations du genre – Tu vas en boite ce soir ? – Non, j’ai serré hier…, souvent devant une machine à café.
Selon la loi bien connue de l’accroissement esthétique : la baisabilité relative des participants restants d’une soirée augmente proportionnellement au temps passé dans cette soirée et au nombre de verres bus. C’est ainsi qu’un jeune gars peut se retrouver dans le lit d’une quinquagénaire, ou d’un petit vieux déguisé en soubrette… Et, à part sur le moment pour le gars (ou la fille) qui a la gueule de bois, c’est du plus haut comique !
Vous ne trouvez pas ? C’est pourtant un ressort éculé de bien des comédies. Certes, les situations sont différentes… Laissez-moi mieux illustrer le propos.
Quand on cherche ses clés pendant des heures, c’est drôle après-coup, quand on prend de la distance.
Si je vous dis que la situation est similaire à celle d’Harpagon, ça va mieux ? Non ? C’est pire… Bon, je m’explique. Dans l’Avare, de Molière (sans blague), Harpagon est ridicule et, par là même, comique. Que le ridicule vienne de son avarice ou de la luxure du gars qui se retrouve à avoir baisé avec une mocheté, c’est un détail. Ce qui compte, c’est que ça se retourne contre le protagoniste.
Que ce soit tragique ou comique, ça n’est qu’une différence de traitement… Charlie Chaplin disait que voir quelqu’un tomber de loin, c’est drôle, mais constater de près qu’il s’est fait mal, c’est tragique. Plus généralement, le comique, dans les cas cités plus haut comme dans celui d’Harpagon, c’est un problème avec le sacré, et de montrer l’absurde dans ce sacré.
Harpagon court après sa cassette, objet sacré pour lui mais que nous savons néfaste. C’est cette situation qui est ridicule et qui, dénoncée de la bonne manière, est comique… Un comique salutaire qui désacralise. Les infortunés et leurs plans culs désastreux, s’ils ne vous ont pas fait rire ici (Vu que je ne cherchais pas à faire rire, mais à démontrer), ont pour la plupart leur place dans quelque comédie.
Ils courent après le sexe, par luxure (normal, sinon, pourquoi courir après le sexe ?), un objet que nous savons néfaste (enfin, disons que le sexe sans amour n’est pas la plus saine des activités, soyons d’accord là-dessus sans pour autant se faire les chantres de la morale catholique…) et qui est pour eux sacré ; trop sacré, puisqu’ils se trouvent dans une situation ridicule à force de courir après.
Parce que c’est dans ces situations là que quelqu’un d’intelligent (ou qui peut l’être) se transforme en imbécile. C’est ça qui me fait marrer… Pas franchement qu’un type se mette à pisser le sang, ni qu’une pauvre fille se retrouve avec la gueule de bois dans les bras d’un cro-magnon qui pue la bière, ni même qu’un vieillard pathétique et vindicatif s’attache trop aux biens de ce monde… Mais toute la situation !
Voilà. Voilà ce que je vois très souvent dans le monde, et voilà pourquoi je dénonce la bêtise…
Ce côté tragique et comique à la fois, monstrueux et merveilleux en même temps, dérisoire à tous les sens du terme. C’est constant, c’est récurrent dans le monde. On le voit tous les jours, cent fois par jour, et plus encore… Vous le saviez sûrement, mais si j’ai pu l’apprendre à certains et le rappeler à d’autres en utilisant l’excuse de ce sujet débile, je n’ai pas perdu ma journée !
Qu’on se le dise, il y a plus d’humour dans la vérité que dans une phrase bien arrangée.

