vendredi 28 septembre 2007
Deuxième étoile à droite...
Il y a plein de coussins colorés partout, de la peinture au doigt sur les fenêtres, on vient juste de faire des gommettes, et ça va bientôt être l’heure de la sieste… Pas de doute, c’est l’heure de l’histoire ! Allez, les enfants, finissez votre goûter et asseyez-vous tous en rond : aujourd’hui, tonton El va vous raconter les jolies histoires vraies qui viennent de pays magiques…
Comment, vous croyez que les pays magiques, ça n’existe pas ?
Mais quel est le méchant adulte qui vous a raconté ça ? C’est sûrement parce qu’il a voulu tout garder pour lui, parce que moi je le sais, les pays magiques, ça existe pour de vrai. Tenez, par exemple… Connaissez-vous le pays au-delà de l’arc-en-ciel ? C’est un pays magique, c’est sûr. Dans ce pays, tout ce que le président juge horrible, ça n’existe pas. Magique, non ?
C’est pour ça qu’on l’appelle le pays au-delà de l’arc-en-ciel… Parce que le président du pays en question n’aime pas les gens qui se placent sous un arc-en-ciel pour pouvoir s’embrasser. Oh, vous avez peut-être entendu parler de ça, si vos parents ne vous forcent pas à croire en Dieu… Il y en a sans doute quelques uns parmi vous qui ont un oncle qui est tombé amoureux d’un autre garçon, par exemple.
Peut-être même que certains d’entre vous ont deux mamans ou deux papas… Mais ça n’est pas important. On va les appeler les fées, d’accord ? Les fées sont mignonnes, elles sont toutes gaies, et elles adorent le rose (sauf certaines qui préfèrent les camions et les chemises à carreaux, mais bon). Il y en a partout, c’est normal, ce n’est pas sale, personne ne peut l’empêcher.
Eh bien, dans le pays au-delà de l’arc-en-ciel, il n’y en a pas.
Ce n’est pas qu’on les chasse, ni même qu’on les tue, mais il n’y en a pas. Parce que le président l’a dit, et qu’il a puni qui il fallait. Parce que les derniers à faire mine de tomber amoureux de quelqu’un du même sexe ont été torturés et exécutés. Pareil pour l’adultère, le dernier à avoir bu un verre en public avec une autre femme que la sienne a été flagellé en public.
Alors, qu’est-ce que je vous disais ? C’est pas magique, ça, peut-être ?
Comment ça, vous ne comprenez pas ? C’est le mot adultère que vous ne connaissez pas ? Si ? Oui… Oui, je t’ai entendu Maxime, c’est bien ça, c’est bien quand le monsieur met son zizi dans sa pétasse de secrétaire. Pas besoin de faire les gestes. Tes parents sont divorcés, Maxime ? C’est bien ce que je pensais… Alors, les enfants, qu’est-ce que vous n’avez pas compris ?
Torture ? Non, je vois qu’après ce que vous avez fait subir au hamster de la classe, on est couverts de ce côté-là… Sexe ? Non, ça vous savez aussi, vous voyez ça tout le temps à la télé… Chasser, tuer, exécuter, pareil, vous êtes très au courant… Alors quoi ? Ah, vous vous demandez où ça se trouve, ce pays magique ? Mais c’est très facile, on en parle en ce moment justement.
C’est l’Iran. L’Iran, grand pays à la culture si ancienne que, de temps en temps, elle retarde.
Un pays magique où l’on peut prendre des photos de la plus primitive barbarie avec le dernier modèle de portable. Oh, mais ce n’est pas la peine d’aller aussi loin, vous savez. Avant, c’était partout. C’est presque encore le cas un peu partout du côté de l’Est, d’ailleurs… En Russie, pour ne citer que ce pays, où les petites fées n’ont pas pu défiler et se sont faites emprisonner.
Et, vous savez quoi ? Il n’y a pas quarante ans, c’était ici, le pays au-delà de l’arc-en-ciel.
mardi 25 septembre 2007
Le mot et la chose...
C’est amusant comme on nous serine à longueur d’années que l’état est endetté (et ce depuis François Mitterrand, non qu’il en soit plus la cause que d’autres), mais comme on n’a pas le droit de dire, comme l’a fait le premier ministre, qu’elle est en faillite. Pire : tous les hommes politiques n’arrêtent pas de le dire lorsqu’ils sont en campagne, et cessent dés qu’ils sont au pouvoir.
Pour une fois qu’il y en a un qui le dit, tout le monde lui tombe dessus. Et chacun des anciens ministres de défendre leur bilan pour s’inscrire en faux, voter contre, s’opposer, récuser, réfuter et contredire ce qui est pourtant vrai, avéré, établi, irrécusable, irréfutable et irréfragable. Je trouve dommage que le quotidien des petits mots prenne le pas sur celui des faits, et qu’on condamne une honnêteté trop rare.
Il n’est pas dit, évidemment, que la France se porte mieux, mais au moins on fait face aux problèmes.
Tout ça me fait penser aux incongruités de la censure PC… Je lisais l’autre jour un comics américain grand public, c'est-à-dire prévu pour être lu aussi par des enfants, paru ces dernières années. C’est l’histoire d’un ado qui a des pouvoirs, et son père, à l’origine un super-héros, se révèle être un super-vilain. Bref. Outre l’intensité dramatique et le scénario sans précédent (ouais, tu parles…) il y a…
Des boyaux partout, des gens ouverts au ventre avec leurs intestins qui dégoulinent, du sang, du gore, des mecs découpés, des opérations chirurgicales ou l’on voit les os et les muscles dénudés ; des méchants vraiment dérangeants et psychopathes, des monstres difformes ET réalistes, des tas de trucs pires que dans Buffy ; des méchants qui étaient gentils avant et dont on comprend à peu près les raisons…
Mais aussi…
Des gros muscles, des gens sexy, du spandex et des gros seins, mais pas de poils, des scènes de sexe suggérées qui se passent derrière des portes closes ; des adolescents fleur bleue, vierges à 18 ans, qui ont des petit(e)s ami(e)s mais ne couchent pas avec… Quant au héros, il ne tue JAMAIS personne, sauf une fois et c’est par accident. L’alcoolisme, l’infidélité, l’échec scolaire, tout ça y est mais sans dire son nom.
Vous voyez où je veux en venir ?
On voit DES TAS de gens sexy quasi à poils… Mais du sexe ? Houlà, non, c’est Grand Public ! On voit TOUTES les entrailles qui dégoulinent… Mais le meurtre ? Houlà, non, c’est pour les enfants ! Les héros sont d’une touchante naïveté à la Babar, alors qu’il y a des tas de gens avec les boyaux à l’air ou qui baisent comme des lapins derrière, à peine cachés. On montre tout, mais on ne dit rien.
Personnellement, je trouve ça très divertissant… en BD.
C’est tout de suite moins drôle dans la réalité, quand, sans doute dans l’espoir vain que le problème disparaisse, on ne parle pas des viols, de la pédophilie (surtout de la pédophilie féminine, qui existe bel et bien et dont on ne parle pas assez, et je remercie Cedric Darval de Bayen de l’avoir dit), du SIDA, des pauvres… Et bien sûr des incongruités du système ou l’état des finances françaises.
dimanche 23 septembre 2007
Coin-coin, paf, meuuuh, glou-glou, prout.
Et maintenant, en l'honneur du mime Marceau, une minute de bruit.
samedi 22 septembre 2007
Iran, Iran, pays pas tapant.
Personnellement, ça ne me gène pas que l’on considère l’Iran comme un pays non démocratique. C’est toujours mieux maintenant que du temps de l’Ayatollah ou même du Shah, mais ça n’est pas brillant tout de même. Je ne voudrais pas avoir l’air de me faire l’écho de la propagande gouvernementale, mais voilà un truc qui est vrai et que les iraniens avouent : ils flagellent les adultères en public.
Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me semble légèrement barbare, malgré tout ce qu’on peut dire sur leur civilisation millénaire (l’Empire Perse et plusieurs califats, tout de même, ça se pose là !), leur immense culture, leurs universités, et tout simplement la taille et la puissance du pays. Je veux dire, malgré tout ça, les histoires de loi islamique et tout ça sous Khomeiny, ça vous colle à la peau.
Certes, tout cela est vrai. Mais ces gens font des progrès, non ? Ces choses prennent du temps…
Et puis, pendant des années ça ne nous a pas vraiment gêné, hein, ces conneries dans les pays lointains ! Pourquoi maintenant ? Pourquoi soudain la prochaine étape logique dans l’actualité est devenue la guerre (ou la paix, d’ailleurs) contre l’Iran ? Pour des tas de raisons… Pour le pétrole. Oh, et parce que a-pa-bien la bombatomique chez les autres, surtout chez les zarabes. Pasqueue les zarabes i son méchan.
La simplification des concepts, croire que le monde est simple... Les mots traîtres comme « conflit armé » au lieu de « guerre », comme « processus de paix » au lieu de « on se tape encore dessus, désolé », comme « négociations commerciales » au lieu de « on fait du commerce avec vous-même si vous êtes méchant histoire que vous n’ayez pas la Bombe »… Comme « Match de rugby ce soir » au lieu de « Informations »… Tout ça c'est du Orwell.
Vous souffrez d’un défaut de mémoire, frère. Vous êtes un malade mental. Ceci est nonbien. L’Océania a toujours été en guerre avec l’Eurasia… Et voilà que nous avons toujours été en conflit avec Tous les Bougnoules (concept pratique même s'il s'agit de plein de gens différents)… Et que des livres de gens très sérieux paraissent actuellement sur le « choc chrétiens/musulmans » depuis le Moyen-âge… Ben voyons.
Comme si le monde arabe ou le monde chrétien avaient été aussi unis que ça, et comme si les conflits avaient été permanents… On ne compte plus les échanges culturels. Les Arabes sont la raison pour laquelle nous lisons aujourd’hui Aristote (entre autres)… Et au XVIIIe siècle, des rois chrétiens ont aidé le sultan de la Sublime Porte à mater des révoltes plus d’une fois, au nom de l’union des Princes de toutes les religions contre la canaille !
La vérité, c’est que tout le monde a été en conflit avec tout le monde, à un moment ou à un autre. C’est la vision qu’on en a actuellement qui définit nos préjugés… Et préjugés, il y a. Beaucoup.
Et la réécriture idéologique se poursuit à Hollywood avec une nouvelle génération de films de guerre et de péplums exaltant les preux soldats de la Civilisation (la nôtre, hein) contre les barbares… Que ce soit Jarhead, 300 ou La Dernière Légion, et auparavant Arthur, voire même les Melgibsonneries galopantes que tout le monde connaît. Et les bougnoules, qu’ils soient d’immondes sybarites ou de crades barbus, sont les méchants.
Je me souviens des films de guerre américains en noir et blanc des années quarante, contre les japonais, ou les japs étaient joués par tout ce qu’ils pouvaient trouver comme figurants asiatiques anonymes, masse inhumaine faite pour être détestée. Seul le grand méchant était joué par un acteur, lequel était une tête connue WASP aux yeux maquillés pour paraître bridés. C’est dans les vieux pots, hein…
Par pitié, arrêtons de croire que nous devons venger ou répéter les pseudo-exploits d’ancêtres imaginaires dont nous ne sommes ni les responsables, ni les héritiers ! Nous n’avons rien en commun avec les spartiates ni avec les perses, que ce soit avec les vrais ou avec ceux du film, pas plus que la population moderne de l’Iran ne doit se sentir partie intégrante de l’Empire de Cyrus ou de celui de Saladin !
Arrêtons ici net les insanités et mettons les choses au clair, au moins sur ce blog. J’ai un ruban rouge à mon cerveau, la connerie ne passera pas par moi.
Je ne souhaite pas la guerre à l’Iran. S’il faut la faire, on la fera, mais ce serait stupide de le souhaiter ; et autant la faire en connaissance de cause, et en sachant que l'on fait la guerre a des gens comme nous. C’est l’évidence même, je le dis uniquement pour mettre les choses au point et parce que j’imagine qu’il y en a en France (et plus qu l’on ne croit) qui se sont dit que la guerre avec l’Iran, ce n’était pas une mauvaise idée.
L’Iran est un grand pays, en taille et en qualité de vie par rapport à d’autres pays arabes. Il est grand par sa puissance, par son industrie, mais aussi par sa culture. Ce n’est pas un de ses pays pleins de chevriers ignorants, ce ne sont pas des métèques puants, le pays n’est pas géré par une assemblée de chefs de tribus… Il s’agit d’un état-nation souverain, progressiste.
L’Iran n’est pas pauvre, l’Iran tout entier ne veut pas la mort du monde libre, même s’il y a sans doute (comme en France d’ailleurs !) des groupements terroristes. Les Iraniens ne sont peut-être pas aussi libres que les Français, ils ont une morale religieuse concentrationnaire et ils ont un président limite psychopathe, mais on peut en dire autant de tas d’autres pays avec lesquels nous négocions tranquillement.
Nous ne sommes, que je sache, pas ne guerre avec la Corée du nord, et pourtant elle est dirigée par un immonde dictateur, le premier leader communiste héréditaire (oui, ça m’a toujours fait rire aussi…) Kim Jong Il. Et si on écoutait les centaines de milliers de manifestants un peu partout, nous serions en guerre contre les Etats-Unis rien que parce que George Bush a déconné…
Et si on devait re-guerroyer avec les ancines ennemis, alors TOUS les pays d'Europe seraient en guerre avec TOUS les pays d'Europe. Pas la peine de jouer les va-t-en guerre si c'est pour sortir des inepties.
mercredi 19 septembre 2007
Tous des pourris, ouais !
Cela va en étonner certains, mais j’ai eu ma période de collectionnite aiguë. J’ai naturellement la tête à thésauriser, ce qui n’arrange rien. A une époque, c’était les cartes à jouer et à collectionner… Et comme j’ai toujours eu un certain standing, il s’agissait du premier et du meilleur jeu sur le marché : Magic. Qui ne connaît le franglais de marque déposée « Magic : L’Assemblée » ?
C’est un jeu qui a dépassé le cadre du petit monde des rôlistes. Il y a même eu des pubs à la télé.
C’était du temps ou ça commençait à se faire connaître en France : la première édition en français est sortie, je crois, un peu moins d’un an avant que je ne commence à collectionner. Donc, par souci d’homogénéité, j’ai toujours acheté les cartes écrites en anglais. Et puis un beau jour, bah, Magic, ça m’est passé. Vous savez comment sont les gosses.
Avant même de finir le lycée, je n’avais plus le temps ni l’envie de trier les cartes aux textes abscons et de concevoir des stratégies complexes autour de combos démoniaques… Et comme les circonstances ont fait qu’il y avait moins de joueur autour de moi et que personne n’était aussi bilingue que moi en anglais (ils s’étaient tous mis à l’édition française, les paresseux !), j’ai cessé.
J’ai toujours détesté les clubs. Et si c’était pour jouer hors club une fois l’an, hein…
Bref, à cause de tout ça et du fait que tout petit déjà j’avais un bon budget pour mes loisirs, je pèse actuellement mon poids en cartes anciennes, certaines fort rares, toutes en anglais. Et comme je ne joue plus avec, je me suis longtemps tâté pour les vendre. Je n’ai jamais pris le temps et ça m’a toujours fait un peu chier, vraiment, mais bon… Récemment, je me suis renseigné sur les prix de rachat.
Oh. My. Fucking. God. Je ne vous raconte pas l’ARNAQUE. Pire que le prix du SMS.
Déjà, le rachat sur Internet, c’est du grand n’importe quoi. Vous n’avez aucune garantie, et celui à qui vous vendez les cartes non plus, et ce même si vous passez par un de ces sites pour lesquels il vous faut un compte vendeur (racket de dix euros…) et/ou qui prennent une commission sur les ventes… Quant aux boutiques, c’est une véritable mafia.
Non seulement ils ne rachètent pas toutes les cartes, mais il s’agit d’un rachat pour une fraction dérisoire du prix de vente de la carte à l’unité… C’est certes toujours légèrement supérieur au prix ou vous payez la carte en paquet, mais pour en obtenir quelques unes qui valent vingt centimes d’euros au rachat en boutique, il faut bien sûr avoir acheté quelques dizaines de paquets de quinze cartes valant quatre euros !
Et si l’on considère l’achat de cartes en termes d’investissement, le rachat en boutique est tout sauf rentable.
Prenons l’exemple d’une carte un peu rare de la troisième édition. Cette carte (vous vous fichez de son nom) est vendue à l’unité sur un site que je ne nommerai pas (pour éviter de leur faire de la pub) 25 euros, « peu jouée ». Il y a plus cher… Si cette carte était plus ancienne, elle irait jusqu’à 90 euros. Et on a vu d’autres cartes qui en valaient des milliers… Une carte unique valant quelques millions est exposée au japon.
Mais passons, celle là vaut 25 euros. Ce qui n’est pas indécent, compte tenu du temps investi dans la collection de petits bouts de papiers, et du fait que c’est quand même moins cher de dépenser ça pour une carte spécifique que de jeter des milliers d’euros par les fenêtres ne achetant les pochettes recharge, pour finalement s’apercevoir que la carte, rare, ne s’y trouve pas.
D’autant que, dans le cas de cette édition, elle n’est plus commercialisée… Donc c’est ça ou rien.
Devinez combien la carte est rachetée (et uniquement en parfait état, pas juste « peu jouée ») sur le MÊME site ? Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir. C’est tout de même le site de la boutique qui, selon ses propres dires, rachète vos cartes au meilleur prix… Il est vrai qu’il est presque impossible de faire jouer la concurrence. Il y a peu de boutiques sur Paris, et la majeure partie ne rachète pas les cartes.
C’est bon, vous avez réfléchi ? Allez, proposez un prix. Vingt euros ? Vous êtes fous. Vous vous dites que c’est douze euros cinquante… la moitié du prix, ça semble « rond », raisonnable, ça laisse une marge et ça tient compte de l’état parfois imparfait des cartes revendues… Même pas. Dix euros, ce serait scandaleusement bas, déjà… Mais vous n’y êtes toujours pas.
Trois euros. La carte est rachetée pour 3 euros, soit moins d’un huitième du prix. Et ce n’est pas le pire ratio.
Sur le forum de ce même site, il y a un joli sujet qui « explique » pourquoi les prix de rachat sont si bas. C’est la conjoncture, ma bonne dame ! Déjà, ils prennent un autre exemple dont le ratio est meilleur : une reprise à 11 euros d’une carte hyper rare revendue à 19,5 euros… Mais passons. Suit une petite colonne de sommes qui doivent, selon eux, être déduites du prix…
Environ deux euros au fisc pour la TVA, deux euros aux employés, deux euros aux comptables et avocats, quatre euros aux charges fixes (bureau, assurance, taxes…), moins d’un euro pour investissement de trésorerie et cinquante centime pour les frais de port (le prix d’un timbre). A ce prix là, m’sieur, on se tranche la gorge ! C’est carrément de la mendicité !
Ben voyons. Je conçois qu’il y ait un risque pris par l’acheteur, qui n’est pas toujours sûr de revendre, mais…
Premièrement… On ne va pas me faire croire que les employés sont payés au pourcentage sur chaque carte vendue, ni que sur chaque vente il y a un coût fixe qui entre dans l’entretien de l’arrière-boutique ! Tout ceci est déduit autrement, d’autant que la vente de cartes à l’unité est LOIN d’être le revenu principal des boutiques. C’est la vente de boosters qui paie tout, c’est évident !
Deuxièmement… Les charges et les taxes, c’est bien joli, mais ne me dites pas que tous les achats de cartes à l’unité sont déclarés ! Allons donc... Surtout les petits ! Alors oui, une boutique, ça paie des impôts. Oui, la conjoncture est mauvaise et c’est la crise, même quand on est une petite entreprise qui n’attire pas le fisc et qu’on a des aides quand on est jeune.
Mais enfin, quand même… Une marge brute de 87,5% et plus, en moyenne, vous ne trouvez pas ça UN PEU excessif ?
Sachant que les ceusses qui viennent vendre s’attendent quand même à être à peu près remboursés de ce qu’ils ont payé pour acheter leurs cartes au départ, et qu’ils ont le fol espoir d’en vendre beaucoup, sachant que le budget de ceux qui achètent les cartes à l’unité simplement pour jouer avec n’est pas forcément énorme… Tout ça est scandaleux.
C’est ce qui s’appelle une arnaque de proximité, non ? Au bout du compte, c’est ça qui est le plus indécent… Il ne s’agit pas de l’arnaque que constitue la firme Magic (il est possible de bien s’amuser avec très peu de cartes, sans collectionner !). On est loin des parachutes dorés des grands patrons… Mais au fond, qu’est-ce qu’un ou deux millions pour une multinationale qui pèse des dizaines de milliards ?
Non, l’exploitation d’un monopole, ce n’est pas réservé aux riches.
En attendant, moi, j’irai vendre mes cartes sur les bancs publics de la place Jussieu, illégalement, tel une marchande de poissons à la sauvette… Cela prendra, ma foi, le temps que ça prendra. Mais même à la moitié du prix de vente en boutique (ce qui défie toute concurrence) et sans tout vendre, il y a des chances pour que je me rembourse au moins du prix d’origine.
P.S. : Si vous voulez connaître la liste de mes cartes à vendre, histoire d’en acheter, n’hésitez pas à me contacter. Sans blague, je suis ouvert à toute proposition et négociation.
La vieillesse savait, la vieillesse pouvait.
Il y a déjà quelques années, j’ai rencontré un comptable dans des circonstances vraiment pas très intéressantes C'est ce qui arrive en général quand on rencontre un comptable, que voulez-vous… Il ne vous appartient pas d’en savoir plus sur cet homme, mais cette rencontre marque le début inopiné d’une anecdote que m’en vais vous relater.
Je ne narre pas souvent d’anecdotes, alors tâchez de faire attention au joli conte que voilà :
Il y a quelques années, donc, le comptable moyen allait et venait en tout lieux pour faire les comptes des uns et des autres, emmenant avec lui son ordinateur portable et/ou une valise pleine de CD-Roms… Tout ceci étant nécessaire pour installer et utiliser les programmes de comptabilité. C’est déjà mieux que la machine à écrire et les paperasses, mais bon, ça pèse.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque ledit comptable, au lieu d’empiler près du PC qu’on lui allouait des tonnes de matériel, sortit de sa valisette une toute petite barrette profilée. « Comment ? » M’exclamai-je (je romance un peu), « Que n’apportiez-vous votre attirail, vous qui êtes venu là pour faire les comptes ? ». Ce sur quoi il répondit : « Noble sire, ne vous emportez point, c’est là tout ce qu’il me faut ! » (je romance encore.)
Bon, certes, il avait aussi un ordinateur portable, mais il ne s’en servit point.
Et de me montrer comment, en retirant le capuchon de sa petite barrette, il découvrait une prise USB, de l’insérer à l’avant du PC, et d’accéder directement à trois ou quatre programmes de compta pré-installés, ainsi que des données. « Quel est donc ce prodige ? » Dis-je (et il faut vraiment que j’arrête de romancer). Il me répondit qu’il s’agissait d’une clé USB, que c’était nouveau en France, et que ça allait faire un carton.
Je l’ai cru, bien sûr, et je lui ai tout de suite demandé où je pourrais m’en procurer. Il s’avéra qu’à cette époque, on n’en trouvait pas encore partout (pour tout dire, on n’en trouvait presque nulle part), aussi ne put-il pas me l’indiquer. Il me raconta en revanche comment il avait eu la sienne. C’était par un de ses clients, vous vous en doutez, ceux qui allaient vendre la chose en France.
Ce client, ou plutôt ces clients, c’étaient un petit groupe de retraités pas friqués du tout, mais qui boursicotaient à domicile ; un groupe de ces seniors surfeurs du web qui faisaient ça pour passer le temps entre le scrabble et le club de bridge. Parce que Internet c’est quand même vachement plus intéressant que tout ce qu’on peut faire quand on n’a QUE soixante ans et qu’on attend la visite annuelle de ses gosses.
Soixante ans, c’est un peu tôt pour fermer la porte de l’hospice et jeter la clé, non ?
A soixante ans et quelques, il reste presque quarante ans de vie à la plupart des gens, que diable ! Dans certaines professions, comme la recherche ou la littérature, on ne commence souvent à être réputé qu’à partir de cet âge là. L’expérience est un bienfait, et ce ne sont pas les nombreux cadres et formateurs de plus de cinquante ans sur la place de Paris qui me démentiront…
Bref, c’étaient de vieux copains. Ils avaient trouvé le gars quelque part en Asie ou je ne sais où, par le Net puis plus tard en vrai, LE gars qui fabriquait cet espèce de biniou simple comme bonjour : juste une barrette mémoire avec une prise USB générique. Et ils avaient trouvé le concept génial. Immédiatement, avec leur esprit pas compliqué, ils ont vu le potentiel d’un outil de stockage compact, et qui éludait totalement la fastidieuse gravure sur disque !
Ils avaient donc investi leurs économies là-dedans (c’est vrai, à quoi pouvaient-ils bien dépenser leur retraite ?), et fondé une société. A l’époque ou le comptable les a rencontré, ils débutaient et étaient gonflés de promesses. Aujourd’hui, la clé USB est un outil indispensable à quiconque travaille sur ordinateur, et ces commerciaux cacochymes vivent superbement dans leurs riches villas.
Le comptable les appelle ses « pépés », à chaque fois qu’il va les voir…
Cette histoire est authentique, à l'exception d'un fait notable : ce n'est pas à moi qu'elle est arrivée, mais à quelqu'un que je connais extrêmement bien. Je peux vous certifier qu'à part la licence poétique des dialogues, tout est véridique, jusques-et-y-compris le surnom que leur donne le comptable. J'ai moi-même rencontré les protagonistes par la suite : ce n'est pas un conte à morale ni de la propagande !
Qui a dit que les initiatives étaient réservées aux jeunes, et que la fortune ne venait jamais sur le tard ?
mardi 18 septembre 2007
Le bar est ouvert...
Si je n’ai pas écrit grand-chose sur ce blog ces derniers jours, ce n’est pas que je porte le deuil de Jacques Martin… Mais j’avais des choses à faire. Bon, ça arrive. Mais je me dois (et pas seulement dans le cul) à mon cher public, et puis j’ai trouvé quelque chose à critiquer. François Bayrou, une fois de plus, a brisé son propre record en matière de connerie…
Pour n’importe qui, c’eut été difficile. Pas pour lui.
Alors bon, on va passer rapidement sur le fait qu’il décrète que Nicolas Sarkozy et les Etats-Unis sont le Mal (Tous les Etats-Unis, hein, pas juste Bush. Carrément. Sarkozy, je pouvais comprendre, mais là, il ne doute de rien.), et sur le fait qu’il n’ait toujours pas de programme pour son MouDem… Je n’approfondirai même pas sur le fait qu’il fait campagne uniquement sur la gauche du PS à présent que la bête est morte…
Non seulement ses polichinelleries sont visibles comme le nez au milieu de la figure de Gérard Depardieu, mais en plus il y a des tas de journaleux politicoïdes de bar-tabac qui vous le diront mieux que moi. Je ne vais même pas ironiser sur le fait que le béarnais prône un retour au parlementarisme de la IIIe république, ou aux élections proportionnelles… Oh, allez, juste un petit peu quand même, c’est si absurde !
Tout le monde est d’accord sur le fait que ce sont les élections à la proportionnelle qui ont donné du pouvoir à l’extrême droite, et mis Le Pen et son programme en avant en 2002… Mais comme François lou-miraculé n’a que trois siège à l’Assemblée, ça l’arrangerait que ceux qui font moins de 10% puissent gouverner. C’est sa technique, d’ailleurs : il a perdu toutes les élections, mais il se médiatise quand même.
Dois-je vous le rappeler ? Il avait organisé un faux débat avec Ségogole-la-Loose…
Et ça lui est égal de ne rien avoir à dire, d’ailleurs. Cela fait longtemps qu’il médiatise sur du vide… Pensez ! Son programme pour les présidentielles, c’était « un peu de ci, un peu de ça… mais ce sera miraculeusement moins cher ! Non, je ne vais pas vous expliquer comment… ». Alors vraiment, dire que dorénavant, le moindre gogo avec dix personnes derrière lui devrait être député, ça lui va bien.
Les élections jouées à qui-perd-gagne, ça ne le choque pas plus que ça…
Bref. Après le vol de son parti à Valery Giscard d’Estaing, après le vol de son programme à la droite et au PS, après le vol de sa couleur ultra connotée (Orange, comme les télécoms, comme le terme « Révolution Orange » qu’il a aussi volé, couleur de la force non agressive et de l’appétit que McDo utilise pour colorier son faux pain… si, si, je vous jure, c’est pour ça…), il a volé le nom de son parti.
Comprenez-vous ? Il fallait qu’il fasse original mais tout de même reconnaissable. Il ne pouvait pas se faire « socio-démocrate », c’est trop allemand pour un béarnais, et puis c’est déjà le créneau de Dominique Strauss-Kahn. En même temps, il faut qu’il drague la gauche, parce que la droite est prise par tous les bouts… Les termes « Nouveau » et « Centre » étaient déjà pris…
Donc il a choisi le MoDem, Mouvement Démocrate. Et c’est un coup marketing qui rivalise à peine avec les arnaques Internet les moins bien orthographiées, tant c’est nul… Mais qu’est-ce que vous voulez, tout le monde ne peut pas avoir un parti dont le symbole ressemble à un drapeau français, ou qui hérite de François Mitterrand la rose monarchique quasi Tudor…
On fait ce qu’on peut.
Résultat, le logo du bouzin sort tout droit d’un paquet de lessive. Même le nom est tape à l’œil, pas du tout sobre comme le PS ou l’UMP… Ou même le PCF. Ce n’est pas le MD (Maître de Donjon ?) mais le MoDem, pour faire genre « on communique avec Internet ». A l’heure de l’ADSL c’est râpé, mais bon… François Bayrou a tenté de rattraper le coup en « expliquant » le terme « démocrate ».
Je l’ai entendu faire, et c’était très drôle. Cet homme ne doute de rien. Il se réclame de tous les partis démocrates des autres pays, qui trouvent des solutions alternatives et blablabla (Alternative, encore un mot à la mode !)… C’est amusant, parce que lui drague la gauche, et que les démocrates allemands ou américains sont à peu près aussi à droite que Jacques Chirac, voire plus !
Les démocrates américains n’ont strictement rien à voir avec la pantalonnade du béarnais, et ça n'a pas l'air de le choquer non plus d'avoir appelé son parti comme ça alors qu'il vient de dire que les Etats-Unis, c'était Mal.
François Bayrou a donc fait une analyse politique simpliste mais à peu près exacte de la situation : Le PS est mort, il faut vite piller le cadavre avant les municipales. Pour ce faire, un bon moyen serait pour lui de s’ériger en défenseur anti-sarko crédible, ce qui ne devrait pas être trop dur après la décrédibilisation totale de tous les membres du PS (processus qui s’accélère à chaque fois que l’un d’entre eux ouvre la bouche).
Quel dommage qu’il n’ait, une fois de plus, rien de concret à défendre, et que ce ne soit qu’un retournement de veste de plus dans sa carrière d’agent double… Quel dommage qu’ils ne s’attache pas plus à avoir des idées, et moins à dire que celles des autres sont mauvaises ou dangereuses… Quel dommage qu’il s’inscrive en faux (à tous les sens du terme) et qu’il bataille contre, plutôt que de faire campagne pour quelque chose…
Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que les électeurs en aient marre qu’il se fiche d’eux. Tout n’est pas perdu, la dernière fois c’était à peu près ça !
Allez, j'arrête de politiser, le bar ferme. D'ailleurs François devrait en sortir, on l'y a assez vu.
vendredi 14 septembre 2007
Sous vos applaudissements...
Jacques Martin est mort. Tant mieux, parce qu’il était quand même malade après plusieurs attaques cérébrales. C’était un type très bien (et c’est rarissime que j’admire ainsi, et autant, un personnage public) qui a eu l’avantage immense d’être drôle et professionnel jusqu’au bout, même quand il ne faisait plus que du « grand public », puis du « vieux public ».
Il a eu le bonheur d’être le géniteur de huit enfants, dont le premier est un cuisinier comme son arrière grand père (Joannès Ducerf, l’initiateur de Paul Bocuse, eh oui !) et animateur comme son papa. Citons aussi la fratrie issue de Danièle Evenou, Frédéric et Jean-Baptiste Martin, respectivement animateur radio/comique (Le Monde de Monsieur Fred, c’est lui) et musicien/comédien.
Parmi les femmes de sa vie, citons Danièle Evenou, pas une mauvaise actrice du tout, et Cécilia Ciganer-Albeniz, actuellement première dame de France… Jacques Martin, dont chacun se souvient des émissions dominicales niaises et de ses Grosses Têtes, fut pourtant le fondateur du Petit Rapporteur, le découvreur de Pierre Desproges, et collaborateur de la première heure des Grands Enfants.
On sait moins qu’il était un excellent chanteur d’opéra (sa version de La Belle Hélène est magnifique) et un superbe cuisinier. Elevé dans un pensionnat religieux, comme on dit « l’ancienne école », dans lequel des choses pas forcément catholiques se produisaient, il garda toujours pour la religiosité à outrance une saine méfiance, et retira de cette éducation l’immense culture et le français parfait qui l’ont toujours caractérisé.
Point de cynisme, pour une fois, c’est tout ce que j’ai à dire. Ce qu’il a fait d’alimentaire (émissions débiles et apparitions dans des téléfilms) est largement compensé par tout ce qu’il a fait de bien, par sa vie exemplaire et bien remplie, par son honnêteté et ses autres grandes qualités, par cette façon qu’il avait de ne rien demander à personne et d’être irrévérencieux envers la religion et le reste sans jamais tomber dans l’impolitesse.
Je trouve seulement dommage qu’un tel homme ait eu à tant souffrir de la vieillesse.
Maintenant, nous allons assister aux simagrées des nombreux sigisbées nécrophiles à travers les médias. Beurk.
jeudi 13 septembre 2007
Disette sur vain !
Le gouvernement propose, pour remplir les caisses de du mange-fric affamé qu’est l’Etat, de taxer les sucreries et autres cochonneries alimentaires. Pourquoi pas ? Sur le principe, je suis plutôt d’accord… A condition que cela soit bien fait. On pourrait, par exemple, réduire les taxes sur les produits de première nécessité, et les augmenter sur tout ce qui est accessoire.
Il y a des tas de choses encore à faire dans ce domaine ; cesser de faire un luxe des produits sains et naturels, pour commencer ! Si c’était plus facile de se nourrir avec des produits sains, sans se casser la tête pour faire des économies ; si les prix des chips et des bonbons étaient supérieurs au prix des raisins secs et des concombres, les français obèses se nourriraient probablement mieux.
Si c’est bien fait. Mais avec des si, on mettrait l’Elysée en bouteille. Je suis persuadé que la popularité effarante de Monsieur N. et de ses ministres permettra de faire passer n’importe quelle législation absurde… Mais je suis également certain que, vu la bande de bras cassés que sont les nutritionnistes et les bio-maniaques qui tiennent fort les lobbys de ce genre de choses, ça sera du ni fait, ni à faire.
Oui, ça fait tellement politologue de bar-tabac quand on en parle de cette façon… Mais je n’en peux mais, je me surprends à rêver à un monde dans lequel, pour une fois, on proposerait aux jeunes des choses utiles. Je ne sais pas, moi, plutôt que des réductions sur des concerts, des t-shirts, des DVD, ou des facilités de paiement sur des crédits, on pourrait tenter de faire que la baguette de pain grève moins leur budget !
Pour un ménage de trois personnes, soit un jeune couple avec un enfant, comptez par jour : une baguette, deux cafés, un paquet de nouilles, trois ou quatre steaks hachés en se serrant la ceinture… Tout ça sans compter la cantine trop chère, le loyer, les impôts, les charges, les conneries des gosses… Et soustrayez ça d’un seul SMIC. Deux, maximum. Faites vos comptes : Ce ne sont pas les sucreries qui sont chères.
Tout le monde n'est pas à la rue, et la famine ne guette pas... mais elle est grande, la tentation de la junk-food par chère !
mardi 11 septembre 2007
Whiskers on kittens...
Le sage (et je ne sais plus de quel sage il s’agit, sinon je n’aurais pas manqué de me faire mousser en le citant) a dit, grosso modo : Il faut s’intéresser à tout, sinon qu’est-ce qu’on se fait chier ! Quant à George Courteline, fonctionnaire et auteur comique de son état, il avait élevé le je-m’en-foutisme au rang d’art, et la phrase Et après ? faisait partie des armoiries qu’il s’était créées.
Et ils avaient tous les deux raison.
Mais comme je ne suis pas aussi sage ni aussi drôle, il y a certaines choses dont je me fous royalement, voire certains sujets qui m’insupportent, surtout lorsqu’ils ne m’affectent pas directement, et ce sans que cela m’amuse forcément. Tout de même, pour parler franchement, il y a des choses qu’il ne me fait ni chaud ni froid de connaître alors que c’est ce qui remplit de tout son sel la vie entière d’autres personnes !
Pire, non seulement peu m’en chaut, mais lorsqu’on m’en entretient, cela m’ennuie et m’agace. Vous voulez des exemples ? Soit…
J’ai déjà parlé de la disparition des espèces suffisamment amplement pour ne pas avoir à redire combien je m’en fiche, et combien cela m’insupporte que ce sujet revienne sur le tapis… D’autant qu’on me blâme souvent de m’en foutre à ce point. Comme j’ai déjà expliqué mes raisons, je me contenterai de vous renvoyer à un billet d’il y a quelques jours, et de vous endéféquer copieusement.
Les vies de gens inconnus et peu remarquables, tels les intellectuels imbéciles et les pseudo-artistes maudits, tout cela me fait tellement chier que je ne veux plus en voir une seule. On peut citer, dans le sac de ceux qui se croient intéressants mais qui ne marqueront guère que leur concierge, Fabrice Neaud, Bernard-Henri Lévy (né Berbard Lévy, il s’est fait seizièmiser le prénom !), et Pascal Sevran.
Les anorexiques m’indiffèrent au plus haut point. Non mais sans blague, c’est quoi cette maladie à la con ?! Seule une société ou l’abondance côtoie la misère pouvait pondre un truc pareil… Une riche connasse quelconque hurle « J’veux pas manger ! » parce qu’elle a l’instinct de survie dans les chaussettes ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre ! Laissons-la faire, il y en aura plus pour les autres.
Les déprimés bronzés m’énervent, et je ne veux pas en entendre parler. Je parle des gens qui ont tout pour eux, qui ne sont ni laids, ni bêtes, ni incompétents, ni pauvres, ni malades, et qui pourtant sont toujours en pleine dépression. Entre le gin et le tennis, oui. Ben voyons ! Et dire que j’ai connu des sidéens et des incurables, des miséreux et des grosses moches qui prenaient la vie du bon côté ! Qu’ils aillent se faire voir, tiens.
Je n’attends plus rien de l’Eglise ni des religions en général (j’en ai suffisamment parlé), aussi les déclarations de ces organismes hautement parasitaires, changements de papes, bulles, communiqués du genre « finalement, on s’excuse pour les juifs » ou « au fait, on veut bien que les noirs deviennent prêtres chez-nous », me passent loin au dessous. Pour rejoindre le XXIe siècle, c’est quand ils veulent.
S’il y a un truc qui a sur moi un effet comparable à celui de regarder un gravier parmi d’autres sur le sol, c’est le fait de regarder les photos de famille éloignée. Parfois ça n’est même pas la mienne. Et les enfants, c’est pire… Et quand vous recevez ça en carte de vœux, c’est toujours si fadasse ! « Regardez, il a neuf ans ! », écrivent-ils, comme si c’était un exploit. Les photos, c’est comme un enfant, mais sans les avantages, en fait.
Qu’on me raconte quelque chose d’inutile, ça, ça m’énerve. Vous savez, des aventures que votre interlocuteur croient extraordinaires, mais qui se résument à « j’ai mangé des frites pendant mes vacances »… Même principe avec une partie de jeu de rôle ou il ne s’est rien passé de remarquable. C’est prodigieux ce que les gens peuvent se croire intéressants… Moi-même, j’essaie toujours de en pas être fade, sur ce blog.
Les salaires des ministres et des élus, ceux des hauts fonctionnaires, ainsi que les frais de bouche de tout ce beau monde, voilà encore un truc sans aucune espèce d’importance à mes yeux. Certains trouvent tout ça scandaleusement haut. Moi je trouve scandaleux qu’un chef d’entreprise même pas internationale puisse gagner plus que celui qui préside à la destinée de sa nation, mais bon…
Peu me chaut de connaître la vie de mes voisins, l’état de leur chat, les soucis de leurs enfants, leurs maladies, leurs bizarreries… Ce n’est pas moi qui irai écouter aux murs. Appelez-moi un vrai parisien, mais je n’aime pas qu’on me prenne le chou avec les potins, que ce soit les voisins eux-mêmes ou via ma concierge. J’accepte de les écouter quand ils ont quelque chose à me demander, et encore.
J’ai toujours l’impression que si je regarde trop la promo des films, je vais me faire lobotomiser d’ennui. Ce doit être à force d’entendre toujours les mêmes phrases hypocrites du genre « ce personnage est très profond » ou « le scénario est très complexe » (surtout pour un navet d’action…), et le pire des lieux communs « c’était un honneur de travailler avec Machin, il est très pro, pas du tout une diva ! »,
Et tant qu’à faire, mettons dans le même panier les bonus des DVD qui n’en finissent pas… Par exemple ceux ou il n’y a que vingt minutes d’images originales répétées au fil de quatre documentaires d’une demi-heure chacun et mélangées avec des scènes du film. Ou les bêtisiers qui durent trois heures, les commentaires audio dont on se fout (le producteur, les seconds rôles, l’éclairagiste, le traiteur, le vigile du plateau…).
Les 90% des livres qui sont placés dans le rayon « meilleures ventes », où que ce soit, je m’en fous. Ce n’est pas pour ça que j’achète un bouquin. Ce n’est d’ailleurs pas parce que ce sont les meilleures ventes, mais à chaque fois que je jette un œil il n’y a presque que de la merde ! J’en suis presque venu à considérer que si c’est dans ce rayon, c’est mauvais… Heureusement, il y a des exceptions.
Je suis gay, mais j’arrive à trouver certains films pornos hétérosexuels excitants (parfois, quand le mec est beau, et surtout qu’il n’est pas complètement caché par la ou les filles, ce qui est rare…) ; mais de toute évidence, les scènes entre lesbiennes, pour moi, c’est bof… Ce n’est pas que ça me dégoûte ni que ça me fasse peur, c’est juste que c’est exactement aussi excitant que de surveiller une bouilloire.
Pour l’objet suivant de la liste, je vais devoir poser une question. Qui lit les préfaces ? Pas grand monde. Moi, je les lis, au moins en diagonale, la plupart du temps. Parfois, la préface est une œuvre d’art, un petit bijou à elle toute seule, surtout si c’est un grand auteur qui l’a commise. Mais à quoi bon, je vous le demande, se faire préfacer par un universitaire inconnu au style aride et abscons ? Quel ennui…
Entre les potins de mes voisins et les salaires des ministres se trouve le chapitre particulièrement inintéressant des coucheries de célébrités. C’est ennuyeux à mourir. Ce n’est pas pour ça qu’ils sont célèbres, ces gens-là ! On se fiche de savoir avec qui ça couche, comme de savoir s’ils font leur jogging à sept heure ou à huit ! Et dire qu’il y a des gens pour s’intéresser même à ce genre de racontars obsessionnels…
Ceux qui me connaissent savent que le sport m’a toujours insupporté, TOUS les sports, TOUTES les disciplines. Aussi ce ne sera pas une surprise si je vous dis que le sport public, retransmis, me paraît futile à un point cosmique ! Je me fiche de savoir qui joue mieux à la baballe ou qui sautille le mieux dans telle position… On devrait interdire de regarder ça plus de dix minutes à ceux qui ne pratiquent pas le sport en question.
Enfin, la dernière chose qui m’indiffère, c’est vous. Pas vous au sens large, mais une certaine manifestation de mon lectorat… Les commentaires de gens qui me disent qu’ils n’aiment pas mes billets, non pas parce qu’ils sont imparfaits dans leur genre ou qu’ils ne sont pas bien exprimés, bien tournés (ce qui mènerait à une critique positive que j’apprécie) mais parce qu’ils n’en aiment pas le sujet, le genre, ou le ton…
Etant donné que c’est encore moi qui décide de ce que j’écris ou pas, je leur répète chaudement et avec passion qu’ils peuvent aller pratiquer un coït furtif et brutal dans les ruelles stambouliotes ! Sans blague, si ça ne vous plait pas, vous n’avez qu’à pas me lire. Vous n’avez que ça à foutre ? Ce genre de choses m’agace vraiment parce que cela paraît évident et que je n’arrête pas de le répéter.
Voilà. C’est bien entendu une liste non exhaustive, mais c’est déjà pas mal.









