C’est amusant comme on nous serine à longueur d’années que l’état est endetté (et ce depuis François Mitterrand, non qu’il en soit plus la cause que d’autres), mais comme on n’a pas le droit de dire, comme l’a fait le premier ministre, qu’elle est en faillite. Pire : tous les hommes politiques n’arrêtent pas de le dire lorsqu’ils sont en campagne, et cessent dés qu’ils sont au pouvoir.

Pour une fois qu’il y en a un qui le dit, tout le monde lui tombe dessus. Et chacun des anciens ministres de défendre leur bilan pour s’inscrire en faux, voter contre, s’opposer, récuser, réfuter et contredire ce qui est pourtant vrai, avéré, établi, irrécusable, irréfutable et irréfragable. Je trouve dommage que le quotidien des petits mots prenne le pas sur celui des faits, et qu’on condamne une honnêteté trop rare.

Il n’est pas dit, évidemment, que la France se porte mieux, mais au moins on fait face aux problèmes.

Tout ça me fait penser aux incongruités de la censure PC… Je lisais l’autre jour un comics américain grand public, c'est-à-dire prévu pour être lu aussi par des enfants, paru ces dernières années. C’est l’histoire d’un ado qui a des pouvoirs, et son père, à l’origine un super-héros, se révèle être un super-vilain. Bref. Outre l’intensité dramatique et le scénario sans précédent (ouais, tu parles…) il y a…

Des boyaux partout, des gens ouverts au ventre avec leurs intestins qui dégoulinent, du sang, du gore, des mecs découpés, des opérations chirurgicales ou l’on voit les os et les muscles dénudés ; des méchants vraiment dérangeants et psychopathes, des monstres difformes ET réalistes, des tas de trucs pires que dans Buffy ; des méchants qui étaient gentils avant et dont on comprend à peu près les raisons…

Mais aussi…

Des gros muscles, des gens sexy, du spandex et des gros seins, mais pas de poils, des scènes de sexe suggérées qui se passent derrière des portes closes ; des adolescents fleur bleue, vierges à 18 ans, qui ont des petit(e)s ami(e)s mais ne couchent pas avec… Quant au héros, il ne tue JAMAIS personne, sauf une fois et c’est par accident. L’alcoolisme, l’infidélité, l’échec scolaire, tout ça y est mais sans dire son nom.

Vous voyez où je veux en venir ?

On voit DES TAS de gens sexy quasi à poils… Mais du sexe ? Houlà, non, c’est Grand Public ! On voit TOUTES les entrailles qui dégoulinent… Mais le meurtre ? Houlà, non, c’est pour les enfants ! Les héros sont d’une touchante naïveté à la Babar, alors qu’il y a des tas de gens avec les boyaux à l’air ou qui baisent comme des lapins derrière, à peine cachés. On montre tout, mais on ne dit rien.

Personnellement, je trouve ça très divertissant… en BD.

C’est tout de suite moins drôle dans la réalité, quand, sans doute dans l’espoir vain que le problème disparaisse, on ne parle pas des viols, de la pédophilie (surtout de la pédophilie féminine, qui existe bel et bien et dont on ne parle pas assez, et je remercie Cedric Darval de Bayen de l’avoir dit), du SIDA, des pauvres… Et bien sûr des incongruités du système ou l’état des finances françaises.

Zombie_Captain_America