Le sage (et je ne sais plus de quel sage il s’agit, sinon je n’aurais pas manqué de me faire mousser en le citant) a dit, grosso modo : Il faut s’intéresser à tout, sinon qu’est-ce qu’on se fait chier ! Quant à George Courteline, fonctionnaire et auteur comique de son état, il avait élevé le je-m’en-foutisme au rang d’art, et la phrase Et après ? faisait partie des armoiries qu’il s’était créées.

Et ils avaient tous les deux raison.

Mais comme je ne suis pas aussi sage ni aussi drôle, il y a certaines choses dont je me fous royalement, voire certains sujets qui m’insupportent, surtout lorsqu’ils ne m’affectent pas directement, et ce sans que cela m’amuse forcément. Tout de même, pour parler franchement, il y a des choses qu’il ne me fait ni chaud ni froid de connaître alors que c’est ce qui remplit de tout son sel la vie entière d’autres personnes !

Pire, non seulement peu m’en chaut, mais lorsqu’on m’en entretient, cela m’ennuie et m’agace. Vous voulez des exemples ? Soit…

J’ai déjà parlé de la disparition des espèces suffisamment amplement pour ne pas avoir à redire combien je m’en fiche, et combien cela m’insupporte que ce sujet revienne sur le tapis… D’autant qu’on me blâme souvent de m’en foutre à ce point. Comme j’ai déjà expliqué mes raisons, je me contenterai de vous renvoyer à un billet d’il y a quelques jours, et de vous endéféquer copieusement.

Les vies de gens inconnus et peu remarquables, tels les intellectuels imbéciles et les pseudo-artistes maudits, tout cela me fait tellement chier que je ne veux plus en voir une seule. On peut citer, dans le sac de ceux qui se croient intéressants mais qui ne marqueront guère que leur concierge, Fabrice Neaud, Bernard-Henri Lévy (né Berbard Lévy, il s’est fait seizièmiser le prénom !), et Pascal Sevran.

Les anorexiques m’indiffèrent au plus haut point. Non mais sans blague, c’est quoi cette maladie à la con ?! Seule une société ou l’abondance côtoie la misère pouvait pondre un truc pareil… Une riche connasse quelconque hurle « J’veux pas manger ! » parce qu’elle a l’instinct de survie dans les chaussettes ? Qu’est-ce que j’en ai à foutre ! Laissons-la faire, il y en aura plus pour les autres.

Les déprimés bronzés m’énervent, et je ne veux pas en entendre parler. Je parle des gens qui ont tout pour eux, qui ne sont ni laids, ni bêtes, ni incompétents, ni pauvres, ni malades, et qui pourtant sont toujours en pleine dépression. Entre le gin et le tennis, oui. Ben voyons ! Et dire que j’ai connu des sidéens et des incurables, des miséreux et des grosses moches qui prenaient la vie du bon côté ! Qu’ils aillent se faire voir, tiens.

Je n’attends plus rien de l’Eglise ni des religions en général (j’en ai suffisamment parlé), aussi les déclarations de ces organismes hautement parasitaires, changements de papes, bulles, communiqués du genre « finalement, on s’excuse pour les juifs » ou « au fait, on veut bien que les noirs deviennent prêtres chez-nous », me passent loin au dessous. Pour rejoindre le XXIe siècle, c’est quand ils veulent.

S’il y a un truc qui a sur moi un effet comparable à celui de regarder un gravier parmi d’autres sur le sol, c’est le fait de regarder les photos de famille éloignée. Parfois ça n’est même pas la mienne. Et les enfants, c’est pire… Et quand vous recevez ça en carte de vœux, c’est toujours si fadasse ! « Regardez, il a neuf ans ! », écrivent-ils, comme si c’était un exploit. Les photos, c’est comme un enfant, mais sans les avantages, en fait.

Qu’on me raconte quelque chose d’inutile, ça, ça m’énerve. Vous savez, des aventures que votre interlocuteur croient extraordinaires, mais qui se résument à « j’ai mangé des frites pendant mes vacances »… Même principe avec une partie de jeu de rôle ou il ne s’est rien passé de remarquable. C’est prodigieux ce que les gens peuvent se croire intéressants… Moi-même, j’essaie toujours de en pas être fade, sur ce blog.

Les salaires des ministres et des élus, ceux des hauts fonctionnaires, ainsi que les frais de bouche de tout ce beau monde, voilà encore un truc sans aucune espèce d’importance à mes yeux. Certains trouvent tout ça scandaleusement haut. Moi je trouve scandaleux qu’un chef d’entreprise même pas internationale puisse gagner plus que celui qui préside à la destinée de sa nation, mais bon…

Peu me chaut de connaître la vie de mes voisins, l’état de leur chat, les soucis de leurs enfants, leurs maladies, leurs bizarreries… Ce n’est pas moi qui irai écouter aux murs. Appelez-moi un vrai parisien, mais je n’aime pas qu’on me prenne le chou avec les potins, que ce soit les voisins eux-mêmes ou via ma concierge. J’accepte de les écouter quand ils ont quelque chose à me demander, et encore.

J’ai toujours l’impression que si je regarde trop la promo des films, je vais me faire lobotomiser d’ennui. Ce doit être à force d’entendre toujours les mêmes phrases hypocrites du genre « ce personnage est très profond » ou « le scénario est très complexe » (surtout pour un navet d’action…), et le pire des lieux communs « c’était un honneur de travailler avec Machin, il est très pro, pas du tout une diva ! »,

Et tant qu’à faire, mettons dans le même panier les bonus des DVD qui n’en finissent pas… Par exemple ceux ou il n’y a que vingt minutes d’images originales répétées au fil de quatre documentaires d’une demi-heure chacun et mélangées avec des scènes du film. Ou les bêtisiers qui durent trois heures, les commentaires audio dont on se fout (le producteur, les seconds rôles, l’éclairagiste, le traiteur, le vigile du plateau…).

Les 90% des livres qui sont placés dans le rayon « meilleures ventes », où que ce soit, je m’en fous. Ce n’est pas pour ça que j’achète un bouquin. Ce n’est d’ailleurs pas parce que ce sont les meilleures ventes, mais à chaque fois que je jette un œil il n’y a presque que de la merde ! J’en suis presque venu à considérer que si c’est dans ce rayon, c’est mauvais… Heureusement, il y a des exceptions.

Je suis gay, mais j’arrive à trouver certains films pornos hétérosexuels excitants (parfois, quand le mec est beau, et surtout qu’il n’est pas complètement caché par la ou les filles, ce qui est rare…) ; mais de toute évidence, les scènes entre lesbiennes, pour moi, c’est bof… Ce n’est pas que ça me dégoûte ni que ça me fasse peur, c’est juste que c’est exactement aussi excitant que de surveiller une bouilloire.

Pour l’objet suivant de la liste, je vais devoir poser une question. Qui lit les préfaces ? Pas grand monde. Moi, je les lis, au moins en diagonale, la plupart du temps. Parfois, la préface est une œuvre d’art, un petit bijou à elle toute seule, surtout si c’est un grand auteur qui l’a commise. Mais à quoi bon, je vous le demande, se faire préfacer par un universitaire inconnu au style aride et abscons ? Quel ennui…

Entre les potins de mes voisins et les salaires des ministres se trouve le chapitre particulièrement inintéressant des coucheries de célébrités. C’est ennuyeux à mourir. Ce n’est pas pour ça qu’ils sont célèbres, ces gens-là ! On se fiche de savoir avec qui ça couche, comme de savoir s’ils font leur jogging à sept heure ou à huit ! Et dire qu’il y a des gens pour s’intéresser même à ce genre de racontars obsessionnels…

Ceux qui me connaissent savent que le sport m’a toujours insupporté, TOUS les sports, TOUTES les disciplines. Aussi ce ne sera pas une surprise si je vous dis que le sport public, retransmis, me paraît futile à un point cosmique ! Je me fiche de savoir qui joue mieux à la baballe ou qui sautille le mieux dans telle position… On devrait interdire de regarder ça plus de dix minutes à ceux qui ne pratiquent pas le sport en question.

Enfin, la dernière chose qui m’indiffère, c’est vous. Pas vous au sens large, mais une certaine manifestation de mon lectorat… Les commentaires de gens qui me disent qu’ils n’aiment pas mes billets, non pas parce qu’ils sont imparfaits dans leur genre ou qu’ils ne sont pas bien exprimés, bien tournés (ce qui mènerait à une critique positive que j’apprécie) mais parce qu’ils n’en aiment pas le sujet, le genre, ou le ton

Etant donné que c’est encore moi qui décide de ce que j’écris ou pas, je leur répète chaudement et avec passion qu’ils peuvent aller pratiquer un coït furtif et brutal dans les ruelles stambouliotes ! Sans blague, si ça ne vous plait pas, vous n’avez qu’à pas me lire. Vous n’avez que ça à foutre ? Ce genre de choses m’agace vraiment parce que cela paraît évident et que je n’arrête pas de le répéter.

Voilà. C’est bien entendu une liste non exhaustive, mais c’est déjà pas mal.

Ach__bedide_volie