Côté Beurre

La tartine qui tombe, qui tombe... Un blog qui ne crache pas dans la soupe, mais trempe son pain et sauce toujours. Avec du poil autour.

vendredi 31 août 2007

Achetez un disque, parrainez un Scientologue !

C’est la désagréable surprise que j’ai eu lorsque j’ai examiné de plus près le contenu d’un disque récemment acheté à la FNAC. Oui, j’achète encore des disques à la FNAC, parce que c’est pratique, et il n’y a pas que le téléchargement illégal dans la vie… Je dois aussi réserver une bonne partie de ma bande passante (et non pas de ma passe bandante, petits vicieux !) au porno.

Que l’on se rassure, je blague. Enfin, un peu. C’est juste que j’ai autre chose à foutre avec mon PC… Même si je fais une exception pour vous, oui vous, mon public chéri, à l’endroit collectif duquel j’éprouve pourtant une saine révulsion liée au fait que vous êtes un groupe de gens. Les groupes de gens sont stupides, par définition. Désolé, c’est comme ça.

Une relation haine-amour, quoi.

Mais revenons à nos Agneaux de Dieu et autres religieux bêlants. Il semble que le sujet ne veuille pas partir lorsqu’on le laisse tomber ! LA religion, ce n’est pas facile à oublier. Voilà donc l’affaire : Moi, le pourfendeur des sectes et des profiteurs de la crédulité, j’ai acheté un disque qui était lié à la Dianétique ! Certes, c’était pas inadvertance, mais quelle horreur…

Certes, ce fut par inadvertance. A l’écoute en magasin (Oui, au prix où ils sont, je ne suis pas assez bête pour acheter un CD sans en avoir écouté un échantillon !), tout est normal. La jaquette est, ma foi, parfaitement descriptive du contenu, c’est classé en Musique du Monde et ça s’appelle Flamenco Arabe 2. Je précise que je ne possède pas le 1, ni ne l’ai écouté, vu que je ne connaissais pas son existence.

Moi j’étais parti pour rapporter une musique d’ambiance plaisante (ce qui est le cas), et chez-moi je me retrouve avec un noir fruit délétère de la scientologie Hubbardienne la plus pure ! Bon, j’exagère. Il n’y a pas de message subliminal (même si le rythme est parfois lancinant, mais c’est de la musique orientale, c’est comme ça…) et pas de formulaire d’adhésion ni leur fameux test de (manque de)personnalité.

Mais, appelez ça de la maniaquerie si vous voulez, j’aime bien lire, même en diagonale, le petit livret fourni avec mes disques. On peut y trouver des notes biographiques, les paroles des chansons sur la plupart des CD (pas celui-ci), et les remerciements des artistes. Et justement, voilà-t-y pas que Hossam Ramzy, l’un des deux musiciens, remercie chaleureusemen (je cite) :

« Mr. L. Ron Hubbard for his spiritual guidance. »

Il remercie aussi des tas d’autres gens, y compris sa « soeur spirituelle » (sans doute une autre de leurs immondes laquais !) mais on s’en fout. Le fondateur de l’Eglise de Scientologie (et j’ai presque honte d’employer les majuscules, si elles n’étaient pas déjà tant galvaudées dans des noms qui en réclament deux de plus, comme Jean-Marie Le Pen) est dans les premiers à être noté.

Alors qu’il n’a rien fait, qu’il n’est pas là, qu’il n’a pas transpiré pour la production de cet album… Même la plupart des artistes chrétiens ne remercient pas Jésus textuellement sur leurs jaquettes ! Vous allez me dire que la Scientologie est une secte… Eh bien c’est comme ça que les chrétiens ont démarré, et la Scientologie est aujourd’hui une religion dans pas mal de pays.

A ce compte là, il y a des branches de la chrétienté qui sont des sectes, déguisées ou non, et beaucoup de catholiques fonctionnent comme s’ils étaient dans ce genre de carcan ! Tous ces oiseaux se valent dans l’ignominie. Pire qu’une banque, pire qu’une entreprise qui vend de la merde, la religion vous vend l’invisible, l’impalpable et l’incommensurable, ce qui ne leur appartient même pas : votre propre foi.

Passons. Fi, fi donc de tout cela.

Donc je vous saurais gré de ne plus acheter les albums de Hossam Ramzy si vous ne voulez pas donner des sous à un Scientologue pratiquant, comme vous n’irez plus voir les films de Tom Cruise et John Travolta (de toutes façons ils jouent tous les deux très mal), et comme vous n’achèterez pas la musique de Isaac Hayes, dont j’ai déjà parlé il y a quelques temps.

A moins bien sûr que, comme moi, vous vous en fichiez.

Vu le nombre de gens qui ont une religion, ou sont liés de près ou de loin à ce genre de choses, que ce soit dans le monde du spectacle ou dans le monde tout court, on ne peut pas les éviter ou les boycotter tous sans se faire ermite, apôtre retiré de sa propre foi, celle de la non religion… Ce qui serait franchement stupide, et diablement inconfortable.

Vous pourriez cependant sans trop vous fouler éviter d’acheter des couches Pampers, puisqu’elles sont l’un des financements de la secte Moon, et faire un régime en n’achetant plus de Nutella ni de chocolats (dégueu, en plus !) Kinder, Suchard, Mon Chéri et autres Pyrénéens, puisque le Vatican est l’actionnaire majoritaire (entre autre…) de l’entreprise Ferrero.

C’est pour ça que les réceptions du nonce sont toujours un succès…

Flamenco_Arabe_2

Posté par Elromanozo à 23:28 - Billets d'humeurs - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 30 août 2007

L'amûr, c'est comme dans les films...

J’ai finalement été contraint et forcé, pour faire des économies (ou plutôt pour ne pas jeter plus d’argent qu’il n’en faut par les fenêtres, puisque je suis tout sauf économe…), d’adhérer au machintruc qui permet d’aller au cinéma quand on veut sans payer (enfin, à part un abonnement) avec une simple carte magnétique. Plus que simplement pratique, c’est un vrai forfait. Au sens de vol qualifié !

Soit vous payez l’abonnement, ce qui fournit un racket… pardon, un revenu régulier à UGC ou Gaumont (comme vous voulez), soit vous payez votre place entre 9,50 euros et 12,50 euros environ, selon la salle. Ce qui implique de choisir ses films avec une extrême prudence. Si vous allez voir une nullité absolue et que vous sortez en milieu de séance, ça vous coûte le prix d’un DVD en promo !

D’ailleurs, même ce prix est trop élevé pour un bon film. Le prix n’a pas cessé d’augmenter depuis des années. Je me souviens que c’était déjà exorbitant lorsqu’il s’agissait de cinquante francs ! C’est absurde, on dirait une place de théâtre ! J’aime assez aller au cinéma, surtout quand je peux attraper les séances du début d’après-midi où les salles sont presque vides, et je ne veux pas me limiter.

Perdre son temps, c’est déjà suffisant… Donc c’était l’abonnement, ou ne jamais aller au cinéma seul, et passer un accord avec mes amis disant « celui qui m’invite au cinéma, je ne le rembourse QUE si j’ai aimé le film. » J’ai donc choisi l’abonnement ! Et d’avoir vu une ultime et indicible bouse fumante, notamment à cause d’une amie qui avait choisi le film pour les autres, m’a décidé à sauter le pas.

Désormais je n’aurai plus peur, du moment que je rentabilise le bidule en allant deux fois par mois au cinoche.

Le film de merde ne question était un film français récent (mais vous vous en seriez douté, non ?) qui avait été promotionné au journal télévisé. Il est sorti il y a quelques mois, ainsi que le CD de la bande originale. Je le précise parce qu’il s’agit d’une « comédie musicale », intitulée Les Chansons d’Amour. J’ai oublié le nom du réalisateur, mais c’est la chose la plus charitable à faire pour lui.

L’auteur-compositeur qui a commis la bande originale de ce plagiat auditif aux vers de mirliton, paroles et musique, est (quelle surprise !) parisien, pédé, trentenaire et joueur de synthé ! Sa façon de souffler dans son micro rappelle les mauvais jours de l’abject Vincent Delerm, ses airs sont  le plagiat de ce qu’on pouvait faire il y a dix ans, et ses paroles évoquent la poésie d’un skyblogger illettré de 14 ans habitant Paris 16.

Les français sont les seuls capables de faire des drames psychologiques musicaux… Il n’y en a eu que trois, je crois, avec On connaît la chanson, et Jeanne et le garçon formidable. Tous abjects. Il y a des choses bien que nous sommes les seuls à faire, mais le film français et sa branche musicale bâtarde est à la France ce que Céline Dion est au Canada… Une honte. Minimum.

Pour vous dire ce que j’ai pensé du film dans les détails, j’ai parodié quelques unes des chansons d’Alex Beaupain, l’auteur-compositeur dont je vous parlais. Je n’ai pris que les moins pires pour ne pas vous forcer à écouter les autres, et voici un lien vers un site qui vous passera des extraits des chansons si vous êtes sages. Sinon, téléchargez ça sur Radioblog ou ailleurs, ça se trouve.

On dit que la parodie est un hommage déguisé et un signe de respect. Dans le cas présent, je ne me suis donné la peine de le faire que parce que ça m’amusait, et que cela m’a pris moins de dix minutes par chanson d’écrire quelque chose de MIEUX que ce qui a été chié là. Quelque chose qui ne se perde pas trop en galimatias, ne se répète pas trop, veuille dire quelque chose, qui suive un rythme… C’est utile pour une chanson, non ?

Je n’ai pas l’audace de faire quelque chose de bon (je ne brigue pas la place de parolier pour comédie musicale, moi !), mais c’est déjà plus supportable. Si vous n’aimez pas, songez à ce que c’était ! Seul hic, mes titres sont plus longs... Bonne lecture.

1) De bonnes raisons, ou : Une première chanson pour dire ce que j’ai pensé du film.

Voilà un film à questions
Du style que je n’aime pas :
Il commence pas des chansons
Aux paroles en charabia…

Je ne vois pas
De bonnes raisons pour aimer,
Je ne manque pas
De raisons pour vous les donner !
Oui je vais vous les donner
Rien que pour m’amuser…

Ce n’est qu’une histoire de fesses
Qui sent bien trop son étude,
Fait par qui confond « paresse »
avec « la cool attitude »…

Je ne vois pas (pourquoi le taire ?)
De bonnes raisons pour aimer,
Je ne manque pas
De raisons pour vous les donner !
Oui je vais vous les donner,
Rien que pour m’amuser…

Des références
A la religion, si tendances… (çaaaa faiiiit bieeeen…)
Rien de critique,
Juste un vernis genre prisunic… (çaaaa coûteee rien !)

C’est franchouillard, quelle horreur,
J’ai bien failli m’endormir…
L’ambiance, c’est comme les fleurs :
Le trop se transforme en pire !

Je ne vois pas (pourquoi le taire ?)
De bonnes raisons pour aimer,
Je ne manque pas
De raisons pour vous les donner !
Oui je vais vous les donner,
Rien que pour m’amuser…

2) Inventaire, ou : Ce qu’il y avait dans le film.

Un film qui prend l’eau,
Deux décors pas chers,
Trois petits bobos
Qui se donnent des airs…

Un p’tit air farouche…
Emotions ? Mystère ?
Comme si c’était louche,
Mais ya rien derrière…

Erreurs de débutant…
Des chansons genre bruit blanc…
Et après ?
Après c’est juste chiant.

Rien de fait, tout à refaire,
De quoi ce film à l’air
A l’heure de l’inventaire ?
Non mais, de quoi ç’a l’air ?
De quoi ce film à l’air ?!

Cinq autres kakous
Mal développés,
Artificiels, mous,
Et plein de clichés…

Six ou sept figurants
Et pas un seul beur,
Zéro gras, des blancs,
Parigots pur beurre…

Des pédés, ça fait bien…
Trop de mâles, et pour rien !
Tout est en toc, tout est trop parisien.

Rien de fait, tout à refaire,
De quoi ce film à l’air
A l’heure de l’inventaire ?
Non mais, de quoi ç’a l’air ?
De quoi ce film à l’air ?!

Huit chansons pompées
Pour un drame psy,
Les autres bâclées,
Les paroles, c’est pis…

Neuf et à la mode
Sont ces comédies,
Mais Da Vinci Code
Etait mieux construit.

C’est français, c’est comme ça,
Et ça rapporte pas…
Mais alors, pourquoi on filme ça ?

3) La Bastille, ou : Mais qu’est-ce que ça fout là ?

Il fallait une chanson ici,
En voilà une sur la Bastille…
Oui, c’est purement gratuit,
C’est sur la pluie et sur la ville…
Les adolescents de Paris
En ont tous fait une aussi conne,
De la fausse mélancolie,
Masturbatoire belladone…

A l’horizon des octamètres
Est un faux poète maudit :
Tout contenu peut disparaître
Dilué dans sa psalmodie…
Le piano se fait discret,
Un air bateau qu’on assassine,
Pour qu’on écoute les couplets
Qui sont longs comme un jour sans pine…

Cela s’entend, ce fut écrit
Par un jeune riche inutile
Qui se prenait pour un génie,
Ecrivaillon de pacotille !
Il se dit qu’il est incompris…
Mais sait-il qu’il faut du boulot
Pour faire de la poésie,
Et pas juste un joint et un pot ?

Il composa ces vers débiles
Un beau jour où, pris par l’ennui,
Il se dit « tiens, un stylo bille !
Quels sont les clichés sur la pluie ? »
A longueurs d’envolées lyriques
Autour de ses poncifs bobos
Qui vont plan-plan sur sa métrique,
Il se gargarise de mots…

Un dernier couplet terne et gris,
Avec encore une tartine
Qui décrit Paris sous la pluie
Et une famille anodine…
Aucun lien avec l’histoire,
Bien que ça fasse déjà cinq strophes
Que tous les acteurs en ont marre,
Que c’en est une catastrophe…

4) Je n’aime que toi, ou : La chanson dont un extrait a été passé au JT pour vendre le film.

Le sexe est une bonne affaire
Pour se faire des thunes,
Du beurre pour montrer son derrière
Aux uns et aux unes…

On s’attend à un film vulgaire
Pour des gens qui se touchent…
Cette chanson phare le suggère,
Et à pleine bouche…

Voici deux cons et trois derrières,
Une partie à trois…
Mais le garçon, lui, il préfère
Les mecs et ça se voit !
Je me mets un doigt
Je me mets un doigt

Dés le début, le jeu est clair :
Dans le lit ils sont trois,
Mais loin du sulfureux, du pervers,
Le lit semble froid…

Il est beau, il ne veut rien faire
Aux dames de sa couche :
Je vois la fin téléphonée,
Et c’est plutôt louche…

Voici deux cons et trois derrières,
Une partie à trois…
Après ces quelques jeux pervers,
Des pédés, pourquoi pas ?
Je me mets un doigt
Je me mets un doigt

C’est la blondasse qu’on enterre,
(Tant mieux, elle joue mal)
Bientôt la brune s’envoie en l’air…
Et le brun, il fait quoi ?

Il trouve un rouquin de Quimper
Au cul comme la soie,
Gay, mineur sans en avoir l’air,
Pour y mettre les doigts…

Voici deux cons et trois derrières,
Une partie à trois…
Une trame bien trop légère,
Un drame psy bourgeois !
Je me mets un doigt
Je me mets un doigt
etc.

8) La beauté du geste, ou Arrêtons de donner des sous à des petits péteux qui se masturbent pour qu’ils se filment mal avec leurs faux problèmes dont tout le monde se fout !

As-tu déjà filmé
Pour la beauté du geste ?
As-tu déjà filmé
Avec pas mal d’argent ?
La pub a fait du bruit,
Le JT, et le reste
T’ont amené des gens…

Oui, j’ai déjà filmé
Pour la beauté du geste,
Mais c’était bien trop dur,
Je m’y suis cassé les dents…
Mon propos immature,
Mon histoire indigeste,
Ont écoeuré souvent…

Les dialogues qui durent,
Artificiels, exsangues,
Tout de prétention pure
Nous font tirer la langue…

Les chansons et les airs
Sont futiles et mièvres,
Ils nous font le teint vert,
Le cœur au bord des lèvres…

Car à vouloir filmer
Pour la beauté du geste,
Sans souci de personne,
Pour faire l’intéressant,
On est masturbateur
En plus d’être immodeste
Et de tirer au flanc !

Lorsqu’on ose filmer
Pour la beauté du geste,
On plaît à quelques connes,
A qui se croit savant…
Les intellos branleurs,
Pédés et midinettes,
Les bobos sont contents !

Les acteurs, pas très fiers,
Font de futiles efforts,
Mais ce script de misère
Est moins beau que leurs corps…

Le mélo qui dure
Fait honte aux parigots,
Ce film est une chiure
Sur le pont Mirabeau…

13) Si tard, ou : Une chanson spécialement adressée à Ludivine Sagnier, vu qu’elle la « chante » dans le film.

Pourquoi joues-tu si mal ?
Pourquoi jouer comme un cul ?
Retourne à ton miroir,
Entraîne-toi un peu plus !
Pourquoi joues-tu si mal ?
Comment t’as réussi
Dedans le septième art ?
T’as couché avec qui ?
Pourquoi joues-tu si mal ?
Mais on t’a rien appris ?
On ne peut pas y croire,
A ton jeu tout pourri !
C’est vrai qu’à la rigueur,
Rien que par politesse,
On dira que l’auteur
N’a pas beaucoup d’adresse…

Pourquoi joues-tu si mal ?
Mal chanter, passe encore…
Mais ça n’est pas normal,
Puer autant la mort !
Pourquoi joues-tu si mal ?
Tu n’as aucune excuse,
Même un bobard banal
Est vu quand tu en uses.
Pourquoi joues-tu si mal ?
Les faux airs de nymphette,
Les traits fins, quelques poils,
Les dépressions surfaites…
Ça fait très film français,
Oui, mais quelle idiotie…
Comme si l’on clonait
Duris et Paradis !

14) J’ai cru entendre, ou : Oui, la musique est bel et bien aussi nulle que le reste !

On la sent venir de très loin,
C’est la chanson de la fin…
Le niveau n’est pas très haut :
Matin/crétin, en vers, c’est beau…

Et on répète, répète, et on répète,
Il manque des pieds… Une tête ?
Certains vers sont du charabia…
Comme le film, en tout cas !

Ref1        Moi je voulais juste encore
                M’amuser au cinéma…
                Un film français fort,
                C’est trop demander, ou quoi ?
                Mais hélas au lieu de ça…

                J’ai bien cru voir une merde,
                Le temps que je viens de perdre…
                J’ai bien cru voir une merde,
                Le temps que je viens de perdre…

La musique ce n’est pas mieux,
Tout est pompé à des plus vieux :
Du Lavoine, Higelin itou,
Et du Daho en plus mou…

Ref2        Les acteurs, je suis d’accord,
                En France on n’a pas le choix…
                L’intrigue, passe encore,
                Ya des navets pire que ça,
                Oui, mais même comme ça…

                J’ai bien cru voir une merde,
                Le temps que je viens de perdre…
                J’ai bien cru voir une merde,
                Le temps que je viens de perdre…

Des héros typés bobos,
A trente ans encore ados,
Un pédé en faux breton
Parce qu’à Paris, yen a plein qui sont de la région…

C’est un propos bien trop naïf,
Aux persos taillés au canif,
Parisianiste et trentenaire,
Lénifiant, nombriliste et vulgaire !

(Aux deux refrains mélés)

Alex_Beaupain

Posté par Elromanozo à 02:27 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 28 août 2007

Sens dessus dessous !

L’autre jour, j’ai parlé d’amodier, un verbe faussement ambigu. Nous l’avons vu ensemble, il fait partie de ces termes qui ont un sens bien précis que personne ne connaît, ce qui n’empêche pas qu’il soit utilisé à contresens de façon répétée… En général par ceux qui veulent faire leur intéressant mais n’ont pas de quoi se vanter. Ces imbéciles, comme ces mots, sont plus nombreux qu’on ne le croit !

Ainsi, la licéité n’a pas le moindre rapport avec les lycéens, mais c’est la qualité de ce qui est licite… Ce sont des mots qui ont une fâcheuse tendance à être remplacé par légal et son substantif légalité, alors que le sens est plutôt différent… Licite, c’est ce qui est permis par la loi, ou, plus précisément, qui n’est défendu par aucune loi. Légal, c’est ce qui est relatif à la loi, ou prescrit (recommandé, autorisé) par elle !

L’acmé, qui s’utilise aussi en anglais sans accent, est un mot qui existe depuis longtemps, avant d’être un acronyme utilisé (à cause de son sens premier, d’ailleurs) dans les dessins animés depuis les années trente comme nom d’une société manufacturant tout et n’importe quoi, des outils les plus simples aux inventions les plus drolatiques. Ce mot signifie simplement un point culminant.

De grands auteurs de science-fiction ont dit que la Lune était gibbeuse. C’est en partie vrai, et en partie dû à une sous-traduction de l’anglais, notamment de Lovecraft. En fait, gibbeux signifie bossu, plein de bosses. La Lune est effectivement pleine de bosses, mais on serait bien en peine de l’observer à l’œil nu puisqu’on ne voit que des taches… Les parties gibbeuses de la lune, en revanche, sont les plus éclairées.

Certains se croient intelligents en utilisant des mots longs lorsqu’ils boivent… Ils le font en général très mal. Boire un coup, et utiliser des mots savants. J’ai entendu parler d’un grand vin comme d’une boisson dionysienne. Comme il y a peu de chances que le truc ait été produit en banlieue, je gage qu’on a voulu dire dionysiaque, relatif au dieu de l’ivresse, et non dionysien, l’habitant de Saint-Denis…

Fieffé, autre mot utilisé dans un sens aujourd’hui figuré. On parle d’un fieffé imbécile, comme on disait à une autre époque un imbécile couronné. Ce mot signifie en effet que l’imbécile en question a atteint des sommets dans son vice. Le problème, c’est qu’un tas de gens emploie le mot fieffé seul, comme s’il s’agissait d’une insulte… Alors qu’il ne désigne que le possesseur d’un fief, un seigneur !

En passant, l’adjectif exquis ne signifie pas « vachement bien » en langage policé, mais recherché, excellent, précis… Ce n’est donc pas intrinsèquement positif. Un langage exquis, c’est quelquefois ampoulé. Un met exquis, c’est un plat compliqué (On ne dira donc pas que le jambon-purée est exquis, même si c’est très bon !). Et un supplice exquis, il n’y a pas que les adeptes du SM à en parler…

Il s’agit simplement d’une torture élaborée et poussée à l’extrême, souvent compliquée à outrance, pour qu’elle soit la plus douloureuse possible. Une douleur exquise peut aussi signifier, pour un médecin, une douleur aigüe à un endroit précis. De même, une fièvre réglée exquise revient par accès réguliers. Pour ne pas oublier tout ceci, il suffit de savoir qu’exquis vient du latin ex-quaerere, littéralement re-chercher !

Après les trompettes de la renommée, de Brassens, on a entendu tout et son contraire sur le mot folliculaire, attractif pour les pédants, qui l’emploient pour désigner une gazette ou refusent de l’employer, prétendant qu’il n’existe pas et dérive en fait de follicule, une petite feuille. Eh bien il existe au moins depuis 1835 et désigne un mauvais journaliste. Brassens l’emploie donc à bon escient !

J’ai aussi entendu utiliser achopper, et surtout la pierre d’achoppement, à tort et à travers, le plus souvent comme s’il s’agissait d’une clé de voûte ou d’une pierre de touche, par des gens qui s’improvisent soudain maçons au fil d’une conversation… Au contraire, la pierre d’achoppement est une pierre fautive d’un édifice, et il vaut mieux que ça ne soit pas la clé de voûte !

Quant à achopper, ce verbe signifie faillir, échouer, buter devant un obstacle, au sens figuré. Au sens propre, c’est un verbe qui devrait être fort en usage, puisqu’il signifie heurter du pied en marchant par inadvertance, mais pas nécessairement trébucher. Quand vous vous pétez l’orteil contre un pied de lit et que ça pisse le sang, ou que vous butez contre une canette dans la rue, ce sont les petits achoppements de la vie moderne…

Et vous avez pu noter au passage, dans le paragraphe précédent, que ma tournure était ambiguë : heurter du pied en marchant par inadvertance aurait pu vouloir dire que l’on marche par inadvertance… Fort heureusement, la marche est un acte volontaire qui prévient un contresens trop grave, mais ce n’est pas élégant. J’aurais dû dire heurter du pied par inadvertance en marchant, mais c’était pour illustrer le mot suivant…

L’amphibologie n’est pas l’étude des amphibiens, ni même celle des amphiboles (l’amphibole est un minéral, on l’étudie au lycée, je le rappelle) ! Seuls les professeurs de français avec un parapluie dans le derche ont vocation d’employer le mot amphibologie, qui vient des termes grecs signifiant « discours ambigu », puisqu’il s’agit d’un arrangement de mots au double sens, à dessein ou non.

Si vous voulez, l’exemple que donne le Littré est « Et de même qu’à vous je ne lui suis pas chère » (Molière, eh oui), qui semble pouvoir signifier que Je ne suis pas chère, ni à lui, ni à vous, mais aussi que Je ne lui suis pas chère, mais à vous, si. Autre exemple, peut-être plus clair : « Il avait menacé de la tuer en public » (Cluedo, le film), utilisé par erreur pour « Il avait menacé en public de la tuer ». Une virgule change tout !

Il y a bien d’autres termes qu’on emploie mal, à commencer par ceux que l’on confond (comme la scatologie, caca-pipi, avec l’eschatologie, qui est l’étude théologique et savante de l’apocalypse et des fins dernières de l’homme… mais rien à voir avec son cul !) ou ceux que l’on ne connaît pas (propédeutique, ce qui aide à enseigner, ou halieutique, relatif à la pêche, etc.)…

En tout cas, ils sont légion. Mais comme ce billet est déjà long, je vous laisse les trouver vous-mêmes !

Littr__de_1863

Posté par Elromanozo à 17:54 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Goddamn hippies !

Je ne suis pas de ceux qui s’inquiètent de tout et de rien. On en rencontre de plus en plus, par exemple des gens qui s’inquiètent de l’eau. Est-ce qu’il va en manquer ? Est-ce qu’on peut la boire en ville ? Est-ce que cette eau contient les oligo-éléments nécessaires ? J’ai une nouvelle pour ce groupe particulier d’aquamaniaques : L’eau du robinet est potable sauf avis contraire, la vraie question est de savoir si vous pouvez payer la facture !

Il n’y a pas qu’eux, comme maniaques de la qualité. Il y a ceux qui s’inquiètent de celle de l’air, de celle du sol, de celle des nappes phréatiques (beaucoup ne comprennent pas le mot, mais ça n’est pas grave…) ; ils s’inquiètent des produits chimiques et autres pesticides (même s’ils sont bien contents de manger à leur faim des patates sans doryphores)…

Et puis il y a ceux qui s’inquiètent du sauvetage des espèces en danger. Bon, j’en ai déjà parlé plusieurs fois, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins… Sauver les espèces en danger n’est rien qu’une tentative arrogante de plus pour contrôler la nature ! C’est un comportement touche-à-tout qui se fait passer pour de l’humilité, et c’est ce genre de choses que les partisans de cette cause sont censés combattre !

C’est pourtant d’une évidence à couper le souffle, non ? Ne voyez-vous pas que, quand on sauve quelque chose, on intervient exactement autant que quand on tue cette chose ? Saviez-vous que plus de 95% (je crois même que c’est encore beaucoup plus) de toutes les espèces qui ont vécu sur cette planète sont déjà mortes, éteintes, exterminées ?

Les dinosaures sont l’arbre qui cache la forêt, et il n’est pas prouvé qu’ils aient été éradiqués par un quelconque accident météorique… Et quand bien même, météorite ou pas, c’est bel et bien la sélection naturelle qui est à l’œuvre. Bref, toutes ces espèces sont parties pour jamais. Ce n’est pas de notre faute. C’est comme ça. On ne les a pas toutes exterminées, et il en reste encore plein !

Bien des gens pourtant raisonnablement intelligents (et ne croyant pas en une puissance supérieure, qui plus est) aiment à croire que la Terre est vivante, comme un individu, ou peut-être une sorte de grosse peluche… un doudou dont ils prennent soin et qui les rassure, et leur permet de dire qu’ils ne sont pas seuls… allez comprendre… Ces gens, donc, devraient dire que c’est le dessein de la Nature.

C’est comme ça que ça marche. Il apparaît de nouvelles espèces tous les jours. Si, si, je vous jure. On ne les voit pas forcément parce que personne n’y pense (encore faut-il les découvrir), mais il apparaît tous les jours grosso modo le même nombre d’espèces qu’il en disparaît… Soit environ 25 par jour ! Et ce, quel que soit notre comportement, peu importe que nous ayons contribué ou non à leur extinction.

Une espèce meurt ? Une autre prend sa place. La planète grouille suffisamment de vie pour qu’il y ait des survivants. Le poisson machin est en voie d’extinction à cause d’un polluant ? Pas de problème, son petit cousin le poisson truc prend la relève : il est immunisé. Nous apprenons tous à l’école comment s’opère la survivance des plus aptes (et parfois même en cours de biologie…).

L’exemple type est celui des éphémères de couleur beige dans les villes « noires » du temps du charbon… Je ne vous ferai pas l’insulte de rappeler cette illustration du principe de la sélection génétique. Autre pratique moins riante du phénomène de survivance des plus aptes malgré l’action destructrice des humains : les bactéries résistantes aux antibiotiques.

Vous savez pourquoi on n’a presque plus de coelacanthes et plus du tout de dodos ? Ce n’est pas à cause de nous, non madame. Ces deux espèces étaient déjà vraiment peu nombreuses, uniquement adaptées à leur tout petit microclimat, à leur niche précaire, comme les crétins des Alpes et les passereaux des îles lointaines. Elles n’étaient pas florissantes, à l’instar des pandas, léthargiques même dans leur habitat naturel.

Ce sont des espèces qui sont en train de s’éteindre, même si nous avons peut-être accéléré le processus de quelques décennies… Action qui provoque les accès d’une culpabilité toute citadine de la part de ceux qui n’aiment pas le sang versé (et c’est normal), mais qui n’est pas, je le répète, différent de ce que Mère Nature ferait d’elle-même. C’est vrai quoi, nous en faisons partie aussi, de la Mère Nature !

Question hypothétique : Un prédateur quelconque (ou mieux, un tigre en danger) tue un panda. Les écologistes vous diront que c’est la nature, donc bien, ou à peu près. Mais quand l’homme tue un panda, alors là, on ne sait pas pourquoi, c’est mal ! Oh, mais je vous vois venir. Vous allez dire que l’homme ne tue pas pour se nourrir. Ha ! Vous croyez que le glouton de Tasmanie se modère s’il n’a pas faim ?

Je n’approuve pas particulièrement la chasse pour le plaisir, je trouve ça extrêmement stupide. Mais il faut raison garder… De même, je suis entièrement d’accord avec l’écologie lorsqu’elle a pour but de permettre à l’homme de survivre, d’avoir de l’eau propre et de quoi manger. Mais je méprise et j’abhorre les gens qui ne réfléchissent pas deux secondes avant de prôner des… des…

Allez, appelons ça des éco-superstitions. Le terme est à la mode, entre éco-participation (un euphémisme pour « TVA supplémentaire ») et éco-sensible (un euphémisme pour « On a rajouté une étiquette parce que c’est emballé dans du papier recyclé moins cher, donc on vous le vend au prix fort parce que vous êtes prêts à raquer sans comprendre pour une cause qui paraît juste »).

Cette doctrine selon laquelle l’homme doit disparaître (en balayant derrière lui en plus !) pour sauver l’endroit où il vit… Je pense n’avoir pas entendu de croyance aussi aberrante depuis le dernier tract pour Monsieur Salif, Marabout Extraordinaire ! C’est comme si vous vous enfermiez chez-vous, assis sans bouger, en attendant de mourir de faim, pour ne pas user la porte de votre frigo.

Alors, pitié, s’il vous plaît, laissez les pandas partir dignement, pas d’acharnement thérapeutique.

Un_bon_dauphin_est_un_dauphin_mort

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lundi 27 août 2007

L'amour du risque

Ah, lala. A chaque fois que je pense que je vais perdre mon inspiration pour cette tartine indignée, et que la foi humaniste revient près de moi à petits pas feutrés, mon videur mental reprend sa garde vigilante, alerté par une nouvelle manifestation de la stupidité abyssale du genre humain. Résultat, la foi humaniste se fait refouler comme une pakistanaise défigurée au Queen.

Et elle retourne pleurer dans son coin en criant « Mais je ne comprends pas ! La beauté est à l’intérieur ! Tous les top-modèles le disent à la télé… » pendant que son ex-fiancé relit on ne sait quel livre saint en omettant soigneusement tous les passages sur le respect de l’autre. Mais je digresse, et ce faisant m’emporte, car on a déjà assez parlé de religion comme ça.

Or donc, un imbécile m’a sorti l’autre jour que le lait était toxique. Ben oui, vous comprenez, c’est plein de toxines, tout ça. Même pasteurisé, pascalisé, bouilli, épuré, écrémé jusqu’à ce qu’il n’en reste presque que de l’eau, puis re-vitaminé et re-crémé industriellement, issu de vaches sélectionnées et tout et tout, ben non. Toxique.

A ce qu’il paraît, le lait de vache ne convient pas aux humains : Notre estomac n’est adapté qu’au lait humain, et encore, seulement pendant la petite enfance. Nous n’élevons des vaches pour leur lait que depuis cinq ou six milliers d’années, aussi l’évolution n’a-t-elle « pas eu le temps » d’adapter nos petits ventrous. C’est du moins ce que présume l’imbécile susnommé, qui ne jure plus que par le lait de soja.

Sans blague. D'autant que même le lait de nos mamans a bien plus changé en un siècle, à cause des vitamines, d'une meilleure nutrition et de la pharmacopée moderne de toute jeune parturiente, que le lait de vache en un millénaire... Mais ça, on s'en fiche, hein ! Malgré les saloperies artificielles, quand ça a transité par le corps humain de la maman, c'est "naturel"... ben voyons !

Alors on va mettre au panier des milliers d’années de sélection des vaches, alors que justement on les a élevées parce que leur lait était comestible ? Et pourquoi je vous prie ? Parce que ça n’est pas naturel ! C’est d’une logique particulièrement spécieuse, vu que le lait de soja n’est pas naturel non plus. Il est tout autant le fruit de sélections génétiques par l’homme depuis des millénaires.

Et pourquoi s’arrêter là ? Cessons de consommer du sucre. Non seulement ça influe sur le rythme cardiaque, mais ça procure un « rush » comparable aux drogues. En plus le seul sucre naturel, c’est le miel. Mais en guise de miel, les naturopathes préfèrent la gelée royale, aussi excellente en crème de jour ! Ceux qui ne supportent pas de priver ces pauvres petites butineuses consomment directement le pollen bio…

C'est vendu en pots et amalgamé artificiellement, mais chut, ne le leur dites pas ! Oh, et tant qu'à se débarrasser de ce qui n'est pas naturel, on peut aussi évacuer tout ce qui est vaccination. C'est très mauvais, ça, selon les naturopatates. Il paraît que c'est commercial à mort, donc mauvais ! C'est vrai que tout le monde se les arrache. C'est peut-être pour ça que moins de gens meurent du tétanos...

Autre chose ? Le café et son horrible caféine ! Ah, le café et ses méfaits, dévastateur sur la digestion et les cycles naturels du sommeil, quelle horrible drogue ! Peu importe que cela soit le breuvage le plus consommé au monde et qu’il n’y ait jamais eu de gros titres du style « Encore 2000 victimes du café mortes dans d’atroces souffrances cette année ! La lutte anti-drogue continue. »…

Le thé n’est pas à l’abri. Pire que le coca-cola, les herbes séchées et fumées du thé contiennent des tanins et de la théine aussi funeste pour l’organisme que tous les excitants. Ne parlons pas des sodas et des concentrés de jus de fruits : on les accuse d’avoir perdu toutes les vitamines et autres éléments indispensables présents uniquement dans le fruit lui-même, voire uniquement dans sa peau.

Le thon, c’est mauvais aussi, mais uniquement parce qu’on tue les dauphins pour l’avoir… Et puis c’est dangereusement proche de la viande ! Ah, la viande… C’est MAL, la viande, ma bonne dame ! Quand elle n’est pas cuite, elle est indigeste pour nos pauvres petits estomacs pas assez évolués (voir plus haut) et quand elle l’est, elle est couverte de toxine et de germes horripilants !

Mais oui, ce sont des scientifiques qui l’ont dit. Peu importe que vous puissiez en trouver de tous les bords pour pouvoir vous soutenir n’importe quelle théorie et son contraire.

Le fromage de soja, voilà une meilleure source de protéines. Attention, hein, pas le vrai fromage, qui n’est que du lait caillé, qui épaissit le sang et donne de l’asthme, et qui n’est de toutes façons qu’un réservoir à moisissures et à acariens. Du reste, les produits laitiers, on a vu pourquoi, il vaut mieux éviter. De même que le beurre. Et la margarine végétale, qui ne contient pas les bons types de lipides !

Bien sûr, il faut carrément éviter tout ce qui est poisson cuit, parce que la cuisson dégrade des tas de choses. Les champignons, on évite aussi, parce qu’on ne sait jamais par quoi ils ont passé à moins de les cueillir soi-même, auquel cas on risque d’en manger des vénéneux. Et ne pensez même pas aux conserves, parce que vous ne savez rien sur l’hygiène de leur fabrication et de leur transport !

Souvenez-vous des poulets à la dioxine et des canettes empoisonnées. Et à propos de poulets, évitez les oiseaux à cause de la grippe aviaire, les bovins à cause des prions, les moutons et les chèvres à cause de la fièvre aphteuse, et évitez tous les légumes qui ont l’air trop gros : ce sont sans doute des espèces sélectionnées par l’homme depuis trop longtemps, et ça n’est pas naturel, tout ça !

Sans parler des OGM… D’ailleurs j’en ai déjà parlé dans un autre billet, complément (alimentaire ?) de celui-ci.

En fait, le mieux, pour sauver la planète, si vous suivez ce raisonnement, c’est de ne rien manger du tout. Bien sûr, vous mourrez, et alors, si tout le monde fait comme vous, la Nature que vous voulez Reine sera débarrassée de l’Homme… Etrange paradoxe pour quelqu’un qui se dit pacifique et écolo, que de vouloir supprimer une espèce pour que la planète aille mieux.

Etrange paradoxe aussi que celui de ceux qui n’hésitent pas à fumer n’importe quoi et à prendre des tas de pilules fort intéressantes pour compenser leurs carences, en continuant de répandre leur propagande style « on est foutus, on mange trop » (ce qui commence à dater, quand on y réfléchit !), alors que leur voisine de 90 ans prend un thé sucré avec un nuage de lait tous les jours… Aucune jugeote.

Et la vieille ? Elle a toujours bon pied, bon œil, sans jamais s’être privée de viande !

Louis_Pasteur_ressemble_un_peu___Michel_Serrault

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dimanche 26 août 2007

Les chiants de Malodor...

C’est affreux, c’est inhumain, c’est immonde, c’est dégoûtant, et c’est surtout insigne (c'est-à-dire qui mérite d’être remarqué, en bien ou en mal, selon le sens littéral du mot) : Des SDF d’Argenteuil font les frais d’une justice poétique. Comme ils puent, on les empuantit. C’est vraiment les traiter comme des animaux. Mais est-ce incompréhensible ?

Ils sont devant des bouches d’aération et des sorties de secours. Des trucs quand même indispensables. On leur a gentiment demandé de partir. N’importe qui de sympa se casse, et s’excuse. Eux sont revenus. Puis, on leur a demandé moins gentiment, voire carrément pas gentiment du tout. Ils sont revenus quand même. On leur a proposé de les loger dans un foyer, on les a aidés par le SAMU social, rien n’y a fait.

On ne leur a pas proposé d’emploi, certes, mais uniquement parce qu’ils seraient incapables de l’exercer, du moins pas dans leur état. Et je ne dis pas ça en l'air. Accusez-moi d'élitisme si vous voulez, mais le fait est (et qui les en blâmerait ?) que peu de gens recherchent spécifiquement des clochards alcooliques peu portés sur l'hygiène personnelle pour leur petite entreprise. Je ne parle même pas des grandes.

On leur a proposé des sous plus d’une fois, mais évidemment, cela les pousse à revenir pour se faire payer encore et encore… C’est peut-être parce que c’est un maire UMP qui demande. Ce n’est pas qu’il demande mal, ou différemment, ou qu’il se fait moins de gros sous qu’un maire PS, mais c’est une question de réputation… Mais indépendamment du parti, on leur a offert tout ce qu’il était possible d’offrir.

Même le plus obtus des réfugiés, le plus parasitique des squatters, le plus chômeur des blacks du gymnase d’Arcueil (a qui l’on a offert plus que ce que n’ont beaucoup d’actifs qui n’ont pas assez pour se payer un studio minable et aimeraient bien avoir un logement gratuit… juste comme ça, en passant !), même eux auraient accepté QUELQUE CHOSE. Que veulent-ils donc ?

Allez savoir. En tout cas, ces SDF ne bougent pas. Ils sont « bien, ici ». Et on a épuisé toutes les solutions.

A moins bien sûr que des volontaires se présentent pour les prendre chez eux (à condition qu’ils acceptent !) pour les laver et leur offrir le vivre et le couvert. Pour toujours. Ou au moins jusqu’à ce qu’ils se réinsèrent, qu’ils aillent pointer à l’ANPE, qu’ils arrêtent de boire, bref, qu’ils arrivent à prendre soin d’eux-mêmes tout seuls, comme des grands.

C’est plus direct que de payer des impôts. Personne ? Tiens donc. C’est bien ce que je pensais, moi non plus.

Alors oui, c’est vrai, cent fois vrai, mille fois vrai, c’est malheureux qu’ils en soient arrivés là… Et la misère peut tomber sur chacun d’entre nous, il suffit d’une maladie un peu longue, d’un job perdu et d’une famille qui vous tourne le dos. C’est terrible de perdre toute dignité humaine, au point de ne plus pouvoir être propre, alors qu’il est si facile et gratuit d’aller aux bains publics…

Ils mendient. Sont-ils si sales qu’on ne leur donne même pas quelques centimes pour aller utiliser une vespasienne et pisser ailleurs que dans la rue ? Je passerai sur les problèmes d’alcool, on va encore dire que je suis cynique. Admettons que RIEN ne soit de leur faute, ou qu’au moins on les excuse… Ce refus d’aide, c’est une histoire de dignité humaine, cette qualité intangible.

Un genre d’honneur perverti qui mène à l’absurde, galvaudé et suremployé par les médias, indéfini, mais que l’on reconnaît quand on le voit. En ont-ils parce qu’ils refusent l’aide apportée ? Ou au contraire n’en ont-ils pas, pour la même raison ? Tirent-ils une forme de fierté de simplement rester là et de faire couler de l’encre ? Où commence la dignité humaine et où s’arrête le caprice ?

Pour revenir à la réalité palpable (et odorante), sans dignité humaine, n’est-ce pas tentant de les considérer comme des animaux ? Tentant, mais odieux. Infect. D’ailleurs le produit en question n’a pas été beaucoup appliqué, si je ne m’abuse, puisque les employés chargés de le faire sont étonnamment plus dégourdis et moins impitoyables que les SS qui ne faisaient que « suivre les ordres ».

Comme quoi, l’UMP n’est pas le parti nazi, loin s’en faut. Et nous parlons ici du refus d’employer un moyen non mortel… Non, il ne faut pas les rabaisser, il faut les relever, leur redonner leur dignité d’homme : traitons-les donc comme des criminels, et mettons-les en prison ! Engageons des videurs et autres vigiles pour les tabasser et les faire déguerpir manu militari ! C'est comme ça qu'on procède avec n'importe qui d'autre, non ?

Quoi, ça ne vous plaît pas non plus ? Parce qu'ils sont SDF ils ont droit à un traitement de faveur ? Décidément, vous n’êtes jamais contents… Il faut pourtant faire quelque chose. Tout le monde évite les clodos, pas juste quelques snobs. Vous avez pensé aux droits de ceux qui travaillent là tous les jours et veulent continuer à avoir des clients, justement pour ne pas se retrouver dans la rue ?

Vous croyez que ça leur plait qu'on offre des sous à quelqu'un qui ne fiche rien, simplement pour qu'il se déplace, alors qu'ils bossent dur juste à côté ?

Evidemment, ce qu’il faudrait faire c’est mettre fin à la misère… Et certains s’y emploient. Mais en attendant, qu’est-ce qu’on fout à propos de ces clodos crades qui emmerdent leur monde ? Je vous signale qu’ils se sont habitués à l’odeur, les clodos. Eux-mêmes sentent aussi mauvais, vous comprenez… Et donc ils continuent à être « bien, ici ».

Vous avez des idées, vous ? Moi je n’en ai plus. Ou alors vraiment, vraiment pires qu'une simple mauvaise odeur…

Paul_Dubois___La_Charit_

Posté par Elromanozo à 20:38 - Billets d'humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Autel au tel :

Je n’y connais rien en ordinateurs. Vraiment rien. C’est bien simple, j’ai choisi un site de blog parfaitement automatique pour ne pas avoir à me faire chier avec la programmation en HTML, si aisée soit-elle pour les initiés (dont je ne fais pas partie, je le rappelle). Je n’y connais tellement rien que je sais à peine brancher un câble et reconnaître un port USB. J’ai appris à bricoler un peu, basta.

La seule fois ou j’ai installé un ordinateur, les opérations se résumaient à faire ce qu’indiquaient les messages microsoftiens à l’écran : insérer le bon disque au bon moment. Bien sûr, je connais les programmes classiques du bureau comme Word, mais qui serait assez bête pour ne pas retrouver ses moutons dans un environnement aussi intuitif, je vous le demande ? L’aide de ce programme est l’une des rares qui explique vraiment tout.

Et pourtant… J’ai dû apprendre à quelques uns de mes collègues de maîtrise comment faire un index, incapables qu’ils étaient de la consulter, l’aide. Régulièrement, des amis m’appellent pour des sujets aussi variés que l’antivirus latex2000, le graveur de tablettes en cunéiforme, la technologie Java bleue, le dernier plug-in anal-logique, ou comment faire pour que le porte-gobelet ne se rétracte pas quand on pose sa bière…

Et moi-même, je n’hésite pas à quérir l’assistance d’autres amis, bien plus experts que moi dans ces sciences occultes et jargonneuses. Seulement je le fais avec discernement : Je ne m’adresse qu’à ceux qui font partie de cette caste enviable, cette nouvelle prêtrise de l’informatique dont les invocations satisfont les dieux de métal et permettent à la Terre de tourner. Et je leur demande de me montrer COMMENT FAIRE.

Comme tout le monde utilise un ordinateur, tout le monde a une maigre expérience à partager. Même si vous n’êtes pas expert, vous trouverez toujours quelqu’un qui en sait moins que vous sur les rituels associés à ces laraires électroniques. Vous trouverez toujours quelqu’un pour vous demander conseil, même si votre configuration bancale a conduit vos processeurs au suicide collectif !

Peu de gens comprennent vraiment comment marche un ordinateur, ou savent à quoi sert la moitié des logiciels inutiles fourrés d’office dans leur machine… Ils font l’impasse sur les neuf dixièmes des fonctionnalités des programmes qu’ils utilisent. Vous ne trouverez aucun autre domaine ou les gens sont si partageurs de conseils et d’oracles à propos de ce qu’ils ne connaissent pas, ou mal !

Les gens s’arrangent comme ils peuvent, parce que les miracles des hotliners et des informaticiens sont, hélas, souvent le fait de charlatans : Quand il y a un problème grave, tout le monde sait qu’il vaut mieux racheter que réparer. L’expérience pratique est donc ce qui compte, parce que comme dans toutes les religions, les mystères ne sont pas accessibles au profane !

Chacun satisfait comme il peut son Genius Loci, mais le fait est là, on est toujours le hotliner de quelqu’un. Maigre consolation, ceux qui vous demandent de l’aide acceptent de paraître plus bêtes que vous. Ils ont honte de demander à un vrai hotliner pour obtenir le même résultat, alors qu’ils devraient avoir honte de ne pas avoir cherché eux-mêmes… Parce que c’est ça, le truc. Quand on fait, on apprend. Comme pour tout.

Moi je veux bien apporter mon aide à tout ami qui me la demande, tant que j’ai le temps et une once de politesse en guise de motivation… Mais, soyons honnêtes, il n’y a presque qu’un seul cas, à divers degrés de gravité : le cas de celui qui est perdu mais se trouve bien où il est. Il veut qu’on lui fasse tout à sa place, parce qu’il n’a pas regardé dans l’aide ou le manuel, et qu’il a fait semblant d’essayer trente secondes…

Ah, je souhaite à ces gens de n’avoir que des pommes de pin pour se torcher le cul ! Et de les prendre dans le mauvais sens, en plus. Ne niez pas, je sais tout, car j’ai été l’un de ces sinistres cons, par paresse. Ne les aidez pas, ils n’apprendront jamais : montrez-leur comment faire, et voyez comment ils s’en sortent. Gueulez-leur dessus si besoin. De toutes façons, ça vaudra mieux que de leur tenir la jambe…

Parce que si vous commencez, je vous avertis charitablement, ce n’est jamais fini.

Dring_dring

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samedi 25 août 2007

Barre toi !

Ayé, le gros tout mou a clamsé. Dés la fin de ma grasse mat’ du week-end, entendre ça, ça fait du bien !

Vous savez, ces individus qui considèrent les gens comme des chiffres, qui regardent des graphiques toute la journée et qui vous disent que si vous êtes pauvres, c’est pas grave… Ces gars qui vous déblatèrent qu’il y a un pourcentage incompressible de misère, et qui prédisent assez aléatoirement que, de toutes façons « ça va remonter »… Qui ne comprennent ni la vie ni les gens mais qui le croient...

Pour vous donner une image, c'est comme un expert comptable, mais en très très snob, parce que ça travaille sur des pays et pas des entreprises. Et ça se tire tout autant la nouille devant son ordi. Evidemment, comme un pays est constitué de plus que de chiffres, c'est totalement incompétent... Mais ça essaie. Vous voyez tout de suite mieux de quel genre d'incapables je parle... Les économistes, voilà.

Eh bien Raymond Barre, qui vient enfin de crever après une dernière dialyse à 83 ans, était le plus grand économiste de France.

Je commence à en avoir assez qu'on encense des vieillards qui n'avaient que de vieilles idées même quand ils étaient jeunes, impopulaires même à l'époque. Force est de constater qu'ils n'ont trouvé aucune solution à quoi que ce soit, et que ce gouvernement n'a rien osé. Raymond Barre fait partie de l'ancienne génération de politiciens gériatriques, technocrates que tout le monde fustige et qui furent au pouvoir trop longtemps.

C'est la génération de Zizi Jeanmaire, Charles Aznavour, Bush père, Micheline Dax et Henri Krasucki, vous pensez ! C’est cet homme qui a sauvé l’industrie sidérurgique en France. On l’a médaillé pour ça ! On voit ce que ça a donné aujourd’hui… Apôtre de l’immobilisme, adepte du sauvetage des meubles et du compromis foireux, il était parfaitement indiqué en tant que premier ministre lors de la crise de l’énergie...

... Pour peu que l'on veuille ne rien faire ne attendant que ça se passe !

Il était aussi à l’UDF, comme Valéry Giscard d’Estaing, le président sous lequel il a été premier ministre en exercice. Ce qui ne surprend guère. J’ai bien dit immobilisme et compromission, non ? C’est lui qui a fait de Lyon une ville aussi moche, c’est à lui que l’on doit ses péages et tant d’autres joyeusetés, et une politique d’austérité du style « on n’a pas de pétrole mais on fait semblant d’avoir des idées »…

Vers la fin, en plus d’être le premier ministre de l’absence de changement (oui, on acquiert le titre de premier ministre à vie, je vous signale, même si l’on n’exerce que momentanément) et le Saint Patron de Lyon, ville de snobs conservateurs s’il en est (essayez d’y travailler si vous n’êtes pas Lyonnais !), il avait viré raciste avec des propos rappelant ceux de la vieille Brigitte Bardot dans ses mauvais jours.

Enfin, "viré"... Ce n'était pas nouveau. Il a fait des remarques douteuses durant une grande partie de sa carrière, mais on accuse la sénilité parce qu'on est gentil avec les vieux. Et avec les morts. Ha ! Couillonnades que tout cela ! En quoi mériteraient-ils un traitement de faveur ? Soudain, parce que vous avez survécu jusqu'à un âge avancé ou que vous êtes mort, on va vous excuser toutes les saloperies que vous avez commises ?

Soit, Barre n'était pas Kadhafi, Pinochet ou Papon (bien qu'il ait soutenu plusieurs fois que Maurice Papon était un homme bien, et autres affirmations pis que de mauvais goût...). Mais tout de même.

Je parie qu'on va lui faire des funérailles nationales. On aime bien ça, en ce moment. Comme il y a plein de morts et que toute la vieille garde de l'ancien monde est en train de sombrer, beaucoup cèdent à la névrose du deuil national, cette pathologie d'honorer les morts même quand ce sont les pires imbéciles, cette superstition qui veut qu'on ne dise pas du mal des défunts parce que ça porte malheur... Mais à l'échelle de la France.

Gloire et Honneur... Tout ça pour un petit vizir, une espèce de comptable glorifié et ses bouts de chandelles. Oserai-je le dire ? Oui, Barre mérite enfin son patronyme, et il était plus que temps.

Un_mou___l_assembl_e

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vendredi 24 août 2007

Langue de boeufs...

Maintes fois, j’ai constaté que peu de gens savent écrire le français correctement. Je ne parle pas d’un français impeccable, mais simplement d’éviter les fautes les plus graves au niveau de la syntaxe et de la grammaire… La plupart des gens font des fautes parce qu’ils méconnaissent leur langue. Ils ne réalisent pas en la parlant, et c’est malheureux, qu’ils la maltraitent.

Parce qu’une langue possède un esprit. Certes, les langues changent, et ce qui fut parfois un barbarisme est un mot ordinaire aujourd’hui (voyez l’exemple de fromage, déformation du terme ancien et moliéresque formage, qui désigne ce met formé dans un moule à partir de lait caillé…), mais si l’on sait raisonnablement comment tout ça s’articule, rien qu’à l’oreille, on sait ce qui est juste ou faux sans connaître le mot !

Cela va vous paraître mièvre, mais je trouve ça presque magique. Et ça marche… Tenez, par exemple, des millions de gens font encore des fautes à appeler, jeter, ou aux verbes du même style, ne sachant pas quelle consonne doubler ou quand. Il suffit pourtant d’écouter parler français pour savoir que le (e) devant une consonne doublée se prononce (è), sans accent.

Par voie de conséquence, quand vous entendez « jète » il faut écrire jette, et quand vous entendez « apeulé » il faut écrire appelé. C’est vraiment tout ce qu’il y a de simple, et ça marche à tous les coups. Il faut bien entendu un certain niveau de connaissance de base du vocabulaire pour comprendre ce genre de choses, et c’est là que le bât blesse : le vocabulaire va décroissant chez le français moyen.

Oh, je me fiche complètement qu’on utilise des mots étrangers, mais si au moins on les utilisait à bon escient ; ou qu’on n’inventait pas d’horribles néologismes incohérents, qu’on n’éructait pas d’infinies périphrases, bref, si l’on cessait de s’écorcher les oreilles pour utiliser les mots adéquats, des mots qui existent déjà dans notre langue si riche, on conceptualiserait peut-être mieux les idées dont on parle !

J’ai dans un précédent billet (qui n’est déjà plus tout jeune) abordé le sujet des néologismes du style de l’affreux gentryfication à la place du fort simple embourgeoisement (une syllabe de moins que son homologue incorrect !)… Je pense que, si l’ignorance est la source du mal, elle est excusable lorsqu’elle est honnête, admise, et qu’on l’avoue pour tenter de la corriger.

Mais rien n’est pire que cette propension à déblatérer qu’on ces pédants qui, parce qu’ils croient déchoir s’ils s’expriment simplement, emploient des mots sans en connaître le sens. Cela s’entend vite, lorsqu’une méconnaissance de la construction des mots français en général mène à une mauvaise conception d’un mot en particulier, d’où une mauvaise orthographe et une mauvaise prononciation, assortie d’un contresens !

Mais voilà, parce que ça fait bien, parce que ça fait distingué et que ça ressemble à quelque chose de vaguement entendu, parce que l’on croit savoir… On finit par dire n’importe quoi. Je vais vous donner un seul exemple, vous en trouverez beaucoup d’autres vous-mêmes, mais avouez que celui-là n’est pas mal : amodier. J’ai entendu des journalistes sérieux dire que telle loi a été amodiée.

Il y a sans doute confusion avec amender, amodié étant utilisé ici dans le sens de modifié… Mais en entendant ça, moi, j’étais pété de rire. Parce que le verbe amodier n’a RIEN à voir avec une modification quelconque. Il est plutôt rustique, malgré son élégante sonorité. Amodier signifie, selon mon Littré, donner à ferme, c’est à dire concéder l’exploitation d’une terre ou d’une mine moyennant une redevance périodique !

Avouez qu’on nage dans l’absurde… Et c’est une erreur courante en politique. Oh, et la prochaine fois que quelqu’un me dit que Jean-Marie Le Pen est cultivé et qu’il sait se servir des mots, je lui répondrai que, s’il est un tribun né, c’est parce qu’il parle à des imbéciles un langage d’imbécile. L’erreur au sujet du verbe amodier, c’est lui qui l’a sortie il y a quelques temps !

Sa_langue_a_fourch_

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jeudi 23 août 2007

Foi de mouton, fois de génisses...

Je viens de parler des religions en général comme source de multiples bobards. Avant de subir le feu roulant des remarques allant de Mais l’Eglise a fait de grandes choses ! à Brûlez-le !, sachez que je n’ai rien contre la foi… C’est la religion qui me pose problème. Pour rester dans le sujet, parlons de l’Eglise catholique et de son tudesque Pape, dépositaire d’un dogme qui n’a rien à envier à la SF ou à la Scientologie.

Ce qui est pratiquement la même chose, d’ailleurs.

En dépit des pédophiles, des nazillons, des racistes, des refoulés, des crétins consanguins, des obscurantistes et des laiderons (ne le nions pas) qui y grouillent, et malgré leur Pape hitléroïde encore plus anti-capote que le précédent, avec ses affaires de pédophilie mal étouffées au cul, les catholiques se répandent. Ils accrochent leurs victimes dés l’enfance, comme pour le tabac, la drogue et l’alcool.

Comme le dit le génie comique George Carlin, l’Eglise est la championne toute catégorie des fausses promesses et des exagérations. Songez que ces gens ont été capables d’en CONVAINCRE d’autres qu’il existe dans le ciel, à un endroit mal défini, un homme invisible (eh oui !) qui observe tout ce que vous faites à chaque minute de chaque jour, et qu’il a une liste de dix choses qu’il ne veut pas que vous fassiez…

Pire, si vous faites quelque chose qui est marqué sur cette liste (du moins si l’un de ses émissaires ne vous l’a pas expressément demandé…), il vous envoie dans un endroit spécialement conçu, plein de fumée, de flammes, de tortures et de cris, dans lequel vous souffrirez jusqu’à la fin des temps (encore un concept étrange : l’éternité finie !)… MAIS il vous aime.

Il a créé l’enfer, il est contre la capote et déclenche des croisades, mais il vous aime. Ben voyons.

Qui plus est, il a besoin de sous, paraît-il. Encore et toujours. Il est tout puissant, parfait, omniscient et sage, et pourtant… L’argent, il n’a pas encore compris le truc ! Dans pas mal de pays, l’Eglise ne paie pas d’impôts. Ils ont des biens immobiliers et des trésors considérables de par le monde, ils ont leur propre état… Et ces gens comptent sur votre générosité pour entretenir les caves du Vatican !

Et puis les anges… Alors Dieu est omniscient, et il est plus ou moins partout, ou en tout cas il a le pouvoir d’agir où il veut et comme il veut n’importe où dans l’univers, en même temps. MAIS il a créé les anges, ses serviteurs. Il faut croire qu’il en avait besoin, non ? Savez-vous que plus de deux tiers des gens des pays « occidentaux », toutes religions confondues, croient aux anges en plus de croire en Dieu ?

La « race » de serviteurs est un concept que les religions du Livre et les païens partagent tous plus ou moins…

Réfléchissez. Ils croient non seulement en Dieu comme cité plus haut, mais aussi en des individus au sexe vague, invisibles, volants et dotés d’ailes dans le dos, qui sont là pour les conseiller (mais sans qu’on les entende) et les aider en cas de pépin… Et ce malgré l’évidence la plus flagrante : se sortir d’un accident grave reste une exception statistique, toujours démontrable par A+B. On frise le délire…

Quant aux sacrements et à la conversion, c’est de la rigolade. Le discours n’est pas homogène selon les religions, ni même selon les prêtres. Tous les hommes sont égaux devant Dieu, mais ceux qui sont baptisés ou convertis à la « bonne » religion sont… quoi, plus égaux que les autres ? Au moins une grande partie du reste de la chrétienté est-elle claire là-dessus : si vous ne vous convertissez pas, c’est l’enfer direct.

Mais même sans ces questions de dogmes sommes toutes récentes, il est visible que l’ancien testament est une chronique romancée de la cosmologie, mythologie et de l’histoire familiale et générationnelle de tribus d’un autre temps. Bien des gens pensent que la Bible est « originale », qu’il n’y a pas eu d’histoires comme celle-là avant, parce que c’est un livre révélé.

Révélé, c'est-à-dire descendu du ciel, la parole divine directement injectée dans le cerveau du prophète Machin.

Il n’en est rien, ou si c’est le cas, Dieu peut être accusé de plagiat. Les textes de l’ancien testament sont aussi peu originaux que la doctrine de la Scientologie aujourd’hui par rapport aux histoires d’extraterrestres que nous connaissons bien… Il faut juste comparer la Bible avec les textes de SON époque, ce que seuls les historiens pensent à faire. On retrouve certains passages quasiment mot pour mot.

Le livre de Job est une resucée d’une parabole babylonienne, les anges, les mythes du déluge et de la genèse sont ultra courants dans toute la Mésopotamie, l’histoire des tribus d’Israël est dans le style des chroniques de nombreuses tribus nomades, et les différents aspects ainsi que les noms portés par Dieu dans tout le texte s’inspirent qui d’une divinité solaire, qui d’un dieu de l’orage…

Mais les prêtres comme les dévots, y compris ceux qui pensent tout connaître de la Bible parce qu’ils refusent de lire autre chose, vous riront au nez ou nieront purement et simplement ce que vous pourrez leur présenter, accusant les historiens et les archéologues sans foi (voire les partisans de la théorie de l’évolution) de manipuler les faits dans le cadre d’une immense conspiration… Même si vous les abordez poliment.

Ne riez pas, je l’ai vu. Et estimez-vous heureux que je n’aie parlé ici que du nouveau testament.

Dés qu’il y a une question gênante, ils se replient derrière Les voix du Seigneur sont impénétrables. Et quand on leur demande comment il se fait, dans ce cas, que les prêtres en savent plus que les autres sur Dieu, ils disent qu’en fait ils n’en savent rien. Mais le Pape, lui, il sait, et il est toujours infaillible. Si, si, c’est le dogme catholique. Malheureusement, il ne répond pas aux questions…

Pourtant, les occasions sont nombreuses. Tous les dimanches, le Pape est à son balcon. Il vient de publier un bouquin sur le Christ qui raconte combien c’est un gars sympa, en vente dans toutes les Fnacs. On le sait, le PanzerPape qui est contre l’homosexualité, le Rock n’Roll et à peu près tout ce qui existe depuis les sixties, aime à faire parler de lui, et n’hésite pas à lâcher quelques remarques racistes bien senties.

Et il fera bientôt une apparition à Lourdes. Ô joie ineffable… Encore plus de cons sur les routes.

Bible

Posté par Elromanozo à 16:18 - Billets d'humeurs - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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