Vous en aviez rêvé, bande de gourmands, eh bien la voici : J’ai enfin écrit la liste de mes traiteurs, chocolatiers et pâtissiers favoris. Elle va obligatoirement avec celle des excellents restaurants composée un peu plus tôt, et permettra aux gourmets d’éprouver chez eux le plaisir légitime des grandes délices culinaires… Pourvu qu’ils n’aient pas les yeux plus gros que le portefeuille !

Cette fois, en effet, tout est cher. Un traiteur qui se respecte fait cher, même s’il est mauvais. C’est comme demander à un plombier de venir immédiatement. Vous pouvez toujours essayer, il y a des miracles, mais c’est en général un mythe. Je n’ai donc pas classé cette liste par prix, mais par thème. Autre détail d’importance : la plupart de ces maisons font aussi restaurant ou salon de thé.

Mais si je ne les ai pas signalé dans la liste des restaurants, c’est que je n’ai pas essayé… Ou que ça ne vaut pas le coup.

Traiteurs :

Autour du Saumon :
Anciennement « Comptoir du Saumon et Compagnie »… Il y a plusieurs boutiques, dont une dans le 17e, 3 avenue de Villiers, et une au 60 rue François Miron. Beaucoup de saumons différents au programme (Il faut goûter au saumon sauvage !), mais aussi du flétan, du caviar, des fruits de mer et des plats scandinaves variés… Le restaurant n’est pas mauvais, si vous ne comptez manger que ça.

Le Sud-Ouest Monceau :
Le restaurant rue Meissonier (près des Jeux Descartes, au métro Wagram, pour les connaisseurs) dont j’ai déjà parlé vend ses divins plats cuisinés dans sa petite boutique. Chou farci, cassoulet et lapin à la moutarde sont les grands classiques, ainsi que les charcuteries bien variées, les foie gras délicieux (trois sortes !), et bien sûr les fameux éclairs de 33cm de long, meilleurs que les miniatures de Lenôtre !

Pâtissiers :

Mariage Frères :
J’en ai parlé, comme de bien entendu, dans l’autre liste à cause du salon de thé. Mais il s’agit avant tout d’un vendeur de thés, que vous achèterez au poids selon les parfums qui vous font envie, ou bien déjà conditionnés, en coffret, en pot, avec ou sans théière… Les sachets sont intéressants pour les néophytes qui ne veulent pas se mouiller. Demandez conseil sur place, les employés stylés guideront aimablement votre choix !

Dalloyau :
A utiliser avec circonspection, après avoir goûté une sélection… Ce pâtissier, comme Lenôtre, a tendance à se laisser vivre du fait de sa réputation, juste un peu moins. Certains gâteaux, notamment aux fruits, sont encore bons. Dédaignez les religieuses et repoussez l’Opéra Rock (version framboisée de l’Opéra, particulièrement immonde). Le salon de thé est à éviter, de même que le traiteur.

Ladurée :
Même remarque. Ne JAMAIS y aller pour le salon de thé, c’est toujours bondé par des touristes, le service est nul, c’est cher, et en dehors de gâteaux (si vous êtes accroc à certaines spécialités) rien ne vaut le coup. Préférez acheter les célèbres macarons, symboles de la maison, pour les emporter chez vous : Légers comme des plumes, équilibrés et goûteux, ils sont réellement à la hauteur de leur réputation.

La Bague de Kenza :
Déjà cité dans la liste des restaurants pour son salon de thé sis dans la maison mère, il est évident que la myriade de sortes de pâtisseries algériennes qui vous fait de l’œil depuis la boutique est ce qui attire le plus, au 106 rue St Maur ! Certes, il y a aussi du borek et de la pastilla, un peu de salé par-ci par-là, d’ailleurs délicieux et vraiment pas cher… Mais ne vous privez pas de macroutes pour autant !

Au délice de l’étoile :
Anciennement Au délice des Anges, je ne suis même pas sûr du nom exact… Il s’agit d’une boulangerie qui fait l’angle de la rue Bremontier, de la rue Ampère et de l’avenue de Wagram. Faites fi des autres boulangers qui se disent (par copinage) meilleur ouvrier de France, à quelques rues de là, ou même de l’annexe du prestigieux (et minable) Moulin de la Vierge, rue de Levis… C’est là qu’est le meilleur pain !

Zazou Frères :
Rue du Faubourg Montmartre, un vieux pâtissier juif a l’aspect sale, à un angle… Mais la boutique qui, certains jours, ne désemplit pas, est un gage de qualité. Les portions sont plutôt grosses, la boutique dépend du Beth Din de Paris (pour ceux que ça intéresse), c’est du fait maison, et même si ce n’est qu’un pâtissier de quartier, il fait les meilleurs sablés à la cannelle DU MONDE : Ceux de mon enfance !

Le Valentin :
Pâtisserie un peu snobinarde dans le passage Jouffroy. Le cadre est évidemment superbe, et même si les portions sont petites c’est loin d’être mauvais. On y va pour les petits four sucrés secs, moins pour les gâteaux, pas du tout pour le chocolat (il y a beaucoup mieux juste à la sortie du passage, à la Mère de Famille…), et sûrement pas pour les quatre tables du micro salon de thé plein de vieux. Mais c’est bon.

Chocolatiers et confiseurs :

La Maison du Chocolat :
Vous en trouverez ici et là dans Paris, et même à New York. Cela vaut largement le prix élevé que vous paierez, et même la queue monstrueuse à Noël ou à Pâques… Les gâteaux et entremets sont bons, mais souvent beaucoup trop chocolatés pour la plupart des gens. Ils sont à réserver aux vrais aficionados ! Ils font les meilleures orangettes de la planète, et je me porte personnellement garant de toutes leurs ganaches.

La mère de Famille :
Une institution depuis 1761 ! Oui, nous pouvons nous targuer d’avoir, rue du faubourg Montmartre, une confiserie plus ancienne que les Etats-Unis. On y vend presque tous les bonbons de nos grands-mères, pastilles, gommes à mâcher, réglisse, les vrais calissons d’Aix… Mais aussi des chocolats. Les caramels, assortis, y sont divins. Je n’ai encore jamais goûté de meilleures pâtes de fruits. Préférer la maison mère, c’est plus frais.

Au bonbon Royal :
Rue Jouffroy d’Abbans, dans le 17e, une boutique un peu réputée qui distribue les vrais spéculoos et des boudoirs fort sympathiques… Mais qui est avant tout un excellent chocolatier, seul capable de rivaliser avec la Mère de Famille en ce qui concerne les caramels au chocolat. Ils sont en effet légèrement meilleurs ici, essentiellement parce que la structure est plus petite. On apprécie les tablettes feuilletées et les sucettes…

Jadis et Gourmande :
Oubliez Lenôtre, Mauduit ou Dalloyau, la relève est là ! Rue des archives, mais aussi dans le 8e et ailleurs, voici des chocolatiers innovants à visiter d’urgence. Leur chocolat noir est divin, mais c’est pour leurs merveilleux pralinés que vous reviendrez. Goûtez-les grâce aux bouchées. Pâques est pour eux un festival de chocolats variés et de pralinés divers. Ce sont les seuls à vendre le Gianduja brut, au poids…

Voilà, c’est peu, mais c’est tout pour l’instant… Au sujet des glaciers, je n’en ai pas d’autre à conseiller qu’Alberto et Berthillon, et éventuellement Haagen Dasz, qui font aussi de la vente à emporter. Ils sont déjà cités dans la liste des bons restaurants. Bon, certes, j’aurais pu les réécrire comme d’autres, mais comme ça se transporte mal, il vaut mieux manger sa glace sur place, non ?

Bonne dégustation !

Ze_Gourmet