Il manque depuis longtemps quelque chose à ce blog, et c’est une liste. Encore ?!, me direz-vous, car il y en a déjà tant… Et pourtant, cette liste que je vais vous énumérer aujourd’hui, on me l’a réclamée souvent ! A la lecture de toutes ces listes de choses que je déteste, particulièrement de celle sur les mauvais restaurants, nombre de gens se sont dit, et je cite :

Ah, ce damné El doit connaître de bien bonnes adresses pour juger si sévèrement des autres ! 

Eh bien… C’est vrai, je connais de très, très bonnes adresses en ce qui concerne les restaurants, les traiteurs et les fabricants de douceurs diverses. Mais il ne faut pas oublier que je juge d’instinct avec sévérité, ou ce que d’autres prennent pour de la sévérité. Est-ce que c’est de la sévérité de ne pas vouloir qu’on insulte mon intelligence, qui n’est déjà pas celle d’un prix Nobel ? Je ne crois pas, mais admettons.

Toujours est-il que cette liste aussi bien motivée devrait compenser pour toutes les affreusetés de l’autre… Et pour vous montrer qu’il y en a vraiment pour toutes les bourses et que bien manger n’est pas obligatoirement un passe-temps de riches, j’ai tenté de classer ça par catégorie de prix. Bien entendu, tout ceci n’est là qu’à titre indicatif, sous réserve que les prix changent… Mais n’est-ce pas toujours le cas ?

Assez ri, passons au corps du délice :

La Bague de Kenza (environ 2 euros la pâtisserie, mais vous en prendrez plusieurs…) :
La maison mère de cette pâtisserie orientale se trouve au 106 rue Saint Maur. Je déconseille les franchises, parce que c’est moins frais… Il y a aussi un peu de salé, et un petit salon de thé attenant. Tout est très bon, mais en petites portions. C’est la variété qui prime : il y a une demi-douzaine de sortes de cornes de gazelle, et c’est la même chose pour chaque gâteau ! Je recommande le Rfisse, bien roboratif.

Exki (5 euros, voire moins) :
A la place de l’ancien café de campagne et, il me semble, de l’ancien bistro Romain, en bas du boulevard des Italiens et tout près du Village Joué Club et de la Tête dans les Nuages, un agréable self qui ne fait que dans le produit bio. A partir de trois euros, on peut avoir un bol de soupe ou un sandwich entièrement bio ou équitable (ce dont je me fous), mais surtout goûteux, à manger sur place ou sur le pouce.

Alberto (5 euros la bonne grosse glace) :
Sis rue Mouffetard avec une succursale rue des Lombards, près du Bear’s Den, il s’agit tout simplement d’un des meilleurs glaciers de Paris. Les parfums artisanaux d’Alberto, maître glacier italien, vous enchanteront tout comme l’aspect des glaces servies en cornet : en forme de roses. Le choix, déjà immense en saison froide, double carrément les mois d’été. Tout est divin… Mais ils ferment en hiver.

Marche ou crêpe (5 ou 6 euros la crêpe) :
Cette toute petite échoppe vers le 84 rue Oberkampf, à côté de la bonne librairie Imagigraphe, sert d’excellentes crêpes sucrées ou salées. Les ingrédients sont multiples et variés, les « complètes » comptant en plus un type de crudité au choix… Une seule crêpe vous fera un repas, mais n’hésitez pas à la prendre sucrée : Il est possible de demander un supplément de fraises fraîches en saison, avec l’une des treize sortes de chocolat !

Berthillon (plus de 5 euros la glace) :
Les glaces de leur maison sont en vente un peu partout dans Paris, dans divers cafés, car réputées les meilleures. C'est possible, mais la concurrence est là, et Berthillon ne mène que d'un écart qui se resserre de plus en plus au fur et à mesure que le savoir-faire est remplacé par la standardisation. Elles sont encore divines, rassurez-vous, ces glaces ! Surtout la fraise des bois, le chocolat et la mandarine. Salon de thé rue Saint Louis en l'Ile.

Café Zéphyr (dans les 5 euros le chocolat chaud) :
C’est quand même cher. Ils exagèrent, depuis bien vingt ans que je viens ils ont vraiment augmenté leurs prix et leur standing. Mais c’est normal, il s’agit d’un café au décor sublime, en face d’un théâtre et près du musée Grévin, juste au sortir du passage Jouffroy. Qui plus est, le chocolat ou viennois est délicieux en toute saison, fait maison, et meilleur que la portion congrue amère servie chez Dalloyau.

Subway (pas cher, entre 5 et 10 euros) :
Le nouveau venu des fast foods aux Etats-Unis, et qui pourtant dépasse déjà le géant McDonalds ! Est-ce parce que les produits utilisés sont reconnaissables, que le client choisit ses ingrédients et que c’est préparé devant lui ? Est-ce parce que c’est copieux et probablement plus équilibré (quoique… ) ? En tout cas c’est bon sur le pouce. Il y en a une dizaine en France, dont un rue de la Roquette, côté Bastille.

L’Alicheur (aux alentours de 8 euros, voire moins) :
Encore une petite échoppe qui officie surtout pour les bureaux alentours, presque au coin de la rue St Maur et de la rue Oberkampf. Il s’agit de cuisine sans friture, de soupes traditionnelles pleines d’épices asiatiques, diététiques et délicieuses. En été, préférez les menus, moins susceptibles de vous brûler l’œsophage que les soupes, même à emporter.

Nani Wa Ya (8 euros environ) :
Dans ce petit restaurant véritablement japonais de la rue Sainte Anne, vous vous servez vous-même l’eau ou le thé au distributeur… Mais les lamen, soupes de nouilles si particulières du Japon, y sont fort bonnes. Il s’agit aussi d’un des rares restaurants à proposer non seulement des lamen aux nouilles fines, mais aussi des Udon, les grosses nouilles de froment blanches !

Lai Lai Ken (8 euros environ) :
Rue Sainte Anne, une cantine japonaise à laquelle vont les japonais, signe d’authenticité, équivalente à Higuma. Mais moins connue. Vous avez donc encore une chance de ne pas tomber sur une file d’attente en y allant un peu en retard… Un comble, vu que le menu des restaurants à soupes de toute la rue est similaire ! Ici vous trouverez de très bonnes soupes avec des raviolis, entre autres choses.

Haagen Dasz (compter moins d’une dizaine d’euros pour une glace sympa) :
J’en entends qui disent que je suis américanisé, que Ben and Jerry’s c’est meilleur, que c’est de la glace industrielle… Tout ceci est vrai, mais ils oublient le principal : C’est bon. On ne trouve pas de Ben and Jerry’s partout, ils sont américains aussi, si c’est une chaîne c’est que la qualité est à peu près là… Et leur glace Belgian Chocolate a reçu le prix de la meilleure glace au vrai chocolat naturel. Et toc.

Pizza Sant Antonio (7 à 9 euros la grosse pizza) :
Très bonne pizzeria rue Saint Martin, et aussi un peu plus loin dans une petite courette calme du Marais. Les pizzas y sont délicieuses, cuites de la bonne façon, et absolument pas fades… Et les salades sont tout aussi copieuses. Les prix sont les mêmes qu’ailleurs, mais y a tellement de mauvaises pizzerias de nos jours à Paris que quand on en a une bonne, on s’y tient.

Tous les restaurants japonais de la rue Monsieur le Prince (8 à 10 euros) :
Ils ont tous le même menu, le même décor, le même propriétaire, et un personnel cloné venus d’on ne sait où en Asie, mais pas du Japon. On s’en fiche, c’est très bon et toujours frais, car tous voient le passage d’un grand nombre d’étudiants et de professeurs tous les midis. Il y a beaucoup de débit, le service est rapide, la qualité est là, et les prix sont adaptés aux bourses des sorbonnards fauchés.

Kimono/Sensei sushi (environ 9 euros) :
Restaurant japonais sympathique aux tenanciers absolument pas japonais… Mais qui s’en soucie ? Pour pas très cher, au 115 rue Oberkampf, on vous sert de bonnes brochettes et des poissons crus classiques mais efficaces. Les tempuras sont un peu lourds, et les menus comme le décor n’ont absolument aucune originalité, mais c’est un bon petit jap’, et c’est tout ce qu’on lui demande.

Le Relais Gascon (8 euros la formule, 10 euros la bonne grosse assiette) :
De la bonne cuisine du Sud-Ouest, des salades copieuses (j'adore personnellement la salade périgourdine), de grandes assiettes, métro Abbesses avec vue sur Clichy... Vraiment très bon, et avec des prix particulièrement sympas. Bon, le quartier, on aime ou un n'aime pas... Et puis c'est vraiment souvent bondé, bruyant, avec les tables à touche-touche... Et le service n'est pas excellent. Personne n'est parfait !

Alice Pizza (10 euros environ) :
Pour un prix modique, dans le 17ème, rue des dames, vous avez une excellente pizza traditionnelle pleine d’ingrédients frais et de qualité, chez-vous en trente minutes. C’est tellement meilleur que chez Pizza Hut, cette merde indigeste à la pâte en tube qui coûte cher à livrer, que je me demande vraiment pourquoi cette marque survit. La pâte croustillante comme du pain et cuite à la perfection vous convaincra.

Les couleurs (10 euros, ni plus ni moins) :
Ce très joli troquet de quartier rue St Maur propose une cuisine inventive aux ingrédients frais et toujours d’une qualité irréprochable, digne de restaurants deux à trois fois plus chers. Pour exactement dix euros, vous avez le choix entre trois plats du jour qui rassasient bien et changent chaque jour, le café avec. Pour les chipoteurs, la carte n’est pas immense, mais tout est bon !

Les Anémones (10 euros et un chouïa) :
Avenue Parmentier, juste à quelques pas du métro du même nom, un café sympa qui propose des plats du jour, des salades et autres bavettes… les classiques. On y trouve un honnête croque-monsieur sur pain de mie, les prix ne sont pas excessifs au vu de la qualité comme de la quantité de la nourriture. C’est cher, mais bon, la vie est chère. Et vu le nombre de troquets minables pour touristes qui pratiquent des prix exorbitants…

Fujiwara (10 euros et plus) :
Un japonais de plus rue St Maur. Le décor est classieux, et la cuisine bien plus fine que dans les restaurants clonés aux tables noires et au menu standard. Certes, ça coûte à peine deux euros de plus et les portions sont très légèrement inférieures… Mais vous payez le cadre, le service, la vaisselle laquée, et surtout des mets délicieux faits par un japonais. Les tempuras légers sont une bonne surprise !

Le Mécano Bar (dans les 12 euros) :
Vers le 95 rue Oberkampf, ce bar restaurant… a brûlé ! Mais le cadre était joliment industriel, et les croque-monsieur comme le reste de la carte étaient copieux et plein de goût. Je vous parle des croque-monsieur parce qu’ils étaient faits sur une tranche de pain de campagne avec du bon jambon dessus, et accompagné de frites maison. Que celui qui les voit rouvrir me le dise !

Tart’ et Jeux (aux alentours de 12 euros) :
C’est une espèce de saladerie rue Gounod dans le 17ème, sandwicherie très chère à la bouffe relativement quelconque malgré les sympathiques hôtesses. Mais ce n’est pas pour ça qu’on y vient de toutes façons. Cet endroit, en partenariat avec la boutique Descartes pas très loin, qui fait des démonstrations de tas de jeux de cartes et de plateaux originaux et sympathiques. Les soirées sont excellentes !

Pastagogo (le gros plat de pâtes autour de 10 ou 12 euros) :
Restaurant italien (sans blague) rue du Cygne, près des halles, du côté de la rue Saint Denis. Leur spécialité, ce sont les pâtes. D’ordinaire, je ne vais pas manger dehors ce que je peux faire chez-moi, en mieux… Vous en déduirez que leurs pâtes sont meilleures, bien meilleures. Pâtes fraîches, pléthore de variétés de pâtes comme de sauces, le tout servi fort copieusement par de vrais italiens. Va bene.

Eddoko (12 euros et plus) :
Restaurant japonais dans le quartier des cinémas et de l’Opéra, boulevard des Italiens. C’est l’un des premiers et encore l’un des seuls sushi-bars à comptoir tournant de la capitale, et il propose aussi, chose rare, de bonnes soupes de type Udon (grosses nouilles blanches), d’excellente qualité. Plus aéré et moins boui-boui, plus européanisé aussi que la rue Sainte Anne, avec MTV sur écran ici et là.

New’s (aux alentours de 15 euros) :
Véritable institution casher au 56 avenue de la République, le lieu vous étonnera… Parce que voyez-vous, il y a là-dedans presque uniquement des juifs (soirées karaoké où les femmes n’ont pas le droit de chanter, d’ailleurs), la carte comporte pâtes et pizzas entièrement végétariennes, ainsi que des sushis ! Mais à part ce joyeux mélange, c’est très bon… Et très pratique pour les fans du Beth Din.

Fuji Tomy (entre 10 et 20 euros) :
Un peu cher pour un japonais de base, même bon, tenu par des chinois… Mais il est dans un quartier de bureaux près de la porte d’Asnières, au 32 et au 154 boulevard Pereire, pas chez les étudiants. Tout y est bien fait, frais (et pour des sushis, ça vaut mieux), le seul avantage étant qu’il est plus facile d’aller y chercher des brochettes à emporter que de partir à l’autre bout de Paris quand on n’habite pas dans le centre !

Sukiyaki (entre 10 et 20 euros) :
Joli restaurant un peu réputé place de la Bastille (enfin presque, au tout début de la rue de la Roquette), avec d’excellentes brochettes, de très bons sushis… Une carte assez classique bien qu’étendue. La différence avec le petit jap’ du coin ? Eux sont un peu meilleurs, et ils sont là depuis avant la colonisation par les restaurants yakitoris. A une époque c’étaient les restos chinois, mais je digresse.

Lubie (entre 13 et 18 euros) :
Etrange bar-restaurant à la cuisine mi thaïlandaise, mi française, mais toujours divine. On est surpris par le décor du 104 rue St Maur. Les tables y sont un peu serrées mais le service y est sympathique et l’ardoise propose un ample choix. Cependant, dés que le restaurant est à moitié rempli, une mauvaise organisation en cuisine fait qu’il vous sera impossible de manger vite… Si vous n’êtes pas pressés, ça vaut le coup.

Le jardin d’Ivy (menu gourmet à 14 euros) :
Rue Mouffetard, un agréable jardin fleuri au fond d’un très bon restaurant ouvert tous les jours. Les plats sont fins (même quand ils sont servis par un surfeur sur le retour…), traditionnels, français, d’excellente qualité… Qui plus est, la réputation du quartier n’est plus à faire. Si vous cherchez un restaurant dans cette rue qui ne soit pas un attrape touriste ou quelque chose de banal, celui-ci correspond !

Shin Jung (8 euros à midi, 12 euros le soir, 20 euros pour la totale) :
Certains soirs, il y a des musiciens qui viennent jouer dans ce décor zen de la rue Clapeyron, mais franchement on s’en fout. Ce qui compte c’est que le barbecue coréen y soit délicieux (ce qui est le cas). Des plats vous surprendront, mais agréablement : on est loin de la fondue coréenne qui ressemble à un bol d’eau des marécages de certains restaurants. Quantités décevantes toutefois.

Les petits frères (formule à 15 euros, dans les 25 euros à la carte) :
68 avenue de la République, un peu plus loin que ce qui fut le restaurant La Serre et est aujourd'hui un japonais tendance, se trouve le bistrot sombre et aux fauteuils confortables, convivial, de deux patrons trentenaires qui y font une cuisine raffinée... Les portions sont juste comme il faut, les produits très frais, les plats classiques avec une pointe d'originalité. Le soir, attention à l'affluence, il faut réserver.

Rama (bon menu à 18 euros) :
Bonne cuisine indienne classique, tandooris et autres currys, servis dans la pénombre d’une salle voûtée rue Bergère. Il est si difficile de trouver un restaurant indien à la fois authentique et propre ! Il est souvent impossible d’en trouver un avec des serveurs aimables. Si en plus de cela il doit avoir des nappes sur les tables et faire une peu classieux… Heureusement, celui-ci convient.

Hippopotamus (minimum de 15 à 20 euros pour être repu) :
Oui, vous avez bien lu, j’ai cité ici un restaurant qui est en fait une chaîne ! Je ne trouve pas ça déshonorant, en ce qui les concerne. Tant qu’on s’en tient à une carte simple de viandes grillées, dont la provenance est contrôlée (pour tous les McParanos qui me lisent), tout va bien, non ? La viande est de qualité, même si les prix sont devenus exagérés ces derniers temps.

La Griaude (20 euros, grosso modo) :
Le seul restaurant que je connaisse à Paris qui soit exclusivement consacré aux spécialités bourguignonnes, du côté de Bastille, rue des Taillandiers. Evidemment, le bœuf y est très bon… Ne vous y arrêtez pas et commandez à plusieurs sur une grande table campagnarde une véritable fondue bourguignonne. C’est un plat qu’on ne mange pas assez, tant la savoyarde monopolise l’attention.

Le Paradis du Fruit (entre 15 et 30 euros pour manger, mais jus de fruits et glaces entre 5 et 10 euros) :
Manger au paradis du fruit, c’est comme acheter un œuf en gelée chez un boucher qui fait aussi traiteur… C’est pratique, ça peut être très bon et original, mais ça ne vaut pas le prix que ça coûte. On vient le plus souvent au paradis du Fruit pour sa carte fort variée de jus de fruits pressés et frais en grande quantité, sains et délicieux. Ou a la rigueur pour les bonnes glaces.

Gandhi-Opéra (menus dans les 25 euros, moins cher pour déjeuner) :
Rue Sainte Anne, à l’angle de la rue Saint Augustin, un indien assez classe et délicieux, au service parfait et avec une carte qui a su garder une grande authenticité… Malgré le fait qu’ils adaptent à la demande les doses de piment au palais européen. On retrouve les grands classiques (Korma, tandoori, tikka-masala et autres nans) et quelques inédits. Le Kulfi maison est délicieux !

Kok Ping (menu à moins de 25 euros… mais vraiment plus cher à la carte !) :
Excellente cuisine thaïlandaise près des Champs Elysées, rue Balzac. Bien que les horaires d’ouverture semblent erratiques (fermetures certains jours le midi, d’autres jours le soir, notamment le week-end), tentez le coup pour goûter aux crevettes caramélisées au basilic, au curry vert (hot !) et aux nouilles thaï, infiniment meilleures et moins grasses que dans d’autres restaurants, pourtant plus chers.

Le Bistrot des Viviers (menu du jour à 15 euros, mais 30 euros à la carte) :
Attention, ce restaurant se situe à Nice, rue Alphonse Karr, mais comme il est vraiment très très bon je le cite quand même ! On y est plus serré, c’est bruyant, mais c’est plus convivial que son voisin guindé et très cher, les Viviers (premier du nom). Ce restaurant de poissons (évidemment) est assez connu pour que vous trouviez difficilement une table, mais ça vaut largement le coup.

La taverne de Palerme (entre 20 et 30 euros) :
Situé dans une petite cour à Nogent-sur-Marne, au 70 rue des héros nogentais, il est un peu difficile à trouver. Surtout, c’est dur de se garer, et Nogent n’est pas vraiment un coin hyper joli depuis que la marne est bétonnée… Mais si vous y passez, ce grand restaurant italien vaut aisément le détour ! Les plats y sont copieux et délicieux, desserts compris… Je recommande la salade de poulpe vraiment pas grasse.

Mariage Frères (on y mange aux alentours de 30 euros, prendre un thé et un gâteau revient moins cher) :
Salons de thé parisiens (rue du Bourg-Tibourg, rue des Grands Augustins, etc.) vendant des thés absolument divins, ainsi que des accessoires. Celui du Marais comprend aussi un musée. Venez seulement pour une pâtisserie qui accompagnera agréablement votre délicieux thé. Si vous ne savez pas quoi choisir le personnel est de bon conseil, sinon je recommande Noël ou Bouddha Bleu.

Sud-Ouest Monceau (30 euros par personne sans le vin) :
La table de Claude Laborda fait aussi traiteur, 8 rue Meissonnier. Ici, pas de diététique, mais des sauces, des magrets, des rôtis, des champignons des bois, du lapin à la moutarde, du chou farci… Et le meilleur cassoulet que j’aie jamais mangé. Impossible de se passer des trois foies gras (nature, au sauternes et au basilic), ni des éclairs au chocolat… de 33cm ! Prix très doux, vu la qualité et la quantité.

Kinugawa (30 euros, un peu plus si vous avez encore faim et que vous recommandez) :
Laissez ce restaurant aux grandes occasions et faites ainsi des économies, parce que tous les plats sont légers : Vous aurez faim quelques heures plus tard ! Mais il s’agit d’une cuisine traditionnelle japonaise haut de gamme extrêmement fine au service stylé, rue du mont Thabor, près des tuileries. Des sashimi et sushi classiques au shabu-shabu, la vaste carte est à explorer pour qui a envie d’expérimenter…

Il était une oie dans le Sud-Ouest (dans les 30 euros) :
Plus moderne et plus petit que le Sud-Ouest Monceau, mais agréable néanmoins. On y vient bien sûr pour les foies gras, de plusieurs sortes différentes. Les portions sont congrues, c'est-à-dire juste comme il faut, même si l’on regrette parfois de ne pas pouvoir en manger plus… L’adresse, au 17 rue Gustave Flaubert, se trouve juste à côté de chez Rostang (voir tout en bas).

Le Galvacher (entre 26 et 40 euros) :
Spécialisé dans la viande de bœuf, ce noble établissement vers le 60 ou 65 avenue des Ternes, à un coin, possède sa propre ferme dans le Morvan ! Autant vous dire que la qualité est là. La quantité y est aussi, de même que le service, il n’y a donc aucune ombre à ce tableau idyllique. La cuisine très classique comporte aussi des fruits de mer, mais n’hésite pourtant pas à tenter quelques originalités de bon aloi.

Inagiku (menus de 25 à 55 euros environ) :
Très bon restaurant où la serviette autour du cou est obligatoire. Et pour cause, il s’agit d’éviter les éclaboussures lorsque le chef préparera devant vous les teppanyaki sur la grande plaque chauffante. On paie bien évidemment le spectacle aussi bien que le repas, mais comme on n’est déçu par aucun des deux, tout va bien ! Evitez les sushis, honnêtes mais de toute évidence pas leur spécialité.

Chez Vong (de 25 euros pour un menu, à 80 à la carte, c’est selon !) :
Rue de la Grande Truanderie, ce restaurant chinois ne vous arnaquera pas. Servis par une armée de larbins obséquieux menés par le chef Vong (un être gluant mais sympathique qui vient serrer les mains des bons clients), dégustez les somptueuses crêpes de riz, les vapeurs sublimes, les merveilleux plats en sauces et surtout la divine poularde de Bresse laquée ! Elle vaut qu’on la commande à l’avance.

Passy Mandarin (mêmes prix que chez Vong) :
Dans la rue qui va de la place du marché Saint Honoré (et son gros bidule moderne) à l’avenue de l’Opéra, une succursale de chez Vong avec un chef différent… Chacun a ses spécialités, mais l’un dans l’autre la carte est à peu près la même. On apprécie les alléchants délices de crevettes en été, les fantastiques travers de porc aux cinq baies… Et le canard laqué est ici le meilleur de tout Paris !

Indra (menus de 35 à 65 euros environ) :
Rue du commandant Rivière, dans le quartier de Saint Philippe du Roule, ce restaurant indien ne compte plus ses prix gastronomiques… Tous décernés sans tricherie, je peux vous l’assurer ! Re-goûtez aux plats indiens que vous croyiez connaître et découvrez d’une langue nouvelle des arômes surprenants… Et n’oubliez pas de commander un dessert, notamment le Gajar Halwa ou le Kulfi !.

Ratn (à peine plus cher que chez Indra, quoique, pas beaucoup) :
A deux pas de l'Avenue Montaigne, 9 rue de la Trémoille, ce restaurant indien ouvert il y a deux ans propose une cuisine somptueuse venue tout droit de Delhi (comme tout le personnel). Le chef a formé tous les grands restaurateurs indiens de la capitale, et cherche à présent à se faire un nom pour lui-même, bien qu'il soit fort respecté dans la communauté indienne. Voir Indra, ci-dessus, en meilleur !

Timgad (plus ou moins 50 euros) :
Oui, c’est cher pour un couscous, même dans ce cadre superbe rue Brunel (17ème) et avec un voiturier… Mais songez que pour que j’aille manger du couscous ailleurs que chez-moi, il faut qu’il soit vraiment très bien fait… Mieux fait que le couscous de grand-mère ! Là, c’est le cas : marocain et fait du matin. Goûtez aussi au reste de la carte, tajines, soupes et pâtisseries…

Benkay (70 euros à la carte, oui madame) :
Situé dans un hôtel moderne où séjournent quelques nuits des gens très affairés venus des quatre coins du monde pour profiter de la vue (le Novotel Tour Eiffel, quai de Grenelle), on vous y sert les plats de luxe de la cuisine japonaise, nouvelle et traditionnelle. Non que les restos de la rue Sainte Anne ne soient pas authentiques, mais c’est la même différence qu’entre les nouilles au beurre et les tagliatelles à la truffe blanche…

Copenhague (100 euros, mais vous n’allez pas pleurer pour une vingtaine de plus ou de moins…)
A l’étage du restaurant Flora Danica (moins cher et moins bon), sur les Champs, près de l’Arc de Triomphe. Un gigantesque drapeau danois flotte, c’est la Maison du Danemark, vous ne pouvez pas le manquer. La cuisine y est, bien sûr, irréprochable, d’inspiration danoise et française, orchestrant avec maestria les saveurs nordiques et les épices tendance sans (trop) tomber dans le prout ma chère.

Michel Rostang (Comptez 170, 200 euros par tête, voire 230 pour le menu dégustation, commandez une bouteille de vin plus chère que le repas, puis suicidez-vous. Menu déjeuner à 70 euros, pour les pauvres…) :
Le G du mot gourmandise n’a été ajouté qu’à cause du G du chef Michel Rostang. Bossez dur, endettez vos enfants, mais par pitié allez-y ! Allez goûter à l’énorme quenelle de brochet, au véritable canard au sang, et aux autres décadences suprêmes qui parsèment la carte de chaque saison. Les amuses gueules vous font un repas à eux seuls, la carte des vins se lit comme un poème. Rendez-vous rue Gustave Flaubert.

Un jour, je ferai une liste de mes chocolatiers, traiteurs et fournisseurs de douceurs favoris… Jusque là, contentez-vous de ces adresses, et de celles que j’ajouterai au fur et à mesure de mes pérégrinations.

Sachez toutefois que certains des restaurants ci-dessus font des plats à emporter (surtout les petits japonais), que le Sud-Ouest Monceau fait traiteur et vend du bon vin, qu’Alberto vend ses glaces au litre, que la Maison du Danemark sous le restaurant Copenhague vend des produits danois, que Mariage Frères est avant tout un vendeur de thés… Bref, tout ceci est en général précisé dans la description.

Bon appétit !

Manger_pour_vivre__c_est_surfait