Il n'existe pas de livre moral ou immoral, selon ce cher OScar, mais des livres bien écrits ou mal écrits. Et il avait raison, le bougre.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire une liste. Pas n’importe laquelle… Une liste impitoyable, immonde, misanthrope, ignoble, partiale, subjective, biaisée, misérable, injuste et parfaitement répugnante. Parce que je suis de cette humeur-là. J’en avais déjà fait une similaire sur un ancien blog, celle des auteurs qu’on n’y arrive pas… Mais pour le coup c’était méjuger.

Je préfère vous parler des livres que j’ai vraiment détesté, dont voici la liste non exhaustive :

Journal, de Fabrice Neaud :
Flot masturbatoire d’un blog auto psychanalytique d’un gay en BD, sans doute très cathartique pour son auteur mais terriblement chiant et inutile en plus d’être pitoyable. Les bobos et les intellos aimeront, ainsi que ceux qui plaignent les dépressifs. Moi j’aurais plutôt tendance à fournir le révolver. Dommage, c’était bien dessiné.

Hygiène de l’Assassin, d’Amélie Nothomb :
J’avais déjà bien descendu l’Amélie Gros Thon dans de précédents billets, avec raison. Son style, c’est du mousseux… Des bulles qui se boivent vite, et rien de sérieux en dessous. Son fond de commerce : les pisseuses. La raison de son style : un académisme pédant. Sa source d’inspiration : elle est moche et mal baisée.

Ministère de l’Espace, d’Alan Moore :
Une très courte et très décevante bande dessinée, par rapport à ce qu’Alan Moore peut faire. Du reste c’est la seule de lui que je n’ai pas aimé, mais je n’ai pas lu toutes ses oeuvres. C’était censé être choquant, la fin ? Moi j’ai trouvé ça téléphoné et chiant. Si seulement on avait effectivement fait ça avec l’argent des juifs !

Le Da Vinci Code, de Dan Brown :
Oui, je sais, c’est tendance de conspuer le Da Vinci Code. Mais quand c’est mauvais, c’est mauvais. Le fait est que ça se lit super vite (je n’ai au moins pas eu à me forcer longtemps pour le lire), et que c’est du grand n’importe quoi à poils durs. Ce n’est pas que c’est invraisemblable, c’est juste que c’est vraiment débile…

Maria Chapdelaine, de Louis Hémon :
Fleuron de la littérature canadienne narrant les « aventures » d’une pouffe dans la neige du Québec, ou les mille et une manière de se faire chier en tabernacle sans TV, paumé dans un village entièrement peuplé d’habitats aux noms ridicules (comme Télésphore, par exemple). L’un des meilleurs somnifères qui existent au monde.

Dragon Ball, de Akira Toryama :
A côté de mangas haletants, artistiques, originaux et aux intrigues fouillées, ce machin, animé ou non, s’en remet à un scénario simple : Héros jeune, méchant fort attaque êtres chers, héros devient plus fort et bat méchant, ancien méchant devient gentil, Héros rencontre autre méchant plus fort, reprendre au début.

Le roman de la momie, de Théophile Gautier :
Il me semble n’avoir même pas retenu l’histoire de cette daube ennuyeuse. C’est un roman que les institutrices avec balai intégré donnent à lire aux enfants, naturellement attirés par les histoires de monstres, en faisant passer ça pour de la SF histoire de les en dégoûter à tout jamais. Heureusement que j’avais lu Lovecraft avant.

La fausse celtique, de Gordon Zola :
La collection entière du Léopard Masqué, l’éditeur, est presque uniquement soutenue par cet auteur au pseudonyme aussi nauséabond que son écriture. En effet, la densité épuisante des calembours et des gags de situation, en plus d’être un signe d’immaturité dans le style, rend l’ouvrage fort éprouvant et pas drôle du tout.

Et si on envahissait les USA ? de Schiller Jean-Baptiste :
Difficile de dépasser les premières pages de cet ouvrage pourtant miniature, créole et (trop) engagé, aux références culturelles souvent obscures. Lorsqu’on le fait, on découvre que l’idée a été pompée, en plus, dans un film avec Peter Sellers. Le lecteur gagnera à faire une partie du jeu Junta à la place s’il veut rire.

Défi pour un playboy, de Jessica Steele :
Pour rire, un ami m’avait offert un opus des éditions Harlequin. Et moi, bêtement, je l’ai lu. Oh, ça m’a bien pris une heure. Comment peut-on être fan de ces imbécillités écrites à la chaîne, sans personnage, sans vraisemblance, sans style, sans rien ? Pas étonnant que les auteurs aient des pseudonymes, ils ont honte.

Idées Reçues, les Juifs, de Victor Kuperminc :
Alors que la plupart des ouvrages de la collection Idées Reçues du Cavalier Bleu est de très bonne tenue, faite par des experts, celui-ci déçoit parce qu’il est justement le contraire de ce qu’il veut combattre : un amas d’idées reçues concernant les juifs ! Il est tout simplement « trop » juif, et perd de ce fait toute l’impartialité qu’il clame.

Astérix, le ciel lui tombe sur la tête, d’Albert Uderzo :
J’ai cité celui-là car c’est le dernier en date, j’aurais pu replacer n’importe quel caca de vieux trop postérieur au décès de René Goscinny. Combien de fois le dirai-je ? La bête est morte. Uderzo est subclaquant, je dirais même que son encéphalogramme est plat vu ce qu’il produit, mais il s’accroche et ne laisse pas place aux jeunes talents.

Le voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf :
Au départ, c’est un livre d’état destiné à enseigner la géographie aux jeunes suédois. C’est pour ça que la version intégrale fait plus de mille pages et qu’aucun enfant normalement constitué ne se mettrait à la lire spontanément. La version expurgée des descriptions rébarbatives reste un classique enfantin et moral, dans l’ensemble chiant.

Le pays où l’on n'arrive jamais, d’André Dhôtel :
La fin du livre à laquelle on n’arrive jamais, les personnages auxquels on ne s’intéresse jamais, les péripéties qui ne vous intéressent jamais, autant de titres qui auraient pu être donnés à ce roman fort dépourvu fleurant bon les années cinquante, le prix Femina mou, et les préjugés sur les gens du voyage. N’imposez pas ça à vos enfants.

Les enquêtes de Léonidas Pinipidès, de Raoul Tennet :
Il y a beaucoup de bouses innommables dans la littérature gay. Tout le monde ne peut pas être André Gide, Aiden Shaw, ni même juste agréable à lire comme Robert Rodi. Les neuf nouvelles de cet auteur, et leur suite, ont le même caractère épuisant que La Fausse Celtique (voir plus haut), du mauvais cul gay en plus.

L'ensorcelée, de Jules Amédée Barbey D'Aurevilly :
"Barbey d'Aurevilly, gigantesque imbécile... Barbey d'Aurevilly, cuistre impur, fat vieilli, et beaucoup plus Barbey qu'il n'est d'Aurevilly." Ainsi proclamait Victor Hugo en parlant de cet homme né pour être critique et non auteur, l'inventeur et seul tenant du genre ô combien infructueux et minable du fantastique chouan. Chiant, plutôt.

Voilà, c’est tout pour le moment, mais si je pense à autre chose que j’aurais oublié ou si je lis un livre particulièrement abject, je n’hésiterai pas à venir le placer. J'ajouterai que lorsque je lis un livre qui ne me plait pas, je me force de plus en plus rarement à le finir : la culpabilité, j'en éprouve de moins en moins depuis que j'ai compris qu'on ne pouvait jamais lire tous les livres. Et ça fait longtemps.

Alors pourquoi s'emmerder à lire ceux qu'on n'aime pas, quand d'autres attendent ?

Mon conseil est de ne pas lire les livres de cette liste... Ne pas lire, un droit imprescriptible du lecteur selon Daniel Pennac.

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